THE J. PAUI. GLTÏY MUSEUM LIBRARY BULLETIN OE i;iNS'riTl]T A RCHI-lOLdOIOl I !• IuIIÎIAjïKOIM. BULLETIN DE T » U 1 iSTlTOT iRCHl u Ul ^ l LIEGEOLS. TOME XIII. LIÈGE H. YAILLANT-CARMANNE, Rue Sl-A(lalbert, 8. 1877 6£T[Y Ctctlch uont^r STATUTS CONSTITUTIFS. Art. I, — Une Société est fondée à Liège pour rechercher, rassembler el conserver les œuvres d'art elles monuments archéologiques, pariiculiôrement ceux de la province et des anciennes dépendances du pays de Liège. Elle prend le titre ûlnstitut archéologique liégeois et corres- pond avec les Sociétés savantes, belges ou étrangères, instituées dans des vues analogues. Art. il ~ Ulnstitut se compose : i" De seize Membres eftectifs au moins et de vingt an plus (l;; ils doivent être domiciliés dans la province; 2" D'un Président et d'un Vice-Président honoraires, à savoir: le Gouverneur de la province et le Bourgmestre de la ville de Liège ; 3" De vingt Membres honoraires ; 4" De cinquante Membres correspondants ; 5° De Membres associés. Art. IIL — Les places vacantes pour le titre de Membre effectif, honoraire ou correspondant, seront mentionnées sur les convocations afin que l'on puisse procéder aux présentations de candidats. Ces présentations devront être faites par écrit et signées par trois membres effectifs. L'admission, décidée par bulletins secrets et à la majorité absolue des suffrages, aura lieu dans la séance qui suivra celle où auront été faites les (1, Par décision de la Socif^të (13 avril 1877), le nombre des membres effectifs est porté à trenif. M — présentations, et dont elle devra être distante d'au moins huit jours. La moitié au moins des membres etîectifs existant devra être présente pour pouvoir procéder h l'élection d'un membre effectif, et le tiers après une seconde convocation. Lorsqu'il y aura lieu d'augmenter le nombre des membres effectifs, conformément au § 1 de l'article II, il faudra une délibération expresse de V Institut avant de pouvoir procéder à la présentation de candidats. Art. IV. — Les réunions ordinaires ont lieu mensuellement, sauf pendant les mois d'août, septembre et octobre. Le bureau fixe le jour et l'heure des séances ('). Les membres effectifs qui, dans le courant de l'année, n'auront pas payé leur cotisation, seront, après avertissement, considérés comme démissionnaires. Aucune résolution ne peut être prise si sept Membres effectifs au moins ne sont présents à la séance. Les Membres honoraires, correspondants ou associés, peuvent assister aux séances. Ils ont voix consultative. Toute discussion étrangère au but de Ylnstitut est interdite. Les décisions sont prises à la majorité des voix. En cas de parité, la proposition est rejetée. Sur la demande de trois Membres, on procède au scrutin secret. Art. V. — Le Bureau se compose du Président, du Vice- Président, du Secrétaire, du Conservateur, du Bibliothécaire et du Trésorier. Les fonctions des Membres du Bureau sont annuelles. Les membres sortants sont rééUgibles. L'élection a lieu h la séance du mois de décembre. (' Ce^l îiPlHcllenoftril le dernier vendrflfii du rnoij». — VII — Art. VI. — Le Président veille à l'exécution du Règlement; il dirige les travaux et les discussions des réunions. En cas d'absence du Président et du Vice-Président, le Membre le plus âgé en remplit les fonctions. Art. VII. — Le Secrétaire tient les procès-verbaux des séances, la correspondance, etc. Tout procès-verbal ou décision de la Société est signé par le Président et par le Secrétaire. Ce dernier signe seul les pièces qui n'impliquent aucune décision de la Société. En cas d'empêchement du Secrétaire, ses fonctions sont remplies par un membre que désigne le Président. Le Secrétaire a la garde du sceau et des archives de la Société. II présente chaque année, au mois de janvier, un rapport dé- taillé sur les travaux de YInstitut, sur les acquisitions faites et sur les objets et livres offerts. Art. VIII. — Le Conservateur a la direction du Musée provincial. II dresse, tous les ans, un inventaire qui est vérifié et approuvé par le Président. Cet inventaire indique la provenance de chaque objet et l'époque de son acquisition. Pendant les trois mois de vacances, le Conservateur peut, avec l'assentiment du Bureau, faire les acquisitions qu'il croira utiles. Art. IX. — Le Bibliothécaire tient un catalogue des livres offerts à V Institut ou acquis par lui. Il rend compte chaque année des accroissements de la bibliothèque. Art. X, — Le Trésorier est chargé des receltes et des dépenses. Il n'effectue de paiement que sur ordonnance signée par le Président et par le Secrétaire. — VIll — Il rend compte de sa gestion dans la séance du mois de janvier de chaque année. Afit. XÏ. — Les recettes de la Société se composent de la cotisation annuelle des Membres effectifs, associés, ou corres- pondants et des subventions à obtenir de l'Etat, de la Province et de la commune. La cotisation annuelle des membres effectifs est tixée à la somme de quinze francs; celle des membres associés est de dix friincs. Elle est également de dix francs pour ceux des membres correspondants qui désirentrecevoirlespublicalionsde l'Institut. Ces cotisations sont payables dans le courant du mois de janvier qui commence l'année pour laquelle elles sont dues. (M Akt. XII. — Les objets réunis par la Société forment un Musée qui est la propriété de la Province. Les moindres dons sont reçus avec reconnaissance. Le nom du donateur est inscrit sur l'objet offert et dans un registre ouvert h cet effet. Les objets qui se trouvent en double au Musée ne pourront être échangés qu'après une délibération expresse de Vfnstitiit el du consentement des donateurs. { Cet article ne s'applique pas aux monnaies et aux livres. ) Tout objet, même en double, auquel se rattache un souvenir personnel, ne pourra être échangé. La proposition d'échange devra être portée à l'ordre du jour un mois avant la délibération, afin que les Membres puissent prendre connaissance des objets. Tous les Membres sont invités à faire hommage de leurs pu- blications à la Société. Art. XIII. - UhistHut publie un recueil intitufé tiulklin de l'Institut archéologique liégeois. I ' I l»pciî.iui. J<, Croix de fer; :^, Croix commémoralive ; D. C, Décoration civique; G. €., Grand'Croix on r>rariiî Cnrdoti ; G. 0., Grand Officier; C, Commandeur; O., Oflicipr, — XII Membres ettectlfu. ALEXANDRE (Joseph), docteur en médecine. ANGENOT (Félix), greffier provincial. BORMANS (.J.-H.), 0. ®, professeur émérite à l'Université. Vax de CASTEELE (Désiré), conservateur-adjoint des archives de l'Etat. DE.ÎARDIN (Ad.), capitaine du génie pensionné. DEJARDIN (Jos.), notaire. DEWALQUE (Gustave), ®, professeur à l'Université. DOGNÉE (EuG.), #, avocat. FABRY-ROSSIUS (L.), agrégé à l'Université. FRÉSART (Jules), banquier. GOER DE HERVE (baron de), propriétaire. GRANDGAGNAGE (Ch.), ®, sénateur. HELBIG (Jules), artiste peintre. HELBIG (Henri), homme de lettres. HENROTTE (Nie), chanoine de la cathédrale. HOCK (Alg.), rentier JAMAR (Edm.), architecte. LE ROY (Alph.), ^, professeur h l'Université, membre de l'Académie. LOOZ-CORSWAREM (comte Geouges de), membre de plusieurs sociétés savantes. MAGIS (Alfred), échevin de la ville de Liège. xMARTL\L (Ep.), avocat. NOPPIUS (Lamberts archilecie provincial. POSWIGK (Eug.), homme de lettres. SCHOOLMESTERS \Lj, doyen de Suiht-Jacqucs. SCHOONBROODT iJ.-G.), ^', conservateur des archives de l'Etat. SELYS-LONGCUAMl'ï^ iKdm. de), baron, sénateur, membre de l'Académie. TERME (Amom\), lîjhnca.'il d'armes. THIHR iflHNnr.F.s df.', conseiilei à la Cour d'appel. XIII — Membres honoraire». BORMANS (Stanislas), conservateur des archives de l'Etal, h Namur. GACHARD (L.-P.i, C. •^, archiviste général du royaume, h Bruxelles. DECKER (P. DEi, C. ®, ancien ministre de l'intérieur, à Bruxelles. CHALON (Renier), 0. ^, membre de l'Académie royale, à Bruxelles. CLERC (V. LE), C. ^, membre de l'Institut de France, à Paris. LECLERCQ (M.-N.-J.), G. C. )g;, procureur-général honoraire près de la Cour de cassation, à Bruxelles. LIMBOURG (Ph. de), propriétaire, à Theux. MERCY-ARGENTEAU «M»^ Ch. comte de), archevêque de Tyi-, prélat domestique de S. S., etc., à Liège. PARIS (P.), gc, professeur au Collège de France, à Paris. Van den PEEREBOOM (Alph.i, G. 0. ®, ancien ministre de l'intérieur, à lèpres. PITRA (S. E le cardinal J.-B.), à l'abbaye de Solesmes {Sarthej. ROGIER (Ch.), G. 0. g:, ancien ministre de l'intérieur, à Bruxelles. ROULEZ (J.-E.-A.), 0. )g;, professeur à l'Université, à (land. TROYON (Fr.), à Lausajwe. Meinbret» curreapunclniits. BLONDEN (G.), ingénieur-directeur des travaux do la ville, à Liège. BODY (Al.), homme de lettres, à Spa. BORMAN (chevalier C. de), conseiller provincial, à Schalkhoven. BOSARD (N.-J.), curé, à Jupille. BUSSCHER ( DE), ^, membre de l'Académie de Belgique, à Gand. XIV — COSTEK ^L. DEj, membre de plusieurs sociétés savantes, à Bruxelles. . CRASSIER (L.-D.-J. baron dej, 0. )g(, premier président de la Cour de cassation, à Bruxelles. DELAHAYE (A.-J.), 0. ^, ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Namur. DELHASSE (Perd.), homme de lettres, à Bruxelles. DESNOYERS (J.), bibliothécaire du muséum, à Paris. DIEGERICK (J.), ^, archiviste, à Ypres. FRÉSON (J.), juge au tribunal, à Huy. GROTEFEND (C.-L.), archiviste de l'Etat, à Hanovre. HAGEMANS (G.), représentant, à Bruxelles. HAHN (Al.), greffier à la justice de paix, à Luzarches. KAUSLER (E.-H.), archiviste général du Wurtemberg, à Stuttgart. KEMPENEERS (Alg.|, docteur en droit canon, h Montenahen. LEFÈVRE (J.), instituteur communal, k Landen. LEQUARRÉ (N.), professeur à l'Athénée, à Liège. LOBET (J.), homme de lettres, à Auxerre. LOOZ (Hyp. de), comte, à Liège. MATHIEU (J.), p)-ofesseur, à Verviers. MAYNZ (G.), professeur ordinaire à l'Université, à Liège. NAUTET-HANS (G.), imprimeur-libraire, à Verviers. NEYEN (AuG.), docteur en médecine et archéologue, à Wiltz (Luxembourg). NOUE (Ars. de), docteur en droit, à Malmèdy. OTREPPE DE BOUVETTE (baron Ad. d'), propriétaire, à Liège. PETY DE ROSEN (J.). représentant, kGrurie. PINSAIlD (H.-J.), ingénieur en chef de la province de Liège, à Liège. REMONT (J.-E.), ^, architecte à Liège. RENIER (J.-S.), professeur à l'école industrielle, à Verviers. SCHOOFS (,L.-H.), curé de Tilleur. THEUX DE .MONJARDIN (chevalier X. de), à Bruxelles. — XV — Van den STEEN de JEHAY ^comte X.), à Bassines. Van der STRAETEN-PONTHOZ (comte F.), à Metz. VIERSET^GODIN, architecte, à Huy. VILLE (Em. de), consul de Belgique, à Quito. WARZÉE (A.), chef de division au ministère des travaux publics, à Bruxelles. WURTH-PAQUET (H.-X.), ancien ministre, à Luxembourg. ZOPF (H.), professeur de droit, à Heidelberg. Membres associéfi. BARBIER (Al.), docteur en médecine, à Liège. BIOLLEY (François de), industriel, à Verviers. CASTERMAN (Aur..), architecte, à Liège. COENEGRACHT (E.), bourgmestre, à Teuven. COUCLET (Fr.), graveur, h Liéqe. D'ANDRIMONT (Julien), industriel et représentant, à Liège. DEJARDIN (L.), docteur en médecine, à Liège. DEMANY (E.), architecte, à Liège. DELLEUR (Al.), bijoutier, à Liège. DEMARTEAll (Jos.), rédacteur en chef de la Gazette de Liège, à Liège. DIGNEFFE (L ), rentier, à Liège. nOREYE (L.-A.-J.), 0. ®, premier président honoraire de la Cour d'appel, è Liège. DU VAL (H.), rentier, à Liège. FALLIZE (L.), industriel, consul de Russie, à Liège. GRAND-RY (Ed. de), industriel, à Verviers. DE HASSK deVILLERS (Aug.), industriel, à Liège. HEMRICOURT de GRUNNE (Comte Arthur de), au château de Hamal. LELIÈVRE (X.), substitut du procureur-général, à Liège. LOHEST-DE WAHA (Pascal), rentier, h Liège. LOOZ-CORSWAREM (Prince Camille de), à Huy. — XVI — LUOZ-CORSWAREM (Comte Hipp. m, à Uéoe. MAGNÉE (L.), rentier, à Hervé. MALHERBE (E.), ®,tabricanl d'armes, à Liège. MARNEFFE (Eue. de), propriétaire, à F^iel-Gingelom. PIROTTE (A.), entrepreneur, à Liège. POSWICK (.!.}, ingénieur, \\ Verviers. RICHARD-LAMAKCHE (H.), ^, propriétaire, h Liège. SOPERS (J.), sculpteur, l\ Liège. THIMISTER (Ol.), chanoine honoraire de la cathédrale, à Liège. THYS (En.?, abbé, à Liège. VORST-GUDENAU (Ernest baron dej, à Ziadlowitz (Moravie). WAUTERS-CLOES (H.), tanneur, à Liège. ui: WANDRE (Fekd.), avocat, h Liège. JEAN DE WILDE, ÉTUDE HISTORIQUE SUR UN CHEF LIÉGEOIS DU XV* SIÈCLE. Aux époques de troubles, on voit souvent apparaître sur la scène de l'histoire des personnages nouveaux qu'on ne s'at- tendait pas à y rencontrer. Les uns, sortis du peuple, portent un nom qui, la veille ignoré, ne devra d'ordinaire qu'à eux seuls sa part de célébrité. Les autres, appartenant aux classes privilégiées, se rencontrent parfois dans les rangs d'où leur condition semblait devoir à jamais les exclure. Depuis les Gracques jusqu'à La Fayette, combien n'en voit-on pas qui, avec des passions et des tendances diverses, ont combattu pour des intérêts qui n'étaient point ceux de leur caste ? Nulle part ces divergences n'ont été plus fréquentes que dans la principauté de Liège, et elles n'y sont pas sans importance dans l'appréciation des luttes soutenues par la bourgeoisie. Capitaines ou tribuns, Henri de Diiiant, Arnould de Blanken- heim, Raes de Heers, Baré de Surlet, appartenaient tous à la noblesse. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans le cours du XV« siècle, où, à côté de noms plébéiens, figurent, souvent travestis et méconnaissables, ceux des plus vieilles races du pays. Combien savent, par exemple, que le chef liégeois nommé tour à tour Jean de Wilde, ViUanus, Saiwagius, de Villers, de Ville, voire même simplement Jean /InioW, que ce chef si populaire était un seigneur de Kessenich de l'illustre maison de Horne ! Abry (i), qui l'appelle le capitaine de Villers, (') Recueil héraldique des bourgmestres de Liège, p. 178. — 2 — blasonne hardiment son écu en le faisant naître au village de Villers, près de Tongres. Dewez, d'après Olivier de La Marche, le désigne sous le nom de seigneur de Hautepeniie, De nos jours seulement, l'élude particulière de notre histoire baronale, provoquée surtout par les exigences de la numismatique, a fait découvrir l'identité du seigneur de Ressenich avec le mysté- rieux adversaire de la politique bourguignonne ( i). Kessenich était une seigneurie du pays de Juliers, enclavée dans le comté de Horne avec celle de Brunsliorn, qui relevait du Brabant. L'une et l'autre appartenaient, depuis la fin du XIV* siècle, à la branche de la maison de Horne coiniue, chez les Flamands, sous le nom de Wilde, c'est-à-dire Sauvage. Entre les années 1435 et 1U7 mourut Arnold de Horne, dit de Wilde, laissant deux enfants de son mariage avec Elisabeth , fille naturelle de Jean de Looz, seigneur de Heinsberg et de Juliers : c'étaient Jean, son successeur, et Catherine (2). Les renseignements que nous fournissent les chartes sur le nouveau seigneur de Kessenich se réduisent 11 peu de chose. Dans un relevé des limites du village de Neeritter, fait par ordre du Chapitre de Liège, le il février 1447, on trouve que l'évêque Jean de Heinsberg, le comte Jacques de Horne, Jean de Wilde, sire de Kessenich, et l'abbesse de Thorn, assistèrent à la lecture du procès-verbal des jurés (3). En 1457, Jean de Horne vendit au couvent des Cisterciennes de Kuremonde, devant les hommes de fief et la Cour de justice de Kessenich, deux boniers de terre enclavés dans la ferme de Visscher-Oe, sauf à en conserver la seigneurie. Sa mère Elisa- {') Voyez , à ce sujet, la noie de M. l'abbé Habets insérée dans Van ded Chys, De Munteu der Leenen van Brabaud en Limburrj, p. •147. Ci M. GOETHALS, dans son Histoire généalof/ique de la maison de Hovnes, croit a tort que Calherine fut la fille et non la sœur de Jean de Wilde. (') J. Habets, dans les Publications de la Société historique et archéologique du duché de Limbourg, t. iv, pp. 221 et 361. bellî et sa sœur Catherine, avec son époux Jean Kollaert, consentirent à celte aliénation ( i ). Nous ne savons à quel propos il releva, l'année suivante, la seigneurie de Kessenich devant la Cour féodale du duché de Juliers (-2). Mais ce détail importera peu, quand on saura qu'à l'époque où nous sommes arrivés, le rôle de Jean de Wilde commence à sortir des limites étroites de sa patrie, pour se mêler aux plus graves événements de l'histoire. Ou admettra volontiers que les relations de Jean de Wilde avec les Liégeois devaient remonter assez loin, si l'on consi- dère que l'évêque Jean de Heinsberg était son oncle. Il est vrai que cette parenté n'était pas très-régulière ; mais outre que la rudesse des mœurs permettait alors d'admettre les bâtards des grands seigneurs dans l'intimité de la famille, la naissance de Jean de Wilde n'était entachée d'illégitimité que du côté de sa mère. Lors donc que Heinsberg se fut retiré h Maestricht, après son abdication, et qu'il devint notoire à Liège que tous ceux qui avaient joui de sa confiance étaient odieux ou suspects à l'élu Louis de Bourbon, Jean de Wilde n'hésita pas à saisir la première occasion de fraterniser avec les mécontents. Sa mère avait une sœur appelée Philippine, autre fille natu- relle de Jean de Looz, sire de Heinsberg. Elle était mariée à Jean de Bunde, seigneur du village de Bocholt, en Campine, qui avait jadis appartenu aux sires de Kessenich. Dès que Jean de Bunde fut mort, Jean de Wilde, qui était alors chevalier, éleva des prétentions sur le fief de Bocholt, sous prétexte qu'il en était le plus proche héritier (3). Sûr de n'être pas agréé par I,') Cartulaire de l'abbaye de Ruremonde, manuscrit. — Le chevalier Jean Collard appartenait, selon toute apparence, à la maison dite de Nunhem. (-) Voy. le mémoire intitulé: Gerichts-zwaiig, herrligkeit und herrschaffi von Kessenich, par le baron J.-A. de Metternic:!. (') Le récit de ces contestations a déjà paru dans un article spécial, où nous croyons avoir établi que la seigneurie de Grand-Brogel, qui relevait du duc de Juliers, fut associée, pendant toute cette période, aux destinées de celle de Bocholt. Voy. Revue belge de numismatique, année 1875, p. 4ûi. - 4 - le prince, il résolut d'en prendre possession à son insu : pour cela, il acheta, moyennant mille florins du Ilhin, le concours armé des Liégeois, traversa Maestricht, entra dans la seigneu- rie avec leurs magistrats, en grand cortège et au son des trom- pettes, et en chassa les propriétaires légitimes ; puis, sans tenir compte des droits de l'Elu, il fit relief de son domaine à Curange, le 16 octobre 1456, « sauf à respecter les droits usu- fructuaires de sa tante Philippine, dans les limites indiquées par son oncle, messire Jean de Heinsberg (i). » Cette restriction donna naissance à un procès qui ne tarda pas à se dérouler devant la Cour de Curange. Le 23 octobre 1457, le tribunal finit par donner gain de cause h Philippine et la réintégra dans sa possession, « en lui mettant dans la main la corde de la grande cloche et lui livrant terre et gazon ; » en- suite de quoi la dame de Bocholt reçut l'hommage des échevins et des manants de sa seigneurie. Cependant dix jours après le relief de Jean de Wilde, le 26 octobre 1456, Otlon, frère de Jean deBunde, s'était également fait investir de la terre de Bocholt, au palais de Liège, comme étant le plus proche héritier du dernier seigneur. 11 en résulta un second procès ; mais sur ces entrefaites Philippine étant venue à mourir et l'usufruit s'éteignant avec elle , Otton de Bunde renouvela son relief au château de Huy, le 22 mai li58; puis il se hâta de transporter tous ses droits au comte Jacques de Horne, qui releva son fief i"» Curange, le 29 du même mois. Le procès n'en poursuivit que plus vivement son cours, Jean de Wilde alléguant son droit de retrait (lignnger?) contre son adversaire, qui se trouvait en possession. Il ne se désista que le 3 mars 1464, en cédant au comte de Horne tous ses droits sur la seigneurie (2). , ') De Ram, hocuments relatifs aux troubles du pays de Licge, p. 505. — ScFrRiDiis PETRI, apud CnAi'EAUVii.LE, l. III, p. 1,35. — WoLTEKS, Horties, annexes, n" -42. (*; Archives de la salle de Curange, à Hasselt. — Wolters, annexes, n» 21. - 5 — Débarrassé des soucis de toute cette procédure, Jean de Wilde put se livrer entièrement à la lutte entreprise par la bourgeoisie contre Louis de Bourbon. On le voit s'associer à Raes de Heers et à Baré de Surlet, pour exciter le peuple après la sentence d'excommunication lancée par le pape, en 1465 (1). C'est lui quelesTongrois choisissent pour chef de leur milice, à la fin de l'année suivante, quand ils rejettent les conditions de paix proposées par le comte de Charolais, après son entrée à Saint-Trond. C'est lui que l'historien Fisen appelle, à cette occasion , « insigni prudentia et fortitudine vir, » sans penser que les métiers les plus exaltés de Liège avaient seuls désapprouvé ces propositions; et sans se douter que le beau- frère même de l'ardent chevalier, était ce Jean GoUard qui avait fait tous ses efforts pour déterminer le peuple à les accepter (2). La mort de Philippe, duc de Bourgogne, survenue le 15 juin 1467, ne fit qu'enhardir les mécontents, et fut pour Jean de Wilde une occasion nouvelle de les exciter à la révolte (3). Les Liégeois avaient confié le commandement de leurs troupes à Raes de Heers et à Baré de Surlet, qui dirigeaient en même temps leur politique ; on leur adjoignit comme lieu- tenants Vincent de Bueren, Hubert Surlet, Jean de Wilde et Eustache de Straile(4). Ainsi organisés ils allèrent assiéger la ville de Huy, où Louis de Bourbon s'était enfermé. Les mi- lices des bonnes villes du pays, entre autres celle de Tongres, les accompagnaient : il n'est donc pas douteux que le seigneur de Kessenich n'ait fait partie de cette expédition, qui se termina, comme on sait , par la prise de Huy et la fuite de l'évêque. (*) Theodoricus Pauli , De cladibus Leodiensium , apud DE Ram , p. 203. {') Bouille , Histoire de la ville et pays de Liège, t. II, p. 96. (*) Theod. Pauli, p. 206. (*) Bouille , t. II, p. -126. On remarquera encore ici que tous ces capitaines sortaienl des rangs de la noblesse. Vincent de Bueren notamment était fils de Guillaume, sire de Bueren, et d'Ermengarde, comtesse de Lippe. A cette nouvelle, le duc Charles de Bourgogne entra dans une violente colère. Déjà son armée était rassemblée dans les environs de Louvain,et si grosse, au rapport de Gommines, qu'il ne lui vit jamais tant de gens ensemble. 11 avait h peine investi Saini-ïrond, que, le 28 octobre, sur les dix heures du matin , les Liégeois vinrent camper à Brusthem, dans le voisi- nage de celte ville. Ils étaient environ 30,000, tant bons que mauvais, avec cinq cents chevaux et une nombreuse artillerie. Leur armée fut divisée en trois corps. Au centre, le sire de Berlo, revêtu d'une armure blanche et monté sur un cheval blanc, portait l'étendard de Saint-Lambert. Ils se retranchèrent derrière de grands fossés pleins d'eau, pendant que le duc se disposait à la bataille. Ses deux ailes étaient appuyées et couvertes par des marais, et il y plaça en réserve sa cavalerie et les cinq cents Anglais qui lui étaient venus de Calais. Pour lui, il commandait en personne le corps de bataille et le sire de Raveslein marchait en tête de l'avant-garde. Cejiendant les milices du comté de Looz n'étaient pas arrivées. C'est pourquoi les chefs liégeois voulaient différer le combat jusqu'au lendemain ; mais rien ne put retenir hi folle impétuosité des Tongiois commandés par Jean de Wilde : à quatre heures, ils se ruèrent sur l'ennemi, sans ordre, dis- persés, entraînant après eux le reste de l'armée (i ). Aussi ils furent rompus d'abord et troublèrent les rangs de telle sorte que l'avanl-garde bourguignonne, formée d'archers et de quelque artillerie légère, put s'avancer jusqu'au fossé, et tira si serré qu'elle ht reculer les Liégeois. Leur retranchement fut emporté ; mais lorsqu'ils s'aperçurent que les Bourguignons 'M FovLLOti, Ui'ftorialeodiensis, t. II, p. i07. — Le récit laissé par les historiens liégeois du commencement de l'action, diffère essentiellement de la relation qu'en écrivit Charles-le-Téméraire aux magistratsd'Ypres.S'il faut en croire le duc, l'ennemi se bornait à tirer contre les Bourguignons, quand il donna l'ordre d'engager le combat, pour ne pas être pris dans la nuit qui s'approchait. Gachard, Collection de documiuit inédits, etc., t. I, p. ib9. 7 — avaient épuisé leurs traits, ils vinrent d'un grand courage, et avec leurs longues piques commencèrent à faire un terrible massacre parmi les archers. Déjà « branloient toutes nos en- seignes, dit Commines, comme gens quasi desconfits », lorsque le duc fit avancer le reste de ses archers. Ils rétablirent le combat, et, pendant que l'artillerie éclaircissait les rangs des Liégeois, ils tombèrent dessus avec leurs fortes épées et bientôt la déroute commença (i). Plus de trois mille Liégeois restèrent sur le champ de bataille; mais il y eut peu de prisonniers. Le duc avait jugé prudent de ne pas engager sa réserve : les ailes et la cavalerie virent donc passer l'ennemi fugitif et en désordre le long des marais qui les en séparaient. La plupart échappèrent à la faveur de la nuit, et, à dix heures du soir, le brave Berlo, accompagné seulement de sept chevaliers, rapporta à Liège l'étendard de St-Lambert brisé et déchiré. Les villes de St-Trond et de Tongres ne tardèrent pas à se soumettre, et peu de jours après, l'armée bourguignonne se trouva aux portes de Liège. Le sire de Humbercourt était chargé d'y entrer le premier ; mais dans celte ville infortunée le trouble était si grand qu'on n'y savait quel parti prendre. Le 11 novembre, on résolut enfin d'ouvrir les portes aux vain- queurs. Aussitôt les habitants les plus compromis s'empres- sèrent de fuir pendant la nuit, et quelques jours plus tard, le duc prononçait, dans une sentence terrible, le bannissement perpétuel et la confiscation des biens de tous ceux qui avaient abandonné la cité (2). Jean de Wilde et la plupart des proscrits se réfugièrent en (') M. de Barante, que nous nous sommes fait un devoir de suivre textuellement dans une partie de ce récit, le termine en disant : « Le sire de Wilde, qui com- mandait les Liégeois, fut tué, et bientôt la déroule commença. » Ces mots renferment évidemment une erreur et doivent s'entendre de Baré de Surlet, qui périt glorieusement à Brusthem. (') Notes insérées par M. Gachard, dans son édition de ['Histoire des ducs de Bourgogne, par M. DE Barante, t. II, pp. 294 et suiv. — 8 — Fiance, pour y attendre l'heure de la vengeance. Ils y restèrent aussi longtemps que Humbercourt, digne lieutenant d'un maître inexorable, gouverna la patrie de sa main de fer. En vain le pape avait envoyé à Liège un légat chargé de ramener le calme dans les esprits : ser. efforts pour rappeler les exilés échouèrent devant la jeunesse et l'incurie de l'évéque, uniquement occupé de ses plaisirs. Tel était le triste état du pays, quand au com- mencement d'août' 1468, on apprit que le sire de Humbercourt venait de partir, afin de rejoindre le duc de Bourgogne qui se préparait h entrer en campagne contre la France. L'occasion parut favorable aux proscrits pour regagner leurs foyers. For- tifiés par l'arrivée de ceux qu'avait éloignés la tyrannie des Bourguignons, il se répandirent dans le Condroz, occupèrent Monlfort et firent même une tentative contre le château de Bouillon. D'autres arrivèrent d'Allemagne et parurent dans le marquisat de Franchimont ; de sorte que pendant près d'un mois, on vil leurs bandes parcourir le pays. Cela n'empêcha pas l'évéque d'entreprendre un voyage d'agrément à Maestricht. Cependant Liège était sans armes et sans remparts; mais on s'y refusait à croire les bruits alarmants qui commençaient i\ courir. Tout-à-coup, le 9 septembre au matin, on annonce qu'un messager vient d'apporter la nouvelle qu'une troupe nombreuse de proscrits est campée dans le voisinage et menace déjà la cité. C'étaient Jean de Wilde et 240 de ses compagnons, qui, dérobant leur marche à travers les bois, venaient d'arriver à Seraing, où ils avaient occupé le gué de la Meuse. Leur plan était de se glisser de bonne heure dans la ville, d'y surprendre et d'égorger les Bourguignons dans leurs lits, puis de reconnaître l'autorité de Louis de Bourbon. Le complot découvert, les conjurés surentprofiter de l'hésitation du grand-bailli de l'évéque, pour enrôler les Rivageois sous leur bannière: "Vincent de Bueren se mit à leur tête et peu après la troupe entière s'avança en tumulte sur les hauteurs de St- Gilles. — 9 A leur aspect, quelques cavaliers sortis au-devant d'eux s'enfuirent au plus vite, et, vers onze heures, les bannis firent leur entrée dans la ville, aux cris de Vive le Roi. Ils portaient une croix droite sur leurs vêtements (i), dont l'aspect misérable témoignait des souffrances qu'ils avaient endurées. A mesure qu'ils avançaient, les mécontents et le bas peuple, accourus au devant d'eux, grossissaient leurs rangs : « Liégeois, vous êtes libres, s'écriaient-ils, Liège est délivrée! A bas les tributs et la gabelle ! Le roi Louis de France vous enverra ses hommes d'armes, quand il faudra tenir tête au duc Charles de Bour- gogne. » Ayant ensuite rencontré Amel de Velroux, qui voulait fuir, ils s'emparent de l'ancien bourgmestre et le convertissent à leur cause. Les citoyens paisibles se cachent dans les églises, d'autres s'échappent par les portes St-Léonard ou d'Amercœur ; mais ils sont précipités dans la Meuse ou massacrés par les bandes qui arrivent du pays de Franchimoiit. Presque en même temps, leurs demeures sont envahies et servent de logements aux exilés, tandis que Jean de Wilde et Vincent de Bueren s'installent au palais (2). Liège était affranchie du joug bourguignon, les métiers venaient d'être rétablis, enfin les proscrits avaient retrouvé leur patrie. Les principaux d'entre eux n'en demandaient pas davantage ; comprenant du reste ce que leur position avait de hasardeux, ils se rendirent dès le lendemain au monastère de StJacques, pour se jeter aux pieds du légat, en le suppliant de leur pardonner et d'intercéder auprès de Louis de Bourbon. Le prélat, qui pour lors assistait à la messe, leur envoya sa (') Piip opiiosiiioii à la croix en sautoir des Bourguignons On ne peut douter que Louis XI ne s'entendît avec les exilés ; mais il n'est pas croya'de que de Wilde et Bueren fussent devenus ses agents, comme le pense Koullon. D'ailleurs Coinniines, SuIVridus Pelri ft Waclilendonck {Supplément à la vie rie Bourbon) déclarent posi- tivement que le roi dépêcha des ambassadeurs chargés de soulever les Liégeois. (') ADRiANUs DE VEiKF!! Busco ( Adrien d'Oudenhosch), apud Marieneei Durand, col. 1327 et suiv. — Thkod. Pauli, p. 2i0. — 10 - réponse, les engageant avant tout à donner satisfaction au prince. Mais la prudence des chefs devait nécessairement contrarier les projets d'une populace composée de gens ivres de vengeance et avides de butin. Avec les Flamands du comté de Looz, que leur avait amenés Jean de Lobos (-i)^ ils étaient plus de 5,000, armés seule.iient de bâtons et de frondes. On parvint néanmoins à les calmer et h les conduire devant le nonce. Là, dans la posture la plus humble, ils crièrent merci, implorant sa médiation et promettant d'obéir à leur légitime seigneur. « Voudra-t-il donc encore, disaient-ils, laisser son peuple s'abriter, h. l'instar des bêtes, au fond des cavernes et mourir de faim dans les forêts ? Ne pouvons-nous donc pas rentrer dans nos foyers, pour y gagner du pain à la sueur de notre front ? Songez à ce qui pourrait arriver, si, restant sourd à nos prières, vous nous réduisiez à la dernière extrémité (2). » Leur attitude et le spectacle de leurs misères touchèrent le légat : ayant obtenu qu'ils missent bas les armes, il leur donna quelque espoir, et, le 14 septembre, il partit pour jlaestricht, avec une députalion des proscrits. A leurs propo- sitions l'évêque répondit qu'il consentait à les recevoir en grâce, s'ils voulaient venir sans armes à sa rencontre, pour implorer son pardon. Il exigeait aussi la dissolution des métiers ; mais sur ce point on ne put s'entendre, les négo- ciations furent rompues, et de part et d'autre on se prépara à la guerre. Tandis que Louis de Bourbon rassemblait sa noblesse aux environs de Toiigres, le légat ne discontinuait point de faire les plus louables efforts pour ramener la paix. Le 30 septembre, il pouvait la croire assurée et déjà il s'acheminait, à la tête des (* ) Probablement Jean Vilters, seigneur de Lobos (el non Lovinfosse). Voyez la généalogie de celle famille dans UE HEHCKENiiODE, Collection de tombes, épitaphes el blasons, p. 81. {•) Commentaires du cardinal IMccoi.OMiNi, dans Cuapeautille, t. II, pp. 178 el suiv. — 11 — Liégeois, au devant du prince, lorsqu'on remit à celui-ci une lettre du duc de Bourgogne, qui l'engagea tout-à-coup à rebrousser chemin (i). Leduc lui mandait que, étant sur le point de traiter avec le roi de France, il viendrait à Liège réduire les rebelles ; qu'il se gardât bien d'entrer en composi- tion avec eux ; qu'en attendant, il lui enverrait Humbercourt avec un corps de troupes en état de le défendre. En effet, le 8 octobre, on apprit que l'évêque attendait à Tongres, au milieu de l'allégresse et des feux de joie, l'arrivée des Bourguignons. La situation était désespérée : jamais on ne pourrait compter sur la clémence du prince, tant qu'il serait au pouvoir de l'étranger. Il fallait donc agir, sans laisser à l'ennemi le temps de s'organiser et de recevoir de nouveaux renforts. Jean de Wilde avait jadis commandé les Tongrois ; il connais- saitleur ville : ce fut lui qu'on chargea dediriger l'expédition qui devait ramener à Liège Louis de Bourbon. Aussitôt il rassembla ses compagnons ; Goswin de Straile (2) et Jean de Lobos se mirent à la tête de leurs gens, et vers la soirée, ces trois détachements sortirent de la ville par des portes différentes, en évitant de paraître sur la route de Tongres. A onze heures de la nuit, les conjurés se trouvèrent réunis sous les remparts détruits de la vieille cité, du côté de Hasselt. L'évêque était entouré Je plus de 2,000 hommes (3); mais, avec sa légèreté habituelle, il n'avait pas voulu laisser la garde des portes à Humbercourt. Les Liégeois entrèrent sans obstacle et se partagèrent en trois corps : l'un occupa les avenues, l'autre se dirigea vers la demeure de Bourbon, et le troisième pénétra dans la maison de Humbercourt. Les serviteurs de ce dernier ( ^ 1 Telle est la version d'AoRiEH (TOudenbosch, que nous considérons comme le guide l: plus complet el le plus sur pour l'élude de ces temps agités. (') Vulgairement Goes el non pas Josse, ni Georges de Slraile. Il étail neveu d'Eustachij et lils du bourgmeslre Jean de Slraile. (3) CoMMiNES, édit. BucHON, p. 46. PiccoLOMiNi portc au même chiffre le nombre des assaillants, tandis que Jean de Los ne l'évalue qu'à cinq cents. - 1-2 — eurent h peine le temps de se défendre; quelques uns se firent tuer, pendant que leur maître, sautant de sou lit et se couvrant de ses armes, franchissait la haie d'un jardin pour gagner le quartier de l'évêque. Le plus grand trouble régnait dans la ville; chacun s'enfuyait comme il pouvait ; quelques chanoines et gentilshommes périrent dans la bagarre, mais la plupart furent épargnés. Quant h Louis de Bourbon, il s'était enfui chez le légat, par un trou pratiqué dans le mur mitoyen ; il y passa le reste de la nuit, laissant au courageux prélat le soin de s'expliquer avec les assaillants (i). Dès que les premières lueurs du jour permirent de se recon- naître, l'évêque parut à une fenêtre et, s'adressant aux groupes armés qui occupaient la place, il leur demanda qui ils étaient et ce qu'ils voulaient : « Nous sommes les exilés, repartit Jean de Wilde, et nous ne demandons qu'une chose, à savoir de ramener notre prince à Liège ; il y va de nos intérêts et vous ne vous en repentirez point (2). » L'évêque ayant témoigné la crainte de ne pas être accompagné, le sire de Kessenich lui donna l'assurance qu'il aurait un sauf-conduit pour toutes les personnes de sa suite, hormis les traîtres. « Mais qui entendez- vous par \li, reprit Bourbon? » — « Ceux, répondit de Wilde, que (• ) • Ayant fait appeler leurs cliefs, le nonce demanda comment il se faisait que des hommes qui naguère imploraient la paix à genoux, se présentassent maintenant en armes devant lui. Us répondirent respectueusement que leurs sentiments n'étaient en rien changés ; qu'ils n'avaient d'autre but que de prévenir les desseins des ennemis ; que pour cela, le légat devait revenir à Liège avec l'évêque, auquel ils voulaient remettre le soin de les gouverner et de les défendre ; sinon tous deux s'exposeraient à péril dans l'embrasement général de la ville, tant étaient surexcitées les passions de la multitude. Le légal comprit qu'il ne .s'agissait point de résister : après avoir reçu l'assurance qu'il n'y aurait plus de sang versé, il n'hésita pas à promettre ses boas oflices auprès du prince. )■ C'est ainsi que les faits sont rapportés par Piccolomini et le poète Angélus de Guuribus Sabinis {De excidio civitatis leoiliensis, apud RUrtène et durand, l. iv, col. 1444 et suiv.). Ce dernier met directement en scène le seul Jean de Wilde, qu'il appelle Joa«?jei Amoldus, sans doute pour Jean, fils d'Arnold. (') Foi'i.i.ON, t. II, pp. 124 et 12S. — Henricus de Merica, De cladibus Uodiensiiim, apud DE Ram, p. 178. — 13 — la cité a flétris de ce nom, tels que Jean de Seraing et les autres de son parti. » A ces mots, on vit un chevalier, caché sous sa visière, se pencher à l'oreille de l'évêque, qui ajouta aussitôt : « Et le sire de Humbercourt, le comptez-vous parmi eux ? » — « Non certainement répliqua le Sauvage ; j'estime que c'est un noble et loyal soldat. Est-il donc ici ? » Humbercourt levant alors sa visière, le chef des proscrits ôta son casque, s'avança et salua profondément : « Seigneur, lui dit-il, qui de nous est maintenant le plus fort ? Vous n'avez qu'à vous rendre, il le faut. » Après un moment d'hésitation : « Puisqu'il le faut, répondit Humbercourt, je serai votre prisonnier, à condition de conserver mes armes, de ne pas porter la croix de France, ni d'être emmené h Liège. Octroyez-moi une trêve de quarante jours pour mettre ordre h mes affaires, au bout de quel temps je vous promets de me rendre en tel lieu qu'il vous plaira. Jurez-moi seulement, entre les mains de monseigneur de Liège et du légat, d'observer ces engagements. » L'honnête Jean de Wilde consentit à tout, ne demandant pour prix de sa généro- sité que l'intervention de Humbercourt auprès du duc de Bour- gogne en faveur de la paix (i ). Bientôt la foule se rassembla autour de la demeure du prince, le pressant à grands cris de hâter son départ. H venait de monter à cheval, lorsque Straile, s'apercevant que Humbercourt était resté en arrière, le força de le suivre. Arrivé à la porte de la ville, le capitaine bourguignon ht appeler Jean de Wilde: « Seigneur, demanda-t-il, est-ce là ce que vous m'avez promis? » Ce que j'ai promis, messire, je le tiendrais volontiers, repartit Jean; mais vous voyez que je ne suis pas seul. « Eh bien, reprit Humbjrcourt, faites publier à son de trompe que chacun ait à quitter la ville, et rendons-nous sous les arbres que voici. J'y resterai, pendant que vous ferez proclamer bien haut que tous doivent suivre à Liège monseigneur l'évêque et le sire de (*) Adrianus DE Veteri Bdsco, col. 1334 et 1335. — Foullon, loc, cil. - 14 — Humbercourt. » Non seulement Jean de Wilde lui octroya ce qu'il désirait, mais il donna la liberté aux gens de sa suite en ajoutant : « Vous voyez comment nous agissons avec vous ; rendez-en compte à votre maître. » Après avoir rapporté ce dernier trait, M, de Gerlache, dans son Histoire de Liège, continue ainsi : « Les débris du corps de Humbercourt le devancèrent au quartier-général : mille bruits absurdes se répandirent aussitôt dans l'armée sur ce qui s'était passé h Tongres. On disait que les Liégeois avaient fait violence au prince pour le reconduire dans leur ville et massacré seize chanoines de la cathédrale sous ses yeux pendant la route; que le légat trempait dans ce complot, qu'il aspirait à devenir lui- même évoque de Liège. Ces nouvelles répandues à dessein, re- cueillies par Comines, et par quelques écrivains plus récents (i) se trouvent formellement démenties dans les commentaires du cardinal Piccolomini où les faits sont tellement détaillés et précisés que l'auteur doit avoir été témoin ou parfaitement informé de ce qu'il raconte. Il est vrai qu'arrivé à Liège, Bour- bon ayant demandé à voir le chanoine Robert de Morialmé, blessé à Tongres dans le lumulte, on lui apprit que Morialmé avait été rencontré sur la routepar des brigands de la verte tente qui l'avaient massacré. Ce chanoine, fiivori, compagnon, con- fident intime de l'évêque, en paix et en guerre, au conseil et dans le cabinet, était odieux au peuple qui l'accusait d'abuser de la confiance de son maître. Toutefois sur la plainte de ce dernier les assassins furent punis. Ces événements dénaturés par les Bourguignons échappés de Tongres exaspérèrent au plus haut point l'humeur orgueilleuse du duc, etc.. » (2) (*) Entre autres par M. de Baranle. ( *i Nous sommes heureux d'avoir pu opposer ici l'opinion d'un erainent historien catholique a celle de M. de Villenfagne, qui s'obsline à ternir de ses accusations le patriotisme des Liégeois; el pourtant, depuis longtemps, le père Foulion avait fait justice des exagérations répandues pour servir d'excuse aux cruelles repré- sailles des Bourguignons, il s'appuyait sur la double autorité de Piccolomini et — IS — Parti de Tongres à neuf heures, Louis de Bourbon fit son entrée à Liège à une heure après-midi, accompagné du légat et suivi de quelques prisonniers. C'était un dimanche : une foule innom- brable, Vincent de Bueren en tête, se porta à sa rencontre, pen- dant que les cloches des églises et les instruments de musique mêlaient leur bruit aux acclamations de la multitude (i). Le mardi, on convoqua le peuple au palais, en présence des deux prélats. Au moment où ils parurent, on remarqua Jean de Wilde qui marchait devant eux, portant la verge de justice ou baguette de grand-mayeur, comme insignes de ses fonctions (2). Quelques paroles de conciliation prononcées par l'évêque furent couvertes d'applaudissements, et l'on résolut incontinent de lui rendre tous les chevaux de sa maison. Cette décision ayant fait éclater certains murmures, le bourgmestre Amel de Velroux se tournant vers le grand-mayeur : « Je vous requiers, dit-il, de faire justice, de par le serment que vous avez prêté hier entre les mains de Monseigneur. » — « Ainsi ferai-je, » d'un excellent manuscrit, qui n'est autre que celui du moine Adrien. Or, l'un ne pouvait guère avoir élé informé que par le légat, et l'autre déclare tenir de la bouche même de Humbercourt les nombreuses particularités qu'il nous a transmises. En présence de témoins aussi peu suspects, il n'est plus permis de croire au récit de Theodoricus Pauli, chanoine de Gorcum, qui écrivait d'après le témoignage d'un homme d'armes de Charles-le-Téraéraire. Suivant lui, l'évêque et le légat auraient cherché un refuge dans l'église Notre-Dame ; les insurgés auraient envahi la maison du prince et couru toute la nuit, « comme des loups rapaces, » pour le retrouver ; à la fin, rayant découvert, ils l'auraient contraint par leurs menaces à demander quelque noble auquel il pût se rendre ; qu'alors Vincent de Bueren et Jean de Wilde se seraient présentés et l'auraient emmené avec respect; mais qu'en route et k Liège, il aurait été exposé aux huées de la populace. Puis il ajoute que cela se passait le 10 octobre. Voyez de Ram, pp. 211 et 249. (') Adrianus de Vet. Busco, col. 1336.— Angélus de Curr. Sab., col. 1449. ( *) « En ce temps-là, dit Suffride Pétri (p. 172), raessire Jean de Wilde était souverain-mayeur de Liège ; il y faisait tout ce qu'il lui plaisait, quod libuit licuit ; son principal appui était la faction des couleuvriniers ou compagnons de la Verte- Tente. » D'après M. de Villenfagne (Recherches t. I, p. 345), le grand-mayeur était choisi par le prince, parmi les nobles feudataires de Téglise de Liège; il devait avoir des propriétés dans le pays et y être né, ainsi que son père et son grand- père. 11 était le chef des échevins et rendait la justice tant au civil qu'au criminel. 16 - répondit le Sauvage ; et aussitôt il fit saisir deux des «îoupables, dont l'un tut pendu et l'autre banni. Dès que la paix fut promulguée, on déposa partout les insignes du roi de France, qui, en ce moment même, sacrifiait à sa propre sûreté l'existence de ses anciens alliés. On sait comment Louis XI, surpris ii Péronne par la rapidité des événements, se vit contraint de marcher avec le duc Charles contre les Liégeois. Le maréchal de Bourgogne commença par envahir la Hesbaye : Tongres fut pillée et cette même ville où Humbercourt avait reçu la vie, ne se racheta de l'incendie qu'en lui payant une énorme rançon (i). Pierre de Hagenbach, maître d'iiôtel du duc, se rendit à Liège, et faisant appeler Vincent de Bueren, Jean de Wilde et les autres bannis : « Par ordre de monseigneur notre très-il- lustre duc, leur dit-il, je vous enjoins, sous peine de mort, de partir sans retard et de laisser en paix les habitants de cette cité. Faute de quoi vous éprouverez bientôt que votre châti- ment lie Unira qu'avec la perte et la destruction de vous tous. » Ces menaces n'ayant reçu des chefs liégeois qu'une réponse méprisante, l'envoyé bourguignon leur annonça que son maître et le roi arrivaient, déterminés à assiéger rigoureusement leur ville et à les exterminer; puis, comme ils se refusaient encore à tenir compte de ces terribles avertissements, Hagenbach, remontant à cheval, leur dit adieu et partit {'2). Ne doutant plus de l'imniiaence du danger, Liège tit un suprême appel à la patrie, et aussitôt on vit de nombreux volontaires accourir dans ses murs. Le 22 octobre, le sire de { ') FouLLO.N, [>, 128. Il est à remarquer que cet, historien, toujours si conscien- cieux, lixe au 20 octobre l'entrée des Bourguignons à Tongres. Cependant en ad- mettant cette date, on ne saurait où placer les faits postérieurs qui se passèrent avant le 2-2. Cette fois-ci, Sufl'ride l*etri semble mieux informé, et le jour du 13 octobre, qu'il assigne à rinvasion, concorde parfaitement avec l'ordre rigoureu- sement chronologique d'Adrien d'Oudenbosch. («j Théod. I»auh, pp. 217 et 218. - 17 - Ravestein , avec une partie de l'armée bourguignonne et le corps venu de Tongres, avait établi son camp à Lantin , à une lieue et demie de la cité. Un silence de rnort planait autour de ses nombreux clochers, et ses rues, d'ordinaire si bruyantes, paraissaient désertes. Les Bourguignons s'imaginant que ses défenseurs désespérés l'avaient abandonnée, n'étaient point sur leurs gardes. Les Liégeois s'en aperçurent : conduits par Jean de Wilde, ils sortirent en masse de la ville et se ruèrent sur tous ces gens en désordre. Bon nombre de ceux-ci furent tués ; mais , le premier moment de trouble passé, ils rétablirent le combat et repoussèrent cruellement les assail- lants. Jean de Wilde ne se faisait plus d'illusion sur le sort réservé à ses amis. Il alla rendre compte à l'évêque de la mort glorieuse des Liégeois tombés à Lantin , du nombre toujours croissant des ennemis, et le pria, pour finir, de l'aider à obtenir la paix. Louis de Bourbon y donna son consentement et en renouvela l'assurance pleine et entière dans une assemblée du peuple au palais. En même temps on décida qu'il irait trouver les princes alliés, et, sans perdre une heure, il partit avec le légat, escorté par Jean de Wilde qui l'accompagna jusqu'en vue du camp de Ravestein (i). La réponse de Charles fut désespérante. Rapportée à Liège, il n'y eut qu'une voix pour se défendre jusqu'à la dernière (*) ScFFRiDus Pétri , pp. 17:2 et 173. — Henricus de Merica, pp. 174 et suiv. La version du moine Adrien diffère sensiblement du récit de ces deux chroni- queurs : '< Le bruit s'élant répandu , dit-il, que l'ennemi, chargé des dépouilles de Tongres, allait se retirer, les Liégeois ne craignirent point de se mettre a sa poursuite. Sans prendre conseil de l'évêque ni des bourgmestres, 4,000 fantassins et 700 cavaliers sortent de la ville avant le jour. Parvenus à Othée, ils rencontrent un détachement bourguignon qui se hàle de déguerpir à leur aspect. Mais bientôt toute une armée apparaît à leurs yeux étonnés : ils rompent les rangs et tournent le dos à l'ennemi ; en vain leur chef descend de cheval pour les arrêter, on ne l'écoute plus. Ceux qui restent en arrière sont massacrés, et les autres, assaillis près de Lantin, sont refoulés jusqu'aux faubourgs de la cité. Plus de huit cents hommes avaient succombé dans la mêlée : Liège 2 — 18 — exirémité. Mais laissons parler M. de Gerlaclie, qui, le premier parmi les modornes, a retracé dignement la dernière lutte soutenue pur le héros limbourgeois : « Le maréchal de Bour- gogne s'étanl établi avec son corps d'arm;'e au faubourg St- Léonard, on vint dire ;iu capitaine Jean de Ville, que les Bour- guignonserraient en désordre dansée faubourg; qu'ils n'avaient pas même posé de sentinelles, tant ils méprisaient les Liégeois ! Jean de Ville résolut de leur donner une leçon. Lorsque la nuit fut venue il rassembla un petit nombre de gens éprouvés, anciens compagnons d'armes ei. d'infortunes, lit taire toutes les cloches, ordonna aux chefs des méliers de se tenir en silence aux porlcs de St-Léonard et de Vivegnis avec leur monde, pour attaquer i'ennemi quand il en donnerait le signal. Ensuite il se mit h gravir avec les siens, et en se cachant, les sentiers qui conduisent dans les vignobles jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus à la partie la plus élevée de celte colline qui regarde la Meuse à l'extrémité du faubourg. Là il réunit sa troupe et se lua sur les Bourguignons d'une telle furie, qu'en moins d'une heure il en déconfit plus de huit cents, parmi lesquels se trouvaient bien cent hommes d'armes ; il leur enleva deux drapeaux. Le prince d'Orange et Humbercourt y furent blessés. Croyant avoir sur les bras toute une armée, deux mille archers bourguignons pcirent la fuite dans la plus grande confusion en abandonnant leurs bagages ; car comme il avait beaucoup plu, les voitures s'enfonçaient dans la boue et y restaient. Jean de Ville refoula le gros de l'armée ennemie vers la porte St-Léonard, ainsi que cela était convenu, pour pouvoir l'assaillir des deux côtés à la dtail dans ly consternalion (*). Louis de Bourbon et le légal, réfugias d'abord diins la calliédralc de Saint-Lambert , partirent le lendemain, âo octobre, poul- ie earap bourguignon , etc. » (') Quelques furieux ne parlaient de rien moins que de mettre â mort Jean de Wilde : portam exierc fureniea. El quuniam Aruoldus Joliuuiies aetus adivit , Hum: cives Legii voluenmt tradcrc letho. (ANC. Di: CunR.) — 19 — fois ; mais là se pressait l'élite des Bourguignons avec de l'artillerie, et à mesure que le peuple voulait sortir ils le repous- saient à coups de bombarde. Cette multitude ne montra pas d'ailleurs la même intrépidité que la faible troupe de Jean de Ville. Les Bourguignons, réunissant toutes leuis forces après s'être ralliés, attaquèrent vigoureusement ce dernier, qui ne pouvant soutenir le choc avec si peu de monde, se fit un rempart des chariots et des bagages qu'il venait d'enlever aux ennemis en continuant de leur opposer la plus vive l'ésis- tance. Cependant le feu ayant pris par hasard à une maison occupée par les Bourguignons, ils reconnurent h la lueur de l'incendie le petit nombre des Liégeois et se mirent en devoir de les envelopper. Alors Jean de Ville donna le signal delà retraite. Comme il rentrait le dernier il trouva la porte du vieux Vivegnis fermée. Il voulut gravir le rempart qui était fort élevé; épuisé de fatigue et surchargé du poids de ses armes, il se laissa retomber de la hauteur du mur : on le releva tout froissé de sa chute ; il mourut deux jours après. La perte d'un tel homme, dans de telles circonstances, fut plus sensible aux Liégeois que l'avantage éclatant qu'ils venaient de remporter sur leurs en- nemis (i). » ;*) On ne peut a.jouler grand'chose à cette page d'Iiistoire. Nous tâcherons de grouper ici les faits qui s'en écarlent ou n'y sont pas rapportés : Dans la soirée du 26, l'avant-garde des Bourguignons s'était avancée jusqu'à la porte Si-Léonard. Animés par le désir du butin, ils prétendaient entrer dans la ville avant l'arrivée dti duc. Personne n'était sous sa bannière ; les chefs se reposaient en attendant le triomphe du lendemain. Ils venaient de rejeter de nouvelles propositions de paix et de soumission des Liégeois. Ceux-ci aimèrent mieux mourir que de se livrer à la merci du vainqueur. Comptant peut-être encore sur la fortune qui l'avait servi à Tongres, Jean de Wilde [Legios inier celeberrimas- omnes) rassembla les Rivageois et les hommes du pays de Franchimont. Après s'être assuré qu'ils persistaient dans leurs sentiments, il fil cesser tout bruit dans la cité, comme si elle avait élé abandonnée, puis, vers quatre heures du matin, il sortit, avec ses compagnons, par la porte Vivegnis et les brèches de la muraille. Bientôt on entend crier Vive Liège et Verdure ( *) : lesennemis attaqués par derrière sont dispersés ; le sire de Sargines est tué. Cependant les gentilshommes et les hommes d'armes bourguignons {■*) C'était le cri de ralliement des compagnons de ta Verte Tente. — 20 — Jean de Wilde laissa de sa femme (N. Van Balveren ? ), un fils que M. Goelhals nomme Jean de Horne, dit le Discret. Peut- être aussi lut-il le père de cet Arnold de Horne, dit le Sauvage, qu'on rencontre plus tard en qualité de seigneur de Kessenicli. Enfin, pour ne rien omettre de ce qui concerne cet homme célèbre, ajoutons qu'il lit forger, dans ses villages de Kessenicli et surtout de Kinroy,des deniers noirs aux types contemporains de Liège, de Namur et de Flandre. Il paraît même qu'il fit monnayer à Grand-Brogel, pendant sa domination éphémère à Bocholl. On pourrait donc dire de lui, comme de son parent Jean de Bunde, que ce qu'il ne se serait pas permis en qualité de feudataire du comté de Looz, il le fit au beau milieu de ce pays, comme vassal de Juhers ( i ). J. de CH. parviennent à se rallier devant la porte St-Léonard, par où Vincent de Bueren, à la lueur des torches, est sur le point de sortir. Messire Jean de Berghes y est blessé. Quelques soldats bourguignons se défendent dans une maison : irrités de leur résistance, les Liégeois y mettent le feu, etc.... Jean de Wilde continua de se battre comme un lion, Et muHos Sljifiium Bunjundos niittil ad orcum, j'usqu'à ce que, perdant son sang et la main droite coupée, il parvint, en rampant et s'aidant d'une échelle, à gravir les escarpements du rempart. Reconnu par les gardes, il fut ramené chez lui, où il expira le 29 octobre, la veille du jour où fut prise cette malheureuse ville de Liège qu'il avait tant aimée. Ainsi Gui de Humbercourt fut délié de son serment, sans avoir payé la dette de reconnaissance qu'il avait contractée envers son gdnéreu,\ protecteur. Ce fait d'armes a donné lieu à de nombreuses confusions. Piccolomini le place avant le départ du légat , comme s'il s'agissait du combat de Lantin. Les trois chroniques publiées par M. de Ram ne s'accordent ni entre elles, ni avec l'histoire, sur le jour et le lieu qui virent tomber le seigneur de Kessonich ; ce qui donne une médiocre idée de leur valeur. Théod. Pauli ajoute qu'il fut enterré secrè- tement et qu'on fit accroire au peuple qu'il était resté prisonnier. ( * j Voy. Hcvue belge de tiuminmatiquc, année -ISSB, p. 70, et année 1875, pp. 451 et suiv. MISCELLANÊES 'Suite voir vol. XII p. MO a 366). Les deux pièces par lesquelles nous continuons la publication commencée dans le dernier volume du Bulletin de pièces inédites que nous avons rencontrées en nous livrant h d'autres recherches, nous ont paru offrir de l'intérêt. Peu de personnes, croyons-nous, savent qu'il existait à Liège une compagnie ou société de musiciens et de cuisiniers dont les statuts avaient été approuvés par le prince, par les magistrats de la cité et par les échevins de Liège. La plupart de ces statuts devant, à notre avis, exciter la curiosité du lecteur, nous avons jugé convenable de publier en entier cette pièce quoiqu'elle soit un peu longue. XVIL Copie faicte par nous les eschevins de Liège extraicte hors de iiostre regitre autenticque. Lan quinse cens et trengte qiiattre, le diexemme jour de feverier, comparurent par-devant nous niaieur et eschevins de Liège, Jean Waterken et Pacquea Dozin syque maistres de la compangnie et confraternité des ménestrels et cuysiniers de la cité, franchiese et banlieu de Liège, ordonnée en l'honneur de Monseigneur Saint-Giele en Publemont leis Liège, lesquelz flous remonstrarent que comme par ci-devant et d'anchiennité ai euisl esté ordonné et uzeit faire par lesdis de la compangnie, service et révérence en l'église dudit Saint-Giele h Dieu et ledit glorieu Saint-Giele, pour acquérir vie éternelle, neant- moins la choese, por les fortunes des guerres ayantes regueil, inesmeiit la négligence et mal police de ceulx de ladite compan- gnie, la choese naroit esté entretenue ne observée, par quoy desirans soy lionnestemeni conduir, vivre selon équité et raison, a l'honneur de Dieu, sa très digne mère, monseigneur Saint-Giele et acquérir conséquamment la gloire de paradis, ilz lesdis delledile confraternité avoient unanem^nt délibéré, conclud et passeitles points et ordonnances teles qu'ilz avoient apporté on noz mains, dont la tenurre sera enfin de ces pré- sentes escripies de mot a autres, requérant par lesdis maistres ou nom dicelle ditte compangnie, que les volsissiemmes visenter et passer, d'aultretant qu'ilz seroient raisonnables, affin les mettre en warde de loy et sortir leur effect. A laquele leur requeste fundée en raison condescendans, lesdis ordonnances, poincts et articles ont esté par nous visentées, corrigées et passées en tele forme et manière qu'ilz sont ci-apres redigiés par escript, de si avant qu'ilz ne soient préjudici-îbles à la haultainté, jurisdiction de nostre très redoublé Seigneur et prince. Monseigneur le cardinal de Liège, ne contrevenantes aux franchieses, statuts, paix faicies et privilèges des bourgeois de I;iditte cité, en tele manière et az protestations qu'ilz lesdits de ladilte confraternité mesme avoient declareit par lesdittes ordonnances, furent icelles par Jean Junccis nostre confrère, submayeur de Liège, mieses en warde de loy, lesqueles s'en- suyent de mot a autrez : In nomine Domini amen. Nous les maistres et confrers de la compangnie entirement des ménestrels et cuisiniers de la cité, franchiese et banlieu de Liège ordonnée en l'honneur de Monseigneur Saint-Giele en l'ublemont lez Liège, a tous ceulx qui ces présentes veront et oront, salut. Comme par ci-devant aieleslé ordonné en laditte engliese Saiut-Gielo de cuers aftèc- 28 — tueux faire service et révérence à glorieux troisiie, toutes voyes combien que par forlune des guerres, la chose nat pas esté eiitretenue comme auparavant, ce nientmoins désirans acquérir la gloire éternelle et entretenir laditte confraternité à nostre leal pouvoir et puissance, comme aiants le greit et consente- ment de Monseigneur l'abbé et couvent dédit Saint-Giele, avons, par forme de l'énovatioii, fait, ordonné et passé Testa, conditions d'icelluy en la forme et manière qui s'ensuyt, par protestation de non vouloir préjudicier à la jurisdiclion de très révérend père en Dieu très hault, très puissant et nostre très-redoubté Seigneur et prince. Monseigneur Erard de la Marck, cardinal, archévesque de Valence, évesque de Liège, duc de Buillion, conte de Looz etc. ne semblable ment à la jurisdiction des maistres, jureis et conseil de sa cité. Premièrement, avons ordonné que tous ceulx de la compan- gnie seront tenus, cliascun an, le jor que on fait la feste Mon- seigneur Saint-Gifile, de venir à huyt heures du matin apporter leurs offrandes sur lebanck devant la Violette et icelles offrandes paier et présenter sur l'auteil de monseigneur Saint-Giele, ainsy comme il appartient; car s'il advenoit que aucuns deulx fuissent troveis défailhans, seront tenus paier au proffîtde leurs dis maislres, pour chacune fois qu'ilz commectront la défaulte, assavoir chacun défailhant, l'amende de quattre boddreaz. Item, ledit jour que l'on portera laditte chandelle, ny devera avoir que deux compangnons de noz confrèrez pour joweir de leurs instrumens et choisis par lesdis maistres, lesquelz deux contrerez seront ledit jour (Va nckz de leurs disner. Item, ordonnons que nulz ou nulle de laditte compangnie ne poroni eskondiic leur corouiie.le jour que l'onferat chascun an laditle fieste à Monsegneur Saini-Giele ; car celuy qui escondui- roit ou y contrediroit, seroit tenus vers leurs dis maistres d'une amende de vingt aidans communs. Item, que nulz de laditte compangnie, soit menestreit ou ! uisinicr, s'il ne prent congiet, ne se poratloweir pour alleir "^.i _ faire aucun service le jour de ladite (este et quiconque sera en ce trouvé defailhant, il paierat une amende ausdis maistres de ung postulat Erard. Item, tout et quante lois que lesdis maistres et ceulx de laditte compangnie sy trouveront ensembles dorsenavant, soit à laditte feste ou par autre temps, en aucun lieu comme ôs tavernes ou autre part, s'il advenoit (que Dieu ne veuille) que aucun diceulx esmove aucun débatz par ire ou indignation telemcnt qu'il y ait cops férus jusques a elïusion de sang ou autrement, est ordonné, pour éviter entre eulx.toutes contentions et débats et povoir demourer a tousjours ensembles a bonne paix, amour et union, que celluy d'entre eulx qui serat trouvé premier delin- quer d'avoir esmeu ludit débat et frappé les premiers cops, sera puny et corrigé d'unne amende pecuniele tele que jugié en sera par juge compétent, à applicquier la tierce part à nostre très redoubté Seigneur et prince et uiine autre tierce part à l'église de Saint-Giele H l'autre ausdis maistres. Item, et ossy s'il advenoit que les maistres ou aulcuns de ceulx estans ausdities assemblez, esmovissent ou faisissenl aulcuns débas allencontre d'aulcuns d'icelle compangnie et de leurs confrerez, ainsi et par la mannière qu'il est contenu en l'article précédent, le premier délinquant d'iceulx maistres sera à double amende tele que jugié sera (comme dit est), à applic- quer comme desseur. Item, au regard de celluy qui seroit injuriet simplement par parolles, il s'en porat plaindre et faire parsuytte par-devant lesdis maistres d'icelle leur compangnie, reserveit les cas de cryme et ceux qui toucheroient à l'hoinieur d'hommes ou fem- mes ; mais se ledit injureit faisoit ou alloit à contr.iire de ce que dit est, toute et quanteffois que ceadviendroit, il en seroit pugny d'unne amende d'uiig postulat Erardus ou la vraye valleur, la moitié à proflit desdis maistres et l'autre moitié à coffre de ladite compangnie. Ilem, que dorsenavant nul de nous ne porat, le jour de nostre 91, ditte feste qui est le jeudy après le Saint-Jean, avoir ne deman- der avantaige pour estre affranchiet de leurs escots non plus l'ung que l'autre, se ce n'est par le congiet de leursdis maistres qui au présent sont ou seront au temps futur ; car se deffaulte y avoit, le défailhant en paierat à proffit d'iceulx maistres une amende de dix boddrealz. Item, aussy est ordonné que nul de laditte compangnie ne porat demander l'office d'icelle pour luy ne par aultruy, sur paine d'estre privé toute l'année dédit office d'icelle compangnie. Item, en après, quiconque dorsenavant voirai acquérir la compangnie et estre confrère de la compangnie susditte, il paierat à son entrée la somme de trois florins d'or ou la vraye valleur, l'ung d'iceulx à proifit desdis maistres et les deux autrez à la généralité de laditte compangnie. Item, ung fil de maislre qui volut relever laditte compangnie, sera tenu paier pour son relieff'ung postulat Erardus, la moitié à proffit desdis maistre et l'autre à ladite compangnie. Item, d'oultre est ordonné que nul d'icelle compangnie dorse- navant ne porat joweir que d'unne sorte d'instrument, soit à noepces, novelle messe, feste de village, ou autrement ensditte cité et banlieu ou ilz seroient loweis ; car quiconcque fera au contraire et ftiist prouveit, il seroit à l'amende à proffit desdis maistres d'ung griffon. Item, et aussy qu'il ne soit nulz de laditte compangnie qui dorsenavant soy ingère ou avanche aucunement de prendre deux lùwiers pour servir à ung mesme personnaige et à ung jour mesme tout à une seule fois, le fait bin prouvé, sera h une amende d'ung postulat Erardus, à applicquer la moitié aux maistres et l'autre à laditte compangnie. Item, s'il ad venolt pour grever et faire dommaige à leurs autres confrers, qu'il soy allassent paroffrir et présenter sur le marché de leurs autres confrers pour iceulx endomager, celuy qui en telle sorte userat, paierat ausdis maistres l'amende d'ung griffon. — 26 — Item, quiconcque d'icelle compangnie comenchera de taire aucunes noepces, le devera parfaire, sens de luy mesme povoir commettre aultruy ; car se le contraire estoit prouvé, le défail- hant paieroit ausdis maistres ung griffon d'amende. Item, est ossy ordonné que tous autres qui ne seront de de ladiile compangnie, dorsenavant ne poront ovreir en laditte cité et banlieu pour desservir sallaire, de quelconcques instru- ments appartenans et servaiis à nous menestreis et cuisiniers de laditte compangnie, se ce n'est preallablement qu'ilz aient fait le gré et bon plaisir desdis maistres, ou doncque que se fuissent cas de nécessité, voir que ceulx qui seront trouveis défailhans, paieront, pour cliacunne fois qu'ilz commetteront laditte faulte, ung griffon, à applichier comme desseur. Item, nul d'icelle compangnie ne soy porat lower, ne ossy overeir, ne faire le mestier de laditte compangnie avec aucuns estrangers ou autres quelconcques qui ne seroient de leurs confrers, plus liault que unne fois ou deux, se ce n'estoit par nécessité comme desseur, sur l'amende d'ung griffon à appli- chier ausdis maistres, flem, tous ceulx de laditte compangnie qui au présent sont et qui advenir seront, yront devers leur clerc faire escrire de novea leur nom dedens le registre novellement fait, pour et afin de mieulx savoir coillir et recepvoir leur offrande qu'ilz doient, chascun an, à Dieu et h Saint-Giele, liquel registre il convient aussy renouveller, partant que les anchiens registres de ce faisant mention, ont esté perdus par le temps des guerres. Item, il n'y arat que deux maistres assavoir tousjours ung vieux avec ung noveau. Item, quiconcque ameclera aucun de laditte compangnie des mesuz prescripts et ne h', povist prouver, il escheira en telle amende que celluy qui seroii accuseit, voir selon l'exigence du cas. Item, qui refusera la coronne, soit cuisinier et menestrier, il 27 paierai ung postulat Erardus, à applichier à laditte généralité de laditte compangnie. Item, et finablement, en ensuyant les anchiens uzaiges et coustumes, est ordonné que lesdis maistres d'icelle compangnie qui seront renoveilleis cliascun an, seront tenus, le jour d'icel- luy leur renouvellement, aller, par devers mes très honnorés Seigneurs, les grands maistres d'icelle bonne cité de Liège, prendre et requérir congiet et licence pour toute l'année de povoir envoler panneir ceulx de laditte compangnie pour toutes les amendes et forfaictures, et principalement tous ceux qui auront aucunement négligiet et allé contre de toutes les choeses prédéclarées en ces présentes novelles ordonnances, et se trouvé estoit que lesdis maistres d'icelle compangnie euissent fait panner à tort aucuns de leursdis confrers ou bourgeois d'icelle cité ou banlieu, iceulx maistres seront tenus les délivrer à droit et à leurs despens sans fraude. Tous lesquelz points et articles nous les maistres et confrers de laditte compangnie avons promis etjureis et par ces présentes promectons et jurons, ensembles toutes sieutes à faire licittes et raisonnables concernantes seulement les négoces de nostreditte compangnie, entretenir et inviolablement accomplir, sur les paines y touchiés à applichier comme desseur. Prions et supplions pour ce à la grâce de nostre dit très redoubté Seigneur et prince, Monsei- gneur le cardinal, et aux très honnorés Seigneurs, Messeigneurs les burghemaistres, jurez et conseil de sa cité, Messeigneurs les échevins de Liège plaire lesdis points et articles ratiffier, confirmer et approuver. Quoy faisant, feront oeuvres salubres, participeront aux bienfaits et le benoit fil de Dieu en renderat récompense. Ce fut fait, renouveit, conclud et passé l'an de grâce mil cincque cents vingte siex, au mois d'aoust le troixemme jour. Echevins de Liège. Greffe Bernimolin. OEuvres, registre n" "2, fol. Ht. — ^28 — XVII l. Aujourd'hui qu'il y a des sociétés de tir presque partout en Belgique lesquelles ont leurs règlements, on aimera assuré- ment de connaître en quoi ceux-ci diffèrent des statuts d'une compagnie du même genre qui existait h Liège dans la première moitié du IG""" siècle sous la dénomination de Compagnie Monsieur Saint-Christophe condist des Coleveriniers de la cité de Liège. On sera étonné en constatant que les règles de cette compagnie étaient à peu près les mômes que celles suivies dans les tirs de nos jours. On sera plus surpris encore en remarquant que la cible était placée à une plus grande distance pour les armes de l'époque, qu'elle ne l'est aujourd'hui pour celles îi percussion et qu'elle se trouvait plus rapprochée seu- lement de soixante mètres de distance adoptée pour les fusils se chargeant par la culasse. L'an XV' et XXXVII le X*" jour d'avril comparurent pardevant nous mayeur et eschevins de Liège, Francheu Hardi, Bauduyn Platlebourse grans maieurs, Piron le pollerea porteur a présent de lenseigne et Bertelmi le Piemme, rentier de la compangnie monsieur Saint Christofle ; condist des coleveriniers de la cité de dit Liège, lesquels nous remostrarent comment les grans et petis mayeurs, auvec les aultres compangnons généralement de la dite compangnie, pour Ihonneur deulx et de la dite cité, afTin ossy avoir et maintenir amiable cognissance auvec les amaiteurs de la trarie et baston de la coleverinne, avoient nat- gaires passeit, ordonneit ung jeu et trairie qui comencherat le XXVII" jour de ce présent moix davril, ensy aux maniers, dévisses et conditions quilx avoient (ait redigier par escript sur ung l'uilhel de papier, laendroit i)ardevant nous exhibueit, dont le tenurre serai cidesoubz escripiede mot a aultre, nous requé- rant par lesdis remostrans le volloir visentier de point en poins, et pour ou cas que lachoese luisse lundée en raison, y 29 estre miese en nostre warde. A laquelle leur requeste condes- chendant, avons falL Visitation dédit fuilhet et ordonnance faicte, débattu leffect et substance dicelle, que avons trouveit licitte et admissible, en ayant par îious pour ce accordeit ausdis remostrans a les faire meclre en warde de loy, voir a protes- tation de non volloir derogueir, ne touchier a la jurisdiction et haultainité de nostre très redoubte seigneur et prince, mon- seigneur le cardinal de Liège, ne semblament aux franchieses et previleges de cesie cité, suyant quoy, Johan Junccis nostre confrère submaieur, a la susdicte protestation, misl, lordonance prelouchict en nostre warde; le contenu dédit fuilhet et ordon- nance, dont deseur est faicte mention, sensiet de mot a aultres: Nous les grands et petis maieurs de la compangnie monsieur Saint Christofre condist les colevrinniers de la noble cité de Liège, k vous tous compangnons coleverinniers, salut. Scavoir faisons que nous lesdis maieurs et tous compangnons en gênerai de ladicte compangnie tirans de la coleverinne en la- dicte cité, avons ordonneit, pour faire et entretenir cognois- sance et amistié, XII joyaulz a tirer de la coleverinne, lesquels joyaulx seront par lesdis compangnons assis. Et pour le premier XII aines de draps roige scelleit a deux grans seelz, assavoir le B et le G, el tenant neuf quartiers de large ; pour le second, XI oulnes; le HP, X aines; le IIIP, IX aulnes ; le V'', VIII aines; le VI% VII aines; le VIP VI aines; le VHP, Vaines, et demi; le nueflfeme; cinq aulnes ; le X% IV aines et demi ; le XP, IV aines; et le XIP, III aines et demi. Item, y arat encour deux joyaulx aux troies, assavoir celuy qui aura et gagnera la plus belle des troies, aura aine et demi et le secj id, une aine de semblable drap que le prescript. Item, ung chacun qui gaignera joyaul, donnera pour chacune aine demi patars braibant. Item, Ion tirera aux champs en une place non accoustumée de 2o0 aulnes, mesure de Liège, loing. Item, Ion tirera a deux rondeaiz tenans chincque pietz de haut. ?»0 Itenuquicoiicqueeii tirant romperadu boixdesdis roudeaulx, les coups seront de valleur, touteftois si lesdis coups prenoient terre avant quilx luissent ausdis rondeaulx, telz coups seroient reputez moindres que de valleur. Item, chacun compangnon coUevrinnier tirera douze coups au bras estendus sans touchier aux espalles ny poilrinne, ains tireir a franc jeu sans comectre fraude ne prendre avantaige en manier aucune sur leurs abrieres derier el auvec ce deve- i-ont tireir de vraye et entyrs bêches. Item, et sil advenoit que aucun compangnen colevrinnier fuisse trouveit usant a contraire des devantdicies ordonnances et jeu de irairies, iceluy perdera le coup par lequeil aral mesu- seit, ensemble tous aullres cops quil arat treit ^ït davantaige corregiet, au dit des hommes que pour ce faire seront ordonneis et deputeis. Item, tous compangnons venans sur le jeu de ladite trairie et ayants lolté et comenchiet a tireir, ne se partiront de ladite trairie, silz nont tout tireit el a leurs thours. Item, sil advenoit a aucun compangnon sur ladite trairie que son baston face par trois fois le feux sans alleir, teil coup sera par luy perdu. Item, les maistres des prédits jowealz et jeu eslirontentreeulx par le greit et conseil denlre eulx !ous que aront regard a cedit jeu et trairie, aflin que discords soyent eviteis et le droit dung chacun gardeit, certains personaiges, les quelz, sil surve- noit endii jeu et ti'airie aucunne dubiosité,en debveront comme juges ad ce diffînir et corrigier les delinquans; et ne poront telz delinquans partir de la place, se telle dubiosité nest décidée et liorsporlée par lesdils deputeis. Item, sil advenoit que lesdis deputeis et esleus ne sen polsis- sent accordeii', allin que ledit jeu et trairie ait lors course, tele dubiosité se horsportera a la plus grande sieulte et sequele desdis deputeis ; et ne poral personne opugner ny dire allen- contre. 3J Item, tous compaiignons poront venir sur cestuy jeu pour y traire ; mais avant quilx puissent tireir, soy submecteront a la correction et jugement desdits esleus et deputeis et de observeir le contenu de ces présentes, sans en fachon aucunne pour ny debvoir y contrevenir, nya aultre ioy povoir des jugemens don- neis par lesdis deputeis provockeir ny appelleir. Item, tous compangiions qui comencheront a tireir dung baston, luy coviendrat avuec celuy parfinier. Item, tous compangnons colevrinniers quivoront comparoir a ceste trairie, auront franck et ferme saulffconduyt venans et relournans, sauve ceulx qui seroient encoulpez de cas crimi- neiz envers nosire illustrissime, reverendissime et metuendis- sime seigneur et prince, monseigneur le cardinal, sa cité, ou envers quelcque bourgoy, de debfe recognues ou jugie, sens fraude. Item, ce jeu de trairie comencherat le XXVII^' jour davrii XV^ XXXVII. Echevins de Liège. Greffe Beroimolin. OEuvres. lo37, folio !203. Ueg. n" 9. XIX Le document suivant donne lieu à deux remarques ; la première c'est qu'à toutes les époques, les villes ont éprouvé de l'embarras à payer leurs dépenses et qu'il n'y a que les moyens d'en sortir qui diffèrent. De nos jours on a recours à l'emprunt à primes : jadis on n'avait pas trouvé cette voie facile de se tirer d'affaire. La seconde remarque c'est que si nos pères ne faisaient pas des embel- lissements dans leur cité aussi importants que les nôtres, leurs dettes aussi ne se chiffraient pas par millions. Ce document fait aussi mention d'une immunité dont le clergé avait consenti à se dépouiller, tout en déclarant que ce n'était que temporaire ment. Lan XV'' et XXIIII, le XXIIP jour de septembre, comparu- rent par devant nous raayeur et eschevins de Liège, noble et - 32 — honorez Emond de Swartzemborgh, seigneur de Hierges, et Giele Dheure nostre confrère eschevin, ambedeux(d) Burghe- maistrez de la cite, lesquelz nous remonstrarent que par les Burghemaistrez, jurez el conseil de la cite, en lan XV'^^ XXXII, avuec les trengte deux bons mestiers dicelle, par l'octroie et consentement de illustrissime nostre très redouble Seigneur et prince, Monseigneur le cardinal, evesque de Liège, et de véné- rables seigneurs, Messeigneurs de la cathédrale engliese, avoit este délibérée, passée, accordée et conclude certaine ordon- nance sur le tait et conduict des vins et forlz beveraiges ( i), de sorte, en la manier et az conditions narrées eos lettres patentes, laendroit exhibuees par Guilheamme de Champion, greffier, secrétaire et commissaire de ladicte cileit, scellées auctenticke- ment de seelz desdicts trois membres, dont la tenurre serai enfin de ces présentes inserree. Et affin que dicelle ordonnance fuisse uzeit, inviolablement tenue et réputée de loy en toultes ses parties, lesdicts burgemaistrez requisent que, suyant le desier des jures et conseil moderne et desdicts XXXII bons mestiers, lesdis ordonnances et impostz fuissent regisirees en nostre registre auctenticke el mis en vvarde de loy. Parquoy les choeses considérées aux instances et requestes que dessus, avons iceulx ordonnances et impostz, ainsi queensdictes lettrez sont speciffyees, déclarées et ci dessoubz de mol a mol narres, fait escripre en nostre registre et le tout par ledict mayeur mis en warde de loy. Sensuyt le contenu desdictes lettrez dimpost el ordonnances : Nous burgemaistrez, jurez, conseil el XXXII bons mestiers de la cite el banlieu de Liège. Gonsiderans que la gabelle du vin estoit fort dommageable aux mananset habittans dicelle cite et banlieu, a cause que des vins estranges Ion en paioit le quat- tremme el des vins du pays le diexemme, avons par loctroie et consentement de nostre très redobte seigneur et prince et de ( *) Tous les deux. ( " Boisson.»*. ~ 33 — Messeigiieurs de la vénérable engliese de Liège, oonjuncte- raeiii et par ensemble mis jus ladifie gabelle. Et pour ce que des revenues et emoiumens des trois autres gabelles, assavoir: du bressin, des hoilhes et des drappes, ne scarions payer noz debtez, ne aussy furnir az affaires tant ordinaires que extraor- dinaires nécessaires, avons supplie et requis a nostre dict 1res redobte Seigneur et prince, Monseigneur Erard de la Marck cardinal, quil volsist induyr les gens deglieses estans en ladicte cite et banlieu, volloir subvenir en quelcque aydde, pour aidier paier et redimeir iesdictes debtes. Et après pluisseurs moiens mis en avant, nostredict Seigneur et prince en at mis ung en avant qui sensuyt, auquel Iesdictes englieses, burge- maistrez, jurez, conseil et XXXII bons mestiers ont consenlu et accordeit, assavoir : que de tous vins estranges venans en ladicte cite et banlieu, soit par eawe, ou par terre, touttes personnes ecclésiastiques, borgois, raanans et habiltans en ladicte cite et banlieu, paieront de chascunne cheree de vin de Rin ou autre vin estrange,soit roge, cleret ou blan trois florins dor. Et des vins de France, ion compterat quattre poinchoins de vin de Beaune pour une clierree, et des autres vins dedict France, cliincque poinchoins pour la cherree, et dautres demie cberree ou autres vasseauz. Ion paiera a iequipoUent. Et pour éviter les abuz de ceulx qui venderont le vin, ne meslet les vins du pays avuec les vins dessus nommez, Ion paierai de chascunne cheree de vin de pays que Ion venderat a brocques,un florin dor; et de toutte autre manier de fovtz buveraiges, comme malvesie, rominie, vin bastard fort mieio et tous autres fortz beveraiges, Ion paierat le VHP' denier. Et parmy ce, les englieses susdictes poront distribueir et laissier lunne a lautre, et la il leur plairat, de leurs vins, sens meffaire. Et seront mis deux personnaiges, assavoir: ung de part les eglieses,et lautre de part la cite, qui auront regard auxdicts vins, assavoir des vins estranges que Ion ne les porat meclre en cave jusques ad ce que ladicte somme desdits trois florins dor soit payée, et g recepveront ladicte somme ef. auront aussy regard auz vin de pays que Ion vendcrat a brocques pour payer la somme que dessus est dicte. Et auront lesdicts deux j;ersonnaiges sallairetel qui serat advise pour leurs painnes et labeurs, et feront lesdicts députez tant des englioses que de la cite serment solempnel, quilz ne commecieront en ceste alïaire traude ne larcin, sur la paiune destre punys en corps et en bins arbitrallement. Item, serat commis de pnrl les eglieses ung des leurs tel quilz voidronl. nommeir et ung boa borgoy de la cite, ausquelz lesdicts deux coinmis, en la lin de la sepmaine, apporteront largent quilz aton;. leveit, ladicte sepmaine, desdicls vins, pren- dant quiiiaiice desdicls deux commis. El pour controlle diceluy alïaire, le greffier en ferai, touttes les sepmaines, registre au livre de la cite de largent qui sera leveil. Et sil y avoit quelcque homme degliese, borgois ou autres qui commist fraude en cesie affaire, perdra le vin et paierai vingt florins dor damende, loulles et quanleffois que lroi;ve serai, a applicqueir a la rédemption desdictes debles ; pour laquele amende. Ion porat licittemenl leveir pans et panneir aussy bin lesdit3 gens deglie- ses comme les borgois, bien entendu que lexecution dedict pannissement doit e.stre fait, sur les gens deglieses par leur doyen et chapiitre, et sur les borgois par la loy. Et bailheront lesdictes eglieses plesgcs lay suffî^^sant jusques a cent florins dor, qui i-eront obligies payer ladicle amende, en cas que lesdicts doyen et cliapitlre fuissent defallans de faire lexecution dédit pannissement. Item, lesdicts deux commis qui recepveront cesLe argent, feront serment solempuel qu'ilz ne bailheront de cesle argent ung seul denier, se ce nest pour rachapleir les rentes de ladicte cite dont seront députez aucuns desdilles englicses avuec les burgemaislrez et aucuns du conseil, pour regardcir et advisier queles rentes Ion rachapterat, tous les ans, que ladicte cite doibl; voir que, pour les grandes debles et charges que ladicle cite al presenlemeii!, ladicte rédemption ne se comencera synon 35- a lannee qui viendrai, assavoir : le XXII'' jour daoust lan XXXIII. Et seront les deniers qui seront ceste présente année leveis et reciiupt, employés pour furnir et satisfaire ausdicles debtes et charges, saulffque les deniers qui resteront, lesdictes charges deduytes, doibvent estre applicquez pour la rédemp- tion susdictes. Item, ce présent impost novea durera fin jusques et a tant que ladicte cite sera entyremeiit deschargie des charges et debtes, dont elle est présenteraient obiigie, montant a la somme de quarante septz milz, nueff cens ung florins, sept patars, XII solz monnoie de Braibant, unne foix. Et lesdictes debtes et charges salisfaictes et payées, cessera ce présent impost et demeureront lesdictes eglieses en leurs anchiennes libériez et previlegez. Et pour plus grande corroboration de ces présentes, avoiis supplie a nostredict très redoble Seigneur et prince et prie a Messeigneurs de la vénérable egliese cathedralle de Liège y volloir meclre et appendre leurs seaulz avuec le nostre. Et nous Erard, cardinal snsdict, a la supplication et requesfe et du consentement desdicles eglieses, burgemaistrez, jurez, conseil et XXXII bons mestiers, y avons fait appendre nostre seel. Pareilhement nous doyen et chappitre de leglise cathé- drale susdictes, du consentement desdictes eglieses, et a la pryere et requeste d'icelles et desdicts burgemaistrez, jurez, conseil et XXXII bons mestiers, y avons aussy fait mectre et appendre nostre seel, et comme treffonssiers consentu a susdict impost saulffve et réservée nostre liberté et exemption dicelluy impost sans que, ledict terme pendant, nous puissions, pour oir ou argent, adreschier du vin de nostre provision hors de nostre encloistre, sur paine que ceulx qui le viendront quérir attaius de fait hors de nostre encloistre en lieu prochain, on leur porai licittement oister le vin et le pot ; entendu touueffois que esians ou allans quelcque part hors de nostre dict enclois- tre, porons licittement mandeir de nostredict vin, jusques ung stier ou environ, sens en transgresseir ou abuseir. Ainsy fait cl - 36 - donneit au grant Chapittre de la grande egliese caihedrale susdicte, en la présence de nostredict très redouble Seigneur et prince, Messeigneurs de legliese et eglieses, et de noz burghemaistrez, jurez, conseil et toutte la com.nunalteit de ladicte citeit, le ireizisme jour du mois de septembre lan mil chincque cens et trengte deux. El l'ut mis en warde. Archives des Echevins de Liège. — Greffe Bernimoliû, reg. commençant en mars la:i4, n» H. fol. Sli. XX. La conjuration de Wathieu d'Athin est assez connue pour qu'il ne soit pas nécessaire de faire |)récéder le serment prêté par des personnes bannies pour trois ans pour avoir pris part à celte conjuration, de quel- ques mots relatifs à celle-ci. Trois grands feux qu'on allumait tous les ans le 6 janvier, en ont conservé la mémoire jusqu'en 1681 ; époque à laquelle cette fête, dont la tradition est venue jusqu'à nous, a été détlnitivement supprimée. 1436, 30 juin. Serimens et obligancez fais par les personnes chi desoiis escriptes qui ont estet bannis le stuil de trois ans et apportes par escript lan XlUt et XXXVl le deirain jour de juny: maire Velrous,esquevins Teitor,Pawon et Toullain. Promirement, vous jureis solempnement sur sains et sur la dampnation de vos armes (\\ que jamais, en vostre vivant, ne siereis en lieu ne a conseilhe la il doit advenier ne aydier a conseilheir. cellier, ne sortenir (2) del advenir sédition et trai- sion en la citei entre les borgois et inliabilans dicelle. En après vous jureis solempnement sur sains, que jamais a Waultier Datin, a Willem Datin, ne a leurx complicez notoires deiraine- ment publyes par nostre très révérend peire en Dieu et très redoubtet Seigneur, Monseigneur de Liège, des mayeur et esquevinsde Liège et des maistres, conseilhe et nnniversitet de la citet , Iranciese et banlieu , comme séditieux, trayles ' j Ames. (') Soutenir. — 37 — malfaiteurs et parjurrez, ensiquilesl contenut es cry sur ce tait, a ceux ou a celiez qui porteir faveur ne excuseir les volroient, nesque jamais ne fereis ayde, conseille, ne assistance et ne procureis ne soffrir a procureir, a vostre loyal poioir (t), de nuyt ne de jour, deaux a revenir en la citet ne pays de Liège ne de Looz. En oultre, vous jureis comme desseur, que jamaiv«, pour le fait dele sédition et traison pour ceaux Datin adveinrez, ne pour choese quil vous soit advenut, ne fereis, soffreis (a) ne fereis faire a personne queilconque qui a icelle sédition et traison, de part lesdis Waultier et Willem et leurs complicez aient fait contraire grevance (3), domaige ne destourbier, (4), en corps ne en bins, de nuyt nede jour, en secret ne en appert, par vous ne par autruy en nulle manière, ne que jamais ne impetries, ne fereis impetreir congier (o)a pape legaul, ne autre del faire alleir ne venir allencontre de ce présent seriment, et oultre plus, soy obligeront pardevant les maire et esquevins de Liège, si hault que sur leur honneur, corps et avoir, que jamais n'iront allencontre de ce que dit est, et que selon le contenut de cry, ne porteront office de seigneur, ne dele citet en la citet ne banlieu, et ne feront syete(6) en nuls des boins mestiers dele citet. Et parellement soy obligeront de piyer une voie de oultre meire aile citet et a movoir (t) dedens XXX jours après le semonce des maistres délie citet, en nom diceile. Oultre le seriment desseur declaret, fereis serimens solempnes pardevant mayeur et esquevins de Liège, que en la villede Treit ne aullre part, de jour ne de nuyt, en secreit ne en appert, vous naveis fait ne lait faire en nulle manière a Waultier Datin, Willem Datin, ne a leurs complicez notoires, sediteurs et traytes, quelque ayde, assistence ne favorissement de corps ne de bins. Et se trouvet est ou soit en temps future, que toile ou semblante ayde, assistence ou favorissement en aet par vous eslet fais, en préjudice des crys fais sur lesdis notoirez et traytez,ons en procéderai sur vous (*) Pouvoir. (*i Souffrirez. (') Tort. (* Entrave. ( '• Permission. (') Assemblée. ( ' ; Se mettre en route. - 38 - comme il appartenrat. En ouUre, fereis serimens solempnez, que nulle queilque franchiese de bourgesie iiacquereis, ne par vous fereis acquérir en queilcque lieu ou bonne ville que ce soit, lespause et terme que lenquesle ou autres provancez siéront parfaitez ; et se aulcunnez acquiesez en avies, que dicelle ne vous aidereis, en queilcque manière, le terme des- seurdit ne apreis se troveis esties capable, par enquesle ne par autre juste provance, et avant que délie somme que, ensuyant les crys, avies payet ou poies payer pour la reditication de pont des arches, fereis seriment solempnez que a iceux qui ont eslet commis aile redilîcation de pont des arches, de part le cileL, asscavoir : Colart de Hodeige le viez, Henri Sordeille. Joban de Huy, Desier le Blavier, ne a autres qui aient levet ne recbupt argent de part eaux en nom délie citet, tant Henri de Warous, Johan Dembour, Willem Gossewin, Johan Fachin clercq des fermeteurs (i), ne aaulre quelcque, ne fereis requeste, deman- dise, ne porsuite en temps advenir, par devant queilque Seigneur spirutueil ou temporeil, autre justice ne autrement sens fraude et malengien. Ghe sont les personnez qui ont fait les sei'imens et obligancez susdis, promier : Johan Borleit, Raskin (Il Johan Simon, Johan de Houtain til Coiirar de Lardier, Johan Wigelot, Johan Maclol, Gilet le sellier, Willem Rausin, Gilet Pangnoule le jovene-, Henry Solo bolengier, Pirchon til Jaquenien le paveur, Libert dele Scorbe Biertolet, Buron le pexheur, Johan de Hodaige, Louwy le Proidhomme, Jehennin fil Serva de Dolhain, Libert Dodeur escuier ; et Glamence fille J.uwy parel- lement est obligie sur yestre bannie, dacomplir lobligance desseurdite. Item lan susdit, X^ jour de julle, jurai et soy obligat. Renne- chcneal de Vet!,inaiie Voirons, e^quevins Textor et Toussaint. Extrait des Échevins le ''iége, GrertV; Slephany. OEuvres du 9 novembro 1434 au 18 ddcerabre 1437 Heg. n" 8 folio Hi w. • ) Les FiTmelteurs étaient au nombre de six o.l rrillaient à l'enireiion det murailles, des /initn et du pavage des rues. V. Ford. Heiiaux, H""-' édil., vol. 1, p. ;M8. XXI. S'il n'était pas établi à suffisance que la résignation de Jean de Heinsberg en faveur de Louis de Bourbon a été forcée, la déclaration suivante en serait, selon nous, une preuve. Il est inadmissible en effet que Heinsberg ayant, de son plein gré, abandonné la dignité épiscopale, ait voulu la conserver pour quelques jours seulement, c'est-à-dire jusqu'à ce que la bulle confirmant celte résignation lui eût été signifiée et nonobstant qu'en pleine assemblée du chapitre de la cathédrale, en présence dudit Heinsberg et des Etats du pays, on lui eût communiqué que suivant des informations venues de Rome, celte confirmation avait eu lieu. Celte conduite de l'évêque indique le regret qu'il avait de quitter ses fonctions épiscopales. LE SIÈGE VACANT. Par la resigiiation Monseigneur Jehan de Heynsberg, qui par lespausce de XXXVI ans, avoil en grande Iionneui- possédé la dignitet episcopaic, par li faite en nom ei aoez de Monseigneur Lowys de Borbon, auqueil par vertu de laditte résignation, laditle dignitet épiscopale avoit par nostre très saint peie le pape este confermee, ensi que venerablez seigneurs doyen et capitle de Liège, en grand capitle a saint Lambert, le XXIP jour de may laa XIIIP et LVI, desent yestre dicelle contirma- tion suffissanment adcerteneis, en présence demondit Seigneur de Heynsbergh et des membres et estas des pays de Liège et de Looz, laendroit assembleis, tantp;jr cerlification.i suffisantes procedantez de leurs confrères et concanonez de Liège, iidont residens en court de Rome, comme autrement. Et ensi comme encors lendemain endit capitle, presens iesdis membrez et estas, ils Iesdis seigneurs de Saint Lambert prisent sur leurs serimens yestre de laditte confirmation bin certains, en pren- dant les perilz sui eaux, se le contraire appareil, en vertu de quoy Iesdis autres membres soy condeskendirent, Eaulx Iesdis seigneurs de Saint Lambert soy damans par vertu (.\c ce, en - 40 — laditto dignitet episcopale seigneurs principaulx, comme tref- fonssiers du pays, tant et si lon^ement que noveaul seigneur y aroit; nonobstant que ledit XXIF jour de may, moiidit Seigneur de Heynsbergh soy fuist en dit capitle opposet allencontre, disant devoir en sa dignitet demoreir jusques a tant que les bulles suffissantes touchant ladite confirmation apparoient suffis- samment, comme il fut laendroit en dit capitle entre pluisseu- res autrez causes plusadplein proposeit et remonstreit, qui loing seroit a reciter. En vertu de laquelle certification, par lesdis seigneurs de Saint Lambert faite, comme dit chi deseur, condeskendimesavuecques lesdis autres membres a la credence de ladite confirmation. Extrait du reg. aux œuvres des Eclievins de Liège. (Greffe Stephany) commençant le 31 mars -14S6 et finissant le 23 novembre, même année. N» 21 fol. 88. Cette pièce se trouve entre un acte réalisé le H mai 1456 ei un autre réalisé le 29 mai de la môme année. XXII. Nous publions ci-après une déclaration faite en justice par Gilles de Moraalle, non parce qu'elle a quelque rapport aux troubles presque con- tinuels sous le règne de Louis de Bourbon, mais parce qu'elle fait connaître les cruautés de la torture à celte époque et la manière dont on la donnait. 14o7. 30 juillet. Cognissance faite en justice par seriment lan XIIII'^ et LVIl, le pénultième jour de Julie, maire : Chabot, eschevins : Textor, Dammesart, Lonchins, Falloyse. Moreal- meis, Persant, Berrart et Waldoreaul. Gilet de Moinmaile, bresseur, personeilement conslitueit par devant nous en justice, de sa pure et lige vollenteit, sens dis- — 41 — Irencion (i) ai^cnne, at dit, cognutet confesseit par seriment sollempne sour ce fait, luy par nous diligemment examineit ce qui seiisyet : cest assavoir que, après ce quil avoit demoreit lespausce de deux moix par deleis Gile de Floyon, sique son serviteur, portant ses draps, il soy partit pour alleir vers Hollande useir de son mestier sique bresseur, et luy venus en le ville de Meers, Piètre baslat t de Meers, Jehan de Bruystem et Henry, mayeur délie dite ville, apparcevans quil portoit le livrée dudit Giele, le prisent et mettirent en prison, par ung venredy après le grant quaremme et luy, la extant, examinont pluisseurs foix par douclipur, luy inliortant quil volsisse cognoistre quil avoit esleit avuecque Willemme Surlet par devant Sainlron, pour aidier copeir me damoiseal de Mers pies et pongnez (2) et que ledit Willeuime Surlet devoit esteir a tout ses compangiions aile porte de Bruystem a Saintrond, et Willemme Schoen, qui ossy devoit estre délie par ti.'i Willemme Surlet, devoit steir, a tout ses compangnons, a lautre porte, condist de Lyewez (3), en awaitant (4) ledit damoiseal de Meers. Item, iy inhortant encors quil volsisse cognoistre quil avoit esteit, avuecque nostre maistre-Bareit, a Spalbeycke (s) aidiet sus rompir les usseriez (6) après lesdis Jean de Bruystem et Piètre le bastart. Et quant il ne volt ce point cognoistre par doucheur, ilz, lesdis mayeur, Jehan de Bruystem, Piètre le bas- tart et avuecque eaux Jehan de Mollin, le misent a gehynne (7) et ly ardirenl (8) lez pies, luy suchant sour le cheppe (9), butant (10) ung kelhet (11) dedans le boche, jettant de scleys en son corps et, adont, par forche de distrencion et malgreit ly, pour cremeur (12) et dobtance de son corps, ly fisent 1.^,1 Contraintes. '; Pi^ils et poings. V Léau. (*) Guettant. •' ) Spalbeck, canton df Herck-la-ville. (• h.rtes. ' ) Oèna, torture. ;") Brillèrent. ') Cep, insli'ument Je torture dans lequel on mettait les pieds des accusés. ; *" Poussant. (") L'n morccîiu de bois. '- ) Craime. [ '-'^ Guet-apens. — 42 - cognoistre quil avoit esteit a Spalbeycke. avuecque ledit noslre maistre Bareil, cl ossy a Saintron, avuecque ledit Willemme Surlet, auz obsattez ( i ) susdittez, et quil en devoil avoir cent florins que Gile de Floyou ly avoit promis, jasoice que, de toutez les causez susdittez, rins nen estoil nt point ny avoit esteit, ains le desti par cremeui- et doblance de son corps. Item de ce nyent comptons, ilx mandont le hanglienier ( 2 ) de Nymeeghe. et le mist ledit hanghenier a geliinne plus fort comme devant, et derechieffly lisent cognoistre ce que ditestre etoultre plus les noms et sourtioms de ceaux qui sont escrips en sa ghehinne et, par especiaul, que le prevost de Tongre et nostre maistre Bareit avoient esteis ambedeux obsateurs délie ditte entrepriese. Item après ce que sa ghebinne fut escripte, il fut myneit en le basse court, pardevant mayeur et esquevins, et la noyât ( 3 ) il saditte gbehinne comme cely qui rins nen savoit, et après ce, lut le hangbenier encors une foix remandeit, et quant ledit Gilet fut remis eu prison, ledit hangeneir ly enquérit et exami- nai par doucliour, et point ne le volt cognoistre. Item après ce, il fut myneit, le jour délie encloesse pasko, en une grengne (4), et la fut il loyet (5) sor le deseurtrain (6) scailhon (7) d'une schale (8), luy ghebynant, sachant (9) a une corde lez brache (io) en toirdant jus (11) des espallez (12), et ly lisent cognoistre, par forche, ce que dit avoit paravant, el après ce, fut remis en prison et, lendemain a matin, remyneit encors une foix Cour de prison, pardevant mayeur et esquevins, et la cognut il saditte gbehinne el ly fut demandeit sil volloit sus morir en présence dudit bangheneir iiquel respondit quil en estoit comptent, en redobtant les crudelileis(43) et crueusez dolleurs (t^) qui faitez ly estoient, <>t que encors latendoit, sil desisse le contraire. (' Guel-apens. . *) Celui qui pend, le bourreau. (') JVia, désavoua. ') Grange. ") Lié. ,*) Supérieur. (') Echelon. (•) Echelle. (" Tiranl. ('° Bras. (" Tordant bas. >•-' Epaule.s. (") Cruautés ('*) Cruelles douleur;-. - 43 — Item pour auvertir toutez personnez dist ledit Gilet quil est hin veriteit que, unue foix, aile pryer et commendement dédit Gile, son maislre, ilx furent ysept coinpangnons quérir après lesdits bastars de Meers à Kermpt (i) et point ne lez trovoit, et de la pMSSont a Orient (2) la ilx oerent a mengier et logent, a une taverne a plus près ; mais oncquez noerent carge et ne fut oncquez parleit dédit damoiseal de Meers faire nulz displai- sirs, laqueile cognissance par ledit Gilet chi deseure faite, fut aile requeste de Johan de Monniaile, vairainxhohier, mise en nostre w;irde. Extrait d'un reg.aux œuvres des Echev. de Liège. Greffe Stephany du 23 juin Îi57 au 20 janvier 1 io8 reg: n» 23. fol. 76. vo. XXIII. La recharge ci-après décide une contestation qui s'était élevée entre le sénéchal du comté de Looz et les habitants de Curange, relativement au droit d'enquête. Cette pièce a donc rapport à l'histoire du droit dans le comté susdit et offrira de l'intérêt aux personnes qui s'occupent du droit ancien. 4400" 6 novembre. Rechar geînent fait aile court de dedens Cureiigei par nous les esquevins de Liège lan XllII" et chinc- qiiaiite le VI^ jour de novembre. Gomme Henri de Galen Schenisclial délie contet de Looz et en nom de hault et puissant prince Monsingneur de Liège, conte de Looz, euyst requis davoir faite une enqueste générale par mayeur et esquevins delleditte court et leur clerc serimen- toi, daucuns excès advenus et perpétrez en le hauteur dudit Curenges, maintenant que icelle soy devoit faire pour inquerir et, scavoir la veriteit desdis excès, comme on faisoit en la citet i* Cynton de Herck-la-ville. {' Oriente, dép. de Rummen, canton de Léau. - 44 - de Liège et aullre part ; contre quoy les mannans, surseans et inhabitans delledilte ville de Curenges soy opposoieiU, disans que en vertu de certaine lettre seellee très anchine, jadis con- cédée par Monsingneiir Ernult conte de Looz et de Chingny, ilx avoietit teilx privileigez que la citet de Liège adontavoit, et que oncques de meinore dhomme, on ny avoit veyut faire enquesle, maintenant que encors ne soy devoit point faire, ains dévoient en leurs anchins privilèges p;iisiblement deino- reir. Dont pluisseurs raisnes et responsses, icelles et autres obmises pour cause de briefftet, en ont par lesdittes parties pardevant laditte court questionnet que sur le chieff par elles eslevet et obtenut, laditte court comparut pardevant nous, exhibuat en nos mains par escript les raisnes et responsses desdiltez partiez avuecques le coppie de laditte lettre et autres exploix. Sachent tuis que, par nous bin et diligemment visentet les exploix par laditte court en noz mains exhibueis, eniendut ossi tout ce quil plaisit ausdittez parties pardevant nous faire remostrer de boche, lieubl sur ce entre nous meur conseil et avis, par grande délibération avons dit par loy et par jugement en rechargant laditte court, que a requeste de Seigneur ou de partie enqueste soy puet faire en laditte ville de Curengez de pluisseurs cas et excès tochans au Seigneur ou a autre, voir par lesdis esquevins et leur clerc serimenleit tant seulement pour en avant useir selon loy, nonobstant les oppositions des- dis surseans. Extraits d'un registre des Échevins de Liège. (Greffe Stephany.) OEuvres du 17 janvier 1450 au 7 septembre même année n^iG I. 212. v". XXIV. Apros le sac en 1408 de la ville de Liège par €harles-le-Téniéraire. un conseil ou tribunal composé d'un bailli el de sept juges fut institué pour les affaires qui auparavant étaient traitées par les échevins de Liège. 45 C'est devant ce !; ibunal que le relief qui suivra a été fait. Ce relief renferme une pièce intéressante émanée des commissaires députés et commis aux racliats des biens confisqués par le duc, nous la |)ublions en entier; mais du relief nous ne donnons que ce qui est nécessaire pour l'intelligence de la susdite pièce. Encore un mot ; d'après les registres de Liège le tribunal institué en 146» a siégé pour la dernière fois le 25 mai 1477 et le 24 mai de la même année les échevins de Liège sont remontés sur leurs sièges. Nous donnons à la iin du document les noms des membres de ce Conseil et par extrait, l'acte de réception des échevins. L'on remarquera que parmi ces magistrats se trouvent la plupart de ceux qui composaient le tribunal ou Conseil, établi en 1468. 1470. 21 août. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront et oi'ont, les baillis et gens du conseil de uostre très redobte Seigneur, Monseigneur de Liège, ordonnez en sa citet, salut. Savoir faisons que pardevant nous sont comparus honorables el sages Thiin délie Vaul demorant a Meffe, dunne part, et Coilart de Lompreit de Huy, dautre part. La miesmes, ledit Tliii i requist a relever et relevât de nous, tous et singulers les heritaiges et bins heritablcs quil avoit, lenoit, manyot et possi- doi!, tant les quinze muis de spelte heritables que raquis et diiigit avoit laendroit hors des mains Jehan Lynar, chanone de Saint Materne en le vénérable église de Liège, et dont ledit Jehan Lynart li avoit la miesmes fait reportation et ovres par- devant nous, comme tous autres généralement qui a luy ledit Tliiry appartenoient, par quelcque raison, eskeance et succes- sion que ce i'uist ou estre polsisse, tant de lingue comme de coiste, quelpart quilz soient gisans ou situes, comment on les pust nomeir ou appelleir, exisîens en pays de Liège et délie loy de Liège movans, et mesment et spécialement tous et singu- lers les heritaiges et bins heritables par lui ledit Thiri raquis ei rachetés aux commissers députes et commis aux rachas des biens confisqueis, comme par les lettrez sour ce faites cippert ei desqueles lettres le tenure et déclaration senssiet et est telle : 46 Guy de Brimeu Seigneur de Hubercourt, de Querrieu (?) et de Gisaiiiecouit, Lieutenant gênerai de Monseigneur le Duc de Borgongne es pays de Liège, duchie de Buillon el Gonle de Looz, Guilhnnme de Glungny prolhonolaire du Saint Siele apostolicque, conseillier, maistre des raquesles de losiel de mondil Seigneur le Duc, ei son trésorier commis et ordonnez en ceste partie par mon avandil Seigneur le duc, et maistre Richaul Trocillon, vicaire generaul de reveren peire en Dieu Monseigneur levesque de Liège, par lui commis et ordonnez en ceste partie. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront, salut. Comme pour les rebellions, desobeyssances et entreprinses, infractions de paix, crymes, excès el delicts commis et perpè- tres par les manans et habitans des cite et banlieu de Liège, sur et allencontre de mondit Seigneur leur sovrain, advoet et gardien, el aussi ds mondit Seigneur de Liège, esquelx crim- mes, excès et delicts ilz ont continue et persiste longement par plusseurs et diverses foix et jusques a ce que laditte cite al este puix nagaires prinse dassaull par monàit Seigneur le duc et reyducte a sa volentet, les dessusdis manans et habitants ayent fourfait et conllsque envers lui leurs corps avu tous leurs biens immeubles et heritaiges pour diceulx faire son bon plai- sire et volente, et il soit ainsi que lannee passée, après que laditte citel se fu rendue a la volente de mondit Seigneur, iceulx manans el habilans euys.-tMit par sa senlenche este condam[t- neis a lui payer la somme de six viiigs mil Ijons pour une foix, sur laquelle ilz eussent depuix fait plusseurs payemens, lele- mcnt quiiz nen doient au présent de reste que la somme de chinquanle mil livres de quarante groys mannoye de Flandres la livre, dont lesdis gens deglise se fussent constitues plesges, respondans et obligies envers mondit Seigneur, el lesdis bor- goix mannans et habitans desdiles cite et banlieu ayent obligiez ausdis gens deglise leurs corjjs el tous leurs heritaiges, pour iceux prendre et apprehendeir et faire vendre, pour les denieis — 47 — qui en ysteront, estre convertis e!, employés oudit payement, et iceulx heritaiges eussent mis par euvre de loy es mains des hommes et esquevins qui lors estoient en laditte citet de Liège, en la manière acoustumee en leil cas. Pour de laquele somme avoir payement et satisfaction, mondit Seigneur le duc, pour honneur et révérence de Dieu et en faveur desdis gens deglise, ait esteit et soit content que lesdis heritaiges a lui confisquez, comme dit est, soient par nous vendus et adenirez au plus hault pris et le plus proiîiablement que faire se pora, pour les denirs qui en viendront, estre mis es mains diceulx gens deglise et, en declens le Saint Jehain prochain venant, convertis ou paye- ment de rnondit Seigneur et aussi de ving chincque mille livres, assavoii- : XXj'^ quilz avoient prestez a ceulx de laditte citet, pour les aider payer les VI^^ mil iyons et V™ livres pour les fraix sostenus a loccasion de certaines rentes a vie quilz ont vendu pour ceste cause, en les deschargant et aqiiitant par ce moyen de lobligation dont desseur est faite mention, en cas îouîesvoyc'S que les deniers procedans desdittes confiscations le pussent furnir et non autrement. Et pour exécuter le bon plaissir el. consentemeîtt de mondit Seigneur, affin de parvenir a son payement a la descharge et acquitte desdittes gens deglise, comme dit est, plusseurs lettres patentes ayent este expédiées de pan mondit Seigneur, par lesqueilles et aussi par cry et publication sur ce fait, est donnée grâce et congiet a plusseuî's et grand nombre de ceulx desdittes cite et banlieu ayans confisquies leursdis biens immeubles et heritaiges, quilz pussent dorsenvant demourer, aller et venir esdis pays de Liège et de Looz et les rendant capaubles et habiles de pooir racheter les heritaiges qui leur solloient appartenir, ou autres confisques comme dit est, pour diceulx joyr et useir paisible- ment après ce quilz les aueroient rachetez aussi quilz eussent peu faire par avant les derniers guerres et divisions qui ont règne esdis pays de Liège et de Looz. Par vertu de laquele grâce, Tliiri délie Vaul, citoyen de Liège, soit venu par devers 48 nous et nous at requis que, ensuyar.t icelle grâce, il puist estre recheu a racheter les heritaiges qui luy soUoient appartenir cy après déclarez cest assavoir un clieruage, etc. (On omet la dési- gnation des biens immeubles et de deux rentes à racheter ; l'une de deux muids d'épeautre, l'autre de neuf marcs et cinq sols.) Savoir faisons que, sur laditte requeste heyu avis et par laccort, charge et consentement expresse de mondit Seigneur de Liège et des troix estas desdis pays de Liège et de Looz, qui ont este pour ce assemblez et lont ainssi volu, consenti, ordonne et conclud dun comon accord et consentement. Nous audit Thiri délie Vaul, en la présence de Jehan de Marbais canone de Liège, a ce commis pnr les doyen et chapittre de la vénérable egliese monseigneur Saint Lambert et par les prelas, doyer.s et chapit- ires des église secundairs de Liège, avons vendu, cède et trans- porte, vendons, cédons et transportons, de part mesdis Seigneurs le Duc et de Liège, lesdis heritaiges, ainssi quilz sont cy dessus escrips, specifyes et déclarez, avuec lesdis cens confisq-iez, pour desdis heritaiges joyr, useir et posséder dorsenavant par ledit Thiri, ses hoirs, successeurs et ayans cause, en tous drois, profïis, emolumens quelconcques, heritnublement et a tous jours, aux charges dessusdites et ce, moyennant le pris et somme de syx vings treze florins de Rin doir et demy quil en sera tenus payer pour une foix a deux termes cest assavoir, la moitié au jour Saint Remy après ensuyant. Moyennant laquele grâce, il a promis et fait sériaient que, dorsenavant, il sera bon et loyaul a mesdis Seigneurs ou a leurs lieutenant et com- mis en leurs absence et ne sostendra, ne favorisera en aucune manière les fugitives desdis pays qui ont este et sont bannis par mesdis Seigneurs, ains fera son pooir de les anunchier a justice ou il les sauera et pora trover esdis pays. Se donnons en mandement, de part mesdis Seigneurs, aux baillis, hommes de fiels, esquevins, ou autres officiers desdis pays de Liège et de Looz, ou lesdis heritaiges sont situes, que diceulx ilz met- tent et iii>tituer:i ledii Thiri en possession et saisinne, en luy - 49 - en faisant les oevres et vestures, selon les loys, usages et cousluiïimes diceulx, et len suelTrout et laissent goyr et user, comme dessus e>t dit, sans ei lui faii'e, ou souffrir estre fait, quelconcque distourbir ou empeischement. En tesmongne de ce, nous avons mis nous seelx ad ces présentes lettres faites et données en la ville de Trect le quatuorsieme jour du moix davril, lan mille quattre cens soixante nueff, après Pasques. Parquen noble homme messire Jacques de Morealmez seigneur de Landeilliez et de Merchenlioven, chevalier, sovrain bailli de Liège, fist audit Thiri desdis biens si avant que a luy sont eskeus, succèdes, devollus et appartenans, par les raisons sus- diltez, tant en vertu dudit rachat, comme autrement, et quilz mueveni délie loy de Liège, don et vesteure ens le commandât ban et paix, a droit, a loy et a nostre ensegnement, sauvet en ce le droit des seigneurs et courts treffonssiers dont ils muevent et aussi de chascun. Et ce faist, lantost la miesmes, ledit Thiri fut si conseilliet quil de sa pure et lige volentet, sens distren- cion aucune, reporta sus en le main dudit bailii, tous et singu- 1ers lesdis heritaiges et biens heriiables, tant les dis quinze muis dont dessus est faite mention, comme tous autres par lui cy dessus roieveis ossi raquis et rachetés, si les quitat, werpit, effestuat purment, nuement et absolument, y renunchat eldele tout sen déshéritât, sens riens ens ne sus a retenir, en nom et aoez dudit collart de Lonpreit, la présent. Lesqueles relevations, reportations, oevres, conditions, divises et tout ce que prescript est, ledit bailli mist en le warde et retenance de nous les gens du conseil susdit qui ad ce faire fummes presens, et partant que ce soit ferme chose et estables, si avons nous les bailli et gens du Conseil avantdis fait appen- dre ad ces présentes lettres nos propre seeix en signe de veri- teit. Sur lan de grâce mille quattre cens sixante dyex du mois daoust le vingte ung^ jour. Extrait d'un registre auxOEuvres desEcfievinsde Liège. (Greffe Steplianyj commençant le 23 mai litJ9 et finissant le 11 janvier 1471, a" M lot. i39. — 50 — Noms des personnes ayant fait partie du Conseil ou tribunal institue en 1468. Morealmeis, bailli. TriiKi, Lieutenant du bailli. Beran (Alexandre.) Panuetier. Boisée Proidliomme. Boubais Ricoul, Ricourt ou Rykoul. Boverie Scliurre- Bryamont Tollet. Clermont Waldoreal, Heyiieinaii Waroux. HoUogne ■1477, 24 mai. Lan de la nativité nostre Seigneur Jliesu Crist mil Iin« LXXVII, le nuyt du cliiiicquemme qui fnl XXIIII' jour du moix de may, fut par vertu des leltrez patentes de nostre très redobtc Seigneur Monseicfueur Loys de Bourbon, par la grâce de Dieu evesque de Liège, duc do Buillon et comte de Loz, le siège des mayeur et eschevinsde Liège, après les guerres et divisions qui regnet avoient, reslaubli et remis en son est aprimi tive, selon le conteîiu desdiclez lettrez de mondict Seigneur et furent ad celi jour recheus et mis en feaute ceulx qui sont es dictez lettrez de mondict Seigneur dénommés, assavoir : Monseigneur Guil- laume d'Areinbcrch, seigneur d'Aigremont et de Seraing le Casiial, hault voeit de Hesbaing, comme souverain mayeur, Messeigneurs Jacque de Morealmez qui avoii este bailli de Liège, seigneur de Merchelioven, Messire Gerari de Seraing seigneur a Fraipont pannetier bereditable a nostre dict ires redoubte Seigneur, Messire Jehan de la Boverie, chevaliers, Jehan le Proi Gollur Francheu, Johan dalle lîualle. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront et orout, salut en Dieu permanable et cognoissaiice de vérité. Comme par ci devant pour éviter les hazarls, tavernes et autres jeux dissolus, le jeu et esbat de larbaistre (2) aient este erigies et construes, et que aile occasion de ce ayons de nostre propre acquis certain jardin et place gissant empres le jardin de la grande compangnie des arbalaistriers serimentes en ladicte cite de Liège, eiiquel desja sont ériges des berseaz et garde doni aftin que bon poliice, conduit et bonne manière de taire, soient par nous et noz successeurs a toujours entretenus a laugmentation et honneur de nostredicte compangnie et de nous, sens par nous toutteffois desroguer, ne louchier a la jurisdiciion de très révérend père eu Dieu très hault, très puis- sant prince et noslre 1res redoubte Seigneur, Monseigneur Erard de ia Marck, par la miseration divine, cardinal, arclieves- que de Valence, evesque de Liège, duc de Buillon, conte de Loy (Looz) etc. Ne aussi de sadicte cite, nous avons conjuncte- ment, de nos purres et franches voluntes, ordonne, statue et conclud les poins et articles cy desoubz escrips , lesquelz avons promiset jure solempnemeiît entretenir, sur les paynnes et amendes en iceulx contenus, assavoir : Premièrement que tous entrans en icelle compangnie, paye- ront a prouttit dicelie deux postulatz Erardus ou leur viaye valleur, au clerc et varlet ensembles quattre petits aidans. Item, chacun de nous et noz successeurs payeront a la dicte compangnie, cliacun an, dcmy Erardus ou sa valleur, moitié a jour délie saint Johan Baptiste, et lautre a jour de Noël, et porat Ion (on) le defallant a ce constraindre et araisner par devant lung des trois juges dicelie dite cite, comme debte leale, recognuo. Iiem, pour Ibonneur de Dieu, de sa 1res digne Me e et de V l'ellulier. ^^ ! Ainsi t'cril pour l'urbalaislre. — 63 — sesdicts victorieux et triumphaiis martires, saincts Lambert et George, avons conclut el passe, chacun an, le premier jour de may, porter et présenter unne chandelle en leglise des Frères Minneurs audict Liège et en ce jour y faire célèbre:' et chanter une messe haulte; le lendemain unne b;isse messe de requiem, en priant pour les âmes de noz prédécesseurs, de noz, et de noz successeurs ; et le jour que tirerons le papegaye (i), aussi une messe basse du Saint Esperit, ausquelz services, messe et trairie , chacun de nous serat tenu de yestre, sur paynne et amende, chacunne fois, de quattre livrez commun payement liegoix, a applichier a ladicte oompangnie, se doncques ny avoit cause legillimme, a laquelle trayrie de papegaye chacun de nous sera tenu tirer avec le Roy. Item, pour ce que audit jour Ion fait provision de vivres pour toulle la compangnie, celuy qui ne sera a ladicte trayrie et à commune payerat demy Erardus. Item, ledict premier jour de may, eslirons deux maistres et deux mayeurs,lesquelz gouverneront, recepveront el feront ens venir tous drois et amendes a ladicte compangnie appartenant et en rendre, au debout de lan, bon et juste compte et reliqua. Item, quant iung de nous yrat de vie a trespassement, ladicte compangnie serat tenue de faire chanter uiie haulte messe de requiem, en priant pour lame du trespasse, a laquelle messe chacun deverat estre présent, voir luy comande pour le varlet, sur lamende a defallant de quattre livrez teles que dit sont, et deverat le trespasse ou ses hoires laissier ou donner a ladicte compangnie demee livre de cyre,affîn avoir commémoration de luy. Item, si. advenoit, que Dieu ne vuelle ! que Iung ou plusseurs de nostre dicte compangnie prendoit ou prendoient debas, dis- sencions ou discords, soit a thier, sur la chambre ou autre part en présence de ladicte compangnie, par paroUes, repro- (• ) Tirerons le perroquet, pour tirerons l'oiseau. — 64 — ches, ou en autre quelconque manier, lelz incoureront, cha- cunne fois envers ladicte comnangnie, en tele pugnition et amende que a cas appartenrat, la clioese justement, verifïîee; et du forfait, la partie ne se porat plendre autre part que par- devant nosdis maistres et mayeurs, et, se iceulx nesloient dac- cords ou saiges pour déterminer du forfait, soit quil yeusse plaie, bleschure ou non, quant adoncques ilz seront tenus faire assembler ladicte compangnie en gênerai pour jugier la forfai- ture, reserve cas de cryme. Item, avons accorde et passe que nul de nous ne soy porat abstraire, oister ne départir de ladicte compangnie sens pre- mièrement avoir payet, pour son yssue, a profTit de nous et de noslre dicte compangnie. ung florin dor de poix des quattre électeurs, avvec touttes restes et astargies, saucuns en devoit. Item, louitefïois que serons par nostredict varlet convoc- queis ou comandeis, deverons obeyr et y comparoir, sur paynne quant az defaillans, chacunne fois, de quattre livrez teles que dessus, se doncques ny avoit cause legittimme et veriffyee. Item, quiconcque de ladicte compangnie ne soy irouverat a sacrament, en armes, accompagniet de Roy dicelle, tel serat a lamende de demy postulat Erardus ou sa valleur, se donc- ques neusse cause legittimme, parquoy il y ini^ist ung autre aussy suffisant que luy, la chose cognue. Item, 1 e en tirant az thier.s, lung de nous proférasse parolles deshonnetes ou nommast lo nom de diable, il sera tenu payer, pour cbacunne fois, demy patart ou mettera son souiller audit tbier et laisser tirer après, comme Ion fait az autres couipan- gnies. Item, nous et chacun de nous serons tenus de tenir et entre- tenir sens retractei' louttes sieultes et sequeles ( i) faictes et a faire par ladicle compungine concernantes le bin, proutïit et utilité dicelle et pour ce que aucune lois inconvénient, dangier ,*, DtUibci'alioii» it leurs suilet!. - 6o - et fortune advient, tant az tirans de larbalaistre en jardin, comme aux voyans et assistans, tellement que bleschure, affol- lure (i) ou mort sen ensuit, comme lont at veu advenir en diverses lieux, a cause de quoy par les princes, cites et villes ou compangnies darbaiaistriers sont, est donne edict, previlege et deffensse que personne ne voise (n'aille) et nentre ens jardins et jeux darbaiaistriers, synon sur ses perilz, le tout entendu en la bonne foid, sens fraude. Est il que prions et supplions hum- blement a nostredict très redouble seigneur et prince et atres honores Seigneurs Messeigneurs les maistres, jures et conseil de sa cite plaire par leurs lettres conformer, ratiffyer et approu- ver ces présentes ordonnances et nous doter et accorder ledict previlege et edict touchant ledict inconvénient que advenir poroit audict jardin, en quoy faisant ilz nous donneront meil- heur corraige et nous obligerons tant plus eulx servir, qui est nostre total desier. Et affin que ce soit ferme choese et estable sy avons nous lesdicts confrers ad ces présentes fait apprendre nostre seel duquel uzons tous ensembles, en telx et semblans cas. Lan de grâce mil chincque cens et vingte troix, du mois de may le XXllP jour. Erard de la Marck, parla miseration divine Cardinal, arche- vesque de Valence, evesque de Liège, duc de Buillon, conte de Looz. A tous ceulx qui ces présentes veront et oront, salut. Savoir faisons que pour plusseurs causes, raisons et considé- rations liciltes et raisonables nous ad ce mouvantes en la faveur et requeste de ceulx de la compangnie des arbalaistriers de Nostre Damme, saint Lambert et saint George en nostre cite, désirant leur bin et augmentation, nous avons, en tant quen nous est, greeit, laude, confirme et approuve, gréons, laudons, confirmons et approuvons la tenurre des lettres aus- queles ces présentes sont annexées, vuillant (voulant) que en tous ses poins et parties elle ait lieu et course; car nostre ,'; Périt" (le l'usage liun membre. 66 plaisir est tel. En tesmongnaige de vérité avons fait appendre nostre seel az secres a ccsle dictes présentes. Donne en nostre cite de Liège le chincqucmme (sic) joui' de jullet, an XV^'XXIII. Nous les maistres, jures et conseil partie faisans pour la cite de Liège, a tous ceulx qui ces présentes veront et oront, salut. Savoir faisons que, pour plusseurs causes, raisons et considérations licites et raisonables nous ad ce mouvantes, en la faveur et requeste de ceulx do la compangnie des arba- laistriers de Nostre Damme, Monseigneur saint Lambert et Monseigneur saint George en ladicte cite, désirant leur bin, prouffit et augmentation, nous avons, en tant quen nous est, greeil, laude, raliffyet, conferme et approuve, laudons, gréons, ratiffions, confermons et approuvons la tenure des lettres aus- quelles ces présentes sont transfixees et annexées, vuilhant que en tous ses poins ei parties elle vÀi lieu et course, suyant la conflrmation et approbation faicle par la grâce de nostre très redoubte seigneur et prince Monseigneur le Cardinal, ce que certifiions, en signe et tesmongnaige de vérité, ausquelles avons fait appendre ad cesto présente le seel az légations de ladicte cite duquel uzons en tel ei semblant cas, avvec le signa- ture de nostre souverain grefiier. Sur lan de grâce mil chinc- que cens et XXIII, du mois de septembre le quinzeme jour. Eclievins de Liège — Greffe Stephany. — Reg. de mai 1524 à décembre môme année, n» 99, fol. 172. XXIX. Deux noms restés populaires i\ Liège sont cerlainemenl ceux de (iuil- laïune Keecknian et de St'baslien La Huello. Tons deux furent l)ourgmes- tres, tous deux suivirent la même ligne de conduite dans les affaires du yays, et tous deux eurent à peu prùs la même fin. Le bruit courut en effet, lors de la mort du premier (]u'il avait été empoisonné et l'on sait que le second fut nssas-^iné au banqnot de Warfu'-ée. — 67 - On peut d'autant plus considérer comme précieuse toute pièce authen- tique qui jette quelque jour sur l'histoire de ces deux hommes, que, d'une part, ils ont été considérés comme des rebelles et des ambitieux voulant livrer leur pays à la France et que, de l'autre, ils ont été repré- sentés comme de grands citoyens dont les actions avaient uniquement pour mobile la liberté et le bonheur de leur patrie. Il est à regretter que les deux pièces qui vont suivre concernant iieeck- man, ne soient pas accompagnées de l'enquêto qui a dû précéder Icjugement par lequel les Echevins de Liège ont déclaré appréhc7isibles pour menées séditieuses Gnillaume Beechvian. jadis BurqhemJe, Laurent Uustin, procu- reur, Henri Ctwstehiin, etc. On ve/rail par cette enquête la valeur des preuves fournies à l'appui de l'accusation ou contre elle: mais tous nos etforts pour nous procurer cette enquê e n'ont pas abouti. Lan XV<^ et vingte huict du mois doctobre le dernier jotir comparut par-de ani nous etc., lofficier Roscius lequel en vertu de liorsport d'enqueste sest plaincl criminellement de la per- sonne du s"" Guilheaume Bexhman jadit bourglieraere comme cncoiilpé des points et mosus portés par les articles suivants, lesquels il serve par-devant nous contre luy à cest effect pro- testant en la déduction d'iceulx de n'injurier, ains davoir le seule esgard à l'obligation de ses charges et office. 1. Premier. Que ledit S'' Beckman est publicquement Camé d'avoir piéca contreminé tant par luy que par autruy ce que par les bien affectioiniés au bien publicque se meltoit en avant pour l'avancement d'icelluy, d'où en plussieurs affaires sont sourdys beaucoup de brouilleries et évenemens sinistres ainsy que les tesmoings pouront plus amplement déclarer. 2. Voir que depuis quelques années estant personnes privée et hors d'estat, il n'a pourtant cessé d'emprendre quelque sorte d'authorité publicque procurant de ce faire députer de quelques mestiers, du moins à certains affaires les plus importants es quels soub cet ombrage il a continué de faire à son chef sou- vent contre l'avis de Testât et du magisli^ai, usurpant sur l'au- thorité d'icelluy. m 3. Et craignant en certaine année (de laquelle il ne pouvoyt prétendre au consulat) de rencontrer quelques bourghemres conlrairs à son fait, il a tout ouvertement et par voiries contre tout droit brigué formellement par luy et par autre pour un sien amy estant le bruit comun que cela se fait soub certaines condi- tions que les tesmoings pouront dire. 4. Aussy à tel effect et autres de son dessein ont esté faites en sa maison à Liège à Mathieuval,au Loup et ailleurs souvent luy présent des assemblées et conventicules de gens du Conseil de ville, de Gouverneurs et autres officiers et compagnons des mestiers, où l'on a traité des afTaires publicques, recevants de luy telles assemblées les avis de comment il se falloit gouverner sur les mestiers. 5. Où entre autres il les a conseillé en celte saizon sy dange- reuse (où il y alloit de l'interrest et mine comune) choeses répugnantes au bien publicque et signament eu matière de l'opposition aux mandements de Sa Majesté impérialle touchant l'élection magislralle et autres points insinués au Conseil de ville, aux mestiers. 6. Et sur ce sujet ayant Simon le bouilleur convocqué de la parte du S"^ Bekman en sa maison quelques officiers et autres compangnons et leur mis es mains un concept de recès qu'il disoit que son mestier avoit passé, ledit Bekman leur donnai avis qu'ils le pouvoyent faire, aussy qu'ils pouvoyent bien mettre le meslier ensemble et qu'il y avoit de la precipitance pour le terme de l'intimaliondu mandement. 7. Que suyvant l'avis et conseil susdit le mestier des charpen- lieis et autres ont été assemblés d'auctorité privée sans l'aveu et au desceu des Sgrs Bourgbemestres ce que ne se peult faire en aucune façon et es telles assemblées l'on a résou choeses pernicieuses, comme de s'opposer aux mandements de Sa Majesté, de n'y donner parition et autres semblables au détri- ment de la cité. 8. Ayant avant ce les copies de telle projet et concept de recès - 69 - escriptes en partie de la main du serviteur du boarglienire Bekman esté par ledit Bekman mises es mains de certains contldenls, d'où puis après elles ont este a veue d'oeil semées parmi le peuple et distribuées sur les mestiers pour les induir Ji desobeyssaiice disants iceulx que des grands de Liège avoyent fait tels project. 9. En outre qu'après tels projects semés au mois de décembre dernier ont encor esté distribués autres parmi les maisons, tavernes et mestiers tant devant la St-Jacque qu'en après par les susmentionnés confidents, touls directement contrairs aux recès en Conseil de ville proposés aux mestiers pour sur icieulx avoir resolution. 10. Particulièrement pour insliguer le peuple à ne donner parition aux mandements de Sa Majesté impériale et du depuis pour revocquer la déclaration sur ce faites de la donner, de s'opposer à ceulx qui proposoient les moyens de donner la deue satisfaction à S. A. et aussy de se roidir contre les réso- lutions meurement prinses par le Conseil de ville pour le bien publicque en une occurrence de sy grande conséquence. 11. Choese à la vérité tant pernicieuse et de sy mauvais exemplez que pour à l'avenir destruir touttes voyes et moyens de pouvoir bien faire pour le publicque. 12. Que le S"" Bekman a esté tout publicquement famé sur les mestiers et parmy la ville d'avoir informé ceulx qui ont ainsy instigué le peuple et d'avoir coopéré h tels projects et concepts sy contrairs au bien publicque, voire qu'icieulx venoient de sa forge, et que ses gens les dispersoient aussy que luy mesmes at, en plussieurs lieux et places avoué d'avoir conceu et dicté de ces concepts. 13. Surtout qu'un certain Simonnet confident du bourghemre Beckman lorsqu'il estoit question de donner parition aux mandement susdit fut sy téméraire sur le mestier des febvres assemblé à cest eflfect que de dire qu'il avoit la copie d'un mandement de Sa Majesté Impériale conlrair à cela, criant en - 70 - présence du BourghemPe que l'originelle esloit chez Beckman. lo. Que telle copie du prétendu mandement ou plustôl saufcon- duit de Sa Majesté Impériale a esté miese es mains de certaine persoiuie par Beckman pour le faire sonner sur les mestiers, voire que luy même en a tiré de sa main quelcque copie hors l'originelle prétendu interprété. 14. Nonobstant que l'on tient tout absolutement que tel prétendu sauf conduyt est choese fourée ou subrepticement obtenue ne soit que Beckman face paroistre du contraire. 15. Et cependant telle copie glissée sur les mestiers par ses confidents et à dessein de persuader le peuple de s'opposer, estant néanmoins incliné à donner parition comme aussy ces autres projects et former de reces susdit semés au mesme effect parmi le peuple se peuvent dire d'avoir esté absolutement causes des grands inconvénients et troubles depuis demy an et plus arrives en cette cité. 16. Troubles à la vérité sy grands que beaucoup de choses estoient icy sens dessus dessoub, avec une conséquence pour l'avenir dangereuse à la cité, à cause de telle désobéyssance en ce sans dire davantage ce que d'aucuns firent en cette conjoinc- lure la, de crainte d'un tumulte ou sédition. 17. Et tout cela à cause en partie que le Bourghemre Beckman briguant par luy et ses gens Testât magistralle vouloyent ensemble empescher et de fait empeschoient à tout leur possi- ble que l'élection ne se lîst conformément aux mandements (auxquels le peuple avoit déclaré vouloir obéyr) se mettant luy et sa patrie au danger des censurres d'icieulx avec perte irré- parable sans vouloir escouter ceulx qui le conseilloient de s'en déporter, et de ne se vouloir aheurter à cela. 18. Ce que bien il at fait paroistre en plussieurs occasions et signament se met en fait ou aucuns jours avant la S' Jacques dernière lors qu'accompagné de Lowy Cock muni d'espée et d'armes h feu, il approcliat les sg'^ commissaires Gordinne et Counotîe auxquels ù l'abord demandant des nouvelles, il leui's 7i dit aussy : conieiit Messieurs ies Commissaires entendez-vous de vous gouverner en l'élection futurre. 19. A quoy luy estant reparty qu'ils entendoyent de se confor- mer et obeyr aux mandements de Sa Majesté impérialle et de S.A. S™"" tant qu'ils auroient autre ordre ou bien que le magis- trat eust à s'accomoder avec le Prince, il se mit en fougue et mettant la main sur son espée, s'escriat avec seriment : plustôt mourir, excitant par là ledit Cock (qui mit aussy la main aux armes) à crier : Mort Dieu! plustot mourir louts l'ung sur l'autre, vois suffisantes pour animer en telle saizon, les assistants et le peuple à une commotion. 20. Qu'en tel constrate ledit Beckman ne mancqua de décou- vrir sa pensée plus ouvertement et dire qu'il emplyeroits a vie pour parvenir à Testât puisque d'autres voloient emplier des moyens pour l'en faire culbuter. 21. Et outre ce que par telle agression il a enfraint notoi- rement les sauvegardes tant de sa Majesté Impérialle que de S. A. S"* soub quelles lesdis Gordinne et Counotte sont protectés à raison de leur estât de commissairs et nomément en ceste occa- sion de l'élection conforme auxdits mandements. 22. Que davantage après plussieurs propos dits par Beckman contre telle élection, il les injuriât, disant : qu'ils passoient enquesles contre bons bourgeois qui vouloyent maintenir les drois, franchieses et libertés du pays. 23. Mais iceulx respondants qu'ils ne passoient enquestes que pour crimes méritants exil ou peine corporelle, il adjousta que c'esioit doncquez contre les commissairs qu'il en fiilloit passer, animant ainsi contre eux les assistants et ayant lui et son homme la main sur les armes. 24. Se dit en outre que le s"" Bexhman empruntant le nom des commis des trengte deux mestiers a fait présenter à Messieurs du chapitre, de son authorité privée, plussieurs lequestes signées d'un sien serviteur par ordre desdis commis se disant luy l'un d'icieulx encor que l'on n'en reconoit aucun. - 72 - âo. Lesquelles requesles soub l'ombre de présenier des con- lérences pour traiter des afïairs publicques sont eu certaines parties fort désavantageuses au bien comun, et en soy de con- séquence fort dangereuses et baslantes pour derechef allumer les cœurs d'aucuns du peuple mal afieclionnés au repos de la cité. 26. Davantaige que h Sa Majesté Impériale sont estez présen- tés divers mémoriaux et requesles soub les noms de la cité des Sgrs Bourghemres, Estats et 22 et des mandatairs de la cité signées par Henri Chastellain comis ou facteur du Bourghemre Beckman à Spier et à Vienne et neantmoins desavouer par les seigneurs susnommés. 27. Qu'aucuns de ces mémoriaux estoient pernicieux, pleins d'opprobres voire n'espargnants entre autres la grandeur de S. A. S"'^ 28. Que neantmoins il se prouvera que le bourghemre Beckman at au mois de jung ratifié lesdils requestes nommé- ment celles du 13 de mars et subséquentes entre lesquelles se trouve unne en laquelle l'on supplie à Sa Majesté de vouloir considérer touttes les requesles et recours précédents ladite date, retournant partout tout cela à la charge dudit Beckman. 29. Un supplément de preuves reproduit ici l'enqueste passée au 23 septembre dernier et du depuis horsporlée avec les preuves sur icelle faites et quant et quant (sic) les trois autres enquestes avec les preuves reproduises h ladilte enqueste du 25 de septembre es points favorables. 30. Le tout quoy suffisamment justifié ou besoing sera, l'officier conclud ii ce Guillieaume Beckman jadit Bourghemre soit pour tels mesus condampné criminellement ainsi que par rigueur de justice sera trouvé convenir et aux fraix. Retlannant(sic)d'adjouster etc. protestant comme dessus etc. — 73 — Horsport d'enquestes pour menées séditieuses et autres délicts y reprins. Horsporlées lesdittes enquestes par nous les eschevins et mres de la cité de Liège l'an 1628 du mois d'octobre le XXIIII* jour et dit par nous lesdits eschevins qu'attendu les preuves faites sur icelles condamnons appreliensibles Beeckman jadit Burghemre, Laurent Hustin procureur, Henri Cliastellain, Lambert Holloingne chapellier et son fils, Lowys Cock, (son) frère Nicolas Cock messager, Lambert maitre varlet sur Meuse, Jean Fabri dit Simonet, Simon le bouilleur, Bertrand Fassin de Juppille, Simon d'Heur et Libert Falla, enseingnons en oultre au Sg"" officier qu'il soy porat plaindre de Paulus Herck, Hubert de la Croix, Nicolas Colla et maitre Crespin HoUonia comme encoulpés sur le contenu desdiites enquestes; retenant de dire des autres, et nous mailres et jures condam- nons aussy apprehensibles Lowy Cock, Jean Fabri dit Simonet, Bertrand Fassin et Simon le bouilleur, comme encoulpés sur le contenu desdittes enquestes et quant au Burghemre Beeckman et les autres décernons audit Sg*' officier ouverture d'icelles pour en uzer comme il trouverat convenir. Extrait d'un registre intitule : Grand Greffe des Echevins de Liège — Regre az dictum et horsport d'enquêtes commençant en février 1613, A. 184, fol. 91 v». N» XXX. Nous croyons que la plupart des lecleurs du Bulletin et surtout les membres de rinstiUit archéologique Liégeois qui s'occupent de numis- matique, nous sauront gré de la publication d'un essai sur le droit de battre monnaie qu'avaient les princes de Liège et qui était exercé par le chapitre de la cathédrale pendant la vacance du siège épiscopal. Cet essai est dû à la plume de Jacques de lleusy qui fut bourgmestre en 17G0 et qui est l'auteur d'un mémoire avec supplément, l'un et l'autre mis au jour en 1773, touchant les moyens d'extirper la mendicité et d'occuper - 74 - ulilement les citoyens désœuvrés dans l'élai de Liège. iNoiis avons aussi trouvé un mémoire du même auteur sur la question de savoir si le pouvoir législatif, au pays de Liège résidait, le siège vacant, dans le cha- pitre de la cathédrale seul à l'exclusion des autres états du pays. Nous nous proposons d'éditer aussi ce mémoire. Le pouvoir de balti^e monnoie qui appartient de droit aux seuls princes souverains, a été cédé sans réserve à l'église de Liège par les augustes empereurs. Les princes évêques, ainsi que l'illustrissime chapitre catbédral de Liège en jouissent et en ont joui, sans contradiction, dès l'an 908. Il seroit inutile de citer les preuves, elles sont rapportées dans les historiens du pays et bien appuyées par les monnoies originales qui nous restent de presque tous les princes depuis près de quatre siècles, ainsi que leur évaluation dans les provinces voisines de domination étrangère. Ces faits forment des preuves à l'évidence desquelles on ne sauroit se refuser. Bien des personnes sont cependant dans l'erreur de croire que ce n'est qu'au titre du duché de Bouillon que l'église de Liège a droit de faire battre monnaie; car elle le lire aussi de la principauté de Liège, des comtés de Looz et de Horne. J'ai en mains une des deux pièces de monnoie qui furent frappées par i'évêque Nithard dont le père Bouille a donné l'empreinte dans sa disser- tation historique, ainsi que nombre d'aulres pièces dans ce goût dont les unes portent pour type l'efiigie d'un évoque et pour revers une église, d'autres une crosse passée en sautoir sur une croix, mais la plupart sans légende et toutes sans date, comme étoient toiues les anciennes monnoies. C'est pourquoi je me bornerai à celles qui portent tous les caractères d'authenticité, qui ont eu cours d;Mis le commerce, reçues et évaluées dans les états voisins, en commençant par Jean de Bavière qui fut élu en 1389. Ce prince fit battre des florins d'or qui d'un côté porloient l'empreinte d'un grillon ailé tenant les armes de Bavière avec la légende : JOHS : DE 8AVÂRIA ELE : LEODIEN : CO : LOSS : pour revers une 75 croix doiit les quatre coins se let minent en tleurons ayant dans le milieu l'écusson losange de Bavière et pour légende SIT NOMEN DOMINI BENEDÎCTVM EX : HOC : Ce prince qui ne fut jamais ordonné et'qui abdiqua pour se marier, n'avoit pris sur celte monnoie d'or que le litre d'Elu de Liège et de comte deLooz. 11 y a du même pi'ince des pièces en argent de la valeur d'un escalin qui ont le même type et pour légende : JOHS : DE BAVARIA EPE: LEOD . CO: LOS., au revers une croix simple avec quatre lions dans les coins et au milieu l'écusson losange de Bavière et pour légende : MONETA NOVA LEODIENSIS. Et après son abdication il fit encore battre des florins d'or sur lesquels il est représenté assis dans un trône, la couronne sur la tête, l'épée en la main droite, avec la légende : JOliS : DEI GRATIAEPS: LEOD: COM : LOSSEN:; de l'autre côté une croix fleuragée (sic) avec la légende : XRS : VINCIT XKS : REGNAT XRS : IMPER AT. Il avoit encore fait battre d'autres petites pièces de monnoie d'argent et cuivre. Walenrode ne régna qu'environ huit mois et Jean de Heins- berg, son successeur immédiat et médiat de Jean de Bavière, fit battre des angelots d'or h Hasselt qui avoient d'un côté un ange tenant les armoiries écussonnées de la maison de Heins- berg et la légende ÏOHES : EPS : LEOD : DVX BVLLON : CO : LOSS : ; sur le revers les mêmes armes adossées sur une croix fleuragée et pour légendi^ : MONETA NOVA FACTA IN HASSELT. Il est des esealins et plaquettes du même prince portant au type les seules armes de Heinsbery, au revers les mêmes armes adossées sur une croix simple avec les mêmes légendes que les pièces précédentes. Comme aussi d'autres petites pièces de cuivre du même prince, portant les armes d'un côté et le perron de l'autr^-. Louis de Bourbon qui succéda îi Jean de Heinsberg, fit battre /u des tlorins d'or, ayant d'un côté les armes de Bourbon et pour légende : MONETA NOVA AVREA LUDOVICI ELEGT : LEOD:, et sur le revers une croix fleuragée avec un grand L dans le milieu et pour légende LVDOVIGVS ELEGT: DVX BVL : COMES LOSS:. Le même Louis de Bourbon lit battre de doubles fusicq (fusil), monnoie d'argent ayant sur le type deux lions accroupis se regardant en face et pour légende : LVDO : DVX BVL :, sur le revers une croix fleuragée, les armes de Bourbon adossées dans le milieu et pour légende : SALVVM FAG POP : TVVM : DNE avec les cliifîres financiers LXXVL Comme ce fut en l'année 1476 que Louis de Bourbon obtint la renonciation de la princesse Marie, tille de Gbarles-le-Hardi, aux droits que ce prince s'étoil arrogés sur le pays de Liège, à titre des conquêtes qu'il y avoit faites, et que ce fut en cette même année que ce prince-évôque se réconcilia avec son peuple, cette légende ainsi que le nombre LXXVI semblent avoir été employés pour perpétuer cet événement, surtout que jusqu'à ce temps [h on ne metloit pas encore de date sur les monnoies. Ce même prince avoit aussi fait trapper des escalins aux armes de Bourbon avec la légende : LVD : ELEG : LEOD : DVX BVL: GOM. LOSS:, et sur le revers une croix simple ayant un L dans le milieu avec une fleur de Lis entre cbnque partie et pour légende : LV : ELEG : LEO : FAGTA HASSEL :. D'autres escalins ayant d'un côté une croix fleuragée avec la légende: LVDOVIG : BENEDIG. HEREDITATI TVE, de l'autre un lion tenant l9s armes de Bourbon, pour légende : MO : EPI : LEODIEN : FAGTA HASSEL :. Il est encore d'autres petites monnoies de cuivre de ce prince ; mais ces pièces de monnoie, frappées immédiatement après la renonciation de la princesse Marie, nous conduisent naturellement h une l'éflexion bien simple sur la parité de pouvoir qu'il y a toujours eu entre les ducs de Brabant et les 77 princes de Liège relativement à l'exercice respectif des droits de souveraineté; car pendant le règne de ce prince, ainsi que de plusieurs de ses prédécesseurs, nous voyons les Liégeois et les Brabançons se faire la guerre à outrance, s'appuyer d'al- liances et de secours étrangers, faire la paix comme peuples libres et indépendants. Marie, duchesse de Bourgogne et de Brabant remet au pays de Liège tous les droits que son père et son ayeul sy étoient attribués, sans aucune réserve; car malgré toutes les assertions hasardées, controuvées des Brabançons, nous voyons qu'im- médiatement après cet événement, le prince de Liège, lors régnant, user de tous les droits de souveraineté comme aupa- ravant, faire battre dans l'instant de la monnoie, ce qui est l'un de ses principaux attributs et que cette monnoie est reçue et évaluée en Brabant même par les placards du souverain du pays. Bien plus, quoiqu'après la lî^.ort de Louis de Bourbon, l'archi- duc Maximilien, époux à Marie de Bourgogne eût déclaré et fait la guerre au comte d'Aremberg, lors mambour du pays de Liège et h son fils Jean intrus dans l'èvêchè de Liège, la mon- noie que ce même Jean fit battre dans son court règne (dont le père Bouille fait mention au fol. 199 du S"'" tome de son Histoire de Liège) n'y a pas été moins reçue et évaluée par les placards de Brabant. Elle portoit d'un côté deux lions accroupis se regardant en face avec la légende : lOHS : DEI GRA : POSTVLAT : LEOD : ; de l'autre, les armes de sa maison adossée sur une croix fleu- lagée avec la légende : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM, les nombres financiers ou romains de LXXXIII pour désigner la 83'"« année du siècle que cette monnoie fut battue, laquelle est celle de l'événement susdit. Jean de Horne qui succéda en 1484 à Louis de Bourbon, fit battre des florins d'or, ayant d'un côté St-Jean Baptiste avec l'écusson de Horne à ses pieds et pour légende les abréviations - 78 - de SI: DE. NOB'C: QS : CON: NOS : de l'autre côté une croix de St-Aiidrô ayant au premier quartier : l'ccusson de Bouillon, au second celui de Franchimonl, au troisième celui de Looz et au quairième un quartier étranger qu'on diroit de Zélande el la légende : lOHS : EPS : LEO : DVX : BVL : COM : LOS :. Il esta remarquer que c'est ici la première pièce de monnoie sur laquelle un prince de Liège a empreint les armes du pays. Cepeiiuanl ce même prince fit aussi battre des escalins qui n'avoient d'un côté que deux lions accioupis se regardant en face et la légende : lOHS : DE : GRA : EPS : LEOD : DVX BVL : ; de l'autre côté une croix lleuragée sur quelle est adossé l'écussonde Horne et pour légende : lOHS : EPS: LEOD : DVX BVL: C: L:. Il fit aussi battre des plaquettes avec i^es armes d'un côté et la légende lOHS : H : EP : LEOD : DV : BVL : CO : L :; de l'autre côté une croix simple avec un cornet comme aux armes de Horne, dans le milieu et dans les carres de la croix un lion armé alternativement avec une fleur de lis et pour légende : SI : DEV : NOBGV : QVS : COTA : NO : Il y a aussi plusieurs petites monnoies de cuivre de ce prince portant les armes de Horne d'un côté et une croix de l'autre. Erard de la Marck qui succéda h Jean de Horne en l'an 1506, fit battre des florins d'or aux armes de sa maison, d'un côté avec la légende ERARD DE MARC A ELS : LEODIEN :, de l'autre une croix fleuragée avec la légende : IN HOC SIGNO VINGES ANO 1513. C'est la première pièce de monnoie de ce pays où le siècle et l'année soient exprimée. Il fit battre des postulats d'or avec S'-Lambert d'un côté et la légende : SANGTVS LAMBKRTVS, de l'autre côté les armes de la Marck sur une croix et pour légende ERARD : DE MARGA EPS : LEODIENSIS. Il fit battre des Snaphain et demi-Snaphains, monnoie d'ar- gent, sur lesquels on voit d'un côté S'-Huberl sonnant du cor, monté sur un cheval élancé vis-à-vis d'un cerf avec un chien — 19 — coiiranl ayant pour légende SANGTVS HVBERTVS. de l'autre les armes de La Marck adossées sur une croix tlcunigée, pour légende : ERARD : DE MAR : GARD : EPS : LEOD. On a de ce même prince beaucoup d';ui!îes monnoies en escalins, plaquettes et liards toutes battues aux armes de sa f\imille. Corneille de Berg qui succéda en 1538 à Erard de la Marck, fit b;ittre des florins d'or ayant d'un côté le Sauveur du monde assis dans un trône, bénissant de la m;iin droite et tenant un livre de la gauche, un petit écusson de In mnison de Berg dans l'exergue et pour légende: CORNELI : DE BER : EPS : LEOD.; sur le revers les quartiers de la maison de Berg en triangle avec le principal quartier sur le tout et le reste do la légende : DVX BVLLON : ET CO : LOS : Le même prince fit aussi battre des escalins ayant d'un côté les armes de sa mnson, de l'autre une croix fleuragée et pour légende : CORNELIVS DE BERGIS EPISGOPVS LEOD : DUX BVLLON : ET GOM : LOSS ;. Il fit encore battre des liards l'an 1540 aux armes de sa maison d'un côté, avec une croix éioilée de l'autre, portant un lion d;ins le milieu, principal quartier de sa maison de Berg. Georges d'Autriche, qui succéda en 1544 à Corneille de Berg, fit battre des florins d'or ayant d'un côté un S^ Georges debout, armé, foulant le dragon, le perçant d'une lance de la main droite, tenant de la gauche les armes d'Autriche écartelées avec celles de Brabant et pour légende : GEORGIVS AB AVSTRIA, sur le revers une croix ayant entre ses branches les écussons de Liège, Bouillon, Franchimont et Looz, puis la légende : EPS : LEOD : DVX BVLLON : GOM ES LOSS : Il fit aussi battre des écus d'argent ayant d'un côté les armes de sa maison et de l'autre un S' Georges à cheval avec la légende: GEORGIVS AB AVSTRIA DEI GRATIA EPS: LEOD : DVX BVL : GOMES LOS : 1545. Il en fit battre d'autres en 1546 aux mêmes armes et légendes, - 80 - ne fut-ce que le S' Georges étoit debout tenant une lance Ji la main. 11 en est d'autres aux mêmes armes et légendes d'un côté ; mais qui portent au revers la double aigle couronnée et éployée avec la légende : CÂROLVS V ROM : IMP : AVG :, sans date. Il est aussi des escalins du même prince aux mêmes coins, revers et devises. D'autres ayant d'un côté les armes d'Autriche, au revers celles de Liège, Bouillon, Looz et du S' empire. Des escalins et liards ayant les armes du prince d'un côté, de l'autre les écussons de Licge, Bouillon, Franchi mont et Looz. Le père Bouille, dans son Histoire de Liège pag. 385 et 386, rapporte que l'évêque Georges d'Autriche fit fabriquer des dalers et d'autres monnoies d'argent selon la valeur intrinsèque de celles de l'empire; c'est peut-être là le motif pour lequel on mit sur ses monnoies le nom de l'empereur régnant, voulant probablement marquer seulement par là l'époque de leur fabrication d'une manière plus précise qu'elle ne l'avoit été auparavant. Cet usage en fut dès lors assez commun à tous les électeurs, princes, villes et états de l'empire pendant un long temps et s'est toujours conservé jusqu'à présent sur la monnoie des villes libres de l'empire. Les HoUandois pratiquent aussi cet usage depuis le commen- ment de la république et ont continué jusqu'à présent de mettre la légende suivante sur leurs ducats : MONETA ORDINVM PROVINCIA : FOEDERATA : AD LEGEM LMPERII, quoiqu'ils soient maintenant séparés de l'empire et qu'ils ayent été reconnus état libre et souverain par la paix de Westphalie. Il semble néanmoins qu'il n'y avoit pas une oblii^ation absolue aux princes de l'empire de changer leur monnoie de l'aigle impériale et du nom de l'empereur, puisque Robert de Berg qui succéda dans l'évêché de Liège immédiatement à Georges d'Autriche, ne mit l'aigle impérial et cette légende, que sur les dalers ou écus qu'il lit battre l'an 1557 et ne le fit - 81 - pas mettre sur les pièces de vingt sous qu'il lit battre aux armes de sa maison, ayant de l'autre côté une croix et la légende : ROBERTVS A BERGIS EPS : LEODIEN : DVX BVLLON : COME : LOSSEN :, non plus que sur les pièces de cinq sous qu'il fit battre l'an 1561, sous les mêmes armes, revers et légendes que les pièces de vingt sous qui ne portent aucune date. On ne pourroit cependant douter d'un autre côté qu'il n'eut intervenu des décrets impériaux sur le fait des monnoies, puisque sur des escalins battus sous le règne de Gérard de Groesbeck, successeur immédiat de Robert de Berg et d'Ernest de Bavière, son autre successeur médiat, il y a un double aigle au milieu de la croix du rêve: s avec la légende : RODOL : II ROM : IMP : DEGRETO. Cette formule qui n'alteroit en rien le droit des princes pouvoitplus vraisemblablement ne designer autre chose sinon que leur monnoie étoit pour l'intrinsèque conforme aux loix de l'empire comme les Hollandois continuent à l'imprimer sur leurs ducats doubles ou simples, etc. Ayant été réservé par la capitulation de Charles V aux Etats de l'empire assemblés en diète de faire les ordonnances moné- taires, ils en firent une en 1516 dans une diète tenue à Ratis- bonne à laquelle ils tirent quelques ajoutes dans les diètes tenues à Augsbourg en 1566 et en 1569 et ce fut dans cette dernière qu'on prescrivit la valeur intrinsèque des monnoies, leur forme et manière de les essayer. C'est à l'occasion des monnoies de ce temps Ih que le célèbre Paffendorf a dit que les monnoies d'Allemagne rougissoient d'être de si mauvais aioi. Il fut encore ajouté par la suite des articles à ces ordonnances monétaires qui n'ont produit que peu de fruit en Allemagne. Et comme c'est toujours au nom de fempereur que ces sortes de résolutions sont annoncées, il n'y a rien d'étonnant d'avoir vu cette formule sur les monnoies. Outre ces escalins, Gérard de Groesbeeek ht battre des rix — S:> — Daldors ou éciis m!u-(|uës d'un côté des armes de sa maison avec la légende GERARD : A GROESB : EPS : LEOD : D : B : C : LOS :, de l'autre la double aigle éployée, surmontée de la couronne impériale et. pour légende : MAXMI : Il ROM : IM : SEMP : AV. 1567. Il fit battre l'ait 1568 des florins d'or aux mêmes armes, revers et légende que les écus. Des plaaueites aux armes de sa maison avec la légende : GERARDVS A GROSBERG EPIS : LEOD : au revers une couronne de laurier, dans le milieu, la devise DILIGE et dessous 1565. Il fit aussi battre des iiards. Je ne parlerai pas des monnoies d'Ernest de Bavière qui succéda en 1580 à Gérard de Groesbeeck, ni de celle de Maximi- lien Henri, de Jean Louis, de Joseph Clément, de Georges Louis et de Jean Théodore et de tous les sede vacante intermédiaires, elles sont dans les mains de tout le monde et ont encore cours journellement dans le commerce. Ce sont des écus d'or ou pistoles, des souverains d'or, ducats, doubles ducats, ducatons, écus, escalins, plaquettes et Iiards. Partie de ces monnoies a été battue avec les effigies de ces princes d'un côté, tels sont les écus et les pistoles de Jean Louis, les ducatons, écus, demi et quart écus d'Ernest, Ferdi- nand, Maximilien, les écus de Joseph Clément, et de l'autre, tous les écussons des armes quartiers du pays de Liège ou seulement du duchj de Bouillon, d'autres au lieu de leurs effigies ont mis les armes de leur maison. Il y avoit anciennement trois hôtels de monnoie: un à Liège, dans la rue des Sœurs de Hasque, un h Bouillon qui en a retenu le nom jusqu'à présent et un à Hasselt. On ne pourra jamais contester que les princes de Liège n'aient fait battre, comme tels, toutes sortes de monnoies, indépendamment de leur qualité de Duc de Bouillon; mais aussi com.nie comte de Looz. Il ne doit pas rester le moindre doute là dessus et il y a — 88 - même des liaids que lit battre Ernest de Bavière sur lesquels on voit d'un côté, son effigie, la couronne électorale en tête et la légende : ERNESTVS A BAVARlA et sur lo revers l'écus- son du comté de Looz adossé sur les armes de Bavière et pour légende : COMES LOSSENSTS. Ferdinand de Bavière a aussi fait battre des liards comme marquis de Franchi mont et comte de Horne. ayant d'un côté les armes de Bavière et la légende : FERDINANDVS ELECT : COL : PRIN : LEOD : et au revers le perron surmonté de la couronne qui termine les armes de Liège, récusson de Fran- chimonl à droite et celui de Horne k gauche et celui de l'empire sur le perron avec la légende : MARCH : FRANCHIMONT : COMES HORN :, ce qui démontre qu'il a été battu des îuonnoies aux coins de toutes les provinces du pays de Liège. C'est pourquoi il semble que l'illustrissime chapitre cathedral qui de droit jouit de tous les attributs de la souveraineté pendant le siège vacant, devrait sous très humble correction user de toute l'étendue de ce pouvoir en taisant battre des pièces de monnoie aux coins de chaque écusson des provinces du pays, ainsi qu'à tous les quartiers réunis do Liège, Bouillon, Franchimont, Looz, Horne, en y ajoutant celui de Herstal que les roi.^i de Prusse ne dédaignoient pas d'ajouter aux leurs. Fait à Liège ce 4 mars 1763. [Signé) i. HEUSY. Archives de TEtal à Liège, pièws délaclit-es, n» ilh. ANCIEN PLAN ou VUE DE LA VILLE DE LIEGE L'Institut archéologique a accueilli eu 1860 et a permis d'insérer dans son Bulletin un travail intitulé : Recherches sur les cartes de la principauté de Liège et sur les plans de la ville, par A. Dejardin, capitaine du génie. M. Bodel-Nuyenhuis, ancien libraire et amateur distingué de la ville de Leyde, ayant lu cet opuscule, s'empressa d'informer l'auteur qu'il possédait un ancien plan de Liège en quatre feuilles et portant les inscrip- tions suivantes : JEgidiiis Marischalpictor Leod. delineavit,\Q[S; Johan Veenen (ecit ; Gerardus Alzenbach excudit. Cette pièce fut renseignée et décrite dans un supplément aux Recherches. V. le Bulletin, tome V, page 199. Un plan de Liège d'une date aussi reculée et d'une si grande dimension (il mesure deux mètres en longueur) devait exciter la curiosité et la convoitise des Archéologues liégeois ; aussi nous nou-; adressâmes à M. Bodel pour lui faire des propositions ; mais il nous répondit qu'il ne voulait k aucun prix se dessai- sir de cet unicum. Quelques années après, le propriétaire de ce plan étant décédé, ses nombreuses et intéressantes collections étaient livrées aux enchères. Comme le plan de Liège ne figu- rait pas dans les trois catalogues publiés à cette occasion, des doutes s'élevèrent sur son existence. Le libraire Muller qui avait dirigé la vente, voulut bien nous faire savoir que le plan - 86- existait et qu'il ét;iit conservé à la bibliothèque de l'université de Leyde h laquelle M. Bodel avait légué ses collections idéogra- phiques. Et grâce à l'extrême complaisance et à l'habile direc- tion de Monsieur W. Du Rieu, docteur en droit et conservateur de la bibliothèque de Leyde, nous sommes en possession d'une excellente copie de l'œuvre de Gilles Marischal. El pour qu'il ne reste aucun doute sur son authenticité et sa parfnite exacti- tude, nous donnons un extrait de la lettre que cet estimable bibliothécaire a bien voulu nous adresser. « Samedi passé mon dessinateur m'apporta la quatrième ou » dernière feuille. Ce n'est que hier que je réussis à donner » quelques moments pour collationner l'ouvrage ; car je ne » voudrais pas vous livrer ce travail sans m'être persuadé qu'il » est fait comme il faut. » Eh bien, le résultai en est très-Cavorable. Le dessinateur )) n'a absolument rien oublié et il a conservé toul-à-l'ail le » caractère de l'original. Vous recevez donc, Monsieur, un » fac-similé complet et parfait , qui vous fera juger de la » valeur de la gravure. Je suppose que vous serez content et » je vous félicite de la belle acquisition que votre collecîion va » faire. Monsieur Mulder vous écrit en même temps. Je ne » doute pas que l'atîaire ne soit terminée à votre grande satis- » faction, et je suis bien aise de vous avoir fourni l'occasion de » vous enrichir d'une si belle pièce. » Les amateurs qui examineront ce plan avec soin, sauront en apprécier 'es qualités comme ils sauront en relever les défauts. Il est hors de doute que de toutes les vues de l'ancien Liège, c'est celle qui a le plus d'étendue. Les monuments situés en dehors de l'enceinte de la cité, se trouvant isolés, ont pu être dessinés avec tous les détails d'architeclurt; qui les caractéri - sent. Nous y voyons avec intérêt l'ancien état de l'abbaye de St-Laurent avec son réfectoire gothique; le couvent des Guil- lemins ; le pont des arches qui a précédé celui démoli récem- ment et qui est surmonté d'une construction importante et de — 87 — la chapelle de S'*^ Barbe dans laquelle les Arbalestriers tenaient leurs assemblées ; l'ancien pont d'Avroy avec ses arches etc. Nous venons de dire que l'on signalerait aussi les défauts de ce plan. En effet le dessinateur s'étant placé sur la montagne de S. Maur, (Fou il avait prospect de la cité, comme il le dit lui-même, ne pouvait d'un coup d'œi! embrasser toute l'éten- due de la ville ; les monuments situés à l'intérieur et cachés en partie par les constructions voisines, n'ont pu être repré- sentés avec toute l'exactitude et la perfection nécessaires. Mais ces défauts sont inséparables de la nature même de ce genre de travail, et l'auteur de l'ouvrage intitulé : Etudes archéologiques sur les anciens plans de Paris, M. A. Bonnardot a fait sur ce sujet des observations si judicieuses que nous ne pouvons nous empêcher de les reproduire ici. « Le point le plus difficile pour fabriquer ces sortes de plans, » surtout où l'on adopte une vaste échelle, c'est d'y faire >> figurer dans leurs limites précises, et surtout avec leurs » formes vraies et détaillées, les principaux édifices signalés » dans l'histoire. C'est chose presque impossible. On connaît à » peu près la situation et les limites des anciens hôtels, mais » sur quels documents, en l'absence de dessins contempo- » rains, oser tracer le plan géométral des cours, jardins et » corps de logis ? Avant le seizième siècle, on ne levait guère » de plans géométraux ; les architectes, je le présume, détrui- » saient les dessins de leurs constructions, ces constructions » une fois achevées. » Des livres décrivent, mais ne dessinent pas les édifices ; » ils parlent à l'imagination, non aux yeux. Il faut donc pour » échapper au reproche d'inexactitude, se borner h indiquer >^ des masses. Il en résulte un plan froid, sans parfum archéolo- » gique. Les rues seules offrent un ensemble assez pittoresque, « mais le plaisir de la curiosité s'arrête au delà de la voie » publique. Voilà l'obstacle, voilà pourquoi j'ai toujours différé » mon projet de publier une nouvelle série de plans fictifs de 88 » Paris; caria meilleure critique, c'est de refaire ce qu'on » trouve mauvais. La nécessité où je serais d'imaginer souvent, » au lieu de dessiner d'après le réel, déprécierait ces plans aux » yeux des connaisseurs. L'imagination du vulgaire, je le sais, » aime mieux être ainsi agréablement trompée, qu'arrêtée » cour! au milieu de ses jouissances, et l'ennemi du mensonge » a peu de partisans. Mais on ne donne pas le change 5 des » collègues en archéologie. « On a dit en parlant des historiens liégeois, que la princi- pauté de Liège, malgré l'exiguité de son territoire, n'a rien h envier sous ce rapport aux grandes nations qui l'environnent. On pourrait peut-être en dire autant des plans ou vues qui représentent l'ancienne cité. En effet dès le seizième siècle nous voyons Braun et Hogenberg reproduire par la gravure celui que. leur avait adressé le prince Gérard de Groesbeck. Vers le milieu du siècle suivant, Wencenlas HoUar, parcourant les grandes villes de la Basse-Germanie, mettait son talent au service des éditeurs et dessinait le plan de Liège avec cette finesse et cette élégance qui font rechercher ses œuvres avec tant d'avidité par les amateurs des arts. Quelques années après, cette vue était reproduite dans de vastes propoitioiis pour orner l'ouvrage important : Theatnim Urbium Belyicœ Regiœ. Et je ne puis me défendre de quelque léger sentiment de fierté patriotique, quand je vois qu'entre les plans des grandes villes de l'ancienne Belgique, telles que Bruxelles, Gand, Anvers eic, celui de Liège est le plus grand, le plus beau, le plus complet; et je ne sais à quoi attribuer celte pi'éfé- rence de J. Blaeu, le célèbre éditeur d'Amsterdam. Désormais le plan d'iEgidius Marischal sera compté paraii nos documents archéologiques, ei connaissant tout l'intérêt que l'Institut porte t\ l'ancienne cité, j'ai cru laire chose utile et agréable en le soumettant à son judicieux et sage examen. N. Henhotte. w liiiIlcIinderinsUlut arcIirolojit|Ur Liégrois EXTRAIT DU PLAN , BASSIN ^W THKl'X rapport du 10 Mai 1SS5 Je M U Sons-mqinuur Geoffroy Echelle de yicoco FOUILLES DE JUSLENVILLE. CINQUIÈME RAPPORT Suivi d'un appendice sur les carrières de marbre noir de Theux. Lorsque, en 1868, VInstitut archéologique liégeois cessa de fouiller la parcelle n» 757, nous avions l'espoir de découvrir un jour dans sa partie Est, restée alors inexplorée, plusieurs sépultures belgo-romaines et d'y recueillir un certain nombre d'ustensiles de ménage et d'objets de toilette. Le travail fut arrêté k l'entrée de la prairie, malgré le résultat satisfaisant obtenu dans la dernière tranchée. La crainte d'être entraîné dans des dépenses trop élevées pour les ressources de VInstitut, avait été notre seul mobile. Nous attendions avec impatience que le gazon de cette prairie fût rompu ; notre projet était de la sillonner de tranchées dans l'espoir d'une heureuse trouvaille. Rentré enfin en jouissance de ce champ par suite de la rési- liation du locataire, on mit la main à l'œuvre et, le 9 novembre 1874, on creusa une tranchée parallèle et adjacente à la tran- chée extrême Est ouverte en 1868. Une épichysis en terre blanche ( h. 0"\20, cire. 0"',40 ) ; une petite urne (olla) en terre blanche à couverte noire, très-frag- 90 menlée; des tessons de vases divers; une monnaie en bronze fruste et des clous furent le résultat obtenu pendant les trois heures consacrées aux fouilles de cette première journée (de 2 h 5 heures de relevée). Le lendemain matin, Watlielet recueillit deux patères en terre rouge fragmentées, mais d'une reconstitution facile. La plus intacte mesure 0", 042 en hauteur etO"', 175 en diamètre. Elle porte le sigle : daciaf. Nous n'avons pu déchiffrer la marque du potier de la seconde, dans laquelle nous avons laissé, tel qu'il se trouvait au moment de la trouvaille, un moyen bronze d'une conservation passable (buste lauré à droite : NERVA TRAiAN AVG....). On trouvc OU oulro une petite patelle bilobée en terre rouge, dont il manque un léger morceau au pied, h. 0"',041, d. 0"\10; un objet en fer, espèce de lame, terminé à une extrémité par un anneau et à l'autre par une pointe coupée en biseau, 1. 0'n,141; ses deux faces sont déco- rées d'un relief ornemental ; enfin la partie avec l'anneau d'un objet semblable et des clous. La température s'étant brusquement abaissée, les travaux furent forcément interrompus le 10 novembre, à deux heures de relevée, pour être repris l'après-midi du 19, et, après deux heures de travail, abandonnés de nouveau jusqu'au 7 décembre. Mais ce même jour, 7 décembre, la pluie, la neige et le froid nécessitèrent, dès 9 i '2 heures du matin, la cessation momen- tanée des recherches. Les fouilles s'étaient, à leur début, présentéeè sous les plus belles apparences. Elles promettaient d'égaler celles de 1868 et de fournir une riche collection au Musée. Ce ne fut qu'un leurre. Contrarié par le mauvais temps, l'ouvrage était inter- rompu chaque jour. La première tranchée mesurait 19"", 16 en longueur et 1"',20 en largeur; un groupe de petites tranchées avait été commencé à l'Est, dans la direction du terrain de M. Lejeune, n" 758, et il avait été continué pendant la semaine (lu 11 au 16 janvioi- 1875 (voir le plan). Nous y avions rencontré 91 quelques clous, un fragment d'épingle (?) en bronze et des débris de poteries diverses, parmi lesquels on remarquait des tessons de poteries grises, guillochées, semblables h ceux trouvés en 1869 dans la parcelle ir 911 {fhill. de Vlnst. arch. liég., t. X, p. 291 ). Wathelet avait constaté la présence de plu- sieurs emplacements de sépultures fouillées antérieurement; à l'une d'elles, une des dalles était restée debout. Nous étions disposés à poursuivre les reclierches, bien que la récolte fût très-maigre, quand un malheureux accident nous força de les ajourner indéfiniment : quelques jours après, l'ou- vrier s'était blessé grièvement, et, à sa guérison, la saison était trop avancée pour songer à creuser dans ce sol exploré depuis longtemps. Cependant nos touilles ne s'arrêtent pas ici. Une circons- tance fortuite provoqua de nouvelles recherches. Le 30 avril 1875, on labourait la terre. La charrue se heurta contre une pierre. Wathelet, occupé pour lors à combler les tranchées creusées dans la prairie, découvrit cette pierre : c'était une tombe; une dalle en grès de Chawieumont lui servait de pavement. Cette tombe renfermait quelques ossements calcinés et un tesson de poterie blanche. Le lieu où elle gisait, servit de point de jonction h quatre tranchées dirigées en forme de croix latine vers les quatre points cardinaux. Une nouvelle tombe de même structure fut découverte le l*' mai, à 0"\50 Sud-Est de la précédente. On en retira une grande quantité de ferrailles, la plupart agglo- mérées ; un fragment d'épingle en broi.ze; les fragments d'une patère en terre grossière et une patelle de forme conique tronquée en terre rouge. Une troisième tombe fut mise au jour le 13 mai, dans la tranchée Ouest. Les dalles, très-minces en majeure partie, étaient brisées et éparses dans le sol ; des ossements calcinés et de rares débris de vases en terre cuite signalaient le lieu de l'inhumation. 11 restait évident que nous avions été devancés — 9-2 — là comme dans la prairie et nous ne poussâmes pas plus avant nos investigations. A la fin des travaux de '18fi9, nous écrivions à M. S. Bormans que « passé la moitié des parcelles n*'' 757 et 758, vers le Nord, tout indice (de cimetière) disparaît. » {Bull, de VInst. arch. liég., t. X, p. 75. ) La dernière découverte modifie notre opinion de 1869 et prouve notre erreur. La limite du cimetière, du moins dans la parcelle cadastrée sous le n" 757, doit être reportée plus au Nord et l'avenir nous dira si elle ne s'étendait pas sur les terrains joignants. Ce fait est l'unique intérêt offert par les fouilles faites en 1874-4875. Theux, le iO juin 1875. n. Le présent rapport était h l'impression, lorsque le Vmllelin de rinstitut archéologique liégeois (XII, p. 285), nous apporta le très-remarquable article ^m Deux inscriptions belges iiiédites en Belgiffiic. La révélation de la découverte faite à Theux, en 1557, d'antiquilc's romaines, de deux autels votifs (i),de constructions, de monnaies et notamment de sépultures, ne laisse plus de doute sur l'exploration du cimetière belgo-romain dès le temps où vivait Pigliius, qui n donné le texte des deux inscriptions. En présence de ce fait important et de l'existence de quelques sépultures Sia- les Carreaux (:2), c'est un devoir pour nous de {t ) Si le, nombre dos inscriptions (ioil ùtre pris en considération qu;nd a l'im- portance d'une localité, nous ferons remarquer que le total des inscriptions de Theux s'élève, non à cinq, comme le dit l'auteur des Deux inscriptious, mais à six celle de Verveccus, de D. :)/., A'Acc.-Acc, de l'rimm elles deux Milhras. {*) So les Qiut rais, KuW. de l'Inst. arch. li(^ Ce cahier manuscrit, qui appartient à RI. Albin Body, contient les noms connus de Moiige, Noeggeralh ('), d'Omalius d'Halloy, Petersen, Van Swinden, Van Brada, de Candolle, B. Dumortier (de Tournay), etc., mais non pas celui de Faujas (^). Cependant le Guide des curieux que Dethier publia en 1814 et en 1818, sous le nom de Wolff, 2« édition, p. 71, signale Faujas parmi les savants distingués qui ont visité Spa et ses alentours « dans les derniers temps. » Ce Wolff était à la fois botaniste, entomologiste et minéralo- giste, et il avait rassemblé des collections curieuses de miné- raux. M. Albin Body possède un manuscrit de lui intitulé : Catalogue des minéraux d'Entre-Meuse, Moselle et Rhin, recueillis par J. L. Wolff, naturaliste à Spa, pendant les années 1807, 1808 et suivantes. Tl ne contient pas moins de 1,288 numéros. On y trouve entr'autres (") : « N"' 57. Marbre noir qui se (M Ch. NoEGGERATH, le plus qu'octogénaire président de la Société des anti- quaires du Rhin, à Bonn, plus distingué encore comme naturaliste que comme antiquaire, y est indiqué comme ayant visité Spa et ses environs en 1809 : c'est donc dès le commencement de ce siècle et depuis sa toute première jeunesse, que NoEGGERATH a commencé ses études sur notre marbre. (•) Quanta notre aïeul, J. P. de Limbourg, auquel Faujas, cilé par l'auteur des Deux inscriptions, fait allusion dans son Essai sur le goudron, il était associé de son frère Jean-Baptiste, et exploita avec lui une forge à Juslenville depuis le l" mai 476S jusqu'en 1789. Ils rebâtirent le haut-fourneau du Marteau, près de Spa, et l'exploitèrent à partir de 1789 : ils étaient locataires du fourneau de Jus- lenville, aujourd'hui villa de M. Lejeune. Dans la citation de Faujas — qui copie Venel, Instructions sur l'usage de la houille (Avignon et se trouve à Spa, chez Gabriel Regnault), p. 90 — il s'agit des essais faits par ordre du prince d'Oultremont pour fondre le fer au charbon de terre. Venel était à Spa en juillet 1772 et en relation avec J. P. de Limbourg. ( ') D'autres indications de marbres de nos contrées sont les suivantes, qu'il est peut-être intéressant de recueillir ici : N" S8. Marbre gris, en banc seulement de 3 à 4 pieds, à Stembert. N» 94. Marbre rouge, veiné de blanc, de Limbourg. No 122. Marbre jaune .ilternant les couches de calamine de Stembert. N" 250. Marbre d'un jaune sale merdois (sic) de Theux. Il est môle de pierre jaune tendre et ce marbre, ne se trouvant qu'en filon, n'est pas exploité. N" 478 Marbre bleu commun de Namur. N" 479. Marbre bleu commun, carbonate de chaux, de Verviers. N° 536. Marbre blanc de Limbourg. N" 537. Marbre bleu et blanc ibid. N" 538. Idem verdàtre du même endroit. N" 563. Idem rouge, œil de crapaud, de Chaudfontaine. N" 564. Idem bleu du même endroit. Etc., etc. 103 trouve par banc dans les couches de calamine de Stem- bert. » Ceci indiquerait que la suite de la ligne de ce banc, qui de Montjardin passe à Theux,Oneux,etc., se retrouve à Stembert. « N" 9^2. Marbre noir de Theux prenant un superbe poli. » Dans un autre registre manuscrit, Wolff avait rassemblé des recettes et des remèdes divers; à l'occasion d'un moyen de colorer les marbres, il en propose l'application au marbre noir de Theux « afin d'en faire disparaître les veines ou fils blancs qui quelquefois en déparent les plus beaux blocs, ce qui serait d'un grand prix pour le succès de cette exploitation. » Et puisque nous en sommes aux documents manuscrits, citons encore les suivants : « Il y a près de Theux une carrière du plus beau marbre noir, mais épuisée de tout ce qui en était le plus au jour et négligée depuis quelques années. » (MS. intitulé : Quelques remarques sur le département de l'Ourte, envoyées le 19 nivôse an XII (10 juillet 1804; au citoyen secrétaire-général Gaillard, par J. P. de Limbourg.) « Le marbre noir de Theux (dont l'exploitation vient d'être recommencée en grand par M. Delhier) a été connu très-ancien- nement sous le nom de marbre noir Theuxsèhe. Il existe, dit- on, à l'église Saint-Pierre à Rome, un autel de ce marbre. Les géologues Beudant et Brard ont parlé du marbre de Theux dans leurs ouvrages. Faujas de Saint-Fond, professeur au Jardin des Plantes h Paris, a enseigné que le marbre de Theux était le seul qui réunît tous les caractères du marbre noir antique ou de Lucullus, dont le lieu d'extraction est ignoré. Il ne serait pas impossible que notre marbre eùl été transporté du fond des Gaules à Rome, sous la domination romaine, pour orner les palais de la ville immortelle. » (Archives communales de Theux, registre à la correspondance, 30 mars 1844) (^). (M Ce rapport, rédigé par M. Arist. Dethier, alors échevin de Theux, n'est pas exempt d'erreurs et tout au moins d'exagération. — 1U4 — II. Nous avons, mais sans aboutir à un résultat définitif, fait quelques recherches pour retrouver l'emplacement des anciennes carrières qui étaient nombreuses au XVP siècle, si l'on prend à la lettre ce que dit Guichardin {montes lautumiis ahundant). M. S. Bormans, Table des registres de la Chambre des finances, pp. o3 et 69, signale deux octrois, années 1620 et 1668, accordés pour l'exploitation d'une carrière de marbre, qui pourrait bien avoir été située dans la parcelle n" SOOi, (voir la planche) ou dans un terrain contigu, mais qui n'est pas celui de Dethier. Ce qui nous engage à cette conjecture, c'est que la grande quantité de m&rbre extraite depuis le temps des Romains, à en juger par ce que nous connaissons aujourd'hui (et nous ne connais- sons pas tout), ne peut pas provenir du seul petit terrain de M. Naveau (ci-devant propriété Dethier), consacré à l'extraction de la pierre noire. Il sera possible, sans doute, en prenant les noms des propriétaires, des joignants, etc. des pièces mention- nées dans les actes connus et dans ceux qu'on retrouvera encore, de préciser où les carrières anciennes se trouvaient. Voici déjà quelques indications tirées des actes qu'a signalés M. Bormans, actes dont voici le résumé : Pierre Mettecoven « sculteur, » sollicita et obtint le 3 février 1620, de Ferdinand de Bavière, l'octroi d'exploiter pour un terme de six ans« une pierrière ou quarrière de marbre, située au lieu de la Boverie, dit le Chaforre, assez proche de l'église de Theux, tirant du costé d'Awailhe. » Cette carrière, pour lors « déserte, » avait été rendue depuis quelques années, par Ernest de Bavière, à Franceux de Borset et maître Thomas Tollet, moyennant un cens annuel payable à la table épiscopale de quelques huyct ou dix florins bb. Le 28 juillet 1620, le prince subrogeait dans les droits de P. Mettecoven etdu consentement de celui-ci, HendrickThonnon, bourgeois de Liège. Il fixa la redevance annuelle à six fl. d'or du Rhin. 105 Berlholet Flémal remontra au prince « comment il y aurait un gros rocher au bancq de Theux dans un lieu stérile et infructueux, et duquel on n'en fait aucun proffit, avec espoir d'en pouvoir tirer du traficque pour l'accommodement, tant du publlcque que des particuliers, et supplia Son Altesse de lui octroyer et accorder la faculté d'y travailler, offrant d'en rendre un ducat par an. » L'octroi fut accordé le 17 janvier 1668 pour un terme de douze ans « parmy payant annuellement un ducat à la recepte des nouvelles acquettes. » Le premier terme échut à la « Chande- leuse » de l'an 1669. Servais Wathelet-Lefin exposa que feu le sieur Bertholet et après lui le sieur Delcour avaient repris de la Chambre des Comptes « une carrière de marbre ou pierre noire estante der- rier l'église de Theux, parmy payant annuellement à la recepte de la table épiscopale, au marquisat de Franchimont, un cens annuel de huit florins bb. » Il ajoutait que ce cens ne se paie plus depuis plusieurs années, à cause du renon qu'en ont fait à la Chambre des Comptes les héritiers de feu le sieur Delcour. Lefin demande « aux président et gens de la Chambre des Comptes pour la principauté de Liège, de lui rendre la susdite carrière, parmy acquittant le même cens de huit florins bb., pour assurance de quoi il obligera sa maison située au Marché, soubs Franchimont, et généralement tous ses biens présents et futurs. » Sa requête fut accueillie favorablement par apostille du 1®' avril 1712 « pour un stuit et terme de douze ans, moyennant un cens seigneurial d'un ducat et aux mêmes clauses et condi- tions de l'octroi accordé à Bertholet Flémal. » Il existe d'anciens actes (') indiquant parmi les«joindans « à la carrière noire (ou à la carrière de marbre noir) ; » mais ! ' ) Registres aux rapports, aux arch. comm. de Theux. — 106 - jusqu'ici on n'a pu retrouver les noms des propriétaires de celle-ci ou de celle-là. Voici l'un de ces actes : L'an 1681, Thiry Defawe rapporte de posséder « environ deux cent cinquante-sept verges (') depreit, trixhe, roches au lieu dit Michaux en Waillot, comprin environ quarante verges de cortils qu'il veut réaliser a preit, joindant à Guilleaume de Sclessin d'un costé, à la noire piérière d'autre. » Voici ce qui concerne plus particulièrement la carrière Dethier : En 1774, Nicolas Fréon acheta à Henry Michotle 80 1/2 verges petites, joignant du levant et nord aux chemins qui vont de Theux à Jevoumont et à Hodbomont, et du couchant à la carrière de marbre. Ce Nicolas Fréon était l'oncle de l'avocat Dethier. Il y bâtit la maison qu'occupait depuis celui-ci. Henry Nicolas Michotte avait en 1734 rapporté le même terrain : « jondans... de couchant à la carière noire. » Les mots « terrain vierge » employés par Dethier dans son affiche citée par l'auteur des Deux inscriptions, donnent à croire que sa carrière a été creusée entre la maison et l'ancienne carrière. Le cadastre renseigne sous le n" 362, section D, l'emplace- ment de la carrière Dethier. Il se forma en 1843 ou 1844 une société pour l'exploitaiion du marbre. A cet effet, on ouvrit une nouvelle carrière indiquée au plan par la lettre A. La société subsista peu de temps; les tonds manquaient; elle fut dissoute. L'extrait du cadastre annexe (v. la planche) indique par des taches noires les lieux oij le marbre noir a été reconnu dans l'agglomération de Theux. Dans les bâtiments riverains de la route de Spa, on l'a découvert en creusant des puits. (• ) La verge grande est pour ainsi dire inconnue à Theux; il s'agit toujours de la verge petite. - 107 - En janvier 1845, le Conseil communal de Theux délibéra sur une pétition de M"'« V^ L. F. Dethier, tendante à obtenir l'auto- risation de construire un four à chaux. L'autorisation fut accordée par l'administration, mais la chaux provenant de la calcination du marbre n'était propre à aucun usage. Elle était très-blanche, caractère que Dethier avait en effet signalé en 1814, et qu'on retrouve vanté dans l'ouvrage de Courtois, à la suite du passage cité plus haut. La carrière n'existe plus dans la propriété Dethier; elle est- aujourd'hui entre la station du chemin de fer et la rivière. Une discussion récente entre sociétés industrielles concur- rentes a mis en lumière, d'une manière très-nette, non-seule- ment les gisements, mais les qualités et les caractères excep- tionnels du marbre de Theux; nous les signalons dans les passages suivants : « Le marbre noir exploité dans la carrière de M. Dethier se retrouve encore dans le lit de la Hoëgne, ISO^jOO en amont du pont de Theux, et dans les travaux d'exploitation de minerai de la Société d'Ougrée, au Sud de la route de Theux à Verviers. (Rapport de M. A. Geoffroy, ingénieur des mines, à M. Welle- kens, daté du 14 septembre 1854 et inséré p. 19 dans le Mémoire pour la Société des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain, en réponse ;\ celui de la Société d'Oneux. Liège, Desoer, novembre 1854), » En W ( ' ), un puits a traversé : A. La dolomie avec ses cristaux ; B. le marbre noir (5 mètres d'épaisseur), et s'est arrêté au calcaire, toutes les couches inclinant de 30° au N.-O., et le calcaire supérieur, ainsi que le marbre plongeant sous la dolomie. En Z, dans les travaux d'exploitation de minerai de fer, le même contact se retrouve : le marbre noir y est obser- vable en plusieurs points où j'ai constaté sa présence. '' ) Voy. plan ci-joint. — 108 - » Au N.-E. de la masse des carrières Harondar ('), des tra- vaux de mine de fer ont encore rencontré le marbre noir, et les déblais extraits du puits en contiennent de nombreux échan- tillons (point G de la carte). » Postérieurement à ce rapport du 14 septembre, le grand bure de M. de Hansez, ayant atteint le niveau naturel des eaux à 83'", 00 de profondeur, y a rencontré des couches de marbre noir de la carrière de M. Dethier, accompagnées du banc de •calcaire contenant les cristaux prismes de quartz noir si carac- téristiques, signalés également en E. » La présence des eaux n'a pas permis de traverser toute la formation du marbre noir ; mais celte roche présente si complè- tement tous les caractères du marbre noir de Theux, que l'on ne pourra s'y méprendre de bonne foi : on est contraint matériel- lement, physiquement, d'admettre le fait avéré de l'existence du marbre noir de Theux dans le puits de Hansez, à Oncux, en couches inclinant de 35" au S., et à 83'", 00 de profondeur en dessous de la surface. La théorie plus ou moins contestable que les assises du marbre noir sont à la partie supérieure de l'étage calcareux condrusien supérieur, c'est-à-dire immédiatement en dessous du système houiller, ne peut rien contre un fait, pas plus que cette assertion hasardée de la Société d'Oneux : que le marbre noir peut exister dans d'autres parties du système condrusien et même du système eifelien. Comme je n'admets en géologie que des faits démontrés, la Société d'Oneux m'aurait dû indiquer où elle a vu un marbre pareil à celui de Theux dans d'autres parties des systèmes condrusien et eifelien : j'eusse été curieux de l'aller voir. » Il faut ici ne pas s'écarter de la question précise, étroite et bien définie que l'on discute : le marbre Dethier est seul en cause, et, heureusement pour la vérité, qui l'a vu une seule (ois, ne le peut jamais confondre avec d'autres roches voisines. On le 1 ') Voy. au plan. 109 retrouve dans le grand bure de Hansez avec ses surfaces de lit de carrière brunes, sa cassure terne, unie, non écaiUeuse, sa texture compacte. On y voit les tacbes noires d'anthracite et les minces filets blancs qui se croisent dans la masse de certaines parties des bancs de la marbrière de Theux. )' Le marbre noir est unique au bassin anthraxifère de Theux : la théorie doit ici s'incliner devant une observation positive, ou plutôt doit tâcher de s'en accommoder, ce qui n'est pas difficile, comme on le verra plus loin. » (Annexe w" II. Rapport do M, A. Geoffroy à M. Wellekens, 10-li mai -1855, p. 13 à 15.) (c M. Dumont, en présence du marbre noir trouvé à Oneux dans les travaux de M. de Hansez, a dû y admettre un petit coin de l'étage supérieur ; mais la plus grande partie du calcaire y est représentée comme appartenant h l'étage inférieur. Je serais curieux de savoir comment on a pu déterminer la limite entre les deux étages, dont l'inférieur n'existe pas à Oneux : qui a vu ce qu'on trace ? » [Annexe III. Rapport du même au même et même date, p. 22) ('). Dans le courant de fêté 1874, les frères Dernier, maîtres de scierie de marbres, nous proposèrent d'ouvrir une carrière dans un petit pré au S. de la propriété de M. Emile Naveau. Un sondage n'amena aucun indice de marbre. Notre avis était que le maibre ne s'y trouve pas, car il n'a jamais été reconnu dans celte direction, au-delà de la carrière Dethier. Nous les autorisâmes à cretiser deux puits dans un verger, (') Lesli jis annexes, 23 pages, sont imprimées à la suite de : Réponse de la Société des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain au dernier factum de la Société dite d'Oneux du 12 avril 1855 f Desoer, 18S5, in-4o de 8 p. avec plans). La Réponse est datée du 19 juin 1855 et signée de l'avocat J. Forgeur. Plusieurs mémoires ont été publiés à l'occasion des demandes en concession de raines dans les communes de Theux et de PoUeur. Le professeur André Dumont intervint dans la discussion géologique qui n'a pas d'intérêt ici ; il différait d'opi- nion avec M. Geoffroy. (Voir la collection de ces mémoires; il y est souvent ques- tion du marbre noir.) — 110 — n° 500'', section D, séparé de l'ancienne carrière de DeUiier, par le chemin de Jevoumont, leur faisant toutetois observer que, selon nous, le marbre était à une trop grande profondeur pour être utilement exploitable, ajoutant qu'il serait préférable de traiter avec M"^ Marguerite de Fraipont, propriétaire de la par- celle n" 449, section C. Nous nous fondions sur ce que le marbre est au jour dans le lit de la rivière, oii il en a été extrait quelques blocs, il y a près de cinquante ans, ainsi que sur les rapports de M. l'ingénieur (ieoffroy, cités plus haut. Les travaux commencèrent au mois de mai 1874. Les deux puits creusés dans la parcelle n" 500'' de la section D ne donnèrent pas de résultat satisfaisant. Le terrain était trop exigu pour y déposer des déblais, si, ce qui ne fait point de doute, on rencontrait le marbre dans la profondeur. Dans le verger de M"* de Fraipont, une légère couche de terre recouvre le marbre; il fut exploité pendant Tété de 1875. Ce marbre est plus dur que celui de la carrière Hethier. On n'a pas jusqu'aujourd'hui atteint les bancs de beau marbre dans cette carrière! ' j.On y parviendra probablement en été, lorsque les basses eaux permettront d'y travailler (^). III. Il faut éviter de se laisser entraîner à des exagéra; ions comme celles des réclames de Dethier et des articles publiés ou ins- pirés par lui et les siens. Il vantail, pour cause, en propriété; de là les éloges pompeux qu'il faisait de la carrière. Parmi les savants qui se sont faits ses échos, il en e.'-t même dont il y a lieu de se délier quelque peu : Davreux notamment parle certes avec connaissance du marbre de Theux, mais dans l'esprit du propriétaire. ( * ) Rens. de Thom. Lecoq, polisseur el carrier à Theux. (-) Un accident arrivi! à une galerie du Rociioux a empoché ceUe espérance de se réaliser : les marbres sont restés inondés pendant l'été de 1870. 111 La vérité est que le marbre de Theux est d'un très-beau noir, mais tout le marbre de Theux n'est pas noir : le défaut qu'on lui a toujours reproché est d'avoir des veines blanches qui dis- paraissent, il est vrai, au polissage si elles ne sont pas pronon- cées ( on a vu plus haut le procédé recommandé à cet égard par le naturaliste Wolff). On peut diviser ce^^marbre en plusieurs qualités, suivant les veines blanches qu'on y voit : la première qualité seule en est exempte et c'est de celui-là uniquement qu'on peut dire qu'il est le plus beau marbre noir connu. Les autres qualités sont plus ou moins tachées de blanc, disparaissant ou non au polissage. Les bancs de première qualité produisent seuls du marbre d'un noir pur, dans tous les sens ; le marbre des bancs médio- cres, qui est pareil à celui de Dinant, vu de côté ou de profil, laisse percer une teinte bleue sous le noir. Cette difterence se remarque parfaitement en deux exemplaires polis, un de chaque espèce, que nous avons remis dans les mains de M. S. (presse- papier provenant d'un banc médiocre et fragment de tablette de cheminée, provenant d'un beau banc). Le marbre de Theux se conserve parfaitement à l'état poli ou non dans l'intérieur des habitations. Aux constructions dont la date est connue, comme au chœur de l'église, achevé en 1S20, il est resté très -solide, malgré son existence de plus de trois siècles et demi. D'où l'on peut conclure que le marbre résiste aux atteintes du temps, pourvu que l'eau ne le pénètre pas. Ei: gérerai ce marbre ne se conserve pas exposé aux intem- péries de l'air ; il ne conviendrait donc pas pour des construc- tions ou monuments externes. En fait d'emplois du marbre noir de Theux, autres que les exemples déjà cités de Bonn, Trêves, Cologne et Rome, on peut encore produire les suivants : - 112 — [" Pierre votive romaine en l'honneur d'Hercule, actuelle- ment au Musée Wallraf-Richnrtz h Cologne ('), trouvée près de Bonn. 2" Dans nos visites à Franchimonl avec M. Albin Body, les souterrains jious ont montré des blocs encastrés dans les fon- dations. Nous avons rencontré le marbre de Theux en parement dans la tour annexée par Arnould de Hornes en 1387; en parement et en remplissage dans diverses parties des murailles de l'ancien château, soit du côté de la cour, soit dans l'intérieur même. Les corbeaux ou consoles destinés à porter les poutres des pièces de l'étcige sont également en marbre noir. L'encadrement des portes d'entrée des casemates est en marbre. Un gros bloc sert de couverture. La présence du marbre de Theux dans l'antique construction est une preuve de l'existence très-ancienne des carrières de Theux, et peut servir de trait d'union entre la période romaine et les temps niodernes. Il en résulte en effet que If marbre était connu et exploité au moment de la construction du vieux châ- teau, c'est-à-dire à une époque peu éloignée de celle de l'occu- pation du pays par la colonie romaine. A l'objection qu'il a pu entrer dans la ré|iaration du château par Erard dr la Marck en lois, nous répondrions que nous avons constaté la présence du marbre noir dans le blocage d'un mur des oui)liettes. Nous remarquons également que, ordinairement, les morceaux de marbre employé comme moellons ou pierres brutes, sont veinés de blanc. Ne serait-ce pas un marbre de rebut, h- pur noir ou beau noir étant réservé à un usage plus relevé? (•) DiJNTZER, Verzeickni.ss (1er rômischeti Alcerthùmer des Miisettmi V/miuaf- RiCHAHTZ in h'ôhi (Cologne, 1873 , p. 34, n° 20 : « Abgebrochene linke Seile eines obiin ganz flaclien Woiliesleiiis des Hercules. Schwarzer Marmor von Theux Oder Namur, befunden zu Endenieh, bei Honn. » L'auleur dit, p. 3, note 2, que la deieiminalion de.s pierres est due au savant Df NOEGGKHATH, dont le nom a été cité plus haut et dont l'aulorilé a été invoquée par l'auteur des Deux Itiscriplioris. - 113 - 3" Le pavement de l'église cathédrale de Saint-Lambert, à Liège, aujourd'hui démolie, avait été fait en marbre noir de Theux (voir Cli. des finances, Rendage de la carrière de Theux, registre 90, f" 93, v"). 4° Dans la cathédrale actuelle de Saint-Paul, en la même ville, on a déjà signalé, ici même ( ' ), le marbre noir de Theux dans la tablette de marbre que supporte la balustrade en cuivre du jubé. En outre, un ouvrier de Theux, T. Lecoq, expert dans la matière, déclare qu'il est oisé, même après le polissage, de reconnaître le marbre de Theux et de distinguer la beauté du banc d'où il provient ; cet ouvrier a été envoyé par nous à Liège pour visiter les bas-reliefs funéraires encastrés dans les murs de la cathédrale de Saint-Paul : il considère le tombeau de Pierre Ernest Oranus (^) comme étant de marbre de Theux. Quant aux bas-reliefs qui se trouvent dans les cloîtres, ils sont dans un tel état de vétusté qu'il faudrait, au préalable, les nettoyer et les repolir pour s'assurer de leur origine. En tout cas, on ne doit pas adopter sans réserve l'opinion que tout le marbre noir existant à Liège, où il y en a beaucoup, proviendrait de Theux, et il y aurait lieu, avant de se pronon- cer, d'examiner minutieusement les monuments. Cet examen minutieux n'a pas encore été fait, notamment pour les deux colonnes qui supportent l'orgue de Saini-Paul, du côté de la tour, et qui sont signalées par M. le chanoine Thimister comme « deux colonnes torses de marbre noir de la plus haute antiquité et différentes l'une de l'autre, colonnes dont les chapiteaux, travaillés à jour, sont du style roman le plus ancien. » o" On trouve ce marbre à Theux même, dans les murs du chœur de l'église et de l'ancien vestiaire ; l'encadrement des (*) Bulletin de tlmtUut archéologique liégeois, t. VII, p. 212. (*) Ibid.,t. VII, p. 188. — 114 - baies des fenêtres des collatéraux du chœur, de la porte de l'église et de la porte de la tour, sont du même marbre taillé ; ces ouvrages datent de 15^20, 1575 (?) et 1740. Dans la même église, la pierre sépulcrale du curé Jean Anseau ^1674) et celle de Jérôme de la Haye (1722). En outre, le soubassement et les marches de la chapelle Wolfï', et la base du bénitier de gauche. 6" Au Musée archéologique de Liège ('), on conserve une pierre tombale en marbre noir de Theux, style de la renais- sance, provenant de l'ancienne église S'* Ursule, et un bénitier du même marbre, daté de 1546. 7° On voit, du même marbre, quelques chapiteaux corinthiens dans les églises des Flandres, et plusieurs têtes et bustes à Paris [^). 8* Il existe un grand nombre de spécimens de marbre noir de Theux dans les maisons particulières de la commune. 9° Il doit se trouver au palais du Roi, à Bruxelles, une grande étoile formée de marbres de plusieurs provenances, sans doute nationales. Un de ces rayons est en marbre de Theux. (Rens. de feu Ph. de Limbourg, père.) 10° Enfin, M. de Thier a exposé du marbre de Theux à l'Exposition universelle de Paris. Voici en effet ce que je lis dans le Catalogue des produits industriels et des œuvres d'art de V Exposition universelle en 1867 : Belgique (Bruxelles, 1867, pp. 324 et 585). « 495. Marbre noir brut. . Theux. » 496. Le même, poli au clair, au-dessus du niveau des eaux. Id. » Ce marbre présente sept bancs de G™, 20 à 1"',00 de puis- sance. Il est très-tendre, se travaille avec facilité, n'éclate pas sous le burin, et convient surtout pour la marbrerie fine. Prix : 220 à 250 francs le mètre cube brut, sur waggon à Theux. (*) Caial. dexcripiif, p. 32, n" 40 et n» 47. (' ) Encyclopédie, citée plus haut. - 415 — rt Propriétaire, M. A. De Thier, industriel à Theux. )) 746. De Thier (Théodore-Aristide). 3, rue Boverie, à Theux, près Verviers. )) Bloc de marbre noir, avec face brute, taillée, polie, et le nom de Theux gravé. » Le marbre ne reçut ni distinction ni mention honorable, et il en fut de même de celle de Londres en 1862 {Moniteur belge, 1862. 2« semestre, p. 3,146 et n" 270, supp., p. 1), exposition où l'on m'affirme que le marbre de Theux fut également exhibé. P. S. Pour ne pas occasionner de remaniements, j'ajoute ici quelques renseignements nouveaux que je recueille ou qui me parviennent pendant l'impression : — Add. aux Ouvrages imprimés. -- Saumery, Les Délices du pays de Liège (Liège, Everard Kints, 1743), t. III, p. 244 : « Theux. Ailleurs les coteaux, dégénèrans en Rochers, ofrent du beau marbre noir, qui, pour la couleur, ne le cède point à la pierre de touche. » Add. ^iwa Documents manuscrits. — «Notice contenant quelques faits historiques relatifs à Theux, envoyé par le maire au C/" Gaillard, secrétaire général '!e la préfecture de l'Ourte, d'après la demande lui en faite par lettre du 3 prairial dernier... L'on ne doit pas oublier qu'il y a à Theux une carrière de très- beau marbre noir, que l'on exploitait jadis, et dont les blocs ont servi à l'ornement de plusieurs palais en Italie et alieurs. » (J'ai cherché vainement cette pièce aux archives communales de Theux. J'ai le brouillon qu'une personne m'a communiqué il y a peu de temps.) — Corr. la p. 104, k l'aide de ce qui suit : Dans le but de faciliter mes recherches, M'^'"' 0. Dandrimont a eu l'obligeance de me communiquer deux actes concernant une pièce de fonds (n"^ 348-^ et 349", S"" D), dont elle est pro- priétaire. Ces actes, réalisés à la Cour de Theux les 17 et 19 - 116 — avril 1730, spécifient ainsi le terrain de M''"* Dandrimont : « La pièce de jardin avec le cortil et partie de la heid au-dessus dudit cortil, vis-à-vis de la carrière noire en lieu dit Wayot, joindant vers Hodbomont à la V« Noé Rahier, vers Theux à la V« Adam Delleforge et son moderne marit, et du costé de la dite carrière au chemin allant de Theux audit Hodbomont. » Or, ce terrain se trouve vis-ù-vis de la parcelle n" 359, dési- gnée au cadastre comme carrière, mesurant 9 ares 10 centiares. Je dirai, avec grande probabilité de certitude, que là était la carrière exploitée par Françeux de Borset et ses successeurs, y compris Wathelet Lefin. La matrice cadastrale, laite en 1814, attribue la propriété de cette carrière et la pâture joignante (n" 343) à un tailleur de pierres de Liège, nommé Lebrun ; la matrice renouvelée en 1833 la renseigne au texte de :«Lebiun, les représentants, négociants à Poque, à Burret, province de Luxembourg. » Elles étaient passées à L.-L. Delhier en 1843, lors de la confection de l'atlas des chemins vicinaux. Enfin, en 1870, M. Emile Naveau, bourgmestre à Bommershoven, l'acquit avec l'ensemble des propriétés de Dethier. II résulte de ce qui précède, que les parcelles n"* 363 et 364 représentent le terrain vendu par N. Michotte à N. Fréon, et que le n" 343 représente le ten-ain rapporté en 1861 par Thiry Oefawe. Une dernière preuve. Au XVIP siècle, un four à chaux, le Chaft'orre Hermeau, était construit dans un petit terrain qui nous appartient {w" 340% 341 et 342), et qui fut longtemps appelé le pré au Chafjore. Il est incontestable que c'est ce four à chaux que mentionne l'octroi du 3 février 1620. On peut conclure que les carrières subsistantes au temps de Guichardin se trouvaient aux versants 0. et E. de la propriété iNaveau et qu'elles s'étendaient sur la gauche du chemin de Theux à Jevoumont, où se voient encore de vastes excavations. — 117 — — Enfin, corr. p. 109, au pénultième alinéa : « Notre avis était que le marbre ne s'y trouve pas, car il n'a jamais été reconnu dans cette direction au-delà de la carrière Detliier. » Je me trompais dans ce passage, car, vérification faite, je trouve que la carrière de Mettecoven était entre notre pré (340% 341, 342) et la carrière Detliier. Ph. de Limbourg. -<~**^9V\^ I PIERRES SEPULCHRALES DE JENEFFB. RAPPORT ADRESSÉ A l'iNSTJTUT ARCHÉOLOGIQUE. Il nous serait très-agréable de vous fournir quelques rensei- gnements sur les dames nobles, dont les pierres de Jeneffe nous ont conservé les noms ; quels ont été leurs ancêtres, par quelles œuvres elles ont signalé leur passage sur cette terre ; mais nous avons le regret de vous dire que nos recherches sur ce sujet ont été infructueuses. L'une, appelée Ermentrus, dame de Geneffe et chastelaine de Waremme, mourut l'an del incarna- tion 1257; l'autre, dame Maroie, fut l'épouse du Sangnor Butor et mourut l'an 1271. Ces dames, qui possédaient sans doute de grands biens à Jeneffe, consacrèrent une faible part de leur patrimoine à la fondation d'un bénéfice, sollicitant en retour la faveur de reposer devant l'autel de S. Jacques et de S'^ Marie Magdeleine, auxquels elles confiaient la garde de leurs dépouilles mortelles. Leur confiance n'a pas été trompée, car, malgré le long espace de six siècles qui ont passé depuis, malgré les vicissitudes des temps, leur tombe a été respectée et elles reposent encore aujourd'hui dans la chapelle contiguë à l'église paroissiale. Cependant, en 1818, le curé Bormans ayant fait renouveler le pavé de l'église, fit enlever ces pierres pour les placer sur le cimetière à l'entrée Bullctm de riiislit.ATckeol.Lu'geois. ToiurXlliriia. IimL-D^OSo>fai'GISo P ,0 a PRIISPORLI .^TTeWùi^yHTm à Lj/,.('nu,r//,.l.,..f,. BTillcim (It'l Iiistit Arclié()l.Lié'i('()i.s. ToiucXlll.IMia. genORBVTOR LJqRD aiiyBDea-Ba-Tï n- r . _ :;.::i3i:. Lith.CremetU.Li' - 119 — du temple. Et comme la surface des pierres est très-lisse, le curé, dans la crainte que les habitants du village, venant à passer le dimanche sur le cimetière, ne fissent quelque chute funeste, fit appeler un tailleur de pierre qui, à l'aide d'un ciseau pointu, y pratiqua quelques entailles. Cependant, à part cet acte de dégradation digne des Vandales, ces pierres sont dans un état parfait de conservation et n'ont subi aucune atteinte, ni du con- tact de l'air, ni de l'intempérie des saisons. Et comme nous contemplions ces deux monuments, un rayon de soleil étant venu les éclairer, ils offrirent à nos yeux émerveillés la glace d'un miroir pur et éclatant. L'église de Jeneffe remonte à une haute antiquité; au milieu du 13* siècle, les familles nobles y choisissaient leur sépulture. On conserve dans les archives du presbytère un manuscrit sur vélin ayant pour titre : Registrum memoriale et archivale paro- chiœ de Jeneffe. Ce registre, commencé en 1512, renferme des indications que nous ne voulons pas négliger. Etd'abord la cure de Jeneffe était de patronat laïc : juris patronatus laici; c'est-à- dire qu'elle était à la collation du seigneur du lieu. Un document conservé est la vendition et transport de la terre et seigneurie de Jeneffe faite par Albert, duc d'Aremberg, prince de Barbau- son, en faveur du seigneur Godefroid de Sélys, bourgmestre de Liège, 27 mai 1658. On voit par cet acte que le prince de Barbanson, seigneur de Jeneffe, était collateur de la cure et du bénéfice de S. Jacques et S'« Marie Magdeleine, droits et préro- gatives qui sont restés dans la famille de Sélys jusqu'à la nou- velle organisation des paroisses. On a lieu de croire, dit M. Demaret, ancien curé de Jeneffe, que Messire Henri de Barbanson, mort en 1591, était un ancêtre de ce duc d'Arem- berg, prince de Barbanson ; que dame Marie, dame de Jeneffe, morte en 1271, et Ermenlrus, aussi dame de Jeneffe, morte en 1257, possédaient la seigneurie de Jeneffe avec le droit de conférer la cure et le bénéfice de S. Jacques, car toutes ces personnes ont été inhumées devant l'autel de ce bénéfice. - 120 - L'église de Jeneffe renfermait d'autres pierres sépulchrales qui offraient aussi un grand intérêt, mais qui ont malheureuse- ment disparu. Le registre cité ci-dessus en rapporte deux qui concernent la famille des comtes de Clermont : Sub hoc lapide conduntur viscera Jacobi miiiUs domiui Clariinontis et de Jeneffe qui obiit anno Domini 1295.— En l'an de grasce mil trois cens et XI le mercredi devant le Saint Pierre Awoust entrant trespassat Maroie, dame de Clermont et de Jeneffe. Priez par ly. Ces deux inscriptions ont été insérées dans le Supplément à Vart de vérifier les dates ou Mémoire sur quekjues anciens fiefs, par le baron de Reiffenberg. Bruxelles 1834. L'auteur du Dictionnaire géographique de la province de Liège, après avoir rapporté que Guillaume de Jehain, capitaine général du parti d'Awans, châtelain de Waremme et maître de Liège en 1327, fut seigneur de Jeneffe, que son fils Jean d'Oreille retint le nom de sa seigneurie d'Oreille et négligea celui de Jeneffe, qui était le nom de sa famille ; que Wathieu d'Athin, souverain mayeur et maître de Liège, acquit cette seigneurie en 1425 de Henri de Rolland, mais que Henri PoUard rentra ensuite en possession de cette terre, ajoute : il a existé à Jeneffe plusieurs anciens châteaux qui remontent à des époques fort reculées, comme le prouvent les traces de fondements encore distincte- ment marqués. On nous a dit que M. Jaqmaert, juge au tribunal de Liège, ayant fait l'acquisition d'un de ces terrains, y fit pratiquer des fouilles et retrouva une pièce de l'ancien château à une pro- fondeur de plusieurs pieds au-dessous du sol , et en retira des pavés très-bien conservés qui paraissent être en marbre noir. On donne le nom de Paix de Jeneffe ou de Vottem au concor- dat qui fut conclu le 10 juillet 1331, parce que les conférences qui le précédèrent furent tenues dans ces localité.s, - 121 — Il me resterait à considérer la valeur des pierres de Jeneffe sous le rapport artistique, car l'art du dessin et de la gravure a un rapport intime avec la peinture, et les documents qui servent à établir l'état des arts dans la principauté de Liège à cette époque reculée, ne sont pas communs. — L'auteur de V Histoire de la peinture au pays de Liège vous dira mieux que moi l'im- portance que présentent les pierres tumulaires du 43^ siècle, considérées dans leur rapport avec la sculpture, l'architecture et la peinture. M. François Couclet, qui s'occupe avec le zèle le plus louable des anciennes pierres sépulchrales de la principauté de Liège, a frotté celles de Jeneffe selon le procédé d'estampage recom- mandé par l'auteur de La sépulture chrétienne d'après les monu- ments du Xl^ au XVl" siècle. C'est sur ces frottures qu'ont été pris les dessins qui accompagnent cette notice. Nicolas Henrotte. LA TOMBE DE BLEHEN Fouilles faites en février-mars 1874. I. Letumulus belgo-rotnain de Blehen se trouve, à presque égale distance (celle d'environ une demi-lieue), du côté Sud, de la tombe de Braives, dite d'Avennes, placée près de la grande chaussée romaine se dirigeant de Bavay sur Cologne, tombe explorée en mai 1873 ('); du côté Nord, de la tombe Hémava, située sur le territoire de Montenaken et nivellée malheureuse- ment en 1853 ('); et à l'Ouest, de la villa belgo-romaine de Bertrée dont les substructions ont été explorées par l'auteur de ce rapport, en octobre 1872 {'"). La tombe de Blehen forme une ligne assez directe, allant du Sud au Nord, avec les tombes, ses voisines, de Hémava, les trois tombes (les Dhitommen] de Fresiii-Corihys, et les deux tombes [Tweetommen) de Petit-Fresin (Montenaken); mais avec cette différence cependant que sa grande ou longue pente latérale, pareille à celle de la tombe de Braives, de la Bortombe de Wals-Beetz, et ti celle du Tombal, nivelle aujourd'hui , d'Avernas-le-Bauduin, est à l'Est avec la colline inclinée de ce même côté, tandis que celle des autres est à l'Ouest, indice jusqu'ici resté assez probable d'une certaine antériorité. De plus d'un point de la Haute-Chaussée de Bavay à Ton- (•j V. DuUetinde l'bist. arch. liéy., XII, 196. sqq. (') ScHUERMANS, yotice sur les momnn. du Limbourg, p. 37, sqq., el Rapports sur quelques lumulus de la Hesbaie, p. 195, sqq. (tirage à part). Bull, de l'iiisl. cité, XII, i, sqq. — 123 — grès ( ' ), et aussi de la chaussée de Nivelles, grand diverticulum ou embranchement de la première, la tombe de Blehen pouvait être aperçue par les voyageurs de ces grands chemins, de sorte que ce tumulus était, dans le sens strict, un vrai monument ; en effet, si les tombeaux distingués des morts sont appelés Memoriœ ou Monumenta, c'est bien, dit S. Augustin, parce qu'ils les rappellent à la mémoire des vivants et empêchent d'être soustraits à leurs cœurs ceux qui ont été soustraits à leurs yeux(-), ou, comme l'a dit Varron, avant S. Augustin, parce qu'ils avertissent les passants qu'ils sont mortels, comme les morts l'ont été (^). A Rome cependant, selon M. Gerbet (^), « en préférant les bords des routes les plus fréquentées, pour y faire figurer leurs mausolées, les familles patriciennes y avaient vu un moyen de donner une haute idée de leur gran- deur aux passants et aux étrangers. » (*) D'après M. Van der Elst, cette Haute-Chaussée, appelée Hochwech par \es Wallons des environs de Waremme, « se présente comme remontant aux temps les » plus anciens, non en qualité de chaussée, mais comme grande voie de comrauni- » oation. » {Annal, de l'Acad. d'Arch. de Belgique, 2*^ s., X, 488.) « Nous ne pos- » sédons aucun renseignement, dit M. Roulez, sur l'époque où ont été construites » les voies romaines de la Belgique. » (Observ. sur les voies rom, de la Belgique, p. 3.) (*) s. AUG., De cura pro mortus gerenda, cap. 4 : « Sed non ob aliud vel me- moriœ vel monumenta dicuntur ea quae insignita (al. insigniter) fiunt sepulcra morluorum, nisi quia eos, qui vivenlium oculis morte sublracti sunt, ne oblivione eliam cordibus subtrahantur, in memoriam revocant et admonendo faciunt cogitari: nam et Memoriœ nomen id apertissime ostendit, et Monumentum eo quod moneat mentera, id est, admoneat, nuncupatur. » (') De ling. lat., VI, IS : « Moniraenta a moiiere. Sic Monimenta quse in sepul- cris, ideo secundum viam, quo praetereuntes admoneant se fuisse, et illos esse mortales. » — Cet usage d'enterrer les morts le long des chemins date de très-haut chez les Hébreux; il remonte jusqu'aux patriarches; car ce fut ainsi que, d'après l'Ecriture, Jacob enterra son épouse Rachel (f 1750 av. J.-C.) : « Mortua est » Rachel et sepulta est in via (a), quœ ducil Ephratam, hoc est Rethlehem ; erexit- " que Jacob litulum {colonne, stèle, cippe avec inscription, comme le mot titulus » l'indique) super sepulchrum ejus. Hic est titulus monumenti Rachel usque in prae- » senlem diem. » {Gènes., XXXV, 19, 20.) {*) Esquisse de Rom. chrét., I, 150. Louvain 1844. I:ii « Kt sepelivi etium jiula viam Ephralae. » [Gènes-, XLVItI, 1 ) — 424 - Parmi les nombreux lumulus et substructions de villas qui se trouvent dans un certain rayon autour de Montenaken et dont j'ai dirigé les fouilles depuis 1862,1a tombe de Blehen fut tenue longtemps en réserve, h cause de certaines difficultés particu- lières que présentait son exploration par suite des arbres dont elle est couverte, et des arbustes dont elle est entourée jusqu'à sa base. Ces arbres et ce bosquet (pi. I et tig. B), quoique modernes, rappellent néanmoins assez bien un très-ancien usage d'entourer les temples et les tombeaux d'arbres et de bois sacrés ('). A cet égard, parmi les dispositions du testament gravé sur un tombeau deLangres, et dont le texte a été retrouvé, en grande partie, il n'y a pas longtemps, sur un parchemin détaché d'un codex du X« siècle (-), nous voyons, non-seulement que la « cella memoriœ » du testateur devait contenir la statue du défunt, une exèdre destinée aux repas funéraires « per eos dies, quibus cella memoriœ aperietur » (savoir aux kalendes d'avril, de mai, juin, juillet, août, septembre et octobre), et avoir par devant un autel contenant ses ossements : « ara ponatur ante œdijicium in qua ossa mea reponantur; » mais qu'il y est aussi prescrit d'entourer cette cella d'un bosquet et de vergers : « colaturque id œdificium et ea pomaria et lacus (1. locus ou plutôt lucus) » par trois topiaires. Qu'il y eût fréquemment autour des tombeaux des jardins, des vignes qui faisaient partie de l'enceinte consacrée par la religion et qui étaient considérés comme un terrain dépendant du monument : area adjecta, quœ ( * ) « Est urbe egressis tumulus (hauteur) templumque vetuslum " Desertœ Cereris, juxlaque antiqua cupressus, Religione patrum multos servata per annos. > VlRC, Aeneid., il, 713. ' Me tegat arborea dévia terra coma, " Aut humet ignotse cumulus vallatus arensB, » Non juvat in média nomen habere via. » PftOPERl., III, I2"î. (•) Documeni publié, pour la première fois, par le D' Kiessling.Voir \e Mémorial helne^W, 126. — 125 — ceUit monumento, c'est chose qu'on ne peut mettre en doute {*). Les païens, dit un auteur, ne croyaient pouvoir mieux pourvoir k l'inviolabilité des tombeaux que de les entourer d'arbres con- sacrés aux Dieux. Ils préféraient, à cette fin, ceux qui, restant toujours verts, comme le buis, le cyprès, le laurier, leur sem- blaient pouvoir le mieux les couvrir de leur ombre et être les plus agréables aux Mânes (-). IL Ce fut au mois de décembre 1872, que l'honorable et savant secrétaire de YInstitiit archéologique liégeois me fit savoir que la Compagnie venait d'obtenir de M. Ferd. Cartuyvels-de- Collaert, rentier à Blehen, la bienveillante permission d'opérer des fouilles dans la tombe dont il est propriétaire, et qu'elle avait ratifié les conditions généreuses qu'il y avait apposées. De ces conditions, je ne citerai que la plus importante, mais qui prouve le désintéressement de son auteur, ainsi que son amour pour la science : « Si l'on trouve, y est-il dit, des objets d'or ou d'argent dont la valeur intrinsèque comme métal dépas- serait 100 fi'., cette valeur me sera payée par la Société d'ar- chéologie, déduction faite des frais de recherches; il est entendu que la plus value comme objet d'art ou d'antiquité ne sera pas comptée » ('). Mais à peine avais-je reçu l'honorable commission de diriger ces fouilles, que celui qui m'en avait informé quitta le secréta- riat, étant promu (janv. 1873) au poste de conservateur des (•) Voir Fabrett! . Inscr. domest., p d03, 223 ; — Marini, hcr. Alban., p. M«, H9, Art'., p. 229, 230. (*) Aujourdhui, comme au moyen-âge, c'est un fait admis que la plantation ou la végétation constitue un moyen puissant, pour maintenir la salubrilf- dans les cimetières. (') Mais ni or, ni argent ne s'est trouve dans le caveau du tumulus de Blehen. C'aurait été, du reste, contraire à la Loi des XII Tables (faite environ 450 ans av. J.-C.) qui défendait le dépôt dans les tombeaux des objets en ce métal, De jure xaeror., § io : « Neve aurum addilo : asl quo auro dentés vincti erunt, imo cum » illo sepelire urereve sine fraude esto. > 126 archives de l'Etat à Namur. Après son départ, plusieurs cir- constances qu'il est inutile d'indiquer ici, vinrent m'empêcher de mettre la main à l'œuvre immédiatement. Ce ne fut donc qu'en février de l'année suivante que les conditions, conve- nablement larges, dictées par le zèle éclairé de la savante Société elle-même, me permirent de commencer ces fouilles qui semblaient n'être pas dépourvues de périls et de diffi- cultés. La tombe de Blehen, dont l'intérieur est sillonné en tous sens par de nombreux terriers de renards, était, avant nos répara- tions, assez défigurée à l'extérieur. Elle se trouve assise sur une colline peu inclinée au Nord, mais surtout à l'Est, et elle- même est inclinée dans le même sens. Elle a k sa base une circonférence de 98 mètres et au sommet de 27 m. Son éléva- tion oblique h l'Ouest et au Midi est de 10 m., et de 13 m. au Nord et à l'Est. Il y a du Midi jusqu'au Centre (tilleul) une lon- gueur horizontale de 16 mètres. Il n'est pas sans intérêt d'observer de quel côté se trouve l'inclinaison de la colline ou la grande pente latérale d'une tombe belgo-romaine, si elle est à l'Est ou à l'Ouest ; en suppo- sant, en efïet, le sommet de la tombe divisé en quatre quartiers égaux par deux lignes se croisant, dont l'une va du Nord (plutôt du Nord-Est) au Sud, et l'autre de l'Est ù l'Ouest (pi. I, lit. A), alors, si la pente allongée est du côté de l'Est, le caveau, si caveau il y a, se trouvera, d'après l'expérience que j'ai faite dans mes fouilles, vers le Centre, mais vers l'Ouest, touchant toutefois aux trois autres quartiers (exemples : les tombes de Walsbetz, de Niel, de Braives, de Blehen, etc.); il s'y trou- vera de la même manière, mais vers l'Est, si la même grande pente est du côté de l'Ouest (les Driitommen de Fresin-Corthys, les Tweelommen de Petit-Fresin ('), elc). Cette disposition (•) Il est à remarquer qu'en plaçant ces deux dernières lombes à une dizaine de mètres plus vers l'Orient, elles auraient eu leur grande pente latérale du côté de la 'iiIIcIiikIc riiislilut AitIkmiIo.^" LiV'i^coi.s.Totiie.XllI.Paoe 126 PL.IV Lilh.Crcmiiii.lié^e. - 127 — s'explique suffisamment par le motif d'empêcher les eaux de descendre vers la chambre sépulcrale souterraine au moyen des grandes pentes du monument extérieur. Cependant pour ce qui concerne le caveau delà tombe de Braives, dite d'Avennes('), déviant un peu du centre acfwd ('), la galerie a dû passer à côté de lui, en laissant à gauche un intervalle d'un 1/2 m., et n'aboutissant qu'à un puits de la descente des Français (^). J'étais, en ce moment, dans la galerie, mais sur le point de partir (pour un trajet de 2 1/2 grosses lieues que j'ai fait à plu- sieurs reprises) et ne cessais d'engager mon digne et zélé compagnon, M. leC"^^ G. de Looz, alors, mais plus maintenant, un peu novice en fait de fouilles de tombes, à ne point s'amuser à ce puits, auquel les ouvriers semblaient prendre grand inté- rêt, mais à sonder le côté gauche de la galerie par une ouver- ture transversale : « que là devait se trouver le caveau, si caveau il y avait. » Le lendemain l'a prouvé à la très-grande joie de l'explorateur. Les fouilles dans la tombe de Blehen commencèrent le mardi 17 février 1874 par une galerie souterraine partant du Sud- Ouest vers le centre. Cette galerie, en style ogival avec une chaussée de Nivelles ou vers TEst, car la colline a double pente et n'a qu'un plateau fort étroit. La même observation est applicable au ci-devant turaulus de Hémava, se trouvant, comme je l'ai vu encore debout, derrière la Bosquaille, à l'extrémité du territoire de Montenaken, vers Boélhe, sur un bien des anciens comtes de Looz, et puis, du Val-Notre-Dame, lez Huy. Pareillement, soit dit ici en passant, étaient placées aux confins de juridiction les trois tombes et les deux tombes citées, la Bortombe de Walsbetz, la tombe de Montenaken, dite d'Avernas, etc. (*) Ainsi dénommée, parce qu'elle est placée près des limites de la juridiction de Braives du côté d'Avennes, comme l'une des tombes de Montenaken est dite de Cras-Avernas, à cause qu'elle se trouve à l'extrémité du territoire vers ce dernier village; et timme la Bor«o?n6e de Walsbetz est dite d'Attenhoven pour le même motif. (*) Bullet. de l'imt. arch. liég., XII, 200, pi. IV, fig. lit. F. O Ces puits des Français m'ont souvent fourni la preuve qu'ils connaissaient assez bien le centre ou l'endroit du caveau d'une tombe belgo-romaine; mais leur procédé de descente verticale par le sommet, si celle-ci était tant soit peu à côté, ou pas assez profonde, les empêchait de le vider. - 428 - mince plate-bande comme clef de voûte, a été faite, chose à remarquer, avec la bêche des ouvriers (pi. I, lîg. C), comme ont été faites aussi toutes celles, auxquelles j'ai présidé depuis 1862, sauf la toute première faite en plein cintre, style dange- reux en terre, dans la tombe du milieu parmi les Drijtommen de Fresin-Corthys, où j'ai heureusement trouvé une sépulture des plus somptueuses et extrait un mobilier funéraire extraor- dinairement remarquable (*). La galerie en ogive remplaçant celle en plein cintre pour éviter avec plus de sûreté les ébou- lements, fut inaugurée l'année suivante aux Tweetommen de Petit-Fresin (Montenaken) que nous explorions en 1863 : « sys- tème, dit M. Schuermans, d'après M. l'architecte Gérard, plus efficace que le plein cintre pour contre-butter la poussée des terres... Les ouvriers employés, y est-il ajouté, excellent dans ce genre de travail (*). » La galerie de Blehen a l'",80 en élévation et 1"',70 en largeur. Comme nous devions respecter tant les arbres sur la tombe que les arbustes autour de sa base, la terre n'en put être ex- traite qu'au moyen de la pelle et sans brouette; et elle ne put être déposée que sur le talus même de la tombe; en outre, endurcie au soleil, cette terre étant la plus dure que nous ayons rencontrée, le travail ne s'est pas fait sans de très-sérieuses difficultés, d'autant plus que c'est dans la terre rapportée même de la tombe que, contre notre habitude, nous avons dû, à cause des arbustes, entamer la galerie, la faisant descendre diagonalement, de manière qu'auprès du caveau elle entrait environ 75 c. dans le sol primitif (^). Cette galerie, longue de C) V. M. Schuermans dans ses rapports sur quelques tutnulus delà Hesbaye -. — Fouilles dans les Drijtommen à Fresin. (*) lbid.,p. 260, en note (tirage à part). C) Déjà notre première galerie, pratiquée en 1862, fut souterraine et faite horizontalement à la base de la tombe en entrant de 30 à 50 c. dans le sous-sol dans le but d'y trouver la chambre funéraire. Je savais, en effet, déjà alors par la tombe de Hémava, d'après le rapport que voulut bien me faire, en 1857, M. Era. Janaar, qu'après son nivellement fait par le fermier en i85.3, le caveau avait été — 129 — 17 m. sous la loiiibe ( ',), a élé aL-hevée, lu caveau vidé, les trous de la lombe bouchés et les creux comblés, qui la défiguraient à l'extérieur, au bout de 17 jours, travail fait par deux ouvriers habiles durant iO jours, et par trois pendant les 7 derniers. L'ensemble de tous ces travaux a coûté la somme de 100 fr.(*). J'oubliais de mentionner qu'à l'entrée de la galerie une petite plaque de bronze a été trouvée, longue de 5 ceniimètres et large de 3 c. : elle a des échancrures aux deux extrémités et un très- petit trou au milieu, et ofï're des traces de trous aux deux bouts. Il n'est pas aisé de deviner à quoi elle peut avoir servi. Peut- être a-t-elle appartenu au palastre d'une serrure. trouvé à 2 mètres de profondeur au-dessous du sol cultivé. Jusques-là, l'opinion assez commune était que celte sépulture devait être recherchée, non au-dessous, mais à peu près au niveau ou au-dessus de ce sol. (Sch\yes, Uisi. de l'archii., I, 19.) C'est la, en effet, que le mobilier funéraire se trouve placé dans les tumulus Franks ou Germains de l'époque de l'incinéraiion, comme, par exemple, dans la lombe de ['Empereur {Bull, de l'Inst. arck. liég., XII, 497) ; dans les trois tombes de Seron (Forville); les deux tumulus de Hanret, elc. Ces tombes, ainsi que les cimetières du Haemberrj (Wals-Wezeren) ; du Tomheux (Avernas-ie-Bauduin), qui sont de l'époque de la crémation, et généralement les cimetières (aussi de la même époque) situés dans l'Entre-Sambre-el-Meuse, peuvent bien être qualifiés de romains, parce qu'ils ont été établis sur le sol de Tlimpire par des sujets ou colons qui y étaient admis ; mais ils sont proprement et « inconteslabiement » Franks ou Germains, ayant élé faits par ceux qui n'ont élé que peu ou point romaniséft, tandis que les Belgo-romains qui ont fait les trois tombes (Fresin), les deux tombes (Petil- Fresin) ; la Doriombe (Walsbelz), les tombes de Braives et de Blehen, etc., l'ont été entièrement ou à peu près Mais nous reviendrons sur ce sujel. (* ) Le ne mètre n'a élé excavé que dans sa partie supérieure, le restant devant servir de table, pour y déposer les objets du caveau au fur et à mesure qu'ils en seraient extraits. (*) Généralement les propriétaires ou gardiens de nos très-anciens monuments archéologiques qu'on appelle lutnulus, exigent qu'après exploration, on bouche immédiatement la galerie. M. Cartuyvels, de son côté, a voulu, dans l'intérêt des curieux, que la sienne restât ouverte et dans le même état oii elle se trouvait au moment où nous l'avons quittée, de sorte que galerie, couches de la terre rapportée ou de celle du sous-sol, table, caveau et même terriers de renards, etc. peuvent, encore aujourd'hui, èlre vus et examinés, comme nous l'avons fait alors. Un seul changement y a été apporté. Par une sollicitude intelligente du propriétaire, afin de prévenir les dégradations ou les éboulemenls, la terre de l'entrée de la galerie a été remplacée par un mur fait dans le style de la galerie. - 130 — La grande galerie ne passant que sur un des coins du caveau dans la largeur de 25 c. (pi. I, flg. C), ce fut au moyen d'une petite galerie transversale, faite dans sa direction, que le vendredi 6 mars les objets y déposés purent être extraits avec sécurité et facilité (')• La tombe de Blehen, peu visible à cause du bois, a eu le grand privilège de ne pas avoir été visitée par les Fran- çais. Aucune trace de leur descente n'a été remarquée. Pareille descente s'est montrée très-apparente pendant mes fouilles dans les Tweetommen (Petit-Fresin), dans la tombe de Montenaken, dite d'Avernas, dans celle d'Avernas-le-Bauduin; on l'a retrou- vée aussi dans les tombes de Braives, de l'Empereur, etc. ('^). Au côté Nord du caveau, à la distance de 50 c. on voit (pi. I, flg. C), un trou rond de 15 c. de diamètre, descendant dans le sous-sol jusqu'à 1"',60, c'est-à-dire 50 c. plus profondément que le caveau même et s'élevant au-dessus de lui, et pas davantage, jusqu'à environ 1 m. dans la terre rapportée de la tombe. Un bois ou gros pieu doit y avoir été fiché pour indiquer la fosse sépulcrale et guider les ouvriers à donsier au monument la forme voulue, lequel alors, comme aujourd'hui, n'était proba- blement pas toujours élevé immédiatement après la sépulture ('); (*) Ce fut alors que le propriétaire de la tombe a pu se convaincre qu'étant au sommet du tumulus, le jour de l'inauguration de la galerie, l'endroit de la sépulture lui avait été assez exactement indiqué, comme devant être à coté du tilleul qui s'y trouve. (•) C'est le génie des armées françaises, hivernant dans ces contrées sous Louis XIV, quia fait ces fouilles dans un grand nombre de lombes de la Hesbaye. C'est par le sommet que la descente se faisait, au moyen d'un puits rond ou carré jusqu'à \ mètre et plus dans le sous-sol, si l'on ne rencontrait pas de caveau. C) On lit, en effet, dans Tacite, Annat., I, 62 : » Rom. exercilus, sextum post » cladis atiuitm trium legionum ossa... condebant, priraum extruendo tumulo cespi- » tem Cœsar posuil. » — Après lu bûcher, les cendres recueillies dans des urnes pouvant être conservées provisoirement chez les parents, ou, si elles étaient dépo- sées dans la fosse sépulcrale, celle-ci pouvant encore être ouverte avant la forma- tion du tumulus, on voit qu'alors sous un même tertre il y avait possibilité et moyen de faire double enterrement, comme il y en avait des traces à Tiiisnes (Ballet, des comm. roy. d'art et d'arch., XIU, 460), et à Walsbetz (SCHUERM., iJapport iur texplor. de cette tombe, p. 181), et même d'y renfermer a quatre fosses sépulcrales — 131 — ilaulaiil plus que le lieu devenu religieux était inviolable. Des vestiges de pareils pieux ont été observés dans plusieurs autres tiimuius, par exemple, dans ceux de Braives, de l'Empereur, de Frizel, de Seron, etc. ('). III. C'est à la mémoire d'un païen qu'a été érigé le tumulus de Blehen. Cette sépulture daio de l'époque de la crémation, comme tout le contenu du caveau le |)rouve. L'emplacement du bûcher n'a cependant pas été rencontré, lequel pourrait se trouver sous la tombe plus vers l'Est, en dehors de la galerie. Chez les Romains, la propriété des tombeaux était exclusive. On n'admettait k la participation de la même sépulture que les membres de la même famille avec ceux auxquels des actes authentiques accordaient la même faveur (^). Il importe, dit Cicéron, de posséder les monuments des ancêtres, de partager les mêmes sacrifices et les mêmes tombeaux (/), Delà l'usage si commun de rapporter dans la patrie les cendres de ceux qui en mouraient éloignés. Fais transporter ii Rome, dit Ovide, mes ossements dans une urne modique, et ainsi, après ma mort, je disposées en quadrilatère, » comme dans le tumulus à Cortil-Noirmont (v. le Rap- port de M. G. Van Dessel, Bull, des comm. roij. d'art et d'arcli., XIII, 481). Voir aussi une double sépulture dans une même tombe dans le cimetière Belgo -romain et mi-Frank de Juslenville Bull, de l'Inst. arclt. liég., IX, \H). (• j On a dit quelque part qu'à Blehen j'ai constaté a la présence d'un fragment de ce pieu. » Cela n'est pas exact; mais c'est des planches du cercueil ou du coffret mortuaire que j'ai trouvé un morceau dans le fond de la fosse sépulcrale. (V. Bull, de l'Inst., XII, o04.) (■) Voir, à cet égard, les dispositions du testament du tombeau Gallo-romain de Langres, dont il a été fait mention ci-dessus. (') De Offic, ],i1 : «Magnum esse eariem habere monumenta, iisdem uti » sacris, sepulcra babere communia; » — Item De Leiiib., Il, 22 : « Tantami » sepulcroruni religionem, ut extra sacra et gentem inferri fas negarent esse. » — Cet usage des tombeaux de famille, qui n'a disparu chez les Romains que quand les croyances relatives au culte des morts se sont obscurcies, était incontestable chez les anciens. Les mots Tâcpoi; irâxptoo;, -râ^po; rpo^ovcov reviennent sans cesse chez les Grecs, comme chez les Latins tumulus patrius ou avitus^ sepulcrum genlis. OviD., Trist., IV, 3, 48 ; — VelleIUs, 11, -19; — Sueton. Nero, S; Tiber, I; — DiG., XI, S; XVIII, I, 6. — 132 — ne serai plus exilé ('). Tacite (-) raconte qu'Agrippiiie ramena d'Antioche à Rome les cendres de Germanicus. De même, celles de Trajan y furent ramenées de la Cilicie ('). On peut trouver, dans cet usage, une explication suffisante, pourquoi, parmi nos tertres de la Hesbaye, il y en a qui, comme le tumulus honorarius de Drusus, dont parle Suétone (*), sont simplement honorifiques, ne renfermant aucune sépulture, comme j'ai pu le véritier par mes fouilles dans le beau tumulus de Monienaken, dit d'Avernas, et dans celui, au moins aussi beau, d'Avernas-le-Bauduin, ainsi que dans ceux du Tombosch àNiel C*). J'ai dit que la sépulture de Blehen datait de l'époque de l'in- cinéralion. Het usage de brûler les corps, les Romains finlro- duisirent vers l'an 500 av. J.-C, non par raison de salubrité publique, mais dans le but religieux de dérober les restes de (* ; « Ossa tamen l'acito parva referantur in urna : 0 Sic ego non etiam mortuus exul ero. >> Trist., 111, 3, G5 (») Annal., Il, 7S; III, 2. (ô) Cantu, Hist. univ. — « Sciendnm est, dit Servius in V. Aeneid., quod apud » majores, ubi quis, ubicumque fuissel exstinclus, ad domum suam referebalur. ( *j In Claud., I. {') Si l'on excepte les « plaies-tombes, «très-étendues, mais peu élevées, de Fresin, de Wamont, de Warerame, etc., qu'on peut regarder comme des retranchements romains, faits dans le III« ou IV'' siècle; si l'on excepte, en outre, les tombes très- élevées et moins étendues, placées près de la grande chaussée de Bavay à Tongres, comme sont les deux tombes « du Bois-aux-Tombos, » près de Waremme, et les deux tombes du Soleil à Embresin, qui, pour la même époque, nous semblent avoir été (les mottes de défense, comme ont été celles faites en grand nombre au moyen - âge, moins élevées cependant, mais plus spacieuses, — toutes nos autres tombes belgo-romaines, contenant sépulture réelle ou n'étant qu'honorifiques, n'ont pas reçu, croyons-nous, une telle destination de défense, ni été établies comme moyen de communication par feux ou aulre» signes, parce que d'abord cette destination seyait moins à leur caractère de lieux religieux ; et puis, à cause du nombre de points de solution de continuité , bien plus grand anciennement qu'aujourd'hui, presque toutes les hauteurs étant boisées alors. Du reste, qu'en temps de guerre, on les ait parfois utilisées, soit pour défense, soit autrement, qui en doutera, puisque les armées ont su, en tout temps, tirer avantage de tout. — 133 — leurs morts aux outrages des vainqueurs ( '). Eu effet, étant toujours en guerre avec les peuples du Latium et de l'Italie, ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs ennemis ne craignaient point d'exhumer les cadavres et de profaner les tombeaux; ce qui fit cesser le mode d'inhumation, et la (îoutume de brûler devint bientôt générale. Quelques familles aristocratiques seules refusèrent d'adopter le rit des bûchers funèbres. Cicéron (de Leg., II), n'en compte que (rois et cite, entre autres, la famille Cornelia que Sylla, sorti de cette antique race, fit entrer dans l'ordre commun par crainte qu'on ne profanât son cadavre ('-). Le mode de sépulture par crémation a duré, en Italie et dans l'empire romain, pendant les quatre premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais depuis la paix donnée à l'Eglise par fempereur Constantin en 312, l'inhumation, dont les chrétiens n'avaient cessé de se servir, comme l'attestent les catacombes, surtout celles de Rome, devint successivement plus fréquente dans le cours du IV" siècle. Macrobe, philosophe platonicien et gram- mairien latin sous Théodose le Jeune, nous dit qu'au commen- cement du V« siècle, la coutume de brûler les morts avait entièrement cessé ('). A la campagne cependant et dans les contrées, comme en plusieurs de notre Belgique, où le chris- (') '< iEgyptii qiioque condientes sepeliunt corpora; Romani vero incendunl. >■ DiOG. Laert., in Pyrron.) — Au temps de la loi des XII Tables (f 450 av. J. C), les deux modes restaient encore en usage, l'inhumation et la crémation, clt il est dit De jure sacror., § 6 : « Horaincra mortuum in urbe ne sepelito neque urito. » (*) C'est Pline, Hist., VU, o4, qui nous fournit ces renseignements : « Ipsum •> cremare, dit-il, apud Ronianos non fuit veteris inslituti : terra condebantur. Al » postquam longinquis bellis obrutos erui cognovere, lune institulum. Et tamen " multae familise priscos servavere ritus, sicut in Cornelia nemo ante Syllam dicta- » torem traditur creraatus. Idque voluisse veritum talionem, eruto C Marii cada- - vere. » C) Macrob., Saturn., VII, 7 : « Licet urendi corpora defunctorum usus, dit-il, » nostro tempore nullus sit. » — Macrobe était, en l'an 422, revêtu de la dignité de grand-maître de la garde-robe {prœfectu^ sacri cubiculi) à la Cour de cet empereur. {Biographie univ , vl"j Macrobe.) — Ce régime de l'incinération devait être un assez grand obstacle à la recherche des crimes après la mort, surtout des empoisonne- ments qui n'étaient pas rares à Rome. — 134 — lianisme tarda de pénétrer, l'usage de l'incinération aura duré plus longtemps qu'ailleurs, et surtout chez ce grand nombre de Germains ou Franks qui, depuis la fin du IIl'^ siècle et pendant le 1V«, ne cessant de faire des invasions dans les Gaules et prin- cipalement dans notre pays, y furent admis comme colons sur le territoire de l'empire, on même s'y établirent de leur propre autorité. Le mode de sépulture par inhumation est certainement le plus ancien. « Ipsum cremare apud Romanos non fuit veteris iiisti- tuli, » a dit Pline. Il date du berceau du genre humain. Mis en usage par les Patriarches, les Hébreux et tous les Orientaux, les chrétiens l'ont continué jusqu'à nos jouis. Aux yeux de Gicéron, c'est le mode le plus naturel et le plus digne de la nature humaine. Quoi de plus naturel en effet, dit-il, le corps de l'homme étant formé de la terre, que de le faire rentrer dans le sein de sa mère, pour en être couvert C). Si nous enterrons les corps sans les brûler, ce n'est pas. répond M. Minutius Félix (III" siècle, njjf/o) au païen GîBcilius, que nous craignions qu'il ne reste plus rien pour la résurrection, après que les flammes les auraient consumés (^) ; mais c'est jiarce que l'inhu- mation est le mode le plus ancien et le meilleur ou le plus digne {'). La combustion totale et l'incinération d'un cadavre humnin devaient être une opération diflicile. Pour réussir, en effet, à incinérer complètement une masse organisée aussi considé- rable, formée de substances riches en carbone et imprégnée d'une grande quantité d'eau, il fallait la porter et la maintenir à ( ' ' CiCFR., De Ler/ib., II : « Mihi quidem antiquissiitium sepultura' gcnus fuisse » videlur, qiio apud Xenophonlem Cyrus ulilur -. redditur enim lerra" corpus, et ila » localum ac situm quasi operimento raalris obducitur. i- (*) Celui, en cITet, qui sera assez puissant pour ressusciter les cendres des corps inhnmés, le serait-il moins pour ressuscilur les cendres des morts hiciuérés'/ (') « Nec, ut creditis, ullum damnuin sepullurre timemus, sed veierem el mclio- > letn consueludinemhumandi frequenlamus. » (M. Felicis Octavius, XI et XXXIV ; Mignc, Pairol. lui., 111, col. ^H.) 135 iiiio tempénituce élevée ei en présence d'un volume d'oxygène ou d'air considérable ('). Donnons-en un exemple. La relation suivante (^) d'une céré- monie de ce genre, pratiquée, il n'y a pas fort longtemps, sur les bords de l'Arno à Florence, indique assez bien le procédé et la difficulté d'une crémation au bûcher. « A minuit sonnant, y est-il dit, fut apportée la dépouille mortelle de S. A. le prince indien Rajah de Kellapore. Le bûcher consistait en une pile de bois de 1"\50 carrés (''), fixée et retenue au sol par sept barres de 8 mètres de longueur ; un second tas de bois était épars sur le sol. » Après certaines cérémonies religieuses, le bûcher fut sau- poudré de camphre et d'arômes ; puis, on déposa à la partie supérieure le corps entièrement enduit de nephtaline pure. La figure était cachée pnr un masque de matière onctueuse et tous les membres recouverts de matières résineuses, de feuilles de bétel, de parfums, de poudre de bois de santal. On recouvrit alors le corps d'autres morceaux de bois, alternés avec des matières inflammables; puis le plus proche parent du prince mit le feu au bûcher. » Quoique la flamme fût alimentée par un vent impétueux, le cadavre était à peine consumé à 7 heures du matin; à 40 h., le feu était presque éteint, et il ne testait plus sur place qu'un monceau de cendres. Le prêtre Indien en recueillit une petite quantité au centre du bûcher; le reste fut jeté au vent dans la direction de l'Arno (M- » (*) L'antique procédé des bûchers est encore en usage dans certaines parties de linde. Nos magasins de combustibles, nos forêts mêmes y suffiraient à peine. '*; Faite par le Df G. Pini dans la Gazette de Milan. (') 1 Ingenteui struxere pyrum, » avait dit Virgile. {*) Chez les anciens, les cendres et les restes des ossements humains étaient recueillis dans des urnes cinéraires. Sous les Romains, dans les provinces, les cendres du peuple, du colon, de l'industriel étaient déposées dans un caveau à petites dimensions dans le cimetière; et celles du riche, du grand personnage, civil ou militaire, dans une ample et profonde chambre sépulcrale isolée, surmontée 136 Difficile et coûteuse devait être une crémation, au procédé antique, mais encore plus effrayante : « atrocissime exurit, » a dit TertuUien. En effet, sous l'action de la chaleur, les muscles se crispent et se rétractent vivement en taisant entrer les cada- vres en convulsion. Cette animatiou posthume devait impres- sionner péniblement les assistants. Il arrivait même qu'au milieu de ces mouvements désordonnés, le cadavre s'échappait parfois du biîcher. Une telle chute était regardée, dans l'anliquité, comme un funeste présage. C'est ainsi que s'exprime Pline- l'Ancien h l'occasion des funérailles de Lepidus. D'après M. le Comte de Beauvoir (^), qui a assisté h une pareille cérémonie funèbre h Bangkok, dans le royaume de Siam, il est peu de spectacles qui soient aussi horribles pour les vivants, et qui fassent sur l'âme une impression plus destinée à revenir dans les nuits blanches comme un torturant cauchemar. «Nous nous tenions, dit-il, à une vingtaine de mètres, pourne point gêner les superstitions locales, et voici ce que nous voyons. Le corps enseveli dans du linge bUmc, est tiré du cercueil et déposé datis le kiosque, au-dessus d'une triple rangée de fagots desséchés. Le Chao-hiein-balat, ou premier vicaire des talapoins, allume le bûcher : la flamme s'élève ; sa lumière même et la première fumée épaisse dérobent tout h nos yeux : peu à peu la flamme tombe, la fumée s'évanouit, le brasier reste; alors le cadavre apparaît an sommet, et les chairs crépitent affreusement au milieu du silence religieux des spectateurs. Mais comme c'est un mort frais de la veille, ses nerfs et ses muscles se cris|)ent sous l'action du feu cuisant : les bras se toideni, les phalanges s'agitent, les jambes se contractent et repoussent la braise. S'il n'était connu en physique qu'un chat mort mis sur le gril gigote comme une grenouille vivante, nous devrions croire que le (l'un monument, soit torabe:iu, soit tumuliis, sépulture de luxe. (M. Van Bastelaek, liitlkl. des comm. roy. d'un et d'arcfi., XV, 271.) — Voir pour l'érection d'un inmulus et les rites funèbres, Virgile, Àen., VI, ;\ ; III, »i!2-68 ; VI, 21:2-23.'). ( • ) Voijaijf. (iiiiniir du monde. — 137 — mniheureux se réveille et revient à la vie! Mais le corps d'homme levant et secouant les membres dans des convulsions saccadées, et semblant se pâmer de douleur sur le feu ardent, me glace, je l'avoue, dit le Comte, le sang dans les veines. Oh ! non, s'écrie-t-il, je ne veux pas mourir ici. » En Italie, quand il s'agissait d'un grand, on le portait au bûcher, la figure découverte, sur le lit mortuaire ou lit de parade, funebris lectus, sur lequel il avait été exposé ('). Ce lit avait la forme d'une large litière, lectica (-), que les parents ou amis du mort portaient sur les épaules et que l'on nommait aussi feretrum (d'où fierté) hexaphorum ou octophorum ('). Ce lit ou litière était posé sur le bûcher et brûlé avec le corps. Quand il s'agissait du peuple, le lit de parad*^ était supprimé et rem- placé par un simple cercueil ou coffre de bois qui portait le nom A'arca {*). Celte arca ou sandapila était le lit de parade plébéien que l'on déposait avec le corps sur le bûcher et qu'on brûlait. C'est pourquoi l^ucain a dit : « Donnez du moins à ce héros » l'infime cercueil populaire, dût ce mauvais coffret laisser » échapper les membres lacérés sur un bûcher privé de liba- » tions (^) » Quant à ce qu'on avait coutume de brûler avec le cadavre, Servius nous apprend que les hommes courageux faisaient brûler avec eux leurs armes et tout ce à quoi ils avaient été (•) D'après M. Van Bastelaer, dans son beau et savant travail sur les Coffrets de sépulture en Belgique à l'époque Romaine et à l'époque Franque ( Bullel. des comm. roy. d'art et d'arch., XV, 284), — auquel je n'ai pu m'empècher de faire quelques emprunts, — dans la Gaule, on prit l'habitude de couvrir la figure du mort et l'on portail le cadavre au bûcher dans une arca ou cercueil de crémation (coffret bustuaire), moins riche que le coffret tumutaire, en négligeant la litière ouverte. (*) V. Anth. Rich, y^'' Lectica. (') « Filii et generi humeris suis lectum per Urbem latum rogo imposuerunt. » [Val. Max., VII, i, 1.) — « Pars ingenti subiere feretro. » [Virgil., /4eH.,VI,2!2o.) (*) « Cadavera conservas vili portanda locabat in arca. <> (Horat., Sa<., 1,8, 9.) (') a Da vilem Magno plebeii funeris arcam, — Qiiae lacerum corpus siccos - effunda in ignés. -> (Lucan., Pliars., VIII, 7.36. — 138 — fort allachés pendant la vie ('). Par l'une des dernières dispo- sitions du testament de Langres, dont nous avons déjà fait mention, le défunt veut qu'on brûle avec lui tout son attirail de chasse et de tenderie, y compris lances, épées, coutelas, filets, toiles, lacets, lits, tentes, épouvantails, ainsi que tous les usten- siles de bain, ses litières, sa chaise aux porteurs, avec tous les onguents et instruments servant h cet usage, sa liburne en jonc avec tout ce qu'elle contient, de même que ses robes, tant damassées que brodées, et tous ses sièges en cornes d'élans H. Je n'ai retrouvé de tout ce qui a passé par le feu du bûcher de Blelien, que deux lames de couteaux pointus avec les bouts du manche (pi. II, fig. a) ; un couperet ou hache (pi. II, tig. c); le manche ou le ressort des ciseaux de tondeur de moutons (pi. II, Jlg. b) ; puis un ciseau de menuisier et une gouge, objets brisés et trop défigurés par le feu pour être représentés d'une manière reconnaissable; enfin, outre un morceau de charbon de bois, quelques clous, dont les uns, provenant du coffret busluaire ou de crémation, avaient subi l'action du feu, mais pas les autres ayant appartenu au coffret de sépulture. Par respect pour les restes humains, les quelques petits bouts d'ossements à demi-incinérés, ainsi que deux dents molaires, avec les cendres, ont été remis sous la tombe à côté de l'ancienne sépulture, où ils avaient reposé pendant tant de siècles. D'après les plus vieilles croyances altérées des Italiens et des Grecs, ce n'était pas dans un monde étranger à celui-ci que (1) « Fortiura virorurn sin ipsis tuneribus arma apud veteres consumebantur ; >' nec solumhaeCjSed et cœtera, qute habiiissent carissima. v {Se^vivs, Ad Aeneid., VI, 217 , où Virgile dit qu'au sommet du bûcher de Misène brillaient ses armes « Fulgentibus armis » (*} « Volo aulem omne insirumontnm meii;i), quod ad vcnandum et aucupandum » paravi, raecum cremari cum lanciis, ghidiis, cullris, relibus, plagis, l;iqueis, X Ihalamis, tnbernaculis, formidinihus, balnearibus. leclicis, sella gestîitoria, et 1. onini medicamenlo et instrumenlo illius sludii ; — el navem liburnam ex scirpo, . ila ul inde nihil subtrahalur; et vestis polyrailic et plumai;*' quidquid reli- (jiiiM'ii — '■( sellas omrics l'x curiiibus alriiiis. » '1 \r ,-iii/.î on a i'vchelk (Je u,2up.liii ^^ ||„||,.li,, Jr riuslilul AiTlirulir;' l.irin.is l.mic Mil i'-.yiv lôK l-Vi 6, Tombe de Blehen Cuvau , ■„-,■.■ Omicihl,. l-.(n. fi'i4.- i3 Fouilles, DE LA Tombe DE Blehen - Caveau, Cercueil a- Objets Trouvés. iij l'rr/»*' i/r .M',.;i ;«, (, -- 139 — l'âme allait passer sa seconde existence. On a cru pendant fort longtemps que dans celle seconde exislence l'âme restait asso- ciée au corps. Née avec lui, la mort ne l'en séparait pas ; elle s'enfermait avec lui dans le tombeau. De ces vieilles croyances témoignent les rites de sépulture « qui ont survécu de beaucoup, dit M. Fustel de Coulanges ('), à ces croyances primitives; mais qui certainement sont nés avec elles et peuvent nous les faire comprendre. » Les rites de la sépulture montrent clairement, dit le même auteur, que lorsqu'on mettait un corps au sépulcre, on croyait en même temps y mettre quelque chose de vivant. Virgile, qui décrit toujours avec tant de précision et de scrupule les céré- monies religieuses, termine le récit des funérailles de Polydore par ces mots : Nous enfermons l'âme dans le tombeau (^). Ce n'est pas que celte expression répondît aux idées que les écri- vains de son siècle se faisaient de l'âme, « mais c'est que depuis un temps immémorial elle s'était perpétuée dans le langage attestant d'antiques et vulgaires croyances. » C'était une cou- tume, à la fin de la cérémonie funèbre, d'appeler trois fois l'âme du mort par le nom (ju'il avait porté. On lui souhaitait de vivre heureuse sous la terre. Trois fois on lui disait : porte-toi bien. On ajoutait: que la terre te soit légère (^), Tant on croyait que l'être allait continuer à vivre sous cette terre, et qu'il y conservait le sentiment du bien-être et de la souffrance ! On écrivait sur le tombeau (stèle ou cippe) que l'homme reposait là ; expression qui a survécu à ces croyances et qui de siècle en siècle est arrivée jusqu'à nous. Nous l'employons encore, par pure habitude, et bien qu'assurément personne aujourd'hui ne pense que pour le présent, un être immortel repose dans un tombeau. « Mais dans l'antiquité on croyait si fermement qu'un {*) La cité antique, L. I, cli. {<". (*) Aen., IH, 67. — La môtne expression se trouve dans Ovtde, Fast., V, 4;;i. (s) Iliade, XXHI, 221 ; — Virg., Aen., III, 68 ; — Catull , Î18, 10 ; — Ovin., Trist., IJI, S, -IS ; Mélam., X, 62 ; — JuvEN., VII, 207. — 140 - homme vivait là, dit M. Fustel de Coulantes (/. cit.), qu'on iio manquait jamais d'enterrer avec lui les objets dont on supposait qu'il avait besoin, des vêlements, des vases, des armes. On répandait du vin sur la tombe pour étancher sa soif; on y pla- çait des aliments pour apaiser sa faim. On égorgeait des chevaux et des esclaves dans la pensée que ces êtres enfermés avec le mort le serviiaient dans le tombeau, comme ils avaient fait pendant la vie (M- » Il ne suffisait pas que le corps ou les cendres fussent mis en terre, il fallait encore observer les rites traditionnels et pro- noncer les formules déterminées. Plante donne l'histoire d'un revenant dont l'âme était forcément errante, parce que son corps a été mis en terre sans que les rites aient été observés. Suétone raconte que le corps de Caligula ayant été mis en lerre sans que la cérémonie funèbre fût accomplie, il en résulta que son âme fut errante et qu'elle apparut aux vivants, jusqu'au jour où l'on se décida de déterrer le corps et à lui donner une sépul- ture suivant les règles. Ces deux exemples montrent clairement quel effet on attribuait aux rites et aux formules de la céré- monie funèbre. Puisque sans eux les âmes étaient errantes ei se montraient aux vivants, c'est donc que par eux elles étaient fixées et enfermées dans leurs tombeaux {^). (•; Dans le passage suivant, De resurrect. camis, C. I, Terlullien fait connaître, nu commencement du III» siècle, outre le motif du grand respect des chrétiens pour les corps des morts, la disparution complète des croyances primitives chez les païens, ainsi que la gourmandise des vivants dans les repas funéraires : « Fidiicia ' Chiislianorura, dit-il, resurrectio morluorum Sed vulgus irridet, exisiimans uihil siipcicsse posi mortem ; et tamen defiinctis parcnlant et quidem impimsis- » siniù officio, pro moribus eonim ; pro temporibus esculentorum ; ut quos negnni » seiiiiic quicf/iiam, escam dcsiderare pr;t'sumant. At ego magis ridebo vulgus. I) tunf qiioque, cum ipsos defunctos alrocissime exurit, quos postmodum gulosis- » simc nulrit, iisdem ignibus el promerens et offendens. 0 pielatem de crudelitate » ludcnlem ! » — C,o t,?xle de Terlullien, comme aussi celui de Minucius Fdlix.citii plus limt, prouvent que la crrmation était encore en pleine vigueur chez les païens, au coi.irnencement du Ill<^ siècle. De même quelques anciens rites funèbres étaient encore observés. ( *"i 11 y avait aussi des formules d'évoquer les âmes el de lej faire sortir momen- i:irii ment du sépulcre. 141 Les rites de la sépulture tels que nous venons de les indiquer, étaient manilésiement eu désaccord avec la croyance au Tartare et aux Champs-Elysées : preuve qu'à l'époque où ces rites s'établirenl, on n'y croyait pas encore. Une habitude chance- lante seule a tait durer ces rites jusqu'au liiomplie du Christia- nisme; mais depuis lors, ds sont, en partie, tombés insensible- ment en désuétude. On croyaii, avons-nous dit, que l'être qui vivait sous la terre n'avait pas cessé d'avoir besoin de nouiriture. Aussi à certains jours de l'année, portait-on un repas à chaque tombeau. Ovide et Virgile nous ont donné la description de cette cérémonie dont l'usage s'était conservé intact jusqu'à leur époque, quoique les croyances se fussent déjà entièrement transformées. Ils nous montrent qu'on entourait le tombeau de vastes guirlandes d'herbes et de fleurs, qu'on y plaçait des gâteaux, des fruits, du sel, et qu'on y versait du lait, du vin, quelquefois le sang d'une victime ('). Chez les païens, les morts passaient pour des êtres sacrés. Les Grecs donnaient aux morts le nom de Dieux souterrains ; les Romains, celui de Dieux Mânes : « Rendez aux Dieux Mânes ce qui leur est dû, dit Cicéron ; ce sont des hommes qui ont quitté la vie, tenez-les pour des êtres divins i^). « Les tom- beaux éiaieni les temples de ces divinités. Los fnnéi ailles ne pouvaient être religieusement accomplies que par le parent le plus proche. Quant au repas funèbre qui se renouvelait ensuite à des époques déterminées, la famille seule avait le droit d'y assister, et tout étranger en était sévè- rement exclu ('"). (') Viac, Aeii., ni, 300 et sq., V, 77; — Ovide, Fasi., II, 540. ;*) (;ic.. De Lecjib., II, 9 ; — Varron dans S. Aug., Cité de Dieu, VIII, ^ti. (') Varron, De Lhuj. [at., VI, 13 : « Ferunt epulas ad sepulcrum quibus jus ibi parentare » : car primitivement chez les païens, le culte des moris était uniquement le culle des ancêtres. — 11 n'a pas été facile de déraciner ces rites païens et gour- mands des repas funèbres. Au IV* siècle, S. Augustin, Serm. 15 de Sanctis, — 142 — Si, comme nous venons de le voir, les rites de sépulture fondés primitivement chez les païens sur leur ancieinie croyance que les âmes dans leur seconde existence restaient dans le tombeau associées au corps en conservant le sentiment du bien-être et de la souffrance; si ces cérémonies lunèbies étaient, au temps de Virgile et d'Ovide, en complet désaccord avec les croyances d'alors, et n'étaient plus que des habitudes ou que d'anciens usages dépourvus de tout fondement doctrinal, — par conséquent les chrétiens de la période des catacombes purent continuer ces usages devenus civils et auxquels ils avaient été habitués avant leur conversion ; d'autant plus que c'est chez l'homme de tous les temps un sentiment naturel de montrer, par des signes qui honorent, son affection, son respect pour les restes mortels de ceux qui lui ont été chers pendant la vie. « Tous les peuples de l'antiquité, dit M. l'abbé Martigny, aimaient à orner et h meubler pour ainsi dire la tombe par des objets qui servaient aux besoins comme aux plaisirs de la vie. C'était une espèce d'illusion au moyen de laquelle on semblait eondauineces pratiques chez les chrétiens : « Miror,dil-ii,cur apudquosdam infidèles » hodie (à l'occasion de la fête de la chaire de S. Pierre à Anlioche) tam pernicio- » sus error incurrerit, ut super tumulos defunctorum cibos et viiia conférant quasi » egressœ de corporibus animœ carnales cibos requirant. » — Dans un autre endroit, De Morib. Eccl. Cach., I, 34, S. Augustin dit : « Nolitc consectari turbas » imperiiorum, qui vel in ipsa vera religione superstitiosi sunt. . Novi multosesse « qui luxuriosissime super morluos bibant, et epulas cadaverilius exbibentes super " sepuitos seipsos sepeliant et voracitates ebrielalesque suas de|iutent reiigioni. » — J'y ajouterai un passage de S. Gaudence, évèque de Bresce if 4!20), sur l'origine gourmande de ces festins funéraires : « Partes idolalria sunt, dit-il Serm. IV de » Exod. leciion.), parenialia Nara gulœ su;e causa primura caeperunl liomines » prandia niorluis pisepaiarc. qu;e ip>i comcderenl ; post lui'c eliam saci'iiicia ausi j> sunt eis sacrilega celebrare, quamvis nec ipsi mortuis suis raunus sacrificent, » qui exercent parentalia, dum super sepulcrorum mensas Iremulis ebrielale naani- » bus vina lundentes, spiritum sitire balbutiunl. » — Voir aussi S. Pierre Chryso- logue, évéque de Havennc, au môme V*^ siècle : Seim. XVII de Dœinoniaco. Leur conlcmporain, S. Paulin de Noie, excuse, jusqu'à un certain point, les festins aux tombeaux des Martyrs, à cause de la simplicité de ceux qui les faisaient {Natal. IX oupoetna XXVII, 562). 143 prolonger l'existence au-delà de ses limites ('). » Cet « usage d'orner et, pour ainsi dire, de meubler la tombe, selon M. Raoul-Rochette, paraît remonter au berceau même de la civili- sation oi'ienlale ('^). » P;irmi les objets trouvés dans les tom- beaux ciirétiens, M. l'abbé Martigny (/. cit.) énumère : l*' des tissus d'or; 2' des bijoux et meubles de toilette (de toute espèce); 3° des lampes; 4" des monnaies antiques fixées en grand nombre aux sépultures chrétiennes des catacombes ('') ; 5° des plantes toujours vertes ; 6" des instruments de supplice Devant l'as- pect général des sépultures chrétiennes dans les catacombes de Rome, ornées au dedans et au dehors d'une foule d'objets de toute espèce et de toute matière, « à la présence desquels, dit M. Raoul-Rochette (*), devaient certainement se rattacher des intentions pieuses et des idées symboliques, » devant ini pareil fait, la première! observation qui se présente à fesprit du savant et pieux Roldetti... « c'est qu'en décorant les tombeaux de leurs Irères de tant d'objets de pur ornement ou dusage réel, les chrétiens n'avaient pu être dirigés que par ce motif d'espérance qui leur faisait considérer le tombeau comme un lieu de passage, d'où ils devaient sortir avec toutes les conditions de l'immorta- lité, et la mort comme un sommeil paisible, au sein duquel il ne pouvait leur être indifférent de se trouver environnés des objets qui leur avaient été chers durant la vie, ou de l'image do ces objets (^). i ') Diction, des aiiiiq. chrét., \^'" Objets trouvés dam les tombeaux chrét. - ) Tableau des catacombes de Rome, chap. V. ("j Ces monnaies, dit le même auteur, « n'y figurent le plus souvent qu'à titre de pur ornement ; quelquefois, ajoute t-il, pour indiquer l'époque de la sépulture par le règne des empereurs auxquels ces monnaies appartiennent. « De cette iiiteniiou p ,, ticulière de marquer la date par les monnaies de sépulture, aucun texie ni témoignage ancien ne peut être allégué qui la prouve, soit chez les païens, soit chez les chrétiens. Tout semble contredire une pareille opinion. Nous devons y revenir. (') Tabl. des caiac. de Rome, ch. V. ;'j BoLDETTi, Ob^ervazioni, etc., p. 49S, apud Raoul-Rochette, loc. cit. — Pour compléter cette idée de tous les temps de meubler, d'embellir et, pour ainsi dire, - 144 — IV. L'étude du caveau de Blelieii et de son cercueil ou coffret de sépulture offre uu certain intérêt archéologique, non pas tant pour le mobilier funéraire qui y est contenu, mais surtout à cause de plusieurs particularités dignes d'être observées. D'abord quant à la fosse, évidée avec la bêche dans le sous-sol, son axe est plus directement dirigé vers l'Est ; dans les tumulus de Fresin, de Wals-Beetz et de Braives, elle l'est plus veis le Nord. Ses parois retrouvées dans leur état primitif, ont été faites en talus ; dans les tombes nommées, elles étaient droites ou verticales. Gomme notre galerie descendait jusqu'à 75 c. dans le sous-sol, ainsi que la petite galerie transversale faite au même niveau au-dessus du caveau, nous n'en avons plus retrouvé les parois de la fosse qu'à la hauteur de 35 c. Sa profondeur totale était de 1"',10 ('), sa longueur de l'",50. A d'animer la tombe, ajoutons ces deux passages empruntés à M. Murcier, La sépuli. chrét. en France du A7« an .YF/e siècle : « Le Franc, dit-il, pag. XI (après la chute de l'empire romain), était inhumé entier, quelquefois assis, plus souvent couché sur le dos, dans un cotVre de bois ou dans un cercueil de pierre. 11 descend dans la tombe, armé en guerre, le casque sur la tête, la lance dans une main, le bouclier dans l'autre, la hache entre les jambes et le glaive fixé au ceinturon. Son cou, ses oreilles, ses bras sont chargés de colliers et de bijoux grossiers, fruits de ses conquêtes. Il a déjà la face tournée vers le ciel, les pieds du cote où le soleil se lève. » — bans la suite « beaucoup, dit-il, p. 47, 22, étaient enterrés avec les habits et les attributs de leur profession, et les objets qui leur avaient servi vivants. » Quant aux simples fidèles, p. 23, « on enterrait avec ceux-ci une partie des objets qu'ils avaient aimés, ou du moins dont ils s'étaient servis. On leur lais- sait aussi leurs bijoux. Les chrétiens eurent pour accompagnement dans la tombe, une croix, du charbon, de l'encens, de l'eau bénite, tous objets parlant du respect auiiuel le corps d'un chrétien a droit, ou d'espérance dans une autre vie. » Parfois on était aussi enterré avec des pièces de monnaie. ( ') La fosse de la tombe de Braives, dite d'Avennes, n'avait que 70 c. de pro- fondeur sur une longueur de 2"', 10 et une largeur de 2"'; profondeur dispropor- tionnée avec les autres dimensions. •Dullci. de l'itisi. arch. lié' faisait défaut, bien que souvent on trouvât des traces de petites cassettes à bijoux » (comme moi-même j'en ai trouvé dans \es DrijtonDnen de Fresin et la Corjow/jf de Wals-Beetz) ; « mais aussi chaque fois que la maçonnerie et le coffre en pierre X manquaient, nous rencontrions inévitablement les indices (clous, charnières, >) serrures, clefs, etc.) que le grand coffret en bois avait existé. » Le m^me auteur ose aller jusqu'à dire (loc. cit., p. 286) que « même dans le cas, où l'on ne ren- « contre ni clous, ni garniture métallique, il est permis de croire que le coffre (en » bois), moins luxueux et moins soigné, était cloué de chevilles de bois et garni » d'ornements de même nature, dont le temps a fait disparaître les traces. » — Voir sur le même sujet M. Murcier, La sépult. chrét. en France, p. 12, et M. l'abbé Cochet dans ses Explorations de la Normandie. — Ce que M. Schaves. Hist. de l'archii. en Belfi., H, "78, a avancé : « que le petit nombre de ces cercueils (de » pierre), découverts jusqu'à ce jour en Belgique, démontre que l'emploi des cer- )' cueils de bois doit y avoir prédominé de tout temps, » pcut-ôlre ne le dirait-il plus aujourd'hui après Texploration de tant de cimetières anciens. — A ce qui pré cède, une réserve doit être laite quant aux lumuius avec chambre sépulcrale à grandes dimensions (d'au moins 2"' carrés). Leur cavoau semble n'avoir élé muni que d'un couvercle seulement, plus ou moins orné, bans la tombe de Braives. son existence a été constatée {Huit, de l'Insi. arch. lien., XII, 204). Mes fouilles dans les Drijiomtnen et la tombe de W'als-Bectz m'ont fourni des vertiges d'un pareil couvercle, soutenu sans doute par des supports. De là, ces nombreux clous longs et très-gros y retrouvés. Sous la tombe de Uemara (Montenaken), le couvercle en bois étant consumé, la terre même qui y avait reposé (cas exceptionnel s'él;;it formée à l'ctat de couvercle. Aussi, l'ouvrier, après l'enlèvement d'environ la moitié de la terre d'au-dessus du caveau, s'enfonça-l-il jusqu'à la ceinture. Preuve évidente qu'un vide s'était maintenu au-dessus du mobilier funéraire. Schuermans, Rapports, etc., p. i97 du tirage à part.) — 147 - Au nnoyen des deux rainures latérales distinctement tracées dans le fond de la fosse sépulcrale (pi. II, fig. E), ainsi qu'avec le bloc de cette terre qui reposait immédiatement sur le cou- vercle du cercueil, il n'est pas, ce semble, impossible d'indiquer à peu près la structure de ce modeste coffret de bois (^). La largeur du fond de la fosse sépulcrale d'une rainure à l'autre, est, à l'Ouest, de 70"^ et à l'Est de 65^ C'est là la largeur intérieure du coffret ou cercueil. Les deux rainures creusées avec la bêche dans le fond de la fosse sont longues de 1",24 (un peu plus de 4 pieds); mais elles s'arrêtent à 20*= de distance de la paroi occidentale. L'une comme l'autre est large, mais en sens opposé, c'est-à-dire, au lit c (pi. II, fig. E), de 3"^ et pro- fonde de 6% et n'est large que de 2" et profonde que de 3"^ au lit d. Par conséquent les planches des longs côtés du cercueil, posées de champ dans les rainures, faites pour les recevoir, devaient avoir la même longueur qu'elles; mais ces mêmes planches étant plus hautes et plus épaisses d'un côté que de l'autre, on a dû les placer avec leur haut côté, qui était aussi le plus épais, en sens inverse, afin d'obtenir le niveau sous le couvercle (^). Les planches des petits côtés du coffret n'avaient pas de rainures dans le fond de la fosse, mais elles en avaient dans les parois et même plus profondes en haut que vers le fond (pi. II, fig. E). Je ne saurais dire, si les petits côtés étaient [)lus élevés que le couvercle, ou si celui-ci les couvrait; en tout cas, ils étaient obliquement plus larges par le haut. Mais d'après les rainures latérales, les planches des longs (^) Selon M. Van Bastelaer parlant d'après ses observations faites au cimetière de Strée (Flainaut), p. 283 du travail cité [supra), » les coffrets tumulaires ou de sépulture étaient plus petits et plus luxueux (jue le coffret bustuairu ou de créma- tion » D'après toute apparence, celui de Blehen n'aurait pu être moins riche. (*) La loi des XII Tables, De jiir. sacror., 8, ne défendait que de polir le bois dont était composé le bûcher : « Rogum ascii [dolaire) ne polito; » mais ici un vague souvenir de cette loi semble avoir étendu celte défense jusqu'aux planches du cercueil ou du coffret de sépulture. 148 côtés avec leur couvercle n'atteignaient pas la paroi occidentale; elles laissaient ouvert un espace d'environ 20 centimètres. Je ne m'explique cette singularité que de la manière suivante, savoir : d'abord les vases funéraires, depuis n" 2 jusqu'à u" 10 (pi. II, fig.E), étant déposés sur le sol nu par celui qui se trou- vait dans la fosse à l'endroit resté vide, ayant la face tournée vers l'Orient, ils auront été couverts par la grande partie du coffret correspondante à la longueur des rainures; puis, lui sorti de la fosse, il y aura déposé, en dernier lieu, l'urne cinéraire et placé, pour la couvrir, ainsi que l'espace encore ouvert, l'autre partie, la plus courte, du coffret, s'adaplant à la plus longue, de sorte à ne former qu'un seul cercueil fermé de tous côtés. Plusieurs terriers de renards descendant, obliquement en sens divers, de l'extérieur du tumulus jusqu'au-dessus de la terre couvrant immédiatement le couvercle du cercueil ('), l'humidité a pu s'y introduire. C'est pourquoi, dans la suite, un long bloc de celte terre, laquelle était celle de l'évidage de la fosse sépulcrale, s'est détaché, enfonçant le couvercle au moment où il était près d'être consumé et brisant par le milieu, où les planches prêtaient moins de résistance, les objets en verre placés en dessous. Entre ce bloc, épais de 25'^ et couvrant, dans sa longueur, h peu près tout le fond du cei'cueil (-) et ce qui de la terre était resté suspendu, il y avait un vide de 50 à 60 centimètres en élévation; ce qui fait présumer que telle était aussi la hauteur du coffret. Sur ce bloc de tiers conservé), outre qu'on y voit l'enfonce- ment du bord supérieur de la jatte n" 8 et de la petite jatte n" 9 ' pi. II), se trouve aussi l'empreinte distincte de deux planches du couvercle. D'après les linéaments qu'elles y ont laissés avec (') Cela a été observé encore ailleurs. Les renards avaient-ils peut-être flairé les viandes déposées dans le caveau? (') Ce que j'ai conservé de ce bloc (environ un tiers) n (îO cenlimi'tres do longueur '2 pieds) cl .^0 cen(imè(re.s de largeur (\ pied). 149 une certaine couleur rougeàtrCj on est assez porté à croire qu'elles étaient de bois de sapin. Cependant cette couleur ne s'accordant pas trop avec celle du fi ai^ment retrouvé des planches du coffret de sépulture, iie vaudrait-il pas mieux de dire que le couvercle était recouvei-t d'un placage de bois précieux orné ou peint (')? Les planches, empreintes dans le bloc, montrent visiblement qu'elles avaient été jointes nu moyen de langjuettes et de rainures (en wallon hévélées et en flamand geklikl), larges alors, comme aujourd'hui, d'un 1/2 centimètre. Ces mêmes planches, épaisses environ de 2" (épaisseur du l'ragmont retrouvé), étaient larges chacune de \^' {\ji pied). Couvrant le coffret dans sa longueur, comme le bloc l'indique, il a donc fallu cinq planclies de cette largeur pour parfaire le couvercle. Calcul bien fait, il en résulte avec grande vraisemblance que ce coffret lumulaire, ainsi que les petits côtés (témoins les rainures dans les parois de la fosse (pi. II, tîg. E, a et t), était comme les parois de celle-ci faites en talus, plus large 11 sa partie supérieure qu'à sa base. En tout cas, il était plus rétréci à l'Est, je voudrais pouvoir dire, malgré l'incinération, pins étroit aux pieds qu'à la tête ('^). D'après les archéologues, les cercueils ou sarcophages en pierre ou en bois, ayant la forme de coffres, plus étroits vers les pieds que vers la tête, paraissent, chez les chrétiens, être postérieurs au IV'' siècle ('); ce fait permet-il do présumer que (') Voir, à cet égard, M. Van Bastelaer, Les coffrets de sépult., dans le Bull, des corn. roy. d'ail et d'arch., XV, f28i2. — Les fouilles de la Borlombe de Wals- Beelz que j'ai dirigées en 1863 ont, fourni plusieurs plaques en ivoire sculptées provenant d'un cojffret à bijoux. {• I De ce coffret de sépulture à Blehen, j'ai bien retrouvé, outre le fragment de bois déjà mentionné, aussi de la cendre à demi-carbonisée et des clous couverts des rouilles, mais pas, ce que d'autres coffrets ont fourni ailleurs, de vestiges de serrure? de clef, de charnière, de garniture, d'anses ou de menottes, etc : toutes choses que j'ai trouvées dans les trois tombes de Fresin (celle du milieu) et de Wais-Beetz, mais qui provenaient de petits cofTrets à bijoux. (') SCHAYES, Hist. de l'arch. en Belgique, II, 78, 79; — De Caiimont, Ahccéd., 4fi (âeédil. ) ; — RiiusENS, Elém. d'arch. chrét., I, "204. — ISO - notre cercueil de Blehen et d'autres, à cause de celte forme, doivent, quant à l'âge, se rnpproclier de ceux-là? Comme peut- être on pourrait dii-e que le cnveau, à peu près contemporain, du tumulus de Braives, dit d'Avennes, recouvert « d'un cou- vercle circulaire en bois ( '), » paraît avoir préludé aux tombeaux apparents à couvercle hémisphérique, ou aux sarcophages non apparents à voûte en arcade usités chez les Franks sous l'empire, mais surtout après la conquête (ou l'an 450). M. Van Bastelaei- pose en thèse, comme nous avons vu, que « touie sépultui-e riche.... tumulus ou monument, renfermait un caveau ou chambre mortuaire plus ou moins large, construit en maçonnerie {-). Cela ne s'est pas vérilié dans le tumulus de Blehen, où la chambre sépulcrale était en terre, sans maçon- nerie, et ]c coffret tumulaire de bois; ni non plus dans le tumulus à Corlil-Noirmont (près de Perwez ou de Walhain et h quelque distance de la haute chaussée de Bavai à Tongres), dont, en outre, « les quatre fosses sépulcrales, disposées en quadrilatèie, élaieni, comme h Blehen, plus larges à l'une des extrémités, » ei avaient contenu « des caisses funéraires, » comme en ont témoigné les restes des planches non entière- ment consumées (*). Cela ne s'est pas vérifié enfin dans la tombe de Vaux-Borsut, où le caveau, pareillement non maçonné, offrait « des traces de? planches latérales d'un cofifre ou cercueil en bois encore en place, mais fortement consumée ).» Dans le sens de la thèse du savant archéologue cité, on peut alléguer la tombe de Middehvinden, dont le caveau, à dimen- ( •) Dutlci. de l'Inst. arcfi. liég., XII, 204. (•) Dans son travail dt étaient remplis de cendres (*). Dans le septième vase se trou- vaient six monnaies allant de Néron [t 54-68J à Antonin [t 138- 161] (^). — Le sarcophage de Savenlhem, creusé d;nis la pierre « ex lapide duri.ssimo » avec couvercle sculpté, fait penser aux tombeaux en usage chez les chrétiens, dès le IV*" siècle, con- nombreux textes des auteurs contemporains sur les invasions et les dévastations sans nombre des barbares dans le couis de ce siècle (textes rjuni.s dans Bucherius, Belg. Itoin.), que l'on trouvera une explication sufTisanle pour la jdupart des incen- dies que révèlent nos villas belgo-romaines, incendies et dévastations continuées par l'invasion générale et définitive commencée en 407. (• ) Lambecius ( Bull, des corn. rnij. d'art et d'arch., XIII, 37). (•) " Cavea ou Ciypta snbten-aiiea tanta; soliditatis, ut vix duabus horis superna » concameratio perforari |iotuerit » (Rapport de Villerius, Bull, des coin, roy..^ loc. cit., p. .' o). — C'e(!iit donc au-dessous du niveau de la terre primitive que ce caveau avait été maçonné, ei pas au dessus, comme à Champion el Bartlow- Hills. (') Bull, des corn, rny., I. c, p. 35. (*) Galesloot, La prov. de Brab. sous l'empire rom.,d\. III. (') SCHAYES, Belgique, lli. .S33. 153 sistanls dans des cercueils en pierre ou en marbre, aussi avec couvercles sculptés ; comme le caveau maçonné et voûté du même tumulus rappelle de semblables caveaux, très en usage chez les Franks, après la conquête. Le caveau du tu mulus de Hun, (sur la rive gauche de la Meuse, à 3 lieues de Namur), mérite aussi d'êire cité. Il a été trouvé en 1619. « Le sépulcre de pierre, dit Galliot ('), était long de 6 1/2 pieds (l'",93) sur 3 iji pieds de large (0"',89) et de hauteur de 3 3/4 pieds (0"',91). Il était enfermé entre quatre murailles de pierres de taille, portant une voîiie ouverte (sic) dans le centre, formant un quarré de ^5 pieds (?). » Outre des os à demi-con- sumés, on y a trouvé environ 22 à 24 objets, vases, cruches, bouteilles, etc., enire autres « deux bouteilles de verre de figure » carrée pleines de cendres; en outre plusieurs médailles de » cuivre, dont quelques-unes portaient l'efTigie de l'empereur » Néron. » Je mentionnerai encore, d'après Galliot (^), le caveau d'une tombe aplanie, en lfi41, au bord de la Meuse, « à portée d'An- denne, » ayant « un tombeau plus riche que le précédent, et » ayant au moins 10 pieds en quarré (3'"), muni de quatre côtés » de belles pierres de taille, et couvert de semblables pierres » quarrées et plates, lesquelles reposaient sur les murailles du » sépulcre, qui s'entr'unissaient toutes, parleurs coins, sur un » pilier posé au milieu pour les soutenir. » On y trouva « un tombeau de cuivre battu » avec cendres et «une urne de cristal avec cendres, » puis d'autres objets au nombre de douze, pour la plupart « de cuivre moulés. » On y trouva encore une « grande quantité de médailles à'argent et de bronze, dont » quelques-unes de l'empereur Vespasien et de ses deux fils » Titus et Domitien (^). » (*) Histoire de Namur, 1, 42. (*) Loc. cit., p. 43. (^) Ces médailles dt^notenl une époque, où la Loi des XII Tables était en oubli. - 154 — Gril aussi des caveaux tout-à-fail particuliers les tombes frankes ou germaniques établies sur le sol romain, mais faites par des sujets peu ou moins romanisés que les Belgo-romains. Ainsi la tombe de V Empereur a son mobilier funèbre placé au- dessus du niveau du sol. Dans l'un des trois tumulus de Seron (Forville, à une lieue de la chaussée romaine, non loin de la tombe précédente), le caveau était « dans une petite cavité d'un pied environ (0'",30) de profondeur sur une largeur de 3 pieds (0'",90) en tout sens. » Là se trouvaient divers objets en verre et des poteries en terre rougeâue, jaune, brune, grise et sigillée ( '). Au centre h peu près de la troisième tombe de Seron et au niveau du sol, on a rencontré « des vestiges d'un ancien coffre ou cercueil de bois d'environ 4 pieds en toutsens (1"',18), dont il ne restait que de fnibles fragments de planches et divers clous à grosses têtes. » Il s'y est trouvé, outre quelques osse- ments humains calcinés, un certain nombre de poteries, placées en lignes composées chacune de trois objets (^). V. Venons maintenant aux objets funéraires qui, au nombre de treize, avaient été déposés dans le caveau ou le coffret lumulaire de la tombe de Blehcn.De ces vases et poteries, déjà tant de fois décrits dans les recueils archéologiques, je n'en lerai qu'un court examen, non pas d'après la classification usitée d'objets en métal, en verre, en poteries, etc., mais dans ( ') n y avait entre autres -11 soucoupes de même forme; et puis deux bouteilles en verre, l'une carrée, comme à Hanrôl, et l'autre hexagone, semblables à celles de la tombe bulgo-roniaine de Hcmaïa. Par conséquent contempordins de celle-ci doivent ùlre les trois tumulus de Seion, proclameraient, mais sans rondement, ceux (lui, en fait de vases et poteries, aiment tant à faire valuir l'argument « de certaines similitudes d ou de certains » points d'analogie, » de quelques beaux vases d'une tombe avec ceux d'une autre, pour en déduire la conteniporanéité de ces tombes. (Voir le rapport de M. Eug. Del Marmol sur les tumulus de Seron; voir aussi lîuH. de l'inst. arch. liéy., \ll, 2"26 et S(iq.) (') Inutile de répéter à peu prés la même chose pour les tumulus ou cimetières pareillumentfraiiks ou germaniques de Hanrêt, de Champion, de Friselsous Vedrin, deFlavion, de Samson sous Thon, etc. 185 l'ordre môme où ils ont été trouvés dans le cercubil et tel qu'il est indiqué pi. II, fig. E. I" Urne cinéraire, olla cineraria (pi. II, fig. 1). Nous l'avons trouvée, comme aussi la petite olla n° 10, brisée en un grand nombre de morceaux ; mais elle a pu être reconstituée. D'après ce que nous avonsdit de la composition du couvercle du cofîret de bois, cette partie, sous laquelle l'urne reposait, ainsi que celle du milieu, a pu être enfoncée par le bloc de terre ûéjh décrit, avec plus de violence, que celle le long des parois prê- tant plus de résistance. Cette urne en terre cuite jnnnâlre, d'une hauteur d'environ 0"\30, est un vase de forme large, ventrue, à large ouverture, muni d'un pied, mais sans anse ('). Elle porte des traces évidentes de dorure au mica (sorte de sable d'or), qui a résisté au temps, quoique disparaissant facilement étant mouillée ou frottée. Le haut de l'urne est orné de deux rangs de petits boutons ronds faisant fossettes h l'intérieur et cercle à l'extérieur. Le bas de la panse est entouré d'une bande formée par deux ou trois lignes parallèles. Ces lignes et les petites bosses sont aujourd'hui peu visibles ou presque effacées par le long usage (-). L'intérieur de ce vase est parsemé de petites taillades verticales et peu larges, disposées en losange, remplaçant vraisemblablement la granulation si commune à l'intérieur de tant d'autres vases. (1) « Chaque tombe, dit M. Van Bastelaer d'après ses observations faites au » cimetière de Strée et ailleurs (Bull, des corn. roij. d'art et d'arch., XV, 272\ se » composait généralement d'un vase cinéraire, ordinairement de grande dimension, » à large ouverture. Autour (ou à côté] de ce vase étaient entassés l'un à côté de » l'iiutre, ou parfois l'un dans Tautre, et sans ordre déterminé, des vases de toutes i> formes et des olijets de toute nature et de toute matière. » (2) <( n faut que l'on y fasse bien attention pour les apercevoir, » m'écrivit M. l'architecte Ed. Jamar. — Séparé des objets trouvés à Blehen depuis le (î octobre ■1874, date à laquelle ils ont été envoyésà Liège pour l'inauguration, au 12 octobre suivant, du Mmée de l'Institut arcli. tiéfieois, j'ai dû pour ces détails et d'autres encore, recourir à la grande obligeance de MM. mes honorés collègues le D"" Alexandre, l'architecte Jamar et le G'e G. de Looz, pour laquelle je leur exprimiî 'ci ma très-sincère reconnaissance. — 156 — Le couvercle de cette urne, aussi brisé, est d'une pâte noirâtre couverte d'une coiiClie blanchâtre. Mes fouilles dans laBortombe ( VNals-Beetz ) et dans les subslructions du Lazaret (Wals-We- zeren ) m'ont fourni des couvercles analogues. Le couvercle de Blehen présente cette paiiicuiaiité (juele bouton a cinq petits trous larges de la grosseur d'une épingle. Un sixième ti'ou, mal réussi, sort h l'extérieur par le bord du bouton. Ces trous, placés en croix, ont été destinés, sans doute, à permettre h la vapeur de se dégager pendant la cuisson des aliments, alors que cette urne cinéraire servait encore à cet usnge. W Une buire en bronze (pi. II, fig. l>), haute de 0'",iQ; sa panse, élevée de 0"',10, a 0"\16 de diamètre ; le col en est long de 0™,o, ayant un orifice de 0"',8 de diamètre. Cette buire, à forme élégante, à goulot rond, à panse basse et fortement bombée, mais dépourvue d'anse, se trouve beaucoup détériorée par suite de l'ébouiement et probablement de sa vétusté. Elle ressemble fort, moins l'anse cependant et quelques petits détails, à celle que j'ai trouvée h Fresin dans le tumuhis du milieu (M. (1) Voir le nippon de M. Scliuermans sur ces fouilles, pi. III, fig. 28. — Je me garderai hieu de nrer la moindre induction, soit quant à l'âge de ces tombes de Blehen el Fresin, soit quant à leur contemporanéilt^ de cette similitude de buire à buire, ni de certaine analogie entre la belle poterie samienne de la tombe de Blehen et celle de sa voisine la tombe Himava. Je laisse cela au nouveau système, lequel, par suite de celte « certaine similitude » ou de ces « quelques points d'analogie « entre tel ou tel objet d'une tt-mbe ou d'un cimetière avec ceux o'aulres, tend à les faire tous « bi(^n •■ el « incontestablement » romains dans le sens strict, el à les faire remonter aux deux premiers siècles de l'ère chrétienne, et cela nonobstant que telle ou telle tombe soit » indubtablemenl « franke ou germanique; que tel ou tel cimetière soit o parfaitement " reconnu comme n'ay: nt pas été établi par des Belgo- romains; ou malgré que tel ou tel vase étant « sans aucun doute » une contrefaçon ou étant grossièrement façonné et mal cuit, dénote un objet « absolument » frank ou germanique ou au moins une époque « entièrement » de décadence ou de la fin de l'empire. Tous ces termes guillenielés ici et ailleurs et d'autres alfirmations d'un suprôme superlatif, appartiennent à ce nouveau système. Bans des choses encore si imparfaitement connues, tout cela est. à mon avis, trop magistral et peu propre ;i faire avancer la science archéologique. — 157 — lll" Belle patère en terre samienne (pi. II, fig. 3, qui la représente à l'intérieur comme à l'extérieur). Elle est haute de A" et a 17"^ de diamètre. Ici, comme pour les autres poteries samiennes qui vont suivre, le centre du fond du vase à l'intérieur porte le sigle du potier : of vital. Ce beau vase, malgré son long séjour en terre, a conservé la fraîcheur de sa belle couleur rouge. Nous l'avons trouvé debout et intact près de la paroi ('). Li-'s patères étaient plu? pa'niculièrement employées pour faire de^ libations, lesquelles, dans les cérémonies funéraires, étaient faites, comme nous avons dit, en l'honneur des Mânes et comme pour les désaltérer ('^). lY" Petit vase noir ou pot a onguent (pi. II, fig. 4), haut d'environ 8% Ji large ouverture et panse très-anguleuse d'un dinmèire de 8% fait d'une pâte noire, très-fine et reluisante, ressemblant à de la corne, et d'une forme fort élégante, plus parfaite même que celle de son analogue que nous a fourni le lumulus de Wals-Beetz. La tombe de Braives a révélé un très- beau vase en tout semblable. Malheuieusement notre joli petit pot, si délicat, étyit brisé en plusieurs morceaux. Malgré de bien grandes difficultés, notre habile et obligeant confrère, M. le C"^ G. de Looz, est parvenu à le reconstituer, ainsi que trois autres objets en verre di»'^ 11, 12 et 13), h ma grande et très-reconnaissante satisfaction. V" Jatte ronde (patina) hilohée (pi. II, fig. 5), à profil rentrant. (') Sauf la grande patère n» 6. fendue par le milieu, mais facilement restaurée, tous les autres vases en terre samienne du tumulus de Blehen ont été trouvés debout et entiers, et ont conservé leur beau et premier lustre rouge : « Cette belle poterie " rouge, a dit M. Hagemans, Un cabinet d'ainateur, à couverte brillante, ayant la ') teinte et l'aspect de la cire à cacbeler, fut la porcelaine des Romains, et Samos » en fut le Sèvres. » Les poteries samiennes de Blehen sont plus belles que celles que mes fouilles ont révélées dans les tumulus de Frcsin et de Wals-Beelz (excepté pourtant, pour la liortouibe le n° 31, pi. V), et que celles qu'a fournies la tombe de Braives, dite d'Avenues. j"; " Aluutur umbrse nostris libationibus inferiisque ( offrandes \ quae sepulcris t inferuntur. » (LucAN., De luctn. t-f. ViRG., Aen.,^. 98.' - 158 — en fine terre samienne {terra samia) dans le même état de traî- cheur que le n» 3 précédent. Elle est haute de 0'",6 et d'un diamètre en largeur de 0", 12. La marque du fabricant de ce beau vase est l^okii (Frontiuus) avec lettres renversées. Vr Grande patère en terre samienne (pi. II, tig. 6) ('). Celte belle palère ne le cède à aucun autre pour la tinesse et la dureté de la pâte, la beauté et le brillant de la couverte. C'est proba- blement ]h de la véritable terre de Samos (■). On peut présumer que ce vase aura été importé d'Italie par la grande chaussée de Bavai à Tongres, dont Blehen n'est pas éloigné. Aussi, qu'on remarque la nature toute romaine des noms des sigles de Blehen. La patère de Blehen, haute de 6% a à fouverture un diamètre de 23'. Elle porte la marque du fabricant : of. vitalis. p. Les vases en terre samienne de la fabrique de Vitalis ont été répandus dans presque tous les pays de l'Europe. Cette maison, dont on a retrouvé des produits h Pompéï, paraît avoir eu une très-longue durée; la trouvaille de Ciney fait croire à une con- tinuation de fabrication encore sous l'empereur Héliogabale [t 218-222] ('). A l'époque de notre grande patère samienne, ( • ) Voir apud Schuermans des plateaux analogues provenant des substructions de la Villa du Rondenhnsch, sous Haiitheim-Sainl-Gerlach, pi. IV, fig. 40-4!2. (* ) Celte patère ayant é\(' brisée en deux fragments, l'intérieur de sa pâte a pu être examine, ce qui n'a pas eu lieu quant aux autres, qui ont été conservées intactes. ('') Schuermans, Sujles fujuims de Tomires^ etc., apud Bull, de la Soc. scient, et lut. du Liitib., tom. VIII, v'"' Vitalis. — Pour ne pas laisser tirer de celte trou- vaille de Ciney une conclusion absolue, l'aulcur cilé fait observer que « des produits >. du il*^ siècle ■> (par exemple ceux de la fabrique de Viialis) « ont pu, sinon rester » dans le commerce après la cessation de l'indiislrie, au moins survivre au fabri- » cant. » — M. le comte G. de Looz, de son côté, parlant du sigle Victor, potier qui passe pour avoir fabriqué sts produits dans le courant du second siècle, et peut- être même du premier, et dont la marque a été révélée par ses fouilles dans la villa rom. d'Embresin (/.'(///. des coin. roy. d'art et d'arch., XV, 265', croit qu' a il est « possible, probable même, que le nom de Victor a été porté par plusieurs indi- • vidus, même de lamilles dift'érentes. Cette circonstance nous empêche, dit-il, » d'attribuer tous les produits avec le nom de Victor au premier siècle, où des » industriels de ce nom ont laissé leur marque sur des objets en terre cuite et en bronze u Pompi'i pt a Ifercuianum, villes nnéanties en l'an 79 de l'ère chrétienne. » — 159 — deux fabriques, sous le nom de Vitalis, doivent avoir existé, l'une avec la marque du père : of. vitalis. p. (patris), et l'autre du fils : OF. VITALIS. I. (juiiioris). C'est ainsi que j'interprète le p. du sigle de Blehen, et i'i. du sigle trouvé sur un fragment de poterie samienne par M. Schuermans dans les substructions du Hemelryk à Wals-Beelz (voir son Rapport, p. 344) ; où il est dit, en outre {710t. 5), que le musée de M. de Meester de Ravenstein possède plusieurs sigles : of. vital. I., ce qui ne semble pas permettre de supposer que le /soit le jambage vertical du P dépourvu de son trait hémisphérique. M. Schuermans cite encore {Sigl. fig., 1. c), un autre sigle : vitalis. pp., que je ne peux comprendre, sinon comme troisième fabrique sous ce nom. Sur cette patère n° 6 sest trouvé un certain nombre d'osse- ments (de mouton? de lièvre? etc.), qui n'avaient pas subi l'action du feu du bûcher; qui, par conséquent, provenaient des viandes placées dans la fosse sépulcrale comme aliments des Mânes ('). La décomposition de ces chairs a laissé une tache dans le fond de ce vase. VIP Patère en terre samienne (pi. II, fig. 7), avec un brillant lustre rouge, en tout ressemblant à celle du n" 3, mais d'un centimètre plus étroite à l'orifice. Son sigle est : of. vita. VIII" Jatte en terre samienne de forme conique (pi. II, fig, 8). Son élévation est de 6 1/2% et elle a à l'orifice 14^ de diamètre. Sa brillante couverte rouge est la même que celle des poteries samiennes précédentes. Des jattes analogues ont été trouvées par M. Schuermans dans les substructions du Hemelryk (Wals- 1 Beetz), pi. V, fig. 11, et dans celles du Rondenbosch {Haulhem- [ Saint-Ger]:ich), pi. IV, fig. 43-47 {^). ! V) ■< Posito pascitur umbra cibo. » (OvlD., Fax t., 53,S.) (M II convifint de remarquer qu'à toutes les poteries samiennes de Blehen, sauf notre jatte n» 8, la tombe voisine de Braives a fourni des analogues, mais plus nomlifeuses, quoique d'un lustre plus terne. — 160 — Notre soucoupe est restée intacte, quoiqu'elle ait eu à sup- porter le poids assez lourd du bloc dont il a été parié. Son bord y a laissé une empreinte |)rofonde d'un centimètre. La marque du fabricant de ce vase est avost. L'Oest plus petit que les autres lettres. Ce sigle d'Avosius paraît être peu connu ou inédit. Je ne l'ai pas trouvé pnrmi ceux publiés par M. Schuermans, soit du Musée de Liège, soit de Tongres et de ses environs ( '). IX" Petite jatte en terre samienne, de lormi; cylindrique, évasée comme la précédente (pi. II, fig. 9). Elle n'a que 4*^ en élévation avec une ouverture de 8*^ en diamètre. Elle nous est parvenue intacte, quoique elle aussi ait eu à soutenir, peut-être pendant des siècles, le poids du même bloc, dans lequel elle a laissé une empreinte assez profonde. Elle n'a rien perdu, par son long séjour en terre, de sa belle couleur. Elle est de la tine terre de Samos au cliaud coloris rouge. Elle lessemble quelque peu à la petite jatte samienne trouvée dans la Bortombe de Wals-Beetz (fig. 31) et à la plus petite de celles de la tombe Hémava de Montenaken [fig. T''"] {'^); si elle n'est pas, comme celles-là, ornte de feuilles de lierre ou de lotus, elle porte, par contre, la marque de l'artiste qui l'a fabriquée, marque d^>nl les deux précédentes sont dépourvues Le sigle du potier est : of. PATRici, sigle déjà connu Tous les vases samiens énumérés jusqu'ici sont à bords verticaux, non plats, ni renversés. Les vases en poterie samienne étaient !)rineipalemHat destinés aux mets de la table (•'), et aussi aux sacrifices. Les vases de la tombe de Blebefi ayant été conservés intacts avec tout leur beau coloris primitif, l'opinion de M. Bron- (*) V. totn. VMl du liuU. de l'iml. arch. liécj.; — item lom. Vil! du Bull, de la Soc. scient, ellilt. du lAmlwunj. [*) Rapports de M. Sctiuc imaiib, lires à pari, pp. l.'iO et 199. (*) « Ast libi laela trahunl Samiœ convivia test». » Tibul., Il, H^ V, 49.) — 161 - gniart (*) doit être sans fondement, en supposant qu'on ne inetinit ces poteries daus les tombeaux qu'à l'état de fragments, parce qu'il ne les avait pas trouvées autrement; notre décou- verte de Blehen, aiii i que la belle jatte n° 31 de Wals-Beetz et le superbe service de la tombe Hémava, etc., prouvent surabon- damment le contraire. Les poteries de Blehen que nous avons trouvées debout à la place qu'elles avaient d'abord reçue, ne laissent apercevoir aucune trace d'avoir jamais rien contenu, (sauf toutefois la grande patère n'^6). C'est pourquoi elles semblent y avoir été déposées entièrement vides. Nous avons trouvé leur fond uniquement rempli de terre; mais à leur orifice, il y avait un mélange de terre et de cendres provenant probablement de la pourriture du bois du coffret de sépulture. On le voit, c'est la belle poterie samienne qui prévaut dans la tombe de Blehen, comme dans ses deux voisines, celles de Braiveset de Hémava; nous l'avons trouvée très-rare dans les tumulus de Fresin et de Wals-Beelz. Aucun de tous ces beaux objets en terre samienne de la tombe Hémava (Montenaken), richement ornés de la feuille de lierre, ne porte la marque de leur artiste ; mais la tombe de Blehen, (aussi celle de Braives), révèle autant de sigles que d'exemplaires. Le nom très-connu de Vitalis s'y trouve jusqu'à trois fois et de trois manières différentes. On peut, je crois, dire (jue la fabrication des belles poteries samiennes a eu une très-iongue durée, et que leur forme a moins varié que celle des objets en bronze ou en verre. X" Pot ou olla en terre cuite ordinaire, de couleur bleuâtre, à bord plat et de belle forme (pi. II, tig. 10). Sa hauteur est de 0"',i2 et le diamètre de son orifice est de 0'",18. Sortie du caveau et avant tout nettoiement, elle offrait son extérieur vers ( ') Traité des arts céramiques, p. 43'.', sqq. — Voir dans le même sens M. l'abbé Cochet, iVorm. soM/., VI, 83; el Publications de la Soc. d'arc h. de Maestricht, lu, 204. - 162 - le bas tout chargé d'une crasse noirâtre tort épaisse, signe évident que cette urne ou ollula avuit été au feu {'). Si nous l'avons trouvée à l'éiai de fragments, la cause en est la même que pour le n" 1. — Venons maintenant à nos trois objets en verre (*). XI» Un flacon en verre bleuâtre (pi. II, fig. il), mesurant 27' de haut avec une gronde panse ronde d'un diamètre de 17% ornée de stries ou côtes concentriques. Le col et l'anse de celte carafe sont démesurément longs (0"\'lS).Elle est munie d'un pied haut de 2 1/2 c. A ce genre de bouteille de forme et de goût mauvais ou exagérés, je ne connais pas d'analogue. XII" Verre ou goblet à boire ( pi. II, fig. 12), d'une hauteur de 0'",9 et d'une forme assez belle, peu ou point connue. XIII" Carafe ou flacon en verre bleuâtre (pi. II, tîg. 13). Elle est haute de O'^jSOeih panse conique et vilaine, panse mesurant 13'= de haut et 17« de large k la base, ornée verticalement de côtes en relief et munie d'un pied, haut de 5^ Ce flacon, de forme excentrique et de lrès-m;iuvais goiîl, marquant une époque de décadence, h col et anse excessifs, d'une longueur d'au moins 15 centimètres. La tombe de Wals-Beetz nous a fourni (pi. V, fig. 22), une bouteille semblable, un peu moins difforme cependant. La tombe de Braives, dite d'Avennes, en contenait quatre à panse moins large et à fond plat sans pied (^). En fait de difformité, certes celh'S-ci ne le cèdent en rien h leur analogue de Blehen. Comme ces trois objets en verre avaient été phicés au milieu du coffret tumulaire, ils ont eu le plus à souffrir de la chute (*) Les fouilles que le savanl pré.sident de la Société d'archéol. datii te Duché du Limb., M- Uabels, a faites dans le cimetière de Beryli-Terblyt, lui ont fourni des fragments dn plusieurs de ces urnes noircies par le feu et qu'il qualifie d'oUa ou de pot-a-feu. (Voir les Publications de celle Société, III, 191, 194, 198 et iOl.) ;*) Selon de Monlfaucon. le verre était commun chez les Romains, pour ce qui regarde les bouteilles, les coupes, les tasses ou petits plateaux. (» ) Bull, de l'imt. arcli. iiéy., XII, pi. VII, fig. 6 et 7. — 163 - des planches du couvercle à demi-consumées, poussées par le lourd poids du bloc que l'on connaît ; aussi étaient-ils brisés en nombreux et menus morceaux. C'est par le milieu, en efiei, que le couvercle a dû d'abord et le plus facilement céder, et moins facilement le long des parois, où les objets qui y étaient déposés ont été généralement conservés intacts ('). Virgile, parlant des funérailles d'Anchise, dit qu'Enée, se conformant à l'ancien Rituel funèbre des Romains, répandit sur la terre, en forme de libations, deux grands vases de vin pur, deux de lait nouveau et detix du sang des victimes (^). Ici, à Blehen, il y a quelque chose qui ressemble à cette cérémonie par les deux flacons, les deux ou trois patères, les deux ou trois jattes; mais ces objets ne sont pas exactement pairs, ni iden- tiques de forme et de grandeur ('). Le nombre des objets ana- logues, mais non identiques, a été bien plus grand, à Braives, en fait de poteries; à Fresin pour les fioles; à Wals-Beetz pour les plateaux. L'un des tumulus de Seron (Forville) a fourni jusqu'à 11 soucoupes de même forme. Il est permis, je pense, d'en conclure, qu'à l'époque de ces lombes, les rites funèbres étaient moins bien connus ou observés que du temps de Virgile, et qu'ainsi, avec le laps de temps, quelque sacrés qu'ils restassent aux yeux des familles, ils se modifièrent s'en allant successivement dans le vague et en partie dans l'oubli. C'est probablement dans le même sens d'altération des anciennes cérémonies funéraires, lesquelles, depuis bien long- (M C'est aussi vers le centre du caveau que les objets en verre se trouvaient à Braives, comme les fioles à Fresin et les beaux plateaux à Wals-Beetz, où, par une même cause, ces plateaux avaient été broyés et non, comme on aurait pu le croire, dévitrifiés. (*) « Hic duo rite mero libans carchesia Baccho » Fundit humi, duo lacté novo, duo sanguine sacro. » ViRG., Aen.^ V, 77. (') Cf. M. Van Bastelaer dans le Bull, des corn. roy. d'art e.i d'arch., XV, 272. — Comme pour la tombe de Blehen, on peut dire la même chose des objeis de la tombe de l'Empereur. [Bull, de l'imt. arch. liég., XII, 497, sqq. - 164 - temps, n'étaient plus que de simples habitudes devenues quelque peu arbitraires, étant dépourvues de règle ou de croynnce, — qu'il faut inlerpiêler le petit nombre de treize objeis seulement, assez précieux cependant et variés considérés en eux-mêmes, que renfermait le caveau de Blelien, tandis que d'autres tombes que j'ai visitées, celles de Fresin et de Wals- Beetz, tombes avec chambres sépulcrales h grandes dimensions, en contenaient de 40 à 50 < '). On ne peut, en effet, attiibuer cette notable diminution dans la vaisselle funéraire h une posi- tion présumée subalterne ou à une richesse limitée du défunt, car son tombeau apparent (le tumulus) est aussi beau, aussi grand que les autres; ni aux dimensions étroites de la fosse sépulcrale, car on avait la bêche pour l'élargir. Voici donc parmi les objets qu'on trouve souvent dans les tombeaux, ceux qui faisaient défaut à Blehen. D'abord, a. point de ces objets d'usage corporel qu'on enterrait avec le mort, comme lui ayant été consacrés pendant la vie, tels que bijoux ou coffrets à bijoux, perles, amulettes, styles, ornements de toilette, miroirs, aiguilles i\ cheveux, tessères de jeux ou dés, etc. Les sépultures de Braives et de l'Empereur (Moxhe) en étaient dépourvues pareillement; — b. ni lampe sépulcrale, comme il n'y en avait non plus dans la tombe de Celles, de VEmpereur, de Braives, où cependant il a été trouvé une espèce de lampadaire; mais les tumulus de //d'maw/, de Fresin, de Wals-Beetz, de Thisnes, etc. en ont révélé plusieurs; — c. ni enfin monnaie funéraire, ce que n'ont pas fourni non plus les tombes de VEmpereur, de Vaux, de Celles, de Héron, ni les petites fosses des trois tumulus de Seron (^) ; mnis les tumulus ( ') Le tumulus de Braives, dont le caveau n'était profond que de 70 c, renfer- mait un pareil nombre ; mais celui de Saventhem, malgré sa belle chambre mor- tuaire maçonnt'e et son préoieux sarcophage, n'en a fourni que onze; et quant aux deux lombes dont il a été parlé d'après Caillot, l'une en renfermait 2'2 a 24, et l'autre treize seulement. ') Les 12 pièces de monnaies trouvées dans le tumulus de Corlil-Noirmont — 465 — de Hémava, de Fresin, de Wals-Beetz, de Thisnes, de Braives, etc. en contenaient. Le défunt, dont ce grand tertre ou tombeau apparent rappelle et honore la mémoire depuis tant de siècles, devait avoir eu, comme c'est à présumer, son séjour dans les environs de Blehen. Mais à Blehen même, on ne trouve pas de trace d'une villa romaine; il n'y a pas même de ruisseau {*). C'est pourquoi je suis assez porté à mettre la tombe de Blehen en relation avec la villa belgo-romaine de Bertrée, explorée par l'auteur de ce rapport en 1872 {^). Vî. Après la demeure, on peut demander à quel peuple le défunt de Blehen appartenait : s'il était pur Romain, ou Belgo- romain ou enfin Franco-romain (tous sujets de l'empire), termes qui s'éclairciront en indiquant rapidement ceux qui cultivèrent portaient des traces de combustion. (Bull, àes com. roy. d'an et d'arch.,W\\, 452. I — Voici quelques cimetières Germano- ( ou Franco)- Belges ou Romains de l'époque de la crémation, qui n'ont révélé aucune monnaie : le Tombeux (Avernas- le-Bauduin); le //ae/wèerj/ (Wals-Wezeren) ; celui de Grez-Doiceau, près de Bonlez, pays de Wavre; et celui d'Elewyt, c'est-à-dire cette partie de l'ancien cimetière belgo romain que les Germano-Belges ont continuée, (/l?ina/. de l'Acad. d'arch. de Betg-, 2» série, tora. IX, 783) : « Cet établissement d'Elewyt, dit M. Van Dessel, » qui l'a exploré (i7»irf., X, 525), était en communication directe avec la Hesbsye » et la Germanie, car on ne doit pas perdre de vue qu'une voie romaine allait de i> Louvain à Tirlemont, et de cette ville à Tongres par St-Trond. Celte voie ne » peut être que la continuation de la chaussée romaine d'Elevi'yt à Louvain. » — Parmi les cimetières franks de l'époque d'inhumation, aussi dépourvus de monnaies, on peut indiquer les suivants, déjà cités : ceux de Jauche; d'Erabresinaux ; de Fall-Mheer; de Sluse, d'Angleur, etc. (• ) Il y a derrière l'église de Blehen une petite campagne élevée qui fait pente vers le Sud-Est. Un jour, j'y ai trouvé, dans le sentier, un fragment de tuile à rebord, passant par là en 1872-73 pour faire visite à la tombe de Braives. Mais toute inspection ultérieure de ce plateau a été infructueuse. — Quant à l'absence de ruisseau, un renseignement, communiqué récemment par M. le curé de l'endroit, contient : « Que là réellement, au-dessus de Lens, se trouvait autrefois une source » qui coulait continuellement, mais faiblement, en traversant Lens ; mais qu'à la » suite du tremblement de terre de 1828, celte source a complètement cessé de " couler. » C) Bulletin rie l'Institut archéologique liégeois, XII. — 166 - le sol de l'empire romain en Belgique à dater de la conquête par Jules César jusqu'à rinvasion générale des barbares en 407. Après la conquête, César confirma les Gaulois, y compris les Belges, dans leur antique liberté (pas indépendance), et leur conserva leurs lois et leur gouvernement national (Caîs., B. G., I, 45). Lors donc que César quitta les Gaules, les Belges, c'est- à-dire les Nerviens et les Tréviriens, — car les Atuatiques et les Eburons avaient cessé d'exister, — obtenaient le titre de peuples libres [liberi, fœderali), c'est-à-dire qu'ils gardaient leurs chefs nationaux et leurs antiques lois ou constitutions, tout en reconnaissant les Romains pour leurs maîtres et souve- rains, et à la seule condition de veiller à la défense de la fron- tière septentrionale do l'empire et de servir dans les armées romaines comme troupes auxiliaires. L'empereur Auguste leur conserva ces mêmes prérogatives ('); et en transférant, dans les déserts de la Belgique, les Tongrois, les Toxandres, les Béthasiens et les Suniques, il paraît leur avoir octroyé les mêmes privilèges qu'aux anciens habitants, en leur imposant les mêmes devoirs et obligations. Aussi Tacite nous dit-il que dans la guerre ou insurrection desBataves contrôles Romains, sous l'empereur Vespasien (an. 74), les Béthasiens, les Tongrois et h'S Nerviens se trouvent d'abord dans l'armée de Claudius Lalieo et qu'ils finirent par prendre le parti de Civilis, qui était déjà à la tête des Bataves, des Tréviriens et des Suniques (*). (') « Augustus intur subditos provincias ex more Komanorum ordinavil ; /œde/a/os conlra palriis semper legibus suis gubernari jussit. » ( Dio Cass., IV.; (*i ScHAYES, La Belgique, II, ch. IV. — De ces Béthasiens, plusieurs oni servi dans les It'gions romaines en Angleterre. On y a retrouvé des rescrits de Trajan et d'Hadrien (commencement du II'' siécio , licenciant des vétérans Béthasiens. Un souvenir du séjour des anciens Béthasiens se retrouve dans le nom des villages de Geeis-lletz, de Belecoin et de IVuls-Beeiz, prés de Moiitenaken : < Deiliasii, dit » MvcuEnws, Betfiium Ri>ni.. V, C. XIV, 184, Tungris proximi, ad Demerae fluminis » ripam auslralem sinislramque jacehanl, prope vicum Ueis, Belhasios noraine rel'e- • rcnlem, inde versus Lovanium Nivellasijue porrecli ; fere ubi sub Julio Caesare ' Advaiici, Nerviis confines. ■• - 167 — Outre plusieurs chefs civils et militaires, il y avait, dans le pays, à côté de nos Germano-Belges, aussi appelés Belgo- Romains, parce qu'ils ont été à peu près entièrement roman/ses, d'autres vrais Romains, en assez grand nombre, du moins dans les deux premiers siècles depuis la conquête, savoir les pré- posés des impôts, habitants, peut-on croire, de nos villas romaines, qui importaient avec eux en Belgique leurs mœurs, leurs usages et leur luxe ('). Les anciens Germano-Belges, avons-nous dit, furent presque lout-à-fait romanisés. En etfet, après la conquête, pour faire perdre h leurs nouveaux sujets le souvenir de leur ancienne indépendance, les Romains travaillèrent à efïacer les traces de la nationalité celtique ou germaine, en substituant ù la langue, au culte et aux usriges du pays, la langue, le culte et les u?ages de Rome. Les eftbrts tentés par Auguste, Tibère, Claude et par leurs successeurs paraissent avoir été couronnés d'un grand succès. Mais un tel résultat n'a pas été obtenu quant aux nou- velles colonies germaniques, admises dans le pays, vers la fin du IIP et au IV'' siècle, pour cultiver les divers endroits que, profitant de la décadence de l'empireà cette époque, elles-mêmes avaient rendus déserts par leurs fréquentes invasions accom- pagnées d'immenses dévastations. Ce fut ainsi que vers l'an 277, l'empereur Probus transféra dans les Gaules une multitude de Francs, prisonniers de guerre (^). (*) « Les places des finances, la ferme des impôts, dit Franz de Charapagny, Les Césars, I, 30, édil. Loiiv. ), engraissaient (sous les l"""* Césars) bien des for- tunes des chevaliers (nouvelle aristocratie). Ces publicains, comme on les appelait, formés en compagnies comniprciaies,... répandus par tout l'empire, espioitant toutes les procnices, correspondaient par un service de postes, organisé par eux seuls, de l'Orient à rOccident, de l'Asie en Espagne. Leur cenn-e était à Rome ; toutes ces sociétés y avaient leur représentant. » ") « Avanliir galllcana rura bobus barbaris, » écrivait Probus au Sénat, parlant de cet évcnem.'nt, « et juga germanica captiva prsebent nosiris colla cultoribus ; » pascuntur ad nostrum aliraonium gentium pecora diversarum. » (Vopisc. in Probo, 15 ) — 168 - 14 ans après, Maximien donna à une autre colonie de Francs une partie des terres incultes des Tréviriens et desNei'viens(*). Constance-Chlore agit de même à l'égard des Cauques et des Frisons après avoir reconquis la Batavie qu'ils avaient envahie ( -). Ces colonies germaniques, fixées en Belgique, gardèrent leurs lois et coutumes avec leurs princes nationaux sous les formes extérieures de l'administration provinciale que les Romains avaient établie sur la Gaule entière ('). Leurs mœurs et usages, leur langue et leur culte furent maintenus h peu près sans alté- ration jusqu'à la fm delà domination romaine. Elles vivaient (') « Tuo, Maximlane Auguste, nutu Nerviorum (entendez ceux du Hainaut, d'Alost et de Bruxelles i et Trevirorum ara jacenlia lœlus postliminio restitulus et receptus Francus excoluit. » {Eumen.^ in fine Pa)ie écrivait Julien. — Qu'il me soit permis d'ajouter comme échantillon des dévastations exercées, dans le IV» siècle, par les Germains d'Outre-Rhin dans les Gaules et la Belgique, ce que rapportait Julien {Orat. I), se trouvant sur les lieux : « Jam imunnera Germanorum multitudo circum eversa per Gallias oppida commorabatur. Quorum numerus oppidorum ad 45 pervenerat, burgis et castellis minoribus oraissis. Agri vero quem cis Rhenum oblinebant barbari, lanlumerat spatium, quantum a fonlibus illius ad Oceanuni usque porrigilur. Poslremi autem illorum, a finibus noslris cilimi (fort voisins de tious), Irecentis a Rheni ripa stadiis distabant. Sed triplo adhuc amplior regio populationibus illorum et excursionibus vasta erat et inculta : ubi ne pascendi quidem poteslas Gallis fieret. Erant et urbes aliquot oppidariis vacuse, etsi nondura vicinos haberent barbaros. » (') Schayes, Hist. de l'arch. en Belg., 1, 11 et 18 ; — La Belgique, 1, 118 sqq.; 299 sqq.; 11,135. (*) Van Hasselt, Hist. des Belg., II, 57. - 170 — et bon nombre d'autres tumulus et cimetières dans la province de Namur, de l'époque de la crémation, ils proviennent, selon nous, des Germano-(ou Franco- ) Belges, peu romanisés, n'ayant été admis dans l'empire que depuis la fia du III" ou au IV<^ siècle ('). Et pour ce qui regarde les petites tombes de la Campine,de Grez-Doiceau,etc., aussi de l'époque d'incinération, tombes qui n'ont pas plus d'un mètre d'élévation et contiennent des poteries de facture grossière et de cuisson imparfaite, nous les attribuons aux Germano- (ou Franco-) Belges qui, de leur propre autorité (prœlicenler), ont pris possession d'une partie du pays au IV« siècle. Mais les cimetières de la période d'inhu- mation, comme sont ceux de Jauche, d'Embresinaux, de Sluse, de Fall-Mheer, d'Angleur, de Bas-Oha, etc. proviennent des Franks, maîtres définitifs du pays depuis la chute de l'empire romain en Belgique [t circa 450]. VII. Quel est l'âge delà tombe de Blehen? Il y en a qui font de grands efforts, on ne sait trop pourquoi, (' ) On lit dans le Bull, des corn. roy. d'art et d'arch., XV, 237, que « les envi- rons de Hannutet de Landen recèlent de nombreux cimetières de l'époque franke. » Dans le canton de Landen, l'auteur cite le Tombeux d'Avernas-le-Bauduin et le Haemberg Wezeren), cimetières que j'ai explorés en 1863-64. D'après lui, ces cimetières contiennent o des sépultures j/uToi'nfgienHes (!), c'est-à dire postérieures à la fin du V« siècle ; mais il oublie qu'ils sont de l'époque de la crémation. Ailleurs, Bull, de l'Iiisi. arch. tiég., XII, 205, grâce à son nouveau système de « similitude » entre vases et vases, par exemple, entre l'un des vases de la tombe d'Avennes (Braives) et un autre du cimetière du Haemherg, il dit que ce cimetière « est bien romain, » « ce qui, ajoute-t-il, avait pu être révoqué en doute à cause d'une certaine apparence franke de quelques (?) vases qui y ont été découverts. » — Oui, dans le sens large, il est romain, comme aussi le Tombeux, p:irce qu'ils ont été établis sur le sol et sous la domination de l'empire romain ; mais dans le sens propre, ayant appartenu à des Germano- (ou Franco-) Beiges, admis dans l'empire k la fin du lil» ou au IV» siècle (a), ils sont « indubitablement » franks, comme leur mobilier funéraire le prouve à l'évidence. (Voir aussi les rapports de M. Schuermans sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 239 et 417 des tirés à part.) (Il) « Les Franks, dit M. Van Hastelaer, Ann. de l'Acud. d'arch. de lielg., X, iCS, l'-taient établi» dans l'Kntre-Samliru-et-Msuse >> (ajoute?, et au-dessus de Namur, duu» le canton Dliuy, et puis dans les canton» d'Avenne-s et de Landen) «longtemps .Tvant leur touquéto et eu paix avec les iodigènes. • 171 ni pour quelle utilité, afin de ramener, au moyen des monnaies antiques et des poteries fines, surtout les samienues, tous noâ tumulus, toutes nos villas, ainsi que nos cimetières romaine, aux deux premiers siècles de notre ère. N'en faisait-on donc plus de tumulus au IIP et IV'' siècle? Ne conslruisait-On plus alors de villas? N'éiablissait-ou plus de cimetières? Ou bien quand donc nous sera-t-il donné de retrouver les lieux de séjour et d'enterrement de ceux qui vivaient alors? Il n'est donc pas sans quelque importance de rechercher, si et jusqu'où les monnaies du haut empire et les poteries ont une valeur probante h cet égard. Commençons par les poteries. Des vases munis du même sigle, trouvés dans les endroits bu pays les plus éloignés les uns des autres, prouvent l'extension commerciale que les fabricants d'Italie (ou des Gaules) savaient donner aux produits de leurs établissements par le colportage des marchands ambulants. Aussi Pline nous dit-il que, de son temps (au !*'■ siècle), les grands fabricants de poteries faites au tour exportaient leurs produits de tous côtés par terre et par mer ('). C'est pourquoi des découvertes fréquentes de monnaies, de vases, d'armes et d'autres objets de provenance romaine se font jusque dans les parties les plus reculées de la Germanie, où ne pénétrèrent jamais les légions C). Nousavons déjà dit que la fabrication de la poterie fine, surtout de la samienne, a eu une très-longue durée ( '). En tout cas, la (^) Pline, XXXV, 46 : « Hsec per maria lerrasque ultro citroqiie porlantur, » insignibus rotse oHicinis. » (') SCHAYES, La Belg., Il, 6, note 6; et SCHUERMANs, Rapport sur les fouilles de Fresin, pag. 72. — « Est videre apud illos (les Germains d'Outre-Rhin, non soumis), » argentea vasa, legatis et principibus eorum muneri data..... proximi, ob usum « coramerciorura, formas quasdam nostrse pecuniae agnoscunt atque eligunt. » (Tacit., m. g., § s, fin du i^' et commencement du 11* siècle. ) ( ' ) Le bon sens permet-il, en effet, d'admettre que tous ces potiers, connus déjà par un nombre si grand de sigles et que bien d'autres encore feront connaître, aient tous appartenu aux deux premiers siècles du haut empire ? — 172 — longue conservation de ces poteries dans les familles n'est pas douteuse, à peu près comme de nos temps, y sont conservées ou avidement recherchées les porcelaines chinoises, de la Saxe ou de Sèvres. On a trouvé, en effet, les poteries fines, les samiennes, dans l'établissement de Jupille à côté de certaines poteries noires à ornements blancs et des monnaies de Gordien (t237). Ce qui semble les faire durer jusqu'à la fin du IIP siècle { ' ). C'est vers cette époque ou postérieurement que nous croyons qu'ont été érigées la tombe de Blehen et aussi celle de Braives, renfermant de nombreuses poteries samiennes à côté d'autres vases mal faits ou de mauvais goût. En outre, le tom- beau frank en pierres maçonnées trouvé, en 1868, à Fall-Mheer contenait, à côté du squelette, « un mobilier purement romain (^). » De même dans l'antique cimetière de Strée, « mi-franc, mi- romain, » M. Van Bastelaer a trouvé, dans certaines sépultures, « réunies la hache du Franc et la poterie romaine ( ^). » Vers le temps, où de nombreux Francs furent admis dans notre pays comme sujets romains, une contrefaçon de la poterie samienne est apparue en Belgique. C'est ainsi que la poterie samienne du tumulus de Corlil-Noirmoîit n'avait pas la belle couleur rouge lustrée qu'on lui connaît généralement. « Elle est, dit M. Van Dessel dans son rapport, pâle et s'enlève par le simple frottement (*). » C'est ainsi aussi que nous avons trouvé dans le cimetière du Haemberg (Wezeren) a une sorte de bol (pi. IV, fig. 26), en poterie rouge, revêtue d'ornements en relief et d'un vernis à l'instar de la poterie samienne, mais (•) Bull, de Vlmt.arch.hég.,\\, 49S. (*) liull. de la Soc. scient, et lut. de Limb., IX, 319. (*) Annal, de l'Acad. d'arch. de Bely., X, 468. Mais « on sait, a-t-on dit, que les Francs qui ont succédé aux Romains dans la conquête de notre sol, se sont encore pendant longtemps servi des objets i vases, poteries, monnaies) délaissés par ces derniers. » S'ils ont été c/é/am-^s, ils devaient encore exister (Cf. Bull, de l'Insi. arch.Uég., XII, 218). l*; Bullel. des corn. roy. d'art et d'arch., XIII, 456. - 173 — n'adhérant pas la pâte. Ce dernier objet, ajoute M. Schuermans, reporte le cimetière du Haemberg à l'ère romaine, mais à la décadence ('). » Alors pareillement s'est révélée une autre espèce de poterie, savoir «poterie grossière à peine cuite, poterie s'émiettantdans les doigts et n'ayant pas du tout les caractères de la poterie romaine. » C'est ainsi que M. Schuermans décrit un vase que nous ont fourni, en 1864, nos fouilles dans la tombe de Middel- winde (^). Tels étaient aussi, en général, les vases trouvés, en 1863, dans le cimetière frank du Haemberg (de l'époque de la crémation) : «vases d'une terre grossière de couleur rose, grise ou noirâtre, et non ou à peine façonnés au tour, » lesquels, selon M. Schuermans, semblent avoir été cuits surplace ou dans le voisinage'i^). » Un pareil vase a été trouvé au fond de la cave de la villa du Rondenbosck, « vase en terre grossière, à peine cuite » et qui « s'est pour ainsi'dire émietté dans les mains des inventeurs « au point « qu'à peine un tesson en a pu être des- siné. » Ce vase, ainsi qu'un autre, « à dessins en hachures qui ne paraissent pas romains, » prouvent que cet établissement appartient « à une époque plus récente (*). » Je citerai encore a. deux vases « en terre très-commune, peu cuite et excessive- ment friable » trouvés, 'du reste, dans la tombe germanique de l'Empereur, tombe de l'époque de la crémation et faite dans les (* ) Rapports sur nos fouilles en Hesbaye, p. 24i des tirés à part. ^^ (*) Schuermans, Rapports sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 220 (pi. III,fig.i4). « Mais pouvant être, ajoute-t-il, tout simplement un \Sise fait sur les lieux mêmes. » (') Ibid., p. 241. — Ces vases indiquent que ce cimetière de l'époque romaine doit être rapporté vers le déclin de l'empire, ce que confirment et la monnaie de Tetricus (f 268), trouvée dans les substructions voisines da Lazaret {ibid., p. 242), et les tuiles difformes et mal cuites de cet établissement, semblables à celles de la villa du Kloosterhof (Neerlanden) et à une partie de celles de la villa de Bertrée. « Aux temps plus récents, dit M. Schuermans {ibid., p. 417), appartiennent les » poteries (frankes?) du Tombeux d'Avernas-le-Bauduin et les poteries (delà » décadence?) du cimetière du Haemberg (Wezeren). » (*) Schuermans, Rapport (tiré à part), pag. 482-83, pi. V, fig. 41, et pi. VI, fig. 42. — 174 - temps postérieurs de l'empire ('). b. Les fragments d'une urne « de facture grossière et de cuisson imparfaite » trouvée dans le cimetière Germano-Belge de Grez-Doiceau (-). c. Enfin, quant au cimetière d'Elewyt mi-franc, mi-romain, M. VanDessel cite, pour la partie « Germano-Belge » : « deux jattes en terre gri- » sâtie, grossièrement façonnées et à peine cuites comuie seuls » objets intacts qu'on ait pu recueillir dans ce cimetière Ger- » mano-Belge. » D'après lui, « le nombre d'urnes ensevelies » dans ce terrain devait cependant être considérable, et nous M ne pensons pas, dit-il, nousécarter de la vérité en évaluant ce » nombre à plus de deux cents. Malheureusement, ajoute-t-il, » dès qu'on voulait les enlever, elles s'émiettaient dans les » mains; souvent même elles étaient déjà réduites en poussières » avant que la bêche de l'ouvrier les atteignît, et on ne recon- » naissait l'endroit, où elles avaient été i)lacées, qu'à un amas » de terre noire mêlée d'ossements calcinés et de cendres de » bois ( ^ ) . )) De ce qui précède, c'est-à-dire de la longue durée, si pas ( ' ) Bull, de ilnst. arch. liég., XII, 498. — Les vases funèbres de cette tombe, entre autres, prouvent que les nouveaux Germano-Belges, comme les anciens, faisaient provision, auprès des marchands ambulants, de la poterie romaine, tant de la fine que de toute autre. (* ) Bull, des corn. roij. d'art et d'arch., XIII, 170. (') Bull, de l'Acad. d'arch. de Belgique, IX, 783. — On a dernièrement fait de vains efforts pour faire passer cette poterie grossière et mal cuite pour de la poterie « parfaitement » romaine i !) en prétendant « que l'on ne doit plus rapporter cette » poterie exclusivement aux populations germaniques, » parce que, dit-on, « toute la poterie romaine, pas plus que la notre, n'dt-'itde la poterie fine. » [Bullei. de l'Inst. arch. liég., XIF, 505.) En vérité, les Romains faisaient aussi de la grosse poterie, ayant même des parois épaisses de 2 c, par exemple, les doHa, mais elle était faite au tour et fort bien cuite ; ils ne faisaient pas de la poterie grossière sémiettant dans les doigts. — On réplique « qu'il ne paraît pas bien démontré, en » ce qui concerne la poterie grossière, que {a fragilité de sa nature et Yimpcrfection » de sa fabrication doivent la faire considérer comme n'étant pas romaine » (ibid., pag. 392). Voilà du neuf (!), mais, je pense, anti-archéologique, et contraire à ce qui est communément admis. Pour nous donc, ces poteries grossières sont le produit des Germains ou des Franks successivement admis dans l'empire à dater de la dernière moitié du Ille siècle et vivant dans le pays parmi ou à côté des anciens Germano-Belges romanisés ; ou, si l'on veut, elles proviennent des Franks établis prœlicenier dans la Toxandrie, au IV« siècle. 175 toujours de la fabrication, du moins de la conservation dans les familles et le commerce de la belle poterie romaine, il résulte clairement, je pense, que cette poterie, trouvée dans un tumulus ou un établissement (villa ou cimetière) belgo-romain, même sans mélange de tout autre produit qu'on doit regarder comme étant de la décadence, permet à peine une faible présomption en faveur d'une haute antiquité, mais certes ne la prouve aucunement. Si, d'autre part, cette belle poterie romaine, de forme harmonieuse et artistique, se trouve à côté d'autres objets de forme peu symétrique, excessive ou excentrique, c'est-à-dire de l'époque de la décadence, postérieure aux deux premiers siècles de notre ère, ou se trouve ensemble avec une poterie grossière et mal cuite, produit exclusif de certaines colonies admises dans l'empire postérieurement (pas avant la fin du III* siècle), alors, au point de vue d'indiquer l'âge, les beaux objets sont dépourvus de toute force probante, laquelle, dans ce cas, est exclusivement réservée aux objets difformes dénotant la décadence, ou à ces objets grossiers produits par les Germano- Belges, de sorte que le tumulus ou l'établissement, où ils se trouvent, ne seront pas antérieurs à l'époque de la fabrication de ces derniers objets. C'est ainsi que, quant à la tombe de Blehen, malgré toutes les autres belles poteries, surtout en terre samienne, les deux flacons en verre à panse et col déme- surés (pi. II, fig. 11 et 13), mais moins laids pourtant que les deux bouteilles ou flacons delà tombe de Braives (pi. VII, fig. 6 et 7), prouvent seuls, en dehors de plusieurs autres indices, déjà annotés, que cette tombe est postérieure aux deux premiers siècles. C'est ainsi aussi qu'un flacon semblable, de même que deux buires de la Bortombe de Wals-Beeiz (pi. III, fig. 5 et 6 et pi. V, fig. 22), empêchent tant d'autres beaux objets, en compagnie desquels ils se sont trouvés, de la faire remonter à une assez haute antiquité, par exemple, à celle que paraissent avoir les tombes de Hémava, de Fresin et d'Omal (*). (•) « Le dépôt funéraire de Wals-Beelz, observe fort bien M. Schuormans dans 176 Ce serait donc, comme je l'ai déjà dit, de ma part, de la peine perdue, si, m'appuyant uniquement sur les beaux objets trouvés dans le tumulus de Blehen et sans prendre en considération les autres assez difformes, je voulais un peu prétentieusement m'efforcer, au moyen de « certains indices et de différents points d'analogie avec les tombes déjà explorées » (par exemple, celles que je viens de citer), à « en faire remonter la construction (et cela d'une manière presque certaine) h la fin du premier siècle ou, plus probablement, au commencement du second siècle de l'ère chrétienne. » J'arrive aux monnaies. D'abord, pojr ce qui regarde les monnaies de sépulture, il existe une hypothèse très-hasardée, d'après laquelle il faudrait considérer le dépôt dans les tombeaux de deux monnaies, sur- tout si elles portent l'effigie du même empereur « comme en déterminant la date réelle, » de sorte que « le placement de ces pièces serait un fait aussi intentionnel que le scellement de médailles dans la première pierre de nos édifices ('). » D'après celte opinion, « les Romains ne mettaient dans les urnes » sépulcrales que des monnaies récentes et ayant cours (-), » ce que les faits contredisent partout. C'est pourquoi M. Schuer- » sonrapport sur ces fouilles, pag. 175 des tirés à p'irl, indique déjà une déca- • dence relative : plus de ces objets essentiellement artistiques comme ceux des » Drijtommen (Fresin) et en fait de buires de bronze (ajoutez e< de flacon), des » formes moins pures et très-exagérées, soit en longueur, soit en largeur; enfin » des ornements moulés, au lieu de fines ciselures. » — De même, pour ce qui regarde les villas belgo-romaines du Lazaret (W'ezeren) et de Bertrée, sans égard pour leurs belles tuiles, ce sont celles qui étaient difformes et mal cuites, semblables à celles de la villa du Kloosterhof (Neerlanden) que nous avons fait valoir pour indiquer l'extension de leur durée. (') Telle est l'opinion de M. de la Saussaye apud Cochet, Norm. sout., p. 80, partagée plus ou moins par M. Schuermans, dans ses Rapports sur nos fouilles dans les Drijtommen de Fresin, p. 70 ; et dans la Bortombe de Wals-Beetz, p. 174 ; et dans ses Menues inscriptions du Musée de Liège (Bu//, de l'inst. arch. liégeois, IX, 397). (*) Publical. de la Soc. arch. de Maestricht, III, 206. - 177 — mans veut bien ajouter (') que « même pour les monnaies » sépulcrales proprement dites, le système de M. de la Saussaye » n'est encore, jusqu'à présent, qu'une hypothèsenon démontrée. » Non, ce ne fut pas pour marquer l'époque de la sépulture que les païens, ni les chrétiens, déposaient des monnaies dans les tombeaux ; aucun témoignage ancien ne peut être allégué en preuve d'une telle intention. Pour indiquer, en effet, la date de l'enterrement, du décès et l'âge du défunt, les Romains élevaient ordinairement sur les tombeaux ou sur le sommet de leurs tumulus des stèles ou cippes (Tituli), portant sur la face anté- rieure une inscription rappelant, entre autres, le nom et l'âge du défunt et l'année de sa mort ou de sa sépulture par l'année consulaire C^). De même, les chrétiens de la période des cata- combes traçaient généralement sur les tablettes de marbre ou les briques, avec lesquelles on fermait, après la déposition du cadavre, les loculi de la sépulture, « le nom du défunt, son âge, le jour de sa déposition, etc. (^). » Les ouvrages, traitant des antiquités païennes ou chrétiennes, sont pleins de ces inscrip- tions, dont l'étude est si importante pour l'histoire (''). Et à quoi aurait servi de marquer la date à l'intérieur des sépultures ? double emploi d'autant plus inutile que, chez les païens, les tombeaux étaient considérés en droit, et ceux (1) Bull, de rinsl. arch. liég., IX, 397. (•) A. RiCH, Dict. des antiq. rom., y^o Tumulus ; — SCHAYES, Hist. de l'arch. en Belg., I, 77. (*) L'abbé Martigny, Dict. des antiq. chrét., v'^o Sépultures, n» II. (*) Voici, entre raille, l'une de ces épitaphes païennes, auxquelles celles des chrétiens ressemblaient pour le fond : D. M. DUDUMENO AUG. L. PRiEPOSlT. Ordenato. ULTRO A Divo. Tito VI II. cos. EXCESSIT un. Idus. septemb. VixiT ANN. etc. etc. — 178 — scellés par de grands tertres, même en fait, comme étant éter- nellement inviolables ( ' )^ et chez les chrétiens, comme ne devant jamais s'ouvrir qu'au grand et dernier jour à l'appel de Celui qui n'avait pas besoin que la date Lui en fût marquée par des monnaies. J'ai dit que les faits sont en opposition avec le système de M. de la Saussaye. C'est, d'abord, le grand nombre de monnaies qu'on trouve dans le même tombeau ; et puis, parce que géné- ralement on n'y trouve les monnaies qu'à l'état fruste. Citons des exemples en commençant par le nombre. Le tumuhis des Wals-Beetz en contenait quatre, et autant celui de Thisnes; —il y en avait six dans le tumulus de Saven- ihem : « numismata sex in septima urnula deposita; » — la tombe de Hun, dont parle Galliot déjà cité, renfermait «/^/msî^mj's médailles de cuivre, dont quelques-unes portaient l'effigie de l'empereur Néron; » — celle d'Andenne (ibid.) a une grande quantité de médailles d'argent et de bronze, sur une partie des- quelles étaient gravées les effigies des empereurs Vespasien et de ses deux fils Titus et Domitien. » — D'après le rapport de M. Van Dessel, le tumulus de Cortil-Noirmont, exploré en 1874, en contenait douze pièces de monnaies, etc. — Pour ce qui regarde les catacombes, Marangoni en mentionne un grand nombre, notamment de Marc-Aurèie, dans le tombeau d'un martyr anonyme, et deDiocléliendans celui du pape S.Caïus(-) Buonarruoti assure que dans un seul tombeau du cimetière de Sainte-Agnès, il observa des médailles, au nombre de dix et plus, d'empereurs différents et de temps très-éloignés (•"'). {') « Fori bustive seterna autoritas esto, «disent les lois des XII Tables. — Voir aussi Cod. Justinian., 1. IX, lit. XIX, lig. 1. — Si, quoique assez lard, on a parfois rais des monnaies sous la première pierre des édifiées ecclésiastiques et civils pour en maniuer la date, c'est qu'on savait bien qu'un jour ils devraient être reconstruits. (*) Act. S. F., p. 84, 111, m, et Cose ijeniil., p. 382 et sqq., ap. Martigny, Pictionn., v'"» Sépult. (■') Vetri Prefaz., p. XI. 179 «Sans aucun doute,» le giand nombre de monnaies trouvées dans un même tombeau indique une tout autre intention que celle de vouloir marquer l'époque de la sépulture. Et quand on n'y en trouverait que deux médailles du même empereur ou de deux empereurs différents, pourquoi, on le demande, ce cas de deux aurait-il le privilège de prouver un dépôt intentionnel à cette fin? Rien ne peut, selon nous, être allégué en faveur de cette assertion, qu'une pure conjecture ('), Quant aux monnaies frustes déposées dans les fosses sépul- crales des tumulus ou des anciens cimetières, ce sont celles-là qu'on rencontre le plus ordinairement. Voici quelques exemples. Ainsi des deux monnaies de la tombe llémava, celle de Galba était presque entièrement effacée ou fort usée; — de même, des deux médailles trouvées dans le tumulus du milieu de Fresin, l'une était fruste au revers et l'autre l'était ii peu près entière- ment. Quant à la Bortombe de Wals-Beetz, une seule des quatre monnaies n'était pas fruste ; — parmi les douze pièces de mon- naies du (umulus à Cortil-Noirmont,c.deux étaient frustes (^);» — le revers du seul Vespasien, trouvé dans la tombe deBraives, était fruste. Dans le cimetière germano-belge de Bergh-Terblyt, l'unique Trajan qu'on y ait trouvé, je crois, était « très-fruste H,» c'est-à-dire déjà usé avant son enfouissement; il n'était donc pas une monnaie « récente » au moment de son dépôt, et loin d'indiquer que ce cimetière date « du règne de cet empereur ou d'une époque un peu postérieure {^), » c'est le contraire qu'il prouve ; - dans le cimetière de Juslenville, les monnaies frustes trouvées dans les tombes ont été en très-grand nombre, pour le moins une trentaine (^) : « leur état autorise de sup- (*) Martigny, Dictionn. des antiq. chrét., \^o Sépult.; — Bull. del'Inst. arch. liégeois, IX, 397. (*) Bull, des com. roij. d'art et d'arch., Xllf, 45:2. (') Publicat. de la Soc. d'arch. de Maestrichl, III, i200. i*) //'id.,p. 206. (") Bullei. de Vlnsi. arch. liég., IX, 384 et 385 avec mt. i". — 180 — poser,dit M. Schuermans('), qu'elles étaient, en général, les plus anciennes du dépôt, » c'est-à-dire qu'étant usées, elles avaient été le plus longtemps en circulation, avant de devenir monnaies funéraires. Il y a à dire la même chose des monnaies ;;er/brm, comme on en a trouvé plusieurs dans les tombes à Juslenville. « Ces monnaies, comme l'observe M. Schuermaiis (-), avaient été portées comme ornements, soit enfilées à un cordon, soit serties dans une monture quelconque ; or, bien certainement celles-là, dit-il, portées pendant la vie, ne peuvent servir à indiquer la date de la mort, et leur possesseur avait pu, à sa fantaisie, les choisir de tel règne | lutôt que de tel autre, pour se rappeler un souvenir d'enfance, etc., etc. « Le système donc de M. de la Saussaye n'est qu'une simple hypothèse à laquelle s'opposent les faits du grand nombre de médailles dans le même caveau, les monnaies frustes et les médailles perforées; et enfin la longue durée des monnaies romaines, de sorte que, comme le dit M. Schuermans (iftirf.), « les monnaies impériales, à quelque règne qu'elles appartien- nent, ayant eu cours pendant les quatre premiers siècles » (et bien au-delà) « ont pu parfaitement être en usage pour les sépultures, longtemps après leur émission, » Mais si ce n'était pas pour indiquer l'époque de la sépulture, à quelle fin donc déposait-on des monnaies dans les tombeaux? Le voici : dans le même but et pour le même motif qu'on y plaçait tout un magasin de vaisselle. Nous l'avons déjà cit, les anciens rites de sépulture éVd\eni fondés sur les vieilles croyances païennes des Grecs et des Italiens, et étaient nés avec elles, savoir, que l'âme, dans sa seconde existence, s'enfermait avec le corps dans le tombeau; et l'on croyait si fermement qu'un homme vivait là, qu'on ne manquait jamais d'enterrer avec lui les objets dont on supposait qu'il avait besoin, aliments, vais- f«) Bull, de rinsl. anh. liég., IX, p. 398. (*) Ibid., p. 397. — 181 — selle, monnaies, ou qui lui avaient été consacrés pendant la vie, bijoux, ornements de toilette, armes, etc. Les monnaies, par conséquent, déposées dans les tombeaux, faisaient, comme les différents vases, partie intégrante du mobilier et des cérémonies funèbres. Mais depuis que la nouvelle croyance au Tartare et aux Champs-Elysées a été inventée pour dominer pendant un certain temps ( ' ), ces rites funèbres, étant en désac- cord manifeste avec cette croyance, ont, quoique sans base religieuse, encore été continués, mais uniquement comme des usages anciens remontant à un temps immémorial, comme des habitudes, comme des usages civils, lesquels, depuis lors, se modifiant ou variant successivement, par le laps de temps, ont été transmis, à tra vers les siècles, mais sous des formes diverses, jusqu'à notre époque. S'ensuit-il de ce qui précède que les monnaies romaines ne peuvent jamais aider à connaître approximativement l'époque d'une tombe ou les derniers temps de l'existence d'un établisse- ment romain? Avant de répondre, il convient de constater la longue durée des monnaies du haut empire, égale à celle de la belle poterie romaine. Les monnaies de Vespasien, Trajan, Hadrien, Commode, etc., « éparpillées parmi les squelettes» du cimetière frank de Bas-Oha de l'époque de l'inhumation (^), prouvent leur durée au moins jusqu'au VP siècle et indiquent en même temps (Qu'elles n'y avaient pas été déposées pour mar- quer l'année de la sépulture. Dans la longue série ou « nomen- clature des monnaies romaines découvertes à Elouges (cimetière frank), » on remarquera, dit M. Ch. de Bove (^), que la plupart ( ') Déjà aux temps de Claude et de Néron, « ce qui domine, dit M. le C* Franz » de Champagny, Les Césars, t. II, 1. II, ch. 2, § 2, c'est un grand trouble de la » pensée, un chaos intellectuel, où toutes les idées se rencontrent, parce que nulle » n'est définie L'impiété a gagné les grands et les petits ; — pas un enfant ne » croit à la barque de Caron et aux noires grenouilles qui barbotent dans les marais » du Styx (Juven., II, 449) 11 n'y a pas de doctrines, mais des penchants ; pas » d'enseignements, mais des habitudes. » (*) Bull, de l'inst. arch. liég., XI, 498. (') Elouges, ses antiquités et son hist. [Annal, du Cercle arch. de Mon5,XII,327). — i«2 — des grands bronzes appartiennent au haut empire. Je suis loin de conclure, ajoute-t-il, dans la note, qu'une monnaie du haut empire, trouvée sur un squelette, soit une preuve que cet indi- vidu vivait à cette époque. — Je possède, poursuit-il, un collier (provennnt de Villers-deux-églises, près de Philippeville) avec une chaîne en bronze... formée de trois bouts de chaînons diffé- rents raccordés; au centre est un anneau dans lequel le Frank avait inséré deux pièces romaines trouées : l'une de Faustine, fille d'Antonin-le-Pieux et femme de Marc-Aurèle, vivant 160 ans après Jésus-Christ; l'autre est un magnifique grand bronze de Justinien, empereur de Byzance, vivant 530 après J.-G. Voilà un écart, dit-il, de près de quatre siècles entre deux monnaies qui concourent à établir l'époque où vivait cet homme ! Si la dernière eût été méconnaissable, on n'eût pas manqué de le faire vivre sous Marc-Aurèle! » M. Galesloot, parlant de l'âge de la villa belgo-romaine à Assche, a une faible lueur, observe-t-il (^), nous est fournie par les monnaies de l'époque. » Parmi ces monnaies, « il y a, dit-il, deux gauloises et cinq consulaires. Les autres sont de l'empire. Elles embrassent, à peu près, toute sa durée, et s'étendent même au-delà, depuis Tibère jusqu'à l'empereur d'Orient, Anastase P"",qui mourut en 518... La pièce d'Aiiastase, conclut- il, nous autorise à croire que cet établissement n'avait pas cessé d'exister au commencement du VI'' siècle; » et fournil une preuve de la longue durée des monnaies de la république et de l'empire. On sait que « les Franks, fait remarquer M. Schucrmans (^), se complaisaient à occuper les habitations délaissées par les Romains, » tant en Hesbaye que dans le reste du pays. Mais ce que je ne savais pas, c'est que « les Franks, qui ont succédé (*) Notice sur les fouilles à Assche, Siputi Académie roy. de Belg.,\W\\, février 1875. (') Bullet. de l'Acad. darch. de Belgique, pag. IQ?. — 183 — dans la conquête de notre sol aux Romains, se sont encore pendant longtemps servi des objets » (vases et monnaies) « DÉLAISSÉS (?) par ces derniers ( ' ). » Quoi qu'il en soit, ce délaissement et l'usage qu'on en faisait encore, prouvent que ces poteries n'étaient pas hors du commerce et que les mon- naies n'avaient pas encore cessé d'avoir cours dans la dernière moitié du V*' et au commencement du VP siècle. A cause donc de ce long usage qu'on a fait des monnaies du haut empire, on est forcé d'admettre comme règle que ces médailles, trouvées dans un tombeau (tumulus ou cimetière), ou dans les substructions d'une villa, ne peuvent servir à en prouver directement l'origine, ni à fixer le maximum d'antiquité de ces sépultures ou de cet établissement; mais qu'indirectement, elles indiquent que la sépulture qu'elles accompagnent et que l'établissement ou villa, où elles ont été trouvées, sont, pour un temps indéterminé, postérieurs à la plus récente de ces monnaies. C'est ainsi que l'explique très-bien M. Schayes par rapport aune trouvaille de monnaies dans le camp deDalheim: « comme les monnaies romaines, dit-il ("^), même les plus anciennes, n'ont pas cessé d'avoir cours pendant toute la durée de l'empire, la découverte d'un grand dépôt de monnaies ne saurait guère servir à prouver l'origine ou l'ancieimeté d'un établissement: il constate seulement les derniers temps de son existence. Les pièces les plus récentes trouvées à Dalheioi datent du règne de Valentinien III (anno 424 à 455). » Et ailleurs, le même auteur parlant de la villa de Sommerain, non loin d'Houffalize, « il est vrai, dit-il {'"), que l'on a trouvé dans les ruines de la villa des monnaies du haut empire, et notamment des empereurs Tibère, Caligula, Vespasien et Titus; mais elles ne peuvent servir de preuve en faveur de l'ancienneté de la cons- (»] Bull, de l'Inst. arch. liég., XH, 248. (*J La Belgique, II, 47G, note "i. (') Hist. de l'arch. en Belg., 1, 167, not. i. — 184 — tructiou de l'édifice ; car, dit-il, comme toutes les monnaies frappées par les empereurs, et même celles de la république, n'ont jamais cessé d'avoir cours pendant toute la durée de l'empire, on trouve, dans presque tous les dépôts de monnaies du IV* et du W" siècle, des monnaies du haut empire, surtout des monnaies d'argent, lesquelles, étant d'un titre plus élevé que celles frappées depuis le milieu du III" siècle, étaient beau- coup plus recherchées que les dernières. » C'est pourquoi M. Schayes estime à bon droit que « les monnaies en bronze de Gordien et de Valentinien P' témoignent que la villa (de Sommerain) existait encore dans la seconde moitié du IV* siècle ('). » Nous avons dit qu'on ne déposait pas des monnaies dans les sépultures dans le but d'en marquer la date; mais que cepen- dant ces mêmes monnaies pouvaient servir à indiquer l'époque à laquelle ces sépultures étaient postérieures. Ce double point, une importante trouvaille, faite récemment, de deux sarcophages de la fin du IV" siècle, vient de le confirmer. Nous voulons, pour terminer cette matière, en résumer les principales circons- tances. On savait par l'histoire que 8. Ambroise, évêque de Milan, ayant retrouvé les corps des SS. Gervais et Protais, martyrisés en 304," les avait fait placer, en 386, sous l'autel de la basilique, dite Ambrosienne, à droite du côté de l'Evangile. Ils y avaient (*) « Le système de Schayes consiste, dit M. Schuermans, dans ses Rapports » sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 415, not. 2, à dire que les monnaies du haut » empire ne peuvent servir de preuvd en faveur de l'ancienneté d'une construction, >' parce qu'elles sont restdes en usage jusque dans les derniers temps. » Mais toujours est-il, y lit-on, que les monnaies du haut empire, quand elles sont /jeu usées « (ce qui est très-rare) » et se trouvent sans mélange £vec des monnaies pos- térieures a (ajoutez nécessairement : et sans mélange avec des vases ou poteries dont la forme ou la fabrication indiquent une époque de décadence ou le déclin de l'empire) » « sont uiiC forte présomption » à peine, selon nous, une légère lueur à cause du long cours de ces monnaies) « en faveur de la date très-ancienne, non- u seulement de l'érection, mais même de la destruction de l'établissement. « m été déposés dans un ample tombeau, placé, par sa longueur, du Couchant au Levant, revêtu intérieurement de marbres précieux et de diverses couleurs, et recouvert par une grande et longue pierre. On n'y avait ajouté aucune monnaie, mais bien un vase de verre, comme on en trouve souvent dans les sépultures des martyrs. On savait, de même, que S. Ambroise, mort en 397, avait été enterré, selon ses désirs, plusieurs fois exprimés, sous le même autel, près des corps des SS. Martyrs, mais à gauche ou du côié de l'Epîire. Dans son tombeau, sem- blable Il celui des deux Martyrs, et situé, par sa longueur, dans le même sens, on avait déposé quinze pièces de petite monnaie d'argent et de bronze du IV'' siècle, les unes à l'efflgie de Théo- dose [376-395], les autres de Flavius-Viclor, lils du lyrsn Maxime [t 383-388]. Ces deux tombeaux ont été retrouvés, il n'y a guère longtemps. Pour confirmer le témoignage de l'his- toire, ou prouver l'ideniiié du tombeau de S. Ambroise, le D' Biraghi a fait valoir ces monnaies ('), non pas directement, comme si elles y avaient été placées pour en indiquer la date, ni comme si elles avaient été alors les plus récentes, ce qu'elles n'étaient pas; mais, de la seule manière possible, d'une manière indirecte et irrécusable, en mettant en relief celles de ces monnaies qui étaient postérieures en date au placement du tom- beau des deux SS. Martyis en 386 : « entre les quinze pièces de monnaies qui s'y trouvaient lenfermées (dans le sépulcre à gauche du côté de l'Epîire), deux, dit-il, confirmèrent l'antiquité du sépulcre de S. Ambroise : l'une de bronze porte l'efligie du jeune empereur Flavius-Viclor, fils du tyran Maxime, avec cette légende : Dam. noster Ma. Fla. Victor, p. f. Aug.; au revers, une porte prétorienne, et au-dessus une étoile, avec l'exergue : Si'ES Romanorum; au bas s. c. s. p., c'est-à-dire Scisia percussa. ( ') Dans un Mémoire composé à ce sujet. — Voir aussi les leUres apostoliques relatives à rinvention de ces corps, ainsi que la belle lettre pastorale qui les publi«, de Son Em. Mgr. DecLamps, archev. de Matines, en dale du ■14 juin -1874. - 186 — Cette médaille se rapporte aux quelques mois, durant lesquels Maxime et Victor, son fils, furent maîtres de Scisia sur la Save en Pannonie ('). Or, quand on frappait cette monnaie, Gervais et Protais étaient déjà, depuis deux ans, déposés dans leur tombe. Le tombeau, où elles ont été trouvées, ne pouvait donc être que celui de S. Ambroise. « L'autre monnaie est à l'efllgie de Tbéodose : D. N. TnEono- sius. p. F. AU, Au revers sont deux "Victoires tenant des palmes et des couronnes : Victoria auggg., ce qui peut s'entendre des trois Augustes Tliéodose et de ses deux fils Honorius et Arcadius, associés à l'empire, dès 394. Les deux victoires se rapportent aux deux succès militaires de l'empereur en Occident, l'un sur Maxime, l'autre sur Eugène, eu 394, trois ans avant la mort d'Ambroise, » mais de huit ans postérieures au tombeau des SS. Gervais et Protais; par conséquent autre preuve que ce tombeau, dans lequel se trouvaient ces monnaies, ne pouvait être que celui de S. Ambroise. Les considérations que j'ai fait valoir jusqu'ici, quant au caveau, le coffret, le mobilier funéraire et les monnaies, etc., me font conclure, avec M. Schayes (-), que la plupart de nos tombes ne sont pas antérieures au IIP ou IV^ siècle, y compris les tombes de Blehen et de Braives, et « incontestablement » la tombe germanique de ïEmpereur. Vin. Comme la savante Compagnie de Vlnstitut m'a permis d'ajouter un mot sur Bleben et son ancienne et noble famille, c'est par Ih que je vais finir. Le nom de Bleben, comme celui de la commune voisine de Trognée (en flam. Tnidelingen et puis Tmijelingen, au VIP siècle Tnidutieca en laiiii), est puiement lliiois ou d'origine leutonique. Aux 14'' et io*^^ siècles, en langue romane, l'endioit (• j V. Panéijyr. de Tliéodose par Plac.'ilus; Panegyrici veteres, n» 34. (») Histoire de l'archiiecture en Belgique, 1, 18. - 187 — était nommé Blochem (d'où Blehen=^ à Bloc-hem) {*). Mais dans les anciens registres flamands et encore chez les Flamands d'aujourd'hui, il ne reçoit pas d'autre nom que celui ûeBloc-kum ou Bloc-hom. On sait que le suffixe hom, heim, hem, etc. signifie en thiois maison, demeure, manoir, etc. et bloc, ce qu'il signifie en français. Par conséquent, éiymologiquement, Blehen signifie « fortin fait de blocs de bois, » qu'on nomme en flamand moderne Blokimis et en français Blockhaus. — Ce fortin seigneurial peut avoir été le berceau du village actuel. Lens-S'-Remi {^), Abolens (') et Blehen ont élé réunis en une seule commune. Lens-S'-Remi et Abolens étaient autrefois du baillage de Hannut, duché du Brabant, et Blehen du pays de Liège. Pour ce qui regarde l'ancienne et noble famille et le bien seigneurial de Blehen (^), jeme contenterai de transcrire ici deux extraits tirés d'un petit registre de la cure de Blehen, obligeamment communiqué par M. le curé de la paroisse (^). « En cet'.e année 4723, y est-il dit, pag. 41, » le baron (d'Aers- chot) de Schoonhove, seigneur de Chantraines en Condroz et de Wanroye en Bb., représentant l'ancienne et noble famille de Blehen, doit payer sur la censé et bien de Blehen, joindante d'amont au bien qui fut à M. Ponthier, à présent M"^ Collarl (*) V. J. DE Hemricourt, Miroir des nobles de la Hesbatje, composé entre iSoS et 1398; — voir aussi une charte de réglise de Marcliin de 1463 analysée par M. Schoolmeeslers {Bull, de l'Inst. arch. liég., XI, 321 ), où l'on trouve « Daniel de Blochem, chanoine de S'-Paul à Liège. (2) « Linsium D. Remigii aut Beguinarum ob vêtus ibidem ab anno ISOO vel » circiter Heginasium sub tilulo D. Magdaleuœ de Bcthania » (J.-B. Gramaye, Coinitalus sive prœfectura Hannutensis). Cj = Au-bois-Lens, « Liîisium Sylvestre, » dit Gramaye, ibid. (*) Voir sur celte famille J. de Hemricourt, Miroir des nobles de la Hesbaye, vIjo Blehen; — et Lkfort, Manuscrits généalogiques et Recueils divers, s^'' Blehen, aux Archives de i'Elat à Liège. C) Ce registre est intitulé : Les rentes et revenus de la cure de Blehen pour anniversaires et autres fondations selon les anciens registres et documens, hil en 4723 par M, Peeters, curé de Bleben de Hii à 1744. - 188 - au curé de Blehen six muids d'epeautre pour six anniversaires de ses dévôls et nobles ancêtres, savoir : 1° « Pour l'anniversaire de Messire Gérard de Blehen. » — Son père Gérard, d'après de Hemricourt, (édit. et noies de Jalheau), issu de la ftimillede Harzée, demeurait au village de Blehen, où il possédait de grands biens, et y épousa N., fille du vieux Thomas de Hemricourt, chevalier, seigneur de Blehen, « dont sortit, dit l'auteur du Miroir, le vieux Gérard de Blehen, qui portait les armes de Harzée de gueules à trois manches mal /a///c'é'Sf/'or, et sur le tout celles ûellemricouit du côtéde sa mère, qui étaient d'argent à une bande de gueules. Mais n'obtenant pas de secours dans la guerre qu'il fit à son cousin du côté de Harzée, le vaillant écuyer nommé Vilain de Jardegiiée (piôs de Blehen), de ses proches parents de Harzée; et, d'autre part, le seigneur de Hemricourt, surnommé Malclerc, chevalier banneret, dont il éiait cousin germain, l'ayant assuré du sien, il prit les armes de Uemricouit, savoir d'argent à une bande de gueules ('), du côlé de sa mère, et chargea la bande de trois manches mal taillées d'or, du côlé de son père ; 2° « De Messire Godefroid de Blehen, chevalier, le vieux. » — Hélait fils du vieux Gérard de Blehen, qui précède; 3° « De Messire Godefroid de Blehen, seigneur d'Âubée en Condros. » — Il élail fils aîné de Gérard de Blehen, fils aîné de Godefroid de Blehen, le vieux qui précède. Sa mère, veuve de Fastréde Berlo, était fille û'Anseau de Blehen et sœur de Pierre de Blehen. — Godefroid de Blehen, chevalier, épousa Marie, dame d'\bée, fille de Lambert de Dommarlin, de Warfusée, de Neufchâteau, dit d'Abée, - et de Marie de Bassine. — Le dit Godefroid avec son épouse gisent dans l'église de Blehen, avec (') Les armes des anciens châtelains ou viconiles de Montenaken (Haicnt les mêmes que colles de llemricouii, sauf (jue les couleurs fêtaient dillerenles : elles (îlaienl de f/ueules à la bande d'argent. Voir Ùiillelin de l'inst. urch. liég., V, 2ol, n» 43, et 233, n" 84. — 189 — cette inscription tumulaire : « Ci-gît Messire Godefroid de » Blehen, chevalier, s^' d'Abée en Condroz..., Moha, comté de » Namur, 1418, 22 septembre; » 4° « De Messire Godefroid de Blehen, le jeune, chevalier, et de Madame sa femme. » - Il était fils aîné de Jean de Blehen, fils troisième de Gérard de Blehen, le vieux (n° r). Il se maria au village de Houlain-fEvêque.Son fils Godefroid épousâ Agnès, fille de Pierre de Blehen, chevalier, grand bailli du comté de Namur; 5° « De Jehan de Blehen d'Aubée, écuyer, et de Madame sa femme. » — Il était fils troisième de Godefroid de Blehen et de Marie, dame d'Abée. Il épousa Françoise, fille de Gilles de Tombor, dit de Hemricourt, écuyer, — et &' Agnès de Lavoir ; 6" « De Messire Jehan de Blehen d'Aubée, écuyer, seigneur d'Aubée. » - Fils du précédent (n" 5)? Dans le même registre, il est dit, h la pag. 43, que la noble famille de Blehen avait fondé, en l'église du lieu, un bénéfice en l'honneur de la Si-^-Vierge, ayant son tombeau devant cet autel, du côté de l'Evangile. La collation de ce bénéfice appartenait à la famille. Ce registre nous fournit enfin, p. 45, les renseignements suivants, savoir : que «Madame Philippine de Meerls (lisez Meers), dame d'AboIens et de Poucet, douarière de sire Gilles Albert Collart, lieutenant capitaine au service des Etats généraux de Hollande et décédé en 1720, (voir sa pierre tumulaire ci- contre), doit sur sa maison et pourprise, grand d'environ sept bonniers, joindant d'amont au curé et cimetière de Blehen, — conjointement avec le seigneur comte d'Oultre?nont, {h présent Henri Royer, son repreneur) ; — et sur la censé de Ponthier, payer au curé de Blehen les anniversaires suivants : 1° « De Messire Pierre de Blehen, chevalier, et Madame Isabeau de Gèves, son épouse. » — Il était fils ô'Ajiseau de Blehen, chevalier, qui fut grand bailli du comté de Namur. Il - 190 ~ épousa Isabeau, fille à'Everard de Boulant, écuyer, seigneur de Richelelte, Gesves, — et de N. de Hemricouit, dit de Vyle d'Osoigne ('); » 2° « HAmeau de Blehen, chevalier, le vieux, et Madame sa femme et bons amis. » — C'est le père de celui qui précède; 3° « De Messire Jehan de Gèves, chevalier, et de Madame Ide, son épouse; ¥ « De Messire Evrard de Blehen, chevalier, et Madame Agnès de Comoitisse [sic], sa femme. » — Il était fils second de l'ierre de Blehen qui précède (n" 1") et épousa Agnès de Corlis, dite de Lens, fille de Lambert de Lens, et mourut le 16 novembre 1409; 5** (f De Guillaume deHamal et d'àmoiseWe Agnès de Blehen; » 6° c< Sur la maison et pourprise du sieur Ponthier, joindant d'aval au sieur baron de Sclwonhove, pour l'anniversaire de Wathi de Blehen, le vieux, et Jefienne, sa femme. » « Ces trois censés, poursuit le registre cité, de Madame de Collart, de Ponthier et û'Oultremont ne sont d'ancienneté qu'un même gage et se garantissent insolidum. —Après les Messieurs de Blehen, les Ilamal ont succédé par alliance; — après, Mes- sire Jérôme d'Oyenbrngge de Duras, Thynes, etc. ; ~ et puis. Madame de Duras, sa douairière, dite de Bourgogne, a trans- porté le dit bien h M. Maes del Vignette, échevin de Liège, le 9 décembre 1589; et en 1597, le 24 avril, les sieurs Riga Deltour et Riga de Hemricourt, ayant fait quelques épargnes, ont acquis le dit bien du sieur Del Vignette, coiijoiniement, en 1599, pour 4,200 fi. bb'. Le 5 avril, les dits sieurs Riga ont fait partage du dit bien, ayant eu le sieur Riga Deltour pour sa part, la censé du vieux Wauthi de Blehen, H Riga de Hemricourt, \a censé de (') Autour (le sa pieire lumulairc (jui n'existe plus, on lisait : <■ Cigîl Messire 0 Pierre de Blehen, tué à la balnille d'Olhdo, 23 sept. 1408. » Au milieu de la » même pierre se trouvait l'inscription : « Chy gisl noble liôe Godfroi de Blehen q trépassa la 1.^72, premier de juin, et Madame Joxset de IMarneffe sô espeuse. • liillcliii(lrriiisiii\it .\i'cli('olo<^"'' l,i('"J('()is T()lll('.\lll.l';l:i(- PL LONGCHAMPS irai m Proidhomme Hemricourt Hanosset Trr i'C'posciil iidhlc d oniriTOX vS'Wn util 1(1 de Loir^champs Seigneur d'AbotciLS et (le Piicel (|in trépassa V 1 (K'Mai'.s IGIH cl noble (luuu- Cadicriiicdf llciiiricuiirt sacouinaunc , Hemricourt . ^, . , ,-,,,,„,,,- Lantremange qui iiTpaNNa le 1.) 1). 11)4.). /'/•/('/ /)/('(/ i)our leurs mues rvccjuu'scaiil m puce, A.HEN BaredeCiplet ROERlXHE A.K Lilh.erciiidii. /./(• cIiimIc llll^tlllli .lirlicdlu'''' Lir^Vois 'Ininr.XIII l'aiic |! Berewart LaLippe Van Es Bernard COLLAERT _ De/^EERS Hii celte e!^lise l'cpose le eorps du noble cl i>éiU'r('iL\ >^iiV Gille de Collaci'l ai^è de 4-«^ im-s décédé Je :'4. -laiivKT I7:'(). cl noble (lame Marie riiili|i[)iiie de .Hei\s sou !' fions, a'iec de 79 ans deeédee le -().)aii\r 1/ o'J en leurs vnans Seifur d-lliolcns et l'ueet. lu'i^iut'scmii m ji;ir('. Marcin Hemricourt Legros Yemel litliJJrUJi — iuvasiou en Belgique, déiruil les villas romaines de noire pays tl surtout celles en Hesbaye, il y en a (V. Annal, du cercle arch. et paléont. de Charleroi, VI, 1:24, — et Ann. du cercle arch. de .Uons, XII, ?)'27) qui, pour expliquer la découverte dans un grand nombre de ces villas, de monnaies postérieures à Marc-Aurèle, recourent à une hypothèse de pure fantaisie, a celle d'une reconstruction dont ces établis- sements auraient été l'objet, après avoir éié détruits. Mais si celte hypothèse était admissible, « Pourquoi, demande M. Van Dessel, n'aurait-on pas non plus relevé les établissements de In Hesbaye. » {Bull, des corn. roy. d'Art et d'Arch., XIH, 463). CORRECTIONS. Page 123, noi. 2, pro mortus, lisez : pro mortuis. — 131, » 3, lign. 2, tanlami, 1. tantam. — 137, V 5, lign. 2, effunda, 1. effundai. — 151, » dernière, note 1, 1. note 2. — 158, lign. 4, la majuscule r renversée de Frontinus doit avoir ses lignes courbes tournées vers la droite. — — lign. 6, aucun, I. aucune. — 167, not. 2, avantur, I. arantur. SOMMAIRE. l'âge». I. — Site du tumulus de Blehen ; — grande pente latérale ; — vue; — monument; — bosquet 122 11. — Dimensions de la tombe ; — exploration ou galerie; — plaque de bronze; — pieu 125 III. — La sépulture par crémation ; — tombeaux de famille; — cérémonies de sépulture chez les Romains 131 IV. — Le caveau et le cotl'rel turaulaire de Blehen 144 V. — Le mobilier funéraire du caveau 154 VI. — Le défunt de Blehen appartenail-il aux anciens Germano-Belges romanisés, ou aux nouveaux, admis assez tard dans l'empire . .165 VII. — Age du tumulus de Blehen. — .lu.'^qu'oii les monnaies et les poteries peuvent servir de preuve en faveur de l'ancienneté d'un tumulus ou d'un établissement de l'époque romaine 170 A. — Les poteries . 171 B. — Les monnaies . 176 VUI, — Blehen avec son ancienne et noble famille 486 llil''llliilclllisli(i||,\|r|ic(il(i'j': l.lt'ijnih ï(i|iic.\|||.|\'i.I.\M.\K.\itIi. l.llJi finiirlllj.irl'i- Fonts Baptismaux de L Eglise Notre Dame a Seraing. Ell.lAAIRWi fQi^-j-j BAPTiSMAUXDEL'tCLISES'PlERBE.HUï FONTS BAPTISMAUX HIIY, A SERAING & A ESNEIX. En ce siècle, où l'éclectisme domine dans les arts et où de soi-disant architectes modernes cherchent l'originalité dans la combinaison arbitraire de tous les styles, il est bon de faire connaître les œuvres de leurs devanciers, simples maîtres- maçons ou tailleurs {entretailleurs) de pierres, qui surent res- pecter le grand principe de toute œuvre d'art : l'unité dans la variété. Que ces productions antiques soient grandioses ou modestes, peu importe, elles montrent toujours, outre le faire du maître, la conception vraie d'une idée, d'un style. Tels sont, par exemple, les fonts baptismaux de l'église S*-Pierre, à Huy, de l'église Notre-Dame, à Seraing, et ceux de l'église d'Esneux, dont nous repi oduisons les dessins respec- tifs ('). Ces fonts ont d'ailleurs une importance réelle pour l'archéologie. Mais afin d'y intéresser davantage nos lecteurs, nous croyons utile d'esquisser l'historique du baptême et d'indiquer en passant les anciens fonts baptismaux connus. Dès les époques les plus reculées, tous les peuples plongèrent les nouveau-nés dans l'eau pour purifier leur corps {^). Chez les païens, les ablutions devinrent une cérémonie du ( *) Nous devons ces dessins à robligeance de iMM. E. de Many el Jamar, archi- tectes à Liège. ( ' Voyez : De veterum gentilium lustrutionibus syntagma. JoH. LOMEIEBI. — Zutphani93. 1700, et l'abbé Migne : Prem. encytlopédie théologique, etc., t. VIII, Liturgie. — m\ — culle. Homère semble même y l'auaclier un effet divin, lorsqu'au départ de la belle Gtiryséis, renvoyée à son père pour apaiser la colère d'Apollon, il raconte qu'Agamemnon ayant ordonné aus- sitôt aux peuples de se purifier, ceux-ci obéirent et jetèrent l'eau lustrale à la mer : Ot ^' ocnelvucâvovTO, xaî elç otXa. \\j\xa~' sjSaXXov ('), D'après Tertullien, les initiés aux mystères d'Isis et de Mithra étaient plongés dans un bain, symbole de leur adoption. Macrobe dit au livre premier des Saturnales que les Romains purifièrent leurs nouveau-nés par l'eau lustrale huit ou neuf jours après la naissance, selon que c'était un garçon ou une fille; après quoi, on leur donnait un nom. Les Égyptiens, les Perses et les Grecs faisaient de même. Rien d'étonnant donc que le Clirisl ait inspiré à son précur- seur ce symbole de la régénération universelle, en attendant que lui-même instituât le sacrement du baptême qu'il reçut à son tour dans les eaux du Jourdain des mains de S'-Jean- Baptiste. Après l'ascension du divin Sauveur, les apôtres el leurs suc- cesseurs se dispersèrent dans le monde pour conférer le baptême. Ils le donnèrent en immergeant les catéchumènes, soit dans la mer, soit dans les fleuves ou les fontaines, et cet usage se conserva assez longtimps dans certaines contrées. Toutefois, il y eut, dès les premiers temps de l'ère chrétienne, des édifices particuliers, appelés baptistères, destinés à la collation de ce sacrement. On cite notamment ceux des catacombes de Rome, qui dalentdes persécutions, et celui du cimetière deS'-Pontien, remontant au III""' siècle. Après la conversion de l'empereur Constantin, ces édifices s'élevèrent par toute la chrétienté et bientôt toute cathédrale eut un baptistère y attenant. Vers le V""* siècle, le grand nombre d'églises érigées de toutes parts ne permit plus de préposer à chacune d'elles un ( ' ) HOMKRE : Iliade, cbant I, v. 3U. 107 évêque spécial. Le pouvoir d'administrer soleiinelleineiit {*) le baptême, qui, d'après Tertullien et les écrits des plus anciens Pères, avait été jusques là réservé à l'épiscopat, s'étendit aux archiprétres ou doyens de la chrétienté et leurs églises furent désignées sous le nom de plèbes i^) : Sicut ipse (episcoptis) matrici [cathedrali] prœest, ita archipresbyteri prœsint plebibus h. e. archipresbijterali et baptismali ecdesiœ (^). (' j Le baptême solennel était celui des adultes ou catéchumènes, car les enfants étaient baptisés aussitôt après Ipur naissance. Tel est le témoignage de S'-Augustin. (Epist. 466) et celui d'ÛRiCENEs. (Lib.V in cap. VI. Epist. ad Rom.).S'-CYPRlEN com- battant l'évèque Fidus, dit : « Quantum inquit ad causam infantium pertinet, quos dixisti intra secundum vel tertium diem, quo nati sint, constitutos baptizari non oporlere, et considerandam esse legem circumcisionis antiquœ ut intra octavam diem eum qui natus est baptizandum et sauctificandum non putares, longe aliud in concilio nostro omnibus visura est. In hoc enim quod tu putabas esse faciendum, nerao consensit; sed univers! potiùs judicavimus nuUi noraini nato misericordiam Dei et gratiam denegandam. » (Épist. LIX. Édit. Maur, p. 98), cité par le P. Perrone : Prœlectiones llieologicœ, t. VI. Deux jours dans l'année étaient désignés pour l'administration solennelle du baptême. C'étaient la veille de Pâques et celle de la Pentecôte. Il ne reste plus de cette ancienne discipline que la bénédiction de l'eau baptismale en ces mêmes jours. Dans les Gaules on baptisait aussi à la Noél ; Clovis l'ut baptisé ce jour-là. Le baptême solennel était encore en pleine vigueur au IX"" siècle. Dans les X^ et XIp siècles, plusieurs ordonnances ecclésiastiques et civiles en prescrivaient encore l'observation; mais à dater des Xlle et Xlll" siècles, on s'en écartait ordinairement et la coutume de baptiser en tout temps devint enfin générale. Voy. Vabbé Migne, et Recsens, ottvr. cités. ( ^) Ceierum pro intelligendo hoc canone sciendum est, olira non in omnibus ecclesiis parochialibus fuisse ibntera baptismalem, sed in quibusdam tantum ad hune selectis usum. Illa vero ecclesia, qua? imraersione erat destinata, plebis nomine veniebat, ceu ex prtesente textu coUigitur, cui prseficiebatur archipresbyter, qui ctiam decanus christianitaiis vocatur, quod in ejus ecclesia christiani fièrent. Evidentius in capitalar. Caroli calvi tit. XLVIII, de anno DCCCLXXIV c. II, apud Baluze, tom. II capital, p. 'J40 dicitur : et ut ecclesias baptismales , quas plèbes appelant, secundum amiquaui ecdesiœ consiietudinem, ecdesiœ filii instau- rent. Una autera tantum baptismalis ecclesia erat in civitatibus, ruri autem in cerlo districtu, seu lerminatione, ut dicitur in c. S4 infra hujus causse, ad quam omnes infantes recens nati deferendi erant ad faciendus Christianos, ut dicitur in c. 3 X de offic. archipresbyt. Quia enim baptismali ecdesiœ prœerat, tum infantes baptizabat, tum etiam infidèles catechumenos ad baptismura prœparabat. — Corpus juris Cano- nici Gregorii, XIII. etc., par J. H. Roehmer. — Hal^, Magdeburgic^, MDCCLVH, p. 6o9, sous la rubrique : Bapiisinalibus ecclesiis decimœ dari debcnl. [ ') Ibidem. lOs Ainsi s'accrut considérablement le nombre des baptistères qui, à partirdecette époque, furent construitsdans VAtrium, puis dans le Nartliex et finalemont dans l'intérieur de l'église ('). « Les baptistères affectaient le plus souvent la forme circu- laire ou octogone ; quelquefois, mais rarement, ils étaient carrés ou en forme de croix grecque. J^es cuves baptismales, qui occupaient le centre du baptistère, reproduisaient en petit le plan de l'édifice. « Les baptistères primitifs consistaient dans de larges bassins (^) recouverts d'un dôme. Plus tard, ils prirent parfois des développements si considérables que, au témoignage de Du Caiige et de Suicer, on y célébra des conciles. Presque toujours dédiés à saint Jean-Baptiste, ils étaient ordinairement connus sous le nom à'ecclesia sancti Joannis in fonte ou ad fontes. Des peintures représentant le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain et des inscriptions relatives au sacrement du baptême, recouvraient les murailles {■•). » Ce qui précède démontre que dans les premiers siècles on baptisait généralement par immersion. Nous disons générale- ment, car il est notoire entre autres que S' Pierre baptisa par aspersion les trois mille personnes qui se convertirent au christianisme à sa première prédication. D'autre part on conférait le baptême par infusion aux malades en danger de mort. Ce mode prévalut, dès le XIT- siècle, dans l'église latine, seuls les Grecs et les Orientaux conservèrent jusqu'à nos jours la triple immersion. Les statuts synodaux de Jean de Flandre, évèque de Liège, ,M Quelques villes d'Italie, telles que l'adoue, Florence, Pise. etc. conserveiil encore des baptistères particuliers. (') On y montait par trois marches et l'on y descendait par quatre degrés. Voir MiG.NE, ouvr. cité. (') Reusens, Èlémenis d'archéologie, t. i''' pp. 458 et seq. Voir aussi de Fleury qui en parle sur la foi d'Anastase, do Grégoire de Tours et de Durand dans ses notes sur le pontifical attribué au pape [tamase. — 199 — datés du 1" mars 1288 (*), eu traitant du rite du baptême, por- tent en commençant : Ille qui baptizat, quandoimmerghiîi aquam baptizandum dicat hœc verba etc., ce qui prouve qu'au pays de Liège on baptisait encore à cette époque par immersion. Cepen- dant plus bas, il est dit : Et ut caveatur periculum baptkandi, non mergatur caput pueri in aqua, sed sacerdos super verlicem piieri ter infundat aquam cum pelvi vel alio mundo vase et honesto, tenens puerum nihilominus una manu discrète, ce qui semble indiquer déjà une tendance vers le baptême d'infusion. Le baptême d'infusion étant devenu la règle exclusive en Occident, les grands baptistères n'eurent plus de raison d'être ; ils disparurent donc peu à peu. Aucun monument de ce genre n'existe plus en Belgique, le dernier fut démoli vers 1806 sans que l'on songeât à en prendre le dessin. C'était une chapelle circulaire érigée près de l'église cathédrale deN. D., à Tongres (^), qui fut la résidence des premiers évêques de Liège et chef-lieu de leur diocèse ('). Par contre, on trouve encore dans notre pays bon nombre de cuves baptismales de l'époque romane. Lorsque S^ Hubert vint se fixer à Liège vers 722, il transforma la chapelle de St-Cosme et de St-Damien (^) en église cathé- drale et la dédia à la Vierge et à St-Lambert. Celle-ci dévastée par les Normands qui envahirent le pays à commencer de 880, fut reconstruite par Notger. Il fit bâtir près d'elle, en 982, l'église de Notre-Dame aux fonts, ainsi dénommée parce que l'évêque y transféra les fonts baptismaux de l'ancienne cathé- drale de St-Lambert (^). Cette église n'était sans doute autre (■ ' ) Coutumes du pays de Liège, par Raikem el POLAIN, t. I, p. 418. ( *) SCHAYES. Histoire de l'architecture en Belgique, t. II, p. 68. ( ') Daris. Notice sur les églises du diocèse de Liège, t. III, pp. 145 et seq. Acta sanctorum Belg. VIII, p. 17 et I, 883. (*) CeUe chapelle avait été érigée en 558 par S' Monuiphe, à l'endroit où sont aujourd'hui les degrés S'-Pierre, place Notger. (*) Anselmi. Canon. Leod., Gâta Vontific. Trnject.et Leod. Cap. 51, fol. 102, 200 chose qu'une plèbes doiil nous avons parlé plus haut, car un nidiiprêtre aidé d'un pléban ou curé et de deux vicaires la desservait, et elle était la première paroisse de la ville (*)• C'était aussi à Notre-Dame aux fonts que devaient être bapti- sés les nouveau-nés des paroisses , autres que celles de St-Severin, St-Servais, Sl-Adalberi, Si-Nicolas Outre-Meuse, Ste-Foi et de St-Jean-Bapliste, qui, avant 1794, étaient les six paroisses sur les 32 ('^) qui existaient à Liège, où il y eût des fonts baptismaux. L'ancienne cuve baptismale de N. D. aux fonts, ciselée en 11112 par Lambert Palras de Dinant, échappa aux destructions insen- sées des jacobins de la révolution française, dignes imitateurs des gueux du XVI'' siècle et qui sous prétexte de réforme sociale anéantirent les chefs-d'œuvre. Rage aveugle d'un peuple élevé dans une philosophie sans Dieu et dans le mépris de toute autorité divine et humaine! Ces fonts remarquables, mieux connus sous le nom de fonts de St-Barthélemi, parce qu'ils furent donnés h cette église après la révolution française, N. D. aux fonts étant démolie, ces fonts, disons-nous, ont été trop souvent décrits pom' nous en occuper encore. Ils sont en bronze, de même que ceux de Fenal dans Daris, ouvr. cité. L'église Notre-Dame aux fonts se trouvait du côté de la rue Gérar- drie (*), à droite du portai! principal de la cathédrale St-Lambert, à laquelle elle touchait par son cimetière. Le dessin de l'église S'- Lambert reproduit par V. 1). Stees en tète de son Essai historique nous montre l'église de Notre-Dame aux fonts reconstruite au XVIe et au XVIl* siècle. ( * ) Pouillé du diocèse de Liège, année 18o8, aux archives de l'Etat, à Liège, et publié par C.-B. de Riddek, dans les Analecies pour servir à l'histoire ecclésiasi. de la Belffique, t. I, p. 231. — B" V. D. Steen. Essai historique sur Fancienne cathédrale, de S^-Lamberl, à Liérje, p. 72. Mathieu Defays fut le dernier pléban de celte église; arrêté le 2i janvier 1798, il fut relâché le 24 janvier suivant. (') Vers la fin du siècle dernier, Liège comptait 26 paroisses, y compris la chapelle de SteWalburge érigée en paroisse en l'année 1612, formant lo concile de Liège. Les six paroisses qui existaient à cette époque dans les faubourgs, compo- saient le concile de Si-Ilemacle. Pouillé précité, p. 2o0. [' ) Dr. TniiUX dit pur erreur .■ la rue S'-G.aigulplie. Cette ùglisu fui demoliL' vers i-'O... .'Jnn mobilier «vnil viit Tendu, lo i! soiitciiilni; tTJS, poiii- 622 francs. 201 la province de Namur, el ceux de l'église St-Germain , à Tirlemont, conservés au Musée de la porte de Hal, à Bruxelles. Ouire les fonts bapùsmaux en bronze ( ' ) il en existe en pierre à réservoir ovale, affectant généralement au dehors la forme quadrangulaire et parfois la forme cylindrique. Ces fonts sont pédicules c est-ti-dire portés sur un fût cylindrique ou sur un pilier carré tantôt unique, tantôt cantonné de quatre colonnettes soutenant les angles du réservoir. L'extérieur de la cuve est presque toujours orné de sculptures telles que rinceaux, feuil- lages, arcatuu'S, animaux fanlasliques, mascarons et quelque- fois de sujets légendaires ou historiques. La cuve était munie d'un couvercle pyramidal en bois ou en bronze que l'on faisait mouvoir au moyen de barres de fer atta- chées à un pivot fixé le long d'un mur ('-). Les fonts h pédicule unique sont très-nombreux en Belgique, citons ceux deCalaix,Fléron ('■), Godinne,Heckenrode,Hoesselt, Limmel, Lixhe, Munster-Bilsen, Thisnes, Zillebeke, etc. (*), ainsi que ceux d'Acrei), Deftinge, S'-Pierre-Capelle, Nieuwen- liove, Schoorisse,Smeeriiebbe,Opbrakel,Nokeren,I.ielferingen, Grammerage,Eine, Ideghem, Goefferdinge,Maercke, Santbergen et de Voorde (^). Avant 1857, on ne connai.ssait que deux fonts à cinq pédicules dans tout notre pays, c'étaient ceux de Termonde (*') et de Zedelghem ('). Depuis on a décrit et reproduit notamment les • ) En France et surtout en Angleterre, il y en a en p)oml>. (-) ScHAïES et Reusens, ouvr. cités. (5j Au musée archéologique de Liège. ( *) SCHAYFS et Reusens, ouvr. cités. Voir aussi Annales de la Société archéologique t. IV, p. -140, et t. XIII, p. 240; Messager des sciences et des arts à Gand ; Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique. Annales de la Société d'Émulation pour l'étude de l'histoire, etc.. à Bruges, 1848. — Schaepkens : Trésor de l'art ancien. (') Van de Vyvere : Essai sur les fonts baptismaux remarquables des eniirons d'Audenaerde et de Grammont. Voir Bull, des commiss. roy. d'art et d'archéologie, t. X, p. 226. (*) Messager etc., à Gand, année 1838. Cj Idem, année I82.'> ; chan. Andries, Bulletin du Comité archéologique du diocèse de la Flandre occid. Bruges, 1834. — 202 — cuves baptismales de Flostoy, Gosries, Hour, Lichtervelde, Russon (') et de Marcq (-). A notre tour nous venons tirer de l'oubli trois fonts baptis- maux de la province de Liège : ceux de l'église S'-Pierre, h Huy, de l'église Notre-Dame, à Seraing ('), et de l'église S'-Hubert, àEsneux ('). Les premiers, dont nous joignons ici le dessin, sont richement sculptés. La frise est ornée à sa première face d'un monstre apocalyptique affectant la forme d'un dragon ; à sa seconde, du lion d'Israël couronné; à sa troisième, d'arcatures romanes, et à sa quatrième de palmettes. Nous croyons, à cause de sa riche ornementation, de la simplicité des moulures, du caractère classique des palmettes et de la forme du iùi (^), pouvoir les rapporter au XI« siècle. En voici les diverses dimensions : mètre cent. Hauteur totale 0 91 Hauteur de la table 0 30 Largeur de la table 0 83 Diamètre du bassin 0 46 Diamètre du fût central .... 0 33 Hauteur de son chapiteau. ... 0 10 Hauteur des moulures formant sa base 0 10 Diamètre des colonnettes .... 0 09 Hauteur du socle 0 05 Largeur 0 83 Le hasard les lit découvrir par pièces détachées sous des (* ) ScHAYES, Reusens et ScHAEPKENS, ouvi". cités ; Messager de Gand, ISST ; Annales de ta Société archéologique de Namur, mentionnés ci-dessus. (*) Van de Vyvere, ouvr. cité. (') L'auteur d'une soi-disant : Histoire de Seraing, les décrit imparfaitement. (*) Ils sont tous les trois en pierre bleue. ('•") Nous devons faire observer que les colonnettes ont été remplacées et leurs chapiteaux mal retaillés ; nous no pouvons donc en tenir compte pour fixer l'époque du monument. — 20?» - décombres dans la chapelle de Reppe, aujourd'hui paroisse de Seilles en Ândenne, d'où ils furent transportés en l'église S*-Pierre, à Huy. C'est ce que nous apprend feu le curé Knaden par ses annotations inscrites à la date du 18 mars 1856 dans un registre de la fabrique. Il y est dit aussi qu'il acheta ces fonts pour 90 lranc:s et lit rétablir, au prix de 80 francs les quatre colonneltes qui manquaient. Le couvercle en cuivre est surmonté d'un rocher sur lequel est assis l'enfant Jésus tenant dans la main droite une coquille, le tout en plâtre, et tenant de l'autre une simple croix en bois. Ce couvercle fut payé 40 francs; il est mis en mouvement au moyen de barres en fer attachées à un pivot fixé dat.s le mur dont le coût revint à -28 francs ('). Cette restauration grotesque et barbare, accentuée encore par le vandalisme d'un ciseau brutal, est déplorable au dernier point. Il serait à souhaiter que le curé actuel, M. Wagemans, dont le zèle est si grand pour tout ce qui touche à sa belle église, fît faire une restauration de meilleur goût, en harmonie avec le beau style roman de cette précieuse relique d'un art qui s'oublie. Les fonts baptismaux de l'église Notre-Dame, à Seraing ('), sont composés d'une table quadrangulaire de 81 centimètres de côté, dans laquelle est taillé un réservoir dont l'ouverture hémisphérique mesure 60 centimètres de diamètre et l'intérieur, creusé en forme sphérique, a 28 centimètres de profondeur. L'extérieur de la cuve présente une frise de 38 centimètres de hauteur, ornée de colonnettes géminées et d'arcades de 23 centimètres de haut. Les angles de cette frise sont formés par ('] Nous devons la communication de ces détails à l'obligeauce de H. le curé Wagemans. (-; Voirie dessin ci-contre. - 204 — quatre monstres de 12 ceriti mètres de face, au bas desquels quatre cliapileaux ii volutes, taillés dans la même pierre, cou- ronnent quatre colonnettes de 11 centimètres de diamètre et de 37 de hauteur. Ces colonnettes reposent sur un soubassement carré, orné de moulures formant bases des colonnes ; ces profils mesurent 15 centimètres de hauteur. Le pilier central a 50 centimètres de diamètre et 37 de hauteur. Ces fonts qui ont une élévation totale de l mètre 05 centi- mètres, sont construits de quatre pièces dont la première forme le socle, l;i seconde les moulures ou bases des colonnes, la troisième, les fûts des colonnes et la quatrième, la frise et les chapiteaux. A quelle époque remontent les fonts baptismaux de Seraing? Nous croyons pouvoir les attribuer au commencement du xn*= sinon à la fin du XI« siècle. En effet, ils appartiennent au style roman le plus pur et l'on retrouve dans leur ornementation tous les caractères qui distinguent le XIP siècle : la forme carrée de la cuve, les monstres des angles de la frise ornée de colonnettes géminées, les volutes des chapiteaux, l'arc plein-cintre des arcades qui relient les colonnettes et entre les naissances des- quelles sont taillés des rainures, et enfin le lourd fût cylindrique central couronné do colonnettes munies de griffes foliiformes qui emqjàtent le tore inférieur aux angles de la plinthe. Mal- heureusement le ciseau moderne d'un ouvrier ignare en a, par un taillant mal habile, dénaturé l'aspect antique. De plus, il est à regretter qu'on ait placé sur cette cuve baptismale un cou- vercle en cuivre qui, par sa forme, oflre un contraste bizarre avec le beau style roman de ce précieux monument. Une légende qu'on fer;iil mieux d'appeler une réclame et portant : A. Colliii,à Liège, 1843, fait ressortii au vif ce sin- gulier anaclironisme. Si d'une part les fonts baptismaux de Seraing présentent au point de vue architectural les caractères du commencement du XII' siècle, nous avons d'autre part quelques renseignements — 203 ~ historiques qui vieuiieiit corroborer notre assertion et même les faire remonter à la fin du XP siècle. A cette époque Seraing possédait une chapelle épiscopale bâtie par Henri de Verdun. Nous en trouvons la preuve dans le Cantatorimn de St-Hubert ( '), où il est dit que Thierry, abbé de S'-Hubert en Ardennes, vint h Seraing le mercredi delà semaine de Pâques de l'année 1082 [83 N. S.], trouver l'évéquede Liège, qui l'introduisit dans une chapelle assez élégante qu'il y avait fait bâtir : I?i quartâautern ferid Paschalis hebdomadœ horâferè tertiâ [Theodericus abbas] veniens Tieletum, audivit a suis Serani esse episcopum, ascensâque navi venit ad eum. Episcopus ad podium siium consistens, de longé recognovit venientem quem episcopus bénigne exceptum introduxil in cappellam quam satis eleganter ipse ibi condideral Henri de Verdun fut élu eu 1073; nous pouvons donc fixer la date de l'érection de cette chapelle entre les années 1075 et 1082. 11 n'est point douteux que le sacrement du bapiêtiie ne fût administré dans celte chapelle épiscopale. La présence de l'évêque à Seraing pendant la semaine de Pâques semble le prouver, car, nous l'avons dit plus haut ('-) le baptême solennel s'administrait le samedi-saint jour de la bénédiction de l'eau baptismale. Cette chapelle avait été bâtie avec élégance, dit l'auteur du Cantatorium, et il nous est permis de supposer qu'elle le fut dans le style de la cuve baptismale qui nous occupe. Les fonts baptismaux ne reproduisaient-ils pas souvent en petit le plan des baptistères ? Il existe d'ailleurs des preuves très-anciennes qui démontrent que cette chapelle épiscopale fut bientôt et peut-être dès son origine, comme c'était la règle au moyen-âge, érigée en église paroissiale. Ce sont les épitaphes suivantes provenant de l'église (') Édité par Robaulx de Socmo\, ch. 63. (M Note : in fine p. 197. — 206 - priiuitivt^ de Seraiiig Cil portant los claies rcspectivo^i dti 18 décembre 1246 et du 23 novembre 1297 ('). Anno DoMiNi M". CC". XLVP XV» Kal. Januarii Obht Thëodericus ue Serain uictls Hatin Miles filius ejiis. Anim.*; eorum requiescant jn pace amen. Orate PRO EIS. A.NNO DoMiNi M".CC''.XCVIJ" IN uiE Clememis Obijt domina Maria uxor. . . . L'on voit encore aujourd'hui derrière le chœur de l'église actuelle des restes d'une ancienne tour où se découvrent des culs-de-lampes recevant des retombées de nervures et dont le tout accuse le XIV*' siècle. C'est par conséquent à cette époque qu'un nouvel édifice fut construit, dans de plus vastes proportions, sur l'emplace- ment de la chapelle primitive bâtie par Henri de Verdun. (*) Ces épilaphes ont été recueillies sur place par le chanoine V. D. Kergh, héraut d'armes à Liège, y décédé le 7 janvier 1671. Nous les donnons d'après le manuscrit de M. le chanoine Henrotte. Voici les autres épitaphes renseignées dans ce manuscrit sous la rubrique, Seraimi : ChI GIST LiBlET JADIS FIS MONSAIGNOUK GERAR de SERAING le PANETIER , CHEVALIER , Kl TREPASSAT LAN DE GRASCE M.CCC. et XXXI LE PREMIER .10I!R DEL MOIS DE MAJ Pries poit lv CHI r.lST MESSIRES GERAR , JADIS LE PANETIER DE SERAÏN, CHEVALIER gui TRESPASSAT LAN DE GRASCE M.CCC ET XXXV LA NUIT DE L'ANNONCIATION NOSTRE SAIGNOUR .IhESUS CHKIST. Pries por lv. ...JULIl OBIIT WlLELMUS DE SERAIGNA, ARMIGER FILIUS DNI TlIEODERICI DICTl HiEsi MiLiTis. Anima ejus requiescat in page. ANNO DNI MCCCVI IN VIGILIA BE\TI BERNARDI CONFËSSORIS OIUIT DOMICELLA IVETTA BEGHINA Kll.IA DNI HU....1NI MIIITIS DE SeRAING. OrATE PRO EACI. ' l.'civlliiiurO|.|i iii. fcs (liv.'i- lextc'8 est ■■■. iilpinnietii lautivf. 20: En 1407 l'église paroissiale de Seraing l'ut incorporée à l'ab- baye de S'-Jacques, à Liège. Jean de Sarto, recteur de cette église la résigna, le 27 mai 1407, entre les mains de l'abbé de S'-Jacques, ce dont Jean de Nassouwen (') archidiacre de Brabant, fit passer acte notarié le 29 novembre 1408 f). Le 5 février 1407 [n, s.] Jean de Bavière avait consenti à cette incorporation, que le chapitre de la Cathédrale approuva le 20 mars suivant. Il fallait que l'église de Seraing eût alors de bien riches revenus, car le motif invoqué pour son incorporation à l'abbaye de Saint- Jacques, porte que c'était afin de relever les ruines de celle-ci et l'aider à poursuivre son œuvre hospitalière (^). De plus il fut réservé au desservant de celte église des revenus suffisants pour sa subsistance et entre autres les bénéfices provenant des baptêmes. Ceci démontre d'une part l'ancienneté de l'église paroissiale de Seraing, puisqu'il est rationnel d'admettre qu'elle n'acquit ses nombreux biens, rentes, etc., qu'à la suite d'un espace de temps assez long ; de l'autre l'existence d'une cuve baptismale, qui est sans nul doute, celle que nous signalons. Le 15 mars 1729 la communauté de Seraing transporta i\ S. A. Georges Louis deBergues les terrains et fond de la vieiHe église, c'est-à-dire de celle incorporée à l'abbaye de S'-Jacques en 1407, pour 2,000 florins de Brabant, qui furent aff'ectés à la construction de l'église moderne (). Nous trouvons en outre une déclaration émanant de la dite communauté et datée du 18 novembre 1784 du paiement, par la mense épiscopale, des terrains acquis pour un nouveau cimetière. 11 est déclaré aussi que l'ancien cimetière y appartient (^). (*) OuJ. (le Nassau. Cet archidiacre n'est pas cité par de Theux, qui men- tionne un Jean de Nassau, chan. de Mayence en 1468 et de St-Lamb. vers 1470, décédé en 1482. Serait-ce le même? {') Chartes du fonds de l'ancienne abbaye de St-Jacques, aux archives de l'État à Liège, année indiquée. O Id. id. [*) Chambre des finances K. XI. pp. 247 V" et seq., aux archives de l'Étal, à Liège. C) Chambre des finances reg. K. CXI, p. 428, aux archives de l'État, à Liège. - 20« — On le voit l'église actuelle de Seraiiig, comme celle qui l'.'i précédée, fut bâtie sur l'emplacement, de la chapelle épiscopak' érigée par Henri de Verdun, partant nous pouvons en conclure que les fonts baptismaux qui s'y trouvent encore aujourd'hui proviennent de l'église première. On ne nous accusera donc pas de témérité si nous invoquons ces données historiques, pour démontrer que ces fonts remontent h la fin du XI^ siècle et peut-être vers les années 1075-82, Seraing ne posséda jamais d'ailleurs qu'une seule église, car M. S, Bormans interprète mal le texte de la fondation d'Henri Collard de Seraing lorsqu'il avance (*) que le dit Henri érigea le 20 mars 'lo55 [n. s.J une église h Seraing en l'honneur de Saint- Jeaii-l'évangéliste. L'unique église ii Seraing était sous le vocable de N.-D. et l'acte précité parle d'un autel avec bénéfice fondé dans l'église paroissiale de Seraing et dédié h S'-Jean- l'évangéiiste et à S'-Lambert. L'extrait suivant du document en question le prouve dans toute sa clarté : 1554, Indictione duodecima mensis vero martii dievicesima. Henricus jUlus quottdam Johannis CoUardi de Seranio supra mosam.... declaravit sese concepisse certain parlem bonorum liereditarium et temporalwm permutare atque e:r illis beneficium imuni eœlesiastieum seculare ad Itonorem omnipolentu Dei etsub invocatione seu vocabulo bealorum Johannis evanyelistœ ac Ijamberli episcopi et martyris in ecclesia parochiali dictœ villœ de Seranio supra mosam fundare et dotare atque pro illius jundalione et dotatione eideni altari annuum redditum triginta duorum modiorum speltœ ex diclis suis hereditariis bonis realiter assiynare ['^),.. (») Tables «le Lelbrl, 3« partie, p. (14. ( *) M^nusc. (le Lefort 1^" partie, carton S. (Seraing) 15-21 aux archives d nuUa ecclesia filia tenetur ad aliquani campanam persol- vendam;p03t modum vero predicli canonici petiverunl declarari iitruni ecclesia de Astenoir sit filia vel non. Nos autera sicut prius uni fratrura istud commisimus declarandum. ille autera ex antiqua consueludine approbata dicti concilii, dictam ecciesiam de Astenoir esse filiam ecclesie de Tilves per sequelam oranium reporta- vit, de quibus omnibus ad maudatum et preces dictorum canonicorum bas litleras scribi fecimus nostroque sigillé sigillari. Dalum et actum anno et die supradictis. Datum autem per copiara sub sigillo curie nostre leodiensis anno dominice nati- vitatis M" CGC quiuquagesimo tertio, mensisjunii die vicesima nona. — Charte de Saint- Lambert, iï° 53o, aux Archives de l'État^ a Liège. (') 21 Junii U)28. — Exposuil dominas archidiaconusEldcren ecciesiam parochia- lem de Asseneur ruinara minari nisi brevi providealur, unde comniissura dominis directoribus ut se informent ad quem ejusmodi reparaiio spectel. — Cathédrale, secrétariat, — Décrets cl ordonnâmes — 1628-29. Refj. E. 135, p. 40 V, aux Archives de l'Éiai, à Liéye. ') 23 Junii 1631. — P.etulit dorainus Marcelis scholastici, vices gerens, se una cura domino Trips accessissi.! locum de Esneux, visitasse ecciesiam ejusdem loci, illiusque ornamenlorum defectus el comperisse, déesse tabulatum, Ibrnicemque aliqua in parte ruinam rainari, ornemenlaque vetustato plane corrupta et lacera, super quo domini mei commisserunt ijsdem dominis depulatis, ut omni quo fieri poterit meliori mudo cum incolis convenianl el provideanl. Ibidem, reg. E. 137, p. 197. — 212 — ïrips, qui avaient ele chargés de l'enquête susdite, pour s'en- tendre avec les habitants d'Esneux afin d'y remédier au mieux. Ces négociations n'aboutirent point; le rapport de la visite archi- diaconale du 30 septembre 1698 le prouve. 11 y est dit: mûri ecdesiœ minanlur ruinam. Tabula altaris est indeceus. Tabulatum est ruinosum. l'rovkleant desuper decimalores quamprimum. Mûri et parietes appendicum debtnt reparari. Non est tabulatum in appendicibus. CanceUi ad baptisterium debenl obserari, et cœme- terium débet mûris recludi. Mandamus parochianis quatenus super prœmissis quamprimum provideant ('). Relevons ici avant tout l'indication des fonts baptismaux décrits ci-dessus. (*) Nous croyonx tiiik de donne}- ici, en entier, ce rapport, que nous devons à l'obligeance de M. le cliun. Daris. 30 Seplembris 1698. — Visilala fuit ecclesia parochialis d'Esneux, quse est ecclesia intégra sub invocatione S. Huberli ; rescribitur ad..... quos D. paslor percipil ex decimus novalibus quos integraliter percipil, et ex reddilibus annuis ; et habet a decimatore quinquaginta impériales annuos ; in annivi-rsariis circiler sex florenos. t.ollator : capituluin leodiense. Rector : D. Thomas CaraHe, instilutus auctoritate archidiaconali. Gapitulum leodiense habel omnes décimas, exceplis novalibus. Sunt duo altaria coUaleralia non consecrata, nec dotola. Sub dicta parochiali ecclesia sunl capellae in Fonlin et Roleux. In capella de Roleux celebralur diebus dominicis et feslivis. Sunl fundali ad eura etîeclura viginti quinque floreni iinnui. Presbyler oflicians administrai sacramenta, ex permissione, et percipil jura slolae. Matricularia est annalis ad electionem D. pasloris et parochianorum. Modernus est magisler Lamberlus Poncin, admissus ad confessiones ; habel circiler quatuor florenos qualilate malricularii, el lolidem pro regendo horologio, et percipil a quacumque l'arailia quolannis decem slupheros,sub onere celebrandi missam diebus dominicis el feslivis. Fabrica habel circiler septemdecim impériales annuo.s; redduntur computus coram D. pastore el tenanlibus. Pauperes habenl circiler decem modios ; redduntur computus ul supra. Décima non subminislral panem, vinuni el candelas. Mûri ccclesiœ minanlur ruinam. Tabula altaris est indecens. Tabulatum est ruino- sum. Provideanl dusuper decimalores quamprimum. Mûri et parietes appendicum debenl reparari. Non est tabulaUim in appendicibus. Cancelli ad baptisterium debenl obserari; el cœmelerium débet mûris recludi. Mandamus parochianis qualcnus super prtcmissis quamprimum provideanl. humérus communicantium circiler mille. Est obslelrix jurata : Malriciilarius lenel scholum. Splendel lumen conlinuo coram venerabili, ex devolione el munificentia particu- laris parocliiani. D. Paslor habel registra baplizalorum et morliiorum. I». Paslor dicil registra conjugalornm esse doperdila. Providuiit de alin. — 213 — Le 16 décembre 1704 les directeurs et policiants de la com- munauté d'Esneux et les tenants de l'église, informés par le curé Caraffe que le chapitre de St Lambert offre 150 écus pour réparer l'église, déclarent enfin accepter cette ofifrc, jaçoit qu'en vérité la somme leur semble modique et ne responde pas à leur espoir. Ils décident en conséquence que chaque paroissien paiera pour ces mêmes réparations trois florins icij coursables (*). Au 15 juin 1705, le contingent de la paroisse fut fixé à 511 florins, 10 patards, somme à fournir par 162 ménages (dans lesquels non compris 17 indigents), mais on ne put prélever que 475 florins ("-). Ce ne fut donc qu'en 1705 que les réparations se firent (^). Il est h regretter que cette église n'ait pas été rétablie dans son style primitif. Si le monastère a disparu ('), si du manoir des seigneurs et comtes d'Esneux (^), il ne reste que des vestiges douteux , si de l'antique chàteau-fort de Beaumont , réputé vieux déjà en 1277 C^), il n'existe plus que le sol élevé qui le (*) Registre aux résolulions, commem.ant le ::iO septembre 1»i92, aux Archives communales d'Esneux. (') Ibidem. (') L'un des bénitiers, qui sont placés à l'entrée de l'église, porte la date de 1707, époque sans doute à laquelle les réparations furent terminées. (*) Le dictionnaire géographique de Helvaux indique les quatre châteaux sui- vants : Es7ieux, Rond-Chêne, la Vaux et Avionpuits, (orthographié awillompuche, et aïoilhonpuche, dans le Stock précité, pp. 174 v» et 174). (^) Item supra monaslerium versus montein ... Stock rouge, précité, même acte. C') Le diplôme impérial de l'an lloS par lequel Frédéric, empereur des Romains, confirme à l'église de Liège la possession de ses biens, mentionne le chàteau-fort de Beaumont avecl'alleux d'Esneux, en ces termes : Castrum de Belmoni cum omui familia et aUodio de Hastinoit. M. Grandgagnage dans son Supplément au mémoire sur les anciens noms de lieux de la Belgique orientale (Mém. cour.), dit ne pas con- naître, à Esneux, de lieu nommé Belmont, il se trompe. L'acte du 17 mai 1277, signalé à la page 210, mentionne le château de Beaumont en le qualifiant de velus castrum. Voici ce passage : quedam prata per pecias prout in subsequentibus an- notatur, videlicei in terrilorio de Melac, prope vêtus castrum dt; Bellomonte, in deiiixo )nontis versus i'rtam, sexjornalia terre nrabilis. Iiem prope locum cundem — 214 — poi'lail vers les nues, el du sommet duquel le loui-isle s'extasie devant les sites merveilleux qui se déroulent h ses pieds, non loin de là gisent peut-être encore sous terre les fondements de sa chapelle castrale qui, d'après la coutume du moyen-âge, donna naissance à la première église paroissiale. La commune d'Esneux devrait donc se souvenir que noblesse oblige en ordonnant une restauration savante et complète de son église. Un beau monument en style ogival primaire rappel- lerait des grandeurs passées et serait en harmonie avec la beauté de sa situation. Puisse mon rêve se réaliser; j'aime Esneux ! T)"" VAN DE CaSTEELE. iii luco qui (licitur supra iiioitieiit de leri, boiiuariuin uiiuni circa princiinum declitii montis... fiem in loco qui dicitur in valle,juxta Ham, duo bonnnria nupra viain que est ville, ibi in siuistra manu versus castrum, et jornale iinum in loco qui dicitur ad quercum au courtiih de Ham... Itetu anle casirum veius predictum, in dcclDio montis versus Assenncur,dnol>onnaria inier Assenncur el dictum velus casirum... — Stock rouge précité, même acte. Le dictionnaire géographique de Del vaux nous apprend de plus que « vers l'an 1177, en défrichant un terrain, au lieu dit sur Beaumoni, où il a existé un ancien cliâteau, on a découvert un tombeau en maçonnerie peinte, dans lequel on a trouvé un squelette dont la stature élait d'une grandeur extraordinaire, avec une lanterne, une urne, un cimeterre et quelques gros clous, qui furent brisés par la chute de la voûte. » Beaumont d'ailleurs est connu de mémoire d'homme de tous les habitants d'Esneux. SUR L'ORPHEE AUX ENFERS DE GERARD LAIRESSE. Parmi les œuvres de Gérard Lairesse, l'un des peintres en renom de Liège, se trouve sa Descente d'Orphée aux Enfers, que M. J. Helbig décrit ainsi : « Orphée est sur le point de quitter le noir séjour, guidé par un génie qui vole à ses côtés, l'éclairant au moyen d'une torche dont la lueur se projette sur le groupe principal. L'artiste a représenté le fils d'Apollon la lyre sous le bras, au moment où il succombe au désir de revoir son amante. Il se retourne, et, à l'instant, il est puni de son infraction aux ordres de Platon. Eurydice, pâle et glacée, retombe mourante entre les bras des Parques qui l'entourent. Celles-ci sont d'âges différents, con- formément i\ la mythologie; revêtues de draperies aux couleurs sombres, elles ont au dos des ailes légères, transparentes et noires. Dans le fond, qui occupe une grande partie de cette toile, on voit le Tartare et la cité infernale. Des constructions fantastiques, immenses, entrevues aux lueurs d'un vaste incen- die, étagent leurs galeries superposées et les spirales de leurs tours. Sous ces portiques, le long de ces galeries, circulent les ombres des morts. » La couleur noire qui domine dans cette toile la rend peu agréable comme effet, et, sous ce rapport, elle est fort inférieure à beaucoup d'autres productions du maître. Mais la composition est claire, le modelé étudié, le groupe d'Eurydice et des ^16 Parques est très-bien disposé, et l'une de ces dernières a une jolie tête. La figure d'Orphée exprime bien, quoique d'une manière un peu théâtrale, les sentiments dont celte figure doit être animée. " Toile : H. 1.82. L. -2.18. (Musée communal de la ville de Liège.) » (') « Ce tableau, dit encore M. J. Helbig, tut t'ait en 166:i par Gérard Lairesse pour orner le vaste manteau de la cheminée de l'une des salles de l'habitation de Godefroid de Sélys, ancien bourgmestre de la ville de Liège (■-),et se trouve actuellement au musée connnunal de celte ville (''). » De son côté, le comte de Becdelièvre nous apprend cette par- ticularité, dans sa Biographie Liégeoise, publiée en 1839, que cette toile passa aux mains des messieurs de Difl'uy, à Liège ('). D'autre part, tèu le chanoine Devaux ajoute dans ses annota- tions manuscrites ('') : « M. le chanoine Bemy la reçut de ce » dernier (de DifCuv) par succession et il a passé au même titre » à une nièce de ce dernier. Il se trouve déposé chez M. le » notaire Keppenne chargé de le vendre. » De plus, d'après nos renseignements particuliers, le tableau dont il est question ici, fut plus tard repris par la famille du Df Lombard, et il est notoire que le fils de celui-ci le vendit à la ville de Liège, le 23 mai 1866 («). Ces détails peu importants en eux-mêmes sont cependant (') Hi-^toire (le In l'cmline au Paifs de Liège, imprimerie DE TlllEli. Li(:gc 1873, p. 21.5. (t) Ibid. p. 203. C) Ibid. p. 203, noie 2. (*) Tome II, p. 195. (") Conservées à la Bibliolliè()ue de l'iniversité, a Liège. t") L'adminislralion communnlo acquit lo tableau d'Orph<'e, en mùmc temps que le portrait de Philoguet, par Lombard, pour la somme totale de 2,000 francs. — 217 — dignes d'intérêt, après la découverte que nous venons de faire de l'acte notarié suivant, daté du 25 septembre 1794: LIBERTÉ. ÉGALITÉ. — FRATERNITÉ. Ce jourd'hui 'lîi'' vendémiaire lan troisième de la république francoise une et indivisible, pardevant moi notaire public soussigné et les témoins ci après nommés, fut présent le citoyen de cette ville de Liège, Charles Théodore de Diffuy, lequel nous a dit et déclaré que passé dix à quinze jours, plusieurs citoyens se sont rendus chê lui et demandé d'y voir un tableau lui appartenant dont Lairesse en est l'auteur, représentant Orphée et Euridice, à quoi les aiants satisfaits ils se sont retirés ; qu'en après scavoir le 25 de ce mois au matin, le déclarant reçut une lettre du représentant du peuple Frecine[t] par quelle il lui demandoit de lui envoler ledit tableau pour qu'il pourroil le voir; que sur ce ledit déclarant lui écrivit qu'il ne pourroit pas le lui envoler à raison de la grande difficulté de le détacher de sa position, mais qu'il se feroit un vrai plaisir de le lui montrer s'il vouloil se donner la peine de le venir voir dans sa maison; que le même jour, l'apres midi, plusieurs citoyens accompagnés de six fusiliers armés de la republique francoise sont venus à la maison dudit déclarant, muni d'une commission des citoyens Michel de Blond, Devvaille, Thonin, Franjan, après les signatures desquels s'y trouve ce qui suit : u Le représentant du peuple près les armées du nord « de Sambre et Meuse ordonne que le tableau ci dessus mentionné sera » enlevé dans le plus court délais, à Liège le 25 vendémiaire l'an 5'"e de » la republique francoise une et indivisible, signé Frecine[t] , et étoit » apposé le cachet de la republique francoise sur cire rouge. » Lesdits citoyens entrés dans ladite maison ont détaché ledit tableau, l'ont transporté de la maison du déclarant pour le faire conduire suivant leur commission au muséum des arts de la République francoise, présents les citoyens Albert Joseph Favereau , Henri Hoyens, Marie Barbe Lejeune, Geneviève, Etienne, Jacques Charles Morviller. Lesquels nous ont dit et déclaré d'avoir vu et été présents lors que les dits citoyens et fusiliers armés ont venu détacher et transporter le dit tableau de la maison dudit citoyen Diffuy comme dit est ci-dessus. Ce qu'ils offrent de réitérer lorsqu'ils en seront requis, ainsi fait et - 218 ~ déclaré dans la maison dudil ciloyen Uifluy où il a sa demeure située sous la paroisse de Si r{emi à Liège, y présent comme témoins A ce requis et appelles les citoyens L.Grandmaison et Antoine. ( Signé ) Le citoyen Diffi y A J. F AVER EAU J. L. MoRMLLER , t signature d'HENRi Hoyens disant ne scavoir écrire t signature de Marie Barbe Lejeune disant ne scavoir écrire Geneviève Etienne Grandmaison Antoine Pierre Godsoll, notaire ('). Nous ignorons sur la loi de quel document M. J. Helbig (ail reposer son assertion, lorsqu'il indique le tableau décrit ci-dessus comme ayant appartenu à Godefroid de Selys et, après avoir lu la pièce oificielle que nous venons de repro- duire, on pourra aussi se demander pourquoi le comte de Becdelièvre imprime, en l'année 1839, que MM. de Diffuy possèdent le tableau précité. Cette possession est d'ailleurs conti'ouvée, quant à sa date, par les annotations de Devaux, rapportées plus haut. D'api^ès lui, le chanoine Bemy reçut, de de Diffuy, la Descente iV Orphée aux enfers, de G. Lairesse ; or, le premier décéda le 18 octobre 1832 ('). Par contre, l'acte notarié que nous venons de faire connaître, met à néant l'ori- gine du tableau qui fut déposé chez feu le notaire Keppenne. Nous croyons donc pouvoir établir la vérité, en disant que la Descente ilOrfhée aux enfers qui se trouve au Musée commu- nal liégeois, ne provient pas de CHARLEs-THÉonoRE de Diffuy, autrement il faudrait admettre, ce qui es! fort peu probable, (') l'rotocok' du notaire Godsoul, aux Archives de l'Étal, à Liège. (Copie textuelle.) (^) Histoire de St-Paul, par le clianoinc Thimisler. - 219 — que le tableau de 1794, enlevé pour le Muséum des arts de la République françoise, fut rendu ii son propriétaire légitime. Ce qui est certain, c'est qu'il ne figure point sur la liste des tableaux revenus de Paris. Il est connu d'ailleurs que Gérard de Lairesse reproduisit son œuvre ('). Retse h savoir si le lableau exécute pour le compte de Godefroid de Selys est devenu la propriété de de Diffuy, ou s'il n'en obtint qu'une copie. Dans le premier cas, l'original devrait se retrouver aux greniers du Musée du Louvre; dans le second, Liège aurait le bonheur de le posséder. Charles-Théodore de Diffuy ayant pour aïeul François-Joseph de Diffuy, qui épousa Anne-Calherine-Conslance de Selys, fille de Godelroid susdit (-), il nous faut admettre, jusqu'à preuve contraire, l'hypothèse première. La toile dont parle Devaux était comprise peut-être parmi le mobilier de Michel-Joseph de Difîuy. Celui-ci, par testament du 17 janvier 1789, légua tous ses biens, meubles et immeubles, à son frère Charles-Théodore, qui le 9 mai 1790 constitua le chanoine J.-B. Bemy, en son lieu et place, pour accepter l'hé- ritage de son frère (^). On ne saurait toutefois supposer, devant l'acte que nous venons de faire connaître, qu'il s'agirait ici du tableau original. La Descente d'Orphée aux enfers, conservée au Musée com- munal de Liège, ne serait ainsi qu'une répétition du maître. D^ VAX DE CaSTEELE. (•) .1. Helbig, ouvr. cite, p, 216. ;') Lefort, ;•!<= partie, carton K. 21, S. (Selys), aux An;tiive.s de l'État, à Liège. — Capitalion 1740 et 1792, paroisse St Rémi. — Idem, État-Civil, à Liège. (5) Testaments des chanoines de Sle Croix, 1728-96, aux Archives de l'État à Liège. LES Châsses de Saint Domitian et de Saint Mengold l'ancienne oollé|i;iale de Hu\. Le reliquaire offert en don expialoii'e à la cathédrale de Saint-Laiultei'l de Liège. LES AUTEURS ET l'hISTOIRE DE CES RELIQUAIRES. Malgré les recherches eiUrepiisGs par nos archéologues daiis les différentes provinces du pays et la persévérance que, par- fois on peut qualifier de passionnée, avec laquelle plusieurs d'entre eux se sont attachés à dépouiller les archives et les documents locaux, les trésors de nos églises contiennent encore toute une catégorie de monuments dont l'histoire reste ti faire et les artistes ù nommer. Nous entendons parler des œuvres de l'orfèvrerie du moyen- âge ; de ces travaux dont à la vérité les proportions matérielles sont petites, mais au dessin et à la conception desquelles le mot de « monument » convient si bien. En effet ces petits édifices, en métal précieux pour la plupart, semblent relever souvent plus de l'architecture que de l'orfè- vrerie enli^ndue comme fabrication. Bien que dans l'exécution du travail le burin du graveur, le marteau du ciseleur, le cha- lumeau et la palette de l'émailleur nient tour à tour à intervenir, ces reliquaires, ces châsses, — quelquefois de simples calices, — ont un aspect si monumental, leur composition révèle si bien « un maître d'œuvre » qu'on ne peut s'empêcher de regret- — 222 - 1er profondémeiit l'igrioranco dans laquelle l'hit-loire du l'ai't nous a laissé quant aux artistes inspirés et laborieux auxquels on doit ces créations. Tout ce qui peut apporter quelque lumière sur les auteurs de ces travaux, tout ce qui peut nous en l'aire connaître les noms et la destinée doit donc, ce semble, être accueilli avec un inté- rêt d'autant plus grand que les indications précises, reposant sur des documents originaux et contemporains sont plus rares. Ce sont ces considérations qui nous portent à faire connaître aujourd'hui quelques renseignements recueillis sur l'orfèvre auquel on doit deux cliàsscs conservées à l'ancienne collégiale de Huy, sur l'histoire de ces châsses, et enfin sur l'auteur d'une œuvre d'orfèvrerie que possède le trésor de la cathédrale de Liège. Dans le premier volume du « Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie (i) » notre collègue, M. Vier.sel- Godin, a décrit les deux châsses de Saint-Mengold et de Saint- Domitian, et à cette occasion il a rappelé les renseignements donnés par l'auteur du petit livre intitulé : Incunnhula Ecdesiœ Hoyensis,el que celui-ci semble en partie avoir empruntés ù son tour au chroniqueur hutois Laurent Mélari. Ce dernier ropporie en effet, que, l'an 1174, Radulphe de Zaehringen, évêquc; de Liège, lit déposer solennellement les corps de Saint Menguld et de Suint Domilian dans deux fiertés richement iravoillées et qu'il lit l'aire ces reliquair(>s par un orfèvre célèbre, du nom de Godelroid de Claire, dit le Noble. Il ajoute que cet artiste, ayant longtemps suivi la cour des empereurs d'Allemagne Lothaire et Conrad III, il y avait acquis de glandes richesses et était devenu un homme important. Vers la tin de sa vie il Ut de larges olïraiides aux églises, partieulièreiiienL à celle de l'abbaye du Neumostier, on il prit (') Voyez loiiie I p. ;-!97 <•[ buivaiiles. - 223 — l'habit de chanoine régulier de Saint-Augustin et acheva le reste de ses jours (i). D'après un chroniqueur assez ancien pour avoir pu être témoin du fait qu'il rapporte, Gilles d'Orval, le corps de saint Domitian aurait été placé solennellement et porté procession- nellement dans une châsse confectionnée d'avance pour les recevoir, — non pas en 1174, mais une année plus tôt, le 17 des calendes de juillet, c'est-à-dire le 15 juin 1173 (2). Cette légère rectification faite, nous admettons volontiers que les renseignements que Mélart nous fournit sur les deux châsses et sur leur auteur, méritent tout crédit. Toutefois, comme il écrivait au 17" siècle sur un artiste qui avait vécu au 12", s'appuyant comme il le rapporte sur différents manuscrits, il n'est pas sans intérêt de connaître au moins une partie des sources où il a pu puiser les détails qu'il donne sur Godefroid de Claire. l'ne circonstance favorable nous a initié à l'une de ces sources et nous a permis de retrouver dans un document inédit dont la date se rapproche assurément beaucoup de l'époque où vivait l'orfèvre hutois, non-seulement la confirmation de c^ que nous savions déjà, mais encore quelques indications sup- plémentaires sur sa vie el ses travaux qu'on ne lira pas sans intérêt. Voici d'abord comment ces renseignements nous sont par- venus : Le président Grandgagnage que la mort a enlevé il y a quel- ques mois aux sociétés savantes dont il taisait partie, et notam- ment à l'Institut archéologique liégeois dont il était l'un des membres fondateurs, a légué au Musée de cet Institut le ma- nuscrit original du Nécrologe de l'abbaye de Neumostier, dans , ') V. L'histoire de la ville et chasteai de Hiii/, p. 112. (*) V. .Efiidii aureœ Vallis retigiosi Gesta Ponlificum Leodletiuum, apud C.lia- pearille, tome II, p. 124. — 224 — laquelle, comme nous venons de le rappeler, l'orfèvre de Huy, Godefroid de Claire, de même que Pierre l'Hermite, s'était retiré, et où il a terminé sa vie, joignant aux labeurs de l'art, dont il y a continué les travaux, les austérités de la profession religieuse. Le dernier propriétaire de KObituaire de Neumos- lier, attachait à juste titre un grand prix à ce manuscrit, préci- sément à cause de la mention qui y est faite du décès et de la lianslation du corps du célèbre prédicateur des croisades. Dans plusieurs articles insérés au Bulletin de l'Institut archéologique liégeois (M, M. Grandgagnage cite le Nécrologe h l'appui de la thèse qu'il soutenait alors et d'après laquelle Pierre l'Hermite aurait vu le jour dans l'ancien pays de Liège. Chose étrange, l'auteur de ces études, absorbé sans doute par son sujet, ne semble pas avoir lu, et certainement il n'a jamais fait connaître la mention que le même manuscrit consacre h l'artiste des chasses de saint Mengold et de saint Domitian. La disposition testamentaire qui confiait désormais le dépôt du précieux manuscrit à l'Institut archéologique liégeois, le ren- dait naturellement accessible à tous, et les membres de l'Institut furent les premiers à parcourir le document échu à leur garde. Or, comme chacun lit et trouve dans un livre ce qu'il lui con- vient particulièrement d'y lire et d'y trouver, notre attention tut immédiatement appelée par le conservateur du Musée, sur les lignes suivantes qu'il convient de rapporter textuellement; complétant seulement les abréviations qui en rendent la lecture difficile : Novemher. l)° VIII K" Commemoratio Godefvidi Aurificis fra- iris nostri. Une autre main un peu moins ancienne, ajoute en coniinu.int la même ligne : /.s/f Godeiridus aurifaber , ciuis Hoyensis, et pnstmodum ecdesie noslre coHcanonicus, uir in anri- fahricatura sua tempure nuUt secundus, pei diuersas regiones plu- ^«) V. liulletiri de l'Inslilut urcliëologique lit^^t'ois, lonie II, p l.'i et suivantes. — iiâo — rima sanctorum fecit feretra et cetera reijum vaaa vtensUia. ISam in ecdesia Hoyensi duo composuit feretra, turibulum et calicem argenteos. In noslra quoque ecdesia, capsam mirifico opère deco- ratam, in qua recondidit iuncturam sancti lohannis Baptiste, quant ei domnus Almaricus Sydonensis episcopus contulerat,pro eo quod quedam vasa delectabilia fecerat. Il résulte donc de ce texte : 1" Que notre orfèvre Godefroid, autrefois bourgeois de Huy, est mort clianoine de l'église de Neumostier, le 25 octobre. La date de l'année n'est malheureusement pas indiquée. 2° Que dans l'exercice de sou art il était considéré comme n'ayant été surpassé par personne, et que, après avoir fait dans différents pays plusieurs châsseb pour les ossements des saints et des vases précieux à l'usage des souverains, il avait fait pour l'église de Huy detïx fiertés, un encensoir et un calice en argent. 3" Que enfin, il avait exécuté pour l'église de Neumostier un reliquaire magnifiquement orné pour y placer une articula- tion (probablement du doigt) de saint Jean-Baptisie, relique que Godefroid avait reçue autrefois d'Almaric(Amalaric?) évêquede Tyr, en reconnaissance d'un vase charmant qu'il avait fabriqué pour ce prélat. Comme on le voit, l'Obituaire de Neumostier fait connaître plusieurs ti-avaux de notre orfèvre malheureusement perdus aujourd'hui, et sur la destinée desquels aucun renseignement n'est parvenu jusqu'à nous. îi'dutre part, une publication toute récente, qui nous parvient au moment où nous corrigeons les épreuves de cette étude, - celle du quatrième volume des chroniques de Jean d'Outremeuse édité par notre collègue S. Bormans, — confirme les faits consignés dans l'Obituaire de Neumostier, en ajoutant quelques renseignements nouveaux. Voici ce que rapporte Jean d'Outremeuse : «L'anXIMiXXIII revient Godefroit,appedain de Hny, àmaistre — :226 — d'orfeivrie, li miedre et li plu^ expers et subtils ovriers que ons sawist en monde à chel jour, et qui avoit cherchiez toute régions; si revient à Huy en mois de Jule; ilh avoit demoreit bien XXVIl ans hors, s. avoit en inaintez régions diverses bons ovrages, lielres et altre quelconques ovrage. El à sa revenue en i'englise de Huy al (ait I lieire et I enchenseir et I caliche d'argent; et en Teiiglise de Nuetmostier, deleis Huy, fist et donat I tussial d'oniie chappe d'on merveilheuse ovrage, en queil ilh enfermât les piochez des jointures saint Johain-Bap- tiste que niesire Almaris, l'evesque Sydoiiien, li avoit donneit de totcoisié, partant qu'il li avoit fait alcons vasseais d'argent. Et ndonî li canoines de Huy, partant qu'il astoit viez et astoit clers asseis, le fiseiil canoinez h Nuefmostier ù Huy; et vestil les draps le XVII kalende de Jule l'an XF et LXXIIII. Et les dois fietres qu'il list ii Notre-Damme de Huy, fut aie requeste et à le despens del evesque Radulphe de Liège; si fut mis en lieu saint Domitien, evesque de Tongre, et en l'autre saint Mengoul, qui fut adont translaieis en I'englise Nostre-Damme (').» Il résulte donc des renseignements apportés par le chroni- queur : 1° Que ce fut l'an 117:^, après une absence de vingt-sept ans, et déjà âgé, que Godefroid de Claire revint ti Huy. '2° Que l'année suivante, le 17 des calendes de juillet (15 juin» il prit l'habit de chanoine régulier h l'abbaye de Neumostier, dispensé des études de théologie par sou âge et la science qu'il possédait déjà. l]" Que le reliquaire, d'un travail merveideux, qu'il exécuta (*) Chronique de Jean d'Outremeitse, lorae IV, p. iï)~. Nous ne jugeons pas a propos de reproduire les vers que, dans la Geste de Liège, le même auteur consacre au letour de Godefroid de Claire à Huy, à sa prise d'habil au couvent de Neumostier el aux travaux qu'il y fist. Jean d'Outremeuse, dans sa Geste ne lait que repeter en vers, avec moins de ciarlé, les renseigne- ments consignés en prose dans sa chronique. Nous renvoyons toutefois If lecteur qui voudrait contrôler un tcxt»^ par l'autre aK même vol. p. 701 . — 227 - pour renfermer l'arliculntion du doigt de sainl Jean Baptiste, était en forme de mors ou d'agrafe de chappe. C'était en effet assez l'usage du temps, de renfermer dans les férmails des chappes, pièces d'orfèvrerie du plus beau travail parfois, des parcelles de reliques. En ce qui concerne l'église de Neumostier et particulière- ment le reliquaire-fermail dont il vient d'être question , déjà le bon Mélart nous avait appris que Godefroid le Noble donna encore plusieurs loyaux à ladite Église, entre lesquels il y auoit la iointure d'un doigt dudit sainct lean Baptiste, autres disent la iouë iM ; "lais il ne tait aucune mention du reliquaire façonné par la main même du donateur. 11 est vrai que, déjà à l'époque oîi Mélart publiait sa chro- nique, la précieuse relique donnée par (iodefroid , avait disparu. En effet, une note inscrite dans la copie relativement récente de l'Obituaire auquel nous avons emprunté le texte donné plus haut, et qui est déposée aux archives provinciales de Liège, nous fournit un renseignement curieux sur cette relique pour laquelle l'orfèvre hutois avait confectionné une plaque-fermail enrichie avec toutes les i-essources de son art. Cette relique fut volée l'an 1632, le jour de la fête Saint- Jean-Baptiste, pendant lequel elle était probablement exposée, — et dont on rehaussait la solennité par un repas auquel pre- naient part un certain nombre de citoyens de la ville de Huy. —Cette note nous apprend encore que ce méfait était attribué aux P.P. Jésuites, que déjà au dix-septième siècle on n'était pas fâché de noircir un peu à l'occasion. La main traditionnelle qui se retrouve toujours, pour souligner les accusations portées à la Compagnie,— comme si sur la robe de ses membres une tache était plus apparente que sur celle de leurs accusateurs — s'est trouvée aussi pour souligner son nom dans le document ( ') L'hisiotrt tic ta rilic et i.'liasUav de Huy et de ses ant'iqrite:. pai' Laurent Mélard, p. li>. — 228 — original que nous ciDiis. Ajoutons cependant que la note constate qu'il s'est trouvé un honorable chanoine de Huy pour soutenir cette accusation en présence de personnes connues (' ). Ce reliquaire étant perdu, il ne reste aujourd'hui, pour donner la mesure du talent de l'orfèvre Godefroid de Claire, que les deux châsses de saint Mengold et de saint Domitian. Malheureusement les huit siècles qui ont prisse sur ces fiertés en ont altéré si sensiblement, non-seulement les détails, mais même la disposition «générale, qu'elles sont loin de donner une idée du travail sortant des mains de son auteur. Il est même probable que celui-ci les renierait absolument comme son œuvre, si , l'évoquant de sa tombe, on pouvait l'appelei' en témoignage sui' l'autheulicité du travail original. Disons d'abord qu'il en est des monuments de l'orfèvrerie comme des édifices en pierre et en brique : ils ont moins souffert du temps que des remèdes apportés à leur état de vétusté. A des époques où l'on ne comprenait plus rien à l'art des périodes romane et ogivale et où, par conséquent, on ne respectait nas les monuments auxquels ces époques ont donné l'existence, on s'est permis trop souvent, sous prétexte de restauration, de véritables actes de barbarie d'autant plus à déplorer qu'il est plus difficile de réparer les ruines qui en sont la conséquence. Dans sa notice sur le trésor de la Collégiale de Huy que nous avons rappelée en commençant ces lignes, iM. Vierset-Godin rappelle l'état de déiérioration et d'abandon dans lequel se trouvent actuellement les châsses de saint Mengold et de saint Domitian. Toutefois notre confrère n'accuse pas toute l'étendue des outrages qu'elles ont eu à subir et sur lesquels {\ Que junctura dicitur furaia A JESUITIS aniio 1632 in diefesti SU Joannis Baptisia quo die cxculabalur a civibun et adveuieutibus, eic; et hec teste dno Joumie Doultretiiou dno de Lamine canonico olitn béate Marie Huy qui sepe coravt personis affirmai it et etiam coram dno Carolo Hoinain medico. Manuscrit du Ni^crolojçe de Neumostier déposé aux archives de Liège. 229 nous avons quelques renseigtiemenls supplémetitaires à ap- porter. Ici encore, c'est un document consigné sur une feuille de parchemin et renfermé dans la châsse de Saint-Domiiian, qui va nous édifier, nous apprenant, — non sans une sorte d'or- gueil — le temps où une première restauration générale a été entreprise, ainsi que les noms des auteurs et les promoteurs de cette besogne. Il est constaté, en effet, par ce document maïuis- cril que l'an de la nativité de N. S. 1860, Robert de Bergues étant évêque de Liège, Pie IV pape et Ferdinand, succédant à son frère, Charles V, empereur, le 13 juillet, la nouvelle et entière réparation de In châsse a été parachevée, par l'orfèvre Jaspar de Namur et Henri son fils; que le prix du travail fut payé des biens délaissés par Nicolas Richard, chanoine de l'église Notre-Dame de Huy, dont le testament fait deux parts égales entre la fabrique et les pauvres. Cette pièce contenant des détails assez curieux qui ne con- cernent pas la châsse, est écrite et signée de la main de Bauduin de Longpré, prêtre, trésorier et maître de la Fabrique de l'égHse. Elle est datée du 13 juillet de l'année précitée. (') S'il n'est plus possible de dire actuellement dans quelle mesure une réparation des deux châsses était nécessaire en 1S60, en revanche il est fort aisé, grâce au sans-gêne auquel se (*) Auno a natiritale Doinini millesiino quingenlesimo sexagesimo, mensis julii die décima tertia, compléta et consummata fuit kuiiis feretri nova reparaiio et intégra restauratio (ex bonis qiiondam domini ÎSicolai Richard Indus ecclesie canonici,fabrice huius ecclesie et pauperibus mediatim testameHlaliter legatis) per Jasparnm de Namurco et Henricum eius filium aiirifabros; dominis Petro Dio nanti magno computaiore, Henrico Pietktjn et Gerardo de Freypont respective cano- nicis, ac Balduino de Longoprato, fabrice maqistris et computatore procurantibus , lempore venerabilis domini Gerurdi Loze huius ecclesie decani, Hoberti a Bergis episcopi Leodiensis, PU pape quarti et Ferdinandi post Carolum quintum quondam imperatorem suum frairem imperatoris. In quo quidem anno XVIl"in aprilis,Engel- berttis de Fuze, clericus coniugatus, le drappier, cum Catharina filia Pauli Barbe, a sancta ciuitaie Jherusalem peregrinus rediit^ magno cum incolarum Huyensiuw gandin. Scriptum per ilowinum Baidninum de Louiioprato presbtjternm, huiijn - ÏÎ30 — suiit abandoimés l'orfèvre Jaspar de Namur et sou tils ; grâce surtout à riiidigence de leur savoir taire, de reconnaître en quoi a consisté la nova reparatio et intégra restauratio dont parle le parchemin que nous venons de citer. Et d'abord, bien que ce document soit muet à cet égard, il est de toute évidence que la restauration de la cliàsse de Saint- Domitian, n'a pas été entreprise isolément. Remarquons, au surplus, qu'elle n'est pas désignée nominativement dans notre texte dont une seconde expédition, nous sommes disposé à le croire, aura pu être placée dans la châsse de SaiiU-Mengold. Nous ne larderons pas à voir que les deux tiertes ont dû être, nous ne dirons pas réparées, mais remaniées en même temps. Les deux œuvres d'orfèvrerie présentent, quant aux dimen- sions, au style et à la composition de Tensemble, une grande analogie. Variées dans les détails, elles sont sorties de la même main, elles ont été conçues par le même esprit. Comme le fait observer M. Alfred Darcel dans son « Voyage en Alle- magne » elles semblent les deux moitiés d'une châsse immense coupée en travers par le milieu. Mais si cela est vrai pour le plan général, il n'en pouvait plus être de même pour la concep- tion des détails et le choix des figures que la ciselure devait y reproduire. Fidèle aux traditions de la grande époque ii laquelle Godefroid de Claire travaiHait, il a dû conformer son thème iconogi-aphique à la vie et aux mérites particuliers du Saint dont riclesit llieauuiarhnn. el t'abriçe coiiipittiitnri'iii prefatuiii XIII • menus jiilii Si(pn ificii et sifiniiiiini. linldiiiuiis (te l.oiuioptato qui supra, niunu propna , \\i verso. Prœseuieiii carlam de iikiihIuio II. li. lidd. DD. Decani et Cnpituli Hueiisis reijixirari iii lihro qtiitito Chartanim hoc 21 rnarlii 17fil-i. Franaotie Nots et lecretarin/!. Nous devons la couimunicalion du ci; duiuimenl, ainsi que celle du$ deuxaiùr» ine lions cilons plus liaiil. ù l'obligeance du IL M. Dclruelle. cun; doyen à Huy. - m -^ il voulait honorer les reliques et dont son travail devait gloritier le tombeau. Cette donnée si simple n'existe plus depuis la restauration accomplie à la tîn du seizième siècle. A la vérité l'on voit encore, à l'un des deux frontons de chaque châsse la figure du Saint dont elle renferme les osse- ments. Mais au fronton opposé, dont les ligures originales sont perdues, il devait se trouver, soit l'image du Christ, modèle et type de toute sainteté, soit le Saint dont la châsse est la tombe, recevant de Dieu la récompense de ses vertus. Au lieu de ces figures traditionnelles, on voit, à la châsse de saint Domitian, la Sainte Vierge assise avec l'enfant Jésus, très- mauvais travail du seizième siècle qui, à cette place est un hors d'œuvre. A celle de saint Mengold on voit, d'un travail infé- rieur encore, la figure du Christ, en souvenir probablement de ce qui y a préexisté. Les parois des longs côtés étaient ornées de façon à développer le thème adopté par l'artiste. Saint Mengold a illustré sa vie par les vertus du chevalier chrétien ; Saint Domitian a sanctifié la sienne dans les voies du sacerdoce. Voilà, dans sa simplicité la pensée dont s'est inspiré le moine orfèvre. Aussi, avait-il dans les entrecolonnements de la châsse du premier de ses héros, ciselé douze figures de saints guerriers. Il ne reste malheureusement que peu de chose de cette partie du travail original, mais ce qui a été conservé se rapporte à cette donnée. Ce sont les images de Sébastien, le martyr, chevalier romain ; les héros de la légion Thébaine, Maurice, Exupère,Mercuriuset d'autres guerriers. La restauration datant d'une époque où toutes les règles iconographiques étaient méconnues, où les traditions de l'art étaient perdues, aassocié à ces hommes d'éf)ée, Saint Jean Baptiste et des figures d'apôtres dont on ne comprend pas la présence à cette place. En revanche, Saint Victor, figure revêtue de la cotte de mailles assez bien conservée et qui faisait partie 232 - des hommes de guerre associés à la châsse de Saint Mengold, a, par interpolation, éié placée h celle de Saint Domitian. Quant à la tierte du saint évêque qui a été l'apôtre de Huy, il était naturel que l'artiste l'ait ornée des images des douze apôtres, les prédécesseurs de Domitinn dans la carrière sacer- dotale; aussi y retronve-t-on, dans un assez triste état plusieurs tigures d'apôtres. Saint Jude est original; saint Barthélémy et saint Simon semblent empruntés à une autre châsse du quin- zième siècle, tandis que saint André et saini, Jean y ont été ajoutés dans la seconde moitié du seizième. Les versants de la toiture des deux châsses ont souffert d'une manière plus regrettable encore aue les parois et les frontons ; les maladiesses et les malentendus de la restauration y ont altéré le travail original d'une manière radicale. Seules, sur !a châsse de saint Mengold il existe encore trois demi figures d'anges dont on peut, malgré de nombreuses lésions, recon- naître le travail original. Deux d'entre eux tiennent des philac- tères avec des textes relatifs aux huit Béatitudes; l'encadrement de c^s demi figures est formé par des cercles dont l'ordonnance est originale; de l'un de ces cercles on voit émerger une assez jolie figure d'ange du 15'' siècle, évidemment empruntée à quel- qu'autre reliquaire qui n'existe plus. Tous les autres anges sont d'un travail en dessous du médiocre et une série de six d'entre eux est sans doute l'œuvre du nrtmurois Jaspar. Une seule des châsses avait l'encadrement des deux frontons où se trouvent les figures principales, ortié d'émaux daîis \r goût rhénan, et employés avec beaucoup de sobriété. L'ouvrier restaurateur— sans doute dans un esprit d'équité, — a divise- l'encadrement d'émaux entre les deux châsses de façon qu'ac- tuellement chacune d'elles a l'un des frontons décoré d'émaux, en disparate complet avec l'autre fronton rehaussé seulement d'ornements au vernis brun. Le crélage de la châsse de saint Mengold est d'un travail barbare, probablement du l(i" siècle, et dans les deux fiertés — 233 — des bandes de métal sont couvertes de rinceaux gravés accu- sant par leur mauvais style la même époque. Les textes, dont les beaux et fermes caractères du 12^ siècle sont peints au vernis brun, sont interpolés, tronqués et rendus inintelli- gibles. On comprend seulement que ceux de la châsse de saint Domitian se rapportent ti la mission sacerdotale. Enfin pour comble de mutilations ces deux longues fiertés, si imposantes dans leur développement, ont été recoupées toutes ies deux et chacune d'elles a été raccourcie d'une travée, de sorte que, dans la châsse de saint Domilian le collège apos- tolique se trouve réduit à dix membres, parmi lesquels, à la vérité, s'est introduit d'une façon subreptice un saint chevalier qui a déserté son poste d'honneur au tombeau métallique de saint Mengold, lequel de son côté est flanqué aujourd'hui de ligures en relief dont assurément l'artiste primitif n'avait en aucune façon prévu la présence à cette place. Après la nmtilation qui, en retranchant la sixième partie de chacun de ces monuments en altérait toutes les proportions — acte de barbarie commis, paraît-il, afin de les placer plus aisé- ment dans un autel qui devenait pour elles un lit de Procuste, — on peut se dispenser de signaler encore bon nombre d'autres mutilations de détail. Sans doute le lecteur se demandera si alors au moins la mesure des outrages subis par l'œuvre de Godefroid de Claire était comblée, et s'il était possible encore de lui infliger un nouvel acte de vandalisniô? Hélas, non. In mesure n'était pas comblée, l'œuvre de dévas- tation et de ruine n'était pas complète ! Une nouvelle infortune était réservée à l'une ies tiertes; il restait encore une restauration h consommer après un dernier acte de violence. L'an 1762, la châsse de saint Domitian fut dépouillée et dévastée par des voleurs. Il parait que ce méfait n'émut pas outre mesure les gardiens du dépôt sacré; ce ne fut en effet que l'année suivante, le 21 — 234 ~ mai, qu'on ouvrit la châsse, pour reconnaître la grandeui- du dommage. La pièce authentique que nous reproduisons, constate que l'intérieur, se composant d'un fort coffre en bois, garni de métnl, plomb ou étain, les dignitaires ecclésiastiques députés à l'effet d'examiner l'état de la tîerte, admirent la probabilité que le coffre intérieur n'avait pas été ouvert. Sans doute, les malfaiteurs qui n'avaient pas la piété aux saintes reliques pour mobile, ne le tentèrent pas. Mais il est présumable, d'autre part, que les voleurs ont enlevé tout ce qu'ils pouvaient détacher de métal précieux et que plusieurs des figures formant saillie disparurent alors. Une nouvelle réparation ou, si l'on aime mieux, une restauration était donc devenue nécessaire. Elle fut accomplie cette même année. « Régnant, comme dit le document que nous donnons en note, sur le trône pontitical, le pape Clément XIII, François étant empereur et le siège épis- copal de Liège, vacant. » La pièce est revêtue, en témoignage de son authenticité, de l;i signature de J.-M.-J. Francotte, notaire et secrétaire du chapitre de Huy (^). Le travail de cette restauration est facile à reconnaître. Un certain nombre de têtes à l'expression stéréotypée et d'une (') Prsesens sancti Domitiaui fereirum aniio 176:2, a furibus devaslatum, aperlum fuil hac vigesima prima raartii anni 1763, prteseutibus Rndis dnis Joanne Nicolao Vercour cantore, el Carolo Francisco d'Andriessens magistro fabricifi, canonicis a Pindis add""i dnis vicedecano el ca|)itulo ad hune cftecliim specialiter depulatis ; in iiuo feretro auro el argento decoralo, comperla fuil secunda capsa lignea ferris utrimque cincta,el in ea propter cerlum pondus, alia capsa plurabea seu slannea, ni probabile, quai non fuerunl aperUc. Quapropler reparalio sive reslauratio ejusdeni l'erelri, partim raunilicenlia Dominorum. parlim sumptihus rabrictf- ccciesiœ sutr a Hndis add""i dnis Decano el Capituio fuit ordinala tempore Clementis Papœ XHI, Francisci imperaloris, Sede Episcopali Leodiensi vacante, Kndi add""' dni Servatii le Tiiorier decani, dominorum Joannis Pétri Doucet, et prœfati dni D'Andriessens canonicorum, ejusdem fabric» magistrorum. nec non dni Guillolmi Josephi Collii canonici rcceptoris. Quod tester. .1. M.. I. Francotte, notarius et insignis capiluli praefati Huensis secretarius in fidcra. 176:'.. 235 ineptie peu commune, posées indifféremment sur les corps d'apôtres , de saints ou d'anges , forment le complément que la châsse de saint Domitian doit à l'art du dix-huitième siècle. Cependant les rigueurs du sort pour les deux reliquaires n'étaient pas épuisées encore. Après les restaurations, après les voleurs, survenait la Révolution envoyant dans toutes les parties de l'Europe ses armées afin d'y répandre les lumières dont la France se trouvait si bien. Nos pauvres châsses avaient eu trop à souffrir des amateurs de métal précieux pour attendre de pied ferme ceux qui envahissaient la principauté de Liège au nom de la |)lus touchante fraternité. Le clergé de Huy eut le bon esprit d'expédier les châsses de la collégiale à Altona. C'est encore une lanière de parchemin déposée dans l'une des fiertés qui nous renseignera sur ce voyage. Nous trans- crivons : « Les quatre châsses ou fitres, l'un de la sainte Vierge, le second de sair.t Mengold, le troisième de saint Domitian, patrons de la ville de Huy, le quatrième de saint Marc, après une émigration d'environ 20 ans, sont revenus à Huy le 20 sep- tembre 1813; ils avaient été déposés à Altona, en Danemarck, dans l'église catholique. Ce n'est qu'avec la plus grande peine qu'on est parvenu à les ravoir, ies administrations des douanes s'y opposaient fortement. Le fifre dans lequel est déposé ce billet est celui de saint Mengold. Le semblable est celui de saint Domitien /sic». Celui qui est le mieux travaillé est celui de la sainte Vierge. Enfin le plus petit est celui de saint Marc. Sous l'administration de M Nicolas Fonsnv, curé; Robert — 236 — Louis de Speckman, Charles HansoUe, Je;i:i Hubert Ansiaux marguilliers ('). » Après ces différentes lestauralions, réfections, réparations et remaniemenls, après les fatigues d'un long voyage, les deux châsses sont, on le comprend de reste, dans un état déplorable. Elles apparaissent comme des ruines dont les pierres disjointes et les colonnes brisées ne sont soutenues que par les plantes parasites qui les enveloppent. Les pièces d'orfèvrerie, bonnes ou mauvaises, anciennes ou récentes, ne tenant plus ensemble, semblent protester contre les mains maladroites, qui les ont unies les unes aux autres. Nous ne sommes pas, en thèse géné- rale, de ceux qui préconisent pour les œuvres d'orfèvrerie du moyen âge, des restaurations dont nous venons d'ailleurs de constater les tristes effets. Mais ici le mal est si profond, qu'il ne peut être guéri que par le mal lui-même. Il ne semble d'ail- leurs guère possible d'abandonner ces ruines, laissant s accom- plir jusqu'au bout les infortunes de leur triste destinée. Peut-être (*) Au verso du parchemin sont inscrits quelques renseignements sur la collé- giale de Huy, qui ne sont pas absolument dénués d'intérêt ; voici textuellement cette note : '< Quelques particularités sur l'église primaire ci-devant collégiale de Huy. Toute la toiture et la superbe flèche ont été brûlées en 1803 par le tonnerre, la veille de la Fêle-Dieu. La grande nef a été recouverte en 1806 ; la grande tour en -1809. L'orgue provenant des Croisiers a été placé en 1807. En 1810, on a blanchi toute l'église, repeint les voûtes et remis les pierres en couleur ; — on a ouvert le chœur ; — on a fait fondre deux cloches qui ont été bénies le 9 septembre, savoir la grosse et la T^"«. La '2""^' cloche provient de St Mengold ; la H'"« de St Kemy; la i'^e, 5"'e, 8'"*-' de .saint Maure; — la 6'"o de saint Etienne. En 1811 on a replacé au maître autel la statue de l'Assomption, avec les acces- soires, — fait le nouvel esc^dier du ciiœur, acheté et placé la balustrade de marbre, — fait l'escalier d'entrée du côlé de la Meuse. Le 29 octobre 1811, on a reporté l'image de la Ste Vierge dans sa chapelle sur la Surthe, il y avait 700 llambeaux à la procession. En 1812 on a recrepi toute l'église et garni le tabernacle en argent, puis on a l'ait les autels en marbrf*. H. Ansiaux, trésorier. » — 237 — le moment est-il venu où la science des arts industriels du moyen âge est assez avancée pour tenter le travail réparateur de ces monuments qu'il n'est plus possible de compromettre davantage qu'ils ne l'ont été par les restaurations successives. Il est donc permis de faire des vœux pour que la piété des fidèles, la ferveur des admirateurs de l'art du passé, enfin le patriotisme local lui-même, se concertent et fassent un effort généreux pour relever de l'état de dégradation dans lequel ils se trouvent, les seuls travaux connus de l'orfèvre hutois, Godefroid de Claire, dit le Noble. Nous ne pouvons quitter ce sujet sans rappeler que, indé- pendamment des reliques des deux saints lutélaires de la ville de Huy, ces châsses contiennent plusieurs fragments de tissus précieux, dont nous avons fait exécuter des dessins les plus fidèles. La châsse de saint Domitian renferme un grand morceau de soie, tissu lancé-croisé, de fabrication hispano-mauresque, qui peut dater de l'époque de la translation des reliques que cette étoffe enveloppait. Le fond du tissu est noir; il est formé de dessins à formes géométriques d'oiselets rouges, et d'un galon lilas historié d'animaux et d'oiseaux de couleurs variées Celle de Saint Mengold renferme d'assez grands fragments de deux étoffes différentes. L'une est un tissu de soie assez fin, lancé-croisé, de fabrication arabe, noir avec des ajours orlés de bords jaunâtres, orné d'un galon rose, avec un mot en carac- tères coufiques tissé en fil d'oret se répétant en sens contraire. L'autre, au contraire, est un tissu très-épais de soie à grands dessins, tels qu'on les fabriquait â Byzance, pour les étoffes de courtine. , ou le vêtement de dessus. Le dessin de très-grand style figure deux agneaux affrontés, séparés par l'arbre de vie, qui joue un rôle si important et si prolongé dans le symbolisme et dans l'ornementaiion de l'anti- quité en Orient, et inscrits dans de grands cercles reliés entre eux. Le tissu, dont le dessin est sans doute la copie d'un ancien — 238 — tissu arabe, est comme nous venons de l'indiquei', de iruvail byzantin et semble remonter au 11""' ou 12"'" siècle. Les agneaux sont de couleur rose et se détachent sur un fond jau- nâtre d'une coloration très-originale. Le fragment, qui est assez grand, n"a pas servi à envelopper les ossements du saint, et les taches de cire qui s'y trouvent, nous ont fait supposer que, dans les grandes fêtes et les solen- nités où les cercueils des saints étaient exposés dans l'église, cette riche tenture servait de poêle pour le couvrir. Plus lard, lorsque l'usage de ce genre de tentures a été abandonné, on aura renfermé dans la tierte même, l'étoffe précieuse qui a servi autrefois à donner plus d'éclat aux expositions des reliques. Le reliquaire donne par Charles-le-Téméraire, duc de Bouryotjne à la cathédrale Saint- Lambert de Liège. Dans son livre sur les Ducs de Bourgogne qui contient un si grand nombre de renseignements intéressants sur les artistes employés par la maison de Bourgogne, le comte de Laborde cite une ordonnance de payement copiée aux archives conser- vées aujourd'hui à Lille et extraite du compte de la recette générale de 1466 à 1467, laquelle evSt ainsi conçue : A Gérard Loyet, orfèvre de Md-i., la .somme de douze cens livres que par rordoimance que dessus lui a été délivrée comptant, sur ce qui pourrait lui estre deu a cause de certain image dor que Mds. lui avait ordonné jaire, pour présenter de par lui à l'église Saint Lambert de Liège XII' l. Lorsque cette note, qui a éié reproduite dans le Dictionnaire de l'Orfèvrerie chrétieinie de l'abbé Texier, nous passa .sous les yeux, nous ne pûmes supprimer un sentiment de surprise de ce qu'aucun dos liisloriens du pays de Liège, aucun des 239 archéologues locaux, ne se soit préoccupé de rechercher ce que pouvait bien être cette image d'or que le dit Seigneur, Charles- le-Téméraire, Duc de Bourgogne, avait ordonné de l'aire pour être offerte par lui à l'église Saint-Lambert de Liège. Quant à nous, malgré une difficulté de date sur laquelle nous allons revenir, nous n'avons pas hésité à voir dans celte image, celle qui représente le Duc Charles lui-même , à genoux, sous le patronage de saint Georges, le patron des chevaliers, et tenant à la main un reliquaire contenant des reliques de saint Lambert , image qui fut offerte comme le rapportent tous les historiens, par Charles-le-Téméraire à la cathédrale de Liège le 14 février 1471, ainsi qu'une riche chasuble, trois chappes, deux dalmatiques et quelques nappes d'autel. Nous n'ignorons pas qu'il est généralement admis que cette œuvre d'orfèvrerie et les dons qui l'accompagnèrent ont été offerts par le Téméraire à l'église Saint-Lambert, en expiation des pillages, des profanations et des atrocités de toutes sortes que les hordes bourguignonnes avaient commises lors de l'in- cendie et du sac de la ville de Liège en 1468. Par cet acte de réparation le Duc espérait se faire absoudre, disait-on , et se faire relever de la sentence d'excommunication que le pape avait prononcée contre lui en apprenant , par son Légat , les violences de toute nature faites k l'Église et au pays de Liège par le Duc irrité. Il est évident que s'il convenait d'accepter, sans restriction, l'opinion que l'image en or aurait été commandée à Gérard Loyet en vue de cet acte public de solennelle réparation, il faudrait appliquer la mention faite dans les comptes compulsés par M. de la Borde, à un autre travail. Le Duc de Bourgogne ne pouvait faire travailler en 1467, à une pièce d'orfèvrerie qui devait devenir l'objet d'une offrande expiatoire pour des actes de barbarie qui devaient se commettre un an plus lard. Mais nous ne pouvons nous empêcher de croire que, destinée dès sou origine à être offerte à l'église de Saint-Lambert de — 240 — Liège, dans une inieiition restée inconnue, limage en orl'èvierie du Duc, par le cours des événemenis qui se sont passés pendant qu'on y travaillait, aura été donnée en Ull avec une significa- tion toute différente de celle que le Duc comptait lui assigner dans le principe. Noire pensée a été d'abord que le comte de la Borde, dans sa transcription du document original, avait commis une légère erreur de date. Pour vérifier l'exactitude de la copie, nous nous sommes adressé à M. j. Houdoy de Lille qui, avec une obligeance égale à sa science, après avoir revu le document original , nous a certifié l'exactitude de la transcription. C'est bien dans la recette générale de 1466—1467 que figure l'article scrupuleusement reproduit. Toutefois notre savant correspon- dant a remarqué que, en marge de cet article se trouve une note inscrite par l'un des commissaires de la Chambre chargé de la vérification ; cette note porte textuellement : Cou. G. Ou il prendra le surplus au premier compte de Nicolas de Gondeval, argentier /" VCIX ou il en a esté payé. Cette note prouve que l'avance de 1200 livres l'aite en 1466 — 1467 n'a pas suffi à solder le travail de l'orfèvre et qu'un supplément a dû être payé par l'argentier Nicolas de Gondeval. Donc la somme, très-considérable pour cette époque, roi- seignée au compte de la recelte générale, n'est qu'une avance faite à l'artiste pendant son travail, et qui se justifie d'autant mieuK que la matière de l'image oiaii plus précieuse ; donc aussi cette image n'était pas achevée à l'époque où mention du payement à Gérard Loyel est faite. Malheureusement les comptes de l'argentier de Gondeval manquent aux archives de Lille; ainsi, chose plus regretfïbie encore, que tes comptes détaillés de la recette générale pour les années postérieures à 1467. — Peut être y eùt-on trouvé quelque article meniionnanl la remise solennelle de l'image et des ornements sacerdotaux en 1471. 241 Maintenanl si, l'iiisloire en main, ou suit les événements qui .se sont passés entre le Duc Charles et le pays de Liège, il n'est pas bien difficile de se rendre compte pourquoi l'image destinée ;i l'Église de Liège n'a pu être offerte que deux ou trois ans îiprès avoir été commandée à l'artiste. Philippe-le-Bon est mort à Bruges le 15 juin 1167. Ce n'est qu'après cette date que Charles a pu songer à faire un don au saint patron du pays de Liège. — En montant sur le trône de son père, le jeune Duc se rappelait-il les massacres des Dinantais et le pillage de leur ville auxquels il avait présidé au mois d'août de lannée précédente, sous le litre de comte de Charolais, et voulait-il par le don qu'il avait l'intention de faire, expier l'incendie de l'opulente cité que vainement, disent les historiens, il avait cherché à éteindre ? Son esprit inquiet et changeant, avait-il une autre satisfaction en vue ? L'histoire, sans doute, ne donnera pas de réponse à ces questions. Mais aussi est-il permis de se prévaloir de son silence pour admettre que l'œuvre conçue en 1467 n'a reçu sa destination qu'en 1471. Ce qui est certain, l'extrait des comptes que nous avons donné le prouve à toute évidence, c'est que l'année de son avènement le jeune Duc voulait faire un riche don k l'Église de Liège. Mais, à partir de ce moment , les événements se pressent jusqu'à la catastrophe qui, le 30 ociolu-e de l'année suivante, mit fin h la puissance politique de la principauté de Liège, en livrant sa capitale à l'incendie et au pillage. Au milieu des coups successifs que portait le Duc à un ennemi plus faible qui, à la vérité, le provoquait delà manière la plus audacieuse, une offrande faite à l'église du saint lutélaire de la principauté n'eût été qu'u!i non-sens ou une d.^rision véritable. Le don ne devint possible que plus tard, quand le ressentiment du 1 éméraire était asscivi , et à titre d'une expiation trop justifiée. A la suite de ces coni?idé:ations nous croyons à peine devoir 242 hiire ressortir encore deux circoiisiaiicos (|ui ai68 — Le jçroupe se détache sur lond blanc. Cette composition, d'un beau sentiment religieux, exécutée avec soin, montre l'excellent moelleux du burin de Suavius, et porte au bas ces mots : Vuhierat. est propt. transgressio. nostras et attrit. propt. mi- quitates nostras. Hans Liefriîick excud. Celle création est due h Raphaël ; Jérôme Wierix la grava aussi, mais sur un ciel sombre, avec la ville de Jérusalem au fond, le bloc où pose le Christ (ait d'une pièce, eî le groupe placé en sens contraira-, 18. Le Christ mort, près du tombeau, entouré des saintes femmes. 12. 3—9 avec la bordure I B | R | . il —7, 2 sans la bordure. Au devant d'une arcade à rustiques, construite en un rocher, est déposé le Christ, à droite sur le sol; il est entouré des saintes femmes qui le conlemplent et de St Jean qui soutient la Vierge affaissée et touchant le bras gauche de son fils. Le tout eniouré d'un cadre fait en guise d'embrasure, ombré, sans autre ornement qu'un petit rectangle blanc au milieu inférieur et portant la signature, Svavius. in. Sur la pierre du sol, à droite, est tracée en caractères faible- ment indiqués par de petites hachures la date 1554, que le M"^ Mariette dit par erreur être 1541. 19. Même sujet, avec cadre historié et en contre épreuve. 27,5—19, 2 j CdesE I . C'est la scène précitée, am|)lifiée aux côtés de manière à i - iim - mesurer 10,- :.ur 9,5 et encadrée cette t'ois d'une ordonnance dorique, dans le genre de ces ex-voto funéraires dont il est tant d'exemples de cette époque. Dans le tympan est Dieu le Père étendant les bras, accom- pagné de deux petits anges ; deux autres sont assis au sommet du fronton et regardent le Christ. Le tout est couronné par deux cornes d'abondance symétriquement posées et surmontées d'un vase (?) dont la partie supérieure est taillée de l'exemplaire que nous citons et le seul qui nous soit connu. Cet ensemble se détache sur un fond gris orné de méandres et découpures du genre dit cuir. Au socle de l'édicule, entre le« piédestaux, est un cartouche portant sur deux lignes ces mots : Notum sit vobis, viri fratres, quod per hune vobis remissio peccatoru annunciutur per hune omnis qui crédit justificatur. Plus bas, un second cartouche final dit: Hune lesum susci- tavit Deus. Enfin, en un détail de la découpure inférieure du fond, sont les noms et date H. Cock excudit 1567. Ce travail non signé est bien en rapport avec les travaux de Suavius; sa date est, comme on voit, celle de sa mort indiquée par la note d'Ulysse Capitaine. 20. Le Christ mis au tombeau. 17,0—20. 5. C. E. I B. I UL. | R. | En une grotte taillée, sept personnages entourent ou déposent le Sauveur dans un sarcophage en avant duquel est un vase. La composition a du mouvement, du naturel, mais plusieurs des personnages ont trop de raideur et les seules mains de la vierge sont entièrement visibles. Le clair obscur est assez bien établi sur plusieurs points de cette œuvre. — 270 — A l'angle supérieur de droite e>[ une labletle oblongue, por- tant ce texte : An ignoratis fialres quia quicumqz baptisati sumus in Cliristo Jesu, in morte ipsius liaj)tisali sumiis. A l'angle inférieur de gauche est un reciangle blanc, conte- nant la signature : L. Siiavins, inventor 1548. L'exemjdaire de l'Université de Liège, très-bien conservé, provient de la collection P. Mariette dont il porle au verso le nom avec la date 1770. 11 figura sous le n" 1563 à la vente Bor- luut de Noortdonck. Les épreuves de Paris et de Bruxelles sont aussi très-brillantes, et cette plancbe en tel élat sefait excellente sans la raideur de pose de la figure du premier plan. Qu'il soit permis de dire que notre exemplaire est d'un moelleux, d'une vigueur très-remar- quables. 21. St Paul, apôtre. 47.3 — 12. I C E 1 B I U L I R I En un intérieur dont la partie élevée est garnie d'un rideau, le célèbre converti, sous l'aspect d'un vieillard robuste, est assis sur un vaste socle qui précède uue niche servant de fond au personnage. La tête est chevelue, la barbe longue, le haut du corps nu et le bas enveloppé d'une ample draperie. La jambe gauche, ployée sur le genou de la droite, sert de pupitre au saint, lequel y soutient une tablette portant un feuil- let, où il écrit avec une plume d'oie, de la main gauche, tout en tenant l'écritoire dans la droite. Contre le dit socle, îi gauche, est posée une épée large et à droite est une t;ibleite poilanl cts mots : Qnamdiu sum gentium apostolus ministcrium meum honorifîcabo. Au bas du seuil, à droite, est la signature : Suavius. invtn., à - 271 ~ droite de la pointe de l'épée, sur le sol, est un trait que l'on prendrait pour le chifilYe 1, lequel peut n'être qu'un effjt du hasard. Celte œuvre dénote la maturité du talent, le burin sut y allier le moelleux et la vigueur à un haut degré; le dessin en est large, le modelé excellent, les draperies élégantes, parfniîement dis- posées et l'expression très-énergique. Seuls, le bras et la main droite laissent à désirer. Celte pièce est très-intéressante pour la délicatesse de ses tailles simulant l'aquatinle et Vasari la cite avec satis- faction. L'exemplaire de Paris est très-beau : qu'il soit permis encore d'en dire autant du nôtre comme vigueur. 22. St Pierre guérissant le boiteux. 30.8 ~ 42.S. I B. I UL. PREMIER ÉTAT. Sous un élégant portique d'ordre corinthien, occupant les deux tiers du fond à droite, et dans l'échappée de vue s'ouvrant à gauche, se trouve répandue une foule disposée avec talent, par groupes nombreux et animés. La scène se passe au moment de la sortie du temple, incident bien exprimé par la suite de personnages iravei'santle portique du second plan et les arches du troisième, tandis que sur le premier, au centre, se trouve assis, sur le sol, un vieillnrd presque nu dont le dit apôtre s'approche en lui tendant la main ouverte, vers laquelle se dirige la main crispée du perclus. Derrière celui-ci, près d'un chien couché, sont deux vieillards appuyés sur une balustrade ; auprès de St Pierre est St Jean ; - 2T-J - plusieurs groupes qui les enlourenl sont composés en général de vieillards coiffés de bonnets coniques. L'ensemble de la composition présente un grand caractère historique, pourtant la moitié de droite est infiniment supé- rieure à celle de gauche. En la |)remière, le boiteux et les deux vieillards qui l'accompagnent sont excellents de pose, d'inten- tion et de draperies ; silhouettes, dessin et modelé y sont réus- sis, de même que l'effet de lumière répandue sur le cortège surmontant ce groupe, laquelle est disposée d'une façon origi- nale et vraie. Les têtes sont expressives et les mains bien posées pour con- courir à l'explication du sujet. Il est à regretter que les deux apôtres soient les moins heu- reusement drapés; une partie de leur torse est nu et ils sou- tiennent leur manteau de manière à laisser croire qu'ils sont occupés à s'en vêtir ou s'en débarrasser. Le clair obscur de l'ensemble est bien compris, l'ombre y prime les clairs et l'aspect général a du moelleux ; c'est une œuvre savante, harmonieuse et certainement le chef-d'œuvre du maître dont Liège a droit de s'honorer. La composition s'étale sur un seuil horizontal occupant toute la largeur de la planche ; à partir de son milieu, vers la droite s'étendent deux tablettes portant douze hexamètres latins ayant pour sujet l'éloge de la charité. A l'angle supérieur de gauche, dans les nuages est un ange portant cette inscription dédicatoire : Sereniss. Simul ac Potentiss. Beyni ffungarici Viduœ Reginœ Mariœ ah Ausiria Divi Caroli Quint, Max, Cœsaris Germaniœ Sorori Cœteraruqz Provinc. Ducat. Comit. Insulari. Brab. Fland. Holan. Cohœredi Gnbeniatri. Piœ Castœ Felici. Dedicabat. A l'angle inférieur de droite sur une petite tablette sont ces mots : Iluius prototipi inven. Suavius. L'épreuve de Bruxelles est d'une vigueur remarquable. Zani, en son Encidopedia 1. 28, p. 179, décrit longuement cette pièce qu'il cite comme premier état et plus rare que le second. Deuxième état. G. des E. I B I UL I NH i R I Il diffère du précèdent en ce que l'inscription de la tablette susdite est remplacée par cette autre : Inventore ac cœlatore Suavio 1553. 23. Saint-Pierre en prison. 25, o— 18, 2. I CE ( Assis à gauche, au premier plan, sur la paille, ses chaînes fixées derrière lui à une croix grecque incrustée dans la mu- raille, il regarde à droite vers deux personnages auxquels il s'adresse et qui semblent l'écouler avec attendrissement ; au- près du saint est un vase. Au fond une porte entr'ouverte laisse voir un homme regardant le groupe ; cet intérieur esi éclairé par deux fenêtres grillées, l'une carrée, à gauche; l'autre, cir- culaire, à droite. Le dessin offre certaine raideur, le clair obscur est très- vigoureux et le burin présente bien le caractère de celui de Suavius. 24. Les saints Pierre et Paul conduits au supplice. 40 — 15. 2. I R i Ils occupent le milieu d'un groupe allant k droite, le person- nage que l'on peut croire être Saint Paul a le torse nu , les mains liées derrière le dos par une corde que tient un soldat — 274 — iiu-iêie et qui de la main gauche frappe les patients. Ceux-ci sont dirigés vers deux langées de soldats dont celui du premier plan montre du doigt le groupe principal. Tous paraissent sortir d'un ëditlce dont on ne voit , au premier plan, qu'un piedfcsial et une marche sur laquelle sont les initiales et la date L. S. 1553. L'ensemble bien composé et dessiné avec soin rappelle les œuvres italiennes de l'époque, mais le clair obscur, titrs- vigoureux manque de demi- teintes. Sujets profanes et allégories. 25. Hercule et Déjatiire. Médaillon .3, 5 avec bordure, 2, 6 sans. | B | Les deux têtes de ces personnages, posées ainsi qu'en une médaille, de protll. regardent h droite ; au premier plan est l'homme, barbu, d'âge niûi- ; au second est la iVmme, d'expres- sion gracieuse. La bordure les dé.-igne par k-s noms : Hercules Dejaniri. Au centre inférieur sont les monogramme et date : 15 SWL 54. Mais ajoutez une barre dans l'angle médian du W pour former l'A du nom de Suavius, ainsi qu'elle existe sur la gra- vure. Ce dit sujet est l'un des deux médaillons placés horizon- talement sur une même plaiiche ; le second, à droite, repré- sente, en buste aussi, Mekhior S< hels ei sa femme, voir n" 78. Cet exemplaire est h grande marge, détail très-rare pour les planches de Suavius, rognées pour la plupart. — 275 -► 26. Junon et Psyché. '25,S — 17,2. I II. L. I R I Celte composition prise d'entre celles que Raphaël peignit à la Farnésine à Rome, montre la déesse coilTée d'un diadème et assise sur des nuages. Elle étend les bras en signe d'étonnement à la vue du vase de Proserpine, que Psyché agenouillée lui présente. Une tablette placée dans les nuages , servant de siège au groupe, porte ces abréviations des noms d'auteurs : Rapha. inven. et plus bas L. g. L'ensembie a de la grandeur, mais l'anatomie du torse de Junon est trop accusée. L'exemplaire de l'université de Liège est irès-vigoureux. 27. Vulcain. 19.7 — 11 I U. L. I Encadré par une niche, coiffé d'un bonnet phrygien, ce Dieu, de stature vigoureuse et bien prise est en l'acte de frapper d'un marteau, qu'il lient élevé des deux mains , en regardant vers la droite où il semble diriger son effort. A ses pieds sont posées une enclume renversée, une pince et un marteau. Le clair obscur est indiqué par masses bien disposées, d'en» semble très- heureux. Cette pièce n'est pas signée mais le burin de Suavius y apparaît. Cet exemplaire porte au bas, mais écrits, les mots suivants que la planche porta peut-être : Aurea : mi conjunx Venus est Saturnia matri. — i76 — Sur la gravure deux petits détails, posés près du pied qui est II droite, resseir.blenl assez le premier, près du talon, à un 5 et le second sous l'orteil au chiffre 12 ; il n'y a peut-être là qu'un effet du hasard. Les Grâces. aO — 2S.8 I c. E. I Debout, le haut du corps et les bras nus, posées sur une même ligne au premier plan, elles se détachent sur un fond tait d'un mur que surmonte un ciel. La figure de gauche, tournée du même côté, pose le pied droit sur une urne renversée d'où s'échappe un flot; elle tient en ses mains une colombe. La femme du milieu, vue de dos, tourne la tête à droite, de profil ; elle a aussi le pied droit sur une urne semblable à la première et tient en la main gauche une touffe faite de deux épis et de graminées. La main droite tend vers des fruits que porte en sa tunique la figure placée h droite. Celle-ci a près d'elle un panier en osier, en forme de vase, aux oreilles duquel pendent deux glands ; enfin toutes trois sont couronnées des feuilles d'olivier consacrées aux grâces. Cette gravure d'une grande vigueur de clair obscur et d'un modelé gracieux, présente tous les caractères des œuvres de Suavius en leur complément, surtout en la figure centrale. Ces figures ont vingt centimètres de hauteur et sont l'une des pièces les plus importantes sorties du burin dont il est question. 29. La Sy bille Libique. 47.5 — 8.2 I C. E. I Debout, devant une niche, tournée vers la gauche, de profil; — m — l'ensemble en est agréable ; au bas est le titre S. LIBIGA et au dessous du chambranle de droite est un petit carré contenant les initiales L. S. 30. La Sybille Persique. -17. s — 8.2 I C. E. I Allant à gauche, elle lient de la main droite une tablette et de l'autre main montre à gauche. Au bas est un petit carré pareil à celui de la planche précédente, mais vide ; au milieu inférieur on Ut : S. PERSICA. Statues de femme, style antique. Mariette en connut dix, qu'il nomme Sybilles, plusieurs au- teurs, entr'autres Passavent, en citent douze, mais ne nomment que les deux susdites, les seules titrées que nous soyons par- venu à rencontrer. Il est donc probable que les dix autres furent prises parmi les dix- huit figures suivantes , représentant des statues de femme, drapées à l'antique, dans le goût de celles qui précèdent et de dimension analogue. Un catalogue les cite comme suit : « Ces douze sybilles ont leurs attributs, la première est marquée La7nbertus Lombardus inv., puis L S, petit in-4°. « L'on verra qu'il s'agit là, sans nul doute, du n° 44, ci-après. Passavent parlant de celte pièce dit que l'exemplaire in-S" qu'il en a vu « ne porte pas cette indication et paraît être une épreuve d'artiste. » Chacune de ces figures est debout devant une niche semi- circulaire, plantée à cru, toutes de proportion svelte, en des poses animées, nu-lête, coiffées avec goût et drapées élégam- ment. Elles sont composées dans le genre antique, mais avec — â78 — raturé des coilTuros , l'nfTéterie de draperies particulières aux statues de la renaissance; ici pourtant ce cachet existe sans exagération. Le dessin en est gracieux, le nu exactement indiqué par masses, le clair obscur très-vigoureux et bien répandu. Le cabinet des estampes à Paris en possède bon nombre, comme on va voir. Ces planches ont pu être négligées par les collec- tionneurs faute de signature, et les artistes ont dû les recher- cher comme variété de motifs. Deux seules d'entre celles qui vont suivre porieiU preuve d'auteur. Nous leur donnons titre d'après accessoire ou particularité de pose et les classons selon leur proportion qui diffère de peu. 31. Figure indiquant à gauche. Première grandeur, 18.5 — 8 | G. E. | De profil, regardant à gauche, de la main droite elle montre le sol et de la gauche soutient sa draperie. Le socle où la ligure pose est teinté, en son milieu est un rectangle blanc. 32. Figure au livre et chiffre 3. Première grandeur 18,5 — 8,2 | G. E. | i Le corps de face, la tête de profil ; tournée à gauche ; le bras gauche est pli' en la draperie et la main droite tient un livre. Le sol se prolonge au-delà de la niche dont l'angle inférieur de droite porte le chiffre 3. Les écoinçons du haut portent un rectangle blanc dont l'angle intérieur est coupé selon l'arc de la niche, de même qu'en la planche suivante. — 279 — 33. Figure au chiffre 5. Première grandeur 18 — 8,6 | C. E. | De profil, tournée à gauche ; elle retient de la main droite son manteau sur la poitrine et le soutient aussi de la main gauche qui est baissée. L'ensemble est très-distingué comme sentiment et style. Au bas à droite est le chiffre 5 ; le cartouche des écoinçons est un croissant blanc, cornes en haut , surmonté au milieu inférieur d'un demi-cercle y faisant corps. Les quatre statues qui précèdent et les dix suivantes sont en des niches dont la face est uniformément teintée sans nulle ornementation. 34. Figure au poing sur la hanche. Deuxième grandeur 47.5 — 8.5 | C. E. | R. | Allant à droite, tournant la tête à gauche, elle appuyé la main droite sur la hanche et de la gauche tient le bord inférieur du manteau. La stature est bien prise, l'ensemble distingué ; le socle sur lequel la figure pose est blanc, limité par la seule trace du cuivre, mais le pied y porte ombre. 35. Figure au manteau retenu siir la poitrine. Deuxième grandeur 17, S — 8,2 | C. E. | A peu près de face, laissant tomber le bras droit et de la main gauche retenant le manteau sur la poitrine. — 280 — 36. Figure à la draperie nouée sur le dos. Deuxième grandeur 47,5 — 8,3 | C. E. | U. L. | R. | Vue de dos, la lête inclinée à gauche, elle retient son man- teau de la main gauche ; sa coiffure se distingue aussi par un rul)an passant sur la chevelure et noué à droite. Draperies soi- gnées, dessin gracieux. 37 La liseuse. Deuxième grandeur 17,^5 — 8,4 | G. E. | U. L. | De face, drapée et posée avec grâce, la lête inclinée à gauche, elle regarde un livre qu'elle tient des deux mains. Le sein et le haut du bras gauches sont découverts ; dessin correct. Sous l'angle inférieur de droite est le monogramme L. S. 38. Figure indiquant à droite. Deuxième grandeur 17, ;i — 8,4 j C. E. | De face, montrant de l'indicateur droit le sol ; pose et drape- ries très-belles , clair obscur excellent. 39. Figure vue de dos, au monogramme L. S. Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | C. E. | De dos, regardant à droite, d'ensemble très-distingué; au bas, sous l'angle de droite, sont les initiales L. S. — -281 — 40. Figure soulevant son voile. Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | CE. | R. | De face, regardant à droite, tête en profil; la main gauche soulève le voile et le bras droit tombant est couvert par la draperie. Une torsade de cheveux descendant sur l'épaule dis- tingue la coiffure. 41. Figure montrant son manteau. Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | C. E. | R. | Allant à droite, de protil, soulevant son manteau de la main droite et le montrant de la gauche. 42. Figure à la tablette. Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 t C. E. I R. | Femme âgée, allant à gauche en soutenant contre elle, de la main droite, une tablette. 43. Figure vue de dos au tronc d'arbre et fond blanc. Deuxième grandeur 17 — 9 — 8,4 | C. E. 1 Sur fond blanc, près d'un tronc d'arbre s'élevant à droite, elle va à gauche, la tête tournée à droite et montre le sol de l'indicateur de gauche. Faible de composition et de gravure. 28-2 — Figure à la niche coupée. Troisième grandeur 15,7 — 8, 5 | C. E. | En une niche dont l'arc supérieur est omis, laquelle est ornée d'une astragale continuée aux monta'its du chambranle, une femme jeune est debout, vue de face et tète de profil, regardant à droite. Des deux mains, elle lient une draperie passant sur la tète. Cette figure ost charmante, du meilleur stylo et le burin y rivalise avec la grâce de la pensée. Cette œuvre présente un double intérêt artistique sa lettre citant : Lambertus Lombardm inven., mots en italiques accompagnés du monogramme L. S. Cette œuvre et la charité n" 58 sont les seules que Suavius désigne co nme étant collectives avec son beau-frère et toutes deux honorent leurs auteurs. Quatrième grandeur. De même disposition que les sujets qui précèdent, les quatre figures ci-après posent sur un sol non limité au bas par un trait mais continuant le blanc du papier. Le haut de la niche a deux cartouches blancs, plats et variés h chaque planche. 45. Statue à la lampe sépulchrale. Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. ( De profil, regardant à gauche, elle tient de la main droite une sorte de lampe sépulchrale ouverte du haut et terminée à droite par une tête d'oiseau. Les cartouches ont la forme d'un écusson allongé horizontale- ment, de même que pour les deux planches suivantes. — 283 — 46. Statue à la couronne murale. Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. | De même pose que la précédente, elle est coiffée d'une cou- ronne murale dont les crénaux sont disposés en encorbelle- ment. 47. Staiuc à la fivirlati'^e. Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. | Posée comme les deux précédentes, elle élève une guirlande terminée par des rubans. Statue à la lyre. Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. | En pareille attitude aussi, elle tient une lyre à trois cordes, les cartouches offrent un triangle curviligne. Toutes ces figures bien composées, de bon effet, quoi- qu'avec un peu de raideur, sont en rapport avec les travaux de Suavius. 49. Statue d'adolescent, d'aprèa l'antique. 28 — 11,5 I c. E. I De face, la télé légèrement tournée à gauche, ayant les bras mutilés, cette belle ligure du meilleur style porte tunique et — 284 — manteau s'arrêtant au-dessus des genoux ; ses brodequins sont ornés de têtes de lion. Elle est debout sur un tertre d'où s'élève un tronc d'arbre conire lequel est un bouclier, placé derrière le pied gauche du personnage. Le tout parfaitement dessiné se détache en clair sur un fond uniforme, assez teinté. Le burin y est bien celui du graveur dont il s'agit. L'exemplaire que nous citons est rogné de côtés et du haut ; nulle lettre n'existe sur cette œuvre d'ensemble très- agréable. 50. L^ homme à la hampe. 19,"2 — 8,3 I G. E. I U. L. CoUec. l". G. i Dans le genre des figures de la suite des Apôtres, ce person- nage, entouré de détails architectures, est debout, appujé contre la base d'une colonne ; tourné vers la gauche. La tête est de face, il lève vers le ciel les yeux, sans prunelles, et tient de ses mains élevées une hampe, tronquée ainsi que les doigts par le champ de la gravure. L'ensemble est bizarre, la pose raide, la draperie sans grâce et le clair obscur assez satisfaisant. L'épreuve de l'Université de Liège est à toute marge, ne porle nulle lettre, mais est certainement du dit graveur, vu son rap- port avec le Christ au tombeau de 1548, n" 20. Au verso sont tracés, au crayon, ces noms et date : P. Ma- riette, 1667. Cet exemplaire et celui de Paris sont très-vigoureux de clair obscur. 51. Slahtes de Heine et Hoi mitiques, j» isuniiieis. "25,0 — 16,8 I G. E. I Sur un socle, orne au centre d'un cartouche blanc, sont - 285 - debout deux personnages dans l'altiiude et le costume que les sculpteurs romains antiques donnèrent aux chefs du nord vaincus. Ici ils sont debout, vus de face, l'homme est à gauche, a les bras tombant et les mains rapprochées. Il porte la barbe petite, deux longues mèches de cheveux, tordues, descendent sur la poitrine, un bandeau lui ceint le front ; des braies, une tunique et un manteau composent le costume. Sa compagne, à droite, a pour particularité de coiffure, deux tresses faisant symétrie avec les boucles du premier et les mains sont couvertes par les draperies. Les regards des deux figures se portent vers la gauche; la disposition générale est élégante, le clair obscur réussi et le travail présente bien le velouté du faire de Suavius. 52. Même sujet . 25 — a — 46,8. 1 G. E. | De même disposition que dans le groupe qui précède, mais drapés différemment; l'homme se tient aussi les mains, est coiffé cette fois d'un bonnet phrygien et porte chevelui-e courte. La femme a le front ceint d'un ruban, les bras tombants et les mains cachées par la draperie. La base portant ces figures a une corniche, détail qui n'existe pas h la planche précédente ; le burin de celle-ci est rude, en dehors de la manière de Suavius, qui pourtant y est rappelé par les tailles du fond et de la base. Les deux exemplaires précités ont été taillés par le milieu, mais leur rapprochement permet de constater que nulle abla- tion n'y fut produite. 53. Statues d'une jeune fille et sa suivante, style antique. 28,2 — 16. s. 1 N. H. I Dans le genre des deux groupes précédents sont deux figures — 286 - debout sur un socle, lequel est orné sur sa tace d'un cartouche horizontal, blanc. Au-dessus, ii gauche, est une jeune femme de haute stature, bien proportionnée, coiffée de tresses entourant la tête, retom- bant l'une à droite sur la poitrine et l'autre en arrière. Elle porte souliers, tunique ceinte d'un cordon et manteau frangé, qu'elle retient de la main droite et du bras droit plié contre la hanche gauche. La seconde figure est à droite, âgée, en une pose plus humble, a les bras allongés et les mains se tiennent. Le costume est composé : de souliers, de braies larges nouées à la cheville, d'une tunique descendant jusqu'au milieu du tibia et d'un ample manteau passant sur la tête. L'imberbe de cette statue, la forme de la partie visible de la poitrine et aussi la place qu'elle occupe, c'est-à-dire donnant la droite, permettent, malgré les pantalons, d'y voir une femme de condition modeste, s'effaçant à côté de la prestance aisée de sa compagne. Le dessin en est correct, les draperies étudiées avec beau- coup de soin et disposées avec goût. Le clair obscur est très- moelleux et le tout se détache sur une teinte foncée, mais irré- gulière dans le distancé des hachures. Nulle lettre n'orne cet exemplaire, lequel est peut-être un peu rogné, aucune trace de marge ne s'y rencontre. La disposition identique de ce sujet avec les précédents permet d'y voir une sorte de pendant représentant aussi des prisonnières antiques. Allégories. Les vertus tliéoloyales. 7,8 — 6,5. Chacune de ces personnifications est représentée par une femme assise eu une niche, cintrée et architeclurée. Quelque — 287 — petite qu'en soit la dimension , toutes ont cet aspect de gran- deur que Michel-Ange imprimait à ses œuvres, caractère que Lombard sut s'assimiler souvent. Ici les proportions sont belles, les têtes agréables et les draperies bien agencées. 54. La Foi. 8 — 6,5 I R. I Élégamment posée, coiffée d'une calotte ecclésiastique et couverte d'une ample draperie sauf une partie de la poitrine et le bras gauche ; elle montre et regarde un Christ qu'elle tient sur le bras droit. L'ensemble d'aspect agréable et vigoureux de clair obscur atteste un talent aux aspirations grandioses et distinguées. Nulle lettre n'orne cette série, mais leur travail s'accorde avec la citation des vendeurs à leur sujet, nous les tenons de la vente Boerner à Leipzig, 1872, n° 2179 du catalogue. 55. L'Espérance. 8 — 6,5. I R. I Nous nommons ainsi une tîgure de disposition générale iden- tique à la précédente, mais sans emblème caractéristique. Néanmoins tout en elle la ferait prendre pour la personnifica- tion de l'attente. C'est une femme robuste, vue de face, coiffée et drapée avec goût, les mains croisées sur son géron. La tête légèrement inclinée vers la droite, elle fixe avec force un point de l'espace et semble près de se mouvoir. 56. La Cfiarilé. 8 — 6,5. I R. I Assise et amplement drapée, elle tient deux «nfants debout -288 sur bcs genoux; ce groupe remplit presqu'cntièrement l'arcade qui l'entoure. La partie supérieure est bien disposée, l'inlerieure trop massive en ses draperies. 57. La Charité, d'après Lombard. J3,6 — 18,;^ I G. E. I B. I Ici le sujet est pris dans sou acception la plus gracieuse, étant représenté par une jeune femme souriante, accompagnée d'en- fants folâtrant; le tout sous l'image de l'affection naïve. La per- sonnification de l'heureuse vertu est assise en une niche que précèdent deux piédestaux de colonnes cannelées. Elle tient sur ses genoux deux des petits dont l'un l'embrasse sur la joue tandis que l'autre, posé à gauche, tend les bras et saisit une grappe de raisins d'un plateau que lui présente l'un des enfants. Celui-ci est debout sur les deux degrés du siège de leur protec- trice, entourée de huit de ces jeunes espiègles, tous en des poses pittoresques et variées. L'ensemble rappelle les compositions de Raphaël, le dessin en est soigné, le clair obscur appliqué avec talent, le burin flou, harmonieux. A l'angle inférieur de gauche, sur le seuil, sont, comme pour la planche n" 44, les noms Lambert Lom. inve,, en italiques et au-dessous les initiales L. S. Comme renseignement, nous en citerons une copie contre épreuve, mesurant -2-6 — 48,8 I C. E. I Elle est d'un burin moins expérimenté, et manque du moel- leux qui distingue la première. A la corniche du piédestal de — 289 — gauche est celte indication ^ 14, que nous croyons signifier aetatis 14, signalant quelque talent précoce; sur le seuil, à droite, est la date 1563. Les Vertus cardinales. La seule que nous connaissons est semblable, pour la dispo- sition générale, aux trois allégories précédentes, Nagier et Passavant les citent toutes quatre, le second les dit signées. Le catalogue Wouters en cite in-8°, mais sans preuve d'au- thenticité, car il ajoute:» peut-être de Suavius, dans la manière de Marc Antoine. » Ce caractère est présenté par les trois vertus théologales pré- citées et par la vertu cardinale que voici. 58. La Force. 7,8 — 6,5 I B. I De profil, tournée à droite, elle soutient sur son genou gauche un tronçon de colonne; la draperie est bien disposée et le clair obscur de bon effet. Concernant ces allégories des vertus, il est facile de com- prendre la confusion qui a pu exister entre celles de Suavius avec les mêmes sujets composés par Lombard, gravés par Hans Golhiort et qui mesurent 10'' sur 6%8 pour les Théologales, 12,3 — 7,8 pour les Cardinales. Toutes sont d'un burin se rap- prochant de celui de Suavius, nulle ne porte de marque. Celles de ce second format sont accompagnées d'un pendant intilHlé Coynitio, ou connaissance de soi-même, signé des deux dits artistes et de l'imprimeur Cock, avec la daie 1557. — 290 — 59. L'abondance. H — n, y compris l'inscription l'entourant | R. ( Au devant d'une niche, dont la coquille est à rustiques, elle est debout, tournée à droite, drapée à l'antique, portant dia- dème et tenant une corne d'abondance dont elle verse le contenu, composé de médailles ou monnaies à toutes effigies. La pose est gracieuse, mais la proportion trop svelte. Ce sujet est encadré de trois côtés à 15 millimètres du bord par des mots en grandes lettres romaines, espacés comme suit : à gauche Hubertas,en haut Aureti, à droitp Saeculi, foimant jeu de mots sur les noms de Hubert Goltzius, dont cette planche est la marque (' ). Quoiqu'elle ne soit pas signée, sa similitude avec les Sybilles de Suavius nous la lui fait attribuer. Notre exemplaire prove- nant de la collection T. Camberlyn, dont elle porte le cachet, tient au verso ces mots au crayon : Suavius fecit, surmontés d'un H. Hamal ï Cette pièce figure au catalogue de la dite vente sous le nom de notre graveur, au n" 3528. Cependant l'iconophile allemand Harzen dit que « cette marque doit avoir été gravée par Goltzius d'après un dessin de Lambert Lombard. » Nous n'y voyons pas le caractère du dessin de ce peintre, mais bien l'excès de sveltesse qui distingue la plupart des figures tracées par Suavius. Ses statues de femme peuvent servir de comparaison pour le présent objet, indépendamment de son rapport comme burin. Et si l'opinion de l'auteur précité prévaut quant à l'invention, cette œuvre peut donc être un don collectif des deux artistes {*) Voir la biographie de C.oltziits par M. J. Weale dans le Beffroi, Bruges, i868. 291 liégeois, et bien explicable, l'un ayant été on le sait le maître de Goltzius, comme peintre, et l'autre comme graveur, selon toute probabilité. 60. Un Prince uveiiyk' eittourc de. ses conseillen. 25,5— 20. I C. E. ! R. I En un intérieur architecture, dont le haut est orné d'une dra- perie, est assis au milieu un vieillard drapé k l'antique, coiffé d'un bonnet genre phrygien. Il est vu de face, baisse les yeux et des deux mains jointes tient le sommet d'un bâton dont la base pose sur le giron du personnage. Celui-ci et son siège élevé de deux marches occupent une grande partie de l'espace, ii l'en- tour de ce groupe sont rangés douze vieillards debout, drapés, quelques-uns portant même bonnet que leur chef. Tous ont les mains coupées et tendent leurs moignons vers le Prince. Le sujet n'est terminé au bas par aucune ligne, la trace du cuivre y est rejointe par l'ombre d'une tablette placée à gauche, portant ce texe de langage ludesque suranné : Dese figure soo Andréas Alciatus Verhaelt, Beteeckent een oprecht Prince met bynen raet. Die naer giseen ein gauen int oor- deelen niet en taelt, Nock en aensi et eenige persoonen tôt syîider baet. Sur le sol on lit : Siet toe wat ghy doet, want gliy en hout dat gerecht des menschen niet, maer den Heere, ende hy is met vint gerechte, Paralipo : 19. Enfin, sur un espace réservé à droite est cette troisième inscription : Jesaias. V. — Weev du den hoosen rechtueerdicht om gauen, endde ontneempt het recht den gerechtigen. La seconde est donc le verset 7 du chapitre indiqué, disant : — ^912 - « Prenez bien garde ù tout ce que vous ferez, car ce n'est, pas la justice des hommes que vous exercez, c'est celle du Seigneur et tout ce que vous aurez jugé retombera sur vous. » La scène étrange dont il s'agit est d'un bel ensemble, formée de groupes assez bien disposés et composés de figures dont certaines ont trop de raideur. Le clair obscur est vivace, les ombres y dominent de beaucoup, les tailles sont fines, serrées, rappelant Suavius. Cependant certains détails et la calligraphie ne nous ont pas entièrement convaincu que ce maître en fut l'auteur. Néamoins nous la plaçons ici h cause de l'avis de Pierre Jean Mariette qui, parlant de celte œuvre, dit que malgré l'absence de nom ou marque « on la croit incontesta- blement de L. Suavius. » Il l'a décrit comme suit : « Un prince équitable et judicieux fermant les yeux à tout ce qui pourrait le distraire de rendre justice et écoutant les avis de ses conseillers qui n'ont point de mains, pour marquer que les personnes de cet estât ne doivent point se laisser corrompre par les présents ; cette pièce emblématique est de la gravure et de l'invention de Lambert Suavius. » 61. I^es Uoliémif-nfi '! J0,7 — 9,4 I G. E. I Hri D. | Sept personnages, se détachant sur fond blanc, marchent de front, allant vers la gauche, précédés d'une sorte de pître mai- grelet d'un sérieux comique, lequel paraît commander à cette troupe. Il tient une dague, est coiffé d'un bonnet dont le bord est relevé sur le devant, il porte une camisole passée sur un sarreau, ceint d'une sangle soutenant une aumônière. Ses pan- talons, amples, sont serrés par des cordes au-dessus et au-des- sous des genoux, ainsi qu'ù la cheville de la jambe gauche. D'entre ses compagnons, le premier est vu de dos, le poing — 293 — sur la hanche; il porte chapeau mal tapé, petit manteau sur l'épaule gauche, tunique, pantalons et chausses. Le second est un vieillard courbé, coiffé d'une draperie en torsade, ayant à la ceinture une bourse et un poignard; il pose la main sur la tète d'un petit garçon portant un chien. Suit une femme portant un vase sur la tète et daïis ses bras un coq et une poule, elle est chaussée de sandales à deux talons ou supports. Enhn la rangée se termine par un homme et deux femmes sans particularité et cachées en partie par le conduc- teur susdit; sur le sol, au premier plan est une touffe d'herbes. Le groupe traité quelque peu en manière de charge, ofire une variété de types, et le burin en est agréable, Ihii et bien de Suavius;ce n'est certainement pas la même planche qui parut à la vente, faite h Vienne, de la collection Georges Rath, 1869, le catalogue disant au n" 1170, « de Lambert Suavius, hommes et femmes, allant à un sacrifice, très-rare. » Ce titre doit s'appli- quer à une sorte de frise représentant un sacrifice, composée par Lombard, qui la signa L. LOiM. mais elle n'est pas gravée par Suavius, quoiqu'elle ait figuré sous son nom à la vente Boerner à Leipsig, octobre 1872. Afin d'écarter toute confusion au sujet de la planche que nous intitulons les Bohémiens, il faut savoir qu'il en existe une Contre épreuve, De môme dimension [ H''. D. | Original ou copie? par le graveur Jacques Binck, né à Nurem- berg ou à Cologne. Cet élève de Marc-Antoine, fut graveur de Christien II, roi de Danemarck, parcourut les Pays-Bas de 1548 à 50, habita Anvers pour y surveiller certains travaux et mou- rut à Rome vers 1568. L'exemplaire dont il s'agit fut noté au catalogue de la vente Borluut de Nortdonck comme suit : « Jacques Binck, n" 65. Une famille composée de huit per- sonnes, parmi lesquelles un enfant et une femme portant une — -29 i — cruche sur la lète el dirigeant ses pas vers la di'oile; posée en largeur. Celte estampe porte le monogramme de Binck mais elle n'a probablement pas été gravée par cet artiste. » Comme particularité elle n'a pas la touffe d'herbes de la planche qui précède, à laquelle elle est intérieure comme travail; ce qui nous engage à y voir une copie d'après Suavius. 62. Allégorie héraldique du couronnement de l'empereur Maximilien. Médaillon, 9 c. de diamètre | R | En une embrasure circulaire, entourée d'une bordure à ins- criptions, sont cinq têtes disposées ainsi que des curieux regar- dant d'une f nêtre dans la rue et représentant quatre petits anges, posés symétriquement autour d'une femme. Celle-ci en buste occupe le milieu, est coiffée et vêtue avec élégance, la poitrine ornée d'un cœur de grande dimension, les mains croi- sées s'appuyant sur un cartouche à inscription. En avant de cet objet elle lient une couronne h pointes à laquelle est suspendu un blason aux armes du St-Empire, accompagnées de l'épée et du sceptre. La bordure extérieure porte ces mots : Maximilianus ■ Borna • et ■ Bolie • Rex • Coronat ■ nit ■ no- vem. anno 1o6i2. L'iiiscriplion du cartouche dit : Coroné est un Roy par charité : Qui maintiendra justice et vérité. Auprès de la dite date est posé en sens inverse, le nom : — 295 — Suavius, les deux S mis à coiili'e sens tandis qu'elles ont leuj- direction ordinaire dans les textes qui l'accompagnent. On sait que Maximilien II fut élu roi des Romains, le 30 no- vembre 1562. Personnages historiques et portraits. 63. Marins sur les ruines de Carthaye. (Titre donné par le catalogue de la collection léguée par M. Ulysse Capitaine h l'Université de Liège.) 17,3— 12. I CE I U. L.,Coll. U. C. \ Au milieu de ruines bien architecturées est assis un homme d'âge mûr, d'expression (niergique, barbu, dirigeant ses regards vers la gauche. Il est drapé à l'antique et tient de la main gauche un bâton de commandant , sculpté de feuilles de laurier. L'une des jambes est chaussée et liée à la manière des cam- pagnards italiens dits ciucciari, l'un des pieds est posé au pre- mier plan sur un seuil, à droite duquel est la signature : SVA- VIVS, iNVE ; suivie d'un groupe des trois lettres, A L M, enche- vêtrées. Ce dernier signe est donné par Mariette pour la date,anno 36, c'est-à-dire 1SS6, l'M, fait en partie par l'L, pouvant donner VI. L'épreuve de l'Université de Liège est d'une belle vigueur de clair obscur ; et cette figure disposée avec mérite forme un beau pendant au St-Paul n° 21 , qui a les mêmes dimensions. Ils font peut-être partie d'une suite, mais en attendant preuve le titre susdit est bien trouvé: cette pièce porte au verso la suscription P. Mariette 1767. 64. Tibère en buste. U,9 I K I Sur un l'ond en o^uhe de niche sans cinlre, se dëlaclie un disque à bordure et fond hémisphérique en creux, devant lequel est la dite tigure, vue de trois quarts, laurée, regardant à gauche, élevée sur un double socle. Sur la bordure susdite, et en lettres romaines simulant le relief, sont ces mots : Tib. Cœ.mr Augusli imperat Vil ; Sur le socle teinté touchant au buste : Ànno Domi 16. Sui- le socle blanc servant de base :iu tout est ce quatrain : « Sous ce César premier des inhumains Mesme a son sang en dits et faits iniques Forçant la Vierge et la couche impudique Fut mis en croix le Sauveur des humains. » Au somme! du disque cité est un mascaron sarcastique; le fond où se détnche le portrait simule la craquelée, comme Sua- vius la produisit pour diverses autres pièces du genre, et le burin de la présente planche dénote, en son beau fini, le travail du dit maître liégeois. Douze personnages romains antiques. Clmciin (>n un cuiJrc ovnle, 4 — ;^,:2. | N. H. | Bustes entourés d'une bordure à fond blanc où sont les noms et titres, et .se détachant sur un rectangle teinté, le tout d'un aspect claii' et d'un beau fini. — 297 — 65. Octaviiis Augus. pater. De pi'olil, regardant h droite, jeune, imberbe, agréable de type. Valeria . Mesa . CAa . Jinp . Vxor , De protil, tournée à gauclie, jeune, coiffée d'un bonnet de perles, à bord formant couronne et retenant une tresse, laquelle posée en volute à la nuque s'élève en serpentant vers le front, où elle se perd en une touffe de cheveux. 67. Gn . homitius . Neronis . imp . Pater . De protil, tourné adroite, tigure âgée. 68. Popea . Sabina . Neronis . imper . Vxur . Figure de trois quarts, tournée k droite, la coiffure est ornée d'un bandeau sur le haut du front et d'une torsade de perles ; la draperie est retenue par un bouton à l'épaule droite. (^9. Aiili . ViteUiu.s . German . imp . aug . p . m . t . p . Agé, replet, imberbe et lauré. — 49« — 70. Amiius . Verus . M . Anlonini . Im]) . Pater . De protil, tourné k droite, barbe courte et touftue, clievelure ideiu. L's du premier nom est à rebours. 71. Aurélia, mater C. G. A peu piès de f;ice, regardant à droite, âgée, coiftéo d'un bonnet de linge dont les barbes tombent sur les épaules. Celte figure est la plus finement exécutée de la présenie série. 72. Domicilia. Vesp. Imp. filia. Elle regarde à droite, est coifl'ée d'une couronne de perles, dont une carrée au milieu; cette couronne est surmonlée de touffes de cbeveux et le chignon est en une résilie. La tète est gracieuse et jeune ; comme pour les suivantes, le profil se détacbe sur un fond teinté, le reste sur fond blanc. 7;-}. Arricidia. F. Tertulia. F. Vesp. Vxor. Le profil tourné à droite est jeune, les cheveux en torsade entourée d'un petit ruban, laquelle serpente aux tempes, puis est roulée quatre fois au haut de la têre. — 299 — 74. Antonius. Aug. plus. PP. Pater. De protil, tourné à droite, il porte barbe courte, bouclée comme la tête, qui est laurée ; les rubans de la couronne des- cendent sur le dos. Au bas du cadre et comme lui servant de base, est un rec- tangle blanc portant cette signature: SvAVIVS, la seule que possède la présente suite. Faustina F. Aug. PU. filia. De face, coiffure ornée de bandeaux de perles, surmontée de touffes de cheveux et d'une torsade ; une draperie ou ruban large descend de la téle vers la nuque. 76. Crispina Augusta. De profil, regarde à gauche, figure jeune, coiffure élégante. Voir, de la même série, les n»' 103, 104 et 105 ci-après. Les douze qui précèdent firent partie de la collection du cha- noine Hamal ; le n" 74, par sa signature, a l'avantage de lever un doute, divers auteurs ayant attribué ces œuvres à Le Rosso, florentin, peintre et graveur contemporain de Suavius. 77. Portrait buste de Lambert Lombard. Rond 9,7 I C. des E. | UL. | NH. | . R. j Vu de profil et regardant vers la droite, la tête occupe la plus grande partie du champ d'où elle se détache en vigueur, lequel ;^(jo est teinté d'une seule rangée de traits horizontaux donnant un ton uniforme. Il est entouré d'une bordure simulée au moyen de lignes circulaires. Dans le champ de celle-ci, en lettres romaines, sont les mots : Lambertus . Lombardus . pictor . ebii- ronensis. Le célèbre Liégeois y paraît nu tête, dans toute la force de l'âge mûr, une organisation puissante se révèle en cetie phy- sionomie robuste, au front vaste, bombé, orné d'une chevelure courte el crépue. Les yeux, au regard pénétrant, paraissent sonder l'espace, y poursuivre un but avec une volonté invin- cible. Expression confirmée par celle des lèvres à peine visibles et néanmoins si bien accusées entre les moustaches touffues dominant une barbe très-agréablement vermiculée. Le costume se compose de trois vêlements, dont deux à bou- lons, sur lesquels tombe un petit collet de linge et le pardessus qui est à larges revers. Quoique cette œuvre ne soit pas signée, elle ot!re une trop grande analogie de burin avec les précédentes, pour ne pas être attribuée au même auteur, et la calligraphie elle-même con- court à cette certitude. L'esprit du modèle .semble y avoir été parfi^itement rendu el l'on doit une expression de reconnaissance à Suavius, qui sut nous léguer les traits parlants de celui qui mérita d'être regardé comme le restaurateur des arts au pays de Liège. 78. Portrait de Baltliasar Schetus. Médaillon, 8,5 avec bordure, 6,0 sans | C. des E. j ^. H. | En buste, d'âge mûr, cheveux courts, barbe divi.sée et mous- taches; vêtu d'un col de linge, d'un justaucorps à raies horizon- tales, boutonné, sur lequel passe une chaîne à double rang ; un manteau complète le costume. 801 Sur le fond, à gauche, esl un heaume, de face, surmonté d'une aigle éployée ; à droite du personnage est un blason écartelé aux l'"'" et 4 à une aigle volant à dextre; aux 2 et 3 à un dragon couronné, volant aussi à dextre, ceux-ci sur fond teinté quoique sans hachures héraldiques, les aigles sur fond blanc. Le tout se détache sur un fond simulant un creux hémisphé- rique. La bordure circulaire du cadre porte les noms : Baltlmsar Schelus D in Hoobocken, 1561. Au bas est signé sVAVIVs, les S posés en sens inverse. Balthasar Schetz était numismate, étude partagée par plu- sieurs membres de sa famille. Goltzius le cite en son Jules César et Goropius lui dédia le 6*" livre de ses Adiiatica. Le cuivre de son portrait précité fut employé comme preuve historique par l'écrivain Jacques Leroy, h la page 369 de son livre intitulé : Notitia Marchionatus S RL sive agri Antverpiensis; libri \ U.Amsterdam 1678. 79. Portrait île Melchior Schets et de Anna van Stralen, sa femme. Médaillon, 3,7 avec bordure, 2,7 sans. | B. | Tournés à droite, de profil, en guise de médaille, ils n'offrent rien de caractéristique, le mari se présente le premier avec cheveux courts et barbiche; le haut de leur taille, seul point apparent du costume, n'a nul ornement. La bordure en sa moitié supérieure, porte en lettres romaines les noms du premier, et l'inférieure ceux de la dame ; ces der- niers commençant à droite, c'est-à-dire à rebours. Cette œuvre est l'objet de droite d'une planche offrant à gauche le médaillon contenant les bustes ^'Hercule et Dejanire, décrits ci-dessus au n" 25 et dont le diamètre est un peu plus petit que celui du présent sujet, lequel est finement exécuté. — ao2 — Guichardin cite les Schets et les Straleii parmi les douze plus nobles d'Anvers ; le Bulletin de la commission des monuments d'Anvers, 1867-68, s'occupe de la famille des premiers. 80. Portrait d'Ursule Lopès, épouse de M. Ferez. Médaillon, 7,8. | B | En buste, occupant tout le diamètre du champ, cette dame, jeune encore, en costume élégant, porte bonnet orné de perles, fraise montante, chemisette très-ouvragée, taille et épaulières ornées de perles. Elle se détache sur un fond simulant un creux hémisphé- rique, rayé en guise de craquelée sauf un disque resté blanc au centre du creux. Une bordure entourant, mais sur laquelle passe le buste, • contient ces mots : Ursula Lopes M. Ferez conjun. Au milieu inférieur de cet encadrement, en un petit rec- tangle, est le nom du graveur ainsi tracé : SVVIVS. Ce travail est agréable et finement produit. Le portrait de M. Ferez est décrit au n° 1 10, ci-après. 81. Fortran d'Antoine Ferrenot, évéque d'Arras, etc. 40 — 28 I B. I Sur un fond architecture est debout, à mi-corps, en une atti- tude digne, ce premier archevêque de Malines ; tourné vers la droite, ses yeux fixent à gauche et il tient des deux mains abais- sées un livre à belle reliure. Il porte cheveux courts et frisés, barbe et moustaches petites ; il a pour costume un col de linge, justaucorps à poignets - 303 — garnis de crevés, plus un pardessus orné de fourrures et bou- tonné. Le socle servant de base à cet ensemble montre, à droite, la date 1556, et au milieu un cartouche à inscription, laquelle est à rebours, et dit : Effigies ill. ac R'"' D. Antonii Perrenot. Epi. Àtrebatensis Imp. Caroli. V. primi consiliarii et Sigillorum custodis. C'est-à-dire : Portrait de l'illustre et révérend seigneur An- toine Perrenot, évêque d'Arras, premier conseiller et garde sceaux de l'empereur Charles-Quint. L'individualité du personnage paraît bien rendue, vu la rectitude du dessin, mais le clair obscur y présente de îa sécheresse. Mariette dit qu'en ce portrait, « si l'on ne trouve point le nom de L. Suavius, ce travail est reconnu pourtant pour être de lui.» Le fait est prouvé par l'indication du n» suivant. (Ce portrait a été reproduit sur bois pour !e beau travail inti- tulé : The cliief victories o( tfie emperor Charles the fifth. London 1870. 8r. Sir William Stirling-Maxwell bart., mais l'inscrip- tion y a été placée dans le ciel de l'embrasure du tond, à droite.) Voilà donc quatre-vingt et une pièces décrites de visu, si- gnées ou présentant le caractère des tailles dont leur auteur usait en ses travaux. Suivent les planches citées par divers au- teurs et catalogues. Celles dont l'existence nous paraît ii Jubitable, sont distin- guées par un astérisque, et nous laissons sans n" les douteuses ou étrangères à l'œuvre. Citons d'abord comme suite à la planche précédente, le deuxième 82. Portrait de Perrenot, daté de 1554 *. 11 est assis, et cette œuvre que iMarietle qualifie de « mor- — 304 — ceau considérable. » est accompagnéu des deux inscriptions que voici : Rêver endiss{i mi) et iUustris(simi\ Domini D{omini) Antonii Penenot Atrebate()ms) epi(scopi) Ac. Caroli V. a consiliis, primi Artium et ingenii unici fautoris effîgiem, ad vivum Lambertus Suaviiis Leodiensis expressit. Unice Mecœnas, o illustrissime Prœsul En tibi, qiiod veneror, Snavius autor opus. Vullus effigiem licuit, non sculpere mentis. Hoc tamen in votis, si licuisset, erat. Ut velut hinc vultus, sic dos foret agnita mentis Qiia servas artes, et studiosus amas. Celle gravure lit partie de la collection Didot qui vient d'être vendue à Paris et dont le catalogue dit au n" 3369 : « Suavius (Lambert Suterman dit) Granvelle (Anl. Perrenot, cardinal) chancelier de Charles-Quint, 1554. » Sujets Bibliques. Adam et Eve. 28,S — 20—5 I R I Cette pièce indiquée par un catalogue de Bœmer, à Leipzig, présente bien, pour les ligures, l'aspect du burin de Suavius, néanmoins nous ne la croyons pas de ce maître, parce que le travail dos accessoires parait lui être étranger. On l'a attribuée à Boivin. — :)0t; — 88. Le passage de la mer rowje* cité, par Saumery, Délices du pays de Liège, t. V p, 310, note M. 1744. Le catalogue delà vente P. Wouters, Bruxelles 1797, ajoute : « N" 23, Le passage de la mer rouge, d'après Angelo Bronzini (sic), par Lambert Suavius. H.Cock excud, belle épreuve, posée en travers. » Angelo Bronzino mourut à Florence, vers 1578. Notons que Lambert Lombard peignit le même sujet, mais placé en hauteur, voir : Histoire de la peinture au pays de Liège, par ,1. Helbig, p. 138. 84. « Les Israélites raynassaiis la manne dajis le désert*. » Cité par P. Mariette, qui reproduit la signature, gravée à rebours comme suit : suV^auS et donne la mesure : 2 pouces 3 lignes sur 3 p. 4 1. « Esther devant Assuerus, H. Cock, exe. » Huber (i).Il ne s'agit, croyons-nous, que du même sujet, d'après Lombard, reproduit deux fois ; le grand par H. Cock, 1553; la manière du second est étrangère à Suavius. Sujets du Nouveau Testament. 85. La Vierge et r enfant Jésus*, que Mariette cite encore, voici son texte : (* Nolices générales des graveurs. Dresde et Leipzig, 1787. — 806 — a La S'* Vierge assise dans une riiciie ruinée et ayant entre ses bras l'enfant Jésus debout; il y a apparence que celle pièce est inventée et gravée par Suavius, quoique sou nom n'y soit pas, elle me paraît pourtant incontestablement de lui. o" d. 3" p. 6', travers. » 86. Jésus ressuscitant le fils de la veuve de Naim, par Suavius", cité par Huber. Il ne paraît pas y avoir ici confusion avec les deux, résurrec- tions du Lazare, signées et renseignées par inscriptions, quant au sujet, lesquelles représentent le ressuscité sortant de sa tombe, tandis que le lils de la veuve se leva du cercueil « qu'on portait. » 87. ii Jésus à table chez Simon le pharisien*, H. Cock, ex. » Hubei'. Lombard dessina le même sujet, voir le Catalogue de dessins deV Académie de Liège ('). Pourtant rien ne détruit la citation de Huber. « Jésus prêchant le peuple en paraboles. Kaiolus iec. » Hubei'. C'est la gravure du tableau de Lombard, appartenant à M. le Duc d'Arenberg, à Bruxelles. Elle ue doit pas être de Suavms, Anvers en possède un exemplaire. 88. « La femme adulière* ,^rdnûe composition, Benetto Stephani, exe. » Huber. « Jésus ressuscitant Lazare, H. Cock, exe. » Huber. En celle citation, nous croyons voir ce sujet, de grand for- (l) Catalogue de dessins d'artistes liégeois, possèdes par l'Académie des Beaux- Arts et l'Université de l.iége. Verviers 1874. 307 mat, gravé d'après Lombard, par un maître inconnu, lequel est probablement Hans Collaert, dont le burin ressemble parfois à celui de Suavius. La dite gravure est signée Lam. Lombard, inven. A. Cock, excudebal. Jésus lavant les pieds aur apôtres. |R| C'est une composition de Lombart, signalée par un catalogue Bœrmer, mais non gravée par Suavius. 89. « Le Christ sur la croix*, H. Cock, exe. » Huber. On a vu la même scène, par cet éditeur, au n" 16, signé Cock, excudit 15S7, néanmoins la susdite pièce peut être autre, Huber ayant eu soin de noter les dates rencontrées parmi les douze Suavius qu'il connut. Il est vrai aussi qu'il confondit Suavius avec Lombard, et qu'il existe une gravure, d'après celui-ci, du sujet en question, signée H. Cock, exe., mais elle est datée 1563, Descente de croix. |R| Signalée par un catalogue Bœmer, elle n'est pas de Suavius, mais c'est i;;ie intéressante reproduction d'un groupe de la des- cente de croix de Lombard, laquelle orna l'église St-Jean-en-Ile, à Liège, et dont M. Duval de cette ville, possède le dessin original ('). (0 Voir catalogue des dessins d'artistes liégeois. — .M08 — 90. « Descente de croix*, Suaviiis, (ecit. » Huber. Entre les planches du même sujet, décrites aux !i'" 18, 19 et 20, aucune ne porte le mot fecit. Mise au tombeau, d'après Albert Durer. 88,5 — 47,3 I H. D. I Signalée par un catalogue comme étant de Suavius; elle pré- sente plus de lourdeur que n'en comportait en général le travail de notre graveur. Le copiste y a reproduit la date 1507 et le monogramme du maître Nurembergeois. 91. t<. Mise au /om&eaw*, sans aucune marque, posée en largeur.» Catalogue de la vente Boriuut, de Nortdonck, Gand 1858, au n»1563. 9i>. « Jésus marchant avec les deux disciples d'Emaus*, Suavius, fecit.» Huber. Même sujet lut gravé d'après Lombard, par Furnius, mais la citation de la signature de Suavius, permet de croire que le dit auteur la nota de visu. « St-Pierre écrivant sur une tablette. » Ainsi s'exprimait im novembre 1872, le n" 2175 d'un catalogue d'une vente faite à Leipzig, mais il y avait erreur, la gravure était le Sl-Paul écrivant. — 309 — aSt-Pierre et St-Paul à Athènes, grande composition eu largeur. » Catalogue Borluut, n" 3526.11 s'agit sans nul doute de La gué- rison du boiteux, dont la scène eut lieu à Jérusalem, présents les Saints Jean et Pierre. Certains confondent certainement aussi en citant le sujet suivant : « La guéri son du Paralglique.-)-! Laquelle eut lieu, chacun le sait, en présence du Christ. 93. « Un apôtre debout en une niche*, tourné à gauche, tète de profil, il tient sous son manteau un livre qu'il indique de la main gauche. Non signé, mais dans la manière de Suavius et moins fin que la suite susdite de ses apôtres. » C'est ainsi que s'exprime Passavent, t. 3, p. 113 et suiv. n" 19. (c Une série d'apôtres et de saints debout avec leurs attributs, par Suavius, d'après Lombard. » Nagler, t. XVII, p. 534, les dit in-4'', sans nom ni signature. Môme citation au catalogue Winckler, t. III, n° 5605. Il doit être question en cela de la suite des apôtres, compo- sée par Lombard, que nous espérons décrire en sou œuvre, et dont la gravure est étrangère à Suavius. « Un Evangeliste assis en une niche, et écrivant sur une tablette. « Catalogue Borluut, de Noordonck. Il peut y avoir méprise avec le St Paul, assis et éci'ivant, n"21. 94. i( Le couronnement de la Vierge * qui se voit à l'entrée du chœur de St-Barthélemi, à Liège. » Délices du pays de Liège, t. V., p. 310. — :mo — 95. « Sîe-.Margucrile,* signée L. Suavius, iii-12. » Nagler, 10, et PnssavenI, t. 3, p. 109 à 115. 96. « Hommes et femtnes allant à un sacrifice ,* par Lambert Suavius, très-rare. » Cité au n° 1170 Ju catalogue de la collection du conseiller Georges Uath, vendue à Vienne, en janvier 1869. Cette citation paraît assez précise pour croire qu'il n'y a pas confusion avec la frise due h Lombard, citée au n- 61. Allégories. 97. « La Philosophie * Copie en contre-épreuve d'après Marc Antoine, qui la grava d'après Raphaël. » Baisch, n" 381, et Passavent, t. III, p. 114, lequel rapporte qu'on en trouve des épreuves avec et sans le nom de Lambert Suavius. « Ti'ois philosophes antiques, vêtus de longs manteaux et parmi lesquels il y en a deux qui tiennent des livres; ces trois petites pièces sont attribuées à L. Suavius, cependant il y a apparence qu'elles ne sont que de son dessin. Sans nom ni marque, 3" 5'-liaut, 1", 6' travers, chaque, » dit Mariette. 31 « Deux statues de Philosophes, enveloppés dans leurs manteaux, sur une même planche gravée en 1558. Cependant quoique cette pièce soit attribuée à Lambert Suavius, il y a lieu d'en douter et peut-être n'est-elle que de son invention. Sans nom ni marque, seulement la date est sur le socle du piédestal, sur lequel les statues sont posées, 5°, 6' haut, 5% 2' travers. » P. Mariette. Les vertus cardinales. A ce sujet il est permis de croire que Suavius en a complété le nombre cité par divers et dont une seule est décrite ici, la Force, \r 58, il reste à noter ; 98. La Prudence * 99. La Justice * 100. La Tempérance * Quant aux sybilles, les auteurs variant sur le nombre, il n'est rien à prévoir encore sur les dénominations à rencontrer, en outre des deux précitées, Lybique et Persique, v. n"» 29 et 30. « Il fut aussi attribué au même, » 101. Un Ëvangéliste * Quant aux figures dites : Statues de femme, les sujets décrits au n°' 32 et 33, portent les chiffres 3 et 5, 3 1^2 il doit donc rester iiicoiiiius, au moins irois des ti"" précédant ce dernier, nous les notons : 102*103* 104* Mariette ciie encore les deux sujets suivants : 105. «■ Trois figures grotesques, à ïiii rorps * Représentant un vieillard qui offre sa bourse à une vieille femme, dont l'aspect est des plus difformes, il y a apparence que celte pièce est gravée par L. Suavius, quoique l'on n'y voye pas son nom. Cock, ex. Et deux vers flamands au bas ; 6" 9 haut 4", 9 tra- vers. » 106. Une tête de morl * Elle paraît être gravée par E. Suavius, dit iVIarietle, lequel ajoute : « Pour celle qui suit et qui est plus petite, ce n'en est qu'une copie non du même, quoiqu'elle lui soit attribuée par quelques uns. A la première, il n'y a aucune marque ni aucun nom, seule- ment ces mots : Vigilale quia nescitis, etc., suivis de deux vers tlamands; hauteur 4" 2', travers 2" 8'. » Portraits. 107. « Jules César*. Petit médaillon, » Nagler 10 et Passavenl t. 3, faisant partie de la suite décrite aux n-' 65 à 76, ainsi que les deux suivants, cités par les mêmes auteurs. — 813 - 108. Claude Néron*. 101». Lollia Paulina*. 110. « t/n empereui' romain assis dans une niche*, posé en hauteur, » catalogue Borluut de Noortdonck. 111. (■(.Thomas Philologus Ravennas*, an. 1260, iii 8", » idem. 112. Michel Angélus Buonarottus* , nobilis florenlinus. aetatis LXXI in 8" idem. Cette célébrité étant décédée en lo63, âgée de 90 ans, l'âge indiqué reporte la gravure à 1545. Le suivant est d'un autre format. 113. vBuonarotti {Michel Ange)*, in 4", rare, très-belle épreuve » dit le n" 3'-{68 de la vente Didot à Paris, 1877. Au nom de^ Suavius(Lambert Sulerman dit). «Au n" 3371 il offre du même graveur : 114. « Titien (Tiziano Vecello)*, in 4". » Même catalogue. - :)14 — 115. « M . Perez* , médaillon de 1553, in 8". » Nagler et Passaveiu. Voir le ir 79 qui peut être le pendant de celui-ci. il 6. « Erasme Schetus*, aetatis suœ, 61 A. D. t554 in 8" médaillon, » idem. 117. « Anna Straelen Melchior, Schetus* conjux, aetatis 31 A. D. 1554 in 8", médaillon » idem. 118. « Melchior Schetus* aetatis suœ 37 A. D. 1561 in 8°, médaillon » idem. On voit que ces deux derniers portraits semblent être une amplification de ceux des mêmes personnages décrits au n" 79, sur lesquels ne sont indiqués ni l'âge ni la date. Le Balthasar Schetus, n" 78, est de 1565 aussi, comme on a dit. 119. « Rogerius le Strange et Dorothea* uxor ejus, in 12". » Nagler et Passavent qui les citent encore, ne disent pas s'ils se trouvent sur une même feuille. « Le portrait de Lambertus Lombardus Leodiensis pictor et archi- tectus. » Huber. Le titre d'architecte n'existe pas sur les deux portraits mé- daillons qui paraissent avoir été faits du vivant de Lombard, 316 celui de sa biographie, par Goltzius, et son ainplitication en contre-épreuve. Mais il se trouve sur le portrait de ce peintre ornant la biographie poétique de Domi nique Lampson: Pictorum aliquot celebrium Germaniœ inferioris efjîgies etc. Antverpiœ. Celte gravure est signée sur le fond, en haut à gauche, de la marque W. I. avec titre apposé au bas, comme suit : Lamherto Lombardo Leodiensi, pictori et arcliitecto. C'est là très-probablement que Huber aura pris, en la corri- geant, la dite citation. Paysages. 120. « Vue d'une partie du Cotisée de Rome*, signé L. S. in 4°. » Catalogue Sternberg n* 247, et Passave.nt. 121. « Vue du palais des Césars à Rome*, avec l'inscription : Divus Augustus et Nero Claudius imp. Rom. et au milieu inférieur : 1553 Suavius. » dit Passavent. NOTE 1. Prix atteints par des gravures de Suavius. Le catalogue de la vente P. Wouters, faite à Bruxelles en 1787, dit : ce Lambert Suavius, iv 686. Soixante-huit pièces dont le 316 Christ mis au Tombeau, 1348; la Résurrection du Lazare, 1544 ; les autres consistent en portraits, médailles, statues, etc. » Adjugés au prix de f. 5,15 Achetés par Bauer, selon l'annotation du catalogue que pos- sède le cabinet des estampes à Bruxelles. En ce prix, il s'agit probablement de florins Brabant, îifr. 1,21 Le même livret cite au « n" 683, treize pièces, dont la Cha- rité, d'après Lombard, par Suavius, » que l'on a vue au 58 de nos numéros. A la vente de la collection du chevalier J. Camberlyn, k Bruxelles, le dit cabinet acquit pour fr. 60,00 : Les deux planches portraits de : 1" Ursule Lopes (80) ; 2" Melchior Schetz et sa femme (79). Celte seconde pièce portant sur même feuille le médaillon d'Hercule et Déjanire, avec marges. Le cabinet des estampes, h Bruxelles, acquit le grand portrait d'Antoine Perrenot {S'i pour fr. 80,00 Ces deux pièces sont d'une belle conservation et très-rares, et firent exception extra comme prix. NOTE 2. Concernant le nom de Suavius. Nul artiste ne vit diversilier l'orthographe et la teneur de son nom, autant que notre graveur. Chaque biographe sembla vouloir y apporter une tournure particulière; aussi le trouvons- nous écrit de vingt-six manières, c'est-à-dire : Schwabe. Schwave. Soave. Suave. Suavie. Suavio. Suavius. Subterman. Subtermans. Substermans. — 317 - Suptennan. Suster. Susterman. Sustermanns. Sustermans. Sulerman. Sutermann. Sutermans. Suttermann. Tedesco. Zeustris. Zustres. Zustris. Zustrus. Zutman. Zoutman. Sans compter Lambert, dit Lombarde. Noms accordés aussi en partie à Lombard avec lequel on confondit si souvent Sua- vius ; de même qu'avec Lambert Suster, dit Sustris, d'Amster- dam, peintre de mérite et leur contemporain. Vasari avait pourtant cité particulièrement nos deux illus- trations dès 1S61. Leurs deux noms se trouvent tracés comme inventeur et graveur sur des planches de Suavius. Néanmoins, Sandrart ayant publié en 1683 que Lambert Lombard et Lambert Suavius n'étaient qu'un même person- nage, cette erreur fut répétée par la généralité des biographes. Quoiqu'en 1740 Mariette eût signalé encore leur dualité, la dernière traduction de Vasari, Paris 1842, dit à la table du tome 8 : « Zustris ou Suterman ou Susterman ou Suster, Lambert dit Lombarde ou Tedesco ou Suave ou Suavius. » Le même travail ajoute h la note 26 : « Lambert Sutermans signait ses gravures L. Suavius. » La biographie des artistes de tous les temps et de tous les puples, publiée naguère h Berlin, ajoute qu'il n'est pas établi si Suavius est un même personnage avec Lombard, s'il a été ou non son disciple et confondu avec lui, ou s'il n'est aucun des deux. 318 De Villenfagne disant que la famille Zutmaii eut des repré- sentants à Liège jusqu'au siècle dernier, il y a peut-être aifinilé avec les suivants : 1" Pierre Zutman, mayeur de Lantremange, auteur du Recueil de différents privilèges, records et anecdotes concernant les terres et juridiction de Lantremange. 1 vol. in-f", 1617. 2- Un religieux dont le portrait, gravé, a pour lettre ces mots: « Suavius Andri. Pred. zu Utrecht. Hustbaet 65 fol: S. V. Lamseiverde fec. ad vivum 1648. Table des planches datées de Suavius. 15 16 La résurrection du Lazare 1544 0 5 St Simon de la mite des apôtres 1S45 4 7 St Jude id. 1545 112 Portrait de Michel- Ange 1545 9 St Mathieu 1547 14 Le Christ d^ la suite des apôtres 1548 20 Le Christ mis au tombeau , • • 1848 24 St Pierre et St Paul conduits au supplice . . . 1553 23 bis La guérison du boiteux 1553 121 Vue du palais des Césars à Rome 1553 115 Portrait de M. Perez 1S53 79 Portraits de Melchior Sclietz et de sa femme sur le même médaillon; imprimés sur la même feuille avec les deux figures suivantes : . . 1554 25 Hercule et Dejanire sur un même médaillon . . 1554 116 Portrait d'Erasme Schetus 1554 117 Portrait d'Anna Stralen, femme de Melchior Schetz, précités. Ici elle est seule. . . . 1554 82 i"'' portrait d'Antoine Perrenot 1554 iS Le Christ mort, déposé près du tombeau. . . . 1554 1 Buste de Jésus 1555 2 Buste de la Vierge 1555 81 Second portrait d'Antoine Perrenot, de Granvelle. 1556 63 Marius sur les ruines de Carthage. • . . . . 1^56 89 Christ en croix , . . . . 1557 97 Les deux philosophes 1558 78 Portrait de Baltha:ar Schetus 1561 118 Portrait de Melchior Schetus 1561 62 Allégorie héraldique 1562 18 Le Christ mort déposé près du tombeau . . . . 1567 Table des quatre-vingt et une gravures de Suavius DÉCRITES DE VISL. Sujets du Nouveau Testament. 1 Buste de Jésus. 2 Busle de la Vierge. o Saint, Jacques le Majeur. 4 » Jude ou Thadée. o » André. 6 )) Simon. 7 » Bailhelemi. (S » Jacques le Mineur. 9 » Mathieu. 10 » ? 1 1 » Jean l'Evangéliste. 12 )) Paul. 13 » Pierre. 14 Le Christ. 1o Résurrection du Lazare. 16 Christ en croix, d'après Lombard. 17 Le Christ descendu de In croix, d'après Raphaël. 18 Le Christ mort, déposé près du tombeau, entouré d(^s saintes femmes. 19 Même sujet en contre-épreuve. 20 Le Christ mis au tombeau. 21 L'apôli-e saint Paul. 22 Saint Pierre guérissant le boiteux. - 321 — 23 Saint Pierre en prison. 24 Les saints Pierre et Paul conduits au supplice. Sujets mythologiques 25 Hercule et Dejanire. 26 Junon et Psyché. 27 Vulcain. 28 Les Grâces. 29 La sibylle Libique. 30 La sibylle Persique. Statues de femme, style antique. 31 Figure indiquant à gauche. 32 » au livre et chiffre 3. 33 » au chiffre 5. 34 ') au poing sur la hanche. 35 )) au manteau retenu sur la poitrine. 36 » à la draperie nouée sur le dos. 37 La liseuse. 38 Figure indiquant à droite. 39 » de dos, au monogramme L S. soulevant son voile, montrant son manteau, à la tablette. de dos, au tronc d'arbre et fond blanc, à la niche coupée, k la lampe sépulchrale. à la couronne murale, à la guirlande, à la lyre. 49 Statue d'adolescent, d'après i'anliqu(\ 50 L'homme à la hampe. 40 » 41 » 42 )) 43 » 44 » 45 » 46 » 47 » 48 )) 322 ol Statues de reine et roi Daces prisonniers. 52 Même sujet. 53 Statues d'une jeune fille et de sa nourrice, style antique. Allégories. 54 La Foi. 55 L'Espérance. 56 La Charité. 57 La Charité, d'après L. Lombard. 58 La Force. 59 L'Abondance. 60 Un prince aveugle entouré de ses conseillers. 61 Les Bohémiens. 62 Allégorie du couronnement de l'empereur Maximilien, Personnages Romains antiques. 63 Marius sur les ruines de Carthage. 64 Tibère. 65 Octavius, père de l'empereur Auguste. 66 Messaline, femme de l'empereur Claude. 67 Caïus Domitius, père de Néron. 68 Poppea, femme de Néron. 69 Vitellius. 70 Annius Verus, père de Marc-Aurèle. 71 Aurellia, mère de C. G. (Claudius Galenus ?) 72 Domicilia, fille de Vespasien. 73 Arricidia, femme de Titus. 74 Antonius, père d'Antonin-Ie-i'ieux. 75 Faustine, fille d'Antonin-le-Pieux. 76 Crispina, femme de l'empereur Commode. — 323 — Portraits modernes. 77 Lambert Lombard. 78 Portrait de Ballhazar Sclietz ou Schelus. 79 » de Melchior Schetz et de sa femme. 80 » d'Ursule Lopes, épouse de M. Ferez. 81 Deuxième portrait d'Antoine Perrenot de Granvelle. Table des gravures de Suavius INDIQUÉES PAR LES AUTEURS ET QUI NOUS SONT RESTÉES INCONNUES. CELLES QUE NOUS CONSIDÉRONS COMME DOUTEUSES SONT MARQUÉES d'un ASTÉRISQUE. Sujets Bibliques. 82* Adam et Eve. 83 Le passage de la Mer Rouge. 84 Les Israélites ramassant la manne. 84* Esther devant Assuérus. Sujets du Nouveau Testament 85 La Vierge et l'enfant Jésus. 86 Jésus ressuscitant le lils de !a veuve de Naïm, 87 Jésus k table chez Simon le pharisien. 87* Jésus prêchant le peuple en paraboles. 88 La femme adultère. 88* Jésus ressuscitant le Lazare. 89 Le Christ en croix. 89* Descente de croix. 90 Descente de croix. 90* Mise au tombeau, d'après Albert Durer, 91 Mise au tombeau. 92 Jésus marchant avec les deux disciples d'Emaus. 92* St Pierre écrivant sur une tablette. 92* St Pierre et St Paul à Alliènes. 92* La guérison du Paralytique. - 325 — 93 Un apùlre debout, en une niche. 93* Une série d'apôtres et saints debout , avec leurs attributs. 93* « Un évangéliste assis en une niche, écrivant sur une tablette. » 94 Le couronnement de hi Vierge. 05 Ste Marguerite. Sujets profanes et allégories. 96 Hommes et femmes allant à un sacrifice. 97 La Philosophie. 97* Trois philosophes antiques. 97* Deux statues de philosophes. 98 La Prudence. 99 La Justice. 100 La Tempérance. 101 Un Evangéliste. 102 Statues de femme. 103 » » 104 » « lOo Trois figures grotesques, à mi-corps. 106 Une tête de mort Portraits. 107 Jules César. 108 Claude Néron. 109 Lollia Paulina, femme de Galigula. 110 Un empereur romain assis dans une niche. 111 Thomas Philologus Ravennas. 112 Michel-Ange Buonaroltus. 113 Idem. -► H26 — 114 Titien. 115 M. Perez. 116 Erasme Schetus. 117 Anna Straelen, femme de Melctiior Schetus. 118 Melchior Schetus. 119 Rogerius le Strange et Dorothée sa femme. Paysages. 120 Vue d'une partie du colisée de Rome. 121 Vue du palais des Césars. TRAITÉ DE PAIX CONCLU ENTRE Hugues, abbé de Slavelot et de Malmédy , et Jean , seigneur de Schleiden , le 18 juin 1S50. M. Arsène de Noue, dans ses Études historiques sur l'ancien pays de Stavelot et Malmédy , rappoiHe que l'abbé Hugues d'Au- vergne (1343-1373) apaisa les diffisultés qui existaient depuis longtemps entre l'église de Stavelot et Jean de Schleiden au sujet des nominations aux places de la magistrature à Malmédy; cette vieille querelle avait souvent été le prétexte de longues guerres et même de l'incendie de la ville de Stavelot. Ayant eu la bonne fortune de trouver à Aix-ia-Ghapelle, dans la collec- tion de feu M. Ritz, que so i lits a bien voulu mettre à m;) dis- position, l'original du traité conclu à ce sujet le 18 juin 1350, par l'interméJiaire de l'évêque de Liège, Euglebert de La Maick, je crois être agréable aux historiens liégeois en publiant ici le texte littéral de ce document. Les membres de la famille le< seigneurs de Schleiden men- tionnés dans notre diplôme figurent dans les notices généalo- giques que donne M. Bârsch dans son Eiilia illustrata, I, 2, page 655 et suivantes. Hlgo Loersch, Professeur à l'Université de Buno. 3â8 A tous cheaiis qui chest présent chyrographe verionl ou orroni, Hues, parle soffranche de Dieu, abbés do églises de Siavio et de Malmedie, des dyoc.eses de Lyege et de Cologne, et Jehaiis, site délie Scleyde, cheva- liers, salut en Dieu et conihsîinclie de veriteit. Sachent tuit que comme discors, guerres el debas aient esteit entre nous, le dit abbeit et religieus bornes les doijens et capitles des de'^us diites eglizcs et paijs de Slavlo et de Miiimedio, «l'une part, ei nous, le signe ir del Scleyde cl nobles homes Conrat délie Scleyde, prov7-iroj>e barbare « in barbarico, in solo barbarico; » il s'agit là, non db territoire provincial occupé par des colons venant île l'étranger, mais de fortificaiions établies sur les limites de l'Empire contre des agressions futures. Le fait peut nt'anmoins être admis, car Probus, le constructeur de tant de villes (urbesromana.s posuil),doit avoir songea défendre aussi les campagnes, notamment celles ou il cantonna des colons germains. (Voyez ci-après.) — 345 — qui, dans le but d'illustrer son nom à la manière d'Érostrate, ravagea les Gaules pour les ravager el y détruisit, pour les détruire, une quantité de villes et d'éditices antiques ; la ville de Metz, située dans la Belgica, est citée tout particulièrement comme ayant été sur le passage des Alamans de Ghrocus. Mais que sont ces événements à côté de ceux de l'an 254, où l'on voit, comme le dit formellement Zosime, soixante villes des Gaulestomber successivement dans les mains des Barbares? Ce? soixante villes sont celles que, dans un travail récent ('), l'on signale comme ayant été fortifiées par les Romains depuis l'an 277, époque de leur reprise par Probus, jusqu'en l'an 306, tin du gouvernement de Constance Chlore. Arlon est Tune de ces villes, ce qui démontre que les motifs de défiance à l'égard des Barbares s'appliquaient aussi bien à la Belgique actuelle qu'au restant de h Gaule. En attendant que la thèse de ce travail soit contestée et réfu- tée, il sera bien permis de se servir des arguments qui y sont présentés, et notamment du fait suivant : à la fin du IIl« siècle, les villes avaient été si dépeuplées par la guerre et les violences, que partout elles durent réduire leurs enceintes, pour pouvoir se défendre contre les invasions de plus en plus rapprochées, de plus en plus terribles. « Les habitants décimés, dit M. Buhot de Kersers, rentrant dans les villes ravagées, ont consommé la destruction de leurs monuments et ont reconstruit à la hâte des fortifications restreintes, proportionnées à la condition misé- rable que leur faisaient ces malheurs ! w Comment Probus, lui-même, rend-il compte au Sénat du triomphe qu'il a remporté, et, par la violence de sa réaction, (*) Bull, des Comm- toy. d'art et d'archéoL, XVI, p. 482. La fixation du dernier quart du \\\^ siècle aux fortifications des villes de Gaule est confirmée par les inscriptions qui, sur les portes romaines de Grenoble, rap- pelaient que les remparts, au travers desquels elles étaient ouvertes, furent cons- truits par Dioctétien et Maximien (281) à 3051. 346 comment nous permet-il de juger de cequ'avaitdû être l'attaque réprimée par lui ï « Quarante mille ennemis, dit-il, ont été tués; seize mille pri- sonniers ont été faits; soixante-dix villes ont été reprises sur l'ennemi, et la Gaule entière a été délivrée. Toutes les villes de la Gaule m'ont décerné des couronnes d'or. Tout le butin a été repris. « Et dans ces Gaules dévastées, pillées, et pendant plus de vingt ans occupées par les Barbares, on auraitencore vu partout dans nos campagnes, des villas habitées paisiblement par des proprié- taires romains ! Yo'ûh ce qu'on ne croira pas... Non ! il suffit de parcourir les récits des historiens pour ne pas s'y tromper : MM. Bequet et Cajot qui, cl ils n'ont pas tort peut-être, n'acoeptent pas l'invasion des Ch^tuques comme ayant détruit les villas romaines de la province de Namur, ne résistent pas aux preuves que leur livrent l'histoire et l'archéo- logie pour le siècle suivant. « Vers le milieu du IIP siècle, dit le premier ('), la faiblesse des empereurs, l'éloignement des armées permirent aux Franks de traverser le Rhin et de se jeter sur la Gaule qui leur offrait une proie facile. Partagés en bandée peu nombreuses, ils portent leurs ravages jusque dans nos contrées. A leur approche, les populations fuient, les riches abandonnent leurs maisons et leurs villas, pour se réfugier dans des endroits escarpés, dont ils augmentent les défenses naturelles par des murailles élevées à la hâte; tel fut, croyons-nous, l'origine dans cette province, des camps de Furfooz, d'Éprave, de Montaigle, de la Roche-à- l'Homme. « La frontière du Rhin n'étant plus protégée, était franchie par des troupes de Barbares qui venaient prendre leur part du pillage des Gaules; ces désordres empêchèrent la sécurité de (•) innnle^ ri^ln Sf>e. arrht'iil. ih Sniniir, XIV. pp. I I et l:î. — :u'i — renaître, dépeuplèrent les campagnes, et mirent le pays dans un déplorable état de misère » « C'était, dit le second ('), une triste époque pour les Gaules que la dernière moitié du [II*"" siècle : alors commença cette longue série d'invasions frankes qui ne devnient définitivement cesser que deux siècles plus tard, parla conquête de la moitié des Gaules. * » Un auteur ancien rapporte que dès l'an 241, les Franks ayant fait irruption dans l'empire, erraient par toute la Gaule; ils y exerçaient les plus grandes dévastations, surtout dans les cam- pagnes, restées sans défense. Malheureusement ces invasions n'étaient pas passagères comme celle des Chauques, mais presque continuelles ; chaque année, de nouveaux arrivants s'efforçaient de prendre pied sur le territoire de l'empire, ou du moins de s'y enrichir par le pillage. » .... Telle est la cause probable de la ruine de la plupart des établissements romains, de la destruction d'une bonne partie de nos villas; telle est aussi l'origine de ces cas/m romains, qui, dans un but de protection pourles habitants des campagnes, s'élevèrent sur les hauteurs dans les parties du pays les plus menacées. » Nous possédons, au surplus, une preuve historique de la dépopulation et de l'abandon de nos campagnes: Eumène.dans un panégyrique en l'honneur de Maximien, dit que les champs jadis labourés par les Trévires et les Nerviens, avaient été abandonnés, et qu'il y avait eu nécessité de requérir le con- cours des Barbares pour les remettre en culture : « Nerviorum et Trevirorum arva jacentia Francus excoluit. » Déjà Probus avait dit au Sénat dans son message déjà cité : « Les champs de la Gaule sont maintenant cultivés par les bœufs des Barbares ; les troupeaux de ces derniers paissent (*) Ihid., p. \m. 348 maintenant pour noire subsistance; nos greniers regorgent de leurs blés... » Et Ton voudrait que des villas (mieux encore des villages ! berceaux de !ios villages modernes) eussent continué à exister dans ces an'a naguère encore jacentia, désormais cultivés par des prisonniers ou des colons étrangers! Les préposés romains, chargés de sui^eiller ces agriculteurs implantés forcément sur notre sol, ne songèrent certes plus h s'établir dans des villas luxueuses, peu susceptibles de défense : c'est du liant de leurs camps retranchés, et appuyés de forces militaires sutïisantes, qu'ils durent songer à exécuter leur mis- sion. C'est à cette période, par exemple, que doit se rapporter le camp qui protégeait le bourg romain d'Assche, récemment décrit par M. Van Dessel ('), où l'on a trouvé des monnaies du III"''" siècle et du IV""'; c'est aussi l'époque des castelets, cfiàte- lets, chasselets^cheslins, etc., si nombreux dans toute la partie montagneuse de la Belgique (-), de ceux de la province de Namur déjà signalés, etc. etc. L'influence de l'invasion des Chauques de l'an 176 a pu ne s'exercer que dans un rayon restreint, rayon qui, en tout cas, s'étendait au-delà de ïongres vers la Hesbaye; mais quant aux invasions du milieu du III""' siècle, elles ont été générales et à plus forte raison ont-elles compris la même contrée. Cette suc- cession d'événements de guerre fit nécessairement déserter les habitations paisibles des campagnes, et cela est si vrai qu'un auteur est allé jusqu'à nier l'existence et la possibilité de l'exis- (') mélanges archéologiques dont l'impression a été ordonnée dans les Annales de l'Acitdcmie d'archéologie de licl<)i(iue,!H)\xs presse. L'auteur élimine par de bonnes raisons, certaine monnaie d'Anastase, dont M. Galesloot et autres avaient fait étal. (*) Voir a cet égard un travail de M. Sulbout, curé à Strainchamps, qui paraîtra prochainement dans les mêmes Annales-, dans le seul canton de l'auvillers, l'auteur a trouvé uni' vingtaine de ces ra>^(ello. 349 tence de villas romaines, vers les bords du Rhin, parce qu'elles y auraient été bien trop exposées aux irruptions des Barbares ('). Erreur due h une confusion des temps: quand l'Empire vécut dans la paix et la tranquillité, de l'an 70 à l'an 176, la sécurité fut aussi grande sur la rive gauche du Rhin que partout ailleurs; quand les invasions germaines reprirent leur cours, toute la Gaule partagea les mêmes dangers, et les villas les plus éloignées du Rhin ne furent pas mieux protégées que celles des bords de ce fleuve. [V. Probus ne procura à la province qu'une tranquillité momen- tanée; il ne régna que six ans (276 h 282), et à peine était-il mort que l'on vit de nouveau les Barbares traverser le Rhin. Carus envoya en Gaule son fils Carinus,et l'empereur manifesta même le regret de ne i)ouvoir déléguer nji homme plus ferme, tant à ses yeux le gouvernement de cette partie de l'empire b-xigeait de mesures d'une énergie toute particulière. Quel fut le motif pour lequel Tacite fut en Tau 275 élevé au trône impérial? Vopiscus nous le dit; un sénateui-, Velius Corni- ficius Gordien, en pleine séance de la curie, invoque le fait que les Germains ont de nouveau franchi le Rhin, se sont emparés de plusieurs places fortes et de villes considérables, riches, puis- santes : « limitem trans Rhenum Germani rupisse dicuntur, occupasse urbes validas, nobiles, divites, potentes. » Et, dit un historien moderne, « sans aucun rfouf^, parmi ces villes se trou- vaient nos villes belges opposées les toutes premières aux incursions des Barbares. » En 284, s'agitèrent les Bagaudes, qui révolutionnèrent une partie de la Gaule, dévastèrent toutes les campagnes et harce- (*) Voir iJull. rfev Comm. rof). d'art et d'orcheol., VI, p. iOi. :^50 lèreiit même les villes, au témoignage d'Aurelius Victor; si leui's traces vers le Nord ne sont pas signalées plus haut qu'à Meaux et sur les bords de la Marne, l'auleur moderne déjà cité n'en émet pas moins l'avis que cette rébellion dut menacer la Bel- gique indépendamment des irruptions continuelles des Barbares d'Oulre-Rhin. « Il est évident, dit-il, qu'à cette époque l'aspect de la Belgique était digne de pitié. » A peine Maximien a-t-il comprimé la rébellion des Bagaudes, voilà de nouveau les Barbares qui menacent la Gaule : « uni- » versae Gnlliae minabantur et praecipiti impetu irrumpe- » bant, » dit Mamertin. Aussi Maximien établit-il le siège de l'Empire à Trêves, comme l'avaient déjà fait Telricus et Postume', pour être mieux à même sans doute de défendre les parties menacées dont notre Belgique... Maximien est cité par un panégyriste comme ayantexterminé et réduit des milliers de Franks qui avaient dévasté la contrée rhénane : « qui terras cis Rhenum invaserant. » Eutrope ajoute à cela les déprédations maritimes exercées par les pirates barbares sur les côtes de cette partie de la Gaule, « per traclum Belgicae, » et qui n'étaient pas faites pour ras- surer nos populations. Aussi le même historien moderne, déjà cité, ne se fait-il pas faute do s'écrier: « Si dans ce siècle les Germains ou les Franks ont si souvent franchi le Rhin et envahi la Gaule, combien n'a pas dû souffrir notre Belgique! » Et plus loin : « C'est seule- ment sous l*robus que, déchirée par tant d'incursions, la Bel- gique ail pu quelque peu respirer . » Inutile de citer à la même époque l'invasion des Bourguignons et Vandales qui désolèrent la Gaule en 275, et celle des Bour- guignons en l'an 286, qui traversèrent le Rhin et vinrentmourir dans la Gaule de la faim et de la peste (M. (M Dom BouoUET, Recueil drs Htsiunnn. MI. |). 40^. Note où il cite ZosiME et Mamertin. 351 C'est à peine si, sous Constance Chlore, la Belgique jouit encore de quelque quiétude, car nous voyons en l'an 296 ou 301 une quantité immense de Germains, « immanis mullitudo ex diversis Germanorumpopulis, » traversant de nouveau le Rhin... Mais nous voilà arrivés au IV™« siècle, où la question n'est plus posée dans les mêmes termes. Au IV® siècle, dit-on, auraient bien commencé les invasions réelles des Barbares, invasions continuées par la grande inva- sion de l'an 406, et ce serait à ces invasions seulement que pourraient être attribués les incendies des villas , incendies auxquels les habitants des villages voisins auraient pris part. Ces villages n'ont pas cessé d'être peuplés, ni au IP siècle, ni au IIF, ni au IV% etc. Ni au III"' siècle ni au IV% ajoute-t-on. on n'a cessé d'ériger des tumulus, de construire des villas... Comme ce système ne méconnaît pas la destruction com- plète des villas, tout en la reportant bien tard, il n'y aurait guère d'intérêt à continuer ici l'étude des documents historiques concernant le IV® siècle, si l'on n'avait introduit un élément nouveau dans le débat, c'est-à-dire l'existence de villages pla- cés à côté des villas, villages qui auraient contribué à la destruction de celles-ci, et qui leur auraient survécu. L'existence de ces villages n'est pas du tout, comme on le dit, admise par l'opinion communément reçue; loin de là. En efiet, lorsque Gibbon, les auteurs à la main, nous rap- porte quelle fut la situation de la Gaule au IV« siècle, voici ses propres paroles : « Dans l'aveugle acharnement de la discorde civile, Con- stance avait abandonné aux Barbares delà Germanie les contrées do In Gaule qui obéissaient à son rival. Un nombreux essaim 352 de Frank:, et d'Alamans turent invités à passer le Rhin, par des présents, des promesses, l'espoir du pillage et le don de toutes les terres qu'ils pourraient envahir, (On peut trouver, dépeints dans les ouvrages de Julien. d'Ammien Marcellin, de Libanius, de Zosime, de Sozomène, les ravages des Germains et la détresse des Gaules.) « Indifférents h la qualification de révolte ou de loyauté, ces voleurs indisciplinés traitaient comme leurs ennemis naturels, tous les sujets de l'Empire dont ils convoitaient les possessions. Quarante-cinq villes florissantes, Tongres, Cologne, Trêves, Worms, Spire, Strasbourg, et un grand nombre d'autres villes et villages, furent ravagées et la plupart réduites en cendres. Les Barbares de la Germanie habitaient les bords des rivières du Rhin, de la Meuse (') et de la Moselle. Des sources du Rhin jusqu'à son embouchure, les conquêtes des Germains s'éten- daient à quarante milles vers l'Occident de cette rivière; mais les pays qu'ils avaient dévastes étaient trois fois plus étendus que leurs conquêtes. Jusquà une distance beaucoup plus éloignée, toutes les villes ouvertes des Gaules étaient désertes, et les habi- tants, renfermés dans les villes fortes, tiE pouvaie.nt plus recueillir DE GRAINS QUE SUR LES TERRES ENCLOSES DANS l'ENCEINTE DE LEURS MURS » Et l'on voudrait qu'en présence d'une pareille situation il existât encore, non plus des villas (quoiqu'on les fasse persister au moins en partie jusqu'au V*" siècle), mais des villages d'agri- culteurs On oublie sans doute la description de notre pa>s au com- mencement du moyen âge, telle que nous l'ont laissée les historiens, les clnoniqueurs et les hagiographes : C'est une « regio ferox, terra int'ecunda, inculta,nemorosa, silva immanis ( *) Un épisode de la guerre soutenue contre les Franks par Julien se passe, en effet, sur les bords de la Meus'-. où l'Empereur fit bàlir Irnis fortoresses. Ammien MAHCti.liN, XVII, ii PI 9. — 353 — absque niisericordia veniaque, lerra nullis humaiù negotii usibus apta, sed latronum scrobibus plena, solis lalroiium vel praedonum spurcitiis,rapinis et homicidiis vacans.lerià invia,» etc. etc. elc El cependant, la chose est certaine, depuis les environs d'Ostende et de Saint-Nicolas (Waes), jusqu'au fond des Ar- dennes, depuis le Hainaut jusqu'au Limbourg, le sol de notre pays a éié parsemé de constructions romaines. Il faut donc bien que cet état brillant de la Belgique, toute couverte de villas opulentes, exhumées depuis quelque vingt ans dans toutes nos pro\i ices, ail cessé un jour: si on ne veut pas accepter le IP siècle, voire même le 111% comme ayant accompli celte dépopulation presque absolue , est-il permis de résister aux preuves que fournit le IV"' siècle ? Y avait-il encore place pour des villages dans cette désorga- nisation ? Oui, pour ceux qui voient dans la villa mérovingienne ou carlovingieune la continuation de la villa romaine, quoiqu'il ne faille pas les confondre ( *). Oui, pour ceux qui perdant de vue les latifundia ou grandes propriétés rurales qui, devaient être bientôt, d'après Pline, la perte des provinces comme elles l'avaient été de l'Italie; pour ceux qui oublient l'institution de l'esclavage (^), qui dispensait du concours des bras d'hommes libres, les possesseurs des villas placées au centre de l'exploitation de ces latifundia. Oui, pour ceux qui ne peuvent se résoudre à ne pas voir dans (') XXVIe Congrès archéol. de France, p. 67. C) A côlé tles bàlimenls principaux d'une villa romaine découverte récemment en France, à Saint Romain Tarn-el-Garonne), on a remarqué « de modestes réduits où le travail devait s'exécuter par les mains de l'esclave qui remplissait toutes les fonctions et exerçait tous les métiers. » De même, dans une villa romaine de Belgique, M. Van Dessel a cru reconnaître Vergastuluin, les menottes d'un esclave, et jusqu'à l'inscription de son nom sur sa loge (Annales de l'Académie d'archéoloçiie, lU série, Vni. p. 188, et IX, p. 788.) — 354 — notre pays actuel l'image de ce qui cxislait, d'apj-ès eux, k l'époque romaine. Pour ceux-là, les villages n'ont pas cessé d'être peuplés ni au 11^ siècle, ni au 111% ni au IV% etc. Où, en effet, se dit-on, leurs habitants se seraient-ils retirés? Dans la seule cité de Tongres, ou dans de petits camps retranchés.... ? Eh bien ! ce qu'on se refuse h voir dans notre Belgique romaine, cette absence d'habitants des campagnes, on peut aller la constater dans l'Europe contemporaine ! Voici, en effet, ce qu'on lit dans un travail tout moderne sur l'Espagne : (') « Les indices d'un état de révolution et de guerre venant à vous rappeler à la réalité au milieu de cet Éden, formaient un contraste douloureux. Avant d'arriver h Cordoue, on traverse, non de véritables villages, mais beaucoup de petites villes. En Espagne, de même qu'en Sicile, on ne connaît ni le hameau, ni la ferme, ni le manoir isolé. Les mêmes causes produisant les mêmes effets,les fermiers se réfugient dans les villes, et de là vont souvent à plusieurs lieues, ensemencer leurs terres et recueillir leurs récoltes A[s apportent leurs produits et les entassent dans les greniers des maisons. Comment pourraient-ils vivre dans des heux solitaires et serrer leur blé dans des granges, en se mettant, eux et leurs biens, à la merci des voleurs ? » On a bien tenté d'atténuer le caractère agressif des invasions germaines du II* siècle, du III'" et du IV«; on a représenté les Fraiiks comme ayant été implantés chez nous par l'autorité elle-même, ou comme s'étant bornés à se passer de la permis- sion de celle-ci en venant s'établir chez nous spontanément (praelicenter), et Ozanam, notamment, a essayé d'enlever aux conquêtes des Franks, tout caractère de violence en disant que ce peuple n'avait fait que répondre à l'appel des habitants de nos contrées. (*) LéoQUESNEL, L'Espagne. Revue politique et littéraire, ISIS; Journal de Liège ^ du i 3 septembre 1873. — 355 - Il esl vrai qu'Auguste, que Tibère, que Maximieii et Probus, ont établi sur les terres belges des colons germains et franks : mais il n'est pas moins vrai que, à côté de ceux-là, l'histoire nous fait connaître l'existence de bandes envahissantes qui depuis le H' siècle, et en tous cas pendant le III' et le IV% n'y mirent aucun ménagement et s'implantèrent chez nous les armes à la main. C'est ainsi que, au témoignage de Sulpice Alexandre, cité par Grégoire de Tours ('), l'invasion des Franks, conduits par Genebaude, Marcomir et Sunnon, en 388, et celle qu'Arbogaste, allié des Romains, dut combattre, en 392 (pour ne parler que de celles-là, les dernières du IV*' siècle), coûtèrent bien du sang et, pour la première de ces invasions, le théâtre de la lutte fut même la forêt Charbonnière (en pleine Belgique actuelle), où un grand nombre de Franks furent massacrés. Ce n'est ni au III^ siècle, ni au IV% c'est seulement beaucoup plus lard, avec la décadence complète de l'Empire, qu'on peut admettre l'opinion de Guizot, que les invasions des Franks furent des événements partiels, locaux, momentanés, accomplis par des bandes peu nombreuses, bien accueillies parles popula- tions. Cela fut vrai à l'époque de Clovis (VP siècle), dont Guizot parle spécialement; cela ne l'était pas auparavant. VI. La vérité, on l'a déjà compris, est dans le système moyen ; mais on va laisser à autrui le soin de préciser. Voici Comment Gibbon débute, dans son Histoire de la déca- dence de l'Empire romain : « Dans le second siècle de l'ère chrétienne, Rome avait sou- mis à son empire les plus belles contrées de la terre, et comptait (M H, 9. 356 parmi ses sujets les peuples les plus civilisés. Lii courage, la discipline, une réputation acquise par une longue suite de vic- toires, assuraient la frontière de cette immense monarchie. L'influence douce, mais puissante, des lois et des mœurs, avait insensiblement cimenté l'union de toutes les provinces ; leurs habitants jouissaient et abusaient, au sein de la paix, des avan- tages du luxe et des richesses. » Pendant plus de quatre-vingts ans, l'administration publique fut dirigée par les talents et la venu de Trajan, d'Ha- drien et des deux Antonins. État florissant de l'Empire dans cette heureuse période, décadence et chute depuis la mort de Marc-Aurèle, révolution h jamais mémorable et qui influe encore maintenant sur toutes les nations du globe.... » Lisons maintenant l'état de notre pays, tel que nous le décrit en termes fort heureux et fort justes, M. Alf. Bequet ('), archéo- logue qui a non-seulement beaucoup fouillé, mais beaucoup lu et beaucoup comparé : « La population de Namur se livrait paisiblement au com- merce et à l'agriculture; nos ancêtres rendaient hommage à la Fortune, et élevaient des autels à cette bonne déesse qui leur prodiguait ses faveurs. Les riches élevaient sur les collines voisines des villas dont on voit encore aujourd'hui les ruines ; la quantité de constructions qui s'élevèrent dans nos campagnes pendant les deux premiers siècles, est, nous senible-til, une preuve de la prospérité du pays. Ces belles poteries samiennes, ces vases avec bas-reliefs, rencontres dans notre sous-sol, appartiennent aussi presque tous à cette époque du Haut- Empire... La paix profonde dont jouissait la Belgique fut tout à coup interrompue. La race germanique, fixée sur les bords du Rliin, avait tenté en valu de franchir cette barrière pendant les dernières années de la République et le commence- ment de l'Empire. Ces invasions avaient été promptement dispersées.... » (• Ann. dt la Soc. archéol. de yamt)r,\\\. p. 9 et nolï 1. — 357 — M. Simon, président de la Société d'archéologie et d'iiisloire de la Moselle, a, de son côté, parfaitement défini la situation (Mémoires de cette Société, 1864, p. 79) : (c Lorsque, après la conquête, le pays fut pacifié, lorsque chaque habitant put jouir paisiblement de ce qu'il possédait, on vit tous les habitants profiter des bienfaits d'une civilisation avancée; les campagnes se peuplèrent de nombreuses habita- tions, et l'agriculture prit un nouvel essor. Mais, après une longue possession des bienfaits que procurait la sécurité publique, on fut menacé d'invasion ; bientôt le pays éprouva de vives inquiétudes; on ne pensa plus qu'à défendre son ter- ritoire et h se retrancher dans des lieux plus ou moins sûrs. Les hordes sauvages apparurent, qui brûlèrent et pillèrent tout ce dont elles purent s'emparer. Dès lors, le pays tomba dans un état de marasme et de langueur, causé par le malheur et le découragement. Les populations des campagnes étant ruinées et même détruites en grande partie, on ne releva plus les habi- tations ; la terre fut en partie abandonnée; on vit les forêts reconquérir leur empire, elles recouvrirent les terres arables, les restes d'habitations et même les routes... {^) » On connaît le reste d'après la revue des événements histo- riques qui ont prouvé : Que, dès le IP siècle, un premier cri d'alarme avait éveillé, sinon la défiance, au moins l'attention sur les courses des Barbares. — Que, pendant le IIP siècle, ceux-ci ravagèrent à différentes reprises les Gaules, et rendirent impos- sible la culture des terres, à laquelle les empereurs durent em- ployer les Barbares eux-mêmes. ~ Que, durant le IV'' siècle, la dévastation devint générale, et qu'il n'y eut plus aucune espèce de sécurité dans les campagnes. — Qu'au commencement du V^ siècle enfin, la Belgique si florissante au P' siècle, comme (*) Qui veut voir avec quelle rapidité les buissons envahissent les habitations désertées par l'homme, en trouvera un exemple frappant dans le Bulletin de ta Société den antiquaires de France, 1874, p. 147. — 358 -- l'avait été l'Empire romain tout entier, était devenue une vaste solitude entrecoupée par de rares villes... Schayes, M. Ars. de Noue, d'autres encore, soutiennent que la Belgique, dès le commencement de la domination romaine, fut ce qu'elle devint à la fin de cette domination.... Schayes et consorts ont tort, en ce qui concerne une grande partie des deux premiers siècles, époque de bonheur et de prospérité. D'autres auteurs soutiennent que pendant le III* siècle et le IV% les campagnes ont continué à être parsemées de villas, voire même de villages... Ici, Schayes et ses adhérents ont seuls raison. Les deux premiers siècles : progrès, prospérité. Les deux siècles suivants : décadence, ruine. Telle est l'histoire de l'Empire romain ; telle est aussi l'histoire de la Gaule, et spécialement de notre Belgique (^). S. Liège, 1^*^ novembre 1877. (') On n'a pris ici à lâche de réfuter que Tune des nombreuses thèses soutenues en des articles récents, publiés par l'Institut archéologique liégeois. Qu'il suffise d'établir des réserves sur d'autres points d'archéologie, traités par les mêmes articles et auxquels il est impossible à l'auteur de la présente notice d'adhérer; il y reviendra peut-être. DE LA NOUE OU BRAS-DE-FER AU CHATEAU DE LIM.BOURG. Parmi les capitaines les plus fameux qui se soient acquis une renommée impérissable, ii en est peu à mettre en parallèle avec François de la Noue, surnommé Bras-de-Fer. Le légen- daire chevalier « sans peur et sans reproche » pourrait tout au plus lui disputer la gloire. Presque tous les biographes ont retracé la vie de ce vaillant soldat, qui, par la part qu'il prit à nos luttes, appartient pres- qu'autant à l'histoire des Pays-Bas, qu'à celle de France. M. Kervyn de Volkaersbeke lui a consacré une notice très- intéressante (i) à laquelle nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui s'intéressent particulièrement à cet éminent héros. Mais il n'a pas tout dit sur le séjour de cet intrépide homme de guerre en notre pays. Il n'a pas connu, notamment, les tentatives de délivrance dont il avait été l'objet pendant sa captivité à Lim- bourg. Les archives de Spa nous ont fourni des détails sur une pré- tendue manœuvre d'évasion de la part de ses amis. Ce sont ces pièces que nous croyons utile de mettre aujourd'hui sous les yeux des membres de l'Institut. L'on nous permettra auparavant de rapporter en raccourci (') Notice biographique sur François de la Noue, surnommé Bras-de-Fer, par Ph. Kervyn de Volkaersbeke. Gand. Gyselynck, 1848, grand in-S" d8 31 p., un autographe fac-similé et un tableau généalogique. — 360 — . les circonstances qui donnèrent à de la Noue la forteresse de Limbourg pour prison. Nous n'aurons, à cet effet, qu'à puiser dans l'œuvre de M. Kervyii, le résumé des événements qui mar- quèrent la vie du célèbre Bras-de-Fer. François de la Noue, né en Bretagne en 1531, porta les armes dès l'enfance. Après s'éire signalé en Italie, il revint en France où il embrassa le parti des Calvinistes. On le voit successive- ment se distinguer à Saiiit-Quenliii en 1557, à Orléans en 1567, à la bataille de Jarnac deux ans plus tard, puis s'emparer de Fontenoi, d'Oiéron, de Marennes, de Soubise, de Brouage. Atteint d'un coup d'arquebuse qui lui brisa Tes du bras gauche à Fontenoi, on dut le lui couper et le remplacer par un bras de fer dont il se servait fort adroitement pour manier son cheval. Envoyé une première fois dans les Pays-Bas en 1571, il prit Valenciennes, puis s'enferma dans Mons, qui dut capituler. Il retourna bientôt dans sa patrie, où il accomplit de nouveaux et brillants faits d'armes. Rappelé dans notre pays en 157s, avec le titre de maréchal- de-camp, il éprouva des tiraillements sans nombre à la suite desquels il manifesta l'intention de rentrer en France ; mais les Etals-Généraux tirent tout pour le retenir. Partout, dès lors, son passage fui marqué par des actions d'éclat. Il se cou- vrit de gloire notamment à Werwick en 1579, h la prise de Ninove en 1580, où il s'empara de la personne du comte d'Eg- mont. Cependant, de la Noue vit pâlir son étoile. En cher- chant à surprendre Lille, il lui écrasé par le nombre et fait prisoiniier. « Le premier soin du marquis de Roubaix, dit M. Kervyn, » après ce brillant fait d'armes, fut d'envoyer son prisonnier » au prince de Parme, qui se trouvait alors à Mons, et qui le » tit conduire sous bonne escorte au château de Limbourg, où » il fut confié à la garde de Gaspard de Robles, seigneur de » Billv, gouverneur de celle forteresse. » :m Peu s'ea fallut, à ce que nous dii son biographe, que l'illustre captif ne payât de sa tête, sa témérciire entreprise. On se con- tenta de le laisser dans le château de Limbourg, « Là, il fut relégué dans un lieu étroit et malsain, situé au » haut d'une tour, où l'air et la pluie pénétraient cm même » temps par une ouverture pratiquée dans le milieu du toit. » Chaque jour on lui apportait, dans cette triste et humide » prison, cloaque infect où la vermine et les crapaux avaient » élu leur domicile, une misérable nourriture qu'on lui faisait » payer fort cher. Cependant, il supportait ce traitement inhu- » main avec un courage digne de son beau caractère... » Vainement les Etats offrirent-ils au Roi (Philippe II) d'é- » changer de la Noue contre les seigneurs de Selles, de Cham- » pagni et d'Egmont. Philippe II ne voulut d'abord à aucun » prix se dessaisir d'un général aussi estimé... Une fois, cepen- » dant, il prêta l'oreille aux propositions, mais ce fut pour y » ajouter la condition barbare que de la Noue se laisserait » crever les yeux... De la Noue n'ayant pu consentir à une » mutilation, universellement réprouvée, attendit patiemment » que la mort vînt l'enlever aux tourments qu'il endurait dans » son cachot. » Plusieurs fois, le prince d'Orange entreprit de le délivrer, » mais toutes ces tentatives échouèrent. » Telle est la seule allusion que fasse M. Kervyn au fait qui est l'objet du présent article. A l'époque dont il s'agit, Spa, déjà connu depuis quarante à cinquante ans comme ville d'eaux, fréquenté chaque été par des personnes de marque, éloigné de trois lieues à peine de Limbourg, offrait tous les avantages incontestables à ceux des amis de De la Noue qui eussent voulu prêter les mains à une évasion. C'est vraisemblablement ce qui fit suspecter plus d'un étranger, venu tout simplement à Spa pour soigner sa santé, et notamment le sieur de la Personne, qui, ainsi qu'on le verra par — :^62 - es pièces suivantes, lut soupçonné, et pour ce, retenu prison- nier à Limbourg, en 1584. M. Eugène Poswick, dont les recherches sur l'histoire du Limbourg ont été des plus fructueuses, et qui a rassemblé une foule de matériaux dont nous verrons bientôt la mise en œuvre, a bien voulu nous fournir l'indication d'une autre tentative ana- logue h celle que nous signalons. Elle est mentionnée dans la Drossarderie de Limbourg, à la Chambre des comptes. On y trouve au registre 13072, folio 370 (années 1580 à 1586): « Sur l'avis donné au drossart du Duché de Limbourg, » Louis d'Aranda, par le conseiller Cryp (probablement con- » seiller fiscal du Conseil souverain de Brabant), il fît arrêter » Etienne Pelser, accusé d'avoir des intelligences à Cologne » avec quelques Français, amis du seigneur de la Noue, » prisonnier à Limbourg. Après une enquête faite à Cologne, » le dit Pelser fut relâché, sa culpabilité n'ayant pu être éta- » blie. » Albin Body. A Monsieur de Linde, gouverneur pour le prince de Liège en ces Pays et Marquisat de Franchimont. Supplye humblement dame Marie de Marolles, femme du Signeurdela Personne, remonstranl que pour Tlndisposition et maladye de gouttes et gravelle dont le dit S^"" de la Personne son mary est extrêmement offensé, Hz s'estoient acliemynez en ce lieu de Spa estant partis de Paris le xx* jour de May et à ceste fin avoient loué ung coche pour les y conduire n'aiantz aultre compagnie avec eulx que la damoiselle leur fille, et en leur suictte une damoiselle et une fille de chambre, deulx serviteurs et ung laquais el sans aultres armes que l'espée : de manière qu'ilz esloient arrivez au dit lieu de Spa le xx* jour de Juing y ayant séjourné jusques k présent; et combien que pendant leur séjour, le dit S^' de la Personne s'éloit comporté doucement et en patience, sans avoir eu aultre subjecl devant les yeulx que la recherche de sa disposition et sancté et qu'il ne — 363 — fust venu pour aultre effect, comme l'indispozition de sa personne faict assez suffizante preuve combien il a besoin de remède pour sa sancté, estant sy mal dispos qu'il ne poeuct faire ung seul pas à pied sans avoir ung baston pour s'appuier, et ne se poeull monter à cheval sans ayde. De sorte qu'il estoit contraint pour se conduyre jusques à la fontaine de Spa d'emprunter l'ung des chevaulx de Madame de Montafifye n'aiant faict ame- ner ung seul cheval avec luy en intention de séjourner en ce dit lieu jus- que à ce qu'il eust recouvert sa disposition ou qu'il eust apperçeu quelque amendement de son indisposition. Ce nonobstant et sans avoir esgardaulx choses dessus, soub prétexte que le dit S^'^de la Personne s'estoit acheminé lundi dernier à Lenbourg non pour aultre raison que pour faire compa- gnie à Madame de Monlaffye, laquelle l'avoit induitte d'y aller, avoit esté arresté prisonnier par le dit S"" gouverneur disant avoir reçeu commende- ment pour cest effect de la part de son Altesse prince de Parme pour sus- piction que l'on prétend avoir contre le dit S^'' de la Personne auquel on voeult mettre sus qu'il auroit délibéré d'entreprendre et practicquer sinis- trement la délivrance du S'" de la Noue prisonnier. Chose que se trouvera sauf votre Révérence du tout éloignée de vérité et dont n'y a seuUement aucune présomption ny apparence de suspiction. Ce considéré et attendu que vous, Monsieur et tous les habitants de ce lieu avés certaine cognois- sance quelz ont esté les desporîemens du dit Ss'' de la Personne pendant son séjour en ce dit lieu de Spa et avec quel petit train et équipaige il est arrivé, Il vous plaise pour la vérification de l'innocence du dit S»"" de la Personne bailler votre attestation à la dite suppliante aux fins dessusdites et dabondant en faire informer par telles personnes que vous adviserez bien estre pour cognoistre et esclarcir toutes les actions et desportemens du dit Se'' de la Personne en se negara (sic) afïin d'en faire apparoir à Son Altesse ou au dit S^"" gouverneur de Lenbourg aultres qui vouldroit pour en faire révocquer en doubte son innocence et probité. Ayant veu la présente Requeste, désirant de donner adresse de justice à tous, les Mayeurs et Eschevins de Spa prendront information et orront des tesmoins sur l'arrivée, disposition, équipaige, vie et conversation du sieur de la Personne mentionné au contenu de la présente requeste pen- dant le temps qu'il a esté à Spau pour par après en pouvoir donner attes- tation comme il appartient. Faict à Spau le vingt sixiesme jour de Juillet 1584. Robert de Lynden. Exhibé en justice le vingte-septième jour de juillet an 1584. — 364 — Tesmoings produis en forme d'information pour honorable S?' Robert de Lienden, hault-officier et gouverneur de Marquizai de Franchimont, faisant partye pour Dame Marye deMarolles, femme du S'' de la Personne, sur ce parla dite Dame requis, devant nous, la Court de Spau, le xxvi* jour de Juillet an xvc octante quatre, présens maire Adolphe, Eschevins Henrozet Lambert et Xherveau, sur le faict de la venue en Spau, mala- dieze, gouvernement, hantieze de dit S"" plus amplement contenu par certaine requeste par la dite Dame oultredonnées pour s'en servir ou qu'il appartiendra. Franckque délie Colevrine de Spau, témoin juré et adjourné, d'eaige suffisanl, homme catholique, dist ne scavoir de temps de laryvement à Spau de dit S"" de la Personne, dist ne scavoir de la maladieze de dit S' synon qu'il at ouy dire qu'il estoil gotteux, à rest ne sçeit de la hantieze, foid, ny gouvernement de dit S^ Ainsi subescript. Franck delle Coullevrin. Remade Xhrouet de Spau, prochain voisin du logis de dit S' de la Personne, en Spau, deaige et foid que dessus, témoin juré et adjourné dist avoir veu arryver le dit S"^ en Spau, ne se record proprement depuis quelle temps et estoit l(»gy en la maison Jeroisme du dit Spau et pendant le temps qu'il y at esté, lat veut aller aile Fontaine en coche avecq Madame la comtesse de Montaffie, dist avoir ouy dire que le dit S'' estoit gotteux, desort qu'il ne povoit bonnement cheminer. De surplus, dist ne scavoir de quelle foid ny gouvernement de dit S'. Ainsi subescript. Hemacle Xhrowet. Le S' Bernardin Esmyralle, italien, de la ville de Sienne, demourant à Calais, présentement à Spau, y uzant des eawes de la Fontaine, deaige de liij ans, homme catholicque, témoin juré et adjourné, dist ne cognoistre le dit S"^ de la Personne, synon depuis son arryvement en Spau, enquelle l'at veu venir dainsung coche, logy en la maison Jheroisme du dit Spau, depuis environ le xx" jour de Jung dernier et de la maladieze du dit S'' ne sceii proprement synon que k son veoir luy semble iceluy estre quausi impotent de ses membres, bras et jambes, dist le dit déposant que le charrioi ou qu(! le dit S"" estoit arrivé en Spau n'estoil point n luy ap[)ar- tenanl, ains l'avait par louaige de sort que lendemain de son arryvement 36n le dil chariot s'en retournai; pendant le temps que le dit S"^ al esté au dit Spau rat aulcune fois veu aller à la Fontaine dains le coche de Madame de Montaffie et aulcune fois sur ung cheval grision que l'on emprontoit de la dite dame, pour cause que le dit S"" n'avait coche ny cheval en ce lieu. De lafoid de dit S'' ne sceit synon dist avoir ouy dire qu'il estoil de la religion hogunoitle, s'en rapport arest, ne sceit de dit S'' aultremenl l'avoir hanté et le cognoit pour ung homme de bonne conversasion , et quant au dil S"" dist et croit que depuis le temps qu'il al esté à Spau, que iceluy n'at point esté à la Fontaine plus de xx fois pour cause de son indisposision des gottes et aultres maladiezes, qu'il ne povoit bonnement cheminer à pied ny à chevalle, en la compaingneit dequelle est arryvé au dit Spau la femme de dit S^ ung sienne fil deaige de quelque environ de xiij à xiiij ans, une fille de quelcque xvi a xvij ans, avecq deux filles de chambre, deux serviteurs et deux petits lackaye. Le S"" Jacque Save, italien, d'eaige environ Ixiij, de la ville de Sienne, homme de la foid catholicque, témoin juré et adjourné, compagnon de susdit Bei'nardin, dist et demeure de mot à autre eraprès la déposision de susdit Bernardin. Heluy espeuse à Jheroisme, horgois de Spau, eagé environ xxxij ans, feme catholicque, témoin juré et adjourné. Elle dist et dépose ne cognoisire le dit S' de la Personne, synon depuis sa venue en sa maison à Spau depuis quelcque v sepmaine passé, en liquel arryvat dains ung coche quil avoit par lowaige, estoit accompangneit de sa femme, ung petit fil, une fille, deux filles de chambres, deux serviteurs et deux petits lackaye, et estoil le dit S'' gotteux qausi impotent de ses membres, de sort qu'il ne povoit qausi cheminer et pendant le temps qu'il at esté en sa maison, elle dist que iceluy uzoit des eawes pour sa santé, allant aulcunes fois à la Fontaine avecq le coche de Madame de Montaffie et aulcune fois avecq les chevalz de la dite Dame, pour cause que le dit S"^ n'avoit point de coche ni de cheval à lieu de dil Spau. De la foid de dit S'' ny sa famille, elle dist ne scavoir synon qu'il se conduysent en sa maison corne bon Srs et gens de bien et que des jours prohibé de uzer de chaire ne les at veu uzer de chaire synon de poissons et viandes que les chresliens et gens catholicques uzent ensdis jours. Le xxvij<= jour de dit mois, présent Eschevins Henrozet et .lohan Bastin. Françeu Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ 366 xlviij ans, examiné sur le faict de dit S"" de la Personne, dist et atteste avoir veu arryver le dit S' en ce lieu de Spau, logy en la maison Jheroisme du dit lieu, ne se recorde proprement de temps de sa venue, luy estant arrivé dains ung chariot que l'on dist qu'il avoit par lowaige, pour cause qu'il n'avoil chevalz ny chariot à luy appartenant en ce lieu, dist ne luy avoir veu manyé autres armes synon des potences ('), ou bastons pour cause de son indispositions et maladieze des gottes, de sort qu'il ne peult bonnement cheminer et avoit à sa suyctte sa femme, ung petit fil, une fille, dist ne scavoir se le dit S"" at plus de ij serviteurs et une servante. De la hantieze de dit S^ ne lat veu hanter avecq autres gens synon avecq des seigneurs franchois et d'autres nations, tant en la maison de dit depozant emprès Madame de Chambre, comme à logist de Melchior, son frère, emprès Madame de Sainctge (Samtge?) et pendant le temps que le dit S"' at esté au dit Spau ne luy at veu faire aulcune enlrepriese synon comme ung homme de bien ; d'aller à la Fontaine ne sceit en quelle estât il y alloit, mais sceit bien qu'il uzoit de l'eawe de la Fontaine pour cause de son indispositions et maladieze. De surplus, ne sceit de Testât ny gou- vernement de dit S^ Ainsi subescript. Franck Y Le Leux. Melchior Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ xl ans, examiné que dessus, dist et attest avoir veu arryver Monsieur de la Personne en la maison Jheroisme, à Spau, ne se record proprement de quelle temps, luy estant dains ung coche, ne sceit sille estoità luy appar- tenant ny les chevalz y atteliez, ne sceit quelle arme le dit S"" avoit lors, et estoient à sa suycte sa feme, ung petit fil, une fille et plusieurs serviteurs et servantes, et plusieurs fois vyeu cheminer le dit S'' avecq ung baston en sa main, liquel cheminoit à bien grande paine pour cause de son maladize, ne sceit quelle elle estoit synon dist avoir ouy dire quil avoit malle az gambes, ne sceit pour ce quelle gens le dit S'' frequentoit synon quil at ouy dire que pendant le temps quil se sont tenu en ce lieu se sont poi- siblement conduyct, uzant de leawe de la Fontaine pour cause de son indispositions et maladieze, ne sceit pour ce en quel estât il alloit à la Fontaine, arest de Testât et gouvernement de dit S"" ne sceit aultrement qu'il s'est dessus expediet. Ainsi subescript. Menchfor Le Leux, (*) Béquilles. — 367 — Gielel fil Bastin Borguet d'Arbespine, témoin juré el adjourné, deaige environ xxv ans, examiné sur le faict de dit S"" de la Personne, disl et dépose ne les cognoistre luy ny sa famille, ne se record de l'avoir vyeu, vraye est que depuis environ quelcque xv jours passé at faict une potence de bois pour un S"' logy en la maison Jheroisme en Spau, ne sceit pour ce le nom ny surnom de dit S', pour quy estoit la dite potence, de plus ne sceit aparler de lestât ny gouvernement de dit S"" de la Personne. Johan Bastin, de Spau, notre confrère, témoin juré et adjourné, deaige environ xl ans, examiné sur le faict de dit S'' de la Personne, sur quoy nous at dit et attesté ne avoir mémoire davoir vyeu ny congnu le dit S' de la Personne, dist bien avoir ouy dire quil estoit logy en la maison Jheroisme à lieu de Spau, arest ne sceit de lestât ny gouvernement de dit S'. Ainsy subescript. JoH. Bastin. Jheroisme Mor, demourant à Spau, témoin juré et adjourné, deaige- xl ans, produys sur le faict de dit S"" de la Personne, dist et atteste que depuis quelcque v sepmaines, et trois jours passé arryvat le dit en sa maison, accompangneit de sa feme, ung petit fil, une flUe, deux servi- teurs, ij petits lackaye et deux filles de chambre, là arryvarent tous dains ung coche de Esden par lowai^e, de sort que l'on print le dit S"" de dit chariot par le corps et lemporte en la maison pour cause quil ne povoit bonnement cheminer, à liquel arryvement neat veut qu'il euisse espé ny armes et que le dit S"" n'at à son logyst chevalz ny chariot, de sort que pendant que le dit S'' sest tenu en sa maison, alloit à la fois à la Fontaine sur ung cheval de Madame de Montaffie et que pendant telle temps le dit S" uzoit de la Fontaine pour cause de son indispositions et maladieze des gouttes et gravelle. De la hantieze de dit S% dist que le dit S"" conversolt tous S" estant à Spau ou la plupart, et que ce pendant il et touttes sa suyctes se sont si hoiinestement conduict quil est possible, corne gens de biens et gens catholicques non uzant des viandes de chaire ens jours défendu et que pendant que le dit S"" alloit chi et là n'avoil autz armes synon ung baston à la main, et aulcune fois uzoit de potences araison quil ne povoit comedit est bonnement cheminer, ne luy ayant veu faire ny dire entreprieze aulcune ny parlumenter (?) aultrement que gens debiens et que pendant qu'il sest tenu en sa maison ne luy at vyeu manyeraulcunes 368 armes ny munitions de guerre synon depuis quelcque xv jours que Ion dist qui! avoit endroit de la Fontaine aulcuns volleurs, quoy entendant le dit S' acheptat ung petrinalle, desort que le dit déposant dist luy avoir preste deux charges de pouldre, lune pour esprover la dite petrinalle, et l'aultre pour aller à la Fontaine avecq les autres pour cause de ce que dist est, duquel s'en servoit le serviteur du dit S^ Ainsi subescript. Jheroisme Mor. Léonard Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ Iv ans, homme catholicque, nous dist et attest n'avoir vyeu arryver le dit S' de la Personne à Spau, mais sceit bien quil l'at veu par lespasse de quelcques v sepniaines dernir logy en la maison Geroisme, à Spau, l'at plussieurs fois vieu passer et rapasser devant sa maison dévissant avecq autres gens ne se record de quelle nations, tenoit en ses mains une potence pour ce qu'il ne povoit bonnement cheminer pour cause de sa maladises comme apparoit, dist ne pour ce sçavoir quelle estoit sa dite maladiese, dist quil at à sa suycte sa feme avecq quelques servans des- quelz n'en sceit le nombre, et arest dist ne scavoir de lestât et gouverne- ment de dit S'' pour ce qu'il ne le cognoit synon depuis sa venue quil at ouy dire quil uzoit de l'eawe de la Fontaine pour son indispositions. De plus dist ne sçavoir. Ainsi subescript. LiNAR [.I Lu. Thomas Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, home catholicque, deaige environ liiij ans, i)roduys sur le faict de dit S'' nous at attesté avoir vyeu venyr un S"^ franchoy nommé Mons' de la Personne dains ung coche avecq sa feme, ung petit til, avecq plussrs serviteurs et servantes desquelz n'en sceit le nombre, ne sceit ainsy le temps de sa venue, ny quelles aimes iceulx conduisent, mais veyt que l'on print le dit S' lem- portant en la maison ou estoit logy, dist ne sceit se le dit coche estoit à luy ou non, mais at ouy dire quil at les goltes et la gravelle, de manir quil l'at plussieurs foisveyu deviser avecq des S''^e( queiceluymarohissoit à la potance à bien grande peine, l'at aulcunes fois vyeu aller à la Fon- taine à cheval et dist avoir ouy dire quil uzoit des eawes de Spau pour recoverer sa santé, de plus avant dist ne scavoir de lestât et gouverne- ment de dit S"" pour ce quil ne l'at hanté. Ainsi subescript. Thomas Le Lour. — 369 - Le xxviij* jour du dit mois presens Eschevins Joh. Bastin et Xherveau. Pierre Lulier, escuyr, S"' de Montengny, Sainct Felys de Lielle de Franche, aage environ xxij ans, témoin juré et adjourné, examiné sur les articles, sur le faict de M. de la Personne, nous dist n'avoir jamais cognois- sauce de la personne de dit S'', synon luy estant arryvé à Esden (*) et eulx parti de là pour s'acheminer à Spau, veit à chemin li coche de dit S-'de la Personne ne l'ayant pour ce vyeu ny parlamenteràsa personne, synon eulx estant à Boulhon trovit illec le dit S'' en son coche et qui de là l'at accom- pangneit jusques à Bastongne ou que en dit chemin al veyu le dit S' en très malvais estât pour la maladieze des gottes et gravelle , de sort que eulx, le dit déposant extant partis de dit Bastongne y lassant illecq le dit S'^ n'arryvat à Spau que environ quelcque deux à trois jours après pour les séjournements quil flrent en chemin pour cause de l'indisposilions de dit S''. Luy semble que le dit S"" vint à Spau le xxi« jour de juin dernir et estoit à sa suycte sa feme, ung petit fil, une fille, une damoiselle, une borgoisse, deux serviteurs et deux lacquaye. Des armes n'at vyeu quil euissent aulcunes armes à feu et sceit bien que le coche ou astoit le dit S' l'avoit par lowaige de cochi d'Esden. De la fréquentation de dit S'' en ce lieu dist luy avoir vyeu fréquenter ung chacun, ne luy at vyeu pour ce faire aulcune entrepriese, et que pendant le temps qu'il s'est tenu en ce lieu luy at vyeu uzer de la Fontaine pour cause de son indispositions. Ainsi subescript. Pierre Luillier. Maître Anthoine Blondeau, l'ung des appotticaires de Made de Boilhon, estant en ce lieu de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ Iviij ans, examiné sur le faict de Mons'' de la Personne, nous at dit et attesté cognoistre le dit S'' passé xx ans et que le dit S'' est malade de la maladie des gottes tant az pieds come az mains avecq la gravelle et que à cest occasion le dit S'' est arryvé en ce lieu de Spau le xx^ jour de mois de jung dernier dains ung coche appartenant à l'ung des cochiet de Esden, logiet en la maison Jheroisrae, à Spau, accompangneit de sa feme, ung petit fil aagé environ rv ans, une damoiselle fille de sa feme, ung damoiselle et une autre filK^ de chambre, ij serviteurs et ij petits lackaye, et que en che- min le dit S'^ luy dit que les gottes luy estoient prins, à quelle occasion il (*) 11 faut certainement lire Sedain, Wachlendonck dans sa chronique écrit par- tout Esden pour Sedain. — 370 — avoit séjourné quelcque jour, n'ayant vieu quil euissent luy ny sa suycie aulcunes armes de guerres dont lendemain de l'arryvement du dit S"" fist venir emprès soy le dit déposant pour luy administrer les médicaments servant pour ses maladie, ce quil luy at conlynué jusque à son partement. Oultre plus ce, disl que de commencement de son arryvement que le dit S' at esté contynuellemenl l'espace de vi jours al lyct pour le débilité de ses membres. De la hantieze de dit S"" dist ne luy avoir cause personne veu hanté synon l'ai vieu quelquefois pormener à la place avecq ung bas- ton en la main, de quoy se trouviat fort malle en quoy fust constrainct de se retourner a liect. A rest ne sceit synon quil at vieu le dit S'' de temps quil sesl tenu en ce lieu sest uzé de la Fontaine pour cause de ses maladie et le plus sovent le prendoit à son logist à raison quil ne povoit bonne- ment cheminer à la Fontaine pour cause de son impotence. De plus ne sceit. Ainsi signé. A. Blondeau. Là mesme à la requeste de dit S' gouverneur en telle nom quil précède avons les présentes dépositions et informations publiée ouverte et copie az parties accordé. Et affin que ce soit choese digne de crédit avons icelle faict autenticquer par signateur de notre greffier sermenté ichi mise. TONGRES & HONTEM, J'étais dernièrement à la bibliothèque publique de Nieuport, lorsque, par hasard, mes regards tombèrent sur une brochure portant ce titre : Nouvelles études sur la géographie ancienne de la Belgique, par A. Wauters, archiviste de la ville de Bruxelles. Cette brochure, qui est loin d'être récente, puisqu'elle porte la date de 1867, était cependant une nouveauté pour moi. En effet, par suite des nombreux changements de résidence que j'ai dû subir, je n'ai plus guère été à même de me tenir au courant des controverses archéologiques. Aussi, ce fut avec un vif sentiment de curiosité, que j'em- portai ce petit livre, désireux de renouer connaissance avec des questions qui ont toujours eu le privilège de m'intéresser. Est-ce aberration d'esprit ? Défaut de jugement ou du moins de goût ? Je ne sais ; toujours est-il que malgré le charme et la haute saveur des circulaires du Recueil administratif, je n'ai su résister au désir de mordre encore une fois, et à la dérobée, dans un fruit étranger. Je n'ai pas la prétention de passer m extenso l'ouvrage en revue, je ne veux m'occuper que du chapitre XII, intitulé Aduatuca. Naturellement, ce chapitre est celui qui eut le plus d'attrait pour moi, parce qu'il était consacré tout entier à une que.- Lion que j'avais osé aborder autrefois quand j'habi- tais un petit village des bords de la Meuse, et même discuter longuement. Je ne sais encore si je me trompe, mais il m'a paru que l'au- teur, sans l'avouer, avait surtout en vue l'opinion que j'ai émise — 372 - dans mes « Promenades dans les environs de Visé, » non pas toutelbis en abordant eaiTémeni cette opinion, sous ses laces multiples et avec les raisoimements spéciaux qu'elle comporte, mais en ne la combattant que sur des points accessoires. Je me permettrai de rompre une lance courtoise en faveur de mes anciennes convictions; elles ne se sont pas modifiées, même après la lecture de l'ouvrage de M. Wauters, qui, natu- rellement, continue à voir dans la ville de Tongres — Atuatuca Tongrorum — le Atuatuca des Eburons. J'ai toujours été d'avis qu'il y eut jadis deux Atuatuca bien distincts: celui des Eburons, le premier en date, Atuatuca tout court, puis ensuite celui des Tongriens, Atuatuca Tongrorum, fondé sous Auguste, myis que l'on s obstine, je ne sais trop pourquoi - probablement pour embrouiller une question, qui sans cela serait trop simple — à confondre en un seul. Tout le monde sait que le premier fut détruit de fond en comble par César, lors de la dévastation qu'il lit de l'Eburonie; dès lors, il ne figure plus dans l'histoire, il est mort ; le second est bien la ville des Tongriens, Atuatuca Tongrorum. Mais pourquoi ce nom bizarre et si longtemps incompréhen- sible de Atuatuca, reparaît-il encore ici? Tout bonnement, parce que ce mot, comme le démontre à l'évidence M. le cheva- lier de Corswarem ('), n'est que le mot allemand Achterwacht, arrière-garde, ou plutôt corps d'armée laissé à la garde des bagages, latinisé ou prononcé — en élidant ses nombreuses consonnes — comme un romain pouvait prononcer ce mot guttural, impossible à articuler pour un gosior qui n'est ni allemand ni flamand. De ce qui précède, il s'ensuit que trois localités ont été appelées de ce nom, parce que toutes les trois elles ont été (*) Mémoire historique et élymologique sur les noms des anciens habi- tants, territoires, communes et hameaux de la province de Limbourg. Tongres, 1863. i:-i fondées par une arrière-garde destinée à veiller aux impedi- menta : 1» Atuatuca, celui qui nous occupe, lieu de stationnement temporaire de cette arrière-garde de 6,000 hommes, laissée à la garde des bagages par les Cimbres et les Teutons lorsqu'ils envahirent l'Italie, et qui fut la souche des Atuatiques. 2° Oppidum Atuatucorum, la ville des Atuatiques, l'établis- sement définitif de ces mêmes gens de l'arrière-garde, achter- wncliter, fixés à demeure et constitués en corps de nation, après les longues guerres qu'ils avaient dû soutenir contre les Eburons avant de les reiidre leurs tributaires. Nous n'avons point à nous en occuper ici ('). 3" Atuatuca Tongrorum, le lieu de dépôt pour les bagages, les femmes et les enfants des diverses peuplades qui vinrent repeupler TEburonie et se mêler aux habitants primitifs, échap- pés au massacre qu'en fit César. Ce lieu de dépôt, ce centre de la nouvelle tribu, mis, comme toujours, à l'abri d'un coup de main, est la ville qui figure sur l'iiinéraire d'Antonin. Quant au premier Atuatuca, détruit de fond en comble, il n'exisie plus depuis longtemps, il a disparu avec les malheureux Eburons. Je ne trouve donc,'lans la dissertation de M. Wauters, aucun argument nouveau, aucune démonstration probante pour infir- mer, ni même ébranler le système qui place le castellum des Eburons à Hontem, près de Gronsfeld - et non à Houthem, comme il le dit erronémenl. — Je sais que celte opinion fait tout doucement son chemin. Gomme je ne veux absolument aborder que les passages (♦) On esl d'accord pour convenir que It; lieu du slalionneinent des Atuatiques fut occupé par les Eburons, qui en firent leur plai-e de refuge. Sabinus et Colta. quand ils vinrent pour hiverner dans l'Eburonie, trouvèrent donc un camp tout fortifié. C'est le seul de tous les cantonnements de ses lieutenants, que Cc^-sar a pu désigner par son nom propre. Les autres n'ont pu l'être, parce que les lieux où ils étaient placés n'avaient, à cette époque, aucune dénomination appellalive. 374 soulignés par mon savant contradicteur, je vais me borner ^ les discuter dans l'ordre où ils se présentent à la lecture de son ouvrage. J'ai relevé, dans le cliapitre de mon livre qui a trait aux Eburons, quelques appellations que portent encore certaines parties de la grande vallée de Sainte-Gertrude, ou des lieux qui l'avoisinent : gebrande grebbe, vallée brûlée, mortsgraef, fossé des morts, hellegraaf, fossé de l'enfer, peut-être de Hellia, Bombosch, bois des Romains. « Je ne vais pas plus loin, dit M. Wauters, pour en épargner l'énuméralion au lecteur sé- rieux.» Je ne puis que l'approuver. Mais alors, puisqu'il répudie ce genre de preuve, je me permettrai de lui demander pour quel motif il y a recours et vient à son tour, lorsqu'il en a besoin, s'appuyer sur les noms que portent, de nos jours, cer- tains lieux-dits (^). Est-ce aussi pour faire sourire le lecteur sérieux? Ma foi! au risque de tranformer ce sourire en hilarité prononcée, j'ajouterai encore, à ceux déjà cités plus haut, quelques nouveaux noms de lieux que je dois à des recherches postérieures sur le terrain : ainsi, la tranchée au débouché de la vallée, se nomme hakkenbwep, colline creusée, certains endroits sont désignés par les noms significatifs de Roemslag^ bataille des Romains, de Lutlenraderveld, champ de la lutte, Heervout, trou de l'armée, Liebeck, dans l'idiome du pays, ruis- seau de sang, l.e Mortsgraef touche au Tomveld, au Tommelweg, au Tommelsgraef, champ, chemin et fossé des lombes. On y trouve beaucoup o'ossements; en 1863, on a fait disparaître une tombelle connue sous le nom de Tombe de la sorcière, j'ai fouillé son emplacement et j'en ai encore retiré des os et quelques débris informes de ferrailles ; un autre petit tumulus, aujourd'hui sous la sauvegarde d'une croix, existe encore à un carrefour de chemin. Dans la vallée même de Sainte-Gertrude se dresse un demi-dolmen, en pierre de grès, d'une hauteur de 1 mètre 15 centimètres. (*) Voir, par exemple, dam Touvrage cité, les pageti 148, 149, 1S9, 153. ;:{7r> Mais je vais plus loin : npn seulement je vois dans Hontem le Atuatuca des Eburons et dans la vallée de Sainte-Gertrude le lieu de la défaite de Sabinus et Cotta, mais je prétends retrou- ver au milieu des bois qui couvrent encore les collines entre Gronsfeld et Hontem, des vestiges de l'ancien culte germain. Une clairière porte toujours le nom de Thor, dans un coude de la vallée, nous trouvons la fontaine sacrée, lieilige fonleine ('). Une partie de bois se nomme lieL sans doute de Hellia, la sœur de Tlior, à côté nous avons le Woodsboom, l'arbre de Wooden ou à'Odin, plus loin les fermes de Venusiwf et de Panhof. Tous ces noms étrangers ne nous agaçent-ils pas par un je ne sais quoi de mystérieux qu'ils laissent entrevoir et que l'on s'irrite de ne pouvoir éclaircir complètement? Près de là (') Celle fontaine était devenue, sous le premier empire français, un lieu de pèlerinage très-suivi ; en 1806, M. Zaeppel, évêque de Liège, jugea opportun de faire cesser cet usage. Voici la lettre pastorale que ce prélat éclairé adressa, à ce sujet, au clergé de son diocèse : c Comperimus novum fontem, inilio mensis maii, nuperi fuisse animadversutn in valle quadani dislrictus de Gronsfeld, cujus inexpectatus saltus locuni deJit pluribus, prsesertim idiolis et mulierculis, existimandi fontem islum peltere aliquà virtule supernaturale. Inde ruraor spargitur ubique, inde concursus sexus omnis ex locis non solum circumvicinis^ sed el disserlis ;alii curiositatis causa, alii vero gratià sanilatis obtinendse illuc se conferunt, tanquam ad piscinam probriticam aut natatorium Siioë. Sanatione omnis gencris priedicantur, cœci vident, ciaudi ambu- lant, paralytici curanlur. n Verum, relalionibus Rde dignissimis nobis constat, cœcos islos non videre, claudos non ambulare, paralyticos manere paralyticos : insuper banc aquam, expe- rimentià physicorum, esse aquam communem, nec uUam se habere virtutem specia- lem, multo minus supernaturalem. » Quapropter, cum ofllcii noslri pasloralis sit irapendere taies abusos super- stiosos et scandalosos, re sacra religio nostra vituperationi ac raalevolorurad icteriis exponatur,serio hortamus vos, ut plebem vobis commissura illico desuper edoceatis, illumque deterretis a fanaticis itàtis excessibus. » Curent Pastores dare stalim suis succursalislis notitiam prsesentium. » Leodii bac 17 octobris 1806. • LlTTËKA AD CLËRUM. * Celte fontaine se trouve sur le territoire de Gronsfeld; ce qui est remarquable, c'est que son eau semble parfois se perdre. Après avoir lari pendant assez long,- temps, elle coule de nouveau depuis quelques années. — S76 — sont les villages de Keer et de Ambi. Dans le premier, on a trouvé une hache celtique en bronze, des fragments de poterie, une urne remplie de cendres et d'ossements brûlés. Le second nous fait rêver, parce qu'il nous donne, dans son ensemble, les deux premières syllabes du grand ennemi des Romains, Am- biorix, roi de Ambi. Je passe à deux bouts de phrase de mon ouvrage et que M. Wauters copie pour les réfuter: « de ce que les habitants » du pays voisin de Fouron racontent qu'il y a bien longtemps, » du temps des Romains ou des Sarrasins, il s'est livré une » grande bataille dans la vallée et que le sang a coulé partout, » en résulte-t-il qu'on doive, dit-il, chercher l'explication de cette tradition 5 l'époque des Eburons ? N'a-t-on pas livré d'autres batailles dans la vallée de la Meuse? Le 22 mars 1106, un com- bat terrible se livra aux portes de Visé entre les troupes du jeune roi Henri V et les partisans de son vieux père, l'empereur Henri IV : n'est-ce pas là cette journée sanglante dont le souve- nir est resté vivant au même endroit ? M. Caumartin décrit longuement, « des travaux étranges, de longs boyaux, des » restes d'anciens ouvrages, des tranchées, » où, d'après lui, Ambiorix posta ses Eburons de manière à surprendre Sabinus et Cotta. Tout ce système, appuyé sur des étymologies forcées, résiste diflicilement à l'examen. » Voilà, me semble-l-il, ce qu'avant tout il aurait fallu démontrer, et ce que M. Wauters n'a pas fait. Il est par trop laconique. Mais procédons par ordre. Constatons d'abord que la défaite de Sabinus et Cotta a eu lieu dans la vallée de Sainte-Gertrude qui,de Hontem-Atuatuca,yïeï\i déboucher dans la vallée de la Meuse, cette dernière n'a donc que faire ici ; elle reste complètement en dehors de la question. Le fait est que le combat terrible, dont parle mon savant con- tradicteur, tut livré aux portes de Visé, à très-peu de distance des remparts de la ville, et non h Hontem qui en est éloigné de plus (II- (lt faux. Ce combat - ce n'est, après tout, qu'un combat — eut lieu dans les campagnes de Bombaye et de Berneau, mais sur- tout sur le beau plateau qui s'étend entre ce village et Visé. Je n'admets nullement que sans des travaux préparatoires qui aient ouvert des voies caciiées et faciles, permettant aux Ebu- rons de déboucher à l'aise et par plusieurs côtés à la fois dans la vallée, il leur eût été possible de venir à bout de 9 k 10,000 légionnaires lomains. Ceux-ci n'ont pu sortir de cette terrible vallée; preuve indubitable qu'elle était obstruée à son débouché, puisqu'ils purent très-bien se retirer dans Atuatuca. Gésav nous dit que les Eburons, embusqués sur les deux versants, étaient cachés dans l'épaisseur des bois. D'accord, mais il leur fallait, avant tout, sortir de ces bois en masses assez compactes pour aborder de vaillants adversaires mieux armés et mieux disci- plinés. Admettez-vous, par exemple, qu'un régiment d'infanterie abrité dans un bois, puisse en sortir tout-ii-coup, à l'impro- viste, pour en assaillir un autre qui chemine à quelques pas de lui? Pas du tout. Les arbres de haute futaie d'abord, puis les taillis épais, les ronces, les épines, seront un obstacle insur- montable à une marche en corps, la sortie sera pénible et avant tout très-lente. Les soldats émergeront de l'épaisseur des bois comme ils le pourront, isolément, par groupes, gênés parleurs armes, et, pour ainsi dire, sans défense, ou pour le moins aussi en désarroi que ceux qu'ils viennent combattre. Pour avoir chance de réussir ils devront, au préalable, reformer leuis rangs et agir avec ensemble. Voilà, Monsieur, la cause de ces tranchées, de ces longs boyaux, de ces places d'armes si bien cachées, si traîtreuse- ment dissimulées dans les versants des côies qui dominent et enserrent le vallon de Sainte-Gertrude; elles ont permis à Am- biorix de précipiter subito se^ Khnrons en corps épais, bien - 378 - préparés, et qui, n'étant arrêtés par aucun obstacle matériel, tombaient, avec un élan irrésistible, au milieu des troupes romaines, dont nul bruit suspect n'était venu éveiller les soupçons. Passons à une autre objection. « Dès l'instant où l'on rejette Tongres, dit M. Wauters, on tombe dans l'incertitude, on ne \ oit plus d'issue pour se tirer d'embarras, on ne fait qu'aug- menter les difficultés résultant des distances données par César. » C'est possible pour beaucoup de localités, mais ce n'est cer- tainement pas le cas pour Hontem, bien au contraire. Tongres, dit le général Creuly, réalise la condition don- née ('), étant à 98 kilomètres du Rhin en ligne droite, ou, en mesure itinéraire, à 117 kilomètres, qui font, à peu de chose près, deux marches de cavalerie. Ainsi donc, c'est parce que Tongres se trouve, à peu de chose près, à deux marches de cavalerie du Rhin, que vous lui attribuez l'honneur d'être le Atuatuca des Eburons? Vous comptez sans doute pour rien la Meuse qu'il faudra passer pour aller de Tongres au Rhin ? Eh bien! je le demanderai hardiment à tout lecteur impartial, Hontem lui, sur la rive droite de la Meuse, presque en regard de Tongres et plus rapproché du Rhin, ne réalise-t-il pas beau- coup mieux celte condition essentielle de distance? N'esi-il pas évident que, lorsqu'un grand cours d'eau s'interpose entre un corps d'armée et un point donné, elle ne peut jamais être cer- taine de l'atteindre dans un temps rigoureusement fixé ? D'un autre côté, M. Wauters n'admet pas non plus que si les troupes romaines eussent été cantonnées à Aluatuca-Toiigres, la Meuse qu'elles auraient eu à franchir — et pendant l'hiver! — eût été un obstacle pour qu'elles puissent surveiller efficacement la partie principale de l'Eburonie, la plus accidentée, la plus peu- plée, celle comprise entre ce fleuve et le Rhin. I*) Oeil»" rt'ètre a deux journé«'S (Je marche rlu Rhin. — 379 — « Or, dit-il, César a maintes fois passé la Meuse et ne la cite » que très-accessoirement et dans d'autres occasions. » Puis, voyez la différence: traverser un fleuve est une opé- » ration très-difficile pour une armée considérable marchant » avec tout son matériel. A-t-elle off'ert autant de difficultés à » une troupe de hardis cavaliers, comme l'étaient les 2,000 » cavaliers Sicambres qui assaillirent Atuatuca-Tongres, en été, » à l'époque des sécheresses? » D'abord, Monsieur, ce qui est à noter précisément ici, c'est que César observe que ces cavaliers Sicambres ont passé le Rhin sur des barques, mais soit, auraient-ils dû franchir la Meuse, ils l'auraient fait très-facile- ment en été, à Vépoque des sécheresses ; puis mon savant contra- dicteur, croyant me battre par mes propres armes, ajoute victorieusement : « la Meuse est facilement guéable près de » Visé, c'est un défenseur de l'opinion contraire à la mienne » qui nous l'apprend; il existe, dit M. Caumartin, en face du » village de Lixhe, un gué de la Meuse, » et plus loin le même auteur ajoute : « Le gué de Lixhe ou de Navagne est si facile » que, avant la cession de la rive droite à la Hollande et l'éta- » blissement des chemins de halage, les habitants de ce vil- » lage traversaient la Meuse avec des charrettes pour voiturer » les récoltes de la rive droite. C'est là que l'armée espagnole a » passé en 1634, et Jean de Weert en 1636. » (') En citant ces extraits de mon petit ouvrage, M. Wauters a complètement perdu de vue un point capital, une chose essen- tielle: c'est que ces divers passages de la Meuse ont toujours été effectués pendant ou après les grandes chaleurs de l'été, à l'époque de la récolte. Mais ici, ce n'est pas le cas. Un grand cours d'eau n'est plus guéable à l'époque de la chute des feuilles, du moins dans nos climats. Or, les troupes romaines étant entrées dans leur cantonnement d'hiver pendant la pre- mière quinzaine du mois d'octobre, précisément lorsque la (*) Promenades dans les environs de Visé, pages 1T8 et 201. 880 Meuse a cessé, ou va cesser d'être guéable, je inaiiUiens qu'il leur était impossible d'exercer, pendant l'hiver, la moindre influence dans l'Eburonie transmosane, pays boisé et d'un accès si difficile, dont elles étaient séparées par un fleuve qu'elles ne pouvaient plus franchir, et qui, en outre, les eût coupé complètement de leur base d'opération. Il est une particularité sur laquelle j'ai déjà appelé l'atîen- tion, je pense même être le premier qui l'ait signalée et qui en ait tait ressortir l'importance; j'ai été étonné de ce que M. Wau- ters n'ait pas jugé î^ propos de s'en occuper, car elle ne me paraît pas devoir être dédaignée, la voici : les soldats romains, en quittant leur cantonnement d'hiver de Atuatuca, se mettent en marche dans l'intention de se retirer sur le camp de Cicéron - ad proximam legionem, — battus dans la grande vallée — magnam convallem — ils se réfugient derrière les remparts de Mnaluca, mais dans l'impossibilité de résister, et, pour ne pas tomber vivants entre les mains d'un ennemi implacable, ils enterrent leur aigle et s'entretuent pendant la nuit, quelques légionnaires, dit César, parvinrent isolément à gagner le camp de Labienus. Pourquoi donc les fuyards ne cherchent-ils plus leur refuge dans le camp de Cicéron, mais bien dans celui de Labienus, qui cependant (tait plus éloigné? La raison en est telle- ment concluante que. seule, elle dispenserait de longues dis- cussions. C'est que, partis de Atuatuca-Uontem pour atteindre le camp de Cicéron, il leur fallait inévitablement passer la Meuse d'a- bord, puis cheminer dans l'Eburonie en armes, ce qu'ib ne pouvaient plus même tenter de faire, tandis que pour gagner celui de Labienus, ils n'avaient qu'à s'enfoncer dans les pro- fondeurs de la forêt des Ardennes, qui devenait pour eux un lieu de refuge assuré. Remarquez-le bien. Monsieur, dans votre système de A tuatuca-Tongres, les Romains, battus et fugitifs, sont forcés de passer la Meuse à gué devant un ennemi victo- — 381 — rieux qui, iieu doutez pas, faisait bonne garde, tandis que nous savons qu'ils n'ont même pu sortir de la vallée. C'est radicale- ment impossible. Mais à quoi bon, après tout, ces longues dissertations pour démontrer que les Romains pouvaient facilement passer la Meuse? Elles sont inutiles, ou plutôt, elles vont à rencontre du système de mon savant contradicteur, et me fournissent des armes contre lui. Àtuatuca est Tongres, prétendez-vous? Eh bien! dans ce cas, Sabinus et Cotta n'avaient que faire d'aller passer la Meuse n'importe à quel endroit, ils atteignaient l'ob- jectif de leur marche, le camp de Cicéron, sans s'approcher de ce fleuve, mais, ce qui est plus fort, c'est que s'ils avaient été assez malavisés pour la passer, ils se seraient trouvés dans l'obligation de la franchir une seconde fois pour sortir de l'im- passe où ils se seraient fourvoyés de gaieté de cœur. Mais à Hontem, il en était tout autrement : ils ne pouvaient, dans aucun cas, se dispenser de passer la Meuse au gué de Lixhe, le 3eul entre Maeslricht et Liège, et c'est pendant leur marche vers ce gué qu'ils tombèrent dans les embuscades préparées [)ar Anibiorix, qui savait très-bien que !a vallée de Sainte-Ger- trude était la roule naturelle pour atteindre le gué, en venant du haut pays. Existe-t-il même, entre Tongres et la Meuse, une vallée assez spacieuse et en même temps assez encaissée pour avoir été le théâtre du drame? J'en doute. Je ne conçois pas comment ce changement dons l'itinéraire de l'armée intacte et de l'armée battue, n'a pas attiré l'attention. Là, selon moi, est la solution de la question qui nous occupe. Depuis l'époque où M. Franquinet, de Maestricht, et moi, nous fîmes à M. le commandant de Locquessye les honneurs de la vallée de Sainte-Gertrude, je l'ai, ainsi que les lieux qui l'avoisinent, explorée maintes fois et minutieusement ; et qui sait, si les nouveaux renseignements que je serais à même de fournir au commandant ne seraient pas de nature à modifier le rappoit qu'il transmit autrefois à l'auteur de la Vie de César. CAL'MART1^. SAINT LAMBERT. VIE EN VERS Par HUCBAI^L» OS- Hi%.II%IX-AIIIA.IVn ET DOCOMENTS DU r SIÈCLE. INTRODUCTION. Les documents que nous nous proposons de reproduire, sont extraits du recueil manuscrit 14,650-59 de la Bibliothèque royale de Bruxelles. Ils ne constituent pas seulement un en- semble de monuments curieux de la vieille liturgie liégeoise et de l'état des lettres chez nos pères, à une période des moins connues de leur histoire littéraire, au dixième siècle ; après la biographie de saint Lambert, écrite par un de ses contempo- rains, et remaniée pendant deux cents ans jusqu'à la rédaction de l'évêque Etienne (902-920), ils nous fournissent les rensei- gnements les plus anciens sur le patron de la patrie liégeoise ; ils nous offrent, en outre, les premiers vers latins dans lesquels il soit parlé de Liège; ils nous apportent enfin des lumières précieuses pour l'éclaircissement de quelques-uns des pro- blèmes les plus obscurs de nos traditions nationales. Voilà plus qu'il n'en faut, sans doute, pour leur mériter une place dans les Annales de YInstituI archéologique. — 384 — Un mot, d'abord, du recueil d'où nous allons les extraire. Ce recueil, grand in-quarto de cent soixante-huit feuillets de parchemin enserrés dans une vieille reliure appartenait, au siècle dernier, au Musée des Bollandistes; antérieurement, en l'an 1608, il était la propriété de Corneille Duyn, d'Amsterdam, mais il ne se trouvait déjh plus intact, quand il arriva dans les mains de ce propriétaire; du moins la pagination, qui semble dater de ce temps, atteste-t-elle que, dès lors, plusieurs feuillets avaient été arrachés de différentes pièces. Quoi qu'il en soit, les Bollandistes ont fait et feront encore bon usage de cette collection : elle comprend, en effet, les vies de sept saints qui, tous, ont été particulièrement révérés dans nos provinces, et qui, sauf un seul, ont tout au moins passé dans le pays de Liège une partie de leur existence: S. Re- macle, S. Lambert, S. Légei-, S. Amand, S. Hubert, S. Trond et S. Euchère. Ce choix ne permet-il pas d'induire que ce recueil a été formé au pays de Liège, et probablement à Stavelot ou à Mal- medy, puisque le premier rang y est donné à la biographie du fondateur de ces deux cités monastiques, et qu'un manuscrit romain, dont nous aurons à parier tout à l'heure, le manuscrit 8,565 de la Bibliothèque du Vatican, dans lequel toutes les pièces relatives à S. Lambert sont rangées dans le même ordre et reproduites, sauf un hymne, précisément dans le même texte qu'ici, est de la main d'un certain Pierre, de Malmedy. Pertz reconnaissait, dans les copies de ce Pierre, les carac- tères de l'onzième siècle (i) ; le recueil de la Bibliothèque royale est pour le moins aussi ancien. A part ce qui concerne S. Lambert, toutes les vies, toutes les relations de miracles insérées dans cette collection, sont de date antérieure au dixième siècle. La vie de S. Amand (t 679) est celle que nous a laissée 'i Àrchiv der (ieielUcha/i fin altère deutsche (rf^chichikunde, l. XU, 361. — 385 — Baudemond, le disciple du saint; la vie de S. Léger (t 678;, celle qu'un contemporain adressait ù l'évêque Erminaire qui remplaça sur le siège d'Autun, la victime d'Ebroin; toutes deux appartiennent donc au VU""* siècle. Deux autres sont du VIII""=: celle de S. Trond, l'œuvre bien connue du diacre Donat, et celle de S. Euchère, rédaction d'un anonyme du même temps. Les Vies les plus liégeoises, si l'on peut ainsi parler, sont rela- tivement les moins anciennes: celle de S. Remacle, avec le récit des plus anciens miracles de ce saint, nous vient du [X""* ; de même celle de S. Hubert, complétée par la relation de divers prodiges, dont le dernier peut être reporté vers l'an 840. Au dixième siècle appartiennent seulement les pièces relatives à S. Lambert. Ces pièces s'y présentent rangées dans l'ordre suivant : — Versus in laude Beati Lantberti (99 et verso), poëme de cinquante-six vers. ~ incipit proemium in vita vel passione atque responsoriis beati Lantberti martyris (100-101 verso), préface donnée par l'évêque Etienne à sa rédaction nouvelle de la première Vie de S. Lambert et à son office du saint. — Incipit vita et passio beati Lantberti episcopi (102-106 verso), texte de la biographie remaniée par Etienne. — Unde supra antiphonœ et responsoria (117-119), antiennes et répons de l'office composé par Etienne, avec leur notation musicale. — Incipiunt antiqua Dei miracula, in honore Lantberti mar- tyris, nostris temporibus innovata (119-122), récit, avec com- mentaires, de trois miracles arrivés sous les règnes de Francon et d'Etienne, son successeur. — In illo tempore... Texte des versets 32 à 44 du chap. XII de l'Evangile de S. Luc (123). Dominus ac redemptor... Homélie, commentaire de ce texte évangélique, avec application finale à S. Lambert (123-126). — Table des chapitres, puis texte d'une vie en vers de S. - 386 - Lambert, écrite sur l'ordre de l'évêque Etienne (127-140), et enfin hymne en l'honneur du même saint. Hormis, peut-être — mais nous n'oserions décider sur ce détail, hormis l'Evangile et l'homélie, toutes ces pièces paraissent être de la même main ; de plus experts que nous en ont déterminé la date. M. de Reiffenberg croyait le recueil entier du X'"'' siècle ('i) ; et le P. Suyskens, qui écrivit l'article de S. Lambert, dans le tome V d'octobre des Acta Sanctorum, avait déclaré, avant lui, que l'écriture accusait assez bien ce même temps « cujus characteres a Stephani sœculo non abhor- rent (2). » L'avis de ces savants s'ajoute donc à la date d'origine des divers travaux insérés dans cette collection , pour nous donner la conviction que nous nous trouvons en présence d'un en- semble de documents antérieurs aux biographies de S. Lam- bert composées par le chanoine Nicolas et le chroniqueur Sigebert, dans les débuts du douzième siècle, antérieurs même au résumé que le chanoine Anselme donnait de cette vie, dans son histoire de nos évêques, vers la première moitié de l'onzième. La vie de S. Lambert, rédigée par Etienne, est la plus con- nue de ces pièces ; elle a été publiée par Chapeaville (1, 350-370) dès les débuts du XVII™" siècle, par divers autres ensuite, par les Bollandistes même d'après notre manuscrit de Bruxelles (3). Ecrite, comme l'indiquait le rédacteur dans sa préface ou lettre d'envoi à l'archevêque Heiiman de Cologne, écrite pour rem- placer dans la liturgie de la Cathédrale de Liège, cette relation première dont la révision de Godeschalc n'avait guère enlevé tous les barbarismes, elle est divisée en neuf lecliones. Ces divisions, négligées par les Bollandistes, ont été conservées par Chapeaville avec beaucoup d'à propos, l'auteur épiscopal (•j Annuaire de la Bibliothèque royale, •1847, p. 10.3. •) Acia Sanciorum, l. V, octobris, p. 519. Acta Semctorum Belgii. VI, 24. O AcU S. S. V octobris 581. — 387 — ayant établi un rapport spécial entre elles et l'office, dans lequel elles entraient : « in quitus ordini lectionum, écrivait-il, séries respondet tonorum, quatenus sibi œquando quitur numerus horum. » Moins heureux que ces lectiones, l'office même arrangé par Etienne n'a pas été, que nous sachions, imprimé jusqu'à cette heure. Nous eussions aimé le publier avec la reproduction de la notation musicale d'Etienne ; cette notation nous a été con- servée avec netteté parfaite dans le manuscrit de Bruxelles ; elle ne comprend que cinq feuillets in-quarto; elle n'eût pas manqué d'intéresser nos musicologues ; elle est l'œuvre d'un évêque de Liège du X"* siècle, et ses accents ont été répétés avec enthousiasme par vingt générations de Liégeois dans la vieille basilique nationale.... On nous a dit toutefois que les pages de musique de ce temps ne sont pas cho.se si rare, et force nous est de nous contenter de reproduire ici le texte sans notation. Ce texte toutefois n'est original et nouveau que dans sa plus petite partie : à part l'hymne d'introduction, les éléments qu'Etienne mit en œuvre dans ces répons et ces antiennes sont tirés mot pour mot, comme on le verra: — tantôt, de sa rédaction de la vie de S. Lambert, et nous avons indiqué lâlectio à laquelle est emprunté chaque passage; — tantôt du poème biographique qu'on trouvera plus loin et auquel nous renvoyons le lecteur en indiquant par un chiffre le vers cité. Ainsi que l'annonçait Etienne, dans l'épître dédicatoire à son métropolitain de Cologne, ces chants répètent, en l'abré- geant la prose des lectiones : Canlica qua propter museo compta lepore Succinctim replicant ac eius gesta renarrant. Ils ne constituent pas, d'ailleurs, bien qu'on l'ait parfois affirmé, un office complet de S. Lambert ; ils n'en sont que la partie nocturne et matinale; « canticum nocturnum » comme le — 888 — note ton bien Sigebert, en énuméraiil les œuvres d'Etieiiiie, dans son catalogue des Ecrivains ecclésiastiques. (I, 125.) C'était, comme on sait, l'usage de ce temps ~ et les canons du concile de Latran de 1213, rappelaient encore le clergé à cet usage — d'interrompre le repos de la nuit pour chanter les louanges de Dieu : lorsqu'il s'agissait des grandes solennités de l'Eglise ou du diocèse, la nuit qui les précédait éiait même con- sacrée tout entière à cette veille pieuse ; le chœur des fidèles venait alors renlorcer celui des clercs, et le chant nocturne de S. Lambert, par exemple, devait être répété, il y a neuf siècles, par la population liégeoise tout entière. Ordonné comme on va le voir, l'office d'Etienne ne manquait pas d'une poésie grandiose et saisissante ; partagé entre le chant, la prière et la lecture des actes de S. Lambert, il rappelait tour à tour les gloires du Très-Haut exallées dans les psaumes du Roi-prophète, et les mérites du patron du pays tantôt dé- taillés dans ces lectiones, tantôt résumés dans ces antiennes et ces répons. La pieuse carrière du héros national se déroulait de la sorte à mesure que s'avançait la nuit, et le récit de ses vertus, de ses luttes se prolongeait, entre les chnnts et la prière, dans le recueillement des ténèbres et devant l'autel élevé sur sa tombe, de façon à rappeler, jour pour jour, heure pour heure, dans le lieu où il avait péri, à l'aube anniversaire de celle qui éclaira son martyre, le dénouement .sanglant de sa glorieuse existence UNDE SUPOi ÂNTIPHON^ ET RESPONSOBIA, Respomorium ad vesperos Consilium et opus suum semper ad dominum coiivertebat; cor ejus et pedes direcli eraiu ad evangelisandam pacem. V. Erat enim vere dignus beatus lantbertus et aspeciu amabilis, colloquio affabilis. Cor ejus. Antiphona ad magnificat. Magna vox laude sonora Te decet per omnia Quo poli chorea gaudet Aucia tali conpare Terra plaudil et résultat Digna tanto prœsule 0 sacer laïUberte martyr Nostra vota suscipe Antiphoîia ad invitatorium . iElernum triiiumque Deum laudemus et uiium Qui sibi lantberlum transvexit in ethera sanctum Antiphonœ in primo nocturno. A Orbita solaris presenlia gaudia coiifert Praesulis eximii Lantberti gesta revolvens Psal. Beatus vir. Antiphona. Hic fuit ad tempus Hildrici régis in aula (64) Dilectus cunctis et vocis famine dulcis (65) Psal. Quare fremuerunt — ;wo - Antipliona. Sed post ut fidei dévolus dogmala sumpsit (66) Doctrinae cumulos illi sapientia vexit (67) Psal. Domine quid m. Responsorium in primo nocl. R. Gloriosus martyr lantbertus , et aeterno régi sacerdos dilectissimus insigni ex prosapia treiectensi vice extitit oriundus V. Puer quidem streunuus nilebalur totis viribus rteri vir per- tectus. Insigni. (Lectio. I de la Vie d'Etienne). R. Sanclus lantbertus parvi pendebat presentia veluli devo- verat in pueritia estimans pro nichilo omnia prteter quod erat aeternae salutis gratia. V. Gselestibus animo inhaerens sese in holocaustum domino mactabat. Estimans pro nichilo omnia praeter quod... (II) R. Sanctum domiiii lantbertum, ditatuni honoribus sanctimo- nise, illustratum commerciis parsimoniae, plebs treiectensium pariter congregala episcopum sibi fieri acclamavit. V. Regalis etiam celsitudo ac procerum multitude. Eplïï. (II, III.) Antiphonœ in II noct. A Is subjectus erat ferventi pectore Xro (257) Moribus eximiis et vitae clarus in aclis. (225) Psal Gum invocarem Antipliona. Dignus honore sacro doctrina lumine verbo (259) lustitia? cupidus, recto non devius ulli. (262) Psal Verba mea Antiphona. Fortis in adversis, humilis par prospéra pacis (261) Nec terrore teri potuit nec munere frangi (263) PI. Domine dominus nosler — :^9l - Hesponsoi inm iu II iiort. R. Almitluus praesul domini Lantberlus culmeu religionis perpétuée studuit pielatis augere opéra, qui ponlificali auctus erat infula, Mactabat omni die holochaustum domino non ex pectore alieno, sed ex corpore proprio. Studuil pietatis augere opéra qui pontificali auct. (IV) R. Lantbertus Xri athleta clementer ferens cuncta praesulatus liquit sceptrum, commendans curam ovium ei qui lavit baptis- male ac redemit sanguine. V. Cumque discederet vir mitissimus omnis eum popuius lamentabatur. Praesulatus liquit sceptrum. (V) R. Sacerdos dei mitissimus ardebat plane interius flamma paraclyti spiritus. lecirco exterius frigoris contempsit cruciatus. V. Cselum ejus patuit precibus et oratio ad supernos pervenit auditus. V. Gloria patri et filio et s.piritui sancto. (VI) Antiphou'B in III noct. A SoUieitus plebis patrias lustravit et urbes (266) Confirmando fidem trino de nomine natam (267) Ut palris ac nati sancto cum tlamine numen (268) Esse Deum credat tam quisquis amaverit unum (269) Psal. Domine quis ha. Antiphoua. Hic indeficiens Domini sub lege manebat (227 ) Gujus nulla means suberat conlagio carni (228) Ps. Domine, in virlute. Aîitiphona. Ultima namque dies astabat semper ocellis (293) Illius unde bonum fecit certamine cursum. (294) Ps. Domini est terra. — 892 — HeaponsDiium in III nuct. Egregius praesul fratres benedixit et intit 0 Deus omnipotens ca3lestia liimine complens j Hos exposco tuos benedic per ssecula servos ) (VU) V, Protège ab insidiis serva virtuUbus almis \ R. Iste miles emeriius,vir pra3maxima tribulatione purgatus, ovium suarum vocibiis altoUilur el in calliedra treiectensium decenter relocatur. V. Iii corde illius sinceritas et legis pléni- tude, in ore ipsius veril;is erat et pulchritudo. Ovium suarum vocibus. (VIII, IX). R. Pra^tiosus Domini sacerdos lanlbertus Iruilur gaudens et exullaiis societate apostolorum, glorificatione prophelarum, coiifes-sioiie miirtyrum, cohereditate confessorum, integritate virginum obtiiietque pahnam perennis gloria^ el stolam jocun- ditatis aeternae. (ÏX in fine) V. Exanimes artus nec liquit cailica virtus. \ Moiistravil populis quantae f'uerit bonitatis. i Obtinetque. V. Gloria palri et filio et splritui sancto Antiphonœ in matutinis laudibus. A. Gontigit ergo virum cselesli munere dignum (341) Urbi vicinas extra secedere partes (342) Venit et ad villam quœLedgia iiomine feriur (343) Antiphona. Quod cum praîscireiit pravi Dodouis amici (348) Gomplicibus iunctis pergunl ad limera patris (352) Antiphona. Ecce propinquanles praîcingunt lecta domorum (354) El tune landberii quo sunl. habilacula saiicti (355) Supra conspiciunl crucis a'innrabile signum (356) Antiphona. Unus et ex illis scaiidens super aidua cella? (409 1 Hune lelo tigeiisauxit sibi vulnera eulpae (410) Antiphona. Sic animaui claris cœloi'um reddidit aslns (411) Quam sacer angelicus deduxit adelliera coetus (4 H Antiphona in evangelium. Exin prsBclaris anglorum vocibus aimum (4i28) Ecclesise templum reboabat dulce canorum (4!iJ9) Solibus in primis mansit celebratio talis (440) Sanctetuo landberte loco caelestibus ymnis. (441) Le poëme biographique, dans leqiiel Etienne a puisé la plu- part de ces antiennes et qui fait le principal objet de cette étude n'a pas obtenu la même popularité que l'office qu'on vient, de lire ou la vie en prose, de la composition de l'évéque liégeois ; il l'eût méritée, cependant, car si comme la rédaction d'Etienne, il traduit ou suit tidèlement la narration contempo- raine de la carrière et de la mort de St-Lambert, il offre, sur cette transcription en prose, l'avantage d'introduire dans le récit quelques détails nouveaux empruntés aux traditions lo- cales. Par malheur, tandis que l'œuvre d'Etieinie était copiée de toutes parts, celle du poète anonyme tombait tout-à-lait dans l'oubli. Le Bollandiste Suyskens fut le premier à l'en tirer; mais l'unique manuscrit qu'il connut était celui de Bruxelles, et parmi les feuillets qu'une main inconnue avait arrachés du re- cueil, avant 1608, figurait une des pages du poème: la fin du chapitre 40, les chapitres 41 , 42 et 43 y manquaient. Cette lacune avait décidé le docte jésuite à ne mêler à ses commentaires sur l'existence de S. Lambert, que des extraits, assez longs, il est - 394 - vrai, (le cette poésie. M. de Keitîenberg trouva que la pièce méritait mieux; il la reproduisit, d'après ce manuscrit toujours, dans YAnnuaire de la Bibliothèque royale, année 1847, p. 108- 128, aussi intégralement qu'il le pouvait, c'est-à-dire sans com- bler la lacune laissée par l'enlèvement des trois chapitres. On ne connaissait pas alors d'autre copie de ce document. Nous en avons retrouvé une seconde dans cette mine inépuisable et trop peu explorée : la célèbre collection des manuscrits du Vatican. Grâce à l'intervention d'un prélat dont le diocèse de Liège regrettera longtemps la perte Mgr de Moreau, et grâce h l'intermédiaire obligeant de M. l'abbé Moreau, le R. P. Bollig, réminent linguiste qui occupe avec tant de distinction la charge de préfet de la Bibliothèque du Vatican, a bien voulu compa- rer à notre intention la copie du manuscrit de notre Bibliothèque royale, avec le texte du manuscrit 8565 de sa précieuse collec- tion. Cette comparaison lui a permis de relever quelques me- nues erreurs échappées au copiste de M. de Reiffenberg, et de retrouver les passages qui complètent enfin le poème duX'^ siècle et vont permettre d'en donner ici, pour la première, une reproduction intégrale. Nous avons de nouveau collationné sur le manuscrit de la Bibliothèque royale le texte révisé par le R. P. Bollig : ce tra- vail a réduit à un nombre minime les variantes d'une version avec l'autre; le nom du saint toujours écrit avec un t, dans la version belge, et un d dans la version romaine Lantbertus au Weu de Landber tus ; Ledgia, h BruxeWes; Legia, à Rome; une ou deux interversions de mots ou de temps voilà, ou peu s'en faut, à quoi se bornent ces variantes : aussi devant la concor- dance parfaite des deux textes, il est tout au moins permis de se demander si le manuscrit romain, œuvre du XI« siècle, au jugement de Pertz, ne se trouve pas simplement la copie du manuscrit belge, œuvre du siècle précédent d'après nos éru- dits. - 395 — Quoi qu'il eu soit, nous avons pris soin de noter toutes les différeaces des deux textes, de même que celles qu'a produites l'inattention du copiste de M, de Reiffenberg. ÎNous tenons à mettre cette poésie dans toute son originalité, dans toute sa barbarie parfois, sous les yeux du lecteur avant d'essayer d'en tirer quelques inductions, d'abord pour soulever un coin de ce voile de l'anonymat, sous lequel s'est caché l'auteur, ensuite pour y chercher des éléments de solutions à quelques pro- blèmes de l'histoire liégeoise. L'œuvre débute, sans titre, par cette table des chapitres : Gap, I. De cultu paganorum in Deos Cap. IL De spe gentilium Cap. IIL De temporibus Xri Cap. un. De nativitate sancti Landborii m Gap. V. De qualitate eius Cap. VL De electione eius Cap. VIL De abiectioue eius. Cap. VIII. Quando monasterium adiit Gap. VIIIl. Gur passus est frigora Gap. X. Qualiter ivit ad cruciatum Gap. XL Quid passus est in cruciatu Gap. XII. Quid cogitabai in pénis Cap. XIIl. Ubi requiritur a fratribus Gap. XIIIl. Ubi invenitur Gap. XV. Ubi illum adorabatabbas et Iratro Cap. XVt. Ubi rursus eligitur Gap. XVII. Ubi de celia educitur Gap. XVIII Ubi restituitur sedi prisline Gap. XVIIII. Qualiter se agebat (2) Cap. XX. Quahter aliis subveniebat ('> Le manuscril ilti Vatican poilo : Lnntb, ici et [lailutil ailleiii'.s. l'i Aielial. iVal... 398 Gap. XXI. De eius liabilu vili Cap. XXII. De eius prœdicatione Cap. XXIII. Quid in texandria (U fecit Cap. XXIIII. Quoinodo simulachra praecipilari t'ecit Cap. XXV. De ieiuniis eius Cap. XXVI. Ubi musaB predicitur luctus Cap. XXVII. Ubi .sancto finis appropinquat Cap. XXVIII. De impio dodone Cap. XXVIIII. Ubi sanctus landbertus venit ad ledgiam Cap. XXX. De sigrio crucis supra (2) domum sancli Cap. XXXI. Ubi sanctus landbertus arma aocepit Cap. XXXII. Ubi nepotes casligat Cap. XXXIII. Ubi carnifices infringunt domum Cap. XXXIIII. Ubi sanctus landbertus occiditur Cap. XXXV. Ubi corpus eius evehitur Cap. XXXVI. Ubi templum resonabat angelicis vocibus Cap. XXXVII. Ubi dominus sanctum suum mirificai Cap. XXXVIII. De fama piorum Cap. XXXVIIII. Ubi se manifestavil Cap. XL. De mandate dodoni misse Cap. XLl. De morte dodonis Cap. XLII. De morte sociorum dodonis Cap. XLIII. De revelata sancti voluntate Cap. XLIIII. De corporis translalione Cap. XLV. De repositione corporis CAP. I. i Pagani ritus coluerunt templa deorum Aller saturni, iovis aram protulit alter Saturni, quod eo (h) gratus salurabitur annus Et nunc, quod mentem dicunt agnomine greci ') TechaiidriM ? (Val.). (») Supor. Rcil.). (') Mvo (H.) :m 5 Celsior ac reliquis subiectum circulet orbem Inde iovis, iuvet ipse pater quod, iupiter iiide Dicitur, a multis erat his narratio talis Martis eo quod inesi maribus per prselia virtus Atque marem cunctse cupiunt animalia terrae 10 Solis enim quia disponit sua lumina terris In medio residens et habetur clarior astris Nam veneris quod ea gestit sociatio carnis Perque duos unus mire nascendo creatur Mercurii quia cuncta suo sermone geruntur lo Quae rjunl, si sermo deest operatio cessât Hinclunae, quia partiturcum fratre vicissim Officium quia vel noctes illuminai atras CAP. II. His etenim sepiem sperabant cuncta tueri Hinc illis celsas statuebanl cultibus aras :20 Vel quia septenis discurrunt saecla diebus Sicut habent genesis divini dogmata libri Vel quasi corporibus humana carne coactis Esset ab his virtus qualis vel quanta fuisset Nam sic volvebant ut eorum vocibus utar 28 Spiritus est a sole datus, nam corpora luna Fabricat et martis procedit numine fervor Est a mercurio pollens sapientia cunctis A iove lemperies, veneri stat grata voluptas Tarda siib his quse sunt saturni sydere dantur ;{0 Sic tune tallebat démens inventio multos ii) Sunl ei adhuc alii quos alligat impius error Qui dicunt ignem vel aquam debere vocari (1 r.UIlCtllS Ri. 398 Rite deos, et ut agnoscanl incerta luturi Auguriis mentem caecato pectore tenduni. GAP. m. 35 Haec quoque preclaro priscorum canniio (i)vates Extollutit scriptisque suis ad sydera mittunt Hos igitur quibus est patris sapieiitia Christus Eius servoium cur non cantare triumphos Altis carminibus studeamus laudibus aptos 40 Aurea divini cum vernent tempora Ghristi Messis et ad multam tlavescant stamina trugem Sed spectat paucos terrena colonia serves Vinea quis domini mustis clarescat in uvis Ad cuius pleclas non tendit vinitor ulnas 40 Necsese exercet, nec ei (2) munimina prasbei Idcirco multi quibus est custodia verbi Terrentui' famuli pastorum nominedicti Sicut ait plenus Domini spiramine vates Vge qui se pascunt et oves non pascere querunt oO Exprobrat his dominus dum dicit voce prophetap Non ex adverso voluislis scandere murum Ponentes vobis domini ad certamina belli. CAP. IIIl. Haec ita cum fuerint hildrici tempore régis luxta cor proprium pastorem quaerere iustum o5 Disposuit dominus plebis miserando labores Urbe triectensi faciens hune corpore nasci Germine sublimi quod nobilitate vigebat ('; .Nomme (VmI. . ») Knnii iH . 399 Quem lune felices puerum voluere parentes Landbertum dici, presaga voce futuri 60 Dicimus(i) hoctactum patriae defensor ut essel, Linguae barbaricae sat praesignante figura. CAP. V. Huic eral infaiiti species pulclierriraa visu Sanctaque simplicifas morum probitate redundans Hic fuit ad tempus praedicti régis in aula 65 Dilectus eunctis et vocis famine dulcis Sed posl ut fidei devotus dogmata sumsit Doctrinae cumulosilli sapienlia vexit Hinc régi placuit regni primoribus atque Hinc effulgebal pollens in flore iuventa?. CAP. VI. 70 Sed eu m iam dicta piaîsul ledaidus (2) ab urbe Decessit stimulis terebratus mortis iniquse Orabant proceres constanter et ordo minorum Ut sibi landbertum meruissent sumere sanctum {3) Pastorem dignos domini qui pasceret agnos 75 Pontifîcalis eum quia susceptura nitebat Cathedra divino coepit splendere coturno Annuit his votis sublimis iussio régis Landbertum sanctum repetitum terque quaterque Gloria pontificis simnl et cathedra recepit nO Quem rex prœ reliquis ut honoris munere dignum Tempore quo vixit care ac veneranter amavil Sed postquam tetigit mundanae débita carni M hiioimiis iVal. . 2' 'lyiardus W . is Scciim Ki. — il 10 — Rex, tune primoiuiu labies exire coegit PontiHcciu sanctuin propria de sede repuisum. CAP. V[l. 85 Qui quaiilo populis piieseus in tempore maiisil Lumina docU'iiuie quam l'urva per avia fudit PraBcinctus lumbos manibus gestarelucernavS Ardentes siuduit, cœlestia semina misil Dans exempla bonis, feriens et prava raacheiis 00 Ille domum propriam prgeclarae luminis instar Lumine lustrabat, sed non conventio lucis Esse potest tenebris. Ideo muudana volantes Eiecere sacrum ne possit pellerc pravum GAP. VIII. Hoc qui (1) patrarunt taramundum iiomine qu(.'ndani 95 Arripiunt et euni iam dicti in sede reponunt Prœsulisalmifici, quo saiicte beatior esses Nam dominus Cliristus niagis hos ait esse beaios Propter iustitiam quos dat deiectio passos Pi'sesul enim lune coenobiuin quod nomine dicunt 100 Stabolaum subiens monachoruin dogmala duxit Annos per septem, sed eosdem qualiterœgil Scripturis aliis lector sal scire valebis Nam modo parva loquar metri ratione retentus Pandens simplicitas vel quœ pacieniia niansil 105 Huic inter reliquos tralerni nominis actus(^2) CAP. VIIII. .Vccidit ergo vigil liyenialis lempore noclis Cuin solitas domino vellel dependere laudes ' Outil ifi:. îi Vci'.- n ()iirlr |i,ir i rci>ui' ;jii ch:ipilr'' siiiv;uil. (iuiis Heil'. 401 Ut surgens caperet céleri conamine soccos Uiius et elapsus fugeret lerranique feriret MO Guius de sonitu vexatio Iratribus hsesit Qua depulsa quies quosdam turbamine possit (i; Atque loci patrem talem commovit in iram Ut precepta daret dicens quicumque pergegii Hoc opus ille foras pergat stans atque laborans 115 lam crucis ad stabulum uivis ac bruinalia tangal Frigora patratse quae sint purgamina culpse Haec pater ignorans sonituin quis fecerit inquii GAP. X. Hoc sacer aure traheiis per magna sileiUia gressum Fixit et egrediens nudis incsedere plantis 120 Coepii apudque crucem gaudenii pectore mansit Stansque canensque deo super haec (2) crucimina carnis Cor ait attritum quod mitis factio cingit Non deus hoc spernit sed secum lumine comit Scilicet ut supplex domini vestigia GHristi 12o His imitaus paenisexemplum in corpore ferret Eius quod patitur taies in (3) carne procellas CAP. XI. Inierea sanctus cruciatibus inditus altis Stabat et ad laudes cordis laxabat habenas Hinc angor quaiit, inde rigor, nix influit altis 130 Sediba.» adveniens, hyetnis quain cima sodalis Aspera mollicies, invisa caloribus, atque Crudelis candor, nudis ac mitibus algor ' l'ressit ,R^. (* Hîp H. . (») K (Vat.;. — 40-i - Cuius vestitus nullum porlare caloreiu Novit, et ut vestit m) citius frigescit amictus 135 Insuper etboreas uiidisdabat aspera duris Flamina saxosiim qui iam nutriverat imbrem Sic turbatus erat, sic dendus (2) inhorruit aer Quod sanctum domini pacientem (3) tanta videret CAP. XII. Haec quoque landbertus cum iam saiictissimus esset 140 Dicta supei" patiens psallebat famine dulci Ut posset Christi solers imitator haberi Intendebatenim doctae sub acumine mentis Quod caro non possit digno sociamine iungi Spiritui, ni trita prius vapulamine duro 445 Deserat illecebras pollutse veslis iniquas Unde canit paulus nobis sat fldus amicus Sanguineae carnis non est conscendere sursum In coruptelam nec iam corruptio carpet Hsec salis exponens prius hoc quod dixerat inquit 450 Taiiter instructus landberti praesulis actus In bello fortis ne princeps aeris huius Praevaleat propriam domitabat verbere carnem Pro certo uoscens quod ni sit passio carni Agminibus caeli nulla compage ligari 455 Haec valet ut oarpat paradysi gaudia veri GAP. XIII. Ut t'ratres i^itui' sacri solemnia ritus Explevere quidem, cupientes pellere l'rigus (*) Veptit (K.i. O Oensus (R.). (■') Patienter (R. . 403 Tune adeunt cellam qua mansio grata caloris Esse solel quaeruntque simul quis frater abesset 160 Et quo detentus saeiis non esset in ymnis Tune ait abbati quidam de fratribus astans Te pater audivi nocle hac disponere quendam Ut crucis ad stabulum pergat dimittere culpam Tune alius dixit dominus landbertus habetur 165 Ante erueem eonstaiis, ymnis modulatur et orat Nudatus plantas et opertus tegmine duro Quem crudelis liyems adimet de nomine nostro Ni cilo subvenlum iuerit de more paterno CAl». XIIII. Haec pater advertens coepit cum supplice voto 170 Mente pavoraïus quosdam disponere fratres Ut subeant ipsumque rogent ad ovile reverti Confeslim pergunt et ovantem pectore cernunl Erectis (i) oculis manibusque ad syderatensis Te dominum dicunt abbas fratresque precantur 17o Hinc ut eas clemens et eorum visibus astes Qui rumpendo moras ad eorum limina (2) venit Tune plus allacrimans illi prosternitur abbas Atque simul fratres veniam de pectore poscunt Sancte pater nobis noxam de corde remitte 180 Ignorando quidem quae gessimus acta fatemus (3) Haec dixere illi, sanctus landbertus et illis Hgeo vobis dominus clemens indulgeat inquit Nam paulus dicit nudis et Irigore tactis Servitium domini digno de corpore constat •» Kt rectis (R.). !*) Lutnina (R.i. ») Fatemur (Vat.). — 404 — CAP. XV. 185 Continuo calidas ad aquaruni ducitur undas Vestibus atque aliis indutum semper honorant Perque manasiam perque pedes luiic oscula donaru Huncque dei ceudiscipulum gaudenter adorant Ac sic illorum pulsabant sydera voces 190 Heu .lunc mi frater quam heu IVatercule nobis Nocte sub hac dominus cur nos cselavit ut essenl Gara deo nimium nobis haec abdita facta Nec sentira quidem fuimus nec cerneredigni Elus ul ex meritis accrescat gloria maior 195 Et nos denigret diro stillamiue torpor Mansimus expertes huius vexamine sa net i CAP. XVI. Explelis igitur septem féliciter annis Ex quo coenobium iam dictum sanctus adivit Rumor habens alas faramundura narrât abisse 200 Abieclumque foras, patria? acde limine pulsum Tune plebs etcierus sustoUit ad ethera voces Et clamore preces voliiare per alta videras Nubila lector ibi tandem si forte fuisses Deposcunt ovium balatus undique mites 205 Ut reddatur eis landberti gratia sancti Pastoris prisci sub eorum vocibus apti Ista per alta meai, per rura, per intima cursat Vox penetrans omnes secreli flaminis aures CAP. xvn. Tune pippiiujs eral princeps regionibus illis 210 Ad quem lama viri céleri delapsa volatu — 40o — Intrat, et exponil tanti miracula sancti Confestim princeps divino tactiis amore Jussit ut ediuctum de cellae sedibus aptis Pontificem sacrum plebis poscentibus odis â15 Restituant sedisque suae perdebita reddant. GAP. XVIII Ad caulas et enim sanclus dum ducilur urbis Grex illi proprius Claris exultai in yninis Collaudans dominum qui perdita reddidil illis Latae ditïusis pairiae per plana caiervis 220 Inde per exlernas (i) viciai regminis urbes Maxima pregrandes dabat exultatio laudes Sancta quod almitici pastoris cura revixii El florens iterum verborum semina mittil (2) CAP. XVIIII Hinc igilur propria landberius sede receplus 225 Moribus eximiis et vitae clarus in actis Vestiri studuit divinse tegmine vestis Hic indeficiens domini sub lege rnanebat Cuius nuila means suberat contagio carni Hanc quia divino iungebant frena timori 280 Omnibus atque horis (3) illi custodia plebis Stabat et ad morsus mitlebat lela lu pi nos Cor oculosque sui divina luce repleri Poscebat cunctis humili (4) sub peclore votis Ut domini plebem recto sub (o) callp regendam 285 Eius sub manibus ducat sapientia mundam (i) Extern«? (R i. (■:) Misit (Vat'. (î) Oris (Vat. (4) Hiimilis (R.i. (si Colle (R. — 406 - CAP. XX Non apud hune viguit pravi persona poteriiis Unde eliminium fuerat per tempora passus Sed quemcumque bona cernebat degere vita Huic solamen eral ducens ex mente paterna 240 nie quidem vivens sanclo sub flamine pauper Paupei'ibus Chrisli tribuebat dona decenier Cuinque monasteriis coepisset visore fraires Dans elemosinam caeleslia prsedicat illis Quicquid eis iribuit Ghristo est iribtiisse gavisus 245 Mente quidein tractans quod dixerit esse beatos Chiislus eos qui sunt misero de corde vocali Clémentes, pariter quos (i) sic clementia cinget Ut (2) veniam carpant omnis pro labe reatus CAP. XXI nie volebat enim vili sub veste videri 250 Sed mens tecta fuit pretiosi staminé fili Non pompare suum care decorando sedile Quœsivit fulgens ornatu mentis honestae Cumque daretur ei Culgenli veste venusias Maxima (;".) quod siecli precellens quœrit honestas 255 Ssepe reiruncalam splendenli murice vestem Induit elclarum mansuescere fecit honorem Hic subieclus eral fervent! pectore Christo Eiuset ad landem terreno munere praido (4) Dignus honore sacro, doctrina, (s) lumine verbo (6) 260 Correclor scelerum, rectorum dulcis amator Fortis in adversis, humulis per prospéra pacis t») Quod (Vat). (8) llti (Val), (s) Miiximi (R.). ,*) Praeco (R). (5) Doclrinae (R). ^6) Sacro (R). - 407 — Jiistilise cupidus, recto Ç) non devins uili Nec terrore teri potuit nec munere IVangi Carnem quippe deo casto servavit honore 265 Atque gregem proprium condigno pavit amore CAP. XXII. Sollicitus plebis patrias lustravit et urbes Gonfirmando fidetn trino de nomine natani Ut patiis ac nati sancto cum flamine numen Esse deum credat iam quisquis amaverit unum 270 Hic ubi manabat miseris gentilibus error Obvius assistens firmabat pectora paslor GAP. XXIII. Post ubi paganis inerat vesania maior In tellure quidem quîe fertlexandria noaien Illuc intrepridus fidei fervore perunctus 2'î3 Ivit et inspiciens falsorum phana (2) deorum Praedicat aeternis frangi debere ruinis Ut nova divinus fiant habilacula sanctis GAP. XXIIII. Hinc quoqne sublato populis errore velusto Iam simulachra malis olim constructa sub annis 280 Prsecipitata ruunt passim per rnra per urbes Tune populi fremitus gentili voce redundans Auditur multus, sed non perterritus aslas Sancte Dei landberie potens, per verba per aclus Nam quicumque prius succensi mente furoris (*) Reetor(Val.). (;) Fana (Val - 408 — 285 Adveiieie simul sancLuiii diSi't'i-pcM'L' vivum Audilis tîdei verbis de munere trinse Abscessere satis Christo de corde fidèles Usus barbaricus sic est abiectus ab illis CAP. XXV. Sanctus eiiim quam saepe ferens ieiunia sancla "290 liitulil in noctes lelris instantibus ( ' ) auris .'^sepe suis cum visceribus, eonduceret escam Glarens rorifluam prebebat luna iiicernam Ullima liamque dies astabat (2) semper ocellis Illius unde bonum tecit certamine cursum CAP. XXVI. 29o Eheu musa canens causas canitura doloris Quis tibi flalus habet claras inducere voces Tnditus extensis efflans bine inde labellis Stridula quae dulces effringet tibia cantus Garrulitate cavas (s) muicens hinnitibus aures 1^00 Saltando coram quis et arridendo iocosus Histrio gaunitus extoUet voce decoros Unde prius calamis afflabas guttura plenis (4) Spumanti t'aciaj mento vibrata subacto Inde reduiidantes adduces tlaccida tletus 30o Emiltens tremulam Ujgenti peclore vocem Altreclaro, necem cantu cum coeperis almain Landberli sacri, (oïdiro iugulaniinecaesi. CAP. XXVII. Ergo propinquaiiti supremae fine diei Cum sanctus domini deberelrite vocaii (') liisistt;iiii))iis (Val.), j) Adsiabai (Val.i. (Ji C.ana^ (Val.), (i (Menas (Val.;. (;;; Saricti iVal. . - 40^1 — 310 Sacris pro mentis decorandus luce perenni Ecce duo IVatres nain gallus et inde rioldiis Nomine sunt dicti lorla de fsece liquati Insurgunt pariter per villas atque per agros Ecclesiae famulos prédis et verbere presses (\) 315 Addicunt morti, qui non tolerare queuntes Dedecus id notum per amicos perque nepotes Efficiunt late, landberli prœsulis almi Qui nimis audaces tulit hoc cuin fama viritini Accensi stimulis et cordis vulnere isesi 320 Atque irritali ceu crebra pericula passi Non potuere pati taies inpune reverti Sperantesiusto tune indignamine duci Assurgunt citius contisi mente vel armis Atque adversantes mortis misère tenebris 325 His etenim dictis sic deliquere coacti. CAP. XXVIII. Interea domui pippini principis auctor Huius erat sceleris dictus de nomine dodo In quo fidentes patriam vexasse putantur lam dicti fratres eius de carne propinqui 330 Fertur enim trito (2) multis sermone quod esset Prsesul landbei tus diris itivisus amicis Pravi dodonis, pallens ob stupra sororis Illius ad regem, quam rex cum coniuge viva Ducebat pelicem proculcans iura pudoris 335 Hinc et dodo suum plus exaltabat honorem Qui noscendo nec est (o) dictorum corpore tVatrum Sat memor in dictis quae sunt de carne sororis Praesulis exitium coepit disquerere sacrum ' l'assos (Vat . fj Telio (Val.,. '': Necet; (Val illl Explorando vias quibus hune occidere possel o40 Atque illos pariier noxîTi quos lama dedisset (;âi>. xxviiii. Contigitergo viruin, caelesti muiiere dignum Urbi vicinas exlrasecedere partes Venit et ad villam quse ledgia d) nomine fertur Igiioraiido dieni qu» vult adducere finem 345 Ultima supremum, cnelos quando esset iturus Coi'poris et claras quod sit clausura fenestras Eius et excelsis illum iuuctura catervis Quod cum prescirenl pravi dodonis amici Se subagerida parant insanse mentis et inde 3S0 Ipse suique simul laxantes corda furori. Insurgunt auiinis per amara mente subactis Complicibusiunctis perguiitad funera palris Carnjlicem sa^vo se sic habet agmine dodo CAP. XXX. Ecce propinquanies precingunt lecla domorum 355 Et tune landberti quo sunt liabitacula sancli Supra conspiciunt crueis admirabile signum Auri ceu puii radiis fulgentibus instans Ex his p^niluit quosdam post tempora quorum Notiticata mauenl diclis ha3C signa decoris 360 Post igitur ru père moras tune dodo suique Quod coepere doli peius peperere dolori [iistanles (4) obiter valvas muniminis intraiit (;^) Disruptis claustris sut iam i)er aperta meantes Tune socii famuliqiie domus dietique nepoles i'; Leij'ia (Val.» (') Inslaiiler V.) (s) Instans (V.;, — 411 — 365 Arreptis gladiis forti virtute resislunt Et sic exsuperaiit ut eos extra atria cogait CAP. XXXI. Tune domini satictus robuste pectore sumptis Armis miliiigeceii pugnaturus adesse Cœpit, et hinc secutn Christi mandata revolvens 370 Non décaisse virum sacris altaribus aptum His ferramenlis ut se praecingat et armis Nec iam terreri sub eis qui corpora coedunt Qui nullis animam possunt occidere telis Arma solo tribuit, se pœnituisse notavit 375 Hœcquia suscepit, Christi cum miles adesset Hinc est (i) fama volans tensis sublimiter alis Quod dixisset enim sanctus sub famine mentis Annis se septem voluisse reducere paenis Si vitalis ei terretur corpore tlatus CAP. XXXIII. 380 Inde suis tribuit mandata nepolibus ista Vos nolite manus (2) inducere telis Sed potius factam per vos agnocile culpam Sponte quidem dignam nunc vobis carpite penam Est et (3) enim iustum carnem coniungere flagris 385 Ex qua probra ruunl Iaxis in corpore \en\s Spiritus ut possit salvari lu ce perenni Qui de cgelorum descendit sede nitenti Quod deus hic punit iam bis non iudicat ipsum Et peccata quidem nuUi sine verbere donat 390 Haec ait et cellam cunctos exire coegit Et suamembra solo crucis in velamine pressit {i) m (H. . (î) Manus veslras (R.). {'') Essel(K.). 41:2 Oraiis ul Cliiisluj cui se devovit habeiiclum Se cilo pei'ducal païadysi ad gatidia letum CAl». \XXIII. Cariiifices l'ui'sus siabilito robore iuxtiin )Wo CurreiUes obiter cuneata per agmiiia mixtim Foï'lius irrumpuiit, posiesque ac limina (ranguni Et quos inveniuiit coiitestim iiudibus (i) addunt Expavit niiiiium telis volilantibus aura Ac de conspicuis visa est iiudata lerislris (!2) 400 Sic et trisiis erat pailens iiebulateiius aer Ut maie siccatis non flumina promeret arvis Hoc est ommipotens tidei documenta malignis Nulla daret quia salvendos non esse videbat CAP. XXXIIII. Cellam lune c^i adeunt orans (4) qua sanclus habebat iOo ludita membra solo manihus sub sydera tensis Dissolvi cupiens, claro et sociamine Christo Coniungi melius pensabat pectore puro Sicut paule tuis promuiitur verba loquelis Unus et ex illis scandens super ardua cellae i 10 Hune (.-;) telo iigens auxit sibi vulnera culpae Sic an imam Claris caîlorum reddidit astris Quam sacei- aiigelicus deduxit ad ;ethera coetus CAP. XXXV. (juius euim sacrum posi tania pericula corpus Navicula positum paucis redeuiitibus inde Uo Ducilur eveclum proprior; ad sedis honores (•) Niihiliiis K. . -) Terrislre.- Vat. . ••"• Nunc (U.^. (*i Ovans (R). (*; Hiuc K \\i] Qui cum rite sinum coepisset pandere portus Maximus (i) auditur per rura per oppida luctus Ivit quod sic vir pretiosus ad ethera martyr Gomplosis manibus dum ferlur clamor ad alla 420 Cauta timoris erat sonitum restringere causa Hinc feretro ponuiit et id ad sublimia ducunt Sedis ubi petrus suscepit apostolus illud Tune clerus populusque sacris sic queslibus oraiit Ut noctem vigiles divinis laudibus addant 425 Non id sunt ausi proprio decorare sepulcro Cailentes patrio slatuerunt ponere tapho TuMc plus ossa patris sacrantur ab ossibus istis CAP. XXXVl. Exin prœclaris anglorum vocibus alinum Ecclesige templum reboobat dulce canorum 430 Ut sublilis erat dicti vox prœsulis aima lllic vicini multo admiramime ducti Sepius accedunt et quid sit noscere quserunt Qui sini, quidque canaiU vel quse sint munera vocis Sed tune interius proprios extendere visus 435 Dum eupiunt ea vox tenui snbdicitui' aura Ut solet audiri cum vas coulingitur œris Et sonus assurgens paulatim ducitur astris Sed docte dum se retrahunt ut longius essent Duleibus auditu resonabat vocibus aer 440 Solibus in primis maiisit eelebratio talis Aime tuolandberte loco, caelestibus ymuis GAP. XXXVII. Hune igitur sanetum dominus clarescere multis Decrevit signis, virtutibus inde notatis l'i MyxiiUii (VhI.). 41 Postquam dicta super stilus (i) ascribendo periegil 445 Ostendeiis mitem sacro de prœsule tinem Quas non nostra suis audet contiiigere plectris Calliope ludens quia surit miracula summi Pati'is ab excelso qui conspicit omnia gyro Est et ei vilis stulti sapienlia mundi 450 Sed quod fama bonis ingesserat auribus olim Illud enim pangampressis sub peclore fibris GAP. XXXVIII. Illa piam duceus per celsa, per infima vocem Non reticere valet pretiosus corpore martyr Illius ergo sacer coram cum finis adesset 45^ Et sumptis armis voluisset miles haberi Hinc et pensasset (2) cordis libramine recti A-biectis armis ut se prosterneret arvis Quod se dixisset septem gestare per annos Pœnituisse bonum carni si vita maneret 460 Cum se ferre deo sacris deberet in ymnis {'d) Et non militice nimium crudelibus armis CAP. XXXVIIII. Unde per hos septem tacito sub tempore iussa Nulla revelando de se facienda iubebat Sed post expletos iam dicti temporis annos 465 Advenisse viro clarus narratur eidem Qui lune clavigeras astab^t reddere curas Eeclesiae sacr», sic tune coepere loquentes Unde venit dominus multis non visus ab annis nie quidem fuimus romam iam viseredixit. MSlilus. (K). (-1 IV'iis^bui (Val. ) ixi Inermi;^ (R). 415 CAP. XL. 470 Sed nunc tempus adest et nos idcirco venimus Dignae mercedis frater quo dodo suique Praemia suscipiant, dominis et débita reddant Se quibus addiderant studiis servire malignis Nunc tu vade celer dodoni et talia defer 475 Audito princeps et hinc sermone vocantis Ibis et ante deum rationis famina pones Per te cur tetigit landbertus limina mortis Nuncius advenit dodoni et talia promsit Dodo furens voluit super hune efferre mucronem (i) 480 Ille sed evasit Domino salvante reduclus CAP. XLI. Tune tremuere nimis dire praecoidia mentis Ilumor ab internis turpi maculamine traetus Advolat atque ruber fluvialiter exiit imber Disrupti iecorisbilis est exire coactus 485 Pecloreconcusso coepit sepellere tabo Atque per os putridum miseri dodonis ab intus Erupere foras fetentis turpia ventris Hue illucque ruens insano fine peremptus Sic que animam miser exhalans interna petivit CAP. XLII. 490 Eius et ex soeiis plures insania pressit Turpiter ac rapuit raptosque ad tartara misit Exemptes alii gladiis sub cède vicissim Ad priscos redeundo patres interna revisunt Demoniis alios diro et clamore fragosos 495 Mors sibi succerisis et lineisindidit oris Ille quidem qui non timuit configere lelo Sacrum pontifieem, fraterno euspide fossis (') /-Cï. vers 419 à olti sonl rnii>ruiités hii iiiHimscrit du ValicHi». - 416 - Heu sibi perpetuis maasurus igiiibus ardet Dodoiii ssocii tali sunt fide perempti CAP. XLIII. 500 Post alios igitur currentis temporis aniios Praesul lantbertus noctis per somiiiavisus Divinae fidei fidis constaiiter amicis Sgepe revelavit proprium quod corpus haberi Vellet ubi cœlis animam commiserat almam 505 Jussit et hoc fieri repetens expressius infit Comperit hoc praesul Hucbertus nomine dictus Almi pontificis rumor quia talis habelur Cuius discipulus fuerat karissimus olim Collectis populis et clarae civibus urbis olO Praesulibusque sacris regno primoribus aplis Pergunt ad tumbam pretiosi martyris illam Quae reserata bonos flagrans sic sparsit odores Plebs ad divinos magis ut se ferret amores Tune vox apta sacris lunares concitat orbes olo Clarus et astrigeris sic movil laudibus aer Sydera demulcens lacrimis ut cuncta maderent CAP.XLIIII. Hiiic eteniin corpus solida cuui carne reperluui Suscipiunt sacris alte volitantibus ymnis Tune urbs mestitiam conectit laudibus atram o20 Quod se conspiciat visu custodis abactam Grex ovium luctus altis balatibus addit Quod se deserlum pastoris cura relinquit Goeptum ducit iler plebis veneratio mitis Etcomitanlur idem crebris miracula signis o25 Sic adiere locum sancto doruiire paraium Garnis et illius roseo de rore peruncluni — 417 — CAP. XLV. Illius inde loci plebs assurexit ovanter Et sua largifluis ornare cubilia donis (i) Maturai satagitque sacros ut spargat odores 530 Tune altos audire fuit per compita cantus Dum tuba mugitus per dévia quœrere claros Bombica temptaret ringentibus undique musis Stridula carpsit iter resecare per alla canoras Tibia rite vias tali landbertus honore 535 Martyr et eximius deductus ad intima (i) praesul Carne quiescit ibi vitam quo reddidit astris Qui terrae populus gemmis auroque nitentem Egregiam struxisse domum signatur et aplam Munera muneribus iungens et prsedia donis 540 Mausoleum comens et dans laquearia fulcris Quam Domini Christi sic lux virtutis honorât Ut sibi landbertum dilectum munere promat Pontifici stephano sit laus et gloria sacro Cuius precepto dicta haec sunt fulgida métro 545 Nominis et claram car pat de voce coronam Les trois derniers vers qu'on vient de lire, indication de l'origine et date indirecte du poème composé pour l'évêque Etienne, n'ont été visibl nuent copiés, la différence d'encre en tait foi sur le manuscrit de Bruxelles, que quelque temps après le reste. Ils y précèdent immédiatement une hymne transcrite avec la notation musicale du temps, et l'on aurait pu se de- mander même s'ils ne se rapportaient pas à cette hymne : l'absence de celle-ci, dans le manuscrit du Vatican, nous dis- pense de discuter l'hypothèse en nous donnant la preuve que ' Doraus (Val. . (', Infima (Val. . — 418 - c'est bien au poème que le copiste du XI* siècle, Pierre de Malmedy, attribuait la mention faite d'un ordre de l'évêque Etienne Cuius precepto dicta hsec sunt fulgida métro. Voici l'hymne : HYMNUS SANCTI LANTBERTI (')• Fulges salvifico nomine martyr Custos ecclesiae pastor et almae Munis atque régis quam vice pétri 0 landberte gerens praelia Christi Defensor patriam climatis huius Compsisti rosei sanguinis undis Hanc ut caeligenis iungere possis Tempus cum fuerit currere caelis Tu nos a viciis carne coactis Ac vinclis pariter solve malignis Deposcens dominum qui regat aptos Nos et Isetificet pace petites. Une autre poésie ouvre, dans le manuscrit de la Bibliothèque Royale, la collection des documents relatifs à saint Lambert, de cette même époque. Il convient , ce nous semble, d'en publier également le texte, en notant les variantes qu'oftre la copie du Vatican et les erreurs de transcription échappées à M. de Reiffenberg : VKRSUS IN LAVDE BEATI LANTBERTI. Praesulis egregii laniberti laude perenni Laetificus volitet cantus per secula mundi ( * ) Oq remarquera que dans ce litre , et dans le texte des pièces sui- vantes, le manuscrit de Bruxelles comme celui de Home, porte LanT et non plus LanDberli. 419 Exterior visus conducens intima cordis Suffît (i) his levius quod vix captatur ab illis. Quando vides stellas aliud sentisce per illas. Sit tibi sol Christus ceteris dans lumina solus. Ecclesise normam teneat lucina per auram Vocis apostolicae, maiugena fabilis ore Ignis mai tyrii martis meditelur ab igni Saturnus subolem (2) delens det virginitatem Ipsa venus poierit conventos reddere dignos. ^thera dum cernis veluti gemmarier istis. Gelesiem solymam sic percole nostram. Epias haec eadem qua connumerantur hesedem. (3) Fluminis almifici propinat munialaudi Hsec candelabra sunt septem quse stantia prosunt Ante dei sedem. Grevil siramista iohannes Fidus (4) sic animus teneat sic vernula verus Respuat ac falsos errorum dogmate doctos Qui sibi hos dominos malebant dicere divos. Liba quod apposuit puro (3) de semine nostra Hoc super almifluum prsetendit vertere nostrum. Prsecluis ille pater lantbertus nomine noster Syderibus totidem nostram stellaverat (6) sedem Scilicet ecclesiam matrem quam credimus unam Cuius germineam pertraxit serpere prolem Slercore componens multo madore lenitans Quotenus ad dominum ferretur solvere fructum lussa sit emeritis arbor bona stare perennis (^) Partes quas tetigit solis de lumine sanxit Lunificans noctes tenebras disciecerat omnes Instituens plèbes foecundos sparserat imbres. Martyrio palmam semper quaesiverat aptam. (*) Suficit(Vat.). (') Sobolem (Val.). (') Eaedem (R.). i*) Fisus (R.).f) Pura (Val.). i«t Scellavcrat (R.). (') Per agrum (R.)- — i-20 — Necque \i) recusaret coiifessor sique (-ji inaneret Perviguit castus pollens ceu flore pudicus Fœdera coniugii liaud dampnans extitit uUi Instar neinpe poli mundum redimiverat. arvi Rursus ab (3) humanis cœlum pulchraverat ipsis Arva soli cselum sic cselum fecerat arvum. Namque fides valuil tantum qiiam pectore gessit Omnia quod fecit quae mens puelle (4) poposcit. Materies rerum vivax excepit agendum lllius impei'ium du m noverat ore digressum. In reliquis fandum potis est quid prodeie laudum. Nec capitur sensu nec quitur (o)prendere dictu Quantus tuncfuerat qualis per cuncta manebat, Hsec tua haec tibi sunt o ledgia haec tibimet sunt His super astra sedes, cseli super ardua splendes. Et procul a terris absens exasse vocaris. flanc tibi iam paradise dei solam meritasti Nulla tibi compar nisi constal haec tibi compar 0 quam dulce solum quani dulcis gleba per arvum Quas tibi quasque vales dignas tibi lîngito laudes Tum sursum vocites lusumque iuvamina clames Magniticent dominum quotecum cuncta per aevum A quo tantus honos tibi cessit iure per annos ! Ces vers cités, à litre de curiosité littéraire et d'exemple des obscurités qu'amenait alors le souci fréquenl de faire rimer chacun d'eux avec une syllabe de sa première moitié, et aussi avec la linale du suivant, revenons ;iu poème reproduit avant eux. Ce poème, on l'a vu, ollre un caractère assez étrange ; nous nous trouvons en présence d'un auteur inconnu à qui ne font (,') Haecque Nul), (-| Si qiia (H sicque Vat). a Ac(R. (*) Mees per ubilem (Ki. 15) Quœril 'I! I. — 4-ii — défaut ni l'abondance des mois, ni lesconnaissanceslitiéiaires, ni l'image, ni parfois certaines tournures pittoresques, mais dont l'œuvre est déparée par des fautes grossières contre les règles de la prosodie ou l'agencement naturel de la phrase latine. Ainsi versifierait un prosateur, homme de style, pour qui le langage poétique consisterait à briser, n'importe de quelle façon les mots, afin de les faire entrer dans le moule du rythme hexaméirique. Curieuse comme travail littéraire, sa biographie ne laisse pas non plus que d'offrir quelque intérêt pour l'histoire : pour n'être le plus souvent que ia traduction en vers quelconques de la vie de S. Lambert écrite en prose par un des contemporains du saint, elle n'ajoute pas moins quelques renseignements nou- veaux à ceux donnés par son modèle : D'abord l'explication étymologique du nom de Lambert; L'affirmation ensuite que si Gall et Riold poursuivirent de leurs violences le prélat et ses gens, c'est que non seulement ils se fiaient sur leur parenté avec Dodon, mais encore qu'ils savaient celui-ci en disposition de profiter de la première occa- sion pour se défaire d'un évêque dont les plaintes sur les re- lations de Pépin avec la sœur de Dodon, indignaient celui-ci; Le fait encore qu'Amalgysile, chargé par S. Lambert d'annon- cer au principal auteur du martyre le châtiment providentiel, faillit périr sous les coups du perfide; Le détail enfin, relatif au premier mouvement qu'éprouva l'évêque à l'annonce de l'attaque de ses bourreaux : on sait qu'il saisit une arme pour opposer la force à la force, mais qu'il la rejeta aussitôt. D'après notre poète, le saint se promit alors, s'il échappait à la mort, d'expier ce mouvement qu'il estimait contran-e à l'obligation du prêtre de ne pomt verser le sang, par une pénitence de sept ans, pénitence qu'il aurait accomplie, même après le martyre, en s'abstenant durant sept années de réclamer la translation de ses restes mortels aux lieux de sa passion. — 42-2 — En dehors de ces quatre points, la version du poëte ne dif- fère que par les ornements de style, du récit le plus ancien de la vie et de la mort de S. Lambert, et n'est précieuse que pour nous donner cette conviction : la biographie primitive du saint, telle qu'on la connaissait au X""' siècle, a été, en somme, exacte- ment reproduite duns les copies postérieures que nous en pos- sédons, el dans celle publiée par Mabillon et les Bollandistes, mieux encore que dans la transcription allongée du recueil de Ghapeaville. Par malheur, si le manuscrit de la Bibliothèque du Vatican nous livrait enfin le texte complet d'une œuvre intéressante à ces divers litres, il ne nous révélait pas plus que celui de Bruxelles, le nom de l'auteur de cette œuvre. Cet auteur osait des premiers donner pour cause au martyre de son héros les amours adultères du maire du palais Pépin. A quelle source avait-il puisé l'explication qu'il répandait avec cette netteté hardie ? Etait-il d'un caractère, d'une intelligence, d'une position à lui mériter créance ? Autant de questions qu'il importait de résoudre pour arriver à se rendre compte de la valeur historique de l'œuvre. On pouvait se demander si l'auteur du poëme n'était pas l'évoque Etienne lui-même. Dans la lettre par laquelle il envoyé à son métropolitain sa révision de la vieille vie et son office nouveau de S. Lambert, Etienne, en effet, s'il ne se donne pas pour l'auteur de cet office aussi bien que cette biographie, Etienne ne laisse pas entendre qu'il aurait eu un collaborateur ; cependant, à part huit hexa- mètres — les quatre premiers et le premier répons du troisième nocturne — tous ceux qu'il a fait entrer dans son office sont empruntés à notre poëme. Trois autres vers d'ailleurs, les der- niers de ce poëme dans les deux textes que nous en possédons, sont, dans la copie de Bruxelles, manilëstement écrits avec une autre encre que les précédents : ne pourraient-ils, à la rigueur, s'entendre comme une affirmation postérieure de la paternité - 423 - littéraire d'Etienne : cnjus precepto dicta su7it haec fiilgida métro? Preceptum signifie ordre sans doute, mais ne pourrait-il pas signifier aussi la règle prosodique qu'Etienne lui-même se serait imposée dans sa composition ? Quoi qu'il en soit du sens élastique du terme precepto, on ne peut, en y réfléchissant, s'arrêter à l'hypothèse indiquée. Si Etienne était l'auteur du poème, pourquoi les vers assez nombreux qu'il intercale dans un autre travail, sa biographie en prose, se trouveraient-ils n'être qu'une fois, sur douze, empruntés au poëme ? Pourquoi se serait-il donné la peine d'exprimer deux fois, en vers différents, les mêmes faits, les mêmes sentiments? Pourquoi aussi, écrivant en prose, se serait-il contenté de suivre pas à pas, sans jamais s'écarter de son modèle, de traduire en phrases plus belles seulement la plus ancienne Vie, tandis qu'envers il se serait livré aux écarts, aurait ajouté les détails complémentaires que nous avons signalés ? Quant au fait d'un évêque se laissant prendre ainsi pour l'auteur d'un office dont la moitié du texte était empruntée ?i un autre auteur, il semblerait sans doute un plagiat de nos jours ; il ne peut nous surprendre à l'époque d'Etienne. Un autre bio- graphe de St-Lambert, le chanoine Nicolas ne présente-t-il pas comme un travail original son histoire, composée pourtant en majeure partie d'extraits d'autres écrivains? Les auteurs hagio- graphiques du temps n'en usaient- ils pas tous de même ? Tous les chroniqueurs de l'époque ne se copient-ils pas l'un l'autre ? Ne font-ils pas consister leur originalité non danï? la nouveauté de la rédaction, mais dans la juxtaposition plus complète et mieux assortie des dires de leurs devanciers? A bien presser d'ailleurs, le texte de la lettre d'envoi d'Etienne à l'archevêque Heriman, il ressort sans doute que le prélat se donne pour l'auteur de la révision de la Vie en prose du Saint ; il n'en res- sort pas qu'il s'attribue exclusivement la paternité de l'oifice. Une dernière remarque à ce propos et qui nous semble assez 424 concluante : il serait permis peut-être d'attribuer à Etienne l'hymne ajoutée au poëme, dans le manuscrit de Bruxelles : Fulges salvifico nomine martyr. Cette hymne nous vient de son siècle, elle salue dans le Saint le défenseur de la patrie liégeoise: Defensor patriam climalis Huius... Compsisti rosei sanguinis undis Hanc.» Il serait permis aussi de rechercher si les Versus in laude beati Lantberti ne sont pas également d'Etienne : un auteur liégeois s'y révèle encore dans la façon de parler de notre Saint: ille pater lantbertus nomine noster. Dans le poëme biographique, au contraire, pas un mot, pas une allusion de nature h indiquer la nationalité de l'auteur. Quand l'écrivain, à propos du nom du Saint, parle du pays liégeois, il s'abstient de le donner pour sien : Ducimus hoc factum patriae defensor ut esset Linguœ barbaricse sat prœsignantefutura. Un liégeois eût-il traité de barbare la langue de ses frères ? Eût-il parlé des diverses parties du diocèse, de la ville épisco- pale, sans y joindre jamais un possessif : In tellure quidem quae fert Taxandria) nomen... Venit et ad villam quae Ledgia nomine fertur... Comperii hoc prœsul Hucbertus nomine dictus... Illius inde loci plebs assurexit ovanter. Un liégeois eût-il évoqué ces souvenirs de martyre et de gloire, l'origine, la fondation de Liège, sans rencontrer ni un mot ni un pronom pour laisser percer sa fierté d'appartenir à ce glorieux p;iys, d'avoir pour patron ce martyr ? M. de Reiflenberg a visiblement fait erreur en donnant pour rcilain ( i ) — sans même essayer de le prouver — que l'auteur vivait à Liège. Il laut, au contraire, le chercher en dehors de Liège, et cette conclusion surprendra d'autant moins que nos (*) Annuairu do la Hibliôthèque royale, 1847, p. 104. - 4i5 — Annales n'ont gardé mémoire d'aucun poète qui eût vécu chez nos pères au temps de l'évêque Etienne. Le texte du poëme ne nous fournissant aucune indication propre à nous mettre sur les traces de son rédacteur, il n'y avait qu'un parti à prendre : s'efforcer de découvrir dans d'autres œuvres poétiques du temps quelques traits de ressemblance de nature à nous éclairer. Nous nous sommes livrés à celte recherche et nous sommes arrivés, de la sorte, à rencontrer Jean, moine û'Ebwiie ou de Saint-Amand, monastère fondé par l'apôtre de ce nom au diocèse de Tournay. Ce Jean est l'écrivain qui, sur l'ordre d'Er- luin (évéque de Cambrai de 996 à 1011), rédigea ou plutôt tra- duisit en vers (i) une vie de Ste-Rictrude, écrite en prose, au commencement duX'"* siècle, par un de sespiuscélèbresdevan- ciers dans la carrière littéraire à la même abbaye. Jean d'EInone s'est manifestement inspiré du style de notre poète de S. Lambert. II a fait siens des fragments de vers (oo, o7, 164, etc.) voire même deux vers qu'il a peu déguisés de notre biographie anonyme. Où celle-ci portait ; Prœcinctus lumbos, manibus gestare lucernas Ardentes sluduit... Jean d'EInone a copié, avec ce léger changement : Prœcinctus retinens lumbos, manibusque lucernas Ardentes gestans... Le plagiat est formel. Mais encore une fois, qui cet imitateur prenait-il pour modèle ? Un seul de ses vers, nouveau plagiat, va nous l'apprendre : Carminé dulcisono et claris ornare camenis. n Acta Sanc». Belgii, II 394, 408, IV, 483 — 426 - C'est pj'esque mot pour mot le vers de refrain placé eu tête de chacune des treize strophes d'une pièce célèbre du dixième siècle, ré?;Iogue en l'honneur des chauves, œuvre précisément du littérateur monastique dont Jean mit en vers la vie en prose de S* Riclrude : Carmina, clarisona3, calvis cantate camenae. Cette fois nous avons rencontré un auteur bien connu ; Huc- bald qui dédia à l'Empereur Charles le Chauve ce poëme étrange •par son sujet, la calvitie, plus étrange encore par sa composi- tion, car des 136 vers qui le remplissent, pas un dont tous les mots ne commencent par la lettre C. Hucbnld était l'un des modèles que suivait Jean d'Elnone : pourquoi ne serait-il pas l'auteur de ce poëme sur Saint Lambert, auquel Jean empruntait ces citations en même temps qu'à l'églogue sur les Chauves ? La chose à première vue paraît d'autant plus vraisemblable qu'Hucbald est mort nonagénaire vers l'an 930; il écrivait donc au temps où notre poëme a vu le jour; qu'il était poète lui-même, poète hagiographe et qu'il s'est trouvé en relations intimes avec cet évêque Etienne Cujus precepto dicta hœc sunt fulgida métro. Poète, en effet, son poëme sur la calvitie en fait foi. Nous lui devons d'autres vers encore, adressés au même empereur Charles pour lui présenter un écrit sur la sobriété, de la plume de Milon, le maître et l'oncle d'Hucbald ; nous avons de lui une épilaphe, deux hymnes, et nous trouvons des vers de sa façon intercalés dans sa vie de S» Aldegonde, comme à la fin de sa préface de la vie de S« Rictrude : on le dit, en outre auteur d'autres ouvrages malheureusement perdus. (»y Histoire litt. de la Franco, VI, t>10-i>-21. - Jligne. Paliologic latine CXXXII. (>l)cra Hucbaldt, SI."-10r.O. — 4^7 — Les travaux hagiographiques étaient d'autre part, une des occupations traditionnelles des moines d'Ehione ; après Huc- bald, nous y voyons la biographie en vers des saints, cultivée par Jean, son imitateur, vers l'an mille, par Gilber et par Gontier, autres moines poètes, vers 1095 et 1108; avant lui, Milon, son maître, avait traduit dans la langue du rythme, la plus ancienne vie en prose de S. Amand, précisément comme nous soupçonnons Hucbald lui-même de l'avoir fait pour S. Lambert. Hucbald, en effet, n'était pas seulement un moine érudit pour son temps, un philosophe renommé, un linguiste, un artiste dont nous possédons encore les écrits sur la musique, les leçons dialoguées, les essais de solfège, et qui le premier a publié un traité de l'harmonie; c'était aussi et surtout un Bol- landiste de son époque, un rédacteur de vies de Saints. Deux cents ans après sa mort, Sigebert, de Gembloux, cons- tatait encore la persistance de la réputation d'hagiographe d'Hucbald ; après avoir noté que sa parfaite connaissance des arts libéraux l'avait fait comparer aux philosophes les plus célèbres, Sigebert signalait tout d'abord parmi ses titres litté- raires « de nombreuses vies de Saints ( i ). » L'épitaphe que ses frères placèrent sur son tombeau avait la même portée; elle ne comprend que six vers, débute par rappe- ler la simplicité, la modestie du défunt, sa régularité exemplaire et finit en constatant qu'il a mis son couvent en possession des restes précieux du bienheureux martyr Cyrice; elle ne dit mot du poème sur la calvitie ni des traités de musique, mais elle insiste, au-dessus de tout, sur les services rendus par lui à l'hagiographie : Hucbaldus famam cuius per climala mundi Edita sanctorum modulamina gestaque clamant. (') I>o scriploribiis ecclcsiasticis CVll. - 4^i8 — La composition de vies de saints et d'offices en leur honneur, voilà donc aux yeux des frères d'Hucbald la plus importante partie de son œuvre, celle qui l'a fait et le tait encore connaître sous tous les cieux : (mnam clamant pcr climata mundi ! De tous les pays voisins, on s'adressait, en effet, au moine d'Elnone pour obtenir de lui quelqu'une de ces biographies. C'est ainsi qu'il a composé : Vers 860 croit-on, et h la demande de l'évêque de Nevers soit un office avec hymne et répons, soit une vie on vers de Sainle- Célinie, mère de St-Remy ; Un peu après, la relation du martyre de Ste-Cyr et de Ste- Julitte ; Plus tard, pour les moines de St-Thierry, à Rheims,un office de la nuit en l'honneur de ce saint, avec hymne, répons, antiennes, le tout tiré de la vie du saint et mis en musique par Hucbald — travail complètement semblable à l'office de St-Lam- berl arrangé par Etienne ; Plus tard encore, vers 908 ce semble, et à l'intention des re- ligieuses de Maubeuge une vie de la fondatrice de leur maison, Sle-Aldegonde; Vers le même temps sans doute, pour les Frères et Sœurs de Marchiennes, et sous le tilre d'Exhortation, un discours dans lequel entre l'histoire de St-Jonat, premier abbé de Marchiennes; Après 918 pour l'évêque d'Utrecht, Baldric, une vie de Saint- Lebwin, apôtre de ce pays, vie qu'on est unanime h recom- mander comme le meilleur travail de l'auteur. On lui attribue en outre — œuvres perdues ou inédites jus- qu'à ce jour : une vie de Sle-Madelberte qui succéda, comme on sait, à sa lante Ste-Aldegonde, dans la direction du monas- tère de Maubeuge — une autre de Ste-Brigide — d'autres encore avec monis de certitude — enfin cette vie de Sie-Ric- trude, fondatrice de Marchiennes, vie composée, si pas sur la demande expresse, du moins avec le concours, les conseils de l'évêque de Liège Etienne. 429 Un moine de Marchiennes qui rédigeait, vers la fin du Xï"* siècle, une chronique de sa maison, enregistre ce détail au chapitre 17 de son livre I: «L'évêque de Liège, Etienne, homme » de grand âge et d'une admirable piété, fit écrire par Hucbald, » moine de St-Amand, la vie de la Sainte (Rictrude). » Le texte même de la préface dédicatoire donnée par Hucbald à son tra- vail ne marque point que ce fut sur l'ordre d'Etienne qu'il écrivit ; il permet simplement de croire soit qu'Etienne avait désigné aux religieuses de Marchiennes Hucbald pour l'homme le plus capable de mener à bonne fin l'entreprise, soit qu'il s'était interposé pour obtenir du moine qu'il acceptât cette tâche. Toujours est-il que, sa rédaction terminée, Hucbald la soumit à l'examen d'Etienne : celui-ci n'y trouva rien à reprendre, et demanda simplement au biographe de dater et de signer son travail. La réponse d'Hucbald à cette demande est devenue la préface de la Vie de Ste-Rictrude, et fait connaître l'intimité de l'évêque de Liège et du moine, avec quelques traits dislinctifs du caractère de celui-ci. Après avoir, suivant son habitude chaque fois qu'un nom propre se présente, donné l'étymologie en grec, de celui du prélat auquel il s'adresse : « Stephano, secundum nomen suum apostolicœ reverentiœ signo ah hominibus quidem coronato » — Hucbald rappelle que les clercs et les religieuses de la pieuse congrégation de la bienheureuse Rictrude, lui ont demandé de prendre la plume pour rédiiier une Vie nouvelle de cette Sainte et de ses enfants. « J'ai longtemps et vivement refusé, dit-il, et » parce que je jugeais mon pauvre petit savoir incapable de » traiter une aussi grande matière, et parce que je n'avais » recueilli ni écrits ni traditions de nature à m'éclairer avec » certitude sur une existence qu'un si long espace de temps » sépare de nous. Je craignais de donner pour certains des » faits douteux, pour vraies des assertions fausses. Afin de » triompher de mes résistances on m'a communiqué diverses « histoires dont les allégations concordent entre elles, et plu- - 430 - » sieurs personnes de qui je ne saurais mépriser le témoignage » m'ont rapporté d'autres détails, qu'elles m'affirmaient avoir » été consignés autrefois par écrit, mais dont la relation a péri » dans les dévastations de l'invasion normande. Conjuré enfin » au nom redoutable de la Sainte-Trinité, j'ai dû me rendre et » je me suis attaché, si point comme il l'eût fallu, comme je l'ai » pu du moins, non pas à enfiler des mots brillants, mais à » fournir un sujet d'édification à mes lecteurs ou à mes audi- » teurs. » Mon œuvre achevée, je l'ai communiquée à votre Excel- » lence, ou plutôt soumise à votre examen, et vous avez jugé, » dans votre sagesse, qu'elle manquait de quelques unes des » indications réclamées d'habitude par les maîtres de l'art pour n établir l'autorité d'un livre : le nom de l'auteur, le lieu et la » date de l'écrit. Pour moi, il me semblait qu'un travail où sont » rappelés les noms, les actes, le séjour de tant de person- » nages illustres, pouvait parfaitement se passer d'indiquer » le nom et l'habitation de l'auteur, de crainte que ce détail ne » couvrît comme d'un voile de ténèbres la splendeur d'astres » aussi brillants. Mais puisque votre piété a en jugé autrement, » nous laisserons donc, à la suite de votre nom éclatant, venir » à la lumière le mien si obscur soit-il, et dans une préface où » il est parlé d'un prélat aussi célèbre qu'Etienne, il sera fait » aussi mention de notre chétive personne. » Quant au lieu que j'habite, ce n'est plus comme autrefois, » vous le savez, quelque ville célèbre, et je me glorifierais plu- » tôt de vivre à présent, tout indigne que j'en sois, parmi les » moines du monastère de Saint Amand, glorieux confesseur » du Christ et votre prédécesseur, si par un juste châtiment de » mes péchés, la crainte des invasions barbares ne me forçait » souvent à m'enfuir de cet asile. Que dire de ce temps, si ce » n'est qu'il est doux encore en présence de ce qui nous me- » nace : C'est le moment, en vérité, de se tourner vers Dieu » poiii' lui dire avec le Psalmiste: «Nous étions heureux pendant - 431 — » les jours où vous nous avez humiliés, pendant les années qui » ont vu nos souffrances. Jetez Seigneur un regard de pitié » sur vos serviteurs et sur vos œuvres ! » C'est le moment de » se conformer aux avis de l'apôtre en profitant du temps, puis- » que les jours sont mauvais ! Pour ne point paraître cepen- » dant manquer de déférence aux ordres de votre autorité, je » note, omettant les noms de nos rois, que nous sommes en )) l'an 907, à partir de la nativité du plus grand des rois Jésus- » Christ, dixième année de l'indiction. «(Migne, CXXXII, 829.) Sur quoi, Hucbald termine par quelques vers, dans lesquels il recommande à Etienne de corriger les erreurs dont son tra- vail pourrait être entaché, et de n'adresser qu'à Dieu des remer- ciements s'il n'y rencontre plus de faute. On voit par ce document combien les relations d'Hucbald étaient intimes avec l'évéque Etienne. Les circonstances n'ont pas dû manquer pour resserrer les liens de cette intimité : les deux correspondants ont également laissé un grand renom de piété ; unis dans l'amour de l'Eglise, ils ont fait également paraître ce dévouement dans les mêmes dévotions : Etienne institua, comme on sait, la fête de la S^ Trinité, telle que l'Eglise catho- lique la célèbre encore aujourd'hui ; Hucbald ne manque jamais, dans ses oeuvres, l'occasion de confesser ce dogme, et noire poète anonyme agit en cela comme Hucbald (vers 267, 286). Tous deux enrichirent de leurs œuvres le trésor de la liturgie sacrée ; tous deux étaient écrivains, littérateurs ; tous deux cul- tivaient la musique. L'Église a conservé diverses compositions religieuses d'Etienne; nous en devons d'autres à Hucbald, outre ses traités théoriques, et ce véritable solfège du X« siècle, antérieur à l'invention de Guy d'Arezzo, L'évéque et le moine entretenaient les mêmes hautes rela- tions avec les hommes les plus distingués de leur temps; l'évéque et le moine jouissaient auprès des princes d'un même puissant crédit. Plusieurs diplômes par lesquels sont garanties ou étendues les propriétés de l'Eglise de Liège, ont — 432 — été obtenus par Etienne; l'un de ces diplômes, délivré par Charles le Simple, en 915, contient la mention que le don est octroyé à la demande de son très-cher parent Etienne « inter- ventu Stephani îiostri consanguinitatis affinis dilectissimi. » Huc- bald n'a pas été moins bien vu de ses souverains : on en a la preuve dans les vers qu'il adressait à Charles le Chauve, et plus encore dans le diplôme accordé par le parent d'Etienne, Charles le Simple, à Foulques, archevêque de Rheims et chance- lier du royaume !,nlières de grec, dans les manuscrits de Gem- (') Livre 11, de symphoriiis. {■) Epistola de harmonica instflutiono, § 4. Palrol. latine, CXXXH, p. 487. - 438 — bloux, de S. Laurent de Liège et tout d'abord d'EInone, ou Saint-Amand. Hucbald, de fait, en maints passages de ses écrits, laisse percer quelque teinture de cette langue. Il intro- duit le mot navdîxTeç dans ses vers d'envoi h Charles le Chauve, il parle de symmystae et philocliristi au chap. VII de la vie de S* Aldegonde ; s'occupe de celte partie de la philosophie quae grece ethica dicitur, au même chapitre ; à'elopliorio au chapitre IX, explique -/.l-ripoc, (IV) et a-noçrolo^ (VI) dans la vie de S. Lebwin; explique de même dans son Traité de ï Harmonie les termes grecs employés dans la musique (*) : dicti autem phtongi a-KQ Toueyy£o-^at,etc. N'est-il pas curieux de relever dans l'auteur de notre poëme des indices analogues d'une fréquentation de la langue d'Homère? Le latin y offre des exemples de ce que nos maîtres de grammaire qualifiaient accusatif grec : nudatiis plantas et divers mots trahissent certaine teinture de l'hellé- nisme ; Quod menlem dicunt agnomine^mec/ (4) Palrio statuerunt ponere tapho... (426) Ponlifici Stéphane... (Iretpav/î, couronne) Nominis et claram carpat de voce coronam (fin). Il y a plus d'un témoignage aussi de rapports entretenus avec les classiques latins, dans celte façon, par exemple, de nommer ville, par excellence, m; ôs, la capitale du pays; (70) dans telle imuge empruntée au ihéàlre antique : splendere coturno, dans ces détails mythologiques surtout : énumération répétée des grands Dieux aux deux premiers chapitres, évocation ailleurs des augures (34), de Borée (135), de Galliope (447) ou du Tartare (491). Odilon, moine de S. Médard à Soissons, à qui Hucbald, son ami, avait envoyé la vie de S. Lebwin pour qu'il l'examinât, de (') Page 91-1. - 439 - même qu'autrefois l'évêque Etienne avait revu l'histoire de S' Rictrude, Odilon répondait de la sorte à son ami : « J'ai lu celte » œuvre écrite avec sagesse, enrichie de tous les ornements » du style, et qui reçoit une force particulière de l'application » que vous y faites de toutes les parties de la philosophie; je » l'ai lue et n'y ai rien trouvé h reprendre, mais au contraire » maintes choses dont chacun pourra tirer enseignement et bon » exemple. La puissance de votre talent est grande, en vérité; » vous possédez une provision infinie de mots Mais ce qui » m'émerveille plus encore, c'est que vous vous adressiez pour » faire juger ces fleurs d'éloquence à moi qui n'ai ni talent, ni » mérite, ni valeur.... « Plus lu es élevé, dit l'Ecriture, plus il » faut savoir t'humilier. » Voilà ce que vous avez fait, non par » nécessité, mais de vous-même, dans l'esprit de notre saint » état et par affection pour moi. » Voilà dans quels termes les (Contemporains d'Hucbald appré- ciaient son savoir philosophique, la variété de sa langue et la modestie de sa vertu ; on lui faisait, en outre, et non sans raison, un mérite d'avoir « siî placer grand nombre de passages de l'Ecriture avec tant d'art, que bien loin d'affaiblir sa diction, ils en sont un ornement ('). » L'examen, le plus superficiel, du poëme de S. Lambert y fait reconnaître les mêmes traits dislinclifs. La main du philosophe chrétien s'aperçoit sous plus d'un vers (15) dans ces passages qui exaltent, soit en général la sagesse (67, 235), soit plus par- ticulièrement la philosophie chrétienne (37, 46, 449). Quant à l'Ecriture sainte, elle a fourni à l'auteur la plupart de ses images. La moisson évangélique (41), la vendange apostolique (43), le mur de l'édifice sacré (51), les reins ceints et les lumières ardentes (87), la maison éclairée (9l),Satan, prince de l'air (151), le vêtement de la vérité divine (226), les traits réservés aux loups ravisseurs (231), le bon combat ii soutenir (294) sont (') Hist. liit., VI, 220. — 440 — nulaiit dexpressioiis empruniées aux livres saints, l'auteur ne va pas non plus chercher ailleurs les formules de ses principes de morale et de foi : ainsi l'eutendons-nous tour à tour rappeler les malédictions réservées au pasteur infidèle (49), les encoura- gements aux bons pasteurs (74, 265), la piiié dont le Seigneur fait montre pour son peuple, en lui choisissant un guide selon son cœur (54), l'impossibilité d'allier les ténèbres à la lumière (92), les béatitudes promises à ceux qui souffrent pour la justice (97) ou aux miséricordieux (245), le pardon garanti aux fautes d'involontaire ignorance (180) et surtout au cœur contrit (122), l'obligation de plier la chair h la loi de l'esprit (143), la rédemp- tion du péché par la charité (247), le soin de la justice divine de ne point châtier deux fois la faute unique, mais de n'en laisser aucune impunie (382-89), le souvenir constant h garder du der- nier jour (293), enfin le devoir de ne pas craindre ceux qui tuent le corps et ne peuvent atteindre l'âme (372). Saint Paul est plus particulièrement et nommément cité par notre auteur (146,183, 406-408). Qu'on lise les œuvres d'Hucbald, on y trouvera, dans les ciiations faites, la même préférence pour le célèbre apôtre. L'anonymat lui-même, lorsqu'il s'agit du moine d'Elnone, est une présomption de paternité. Les critiques n'ont pas établi sans peine qu'il était l'auteur d'ouvrages qu'on lui attribue maintenant sans conteste : ainsi l'épitaphe de son oncle, l'ex- horlalion biographique sur S. Jonat, un commentaire inédit sur la règle de S. Benoît. — Et rien de surprenant dans cette indécision. La préface dédicatoire de sa Vie de S"" Rictrude aite.ste que si l'évêque Klieinie ne le lui avait conseillé, enjoint presque « aucloritalem jussionis, » Hucbald n'aurait ni daté, ni signé ce travail. Une autre préface, sous ce rapport, caractérise encore mieux sa modestie : c'est celle de sa Vie de S'^ Alde- gonde. Hucbald termine la lettre par laquelle il adresse l'œuvre aux religieuses de iMaubeuge par celte recommandation : « Quod cumque ucciderit, per amicitiam rogu ne nostnnn nomen in hoc opère senlialur. Quoiqu'il arrive de ce livre, je vous en conjure, _ 441 — au nom de l'amitié, que jamais mon nom ne vienne an jour à son sujet, (') ! » Les témoignages de l'humilité d'Hucbald, sont, au reste, aussi nombreux que ses écrits; aucun parmi ceux-ci où il ne parle de son insuffisance: il ne se décide à prendre la plume que pour répondre aux vœux pressants de ses augustes amis; à preuve, la lettre d'envoi de l'office nocturne de S. Thierry aux moines de ce nom dont il sollicite une rémunération en prières; celle de la Vie de S" Rictrude à Etienne, ù qui nous l'avons entendu soumettre pleinement son œuvre; la biographie de S. Lebwin qu'il fait examiner à la lois par Pierre, archidiacre de C;inibrai, et par Odilon, de S. Médard à Soissons; celle de S*" Aldegonde, qu'il envoie aux religieuses ses filles, en leur écrivant : « Si ce récit ne vous plaisait pas, ou ne plaisait pas aux docteurs aux- quels vous pourriez le soumettre, périsse entre vos mains ce misérable et vain parchemin, ellacez-en le texte ou le jetez au léu! » Doté de cette modestie et de cette passion de l'anonymat, Hucbald ne pouvait-il pas écrire, sans le signer, notre poëme de S. Lambert et se prêter même à rédiger pour l'évoque Etienne une biographie dont il aurait su que celui-ci se contenterait de détacher les meilleurs vers pour les noter et les insérer dans l'office du Saint? Une autre qualité paraît l'apanage constant de ce moine instruit et pieux : c'est la prudence, le tact critique qu'il déploie dans ses narrations. Les auteurs de VlHstoire Wtéraire lui font un mérite d'avoir, dans sa relation des miracles de S. Cyr et de S*" Julette, apporté ses soins pour en exclure les fables qui se lisaient (latis la légende originale. On a vu par sa lettre à Etienne que les règles élémentaires de la critique historique lui étaient bien connues : l'auteur, la date, le lieu d'édition d'un livre sont les premières choses dont les maîtres s'enquièrcnl pour en (léter- (•) Pal. 1,11., C.XXXII, p. 860. — 41-2 - miner la valeur. On a vu par la même épître qu'il s'était long- temps refusé à rédiger Tliisloire de S" Rictrude, parce que les documents lui manquaient. On peut s'assurer que dans la Vie de S"' Aldegonde, il n'a suivi qu'avec trop d'exactitude les récits interpolés qu'il avait sous les yeux; les auteurs de l'/Zis/oir^ littéraire ne doutent pas qu'il a dû écrire sur de bons mémoires la vie de S. Lebwin, et, d'autre part, les corrections qu'il appela lui-même sur ce travail attestent sa réserve. Le poème de S. Lambert déparerait-il cette galerie? On y retrouve, au contraire, la prudence caractéristique d'Hucbald : k peu près partout il s'aliache à traduire en vers, avec plus d'exactitude que de poésie la vieille version qu'Etienne corrigeait d'autre part en prose. Il s'en écarte, il est vrai, quatre fois, entre autres pour relater que Dodon voulut tuer le messager qui vint de la part du saint lui annoncer le châtiment providentiel. Hors ce détail, d'assez peu d'importance et qui pourrait bien, d'ailleurs, avoir figuré sur la vie en prose qu'Hucbald mettait en rimes, les trois autres écarts sont autant de traits propres à faire reconnaître la main du moine d'Elnone. Le souci des mœurs s'affirme en maints endroits de ses écrits; tandis que d'autres s'efforcent de cacher dans leurs histoires certains désordres princiers, il consacre lui, dans sa Vie de S* Rictrude, deux chapitres spéciaux, le troisième et le quatrième, véritable hors-d'œuvre, à nous relater les protestations, la lutte et le triomphe de S. Amand contre l'oubli que témoignait, des devoirs conjugaux, Dagobert, devancier du maire de palais de Hersial. N'est-ce pas une présomption de plus pour attribuer à noire auteur le poème dans lequel Tinconduitc de ce Pépin est donnée pour la cause première du martyre de S. Lambert? Nous avons déjà indiqué le goût d'Hucbald pour les explica- tions que nous pourrions nommer numérales ; il faudrait signaler également le plaisir qu'il prend à donner le sens mys- tique des choses de l'Eglise, par exemple, de la tonsure, des vêtements sacerdotaux ou du voile des vierges, dont il est traité - 443 — soit à propos de S. Lebwin, soil ù propos des SS" A.ldegoiide et Rictrude : comment ne pas reconnaître ces goûts d'Hucbald dans son explication des sept années de silence qu'il prête à S. Lambert, h partir du jour du martyre ? L'interprétation du nom même du patron des Liégeois est le dernier détail ajouté parle poëme à la vie en prose. Or Hucbald est précisément un gourmet en élymologie; de même que notie poëme accuse ce goût chez son auteur, dès l'introduction de la pièce, par cette dissertation sur le nom des principales divinités païennes (1-34), de même Hucbald, dès le début des vers adressés à Charles le Chauve, joue sur le nom du prince : A proavis nomen retinens pariier quoque numen. De même, au cours de la vie de S« Rictrude, il explique par rétymologie, au chap. l'^', le nom des Francs ; au 2'r-% celui des Vascons ; il note, au 4'"'", que S. Sigebertfut por'.é au baptême « Jam naturalis amissurus nominis etymologiam; » au 6"'% l'helléniste nous peint S*" Eusebie i<. bona Dei cullrix secundum interpretationem sui nominis. » Dans la vie de S. Lebwin, il ne manque pas d'expliquer (chap. VIII) le nom de S. Bonif'ace; il nomme (XI) en langue saxonne les nobles, hommes libres et serfs; il indique dl) l'origine de rap|)ellation de la Bretagne, et tout d'abord il se livre, au sujet du nom de son héros, à une dissertation complète sur la multiplicité des noms providen- tiellement donnés, comme présages de sainteté: « Feriiir enim a suœ peritis liuguœ quod Lebunjn palriotice sit vocatus quod Roma- nis sonat cHARUs amicis. » Un trait qui révèle une fois de plus tout ensemble l'helléniste et l'étymologiste, prend h nos yeux, dans ce poème, la valeur presque d'une signature authentique. Dans l'épitaphe de son maître Milon, Hucbald, rappelant le travail biograpliiqui; d(> ce Milon sur 8. Âmand. avait écrit : Tanii pontiiïcis palmam capitatque coronam. kXk Le iiièine souhait lei mine le poëme sur Saiiil Lambcil : Ponlifici Slepliaiio sil laus... Nominis el elaraiii carpat de voce coroiiam. « Louange et gloire au pontiCe Etienne, sur l'ordre duquel ces » nobles choses ont été écrites en vers : puisse-t-il obtenir » un jour la couronne signitiée par son nom : ^Lrecav//. » Ce vœu, par une coïncidence frappante, est la répétition for- melle de celui que nous trouvons exprimé dans l'adresse même de la lettre dont Hucbald accompagna l'envoi au même Etienne de la biographie de S" Rictrude : honiino praesuii stephano SECUNDUM NOMEN SUUM apostolicae reverentiae sigiio ah hamimbus quidem coronato, sed demum ob meritorum insignia cum eis quorum vices exsequitur a Deo coronatido. Ou nous nous trompons fort ou Hucbald, à moins de signer son œuvre de son nom, ne pouvait mieux nous montrer que par cette répétition qu'il est l'auteur du poëme, jusqu'à ce jour réputé anonyme, sur notre S. Lambert. S'il fallait une dernière induction pour établir celte paternité, elle nous serait fournie par ce passage signiticalif d'un de nos historiens liégeois les plus anciens et les plus ?uto- risés, d'où il ressort qu'autrefois nos traditions nationales attribuaient au moine de S. Amand d'autres rapports artistiques et littéraires avec l'évèque Etienne. C'est ce passage du chapitre que dans l'histoire de nos anciens pontifes, Anselme consacre à cet Etienne : « Il fut aussi, dit-il, l'auteur des répons que l'on chante en l'honneur de la Sainte Tiinité, ce (jue nous ignorions, croyant, comine le rapportait la tradition, que je ne sais quel Hucbald en éiait l'auteur : nedenles (juod fama habebat netrio quem llubaldum ipsorum fuisse compusilorem. Mais, poursuit Anselme, il n'y a pas dix ans. comme on remuait dans une armoire (|nclqucs vi(Uix documents, un d'eux se rencontra qui se trouvait — 445 — l'œuvre de Richaire,le successeui" même du vénérable Etienne, et nous ne croyons pas inutile de le reproduire ici {i). » Celte pièce est une fondation testamentaire dont le passage essentiel pour nous atteste qu'Etienne a pris soin d'instituer — stabilire curavil — en l'honneur de la T. S. Trinité, certains répons avec antiennes, pour la nuit ou les matines avec les vêpres, de façon à former un office complet, dans un chant d'une extrême harmonie. Anselme et tous les auteurs qui l'ont répété ou commenté — ainsi les bénédictins de Y Histoire liltéraire — ont conclu de ce p;issagedu testament de Richairequ'il fallait enlever à Hucbald la paternité de cet office pour la reporter sur Etienne : nous croyons qu'il n'y a lieu, au contraire, que de la partager entre les deux amis, le moine poète et l'évêque musicien. Le testa- ment ainsi entendu ne détruit pas, il complète, il éclaire la tra- dition. Celle-ci affirmait avec précision qu'Hucbald était le compositeur de l'office de la Trinité; celui-là déclarait seulement qu'Etienne avait pris soin d'établir cet office: les deux versions, loin de s'exclure, s'allient et se confirment à merveille. En voyant que l'office de Saint-Lambert, auquel Etienne a laissé son nom, ne doit au prélat que sa notation musicale et se compose de vers empruntés à la biographie rythmée réputée jusqu'à présent anonyme, comment se refuser à croire qu'Etienne est également lauteur de la musique de l'office de la Trinité attribué à Hucbald par la tradition liégeoise jusqu'au temps d'Anselme; — comment ne pas conclure surtout que la vie rimée, les antiennes et répons de l'office de S. Lambert écrits à l'intenlion d'Etienne ont pour auteur cet Hucbald qui avait déjà rédigé pour le même prélat la vie de S'' Rictrude et l'office de la Trinité ? De ces détails, des rapprochements que nous avons établis entre les caractères de l'œuvre présumée du moine d'EInone et (') Anselme ; L»e Stepltano el exemplar tcitnmenii. - 446 — ceux de ses ouvrages les plus auihenliques, résulte donc pour nous la conviction que la seconde biographie de S. Lambert est sortie de la plume d'Hucbald dans les vingt premières années du X""' siècle. La remarque en a déjà été faite : la Vie en vers de S. Lam- bert par Hucbald n'ajoute que sur quatre points des détails nouveaux h la biographie primitive : le moment est venu d'exa- miner la valeur historique de chacun de ces points. Le premier est l'explication étymologique du nom donné au saint: Land hertus, soutien, illustration du pays. Signaler cette interprétation sufïit, d'autant plus qu'elle s'accorde avec la langue nationale du martyr; assez intéressante pour la linguis- tique, elle n'offre pour l'histoire que l'avantage d'apporter une certaine confirmation à celte indication du premier biographe : que Lambert appartenait à une vieille famille de la Hesbaye thioise : oppido trejedense ex parentibus locupletibiis, secundum sœculi dignitatem inter prœsides venerandis, et longa prosapia Christianis ( '). Un deuxième détail ne nous arrêtera guère plus : c'est l'affir- mation qu'Âmalgysile (479-480) revut du saint, non-seulement, comme le porte la version primitive, l'avis que le Ciel allait punir Dodon, mais encore la mission d'avertir de ce châtiment Dodon qui voulut, ajoute Hucbald, immoler le porteur de ce sinistre message. Notre poème est, entre les biographies du saint, la seule à produire ce détail. La première rapporte la vision, mais non pas qu'Amalgysile dût en faire part à Dodon : la version d'Etienne ne va pas plus loin (jue les funérailles du saint; de même celle de Nicolas, écrite au XII"^^' siècle pour remplacer le texte d'Etienne dans les oftices de la cathédrale liégeoise, comme (M Chcsqnièrcs, i, 131 ; version de Mabillon, revue p^r tes Bollandisles. 447 celui d'Etienne avait remplacé, au X"", la révision de Godeschalc. Ce Nicolas nous avait bien promis une second livre sur la translation, les miracles du saint et les châtiments dont ses bourreaux furent frappés (i) ; mais soit que Nicolas n'ait pas donné suite à ce projet, soit qu'on ait perdu la copie de cet ouvrage ou qu'elle repose ignorée dans les manuscrits de quelque lointaine bibliothèque, toujours est-il qu'elle n'est pas arrivée jusqu'à nous. Anselme et Sigebert de Gembloux avant Nicolas; après lui, Gilles d'Orval et Jean d'Outremeuse, le grand collectionneur de légendes liégeoises au XR"^ siècle, ne rap- portent rien non plus, ni de la mission confiée à Amalgysile, ni de la tentative meurtrière de Dodon : le détail était assez pitto- resque pour n'être point laissé de côté par ces chroniqueurs, s'ils l'avaient connu : son omission dans leurs récits, comme celle de l'explication étymologique du nom de Lambert, et celle d'une troisième ajoute d'Hucbalddont nous allons avoir à parler, attestent que tous ces auteurs ne connaissaient point notre poëme et que, par conséquent, c'est d'une autre source qu'ils devaient tenir ce qu'ils ont raconté, d'accord avec lui à leur insu, des causes du martyre de l'apôtre. Le troisième point met Hucbald en contradiction complète avec les biographes, ses devanciers : c'est l'histoire de la promesse que le saint aurait faite d'expier par sept ans de péni- tence, s'il échappait au massacre, la vivacité trop grande, croyail-il, avec laquelle il avait d'abord saisi des armes pour opposer la force à la force, promesse qu'il aurait tenue même dans la vie éternelle, en attendant sept ans pour châtier ses bourreaux et révéler le destin de ses glorieuses dépouilles. Le premier biographe fait connaître le mouvement de vivacité du saint, ajoute aussitôt que Lambert ne larda pas à revenir à lui : rien d'un vœu, rien d'une pénitence (2). Des écrivains postérieurs, Sigebert est le seul à noter qu'après ce mouvement (*') Chapeav., I, 407. (-) Ghesqu., VI, 138, i^ 18, 448 séante Uei oculos congrucnti addixit pénitent iae ,mn\s ce mol peut s'entendre d'une vogue répentance et se rapporter aux regrets que le chroniqueur fait exprimer directement par le saint dans la phrase suivante : Te, inquit, bone Jesu ([)... Tout au plus pourrait-on conclure de ces mois que Sigebert, bien que ne connaissant pas, comme nous l'avons dit, le poëme d'Hucbald, avait recueilli néanmoins quelque écho de la même tradition. Quoi qu'il en soit, ce que noire auteur rapporte de la péni- tence septennale que se serait imposée S. Lambert n'est raconté que par lui; ce qu'il ajoute de la manière du saint, d'observer cette pénitence, même dans l'autre vie, est une erreur mani- feste. Le plus ancien biographe assure, en effet, qu'un an s'étanl écoulé après la date du martyre, le saint apparut à ce irésoiier Amalgysile, autrefois juge du tribunal épiscopal : « nous avons été visiter Kome, lui dit-il, et maintenant que nous voici de retour, on nous presse de nous occuper de noire ami Dodon el de ses compagnons; le moment est venu pour eux de payer leur dette et de recevoir le châtiment du mal que leur impiété nous a causé. » Les faits suivirent aussitôt les meiiaces, continue le biographe, el il retrace la mort affreuse de Dodon el de ses complices : « l'année écoulée, il n'en survivait quebien peu: tous les autres » enlevés par une mort terrible et honteuse, avaient lini leur » misérable existence {-2). » D'après ce texte, l'annonci! du chàtinieni s'est lait atUMidre un an et sa réalisation a pris une année encore; Anselme, Sige- bert et les auteurs postérieurs abrègent le terme de moitié : « Dodo... anle eapletum annum vita privalus, écrit Anselme, I, 7. » Infra anni ipsms spatium vix aliquis evasit, dit Sigebert (vila prior, V, J5 06). !') Sigcl). Vil^ prior S. l,;mih., cli;!!!. IV .s; -i!) ledit. ilo> IWilUunlisles). -1 Glu'sq.. VI, lli, §?: 27. !28. — 449 — Au total, Sigeberl seul fait peut-être allusion à l'incidenl d'une pénitence de S. Lambert; mais hors cet auteur et pour ce détail unique, tous les autres ne nous rapportent rien d'un vœu du martyr, rien de la réalisation dont parle Hncbald; ils attestent, au contraire, qu'après un an ou deux, justice était tirée des meurtriers. L'erreur d'Hucbald, il faut se hâter de le dire à sa décharge, peut être atténuée par une triple explication : — le goût de l'écrivain pour les interprétations numérales ; — le sens obscur du pèlerinage posthume de S. Lambert à Rome ; — les circonstances du temps où notre poète tenait la l)kîme. Nous avons déjà signalé la manie de notre auteur de trouver à toutes choses un sens mystique, symbolique, et de multiplier les jeux d'une sorte d'arithmétique sacrée; il aime surtout le nombre sept; le début de ce poème, où il traite tour à tour des sept Dieux païens, des sept planètes et des sept jours de la semaine, ne nous prèpare-t-il pas à voir ce chiffre de sept ans admis, à la légère, comme terme de la pénitence que se serait imposée le saint; d'autant plus que ce terme était véritablement avec celui de trois, dont il est parlé dans la vie de S. Hubert (i) par un contemporain, fort en usage alors? La vague rumeur accueillie par Hucbald devait lui plaire à un autre titre: elle pouvait servir à expliquer le sens véritablement peu clair de ces paroles que la version primitive place sur les lèvres de S. Lambert dans le récit de la vision d'Amalgysile : « Nous revenons d'avoir été visiter Rome! » Sans doute visiter Rome fut dès les premiers siècles catho- liques l'accoutumance des évoques les plus zélés, et nous (,') Kleine denkraaier aus der Merov.ngerzeit, herausgegebjn von Wilheni Arndt, p. 5o. — La Vie de S. [\ubert écrite par un auteur contemporain, piiblif'e par le P. Ch. de Sraedt, p. 19. - 450 - voyons par l'histoire de nos premiers apôtres qu'ils se firent à peu près tous un devoir d'accomplir ce pèlerinage ; mais le respect de cette coutume ne leur était pas imposé dès lors avec une rigueur telle qu'on put imaginer, qu'ils avaient à s'y con- former morts, s'ils ne l'avaient pratiquée vivants: le règlement pris un demi-siècle après le martyre de S. Lambert par le pape Zacharie, ne prescrit la visite ad limina apostolorum, qu'aux seuls prélats de l'Italie ou de l'ordination du Souverain- Pontife (1). Il est possible encore que la plus ancienne relation de la vision doive s'entendre en ce sens que Saiiii Lambert aurait été demander à Rome, au prince des apôtres, cette justice que Pépin ne lui avait pas rendue en laissant le crime impuni, en ne vengeant pas le martyr de la défense des enseignemenis apostoliques. Hucbald a préféré, ce nous semble, interpréter d'une autre façon les paroles mystérieuses de l'apparition. Un pèlerinage à Rome était dès son temps le couronnement fréquent des pénitences publiques : c'était au Pape que les évêques eux-mêmes envoyaient les grands coupables exprimer leur repentir, et demander, soit de constater que ces pénitents avaient accompli leur peine, soit de leur accorder quittance anticipée de leur dette d'expiation. Au douzième siècle encore, nous voyons des évêques se consulter sur le point de savoir si un prêtre, suspendu pendant sept ans pour avoir tué d'un coup de pierre un voleur qui allait l'égorger, pouvait, ce terme échu, rentrer dans l'exercice des fonctions sacerdotales; une lettre de Hildebert, évêque du Mans [■>), nous atteste qu'au sens de ce prélat, le cas aurait dû être renvoyé au Pape, afin que le souverain Pontife en décidât et pût donner h l'homicide invo- lontaire une rémission définitive. (') Thomassin. Ancienne el i ouvelle discipline de l'Eglise, 2' partie, liv. III, chap. 40. (-) Thomassin. Ane. discipl. de l'Eglise, i"-' partie, liv. 11, chap. 43, VH. — 4ol — La version d'Hucbald, d'ailleurs, ne répondait pas seulement au besoin d'expliquer le pèlerinage posthume du saint, et aux goûts d'arithméticien de l'auteur, elle répondait plus encore à un souci du temps où il écrivait. Une des règles de la discipline ecclésiastique que l'Eglise eut le plus de peine à faire triompher des passions humaines, tut l'interdiction intimée à ses prêtres, de verser le sang et de porter les armes. Unissant pour la plupart des prérogatives civiles à leurs fonctions religieuses, les évêques des siècles de S. Lambert et d'Hucbald devaient, à ce titre, satisfaire à des charges militaires envers leurs souverains temporels ; aussi maints d'entre eux, introduits d'ailleurs dans le sanctuaire par les rois plutôt que par l'Eglise, oublièrent-ils trop souvent pour payer ce tribut civil leur mission apostolique, échangeant la mitre contre le casque, la crosse contre l'épée. Peu de temps après la mort de S. Lambert, S. Boniface se plaignait, dans ses lettres au pape Zacharie, de voir certains prélats de Gaule et de Germanie monter h l'autel, couverts encore du sang versé sur les champs de bataille. Sous l'influence du grand apôtre, le concile de Leptines renouvela les défenses faites à tous les pas- teurs de se trouver à l'armée, à moins que pour administre)' les sacrements : l'abus diminua, mais ne disparut pas ; il résista aux mesures énergiques par lesquelles Charlemagne (i), sévère exé- cuteur des décrets de l'Eglise, ordonna de dégrader et de priver de toutes fonctions l'évêque, le prêtre, le diacre ou le sous- diacre qui s'en rendrait coupable; il reprit même une force nouvelle sous les faibles successeurs du grand législateur, et lorsque les invasions normandes se i épandirent sur nos pro- vinces, on put voir --triste nécessité peut-être — marcher tour à tour à la tête des armée^ impériales envoyées contre les bar- bares, deux archevêques de iMayence, Sunderolde et, avant lui, Suitberg, abbé de Malmedy, et à la tête des Liégeois qui tinrent iM Thomassin, > partie, liv. 111, chap. U, 11; — 4.-i, VII. - 432 — campagne contre eux, Francon. évêque de Liège, le prédéces- seur d'Etienne. Francon toutefois, s'il Inal en croire Folcuin de Lobbes et Anselme (i), comprit ce qu'avait d'irrégulier celle conduite, et résolut de l'expier à la façon dont Hucbald prétend que l'avait voulu faire Saint-Lambert: par une sorlede pénitence publique: il conserva le titre et les prérogatives de l'épiscopat — on en a donné les preuves dans un travail récent, (2) et h ces preuves, il faut ajouter que ce prélat siégea comme évêque, en 895, au concile de Francfort. Par contre, il jugea que ses mains souil- lées de sang dans tant de combats n'étaient plus assez pures pour offrir la victime sans tache ; il cessa, dit-on, de célébrer la messe. Hucbald, on s'en souvient, était déjà un écrivain de renom au temps de Francon ; il avait d'autant mieux dû connaître la conduite guerrière, puis pénitente du prélat que ses écrits, sa préface notamment de la Vie de S'' Rictrude adressée à l'évéque Etienne, témoignent des craintes que lui inspiraient toujours les Normands. Quoi d'étonnant si dans ces circonstances, il a trop facilement accueilli cette version De (ama piorum, ei si charmé d'évoquer un souvenir agréable aux évèques de IJége, en pré- sentant S. Lambert comme le prédécesseur de Francon dans un repentir de cette sorte, il a saisi cette occasion de rappeler du même coup, par ce noble exemple, le clergé de son temps au respect des règles de la discipline sacrée? Nous arrivons au dernier et au plus important des détails ajoutés par Hucbald à la version primitive de la mort du saint: il s'agit de la cause même de ce trépas. Le poète raconte que les deux frères Gallus et Riold s'étant mis à ravager les biens et h tourmenter, en toute occasion, les gens de legliso de M;iestriclit, finirent par exaspérer les neveux (*) Ans f)e Fiancnw ppiscopo. ii) !,. I.ali.iye. I.cs Normands an pays île I.i(*gp. p. 22. 453 de l'évêque et par recevoir de ceux-ci la mort, cliûtimenl mérilti de leurs violences. Cela dit, voici comme il poursuit : « Le premier auteur de ces crimes était attaché à la maison » du prince Pépin ; il avait nom Dodon ei c'était en se fiant sur » lui que les deux frères susmentionnés, ses parents, avaient » pris l'audace de troubler le pays. On rapporte et beaucoup ont » répété ce bruil sinistre que le pontife Lambert s'était rendu « odieux aux amis du pervers Dodon, en montrant son indi- » gnation contre l'inconduite de la sœur de ce Dodon, que le » prince, en violation des lois de l'iionnêtelé, avait prise pour » maîtresse, du vivant même de son épouse. De là s'était accru » l'orgueil de Dodon: aussi, dès qu'il apprit le meurtre des deux » frères, se souvenant assez du reste de ce qui avait été dit de » sa sœur, il se mit à tramer la moit du pontife, îi chercher les » voies t\ suivre pour le tuer et tuer avec lui ceux que la » rumeur publique avait signalés à sa vengeance. » (326-340.) Cette explication du meurtre tire, abstraction faite de toute autre considération, une valeur particulière de ce fait qu'elle nous est présentée par Hucbald. Hucbald, nous ne l'avons point caché, peut se laisser entraîner parfois à trop aisément accepter des anecdotes dont le sens répond à ses goûts personnels, mais en général il est digne d'ins- pirer confiance. Nous l'avons prouvé par ses œuvres, il possé- dait les éléments de la critique historique ; il savait passer les traditions à ce crible ; de là, ses corrections, ses atténuations apportées, par exemple, à la légende de S. Cyr et de S'« Julitte; de là, ses hésitations à prendre la plume, ses refus d'écrire sans avoir au préalable analysé, épuisé les sources. Il tenait compte même de l'importance qu'un seul mot peut avoir dans un récit ; de là, ses recommandations aux copistes de ne rien changer à un texte dont il ne voulait tirer d'ailleurs aucune gloire, puis- qu'il recommandait de n'en point désigner l'auteur. Comment donc ne pas ajouter foi à ses dires lorsqu'il nous donne l'adultère de Pépin comme la cause originelle du martyre (ie s. Lambert? Il avait pu recueillir sur ce sujet plus d'in- formations que sur aucun ; il avait, en outre, plus de motifs de se taire, que de parler avec cette franchise. On a vu qu'il était en relations suivies avec l'évêque Etienne ; son poëme atteste qu'il a, pour majeure partie, travaillé d'après le même texte primitif qu'Etienne corrigeait d'autre part : s'en serait-il écarté sans de sérieuses raisons ? Les moyens de s'éclairer devaient d'autant moins lui manquer, d'ailleurs, que son écrit retraçait la vie d'un personnage plus célèbre ; qu'il n'écrivait plus cette fois pour un seul couvent comme celui de Maubeuge ou celui de Marchiennes, mais pour un diocèse entier et qu'il était avisé sans doute de l'usage qu'Etienne voulait faire de ses vers : en tirer un nouvel office. On s'est plu à reconnaître les preuves de prudence qu'il a don- nées dans la composition d'œuvres de moindre importance : cette prudence l'aurait-elle abandonné dans cette circonstance, à propos de ces incidents délicats, sur lesquels il lui aurait été plus aisé, plus avantageux môme, de garder le silence? Son couvent d'Elnone avait eu pour chef un abbé de la des- cendance de la malheureuse dont il rappelait l'inconduite, sans la nommer toutefois. Lui-même, — ses envois de poésie à Charles-le-Chauve et les diplômes octroyés sur sa demande par le prince en font foi — lui-même avait entretenu les relations les plus amicales avec les souverains descendus d'Alpaîde ; l'évêque auquel il adres- sait son poëme était de leurs parents, critique capable d'ail- leurs, lilléraieur instruit, au courant des choses de l'histoire, ot dont Hucbald se fil un devoir de prendre l'avis, et jugea sage de suivre les conseils, h propos d'autres œuvres. Dans ces conditions, c'eût été, l'on en conviendra, de la part (l'un écrivain aussi réservé, aussi renommé que Hucbald un singulier mépris de sa propre réputation et une rare impru- dence ; c'eût été de la part d'un poète aussi bien en cour, une 458 maladresse étrange ; c'eût été de la part d'un protégé des rois et d'un ami d'Etienne un acte d'ingratitude et d'indélicatesse que de consigner dans sa biographie de S. Lambert, une tradition aussi désagréable à ses puissants amis, aussi contraire de prime abord à la version officiellement admise jusque là dans l'Église de Liège — si celte tradition ne jouissait d'avance d'une auto- rité bien établie, si elle n'était déjà passée, auprès du public, en force de chose jugée. On a cependant élevé contre la véracité d'Hucbald en ce qui louche ce point, un ensemble d'objections que dos maîtres de la critique ont considéré comme fort sérieuses. Abordons-les de front , et indiquons de quelle façon nous croyons pouvoir passer outre. 1° On a dit que les lois et les usages du temps autorisaient Pépin à substituer Alpaïde à Piectrude: S. Lambert ne pouvait donc que laisser faire. — Nous ne contestons ni ces lois ni ces usages fâcheux, mais nous répondons que rien dans l'histoire de Pépin, de Piectrude et d'Alpaïde ne prouve qu'ils se soient trouvés dans un des cas prévus par ces coutumes ; — que ces lois et ces usages étaient d'ailleurs, en ce temps même, abso- lument condamnés par l'Église, par l'enseignement unanime de ses conciles et de ses docteurs, comme par la conduite de tous ceux de ses saints pontifes qui se sont trouvés dans le cas de Lambert en face de l'adullère de Pépin ; qu'enfin le caractère, l'instruction, la piété, la position de S. Lambert ne lui ont pas permis d'agir autrement que ses maîtres. 2° On a dit ensuite que, d'après la meilleure chronologie el les monuments diplomatiques, Pépin et Piectrude étaient récon- ciliés, à la date généralement admise comme celle du martyre : Lambert n'a donc pu être frappé par son opposition à des rela- tions qui avaient pris tin. — Nous répondons qu'à supposer vrais ces calculs, Lambert aurait pu périr victime d'un devoir antérieurement accompli, sous les coups de la vengeance de Dodon; qu'au reste, l'époque où, suivant nous, fut perpétré le — 456 - meurtre, correspond précisément à la date de celte séparation de Pépin et de Pleclrude dont on prétend déterminer la durée d'après les diplômes du temps. 3° On a dit enfin qu'avant l'auteur du poëme personne n'avait expliqué comme lui le meurtre du saint; que le premier bio- gTa|)he en doimait une autre cause et que celle-ci était d'autant plus acceptable que l'Église de Liège elle-même l'a tenue pour la vraie jusqu'au douzième siècle. — Nous répondons que cet autre cause — la défense du patrimoine ecclésiastique n'a pas été étrangère au martyre, mais n'est pas la principale ; que le silence du premier biographe s'explique par d'assez bonnes raisons, qu'on explique de même la conservation prolongée de son récit comme version officielle de l'Église de Liège que sa réserve, d'ailleurs, n'est pas si complète qu'elle ne per- mette de discerner la vérité sous les voiles dont l'enveloppe sa narration; — qu'au total nulle des allégations élevées contre l'exposé d'Hucbald des causes du martyre n'échappe à la réfu- tation, et qu'en conséquence il y a tout lieu de tenir cet exposé pour le plus fidèle. Et d'abord quelles étaient les lois, quelles étaient les mœurs du temps de S. Lambert ? L'inviolabilité du mariage est l'un des principes que l'Église eut le plus de peine l\ faire triompher du paganisme, à faire respecter des peuples devenus chrétiens, des puissants et des princes sui'louf. A l'arbitraire de l'époux, au servilisme delà femme, à l'insta- bilité de la fiimille, h la tolérance même dont la loi juive avait cru devoir user pour « la dureté de cœur » des fils d'Israël, le Christ avait substitué un principe nouveau : « L'homme ne séparera pas ce que Dieu a uni. » Il avait ainsi relevé la femme au rang de compagne soumise mais égale de son époux, assuré la mère une part imprescriptible dans la royauté du foyer domestique, aux eiit'auls celle proleciiou sure el tendre que seule peut leur donner celle ({ui leur doinia la vie, à la famille entière l'honneur et la force dans la stabilité. Autant celte réforme sociale était nécessaire pour empêcher le monde de périr étouffé dans les fanges d'un sensualisme bru- tal, autant les passions dont le principe de l'irréfragabilité d'une première union allait arrêter les ravages, devaient lui opposer de résistance et, vaincues, essayer fréquemmer.t de reconquérir leur prépondérance passée. La lutte fut donc longue, semée de péripéties diverses, et si Rome n'avait toujours el sans concession défendu le principe mis en cause, à de certains momeiits la conduite de certains prélats eût permis de dire, en vérité, que cette lutte divisait jusqu'à l'Église. Ces prélats toutefois n'ont jamais figuré parmi nos saints, ni ces temps coïncidé avec i'époque de S. Lambert. Tacite (') le constatait dès le premier siècle de notre ère : si la plupart des Germains, à la différence des autres nalions bar- bares dont la dépravation plus grande rendit les triomphes plus éphémères — si la plupart des Germains se contentaient d'une femme, les chefs, sous le prétexte que leur alliance était un honneur plus recherché, en entretenaient plusieurs. Les Francs importèrent ces coutumes dans nos régions el les mœurs de leur aristocratie se ressentirent, longtemps après leur conversion au christianisme, de ces pratiques payennes. Elles autorisaient, par exemple, le mari à substituer une épouse nouvelles fépouse adultère. Ce cas toutefois ne pouvait être celui de Pépin. Si le moindre reproche avait [:U être lancé contre Plectrude, les historiens courtisans des descendants de sa rivale n'eussent pas manqué de nous les rapporter. Il a été impossible, au contraire, de découvrir une pièce, un texte, un mot, findication du moindre fait de nature h entacher l'honneur de Plectrude; l'annaliste le plus rapproché de ce temps, et le {') Germania, 18. ',r.s [i!us liivorable aux descendants d'Alpaïde, à riiilenlion desquels on le soupçonne d'avoir pris la plume, le deuxième conti- nuateur de Frédégaire, n'a lui-même que des éloges pour l'épouse abandonnée par Pépin : « nobilis et prudentissima ( i ) notle et d'une sagesse parlaite ! » Inutile dès lors de discuter les licences laissées [ku* les lois franques à l'époux victime d'un adultère. La loi salique en consacra d'autres ; elle n'admit plus la polygamie par accumulation, elle l'admit par succession : elle toléra le divorce par consentement mutuel. La coUeclion de formules d'un contemporain de S. Lambert, d'un moine liélas! Marculphe, (-) nous offre plusieurs modèles de ces contrats étranges. Sans doute, ils s'appliquaient parfois à des lujitiucs de lianrailles : ainsi voyons-nous S. Ansbert, pour se donner ;i Dieu, rompre avec une fiancée qui devint elle-même une vierge glorieuse et authentiquer cette rupture par le liqellns dissociabilis {■'). On n'appliqua pas qu'aux fiançailles ces sortes de contrats, mais encore une fois, pour Plectrude, il n'est fait mention d'aucune pièce de ce genre. Quelque soit le jugement porté sur cette princesse, il est une faiblesse et une qualité qu'on ne saurait lui contester : l'ambi- !ion et l'énergie. Elle les montra tout ensemble, h coup sûr, lorsqu'à la mort de Pépin elle entreprit de garder les rênes du ^'ouvernemeiu, et peut-être ces rênes lie lui auraient-elles j.'.mais été ravies, si son adversaire ne s'était appelé Charles >lartel. Quelle apparence qu'avec ce caractère, elle se lût prêtée à descendre du pouvoir, à céder volontairement la place à une i ivale?Et si elle s'était démeiiiie à ce point, comment les histo- riens de l'époque n'auiaient-ils rien su de ce contrai; comment l( s descendants d'Alpaïde n'auraient-ils rien laissé venir au jour (riiii acte qui eût revêtu du moins d'un semblant delégalité l'er- 1 \ l'alru!. ial. de Mignc, LX\I,<)71. [i) Id. LXXXVII,74G; Formula; Sii'tuondica; MX. . 787 cl rorntuki' Andoiravcnses LVI, p. 854. ^3) .^cla S. S. Bclgii, V. loi. - 459 — reui" de leur aïeule t Arrière donc la loi salique, le divorce par consentement mutuel et les formules de Marculplie : tout cela n'a que faire ici ! Reste l'hypothèse d'un renvoi pur et simple, sans accord et sans faute de l'épouse qui put l'expliquer. L'exemple des rois mérovingiens nous atteste que l'idole des répudiations fut une des dernières h garder des adorateurs à leur cour. Mais encore- un coup, qu'on nous cite l'historien qui aurait prononcé le mot de répudiation au sujet de Plectrude. La plupart de ceux qui touchent aux relations de Pépin avec Alpaïde, dénoncent u\\ scandale dans ces rapports ; les plus favorables au maire de palais, ainsi ce continuateur de Frédégaire qu'on dit avoir écrit à la demande de Childebrand, le second fils d'Alpaïde, n'essaie pas plus que les autres d'excuser le caprice de Pépin ; il ne se sépare des autres annalistes que pour donner le nom û'épouse à la mère de son Mécène : aliam duxil uxorem iiobUem et elegantem ; il prit une autre épouse aussi noble que distinguée ('). Pas un mot pour justifier la conduite du maire depalais ou le titre que l'au- teur donne généreusement à la concubine. Au reste, nous ne voyons nulle part que Pépin lui-même ait jamais fait agréer publiquement Alpaïde pour son épouse ; divers écrits du temps nous montrent en des circonstances solennelles Plectrude aux côtés de son époux ; sa signature se lit h la suite de celle de son mari sur plusieurs diplômes antérieurs ou postérieurs à l'inci- dent d'Alpaïde (^) : aucune relation, aucun acte public n'associe Alpaïde à son amant ; hormis son )iom et la naissance de Charles Martel d'abord, de Childebrand ensuite, on ne connaît rien d'elle que par la biographie de S. Lambert, tant il est mani- feste que pour ses contemporains, pour l'histoire, pour Pépin même, loin d'avoir eu le rang d'épouse, elle n'a jamais été qu'une maîtresse du prince. (') Palrol. lai, LXXI, p. 67:2. (s^ Alph. Wiuiierâ. Tuble chronologique dos chîirles, années 691, 701, 706, 715, 7-20, etc. — i'M) — Tuu:> les érudits entin, quel (lue soit, le parli qu'ils aieiil embrassé dans cette discussion, se retrouvent d'accord sur ce point : Pépin finit par renvoyer Alpaïde, et tandis qu'aux der- nières années de ce prince, Pleclrude, la légitime épouse, repa- raît auprès de lui triomphante et respectée, on ne sait pas avec cerlitude ce que devint sa compagne des jours d'égarement. Cieux-ln même, dont l'imagination défend la légalité de son union adultère, sont forcés de s'en rapporter aux traditions liégeoises sur le dénouement de son aventure, et d'admettre, h !a suite de notre chroniqueur du XW"'" siècle, Jean d'Outre- meuse, (') qu'elle finit ses jours dans la retraite du monastère d'Orp-le-Grand. Ilest incontestable qu'elle disparut complètement de lascène du monde. Lors donc que Plectrude revient partager les géné- rosités publiques, quelque cbose même du pouvoir de Pépin, lors donc que nous la verrons, après la mort de son époux, dis- poser quelque temps de son héritage, pourquoi Alpaïde s'elTace- t-elle soudain, pourquoi ne sera-t-il même plus question d'elle après les triomphes de son fils Charles Martel? Pourquoi his- toriens, amis, ses fils même, éviteront-ils d'attirer l'attention sur sa vie? C'est qu'évidemment rappeler celte femme, eût été rap- peler l'irrégularité originelle de ses descendants ; c'est que la retraite d'Alpaïde était l'aveu de ses erreurs, l'aveu peut-être d'une participation à un crime sanglant. Au témoignage d'écrivains sérieux, (-) le tombeau d'Alpaïde aurait été retrouvé en 1618 devant l'autel de la vierge de l'église d'Orp-le-Grand. Un incendie détruisit cette église en 1674 ; un siècle et demi après, en 1828, le gouvernement hollandais fil •"xécuter des fouilles pour l'endre au jour ce tombeau curieux : vaines recherches! La pierre avait péri avec son inscription : Mpaïs comitissa, couthoialis Pippini ditcis. A supposer antique et ' < ) Gliroiiii}ue dv. .leaii des l'nis, lonic il. ;'.78, oSî-î. ( ' ) Turlier ol Wauters : I,es i-Dmmuncs 'lu Br^bîinl : Orplc Grnnd, p. 2S"2. - m — .'l'ilhentique cette épilaphe dans laquelle le terme comitissa apparaîtrait pour la première fois dans Thistoire, car le glossaire de Ducange n'en signale l'emploi qu'il partir de la fin dii VHP siècle, ce nom de comtesse conservé à celle qu'on prétend avoir été l'épouse du duc Pépin, et cette expression é?,alement appli- cable à la femme légitime et à l'autre, cette qualification équivoque du co?i//;ora//s— littéralement : concubine, n'auraient- ils pas été sur la tombe même de la pénitente si pas le témoi- gnage de repentir d'une complice de l'assassinat de S. Lambert, fi coup sûr, la reconnaissance de l'irrégularité du lien qui l'avait unie au maire de palais et la justilication de la réprobation énergique du pontife martyr ? Oublions néanmoins, si vous le voulez, qu'Âlpaïde n'a jamais ét<^ que le honteux caprice d'un prince; décorons-la. contre toute vérité, du titre d'épouse légale. Eh bien, pour apprécier en ce cas la conduite d'un évêque à son égard, ce ne sont ni des lois, ni des usages d'une société restée payenne par plus d'un côté qu'il faudra s'enquérir : S. Lambert n'a pu se guider que d'après les règles de l'Église, d'après les lois et la morale évan- géliques telles qu'on les entendait de son temps. Interrogeons sur cette interprétation tous les pays, tous les synodes, tous les docteurs chrétiens qui ont eu à se prononcer sur la question soit du vivant du Saint, soit aussitôt après sa mort : tous nous rendront la même réponse, fidèles échos de ce pape dont on pourrait dire comme de Charlemagne, que la grandeur a pénétré son nom, le Pape Grégoire-le-Grand, dont l'enseigne- ment est formel : le devoir des chrétiens est de mettre au- dessus des lois humaines assez aveuglées pour autoriser le divorce, le commandement divin de l'indissolubilité de l'union conjugale, (i) En Afrique, un des recueils de canotis les plus connus est celui de Cresconius, mort, croit-on, vers 699, l'an même du (») Liv. XI, e|). 9o. — 'iG-2 — martyr de tiolre Saint. 11 se contente de copier le 48""^ canon des apôtres ; « Si un laïc renvoie sa femme et en épouse une autre, fût-elle renvoyée par son mari, qu'il soit privé de la com- munion de l'Église. » (i) En Angleterre, le concile de Heorutfort avait rappelé, en 673, que « nul ne peut quitter sa femme, si ce n'est pour cause de » fornication : en ce cas, celui qui aura renvoyé sa femme légi- » lime, ne peut en épouser une autre s'il veut véritablement » rester chrétien : il doit garder le célibat ou se réconcilier » avec sa femme. » {^i)En 697, un autre concile, tenu à Bergam- stade, ne fit qu'appliquer cette doctrine, en ordonnant dans la troisième de ses résolutions, promulguées comme loi du pays, de mettre en pénitence les adultères et de les séparer de la communion des fidèles. (^) (( Plein de sollicitude, écrivait le roi saxon Ina en tète de son code, publié en 693, pour le salut des âmes et le bonheur de mes peuples, j'ai résolu d'y pourvoir et d'assurer la stabilité de mes institutions, par de justes lois sur le fondement de légitimes mariages. »Et par ces mariages légitimes, Ina entendait ceux-là seulement que l'Église approuvait. Même doctrine dans le péni- tentiel qu'Ecbert, archevêque d'York, promulguait quelques années plus lard : « L'homme qui délaisse son épouse pour en prendre une autre, est adultère ; de même la femme qui aban- donne son époux pour un autre : que le prêtre ne leur accorde ni l'Eucharistie, ni aucun des droits attachés h la qualité de chrétiens et s'il arrive qu'ils meurent, qu'on ne les enterre pas non plus avec les chrétiens. { 4) Les conciles et les lois de l'Espagne chrétienne répondent à ceux de la chrétienne Angleterre : le XII'"" de ces conciles de Tolède qui fixèrent à lu fois la législation civile et religieuse de la Péninsule défend en 681, et dans les mêmes conditions aux I '} Mi^jne. ['atrol. latine LXXXVlil 88!2. ( ■: ) Histoire ecclëbiastique, par Henrion fjiigiio , XVII. (i. bfi'i. r,; Id id. id. p. 98"2. ( i^ l>;ilrol. lat. LXXXIX,4I7. ïm maris de se séparer de leur femme, sauf le cas de foniicalion,^ et menace de les retrancher de la société des tîdèles comme de la communion de l'Eglise, s'ils ne retournent vivre avec elles (i ). Cette doctrine, si âpre qu'elle paraisse, el si contraire qu'elle soit aux usages les plus constants du paganisme, est cependant celle que l'Église ordonne de prêcher dès l'abord aux infidèles : le 5 mars 71H, le Pape Grégoire II met par écrit les instructions destinées aux légals qu'il envoie évangéliser la Bavière ; il leur prescrit spécialement d'expliquer que si la continence est louable, le mariage est licite, mais celui-là seulement qui ne s'appuie point sur un divorce et ne se prête point h h poly- gamie : « nec reputandum est recle conjugiuui quod duorum excesserit numerum. » (2) Grégoire III ordonne également de refuser les sacrements, fût-ce au lit de mort, aux adultères qui ne se convertissent pas (3). Les questions de mariage ligurent au premier rang de celles dont la correspondance de S. Boniface entretient les Papes de ce temps ; toutes les solutions données sont conformes à celles que nous avons déjà rapportées ; une seule concession — et encore n'en est-ce pas une dans l'espèce — est faite alors comme aujourd'hui : Rome déconseille, mais permet à l'époux (le prendre non pas une nouvelle, mais une véritable épouse, si la première n'a pu réyliser le mariage. (26 nov. 726.) Point de dissidence, en cette matière, entre l'Orient et l'Oc- cident ; l'année 692 vit les Grecs poser à Constantinople, dans leur grand conciliabule in Trullo, le pi'incipe du schisme qui devait les séparer de Piome, et entamer la loi catholique du célibat des prêtres. Ce fut alors, qu'en dépit du Pape et tout en maintenant l'interdiction faite à ces prêtres de se marier après l'ordination, ils prétendirent les autoriser, si les noces avaient devancé l'ordre, à vivre à la fois dans le sacerdoce et l'union conjugale. I ') Hist. ecTlésiasl. de Henrion, XVH, 808. (')Patroi. lat. LXXXIX,§33. (s) Id, — 464 - Il lailait (Jonc que la loi de l'indissolubilité du mariage lui bien établie alors pour que cette assemblée, répudiée par l'Église et d'une morale si accommodante, se lit néanmoins un devoir de ^ maintenir cette loi de la façon la plus rigide, de llétrir du nom d'adultère (can. 87) toute substitution d'une épouse à une autre, de condamner même la conduite des femmes qui, sans avoir la certitude absolue de la mort d'un mari dis}taru dans une guerre en acceptaient un autre (93), de pousser la rigueur enfin jusqu'à interdire h un homme d'épouser la fiancée d'un autre, aussi longtemps que celui-ci resterait envie ? (*) Est-il besoin de dire que l'Église n'avait concédé rien de plus aux passions des Francs qu'à celle des Saxons, des Visi- goths, des Africains ou des Orientaux ? Des conciles tenus dans les royaumes francs, le dernier qui se soit occupé avant le martyre de S. Lambert, des questions de mariage, fut celui de Nantes en 650 ; le premier qui en ait traité après, celui de Leptines, en 743. Tous les évéques des Gaules — et sans doute à leur tête S. Amand, évêque de Maestricîit, prirent part à l'assemblée de Nantes : voici la douzième de leurs décisions : « Un homme » peut se séparer de sa femme, pour adultère public, mais sans >) pouvoir en épouser une autre du vivant de la première : la » femme fera sept ans de pénitence, et s'il veut la reprendre, il » s'associera à la pénitence. La femme poarra en user de même » h l'égard du mari adultère, » (2) Le concile de Leptines réuni, celui-ci, d;ins notre propre pays, ne fut pas moins explicite; « Que chaque prêtre,- porte le » 3o* canon, enseigne publiquement aux fidèles à s'abstenir de « toute union illicite, et leur apprenne que suivant l'ordre » même de Dieu, une union légitime ne peut être rompue en « aucune occasion, excepté le cas de fornication, si ce n'est » par consentement mutuel, mais cela pour le service de » Dieu. »{■■) I') Hi?t. ecclés. XVII, 96-2. 'jld, id., «10. (*i Palrol. I^l. Migtif .l,\XXIX, 82.".. \ ',t»'' â — 465 — Et pour ne laisser aucun doute sur le sens de ces paroles, l'an suivant les pères du concile de Soissons donnèrent à cette doctrine une formule plus nette, que Pépin, le petit-fils d'Alpaïde, enregistra, promulgua lui-même dans le neuvième article du décret de publication de ce concile : « De même » avons-nous statué que nul ne prenne pour épouse soit sa » parente, soit une femme dont le mari serait encore en vie, et » que nulle femme n'épouse un autre homme du vivant de son » mari. » (*) Les évêques du temps ne laissaient point ces doctrines dans le domaine des abstractions théoriques ; ils les prêchaient, en termes exprès, à leurs peuples ; ils en condamnaient les vio- lateurs, si haut placés qu'ils fussent; ils bravaient toutes les persécutions, la mort même, pour les faire triompher de l'in- conduite des princes. Un contemporain de Lambert. S. Ouen, nous a conservé le texte de quelques sermons de son ami, Saint Eloy : « Que per- » sonne, disait Eloy (2), ne songe à quitter son épouse légitime « en quelque occasion que ce soit. Il vous est défendu d'avoir » des concubines soit avant le mariage, soit après... Que chacun » observe à l'égard de sa femme, la foi qu'il attend d'elle... « Tout ce qui n'est pas permis aux femmes dans le droit de » mariage, ne l'est pas non plus aux hommes. » — « Garde, écrivait un autre évêque au roi Clovis II, sous lequel vécut S. Lambert, garde, ô prince la chasteté d'une seule union. » (3) Saint Gedde, évêque en ce temps des Saxons orientaux, avait frappé d'excommunication un seigneur coupable de s'être uni, malgré les prohibitions de l'Église à une de ses parentes ; il avait mêm,: interdit aux fidèles d'entretenir aucun rapport avec ces pécheurs publics. Le roi Sigebert méconnut celte défense, (») Patrol. lat. LXXXIX, 826. (') Vie de S. Eloi, liv. II, 15. ('; Migne. Patrol. lat. LXXXVII. 608. 466 puis l'encontraiit l'évêque, implora son pardon : « Prince, lui répondit le saint, vous mourrez dans la maison de cet excom- munié. » Peu de temps après, ajoute la légende, Sigebert péris- sait, dans celte maison même égorgé par ce même ami. (i) Un autre contemporain de Lambert, S. Corbinien, mort en 739, premier évêque de Frésingue, évangélisait la Bavière ; le duc du pays, Grimoald, lui offrit l'hospiialilé : l'apôtre, dit son biographe le plus ancien « ne voulut point paraître devant lui, » parce qu'il avait épousé une femme contre les lois de l'Évan- » gile, et aima mieux s'exposer à la mort que de communiquer » avec des personnes dans la disgrâce du fils de Dieu. » La fermeté de Corbinien finit par l'emporter, mais l'épouse con- gédiée ne lui pardonna point ; elle complota la mort du mis- sionnaire et sans l'avertissement d'un ami, il tombait aussi sous les coups de gens envoyés du palais. (2) A la môme époque Kilian paya de sa vie sa fidélité à la même cause : Kilian avait conquis la Franconie au christianisme ; le prince du pays, Gosbert, se disposait à imiter son peuple ; Kilian ne lui laissa pas ignorer que le mariage contracté par lui avec la veuve de son fi'ère était contraire aux règles de l'Évangile ; Gosbert céda, mais la nouvelle Hérodiade, aigrie par un humiliant renvoi, ne tarda pas à se venger : elle profita de la première absence du prince pour faire égorger le nouveau Jean-Baptiste. (3) Et quand des pontifes risquaient ainsi leur vie pour faire respecter les empêchements mis par la discipline de l'Église aux mariages entre parents, d'autres auraient reculé dans la défense du principe bien plus strict de l'indissolubilité du lien conjugal ? Dans les Gaules seules que d'exemples devaient s'offrir au souvenir de S. Lambert ! S. Gaudin venait d'occuper la chaire de Soissons ; il avait eu le courage de reprocher la licence de }) Hist. ecclésiast. de Henrion, XVII. 704. (*) Id., id.. 1082. 'i Id., id. 929. — 467 — leurs mœurs à certains des plus redoutables de ses diocésains: ces gens l'attendirent SLir un chemin public, se jetèrent sur lui et le précipitèrent dans un puits d'où l'on ne retira que le cadavre du martyr (i). Les devanciers, les propres maîtres de S. Lambert avaient- ils montré moins de zèle à repousser les écarts des puissants, des princes et des rois ? Au rapport de Grégoire de Tours, S. Germain des Prés, en 576, avait excommunié le roi Gharibert pour son mépris des lois du mariage chrétien (2). Vers le même temps, S. Nicet, l'évéque de Trêves, refusait de poursuivre l'office sacré devant le roi Théodebert, jusqu'à ce que la compagnie d'adultères excommuniés dont ce prince était escorté se fût retirée du temple (3). Du vivant de S. Lambert, les reproches qu'un autre évêque, S. Léger, faisait au roi Childeric sur son mariage avec Bile- childe, fille de l'oncle du monarque, fournirent aux ennemis du saint d'Autun l'occasion de le perdre dans l'esprit du prince dont il était le ministre (*). Avant S. Léger un autre pontife, comme lui premier ministre d'un roi franc, S. Arnould de Metz, avait abandonné le gouvernement et la cour de Dagobert, qnand ce prince jusque là vertueux et sage, rompit, malgré ses conseillers épiscopaux, avec la reine Gomatrude, pour s'allier à une chanteuse. Mais il faut entendre un comtemporain, un diocésain de S. Lambert, le religieux, auteur de cette première vie de Ste Gertrude qu'on sait avoir été écrite avant l'an 707, nous dire à la fois les désordres du prince, l'indignation des fidèles et l'attitude d'un autre Pépin, l'aiëul de celui de Hersial, en face de cette conduite : « Outre ses concu- » bines d >iU le nombre était considérable, dit-il, — Dagobert ~ » au mépris de la loi canonique et de la dignité royale, abusa (*) Hist. ecclésiast de Henrion, XVII, d041. (*j Grég. de Tours, Patr. lat.,LXXI, 290. {=) Id. 1080. (♦) Histoire de S. Léger, par Dom Pilra, p. 280. 468 » des embrassements de trois épouses. De quoi Pépin, ému de » douleur, le réprimandait avec une grande liberté de langage, » lui reprochant son ingratitude aux grands bienfaits de Dieu.» A en croire cet historien, un moment serait même venu où Dagoberf, devancier de Dodon, aurait songé ii se défaire par un meurtre de ce ministre trop fidèle ('). Si Pépin de Landen fut épargné, il n'en fut pas de même pour un des prédécesseurs de S. Lambert sur le trône épiscopal de Maestricht, pour l'évêque S. Amand. Fidèle écho d'une tradi- tion plus ancienne (2) notre Hucbald n'a pas manqué de consi- gner ce souvenir dans son histoire de Ste Rictrude : « Trop » livré à l'amour des femmes, le roi Dagobert, écrit-il, quitta » parce qu'elle semblait devoir rester stérile, l'épouse à laquelle » il s'était uni, en prit une autre en mariage et prélendit en » faire une reine. Les évêques lui reprochèrent ce crime, » S. Amand plus vivement qu'aucun autre; aussi le prince saisi » d'indignation et n'écoutant qu'un orgueil trop ordinaire aux » rois, fit-il ignominieusement expulser de son royaume le » vénérable pontife. (3) Au début du même siècle, en 608, Didier, archevêque de Vienne en Gaule, avait subi un châùment plus cruel. Coupable d'avoir ramené le roi Thierry que sa mère, la trop fameuse Brunehault, voulait à la fois maintenir dans la corruption et le servilisme, à chasser ses concubines, à les remplacer par une épouse légitime, il avait péri martyr des vengeances de cette reine altière. « Oui martyr, écrit Adon l'un des successeurs du pontife viennois, car quoique ses persécuteurs ne lui aient pas dit : Sacrifie aux idoles, ils lui ont dit : Consens à un péché et tais la vérité! ( '■) » S. Columban, enfin n'avait-il pas eu à braver la colère de la même Brunehault, à repousser avec un égal dédain ses (•; Acta s. S. Belgii, II, 366. c. Vie de Saint Amand par Baudemond, son dis- ciple. AclaS. s. Belgii, IV, 251. (^) Acta S. S. Belgii, IV. 491. (*) Hist. eccl. de HenriOD XVII, 2%. 469 menaces et ses présents insidieux, à supporter aussi les arres- îations, les violences, l'exil, pouîr s'être refusé ù reconnaître dans les fils d'une concubine de ce Thierry des princes royaux et des enfants légitimes? Ne l'avait-on pas vu, par sa parole tant qu'il put aborder le prince, par ses lettres, quand le bannisse- ment l'eut éloigné lui, « reprocher au Roi de se livrer aux adul- tères du concubinage, au lieu de jouir de la société d'une épouse légitime. (^) » Voilà, puisque l'on a prétendu atténuer la faute de Pépin, et contester la conduite qu'elle imposait ti son évêque en alléguant les mœurs, les usages du temps, voilà quelles étaient pour les catholiques, pour les évoques surtout, les pratiques, les ti'adi- tions et les lois de l'époque. Si Pépin a pu se laisser entraîner à les méconnaître, Lambert n'a pu faillir au devoir de les rappeler à Pépin. Elève du prêtre romain Landoald, imbu par lui des doctrines romaines, disciple ensuite de cette école du palais dans laquelle enseignaient les pontifes les plus éclairés, il ne pouvait ignorer ni les décrets de tant de saints conciles ni les instructio'is de tant de saints pontifes; compagnon particulièrement chéri et soigné d'un évêque instruit, Théodnrd, il avait encore étendu par son application à la lecture (2) les connaissances reçues de ces maîtres d'une stricte orthodoxie; il avait vu le respect pour la discipline ecclésiastique empêcher ce Théodard de le choisir, de son vivant, pour successeur (3). Lui-même à Stavelot avait poussé la pratique de ces règles (4) jusqu'à se soumettre sans hésiter aux ordres irréfléchis de l'abbé, qui par une nuit d'hiver l'envoya prier à la croix du préau ; au moment du martyre il portera ce zèle scrupuleux à ce point excessif de rejeter loin de lui l'arme d'abi)rd saisie pour opposer à ses assassins une défense légitime (s). Comment admettre que devant l'adultère de (*) Hist. ceci, de Henrion. 296. Patr. lat. LXXXVII, p. 1029, etc. (^ Acta S. S. Belgii, Yl, 132. (') Id., id., id. {i] Id., id., 133. ('j Id., id. 138. - 470 - PepiiK Lambert si parfaiieinent instruit des préceptes de l'Église et si empressé d'y coiuoriner les moindres actes de sa vie, Lambert se serait tu ! C'eût été de sa part méconnaître l'enseignement, répudier les titres de gloire de tous les saints qu'il avait dû vénérer le plus: Eloi,dont il avait pu entendre Ouen rappeler les leçons k la cour du prince ; Colomban sous la règle et parmi les fils duquel il avait vécu sept ans à Stavelot;Tliéodard, son devancier immédiat dans la carrière épiscopale et dans la voie du martyr- Amand son indomptable prédécesseur; tous ces évêques ses contemporains ou ses modèles qu'il avait vus avant lui, autour de lui, opposer d'énergiques résistances à l'immoralité des princes, affronter tous les tourments, donner leur vie enfin plutôt que de rien sacrifier aux passions adultères des souverains les plus redoutables. El comme eux, il n'aurait pas poussé jusqu'aux extrémités les plus sanglantes la fidélité aux lois de l'Eglise, la défense de l'indissolubilité du mariage chrétien! Ah ! sans doute il avait la faculté, le devoir même de se sou- venir des sentiments religieux dont le cœur du maire de Hers- tal resta pénétré au milieu des plus grands écarts de conduite; du concours que Pépin prêtait à l'édification des églises et des monastères; de l'appui qu'il donnait partout autour de lui au clergé, aux missionnaires; du secours que Lambert lui-même en avait reçu lorsque la main du puissant ministre ramena l'exilé de Stavelot au trône épiscopal. Mais ce passé glorieux, ce caractère de prolecteur de l'Eglise dont Pépin se montrait fier, — loin d'étouffer le scandale, le rendait plus dangereux pour les populations et commandait plus impérieusement à l'évêque de blâmer ce scandale et de le faire cesser si possible. Les Dagobert, les Thierry, les Childéric avaient aussi comblé les églises de leurs largesses : leur inconduite n'en avait pas été moins hautement réprouvée — au contraire, — par les Léger, les Colomban, les Didier, les Arnould et les Amand! — 471 — En ce temps de pénitences publiques, d'excommunications et d'in- terdit, on ne s'accommodait guère d'avis secrets, de prédications intimes, de réprobations cachées ; mais à supposer même que S. Lambert se fût contenté de reprendre Pépin à l'écart, n'était- ce pas assez pour provoquer la vengeance d'Alpaïde et de son frère, pour les exciter à se débarrasser d'un censeur redou- table? L'évêque aurait-il pu retenir une protestation publique si quelque incident, comme la très-vraisemblable aventure de Jupille, l'avait mis en demeure ou d'éclater devant tous ou de ratifier le scandale par un coupable silence, par une forfaiture au devoir ? Dans le cas d'ailleurs, où Lambert aurait voulu soit, par une honteuse faiblesse, fermer les yeux sur l'inconduite de Pepiti, soit, par prudence ou gratitude, ne la lui reprocher que dans l'intimité, sans prendre publiquement la défense de l'épouse abandonnée, celle-ci ne rencontrait-elle pas, dans la législation du temps, des moyens de contraindre l'évêque à sortir de cette réserve ? Le premier empereur chrétien, Constantin, avait par uiie constitution adressée vers l'an 331 au préfet du prétoire, Ablavius, attribué officiellement aux évéques un pouvoir judiciaire que leur avaient librement confié depuis longtemps déjà les usages des premiers siècles chrétiens : «que les sentences des évéques, sans distinction de matière, doivent être tenues pour inviola- bles... Tout demandeur donc ou tout défendeur qui, soit au commencement du procès, soit pendant l'instance, soit au mo- ment de la sentence veut s'en référer au jugement de son évéque, qu'il soit renvoyé à l'évêque, même si l'autre partie s'y refuse. (') » Cette loi dont on ne conteste la paternité h Constantin que pour la conférer à l'un ou l'autre de ses successeurs, ce qui importe peu dans le cas présent, avait été moditiée, et avait fini par (*J L'Église et lerapire romain au IV--' siècle par Albert de Broglie, 1" partie 11, 265. — 472 — tomber v'i; désuélude en Orient; il semble, au cuniraire, que les provinces sepleiUrioualei fie l'empire n'o:!t pas eessé de l'ob- server; toujours est-il que Haëiiel el Periz en ont découvert des copies fiiites aux premières années du VIII" siècle ou aux der- nières du VIP, c'est h dire du temps de Sl-Lamberl— et dont se servaient les évéques de ce siècle. {\) O.i sait aussi que les Francs permirent aux peuples qu'ils avaient vaincus, de con- server leur ancienne législation el qu'un décret de Clotaire de 560 notamment, proclama que l'église, le clergé et les anciens habiianis des Gaules restaient régis par la même législation — la législation romaine dans laquelle avait pris place la constitu- tion de 331. Clotaire étendit même ces attributions judiciaires de l'épiscopat; il accorda aux évêques une véritable suprématie sur toute la magistrature civile, en leur conférant la mission de réprimer en l'absence du roi, les juges qui auraient mal jugé et de réformer leurs sentences, f-) Ce thésaurarius qui olim judex fiierat suus, Amalgysile li qui S. Lambert, d'après sa plus ancienne biographie, a prédit en vision le châtiment de Dodon, était-il un des juges que le prélat avait chargé de le représenter pour siéger soit au civil, d'après la vieille législation romaine, soil dans le tribunal des affaires ecclésiastiques de l'épiscopat ? Nous n'oserions en décider : la qualité de trésorier que lui attribue l'histoire permet tout à la foio d'entendre ce mot de judex, dans le sens d'administrateur du temporel d'une église (3) ou dans le sens de magistrat. Mais quelque traduction que l'on donne h ce terme, il est per- mis aussi de se demander si dès lors, les affaires de mariage ou de divorce ne relevaient pas uniquement de la juridiction ecclé- siastique, el si nos aïeux chrétiens n'étaient pas déjà régis par les pratiques consacrées dans les capitulaires de 803 et 7G9 puis dans ces Assises de Jéiusalem, œuvre de notre Godelioid de (') Railvem, Discours de rentrée 48u2, p. 14. (') Id. p. 21, et l'homassin. 4nc. discipl. de l'Église, 2'' partie, liv. 111, chap. 104. ') Ducange, Verbo Judex. — 473 - Bouillon, où s'affirme si net,tem?.nl le principe : « Nulle cour ne sedoitentremeitre des faits de mariage, si ce n'est sainte Église.» Pleclrude n'aurait-elle pu, devancière des reines abandonnées, qui dans lemoyea-âgene manquèrent point de confier leur cause à ces tribunaux sacrés, saisir la juridiction ecclésiastique de ses démêlés avec Pepin?N'aurait-elle pu même, en qualité de gallo- romaine, invoquer les lois de son pays, porter sa plainte au tribunal civil de l'évêque, pour le contraindre h lui faire rendre justice? — Il serait bien malaisé, ce nous semble, de répandre par une dénégation formelle h ces questions; d'autant que dé- vouée h l'Église, gardant l'auréole des saints jusque dans la pierre sépulcrale de Cologne sur laquelle elle apparaît calme et fière, tenant entre ses mains l'attestation du bien qu'elle fit aux sanctuaires : Dilexl decorem domiis tuœ, — énergique, am- bitieuse même comme elle le fit voir dans la suite, 9>ant enfin le droit pour elle, l'épouse légitime de Pépin n'était pas femme à craindre d'appeler l'épiscopat h prononcer sur sa cause. Impossible, en tout cas, d'admettre qu'eu face de l'irrégularité constatée dans la conduite de Pépin, Lambert a pu laisser passer, s'abstenir : il a dû agir, et n'a pu le faire qu'en évêque. Passons aux objections tirées de la chronologie. On s'est livré aux dissertations les plus savantes et les plus variées pour démontrer, par cette chronologie, l'inexactitude de l'explication rapportée par Hucbald de la mort de S. Lambert : tout ce déploiement de science visait à établir que Pépin, h l'époque du martyre, avait dû renvoyer Alpaule, puisqu'il vivait officiellement en bonne intelligence avec Plectiude, et l'on concluait de là que les relations coupables du prince avec la concubine n'avaient pu exercer nulle influence sur la conduite des assassins. A supposer les prémisses de celte argumentation parfaitement justifiées, c'était manquer de logique qu'en tirer ces con^é quences. 174 Acceptons comme prouvé lo renvoi de la concubine avant l'époque du martyre : au lieu de poursuivre le dessein d'empê- cher l.ambert de faire chasser Alpaïde, le crime ne pouvait-il — comme l'admet, d'ailleurs, Thys, un des collaborateurs du bollandiste Ghesquieres, dans les Acta Sanctorum Belgii (') — avoir pour but la vengeance, le désir de punir Lambert d'avoir réussi dans sa tâche évangélique ! Qu'on se rappelle les mœurs du temps, la façon violente dont chacun se faisait alors l'exécu" leur des condamnations portées par sa seule passion, le carac- tère de vengeance individuelle dont la législalion pénale était alors pénétrée : la plupart des pages de l'histoire politique des mérovingiens ne sont-elles pas ensanglantées par des traits de ce féroce besoin de satisfaction personnelle ? Maints évêques n ont-ils pas péri martyrs de la même cause que Lambert» immolés pour l'avoir gagnée auprès de tel ou tel prince: S. Didier par Brunehault, pour avoir amené Thierry, le fils de cette reine ambitieuse, à renvoyer ses concubines; S. Ghilian par l'épouse irrégulière qu'il avait réussi à faire répudier du duc Gosbert de Franconie ? Alpaïde, bien que renvoyée, n'en restait pas moins la mère du fils de Pépin ; n'aurait-elle pu, même en face de Plectrude triomphante, conserver l'espoir de reprendre la place qu'elle nvait occupée au palais ? Un mobile intéressé se serait, dans ce cas, mêlé au motif de vengeance pour déterminer Dodon et les siens à renverser, en abattant le prélat, ce qui pouvait leur paraître le principal obstacle à la rentrée de cette femme au foyer de Pépin, et par \h au pouvoir suprême. Ainsi, même après la réconciliation du maire du priais et de Plectrude, la vengeance et l'intérêt eussent encore expliqué le crime de Dodon. D'autres (Critiques se sont évertués à démontrer qu'au temps de l'attentat. Pépin se trouvait absent de Herstal et guerroyait («) Acta S. S. Kelgii, VI. p 6H8. - 475 - au loin : leurs calculs ont le premier tort de reposer sur des données très-prohlématiques, sur des inductions contestables ; mais à suppose:- exact et prouvé ce fait de l'absence du maire du palais, bien loin de rendre inadmissible la participation d'Alpaïde au meurtre de l'apôlre, il lui donnerait au contraire, un surcroit de vraisemblance : réloignement de Pépin offrait une occasion propice pour tenter ce coup hardi et pour en assurer le bénéfice soit à la concubine seule, soit à elle et au prince à la fois, sans en faire trop visiblement retomber la res- ponsabilité sur celui-ci, et sans le mettre immédiatement en demeure de punir les coupables. Tous les arguments évoqués pour établir qu'à tel moment précis Pépin vivait en bonne intelligence avec Plectrude, et avait rompu avec sa concubine, consistent au surplus en deux sortes de faits : certaines pièces publiques nous attestent que les époux ont ensemble apposé leur signature à divers documents officiels : certains récits nous les montrent accomplissant en- semble où à peu près ensemble des actes de libéralité chré- tienne. Est ce assez pour établir que dès Inrs l'épouse légitime avait absolument triomphé de l'autre ? A ce compte, il faudrait malgré toutes les naissances irrégu- lières ou tous les faits immoraux que l'on sait, nier la persiî- tance des relations coupables de Louis XIV avec la Montespan, de Louis XV avec la Pompadour. de cent antres rois hélas^! avec cent autres Alpaïdes — puisque les cérémonies et les pièces officielles du temps ont continué d'associer aux actes de ces souverains, les souveraines légitimes. A ce compte, il faudrait commencer par nier, par exemple, qu'un autre Pépin, le roi, petit-fils du maire de Herslal, songeait à se séparerde Bertrade, la mère de Charlemagne, au moment de la venue en France du pape Etienne II, puisqu'on le voit se porter, avec cette reine, au devant du Pontife. On sait pourtant assez bien que l'inter- vention de celui-ci fut nécessaire pour réconcilier les époux et arracher le premier monarque caiolingien aux chaînes hon- teuses d'une étrangère ! 476 De toutes les difficultés cliionologiques alléguées contre la tradition liégeoise des causes du martyre, aucune ne peut donc l'entamer : que Pépin au moment du crime ait été absent ou piésent, reconcilié avec Plectrude ou séparé d'elle, retenu encore dans les liens d'Alpaïde ou délivré de cet esclavage — il n'importe : la date du crime peut être, suivant les circon- stances, reportée ou plus tôt ou plus tard : on n'en gardera pas moins la faculté d'expliquer l'aitenlat par la faute du maire du palais et par la fidélité de l'apôtre à défendre l'Évangile. Cela posé, hàtons-nous d'ajouter que pour nous l'époque du mariyre a dû précisément se trouver celle où les chartes du temps cessent de nous montrer l'un à côté de l'autre, Plectrude et Pépin. On ne connaît pas la date du mariage de ces époux ; on sait seulement que Plectrude était du midi de la France, et la charte de fondation d'Echtcrnach en 706 nous alteste que son père poitait le nom d'Hubert — d'où il est permis de se demander en tenant compte de l'usage du temps de conserver les mêmes noms dans les familles : ainsi Pépin, Grimoald ou Charles dans la descendance du maire de Landen, ainsi Thierry, Chilpéric, nombre d'autres dans la génération de Glovis — si Plectrude n'était pas le lien de parenté qui unissait h Pépin, un Hubeit plus célèbre — son neveu peut-être — l'évêque fonda- teur de Liège. Quoi qu'il en soit, deux fils au moins, Drogon et Grimoald, naquirent du mariage de Pépin avec la fille d'Hubert, et comme l'on voit l'un d'eux devenir père en 60o, on peut reporter leur propre naissance jusqu'en l'an 675. D'après un chroniqueur en position d'être bien informé, car il écrivait dans la piemière moitié du .^iècle suivant et peut-être sur l'ordre de Childebrand, l'un des fils d'Alpaïde, d'après ce continuateur (leFrédégaire, les relations ne devinrent publiques entre Pépin et Alpaïdeque vingt ans plus tard, entre l'an 695 et l'an 700 (*) («) Palrol. lat. LXXl, p. 672. 477 et si la participation commune à un acte officiel peut être invo- quée comme le signe du maintien ou du réiablissement de l'ac- cord dans le ménnge régulier du maire de Herstal, les chartes contemporaines non seulement confirment les indications du continuateur de Frédégaire mais limitent aux premiers jours de l'an 701 les infidélités de Pépin : nous voyons en effet, le 20 février 691, celui-ci et Piectrude Mve ensemble des largesses à l'église des SS. Apôtres à Melz ; puis dix ans s'écouler sans qu'aucun acte public mentionne la princesse; celle-ci ne repa- raît aux côtés de son mari que le 20 janvier 701, pour échanger certaines de leurs propriétés communes contre des biens de l'église de Verdun ; le 13 mai 706, pour doter le monastère d'Eplernach; en 708 pour élever celui de Fontenuile ; en 714, peu avant la mort de Grimoald et celle de Pépin, pour donner Susteren h S. Willebrord. Voilù pour les chartes. Quant à l'histoire, le Ven. Bède nous apprend que son contemporain, S. Svvidbert, un des apôtres de la Hollande, fut sacré évéque en 692, se transporta aussitôt en Frise, en l'ut chassé, et se trouva dès son arrivée en nos pays l'objet de la bienveillance de Pépin et de Piectrude :(') est-il besoin de faire remarquer que ces éévnements ont pu se passer en moins de trois ans, avant 695 , et que les deux époux ont pu, d'ailleurs, réserver chacun l\ part ce bon accueil h l'apôtre? Le premier historien de S. Trond nous raconte de son côté que les miracles du saint amenèrent, neu après sa mort, Plecirude et Pépin à son tombeau et valurent à l'église où re|)0sait l'apôtre les générosité.'^ de ces princes. (2) Le biographe il est vrai, n'indique pas avec précision si les deux époux accomplirent ensemble ie pèlerinage; il rapporte successivement leurs largesses; Pépin donna des terres, Piectrude un autel et il ne paraît pas qu'un accord quelconque ait présidé h ces offrandes. Encore est-il que suivant les Bollandisies, la mort (». Acta s. s. Belgii VI, 160. (»,/ J> mais ce passage est précisément un ('; Etude critique : appenilicf> p. fOl. — 497 — de ceux que le biographe a littéralement empruntés à la vie de Saint Eloi. Rappelons, du moins, les détails les plus significatifs du texte de la version officielle. On n'y voit pas clairement pour quel motif, les parents de Dodon, se portent h ravager les biens de l'Église et à poursuivre l'évêque de leurs tracasseries ; on s'ex- plique moins encore qu'à la suite de ces tracasseries de plus en plus violentes, Pierre et Andolet, le neveu du saint, soient ré- duits à tuer en légitime défense Gall et Riold, deux de ces parents; puis, que Dodon lui-même massacre l'évêque, toute une communauté religieuse, sans que Pépin intervienne ni avant, ni pendant, ni après. Pépin cependant séjournait ou revenait d'un instant à l'autre à Herstal, tout près du théâtre de ces querelles et de ces meurtres. Fils d'une sainte, parent d'une légion de saints, il s'était montré en vingt rencontres le protecteur des évêques: lui-même avait chassé l'intrus de Maestricht pour rétablir Lambert sur le trône épiscopal! Il laisse néanmoins les choses aller à l'extrémité sous ses yeux; il n'empêche ni ne venge la mort du martyr, et si le ciel n'était intervenu pour punir Dodon, celui-ci n'aurait eu, ce semble, qu'à se féliciter de ses attentats. Comment dans de telles circonstances ne pas prendre cette attitude pour celle d'un complice? Il y a plus : Lambert appartenait à une famille influente du pays ; il y comptait de nombreux amis. Pas un n'ose se lever pour demander justice au prince : tous restent, au contraire, accablés sous le coup. Les disciples qui relèvent le corps du martyr, au lieu d'aller dénoncer les coupables au maire du palais, au voisin du théâtre du meurtre, n'ont qu'un souci : s'éloigner au plutôt de Liège et de Herstal. Couvert seulement d'un vil manteau, le corps est emporté sur une petite barque à Maestricht : là tout le monde s'épouvante : in pavorem conversa est umversa regio... les plus puissants, remplis à la fois de crainte et de douleur, pleurent en silence ; ils jugent plus sage d'étouffer leurs sanglots que de les laisser retentir, et plus ils 498 — songenl au crime, plus grandit leur effroi : on n'ose porter les saintes dépouilles dans la principale église; on pense un instant à des funérailles solennelles : on renonce à les célébrer avec quelque apparat ; on renonce à préparer au saint une tombe digne de lui, et c'est à la hâte, au contraire, qu'on « le dépose avec épouvante dans le sépulchre de son père. » Quel pouvoir autre que celui du maire de palais était donc assez redoutable dans le pays de sa résidence pour inspirer cette lei- reur, ce silence, aux plus puissants, aux plus fidèles, à l'affec- tion, à l'indignation de tout un peuple? Plus tard enfin, pourquoi faut-il tant de miracles, <-es guéri- sons et ces apparitions répétées, cette succession d'avis du ciel, et outre cela, ces prières, ces jeûnes, ces précautions préparatoires avant que S. Hubert ose se décider à transférer de Maeslricht à Liège les reliques de son ami, de son maître, du père spirituel, dont il ambitionnait d'imiter les vertus et souf- frait de n'avoir point partagé le trépas? N'est-ce pas que la glo- rification de l'apôtre égorgé risquait de froisser cruellement, non plus les assassins — ils avaient péri depuis dix ans au moins — mais la maison royale, dont leur attentat avait pré- tendu servir les plus honteux intérêts? Phénomène étrange et significatif! En dehors de la version officielle où nous signalons ces détails, inexphcables pour quiconque se refuse à faire retomber sur Pépin une part de la responsabilité du crime, pas un auteur ancien, pas un, ne donne la défense du patrimoine temporel de l'Eglise comme la cause du martyre. Aucune chronique liégeoise, aucune biogra- phie liégeoise de Lambert ou de n'importe quel autre saint ne confirme l'explication embrouillée du liturgiste successivement recopié parGodeschalc et par Etienne. Aucun auteur étranger à notre diocèse ne nous offre non plus la moindre confirmation de cette version : les martyrologes les plus antiques, quand ils ne nous donnent pas l'interprétation d'Hucbald, se tiennent dans le vague, comme s'ils redoutaient de dégager le trépas du saint d'une ombre mystérieuse, de l'entourer de trop de lumière. — 499 — Bède, le contemporain de Lambert, se contente de le nommer; Florus, continuateur de Bède, de noter qu'il « a conquis la palme du martyre en défendant la justice; » Wandel- bert (vers 848) n'en dit pas même autant; Rliaban Maur (t 836) s'arrête à détailler ses vertus, mais il ajoute seulement que « Dodon, attaché à la maison de Pépin le fit assassiner par une machination cruelle. » Voilà pour les martyrologes antérieurs à celui d'Adon. Les biographes ne nous en apprennent pas plus. Celui de S. Theodard, ne nous raconte que la façon dont Lam- bert s'en vint recueillir les restes de son maître; celui de S. Hubert semble visiblement redouter de donner la moindre explication sur la mort du prédécesseur de son héros. (') Encore un coup, les assassins ayant péri, quelle considération aurait pu empêcher ces écrivains de parler plus librement, si leur langage n'eiît risqué d'offenser d'autres intéressés ? Qu'on veuille le remarquer cependanl : l'Eglise catholique n'honore pas moins que Jean-Baptiste, Thomas Becket frappé pour avoir défendu les biens de son Eglise ou le diacre Laurent martyrisé pour n'avoir pas livré à César la fortune des pauvres de Rome; les écrivains religieux des débuts du moyen- âge ne manquaient point surtout de signaler tout ce qui pou- vait inspirer aux populations plus de respect pour la propriété ecclésiastique ; il est bien peu de recueils des miracles de n'im- porte quel saint qui ne mentionnent un ou plusieurs exemples du soin jaloux avec lequel ces divins patrons punissaient tout vol fait à leur sanctuaire ou aux patrimoines des monastères dans lequel on vénérait leur tombe ; on n'a pour s'en con- [') Beatissimus Lantbertus , triumphum sui certaminis martyrii palmam adeplus, martyrura collegio sociatus, exultât in perpetuum. Posl cujus sacro martyrio Dominus, qui pro suis ovibus aniraam posuit, gregem suum lacerare luporum morsibus venensitis non paciens suscitavit eis pastorem... De eius mar- tyrio, quod nuper acciderat satis intrinsecus dolendo ingerebat suspiria... ama- rissimo animo dicendo : non fui dignus ego miser ut ipso interremptus fuissent. (La vie de S. Hubert, écrite par un auteur contemporain, publiée par le P. Charles deSmedt, pp. IS-n.) — 500 — vaincre qu'à parcourir les divers recueils de ces prodiges rédi- gés à Slavelot, à St-Trond, h Lobbes, à Saint-Hubert. Si donc ils avaient trouvé dans l'histoire de Lambert une occasion d'accroître la révérence des peuples pour le patrimoine de l'Eglise, ni les écrivains étrangers, ni les hagiographes ou les chroniqueurs de nos couvents ne l'eussent laissé échapper : il y avait pour eux, dans notre pays surtout, un intérêt plus im- médiat à faire vénérer dans Lambert le défenseur du temporel du culte plutôt que le champion de l'indissolubilité du mariage chrétien ; s'ils ne l'ont pas fait, leur silence même n'est-il pas un argument de plus pour la thèse que nous défendons? Nous l'avons dit toutefois et c'est le lieu de justifier cette opinion : pour établir que Lambert est mort victime de son ardeur apostoHque h défendre l'honnêteté des mœurs, il n'est nullement nécessaire de lui refuser l'honneur d'avoir, en résis- tant aux violences de larrons sacrilèges, sauvegardé, dans les biens de l'Eglise, ce qui constituait alors le budget de l'instruc- tion, de la bienfaisance, de la propagande civilisatrice, la dota- tion de l'Evangile. M. Kurth déclare « contester tout d'abord la connexité de cause que la biographie anonyme (première version officielle) prétend établir entre ces faits (la mort de Gall et de Riold) et la mort de S. Lambert. » (') Nous pouvons, nous devons admettre que ce biographe n'a pas tout dit : nous nous refusons à croire qu'il ait dit ce qui n'était pas. Les circonstances, la peur, l'amitié; le caractère, la destination de son écrit tout concorde à expliquer qu'il se soit tu sur certains points, qu'il ait été volontairement incom- plet : rien ne permet de l'accuser d'avoir menti. Pareil men- songe répugne à la gravité, à la bonne foi générale de son récit, à la sûreté de ses informations, et l'Eglise de Liège qui avait fait entrer cette narration dans sa liturgie, douze ans peut-être (*) Etude critique p. 73. — 301 après la mort du saint ne doit pas être accusée non-seulement de fausseté, mais d'ineptie, car c'eût été de sa part tenter l'im- possible, affronter l'absurde que préîendm imposer aux con- temporains, aux témoins du martyre, une explication absolu- ment dénuée de vérité. Saint Lambert a-t-il pu jouir et disposer en paix de tous les biens acquis depuis plusieurs siècles par l'Église de son diocèse? Il eût été plus heureux eu ce cas que tous les prélaîs du temps auxquels nous voyons partout des avides ou des puissants disputer quelques propriétés; plus heureux que les établisse- ments religieux de celte époque que nous voyons à î'envi réclamer, obtenir, ou faire renouveler les chartes royales des- tinées à proléger leurs biens contre ces revendications; plus heureux surtout que son prédécesseur, S. Théodard : celui-ci était tombé sous les coups des assassins, comme il allait porter au Roi ses plaintes contre les spoliateurs de son église. L'a-t-on remarqué jusqu'à présent? toujours est-il que le dernier acte public dans lequel mention soit faite de ce Théodard est pré- cisément une décision royale prise pour régler, ce semble, un Htige de cette sorte : c'est la charte du 6 septembre 667 par laquelle Childéric II confirme les donations faites à l'abbaye de Stavelot, mais les réduit de moitié et confie le mesurage des lois ainsi déterminés, à révoque Théodard et à un noble de sa maison, ayant rang d'illustre, à un domeslicus dans lequel il semble tout naturel de reconnaître Dodon, le futur assassin de S. Lambert : « Jussimus patri noslro Theodnrdoepiscopovel illustri viro Ouoni noMESïico, cum foteslnriis nostris ipsa loca mensurare ('). » Ce mesurage n'a-t-ii fait naître aucune difliculté? Ces difficultés sont-elles restées complètement élrangères au voyage entrepris par Théodard pour se plaindre des spoliations dont souffrait l'Église, au martyre dans lequel a péri cetévêque? ( *) Recueil des ordonnances de la principauté de Stavelot, p. 3. 502 Dodon n'a-t-il pas trempé peut-être dans ce premier assassinat? Saint-Lambert, de son côlé, a-t-il pu abandonner les revendi- cations de son prédécesseur? N'est-ce peut-être pas à sa fidélité à remplir le même devoir qu'il a dû cette dépossession et cet exil de sept ans auquel mit tin l'arrivée définitive de Pe|»in au pouvoir? Nous aurons l'occasion d'examiner ces quesiions dans un ;iutre travail : il suffit a de constater ici que dès ce temps, et dans le diocèse même du saint, les libéra- liiés territoriales, recueillies par l'Eglise lui suscitaient bien des embarriis, lui attiraitMit bien des querelles. Rien d'étonnant dès lors si ces querelles avaient fouini h Dodon l'occasion de ses Pi emières aggressions contre l'apôtre dans lequel il pour- suivait au fond bien plus le défenseur de la morale que le gar- dien du patrimoine ecclésiastique. Suivant ce sens, tout s'explique, tout concorde à merveille dans l'exposé substantiel d'Hucbald:Gall et Riold ont bien per- pétré, comme le rapportait la première version officielle, des violences criminelles, des envahissements sacrilèges sur les gens et les biens de l'Eglise ; les neveux du saint, ont bien fini par tuer ces deux bandits, mais l'audace de ceux-ci leur venait de leur parenté avec Dodon : « In qiio fidentes patriam vexasse putautur » et Dodon lui-même tirait son influence de la posiiion lionieuse de sa sœur auprès de Pépin : « Hinc et Dodo suiim plus exaUabal honorem. » Il devait donc encourager ces déprédations ; peut-être avait- il njême poussé leurs auteurs à les commettre, irrité qu'il était des censures du pontife contre les adultères : « Sat memor in dictis quœ sunt de carne soruris. » Dans ces dispositions il ne pouvait manquer de saisir le premier prétexte de se débarrasser d'un prélat importun : la mort de ses parents lui fournit ce prétexte; — les reproches adressés par Lambert à la maison royale - soit qu'ils eussent éiésur le point défaire chasser la concubine, comme le relate le vieil anonyme cité par Anselme, soit qu'ils eussent éclaté - 503 — dans la publicité de ce festin de Jupille auquel rien n'interdit de croire — au contraire -auraient achevé en ce cas, en provo- quant la crise suprême d'indiquer au frère d'Alpaïde, le mo- ment le plus opportun pour agir avec impunité : et le martyr aurait été frappé, dans la nuit de son arrivée à Liège, comme l'indiquent à la fois la première relation officielle et ce poëme d'Hucbald. Combinés de la sorte, les renseignements des deux versions offrent-iis rien de contradictoire? Ils se complètent et se confirment , au contraire, sans nous obliger d'accuser de falsi- fication aucun des deux auteurs. Et qu'on n'objecte point (i) le texte de la Vie de S. Hubert, écrite par son disciple : ses expressions vagues peuvent cadrer indifféremment avec l'une ou l'autre des causes du martyre ou avec toutes deux ! Qu'on n'allègue point non plus que Lam- bert lui-même demande à ses neveux, au moment où on les attaque, de subir la mort, en retour de celle qu'ils ont donnée à d'autres. Les biographes de ce temps ne se faisaient nul scrupule de prêter k leurs héros quelques discours édifiants; ce texte même, à le supposer historique, n'indique point for- mellement qu'aux yeux du saint, la mort de GalletRiold tués par Pierre et Andolet soit la cause et surtout la cause unique de l'agression de Dodon ; on peut en tout temps recommander l'acceptation du martyre comme une expiation ; et si Pierre et Andolet, comme il est permis de le croire en les voyant partager la vie, les voyages et l'habitation de révê((ue leur oncle, se trouvaient engagés dans la cléricature, il devient tout naturel qu'un prélat, scrupuleux observateur des saints canons, leur ait reproché d'avoir versé le sang. Faut-il dire un mot, ù notre tour, des motifs qui ont déter- miné l'auteur et les réviseurs de la version officielle à laisser en dehors de leur récit tout nom , tout incident qui auraient '* ; Etude critique sur S. Lambert, p. 77. 504 révélé la part indirecte prise par Pépin au crime de Dodon? De toutes les questions qui se raitcicbent à ce débat, celle-lh peut-êire, a été le mieux et le plus ampU-ment traitée; dès le XI" siècle Anselme en donnait la solution péremploire, après avoir cité le texte de cet anonyme qui attribuait nettement l'attentat h l'inlerveniion d'Alpaïde: « Je pense, écrivait-il, que le premier biograpbe du saint a omis de parler de cette cause pour ne pas blesser, (comme il arrive d'ordinaire) ceux-là dont les ancêtres s'étaient souillés d'un crime inràme(i). » Tous nos annalistes qui se sont, après Anselme, mêlés h cette discussion n'ont fait que le répéter; tous les critiques de la même opinion, que justifier ses dires. Les gouvernements de nos jours laissent circuler à plaisir, quand eux-mêmes ne les répandent pas, les nouvelles les plus fausses, dès qu'elles peuvent les servir. Au VIII'"'' siècle, on se contentait de taire les détails de nature h desservir. La plupart des écrits de ce siècle revêlent ce caractère de prudence extrême: la vie de S. Théodard atténue singulièrement le crime de ses meurtriers et prend soin de ne les point laisser connaître ; celles de S. Willebrord et de S. Boniface taisent les difiicullés dont Pépin entrava les missions de ces apôtres. Impossible à peu près de rien connaître des l;iutes et des crimes des maîtres de ce temps, des usurpations deGrimoald ou des rapines sacri- lèges de Cbarles-iMarlel. Les rois francs avaient eu leurs bio- graphes otïiciels ; les maires de palais eurent les leurs aussi, et quand surtout leur dignité héréditaire se fut tranformée en monarchie, la crainte, l'amitié, la reconnaissance ou le désir de s'attirer les bonnes giâces du pouvoir, tout engagea les écri- vains à préférer le silence aux moindres détails compromettants pour ces princes (2). Un exeniple, h joindre à tous ceux qu'on a signalés déjà, donnera li mesure de la réserve des relations, écrites de ce (') Anselme, Gexta, liber sccundu$,^S. — (•) Etude critique, pp. 62-70. - 505 - temps, même sans le caractère officiel de la biographie de S. Lambeit, ot beaucoup plus loin du séjour ordinaire des maires de palais et des rois carolingiens : il nous est fourni par le moine Aigrade, un contemporain du saint, dont il écrit la vie, Saint-Ansbert de Rouen. On y voit que si Pépin avait rappelé S. Lambert de l'exil de Stavelot au siège épiscopal de Maes- tricht, il ne s'est point gêné pour arracher Ansbert à son siège de Rouen et l'envoyer dans l'exil deHautmont ; on y voit surtout qu'alors même que Pépin se conduit en persécuteur, les hagio- graphes monastiques ne trouvent pas un mot pour le blâmer, n'osent s'arrêter sur ses torts, les cachent le plus possible, le qualifient encore, en les racontant, des épilhètes les plus lauda- tivps. Dans l'histoire d'Ansbert, c'est le diable qui fait tout le mal, en égarant Pépin ; les conseillers anonymes de celui-ci sont seuls associés au démon dans la responsabilité de finjuste déposition du prélat (i). Le diable ne s'en tient pas là : il veut pousser Pépin à des mesures plus sévères : Ansbert est obligé, dit son historien, « d'envoyer au très-excellent prince le vénérable Halidulphe, pour lui donner les plus humbles satisfactions, et lui rappeler que ce n'est pas même \oIontairement que l'exilé avait accepté jadis les honneurs de l'épiscopat (2). » L'envoyé s'en fut donc « vers le généreux prince, »ef fliistorien qui vient de proclamer la pai faite innocence d'Ansbert se prête à enregistrer néanmoins que Pépin « voulut bien couvrir de sa clémence tout ce qu'on (*j Callidus humsni g^neris hoslis malignorum contra Dei famulum saevire fecit invidiara, qui Pippino principi Herslallensi fraudulenler suggérèrent praefatura virum sanclu ri adversus eura traclare consilia. Accusatus, jussu ejusdem exilio deporlatus in Altum-monlem. nntio extanie crimine humiliterexilii snbiit aerumnas » (Acla. S. Be.igii, v. 141). — (-) Qua propler venerahilem patrem Halidulphum. ac- (îersiens idem prœclarus pastor ad pcaedictum excellentissimum principem direxit, salisfaciens iiumiliter ejus animi volunlati, adjiciens etiam se non sua sponte episcopatus suscepisse gradum... Quapropter perg^ns prœdictus cœnobii pater (Halidulphus) ad eum inclytum principem, superno juvamine fretiis. petita concite impeirare meruil... (J., v. 142'. — o06 — avait fait contre lui u).» Il y a plus: Ansbert, mourant, n'ose pas se choisir un tombeau sans l'assentiment de son persécuteur : il envoyé une députation nouvelle «à ce prince religieux, «pour solliciter humblement la liberté de sa sépulture: «misit iterum ad predictum religioswn principem, Pepinum htimillimam peti- tionem » et l'exilé étant mort avant le retour de ces envoyés, les moines de Hautmont attendent dix-sept jou:'s pour disposer de ses dépouilles,jusqu'à ce que la licence sollicitée leur soit enfin parvenue (2). En voyant des moines aussi éloignés du séjour de Pépin aprocul a Jove, procul a fulmine» agir avec cette réserve, écrire avec ces réticences, y a-t-il lieu de s'étonner de la prudence et des omissions d'un récit rédigé presque sous les yeux de ce prince, ou sous ceux du fils de son adultère,à l'usage du diocèse où ils avaient leur résidence habituelle, pour des offices aux- quels ils pouvaient assister? Une dernière objection qu'on n'a point abordée jusqu'à cette heure, nous reste à rencontrer : pourquoi, si la cause du mar- tyre a été l'inconduite de Pépin, pourquoi les offices de l'Église liégeoise se sont-ils si longtemps abstenus de la mentionner ; pourquoi la version accueillie par Hucbald ne vient-elle se placer auprès de la première version officielle qu'après deux siècles de désaccord? Pour les mêmes raisons qui avaient empêché tout d'abord le premier rédacteur de l'office de s'exprimer en toute liberté— ou pour d'autres aussi sérieuses. L'Église catholique ne modifie jamais qu'après de longues in- formations, avec une prudence extrême, les récits une fois admis dans sa liturgie. Aujourd'hui encore le Martyrologe romain continue, après mille ans, à reproduire sur notre saint, la noie du martyrologe d'Adon. ('j Quœcunaque perperam gesla luerant clemenler induisit fid., id.). — *)ld.. id.,143). S07 Puis, quoi d'étonnant si, sous le gouvernement de Charles Marlel, fils d'Alpaïde, si sous ses yeux en quelque sorte, cartel diplôme du !•"■ janvier de 722 (i) atteste que lui aussi prit à Herstal ses quartiers d'automne — l'Église de Liège évita de rappeler les hontes de l'origine de ce prince aussi violent que souvent peu religieux. Fulcaire,évéque de Liège, après Floribert, le fils et le succes- seur d'Hubert, avait probablement d'ailleurs, pris part au concile provincial de Verberie en 753; son nom figure au bas des actes du Concile deMetz,de 756,et ces deux assemblées avaient laissé entamer le principe de l'indissolubilité de l'union conjugale. Fulcaire eiît-il pu sans s'infliger un cruel démenti proclamer qu'un demi-siècle auparavant, Lambert avait péri, lui, pour la défense du principe que sacrifiait la faiblesse de son succes- seur? Héritier de Charles Martel. Pépin le roi eût d'autant moins goûté qu'on rappelât ainsi devant lui les fautes de son aïeul que lui-même brûla quelque temps d'une flamme adultère pour une Alpaïde anglaise; que le PapeZacliarie avait dû lui rappeler en 748 l'excommunication dont l'Église frappe l'époux volon- tairement divorcé et qu'il avait fi\llu l'intervention du pape Etienne pour ramener au devoir l'oublieux mari de Bertrade comme pour rappeler, par les réponses données en 754 aux moines de Breiigny, — les prélats trop accommodants de son époque à l'austérité de la rè,::le évangélique, en matière de mariage. Les princes sortis du sang d'Alpaïde continuaient au surplus, à résider dans notre diocèse, aux portes mêmes de Liège: Hers- tal était en 752 le séjour du roi Pépin ; le pieux Carloman son fils devait habiter quelqu'une des villas royales dont notre ville était entourée: Chèvremont, Angleur, Herstal ou Jupille. C'est du moins ce qui ressort de la relation donnée par uncontempo- (*) La date de ce diplôme et de ceux cités plus loin est donnée, sauf ndication contraire, d'après la Table chronologique de M. Wouters. — 508 - rain de l'ouverture du tombeau de S. Hubert et de l'élévation des reliques de ce saint (i). Charlem;3giie,qui ne le sait, ne resta pas moins attaché à notre territoire. C'est sous le début de son règne qu'on place la révision faite parGodeschalc, à la demande de l'évéque Agilfrid, du texte primitif de la version liturgique. N'eût-ce pas été crunulé, ingraiiiude et folle bravade de re- toucher devant d'aussi généreux bienfaiteurs de l'Eglise, cette vieille version dans un sens plus hostile aux maîtres du jour? Et si Godeschalc en avait eu l'envie, Agilfrid, que des liens de parenté uuissîtient h Cliarlemagne, Agilfrid qui obtint du prince, au rapport de Gilles d'Oi'val, des chartes favorables à l'Eglise de Liège, et à qui le grand empereur confiait la garde de son captif le plus important Didier, roi des l>ombards, lui aurait-il permis de suivre ce dessein (2) ? Gerbald, le successeur d'Agilfrid, ne se trouva pas dans une position plus indépendante des circonstances ; sorti des con- seils du prince pour monter à l'épiscopat, il essuya les observa- tions de son souverain pour avoir parmi les fidèles de son diocèse des chrétiens qui ne savaient pas les prières les plus élémentaires. L'on n'ignore pas non plus le soin avec lequel Gharlemagne, grand amateur d'offices sacrés, remplissait parfois lui-même les fonctions d'index, fijisait lire devant lui les passions des martyrs, ou prenait plaisir à diriger, au chœur, les cérémonies saintes et les chants ecclésiastiques. Eh bien, se représente- t-on U' plus illustre des protecteurs de l'Eglise asireint à constater devant tous, aux pieds de l'autel, l'infamie de son aïeul. Au retour de ses innombrables expéditions, c'était pourtant bien dans notre diocèse qu'il passait le plus souvent l'hiver, revenant ici vers l'automne, c'est-à-dire vers la léte de Saint-Lambert, pour ne reprt-ndre la vie des camps qu'après ^*) La vie de S. Ifuben, elo., piir le P. Ch. de Smedt. p. 44. — ('i Chapea- viilc, r, U9. — 509 - les solennités de Pâques; en 770 ce fut à Liège même, à Saint- Lambert « apud sanctum Lantbeitum, » écrit Eginhard, qu'il s'établit pour célébrer la grande fête chrétienne; il ne séjourna pas moins d'une dizaine d'hivers à Herstal ; nous avons des actes signés de lui, dans cette localité en mars 770, octobre 772, septembre 774, janvier 777, janvier 778, mars 779, octobre 781, septembre 802, et nous savons qu'il passa dix-neiif hivers bien comptés h Aix, qui faisait alors partie aussi du diocèse de Liège (i). Walcand se trouva en face de son impérial ami, Louis le Débonnaire, dont on garde aussi des diplômes datés de Herstal 823 et 831, dans la même situation que ses p" 'iécesseurs, en face de Charlemagne : il se tint naturellement dans la même abstention. Après l'évêque Hircaire qui reçut à Liège en 8o3 et 854 les rois Charles et Lolhaire, l'évêque Francon se trouva dans une po-îition pire : il n'eut pas seulement à défendre son diocèse contre les incursions normandes, à songer à sauver les trésors de ses églises au lieu d'en modifier les offices ; il eut à se prononcer sur un renouvellement de la vieille histoire de Pépin : le cas de son ami et commensal l'empereur Lotliaire qui voulut comme on sait répudier Theulberge pour épouser Waldrade. Francon ne se souciait pas assez de Lambert : dans une réunion d'évêques tenue à Metz en 863, il commit la faute de se ranger parmi les prélats plus courtisans que pontifes, dont la décision incorrecte prétendit légitimer la substitution d'une seconde épouse à la première encore vivante. Réprimandé à ce sujet par le pape Nicolas L, il s'excusa de son erreur et sans doute, comme le Souverain Pontife le lui demandait, employa ses efforts à retirer Lothaire d'une union irrégulière : Lothaire reconnut sa faute, mais nul ne sera sur- pris que sous pareil empereur et sous pareil évêque on n'ait rien modifié à la version officielle du martyre de S. Lambert. I*) VetauU. Histoire de Charemagne, p. 376. 510 Les souvenirs de l'erreur de Francon et de l'égarement de Loihaire étaient vivaces encore quand Etienne recueillit en 902 la succession épiscopale du premier. Ces souvenirs fâcheux, ce fait que les princes sous lesquels régnait Etienne, étaient les derniers descendants de l'adulière, suffisent à nous faire comprendre que ce prélat ait préféré s'en tenir h la version primitive; ail évité de refaire, de compléter comme il l'aurait pu sans doute sous bien des rapports, la biographie liluri^ique; se soit borné à révulser le texte de Godeschalc, ait pris soin même — soin significatif! — d'arréier sa rédaction nouvelle au récit des funérailles du Saint, sans plus aborder la question du châtiment de Dodon, ni d'aucun des bouireaux— prudence, réserve d'autant moins surprenantes de la part d'Etienne que ce prélat était apparenté lui-même aux rois dont la sœur de Dodon avait été la souche, qu'il en obtint mnintes faveurs, les reçut dans sa ville, et vit, par exemple, l'empereui' Charles séjourner à Herstal en 916, 919 et septembre 920. C'est pourtant sous le pontificat d'Etienne, que la véritable explication de l'assassinat de Lambert ose enfin se produire à rencontre du silence intéressé des uns, des obscurités craintives de la narration des autres. Mais en vérité, pour qu'Hucbald n'ait pas hésité à la présenter à l'évêque Etienne, en vue de la faire entrer dans l'office liégeois, ne fallait-il pas qu'elle fût dès lors bien répandue et bien accréditée, consignée qu'elle était déjà sans doute, comme nous l'avons dit, dans tetécrit aujour- d'hui perdu, dont Hucbaid semble s'être inspiré avant qu'An- selme n'en vienne plus tard à le citer textuellement? Ne peut-on pas se demander même si un de ses échos n'avait pas pénétré dès ce temps dans l'ofTice du saint. Nous avons dit quel évangile on lisait alors au jour anniversaire de la mort du martyr : « Nolite timere pusillus grev, ne craignez rien, petit troupeau etc. » Ce texte sàcré était on usage du temps d'Hucbald car il lui a fourni plusieurs des images de sou poème : les reins ceint^, les — 511 - laïuernes allumées, la mort impromptue, etc. ; mais en somme éloge vague et général des vertus apostoliques, il cadrait bien avec la prudence et la réserve de la première biographie officielle. Faui-il croire que l'homélie explicaiive qui suit ce texte dans le manuscrit de Bruxelles, et dont l'écriture ne semble pas antérieure au XIP siècle, était entrée en même temps que cet évangile dans l'office du saint. Si oui, c'est la reconnaissance indirecte mais officielle aussi qu'on savait dès ce temps que Lambert avait péri pour la même cause que Jean- Baptiste. L'homélie se termine, en effet, en évoquant le souvenir du Précurseur du Christ; en rappelant qu'on n'a psj appris qu'il ait fait des miracles mais qu'il s'est mortifié et surtout qu'il a donné sa vie pour la défense de la vérité lorsqu'il osa déclarer ù Hérode : « il ne Cest pas permis de garder celle femme ï » « Et le bienheureux Lambert, conclut l'homélie, ayant pi'o- » nonce aussi cette même parole, au service de ce Christ qui a » dit : Je suis la voie, la véiilé, la vie, a obtenu la même » couronne du marlyre et a été glorieusement élevé à la posses- » sion suprême de tous les biens du Seigneur son Dieu. » Mais le texte mérite d'être intégralement cité ici : De Johanne Dominas dixit quod nemo inter natos mulierum maior eo surr3xit, non quia eum palriarchis omnibus et propheiis pretuleril, sed maioribus coaequavit. Qui tamen miraculum nullum legitur fecisse, sed nuditate et inedla corpus macérasse, ad ultimum pro veritatis assertione capite diminutus esse. Quid tandem dixit? Non licet tïbi eam habcre! Et bealus Landbertus eamdem pro Christo qui dixit : ego sum via, Veritas etvila vocem imilatus, similem est martirii coronam indeptus, et super omnia domini dei sui bona féliciter exaltalus. N'est-ce pas un curioux indice, un précieux aveu que ce rapprochement? Et poui terminer de la sorte l'explication d'un SI 2 évangile d'une portée aussi peu précise dans l'espèce, ne fallait- il pas que dès les temps les plus anciens l'Église de Liège en connût beaucoup plus qu'elle ne voulait le dire officiellement, sur les causes du martyre? Résumons donc et concluons : A notre avis, aussitôt après la mort du saint, deux versions de son trépas ont dû se trouver mises parallèlement en circulation: la version liturgique, version prudente, craintive, incomplète, mais trahissant son insuffisance par son obscurité même : elle se contentait de rapporter que Dodon avait voulu vengpr par la mort du saint deux déprédateurs tombés sous les coups des gens du pontife; —la version libre, plus franche, plus sincère, ajou- tant que le blâme déversé par le Pontife sur l'adultère de Pépin, avait bien plus que la mort de ses parents poussé Dodon au crime. Cette version n'a pas dû tarder non plus à être consignée par écrit,nolamment dans cet ouvrage anonyme dont nous ne con- naissons qu'un extrait conservé par Anselme, mais qu'ont dû connaître Adon devienne un demi-siècle avant Hucbald et notre Hucbald lui-même. Encombinantlesdeuxversions, Hucbald nous a donc donné le premier l'explication la plus complète et la plus vraie des causes de l'immolation du martyr : explication que ne peut contredire la chronologie, que confirme l'étude des lois de l'Église et de l'histoire de ses évêques en ce siècle comme l'examen des devoirs et du caractère de Lambert en face de l'incontestable inconduite de Pépin; explication avec laquelle concordent à la fois, le but d'édification et la destination litur- gique de la version officielle; le texte, les obscurités, l'insuffi- sance, les demi-révélations de cette version : l'elïroi général causé par le crime; l'impunité dont Pépin laissa jouir les cou- pables; les pratiques de prudence et de réserve extrême des écrivains du temps; la peur enfin qu'on dut avoir, au lendemain du meurtre et qu'on conserva durant deux siècles d'offenser par des narrations trop nettes les princes, causes de l'attentat, leurs descendants, bienfaiteurs de l'Eglise ou les prélats infidèles aux exemples du n)artyr. - 513 ~ Sans douie, il reste trop d'obscurités encore dans l'histoire des siècles dont nous avons eu à parler pour qu'aucune thèse à leur sujet puisse s'impos(3r à la croyance de tous avec une in- conieslable évidence; nous n'oserions donc nous flatter d'avoir résolu toutes les questions relatives à la cause de l'immolation de S. Lambert. Avons-nous, du moins, sur quelques points dis- sipé quelques brouillards, fait lever un jour plus ou moins lumi- neux? Nous le souhaitons et nous aurons atteint notre but si nous avons pu, par cette étude, faire reconnaître dans l'auteur jusqu'à présent i épuié anonyme de la Vie en vers de S. Lambert, une des figures les plus intéressantes d'entre les littérateurs du IX« et du X" siècle, et parcelle dissertation rendu au patron du pays liégeois quelques rayons de cette auréole qu'on lui a si vivement disputée: l'auréole du martyre glorieusement subi pour la défense des mœurs chrétiennes et de la chasteté conjugale. Joseph DEMARTEAU. Le manuscrit de la Bibliothèque royale auquel nous avons emprunté le poème qui vient de faire l'objet de ceite étude, outre les poé.-ies et l'ofîice reproduits avant ce poëme, nous offre, à la suiie de cet office, la relation de trois miracles obtenus de D.eu, par l'inlercession de S. Lambert, << nostris lemporibus » à la même époque où fut composé le poëme. Le premier de ces prodiges s'est accompli, du temps de l'évéque Fraiicon, aussitôt après l'invasion des Normands ; des témoins oculaires pouvaient encore, dit le narrateur, en attester la vérité quand il a pns la plume. Le second paraît dater aussi de l'épisctipat de Francon; le troisième a eu lieu sous celui d'Etienne, successeur de Francon et rien dans le texte — au contraire! — n'interdit de croire que ce dernier récit, assez circonstancié, et le plus pittoresque de tous — aurait été mis — 514 — par écrit du vivant même de ce prélat, soit en 920 au plus lard. En tout cas, Francon étant mort en l'an 903, le narrateur de ces miracles, pour attester que des contemporains de cet évêque pouvaient rendre témoignage i\ l'exactitude de ses dires, a dû rédiger son travail dans la première moitié du dixième siècle. Les Normands avaient incendié, en 882, la basilique de S. Lambert ; après leur départ, et le retour en ville de la popu- lation bégeoise, lacbâsse du Saint fut sans doute déposée dans l'église avant qu'on eût pu achever de réparer, ni même de recouvrir cette église; une nuit la neige tomba et pénétra partout dans la basilique : elle ne toucba pas toutefois aux voiles (sandalia) qui formaient le seul abri de la châsse. Tel est le premier prodige. Le second consiste dans la guérison de sept infirmes délivrés soud tin de leurs maux. pendant qu'on célébrait la nuit l'office anniversaire du Saint. Le troisième nous montre une mère de famille, aveugle de naissance, avertie en songe de se rendre au temple de Lambert et d'y boire d'un breuvage, composé sans doute d'eau bénite sur son tombeau : l'aveugle obéit, arrive h Liège, boit le breuvage, retrouve la vue et ne sait, toute surprise, ni reconnaître son mari et ses fils, ni se faire une idée de la distance h laquelle se trouvent d'elle les objets dont elle est entourée. L'antiquité de cette triple relation, l'avantage qu'elle a de nous présenter un spécimen littéraire curieux, d'une époque dont il nous reste si peu d'œuvres liégeoises ; son rythme assez caractéristique, les fautes mêmes qui déparent cette composition, les commentaires mathématiques ajoutés à l'exposé du deuxième miracle, les héllénismes qui émaillent ce récit (somaie, rimate, agaJmate, thamia) tout lui donne un cachet original, et lui mérite d'être reproduit, autrement que par extraits comme l'ont fait les Bollandisles du siècle dernier. Le voici tout entier. — 845 — INCIPIUNT ANTIQUA DEI MIRACULA IN HONORE LANTBERTI MARTYRIS NOSTRIS TEMPORIBUS INNOVATA. I. — Ralum ducilur affore subnexum, in raarginoso priscorum calce signorum, quod nostris in œvis supera pietas dignanter maluit actum, uti nulle tempère deficientibus demini beneficiis, munia gratiarum rependere, sanctumque suum quem novis fréquenter revisit honoribus, semper nevi cenaminis siudie maturemus amare. Fideliter itaque sollertiam antestitii régente, deo digne ut crediiur episcopo Francone, quam plura nobis visa sunl miraculorum insignia, meritis almifici patris lantberii, a cunclipetente laudabiliter data. Qiue quidem si emnia paginis ingesia singillatim scriplui mandarentur, nimiae lengiturnitaiis spatio vacaiilia, fasiidium irregare haberentur. Merum est tamen solitum variamen, haud diu in ununi defigere mentes acumen. Que circa sit satis audieniiura votis, terna dumlaxat edici, ad indisparandae gleriam trinitaiis. Erge dum trucl peste nortmaiinica quaquaversum quodcunque populande bachata, in creraata prorsus qua semate quiescit suse sedis aula, necdumque saltem mediestinae reparaiienis acceieratu demum structa de locis ad quae fugerat relatum sui custodes perneclarent vigili cura, nivium enormis exuberaniia, preut tetum erat palulum fenestiis. afîluens, nihll penetralium,nisi tantum ejus sandalia dimisit innperiens Atqui neque per quippiam sursum, neque quantum medieias palmae capil laterersum, his venerabiliiatem servans, exlitit accedere audens. Qued e vestigio mane palam plebela muliitudine sriium, mactae mirabilitatis extollentia ubique sonuit inaltaium. Cuiusque tune temperis visores, adhuc nobiscum degenies, merantur narratercs. En rationis capaces, dum creaturas nalura iirationabiles, famulitio sanclerum attendiiis ac si rationabiles; perpendiie vos circum circa caventes quin quod illse supra se mutaniur in polius, subter vos ipsi labando mutemini in pejus. Convertibilem ex adverse fieri naturam certuni e.st omnino admenitionem fore divinam. Quin eii^m aniicipamen sequeniium crealurarum cemmone- facit no desi^tamus iniiium esse aliquod earum. Si qnidem id déficientes desistimus necessario capitis honore prœsiiium, quasad ruborem nostris, velimùs nolimus sequimur ceu servi. Verum hoc quippe, verum hoc vir iste, nulla in se adniisit ratione. Idée presenli et absenii in carne obsecundant ei ut famulœ. Jam olim cum vivente luclatae sunt eo et victae cessere subponentes colla ei, imperio modo hui : suimet pros- 516 tratae palestrœ memorantes pavitando perpétue decorare festinani eura servilio. Ypodamatis occasio ei imflixum iiivium oriiciamina, ypodamaUs veneratio el usquequaque spargit viiliituîi) odoiamina. Slanii propter crucem nix trigoris impegit asperitatem : slanti juxia crucifix! régis claiilaiem nix exsamusim confert ipsam nobis praedicans lenitatem. Nunc. nunc coiiverso ordine addiscimus gm quidem velut per quœ peccaverif quis per haec et torquebiiur. ita et per quae benefecerit el glorificandum erit. II. — Alio deniqiie per multorum temporum in excursu mémorandum universis se(ailorum succursibus taie commun! visu spectantes crevimus. Nocte etenim Naîalis eius, dum vigiliarum canlisonus actitabatur cultus, iamque octavi responsorii aile personabal melos ymnidicus, uno in puncto, unoque momento, contractorum nec non pariter ca;corum officia, virtule membrorum caelitus per dudum suetos poros refusa, septeno iaetantia numéro spiiant reparata. Quo in fado aliquid laudium addere, magis est profecio decerpere quum nemo nostrum tanto fonte facun- diae valet exundare qui non superalus dispareat eius pelagl abrupta voragine.Sed quia juxta psalmographi suasumnarraboomnia mirabilia tua fatum si quantum scitur tantum edicitur, totum expletum consummatur affectantes persolvere integrum debiti pro ut quimus loquamur in agalmate tanli patroni immo qui in eodem operatur dei. Septem videlicei annorum curriculis malorum impeligine abstractus apice ut priefalur extorris praesulatus striciim vixit inter monachos conversatus ; consequens astat vellere creantis toi idem merilorum eum honestare donis et anliqua probra modernis inter lita rcddere venustameniis. Et ut dicamus de singulis numerorum ascensibus quibus scandens ut pote gradibus ad summum est perleciionis exoiitus : in monade cujus linea insecabilisac sine ulla exleuditur scissura lalitudiiiis, [tede fidei introilum capiens, unam dei- talis esseniiam semper insecabilem semperque exislentem credidil colens. In diade vero prima forma parilaiis, duobus îequis gaudente pariter ponderatis, cpia; socielas vinculi quo média nectuntur habetur uirimque comniuiiis, prinium fratcriiae diiectionis mensuraliiati adhaerens iusta lance semet proximunKjue libiavit viscera carilatis cuicumque impertiens dein ad unum deum volatim ultra supraque se digressus absque sui trulina eum in diligendo laboravit fidus. In triade quidem, calculo scilicet prin- — 517 — cipe imparium atque perfecto inconfundendam trinitateni personarum fideliter venerans in deo principe vero sine pari ac sine alterius indiga- mine perfecto cogitatione, loculione, operis exliibiiione, ipsi percuncla sede subdat tricario. Atneminem animo turbalum moveat,utquid aliusione diadis inler unitatem trinitatemque deitalis ralio ponendam censuerat caritatem amoris. Nam quod esse semet dixit hoc intra se nullatenus deas inserendum contempnit. Deus caritasest Johannes inquil. Porro in telra- da uua inest soliditatiscerta perfectio numéro equidem longiludine ac pro- func^itale composito quo gradatim plicilo, omnium numerorum integratur mulUtudo, prudenlia, juslitia, forlitudine siraulque temperantia, a quibus abesse nulla novit bonorum aclio, sed ab eis émanât omnis eorum duc- tio •■ huic sane quadrige insidens nunquam vacillavit in invio, invicto régi perfecte miiitavil suo. In pentade etenim quinque corporis sensus, offi- cioso sudamine in se prius exercens, exinde ejusdem imitatu computatio- nis, ipsos viris et mulieribus explendo pr^dicavit distribuens, constat namque ex utriusque sexus numéro Tryas sane viriiis est, dyas fœmineus exislimatur. In senario denique diiferentiarum totidem motus, sive prior- sum sive retrorsum, sive dextrorsum sive sinistrorsum sive sursum sive deorsum versu;s, nequaquam vafris raundi usibus, sed caeli contri- buebat utilitatibus. In eplade quoque septem corporis partes homineni perficientes decenter flectens redigebatad conditorem famulatu repedantes. Et quod bis maius erat sigilio septiformis spiritus sancti graliae haec cunc- ta signata muniebat; iccirco ab omni jure, lutatis claustris et seris salva custodiebat. His septem servitutum mancipatibus indefesse suis insu- dans semet ancillabatur diebus; nunc quia penitus servili mundo exemp- tus tempore potitur inrefragandae libertatis et inter fllios in secretis sortem adeptus participatur inmarcescendae hereditaiis quatinus adhuc vernaculi eum extra se suscipiant sui contubernio carentem ordinis sep- tiplicibus foris expectantibus eis mandatur signorum vocibus. 111. — Tenente de cetero statim successum episcopii viro sanctitatis atque generositalis iliustri, Slephano pontifice insigni, solius Filii Dei prodigium in praelibati Patris celsitale perspeximus gestum, quod nunquam dealtero nec visu, nec relatu percepimus notum. Quaedam cieca nata, et quoienus plures proliura genuit, sic muiiata, in hune modum per somnium audire meruit a voce dominica, ter in singulis noctibus ita ad se — 518 — exoi'sa : Quid diu in nativa durans mânes caecitate? Surge pernix, limina lantberti martyris adi : inibi tibi dabitur polio gustus salutigeti, qua hausla percipies visum lui, quo scia illius gloria in te dcmonstranda aclenus cassata caïuisii. Dumque id lerlio aurium officio excepil, tinitiinls que iuxtlm posilis crebro rimale exposilum edidit, omnium iiorlamine coacta, habilaculum liquil et in Leodiciim usque itiner tendens venit. Tum eadem valvarum foribus gressu propinquans extiniplo ac si Ihanata solo cecidit palpitans. Quam mullis qui assistebant, susiinenter prœsto- lantibus, et quidnam fors eventuum fini daret, nosse cupientibus, felici auspioio illa post multura sensim respirans, et sessu paululum se erigere nitens, biberem se porrigendum clamoribus increpuit, horrendum sonans. Quem cum procul haud quaquam remoratum funditus epotavit, ipsis suis manibus, tamquam squamas ab ocoulis vellere cœpil, ac nisi si ab aliis striciim tenia conlrairetur, ultra opus ab ipsa fricati, radicilus stirpa- reniur. Sic videscens, nec mariium, nec filios erat cognoscens ; sed velut quos nondum habueral, qui essent, eis importunantibus, nescia interro- gabat. Crealurarum subtantias quas ante nisi solis agnoscebat vocabulis, admodum stupida mirans, iota sequetiti ebdomada earum discere hebe- tando quaerebat distantias ; ita ut palam cunctis facultas daretur advertendi. quod numquam usa fuisset lumine sui. A pluribus tamen iam scientibus omni iuraniine testabatur, sic ortam extitisse parentibus. Jam quid super isto dictura feremus? Specialitatis suae proprio Christus eum ditavit, forsan prae ceteris sibi specialem ascivit. Majora suis minoribus miraculis egerunt sui quem admodum spoponderat discipulis. Iste uni ex majoribus praeferens istud maius suocrealoti adh^erere quitur credi propius. Ecce bonus agonizalor. Ecce bonus remunerator, Fidelis fideli credidit : proper ea falli non potuit. Simul in cœlis coram laetantur angelis, et qui alias in terris non conspicimur signis gratulari monendo condiscimus. Invlsibiles apud superos illi adduntur honores qui eliam apud infimos ne deficiant cessantes sedulo exciiati amamur per miraculorum voces. 0 inspector interne, o arbiter aequissime, o retributor largissime qui ea etiam in pnesentiarum sanctis tuis incessando retribuis per quae lui amore vigendo fortunatetuis inhyesere precepiis.Undecumque iam cuniec- lum verificatur quod tibi parendo omne fortunium procuratur. Utinam ergoquicquidem surgens leveturquumnichil est quid ambigetur nisi quod omnium concinenii voce deus laudetur. Dicat c;elum, resonet solum, succinat atque infelix baratrum ac simul omne creatum illi benedicens 519 amen respondeat verum. Nos quoque cum ill jiinoti uniamur pro viribus et tam voce clamorib quam aclionis ipsum in sanciis extollere satagamus. Quandoquidem ipse prestat ut fiai, ipse facit ut rétribuât, ipse tribuil ui se glorificandum reddat, Jésus Christus seniper et ubique benediclus, quera cum pâtre et spirilu sancto deum regnantem novimus in seculis seculorum omnibus. SOMMAIRE. Le manuscrit 146oO-S9 de la Bibliothèque royale de Bruxelles (l^) et le ma- nuscrit 8365 de la Bibliothèque du Vatican (384). Texte de l'Office de Saint-Lsm- bert, par Etienne, évêque de Liège (389) du poème biographique écrit pour Eiienne (393) d'une hymne, d'une poésie (4-18) et d'une relation di; miracles, (51 4j du Xot" siècle. L'auteur du poème ne peut être ni Etienne, ni un écrivain liégeois (42!2 . U faut le chercher au monastère d'Elnone où de Saint- 4mand (425) et les travaux hagiographiques d'Hucbald, moine de cette abbaye ;426i ?es relations avec l'évoque Etienne (429), l'examen comparatif de ses procédés littéraires (432), permettent de lui attribuer la paternité du poème. Ce poème ne complète les biographies anté- rieures que sur quatre points : l'étymologie du nom du saint, le message que Lambert fait tenir à Dodon (446), la pénitence septennale qu'il se serait imposée (447) et les causes du martyre (452^ Ces causes sont la défense du patrimoine de l'Eglise. (433 et 499; et surtout la condamnation par S. Lambert des relations de Pépin et delà sœur de Dodon (455). Alpaide n'a jamais été que la concubine du prince (458). Les lois ecclésiastiques (46t),la conduite des évêques du temps et d£s saints (465), l'éducation et le caractère de Lambert (469; attestent qu'il a dû réprouver ce concu- binage, si même l'épouse abandonnée n'en a point porté plainte au tribunal oii :1 siégeait comme juge (471). Les chartes et les vies de saints contemporaines (473), les chroniques les plus autorisées et l'époque de l'avènement de .S. Hubert au trône épiscopal, font concorder la date de l'assassinat avec celle de l'a- dultère de Pépin (479^. Les biographies de S. Lambert se divisent en deux catégo- ries : les versions liturgiques, venues toutes jusqu'à nous (486) et les récits sans caractère officiel, dont le plus ancien est perdu, mais, cité par Anselme, semble avoir été connu d'Adon de Vienne (489) et d'Hucbald (491). La relation de celui-ci complète donc la version liturgique (493) en éclaire les obscurités (497), et la crainte d'offenser soit les princes issus de l'adultère, soit des t vêques infidèles à l'exemple de S. Lambert (505) explique qu'elle n'ait remplacé l'autre qu'après deux siècles, encore qu'elle se trouvât confirmée par le texte de l'homélie sur l'Evangile le plus ancien de la fête du saint (SU). TROISIÈME SUPPLÉMENT AUX RECHERCHES SUR LES CARTES DE LA PRINCIPAUTÉ DE LIÈGE ET SUR LES PLANS DE LA VILLE. PRÉFACE. Dans l'introduction de mes listes de cartes et de plans, publiées à Anvers et à Gand, j'ai émis quelques considérations sur l'opportunité de ces publications et sur les principes qui m'ont guidé dans le choix des matériaux qui m'ont servi. Je crois qu'il ne sera pas inutile de reproduire ici ces considé- rations, pour répondre d'avance aux observations que l'on pourrait me faire. Une énumération de tout ce qui existe en fait de cartes d'un certain pays peut d'abord être utile pour l'histoire de ce pays, puisque ces cartes en représentent la configuration à l'époque où elles ont été dressées, avec les villes qui s'y trouvaient alors et l'orthographe de leurs noms, qui a été changée plusieurs fois depuis, jusqu'à l'époque moderne. Il en est de même pour les plans de villes, car ces plans ne donnent que les rues existantes à l'époque de la confection du plan, les noms de ces rues avec leur orthographe, les édifices qui y étaient construits, etc. — 522 — (Julie que la connaissance de ces objets peut élucider des questions d'histoire, elle peut aussi aider à décider des points litigieux. 11 est, en effet, arrivé plus d'une fois que les magis- trats d'une commune, les tribunaux même, ont dû recourir à ces anciens documents pour décider des questions de propriété, de limite, etc. Si on ne le fait pas plus souvent, ce n'est que parce que l'on ignore l'existence des plans qui donnent les indications nécessaires. Une semblable énumération peut aussi sauver de l'oubli les anciennes productions, qui souvent sont dédaignées et mises au rebut par cela même qu'elles sont anciennes. Gom- ment, en effet, expliquer le fait qu'il n'existe plus qu'un seul exemplaire connu de quelques plans et de quelques vues remarquables par leur étendue, telles que la vue de Liège de 1618, en quatre feuilles, qui se trouve à la biblio- thèque de Leyde, le plan d'Anvers de 1565, en vingt feuilles, de la collection Plantin, et la vue de la même ville de 1515, en douze feuilles, dont les archives d'Anvers sont dépo- sitaires, le plan de Gand de 1637, en huit feuilles, que l'on rencontre à la bibliothèque nationale, à Paris, le plan de Paris de 1552, en huit feuilles, de la bibliothèque de Bàle, etc., etc. Gomment tous les autres exemplaires de ces productions remar- quables ont-ils pu être détruits, si ce n'est par l'incurie de leurs propriétaires. Quant aux principes qui m'ont servi de guides dans le choix des matériaux, les voici : je me suis efforcé de rendre mon travail le plus complet possible ; j'ai tâché de ne rien omettre, de sorte que j'ai dû citer même des pièces paraissant peu importantes; si elles ne le sont pas pour une personne, elles peuvent l'être pour une autre; si elles ne le sont pas mainte- nant, elles peuvent le devenir plus tard. Elles peuvent toujours être intéressantes sous un cert;iin point de vue et la limite à assigner entre ce qu'il faudrait cilei' et ce qu'il faudrait rejeter diffère d'après le point de vue auquel on se place. J'ai donc — 523 — préféré tout citer atiii que Ton ne puisse pas me reprocher des oublis. Je rappellerai que je comprends dans les cartes généralement tout ce qui est au-dessous de l'échelle de 1 à 20,000 et dans les plans tout ce qui est à cette échelle et au-dessus. Gomme je le disais dans mon premier travail sur Liège, j'ai admis dans les cartes, les cartes partielles, les plans de bataille, les cartes donnant les environs des villes, etc. Il y en a aussi qui s'étendent hors de la province, mais cependant dont la province de Liège fait le principal objet. Les plans sont tous à l'échelle de 1 à 20,000 ou au-dessus : il n'y a que quelques petits plans oa quelques vues qui sont à une échelle plus petite et que malgré cela je n'ai pas pu com- prendre dans les cartes parce que les environs de la ville ne s'y trouvaient pas. J'ai dû aussi admettre les plans ou les vues partielles de l'intérieur de la ville, lorsqu'ils comprennent une assez grande agglomération de maisons et forment un quartier. INTRODUCTION. Ce troisième supplément comprend la description de 101 cartes et de 283 plans. Ce ne sont pas cependant toutes nouvelles découvertes. Il faut d'abord en défalquer 23 cartes et 24 plans faisant partie du premier supplément. J'ai cru convenable de les comprendre dans celui-ci parce que ce supplément étant épuisé il devenait impossible aux amateurs de se procurer mon travail en entier. J'ai profité de cette occasion pour compléter les descriptions de ce supplément. J'ai également complété la description de 6 cartes et de 26 plans ou vues de mon premier travail et du second supplément, de sorte qu'en réalité il n'y a que 72 cartes nouvelles et 233 plans. C'est déjà un assez beau contingent. Il se compose des cartes et plans parus depuis la publication de mon deuxième supplément, daté de 1868, et d'autres que j'ai rencontrés dans les bibliothèques publiques et chez les particuliers, parmi lesquels je dois principalement citer M. le chanoine Henrotte et M. Léonce Digneffe, amateurs ;'i Liège, dont les magnifiques collections ont été mises à ma disposition avec la plus grande complaisance. Je leur en adresse ici tous mes reraercîments. J'ai ajouté à ce troisième supplément une table générale qui fera comprendre toute l'importance de mes listes. Elle renvoie aux pages de mon premier travail ainsi qu'à celles du second et — 526 — du troisième supplément. J'y ai introduit un nouveau numé- rotage qui fait voir que le nombre de cartes s'élève à 255 et celui des plans et vues à 404. Il y a certainement encore des vides, mais ils tendent à se combler et je compte pour cela sur l'appui des personnes qui s'intéressent à ces sortes d'études. Liège, le 26 septembre 1877. PREMIÈRE PARTIE. CARTES GRAVEES CHAPITRE I*^ EvÊcHÉ ET Principauté de Liège. 1500? W 1 . Carte du pays de Liège sans titre, gravée sur bois, écri- ture du IS" siècle. Le nord est placé à gauche de la carte et le sud à droite. Le milieu de cette carte est occupé par la ville de St-Trond . fS. Truyen.J De ce point comme centre sont tracées des circonférences de cercle, dont l'espacement devient de plus en plus petit à mesure qu'on se rapproche du cadre. Le n" 0 étant au centre, les cer- cles sont numérotés jusqu'à 19 dans la largeur de la carte et jusqu'à 15 dans la hauteur, (les numéros sont reportés sur le cadre rectangulaire au moyen de tangentes fictives aux cercles, parallèles aux côtés de ce cadre. Sur les limites de cette carte on voit les villes de Limbourg, Aix-la-Chapelle, Venloo, Grave, Ravenstein, Calmptout, Lou- vain. Nivelles, Rochefort, etc.. La ville de Liège est intitulée Luyck. Aux quatre coins de la carte sont des ligures qui représentent les quatre vents. On a laissé une place en blanc pour le titre. Larg. OnS, haut. 0™40. Kait partie de la colleclion de M. de Theux, de Montjardin, qui l'a acquise de M. Lavalleye. 528 1570. N"l his. (^) Carte intitulée : Leodiensis diœcesis typus. Theo- dorus Galle excudit Antverpiœ. Cum gratia et privilegio decennali, A. Ort. Avec trois échelles. Le nord est placé à gauche. Larg. 0'n47, haut. 0°>56. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Theatrum. orbis terrarum, par Abraham Ortehus. Anvers, 1570, n''37. L'édition espagnole a pour titre : Theatro d'el orbe de la tierra de Abraham Ortello. El qua- lantes il estretno dia de su vida por la postrera rez ha emen- dado, y con ttuevas tablas y comment ario s augm,entado y esclarescido. En Anveres, se vende en la libreria Plantiniana. 1619. Un vol. in-folio. Pag. 42. 1589. N" 'i bis. Carte intitulée; Leodiensis diœcesis. {Hors du cadre.) Le nord est à gauche : il est mal indiqué sur la carte. Avec une échelle. Cette carte s'étend jusqu'à Ruremonde au nord, Bouillon au sud, Marienbourg à l'ouest et Aix-la-Chapelle à l'est. Elle com- prend donc les provinces de Liège, Limbourg, Luxembourg. Namur et Brabant. Larg. 0"'10. haut. 0'"07. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Epitome iheatri Ortelia>ii prœcipxiarum Orbis Regio7ium delineatioxes, etc. : Anvers. P. Galle et C. Plantin. 1589. Un vol. in-12° oblong. Page 34. 1603. N" 0. Carte intitulée (*) : Liniburgensis ducatus tabula xova C) Celle desciiptioii doil remplacer celle du n" 1 de mon premier travail (") Celte description doit remplacer celle donnée dans le premier travail. — 529 — excusa sumptihus Joan. Baptistce Vrints, œmuli studii gêogra- phiœ D. Ah. Ortelii. P. M. cosmographi regii, etc. : Les armoiries de l'ancien duché de Limbourg sont au-dessus du titre. Avec une notice conçue ainsi : lllustrissimo doctissimoque domino D. Gastoni Spinolœ comiti Bruacensi, etc., etc., hanc tabulam geographicani novissimis dimensionibus a se ad exactissimam reductam perfectioneni Aegidius Martini Ant- verpiensis in utroque jure licenciatus et mathematicus fecit et dedicavit. Anno 1603. Les armoiries de Spinola sont au-dessous de cette dédi- cace. Il y a trois échelles. Larg. 0™465, haut. 0™575. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Theatro d'el orbe de la t.ierra de Abraham Ortello, etc. Anvers, 1612. Un vol. in-folio. Page 44. Et dans l'édition latine qui a pour titre : Theatrum orbis ter- i-arum Abrahami Orteli Antwerp. geographi regii. Antverpiœ, extat in officina Plantiniana. 1612. Un vol. in-folio. Page 45. Ainsi que dans un recueil sans titre de cartes dues à Ber- tius et autres, catalogué sous le n" 29 à la Bibliothèque de Gand. 1616. N" 8. Carte hitituiée {^) : Limburgensis ducatus nova des- criptio auctore JEgidio Martini. Anno 1616. P. Kœrius excud. 1616. O Avec les armoiries de l'ancien duché de Limbourg, une petite vue de Limborck, une échelle et deux personnages en costume du lemps avec l'inscription : Limburgenses. Larg. 0"'47. haut. O^ôSS. (*) Cette description doit retnpiacer celle donnée dans le premier travail. {*) Une autre édition porte : Visscher excudit. 4625. 530 Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Gerardi Mercatoris, etc., 1607. Ainsi que dans celui intitulé : Theatriim urhium et civitatum orhis terrarum, par Georgius Braun et Franciscus Hohenber- gius. Cologne 1572 à 1616. Six volumes in-folio. Le deuxième volume dans lequel se trouve cette carte a pour titre : De prœ- cipuis totius universi urbibus, liber secundus. 1574. Elle se trouve également dans l'ouvrage intitulé : Pétri Kœrii Germania inferior, id est XVII provinciaruni ejus novœ et exactœ tabulée geographicœ, cum luculentis singularum des- criptionibus additis a Petro Montano. Amstelodatrii impensis Pet. Kœrii. 1622. Un vol. in-folio. Enfin elle se trouve aussi dans : Belgium, sive Germania inferior continens provincias singulares septem decim juxta artem geographicam perfectissime descripta variisq. regionum partibus distinctis tabulis aucta, per N. J . Piscatoreni. 1634. Un volume in-folio. 1616. 8 ter. Carte intitulée : Limburguni. Le nord est en haut. Larg. O'^IS, haut. O-^OH. Se trouve dans les mêmes ouvrages que la précédente, pages 348 et 290. 1617. N° 10 ter. Carte intitulée : Carte du Limbourg. Amst. ap. Pet. V. d. Keere ou Kœrius. 1617. Larg. 0'", haut. 0™. Fait partie de la collection de M. Bodel van Nyenhuis, léguée à la bibliothèque de l'Université de Leyde. Larg. O-^ST. haut. 0n>335 sans le titre et 0™56 avec le titre. 1627. N"iOquater. Carte intitulée : Leodiensis diœcesis typus. iG'il. Avec trois échelles. Le nord est à gauche. — 531 — Autour de cette carte se trouvent les vues des villes de Bouil- lon, Couvin, Thuin, Visé, Waremme, Fosses, Looz, Tongres, St-Trond, Hasselt, Maestricht, Liège, Huy, Dinant, Maeseyck, Bilsen, Beeringen, Ciney, Brée, Stockhem, Herck, Peer et Hamont, ainsi que les armoiries de ces 23 villes. Les vues occupent le haut du cadre ainsi que la droite et la gauche, et les armoiries le bas du cadre. Liège est au milieu. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Theatrum urhium etcivitor tum Orhis terrarum, par Georgius Braun et Franciscus Hohen- bergius. Cologne 1572-1616. 6 vol. in-folio. Le 2""' volume dans lequel se trouve cette carte, a pour titre : De prœcipuis, toHus universi urhihus, liber secundus. 1574. 1649. N" 14 bis. Carte sans titre des environs de la ville de Liège. Avec deux échelles et une rose des vents. Cette carte s'étend depuis Aigrement et Ramet en amont, jusqu'à Visé en aval de Liège, et comprend aussi Dalhem, Looz, Colonster et Esch à sa limite. On voit un combat à Jupille et un autre à Fléron. Il y a des chiffres de 1 à 28 renvoyant à une légende. Larg. 0™15, haut. 0™145. Sur la même feuille que le plan de la ville de Liège de 1649, n° 9 bis. Ce plan se trouve aux archives de l'État, à Bruxelles. 1650. N° 14 quater. Carte intitulée : Ducatus Limburgum auctore ^gidio Martini. Amsterdami apud Guiljelïnwm et Joannem Blaeu. Avec deux échelles. Le nord est en haut. Le titre est surmonté des armoiries du Duché de Limbourg. Larg. 0™475, haut. 0"»56. Se trouve dans le même ouvrage que le précèdent. Page 15. Et dans l'édition latine du même ouvrage, tome IV, l'^*' partie, page 21 , — 532 — Ainsi que dans l'édition française, tome IV, page 35. 1652. N» 15 bis. Carte intitulée : Limburg ducatus. Avec une échelle. Le nord est à droite. Les bords du cadre à droite et à gauche sont en demi-cercle. Larg. 0™155, haut. 0™10. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Caert en Stede-boexken van Nederlandt, vertoonende de XVII Proviniien in't geheel en besonder, als oock derselver principaele Steden, soo ah die hedensdaechs in haer Fortificatien gesienworden. Amsterdam .Tan Janssen Brouwer, 1652. Un volume in-12, oblong. 1674. N° 26 bis. Carte intitulée : Carte des camps de Hologne et de Neuville sur Méhaigne le 26 et 27 de May 1674. Corrigée et augmentée par le Ch. de Beaurain. Géographe ordinaire du Roy. N^n. Page 30. Avec une échelle, une rose des vents. Au nord Wamont, Waremme, au sud Asche, Longchamp, à l'ouest Jodoigne, Glimes , Aluan et à l'est Bleret , Chapon- Seraing, Beaussart. Larg. 0^6, haut. O'"305. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Histoire de la Campagne de M. le Prince de Condé, en Flandre en 1674 ; etc., par le chevalier de Beaurain. (Texte par d'Aguesseau.) Paris 1774. 1 vol, in-folio. Page 30. 1692. N° 29 bis. Carte intitulée : Limburgi ducatus et comitatus Valckenburgi nova descriptio per J. Peters. J. Peeters, ex. J. Harrewyn fecit. Avec deux échelles et une rose des vents. Le titre est gravé sur une fontaine dans les eaux de laquelle sont des baigneurs, à gauche on voit des buveurs et à droite Diane chasseresse. Les armes de Limbourg sont dans le coin inférieur à droite. — 533 - Cette carte s'étend jusqu'à Liège, Maestricht, Susteren, Sittard, Aix-la-Chapelle, Limbourg et Verviers. Elle comprend donc la partie nord-est de la province de Liège et la partie sud du Limbourg hollandais. Larg. 0"M8, haut. (\"'lUi. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: L'atlas en abreyé, ou nou- velle description du monde, tirée des meilleurs auteurs de ce siècle, par Jaques Peeters. A Anvers, chez Vauleur, tax quatre parties du monde. 1692. l vol. in-12. Page 31. 1692. N» 29 f«r. Carte intitulée : (') Le Limbourg, oii sont le duchà de Limbourg, le comté de Dalem ; les seigneuries de Fauque- m.ont et de Roldue dressé sur les mémoires les pP récents par le S' Sanson géographe ord" du Roy. A Paris, chez H. Jaillot joignant les Grands Augustiiis aux i? Globes. Avec privilège du Roy. 1692 (*). A.vec cinq échelles, une rose des vents et une légende. Cette carte est limitée au nord à Glabeck, S^-Grevenbich! Heinsberg, au sud à Bornai, Malmedy; à l'ouest à Hasselt. Gomme et à l'est à Juliers. A été reproduite en 1695 ? (N" 37 bis). Larg. O'"54o, haut. 0"'41. Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; Atlas Nouveau contenanl Toutes les po/rties du Monde où sont exactement remarques les Em,pires, Monarchies, Royaumes, Estais, Républiques ri Peuples qui s'y trouvent à présent. Par le S'' SansonGéographe ordinaire du Roy .Présenté h Mofiseigneur le Dauphin par son très-humble, très-obéissant et irèi-fidèlf serviteur Hubert (') Remplace le n* '■29 sepiem du 2- supplénient. (*) D'autres exemplaires portent la rlate fie i69'^>. 534 Jaillot Géographe du Roy. A Paris, chez Hubert Jaillot, joi- gnant les Grands Augustins, aux deux Globes. Avec privilège dit Roy. 1692. 1 vol. grand in-folio, n° 68. 1692. N" 29 quater. Carte intitulée : Estât et seigneurie de l'Evesclté de Lyége ou sont les comtés de Hasbain, de Lootz et de Horn, le marquisat de Franchimont et le pays de Condroz. Tiré des Mémoires les plus Nouveaux Par le S'^ Sa)isoti Géographe Ordinaire du Roy. A Paris chez H. J aillot : joignant les grands Augustins, aux deux Globes. Avec Privilège du Roy. 1692. Avec quatre échelles et une légende. S'étend au nord au-delà de Ruremonde, au sud jusqu'à Roche- fort, à l'ouest jusqu'à Aerschot et Namur, et à l'est jusqu'à Lim- bourg et Malmedy, C'est une reproduction du n° 26 de 1672 : elle a encore été reproduite en 1700 (n" 37). Larg. O^^OS, haut. 0"'54. Se trouve dans le même ouvrage que la précédente, n" 76. 1695 ? N" 35 ter. (^arte intitulée : Carte du duché de Limbourg . Avec une échelle. Le nord est à droite. (^ette carte est limitée au nord à Stockhem, Nieuwstadt, Randerath ; au sud à \'erviers, Limbourg ; à l'ouest à Liège et à l'est à Geilenkirchen et Corneli-Munster, en Prusse. Larg. O-'IS, haut 0'"105. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les plans et profils des principales villes et lieux considérables du duché de Lim- bourg. At'cc la carte générale et les particulières de chaque gouverna. V-dv\Q chevalier de Beaulieu. Un vol. in-8, oblong. (C'est le titre d'une partie des cartes qui se trouvent dans un recueil sans titre général.) — 535 — 1697. N° 36 bis. Carte intitulée : Le diocèse de Lyege. 1697. Avec une âfhelle. Le nord est placé à gauche. Larg. 0™255, haut. Oî^^IÔd. Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; Le théâtre de la guerre dans les Pays-Bas ou représentation des principales villes qui sont en Flandre, etc., par De Fer. Paris, 1696. Deux vol. in-i". 1703 ? N°37 bis. Carte intitulée ; Huy mit der geyend auff ^1 curieux oder neuer und compendienser atlas. Gabriel Bodenehr kuppfersteclier lit Aiigspurg. Un volume in-8, n" 91. 1709. N" 39 bis. Carte intitulée : L'évôcké de Liège suloant le.-i nouvelles observations de Messieurs de l' Académie royale des sciences, etc., augmentées de nouveau à Amsterdam chez Covens et Mortier. Avec deux échelles. C'est la même carte que la précédente, moins le cadre large et chargé d'ornements. Larg. 0,28, haut. 0,21o. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nourel niht< Irès-exaci et fort commode, etc. Tome L 1720 ? N<* 40 6J6\ Carte intitulée : /.es environs de Mastrlclil, Liège, Huy, Vlset, Tongrcs, Borkloen, (Looz), Warem et Sf-Tron. A Paris e//^r .Jar. F . Beuard gendre de X. de Fer — 536 — géogr. de sa Majest. Cathol. Quay de l'Horloge du Palais à la Sphère Royale. Le nord est en haut. (jette carte est limitée au nord à Looz et Tongres ; à l'ouest à St-Trond et Héron ; au sud à Huy et à l'est à Maestricht et Fléron. Elle comprend donc une grande partie de la province de Liège et une partie de celle de Limbourg. Larg. 0'"39. haut, O-^SOS. Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège, et pro- vient de la collei-tion de M. Ulysse Capitaine. 1725. .\° 40 ter. Carte intitulée : Galliœ Uhristianœ Germania Secunda Provincia Ecclesiastica Coloniensis cis Rhenum Continens Diœce.ses dolonienseni et Leodiensem. Descripta a J.-B. Nolin géographo. Avec quatre échelles et une légende pour les annotations ecclésiastiques. Cette carte s'étend au nord jusqu'à Nimègue, au sud jusqu'à Mézières, à 1 ouest jusqu'à Valenciennes et Cambrai et à l'est jusqu'à Cologne et Bonn. Tout le diocèse de Liège s'y trouve. Larg. 0,405, haut. 0,54. Se trouve dans Touvrage intitulé : Gallia Christiana, iu provincias ecclesiasiicas distribula; qua. séries et historia archieniscorum,ej)iscoporuni et abbatum, etc. Par D. Sammar- thani. Paris IT'io. Trois volumes in-folio. Tome III, p. 620. 1746. xN"47 quinque. Carte intitulée: Bataille de Rocoux le \\ Octobre 1746. Kryl se. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Relation de la campagne en Brabant et en Flandres de l'an 1746. Lahaye. Frédéric Henri Scheurleer, 1748. Un volume in-12. A I - 537 — 1746. N" 47 sex. Carte intitulée : Plmi van de actie tusschen de Geallieerden en Franse voorgevallen op HS sepleiti . Carte iiilituh'O : Plan dressé d'après les docu- ments du cadastre. Pour copie conforme : Liège, le il mars IH40. L'inspecteur du cadastre, (Signé) T. R. Bayet. Lith. des frères Halin à Veroiers. Kchelle de 1 à 50,000. -Vvec une échelle. — 545 — Cette carte comprend les localités circonscrites par Verviers, Lambermont, Wegnez, Gornesse, Theux, Hestroumont (com- mune de la Reid), Marteau, la Fontaine de la Géronster (Spa), Francorchamps, Hokay, le chemin de la Vecquée, le chemin de Verviers à Malmedy depuis Jalhay, enfin Stembert. Elle se rap- porte au projet de route de Verviers à Francorchamps, exécuté depuis lors. Il y a une remarque sur la distance de Verviers à Francorchamps : 1" par Theux et Spa, 2° par Polleur,qui est ce nouveau tracé. Larg. 0'"46. haut. 0"^27. Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; L'administration et les électeurs de la commune de Spa à Messieurs les m,em,bres de la Députation permanente du conseil provincial de Liège. 1840. Une brochure in-4». 1843. N" 89 bis. Garte intitulée : Kaart van de provincie Luik. H. Reding Del. J. E. Schoevers. Az. Sculp. Ged* en Uitg" bij A. P. van Langenhuysen te s^Hage. België. Album voor de Aardrijkskunde. '2^^ Série S^^ Aflevering. Avec une échelle, les armoiries de la province et une légende pour les trois arrondissements. Larg. O'nâo, haut. 0"il95. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Album ooor de aardrijks- kunde, door P. J. Mendel. Atlas van het koningrijk België, door H. Reding. Lahaye. Van Langenhuysen. 1843. Un volume in 4° oblong. Page 219. 1843? N" 89 ter. Carte intitulée : Panorama dn chemin de fer de la Vesdre. Liège à Aix-la-Chapelle. Dessiné d^ après nature par F. Stroobant. Donne tout le parcours du chemin de fer avec les tunnels, et la vue en perspective des villes et villages le long du parcours. Larg. l'"96, haut. 0'"165. 546 Fait partie de la collection de M. L. DigneiTe, à Liège. 1843. N» 89 quater. Carte sans titre de la partie de la province comprise entre la route de Liège à Terwagne et l'Ourthe. Echelle de 1 à 100,000. Avec une légende pour les divers projets de route et une Explication importante. Cette carte donne un projet de route entre Meuse et Ourthe, teinté en rouge, partant du Rivage-en-Pot et passant par Lise (près Seraing), Plainevaux, Houte-si-Plou, Hody, etc. C'est le projet du gouvernement appuyé par le pétitionnaire. Elle donne aussi un tracé teinté en bleu s'écartant du premier et passant par Piotheux et Baugnée pour aboutir à Hody. Le tracé qui a été suivi est intermédiaire à ces deux là : il part de Houte-si-Plou, passe par Xavier et aboutit à Hody . Lai'g. 0"'5C, liaul. 0'"42. Accompagne une lettre adressée : A Messieurs les président elrnembres du Conseil provincial, par M. le baron L. de Waha, datée de Plainevaux, le 5 juillet 1843. Une brochure petit in-4°. 1843. N° 92 bis. Carte intitulée : Bassin de VOurthe. PL I. J. H. Blasseau sculp. Imp. H. Borremans et c'" à Brux. Annales des trav. publ. Tom. 5, Paye 97. Echelle de 1 à 375,000. Cette carte comprend tout le pays arrosé par l'Ourthe, J"Ani- blève et la Vesdre ainsi que par les petits ruisseaux qui s'y jettent. Sur cette carte se trouve le plan des Embouchures de VOurthe. ( N" 59 bis des plans.) Larti. 0"'ô7j.';. haut. 0'"-24. 547 Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Rivières. UOurthe, par H. Guillery. Octobre 1843. Imprimé dans les : Annales des travaux publics de Belgique. Documents scientifiques, etc. Bruxelles. Vandooren. 1847. T. 5, page 97. 1843. N° 92 ter. Carte intitulée: Carte de l'évêcké de Liège, dédiée à Monseigneur Corn. Rich. Ant. van Bornmel. 100* évêque de Liège, par P. F. Geirnaert, bourgmestre de la commune d'E- oergeni. Gravé par J. Ongers, la lettre par Ch. E s''Wolfs. Etablissement géographique de Bruxelles, fondé par Ph. Van der Maelen. Echelle de 1 à 180,000. Avec trois échelles et l'indication des signes conventionnels. Le nombre des prêtres et la population de chaque commune sont inscrits sur la carte. Projection de Flamsteed. Graduation sexagésimale. Larg 0"'46?haut. O-'TO ? Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas ecclésiastique de la Belgique, dédié à S. E. Rêvé rendis si me Monseigneur Engle- bert Sterckx, cardinal-archevêque de Malines ; et chaque diocèse dédié séparément à Messeigneurs les Evêques ; par P. R. Geirnaert, bourgmestre de la cotnmune d'Evergem. Composé de 6 feuilles (1 par diocèse). Bruxelles 1841 à 1843. 1844. N" 92 quater. Carte sans titre représentant le pays parcouru par le chemin de fer entre Waremme et Liège avec l'indication des lieu.x: jusqu'à une certaine distance des deux côtés. Elle est entourée de vues. L'inauguration de cette partie a eu lieu le 2 avril 1838 jusqu'à Ans et le juillet 1842 jusqu'à Liège. Larg. 0™i75, haut. 0"062. Se trouve dans les petites cartes qui entourent la carte - 548 intitulée: Carte pittoresque des chemins de fer de la Belgiqiie. Bruxelles, Van derMaelen, 1844. Et dans l'ouvrage intitulé: Atlas pittoresque des chemins de fer de la Belgique, etc., par A. Wauters, 3^ édition. Bruxelles, Van der Maelen, 1842 ('). Un vol. in-^i oblong. PI. 14. 4844. N°92 qwmqwe. Carte sans titre représentant le pays parcouru par le chemin de fer entre Liège et Verviers, inauguré le 18 juillet 1839, avec l'indication des lieux jusqu'à une certaine distance des deux côtés. Elle est entourée de vues. Larg. 0^175. haut. 0"'062. Se trouve sur la même carte et dans le même ouvrage que la carte précédente , n" 15. 1844. N" 92 sex. Carte sans titre représentant le pays parcouru par le chemin de fer entre Verviers et la frontière de Prusse, inauguré le 15 octobre 1843, avec l'indication des lieux jusqu'à une certaine distance des deux côtés. Elle est entourée de vues. Larg. 0'"175, haut. 0'"062. Se trouve sur la même carte et dans le même ouvrage qu£' les précédentes, n" 16. 1845. N* 92 duodecim. Carte intitulée : Liège. Etablisfiement de D. Raes, rue de la Fourclte, \M), Bruxelles. Avec les armoiries de la province, une échelle et une légende pour l'explication des signes employés. Larg. O-^a?. haut. 0™20. Se trouve dans l'atlas intitulé : Atlas de la Belgique, diaprés le.-i meilleurs géographes modernes, à Pusage des établissements (') La date de 1844 doil tVre substiluée u celle de 184'J. — 549 — (Vinsti'uction, des collèges et des athénées; dédié à LL. AA. RR. le duc de Brabant et le cotnte de Flandre, par Désiré Raes. Bruxelles, 1845. Un volume in-4, oblong. Et dans la 2» édition de cet atlas : Bruxelles, Renier, 1854. Un volume in-4, oblong. 1846. N» 92 tredecim. Carte intitulée : Géologie. Terrains des environs de Stavelot. PL X. J. B. Blasseau sculp. Imp. H. Borremans et C» à Brux. Annales des travaux publ. Tom. 6. Page 209. Echelle de 1 à 90,909. Avec une légende pour les différents terrains. Cette carte comprend Spa, Malmedy, Stavelot et les pays environnants. Larg. 0™35o, haut. 0'"24. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Géologie. Rapport adressé à M. le Ministre des travaux publics, sur des recherches et des expériences faites dans le but d'amender, au moyen de la chaux, une partie du sol de VArdenne; par Guillaume Lam- bert, aspirant des mines. Février 1846. Imprimé dans les : Annales des travaux publics de Belgique. Documents scienti- fiques, etc. Bruxelles, Vandooren. 1848. Tome 6. Page 209. 1847. N" 93. Carte intitulée : Ministère des travaux publics. Ponts et chaussées. Plan général de la partie du cours de la Meuse, comprise entre les villages de Chokier et Herstal, dressé pour servir à V intelligence du projet destiné : 1°. A préserver Liège de IHnvasion des eaux de la Meuse et à prévenir les désastres auxquels cette ville est exposée par les crues. 2°. A améliorer la navigation de cette rivière, à partir de Vembouchure du canal latéral, en aval de la fonderie de canons, jusqu'à Vextrémité du bassin houiller, en amont du village de Chokier. 550 Fnit et dressé par ringénieur des Ponts et Chaussées sous- signé. Liège, le 17 octobre IH47 . J.-G.-J. HOUBOTTE. Présenté par VIngénieur en chef eu service spécial. Hocht, le i8 octobre 1847. KUMMER. Lith. J.-B. Blasseau, Brux*. Echelle de 1 à 20,000. Cette carte ne donne que les parties côtoyant le fleuve. En-dessous se trouve un profil donnant le niveau des hautes eaux, le plan projeté de flottaison, Tétiage, le plafond et le thalweg. En deux feuilles. Larg. 0'"83, haut. 0"'50. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ministère des travaux publics. Projet d'' amélioration du régime de la Meuse, depuis l'embouchure du canal de jonction de la Meuse à l'Escaut jusqu'à Chokier. Bruxelles. Em. Devroye et G'^ 1848. Un ^ volume in-4. m 1847. ^ N" 04. Carte sans titre de la partie de la province limitée par de.ix lignes partant de Hannut et aboutissant l'une à ïirle- mont et l'autre à St-Trond. Echelle de 1 à 40,000. Avec une légende pour les divers projets de route. Cette carte donne divers projets de route allant de Hannut à St-Trond et passant soit pnr Landen, soit par Gingelom. On a construit une route directe de Hannut à Landen et un embran- cliement partant de Houtain-rEvêque va à St-Trond par Gin- gelom. Larg. O'"3io, haut. O""!!. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Appel à la législature, ou résuiiié des rapports, avis et pétitions adressés au gouverne- I — 551 — ment, en faveur du projet de route directe de Hannut à Si- Trond et examen comparatif de ce projet avec les autres directions proposées, par Gh. V. Hennequin, propriétaire. Liège, Gollardin, 1847. Un vol. in-4. 1851 . N* 95. Carte intitulée : Liège. I.,es armoiries de la province à la partie inférieure à droite. Echelle de 1 à 700,000. Avec une indication de la population et de la superlicie. Larg. 0,16o, haut. O^ISS. Se trouve dans Tatlas intitulé : Atlas populaire contenant la mappemonde, l'Europe, la carte générale du royaume de Belgique et celles des neuf provinces divisées en arrondisse- ments. A l'usage des écoles prini'rires. Bruxelles. B. Landrien. Un vol. in-12, oblong. 1853 N°96. Carte intitulée : Chemin de fer de Pepinster à Spa. Avec une légende pour les terrains, les établissements indus- triels, les routes, etc. Cette carte s'étend de Frai pont, Hodimont et Andrimont à Stavelot et Malmedy. Larg. 0'M95. haut. 0"'H8. Se trouve dans Touvrage intitulé : Société anonyme du che- min de fer de Pepinster à Spa. Statuts. Convention. fJahier des charges. Bruxelles. Deltombe. 1859. Une brochure in-8. 1854. N" 99 hls. Carte intitulée : Carte géologique du bassin de Theux. Joint au rapport du 16 septembre 185-^/, n" 65S. Le sous-ingénieur des mines. (Signé) A. Geoffroy. Lith. de X. Van Marche, vindve-d'Ile, à Liège. Echelle de 1 à 20,000. 552 Avec une légende poui- les terrains. Cette carte comprend Tlieux, PoUeur, VVessay, Hodbomont,etc. Larg 0"'59, haut 0'"2Gd. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Mémoire pour la Société anonyme des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain en réponse à celui de la Société d'Oneux. Liège. Desoer. 1854. Une brochure in-4. 1855. N" 09 (jfHa^er. Carte intitulée: Extrait d'une carte géologique du bassin de Theux jointe par M. le sous-ingénieur des mines A. Geoffroy à son rapport du 14 T"'' 1854. PL IL Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une légende pour les terrains. Cette carte comprend Theux, Hodbomont et Oneux. Larg. 0"'48, haut. 0"'25. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Mémoire pour la Société d'Oneux, demanderesse en coiicession de mines de zinc, plotnb et autres substances concessibles gisant sous le territoire des commîmes de Theux et Polleur, en réponse aux rapports de MM. Wellekens, ingénieur en chef des mines; Mueseler, ingénieur du 6" district; Geoffroy, sous ingénieur, et aux Mémoires de la Société de Dolhain, de la Société du Rocheux, de M. d' A)idrimont , demandeurs e)i concurrence. Liège. Desoer. 1855. Une brochure in-4. 1855. N» 99 quitique. Carte intitulée : Extrait de la feuille en date du 3i Mai i853. Joint au rapport du 10 Mai 1855, N" 656, comme preuve de V incertitude des cartes géologiques à une petite échelle. Le Sous Ingénieur des Mines, (Signé) A. Geoffroy. Etab^ géographique de Bruxelles foiidé par Pli. Vandcr Maelen. — 553 - Echelle de 1 à 10,000. Le nord est en haut. Cette carte comprend Dolhain, Limbourg, Goé, Bilstain, Hèvremont, etc. Elle est coloriée géologiquement. Larg. 0"'55, haut. 0"50. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Réponse de la Société anonyme des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain au dernier factutn de la Société dite d'Oneux du 12 avril i855. Liège. Desoer.1855. Une brochure in-4. 1855. N" 99 sex. Carte intitulée : Bassin de llieux. Joint au rapport du 10 mai 1855, n" 656. Le Sous- Ingénieur des Mixtes, (Signé) A. Geoffroy. Etablissement Géographique de Bruxelles. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une légende pour les teintes géologiques. Le nord est en haut. Cette carte comprend Theux, Oneux et Rocheux. Elle est coloriée géologiquement. l/àvg. O'"5o5, haut. 0'^255. Se trouve dans le même ouvrage que la précédente. 1855. N''99se/)tem.Garte intitulée: Extrait de la Carte Géologique de Spa, Theux et Peplnster, par A. Duniont. Etablissement Géographique de Bruxelles. Echelle de 1 à 20,000. Avec une échelle, une légende pour les teintes géologiques et une coupe. Cette carte comprend Theux et Oneux, Elle est coloriée géologiquement. — 554 — Larg, 0"'24, haut. 0'"1G. Se trouve dans le même ouvrage que les précédentes. 1855. N" 100 bis. Carte intitulée : Spa et ses etivirons. Dressé par A. H. Dufour. Gravé par M"* M. Diifour. Ecrit par Langevin. Spa et ses eiwirons par Ad. Joanne. L. Hachette et C'^ Paris. Avec une échelle. Echelle de 1 à 125,000. Cette carte s'étend au nord jusqu'à Pepinster; au sud jusqu'à Ferrières et Stavelot ; à l'ouest jusqu'à Tilf et Comblain-au- Pont, et à l'est jusqu'à Sart et Stavelot. Dans les premières éditions, le chemin de fer qui part de Pe- pinster ne va que jusqu'à Spa. Dans la dernière, il est prolongé jusque Luxembourg; le chemin de fer de l'Ourthe y est aussi indiqué. Larg. 0,20, haut. 0,145. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Spa et ses environs. Itiné- raire descriptif et historique, par Ad. Joanne. Paris. Hachette. 1855. Un volume in-12. Pag. 114. Et dans celui intitulé : Collection des guides-Joanne. Itiné- raire descriptif, historique, artistique et industriel de la Bel- gique, par A. J. Du Pays. Paris. Hachette. 1863. Un volume in-12. Page 394. Ainsi que dans celui intitulé : Coltedion des guides Joanne. Guides diamant. Belgique, par A. J. Du Pays. 1" éd. Paris. Hachette. 186 . '!'> éd. 187 . 3" éd. 1877. Un volume in-18. Page 246. 1855 ? N" 100 quater. Carte intitulée : Chemin de fer de Liège à Maestricht par la rioe droite de la Meuse. Section de Liège à la frontière néerlandaise. ./. Peelers, soilp. — 555 — Echelle de 1 à 20,000. Cette carte s'étend de Liège à Visé sur la Meuse et comprend les villages situés sur les deux rives avec leur population. En deux feuilles ('). Larg. Om88o, haut. 0™50. 1856. N° 101. Carte intitulée (*) : Plan général du Tracé du Chemin de fer des jJÏateaux de Heroe, de la Vesdre à la Meuse, et de Liège à Aix-la-Chapelle . Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph. Vander Maelen. 609. Echelle de 1 à 100,000. Avec une légende pour les chemins de fer. Cette carte est limitée au nord et à l'est aux confins de la province, à l'ouest à Othée et au sud à Tilf, Fraipont, etc. Elle donne donc la partie nord-est de la province. Ce projet comprend deux sections à peu près perpendiculaires, dont l'une va de Lixhe à Verviers et l'autre de Liège à Aix-la- Chapelle : leur point de rencontre est au hameau de Ghaineux. Larg. 0n7, haut. 0'"37. Est jointe au mémoire intitulé : Chemin de fer agricole et industriel des plateaux de Hervé, de la Vesdre à la Meuse et de Liège vers Aix-la-Chapelle. Mémoire à l'appui du projet. Par Fr. Capitaine, S'-Paul de Sinçay et Forgeur. Liège. Car- manne, 1856. Une brochure in-4. 1858. N" 102 bis. Carte sans titre de la province de Liège. Cette carte est entourée des diverses productions de la pro- (*) Une autre carte aussi en deux feuilles comprend la Section de la frontière néerlandaise à Maesiricht. (') Cette description remplace celle du premier travail. — 556 — vince : la liste de ses hommes célèbres se trouve à côté. Elle est assez petite, les chemins de fer n'y sont pas indiqués. Larjç. 0'"l\, haut. 0'"06. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Analyse géographique des provinces de la Belgique. 1858. Cet ouvrage est autographié : il a été composé et exécuté par le major du génie Demarteau. 1859 ? N° 103. Carte intitulée : Carte des environs de Spa. Le /)■' Jules Lezaack. Exécutée chez C. Callewaert frères à Bruxelles. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle et un indicateur. Le nord est en haut. Cette carte est limitée au nord à Dison et Limbourg, à l'ouest à Chênée et Ferrière, au sud à Basse-Bodeux et Wanne, et à Test à Malmedy. Elle comprend donc la partie sud-est de la province. Larg. 0,35, haut. 0,26. Est encore dans le commerce. 1859. N° 103 bis. Carte intitulée : Province de Liège. Etah^ géographique, L. Mols-Marchal, rue St-Jean, 48, à Bruxelles. Avec les armoiries de la province, trois échelles et une expli- cation des signes conventionnels. Larg. O-^dOo, haut. 0'"225. Se trouve dans un atlas sans titre. A été reproduite plusieurs fois depuis avec les changements survenus. 1859. N° 103 ter. Carte intitulée : Liège. Etab^ géographique de L. Mols-Marchal, rue St-Jean, 48. Déposé. 557 Avec les armoiries de la province de Liège, une échelle et une explication des signes conventionnels. Larg. 0"M8, haut. 0"'14. Se trouve dans l'atlas intitulé: Atlas de poche de la Belgiqtu- divisée en provinces, arrondissements, etc., etc., dressé d'après les documents les plus officiels par Louis Mols-Marchal. Bru xelles. Un volume in-42. Et dans celui intitulé : Nouvel atlas géographique de la Bel- gique àl'usage de l'enseignement. Etc. Dressé d'après les docu- ments les plus récents par L. Mols-Marchal, géographe. Bru- xelles. Un volume in-12, oblong. 1859. N" 103 quater. Carte intitulée : Liège. 9. Lith. de C. Callewaert frères. Bruxelles. Déposée. Avec les armoiries de la province de Liège, une échelle, une explication des signes conventionnels et une note des produits de la province. Larg. 0'"15, haut. 0"'H5. Se trouve dans l'atlas intitulé : Guide des voyageurs sur tous les chemins de fer de la Belgique : avec le même titre en anglais et en allemand et un second titre : Nouvel atlas de Ui Belgique dédié à S. A. B. la princesse CJiarlotte. Bruxelles. Callewaert. Un volume in-12. C'est une seconde édition du n" 99 de 1853. 1859. N" 103 quinque. Carte sans titre de la commune d'Aubel. Inip. et Chromolith. L. Severeyns à Liège. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une rose des vents. Cette carte ne comprend absolument que la commune d'Aubel. Un trait bleu indique la séparation entre les villages dont les noms sont wallons et ceux dont les noms sont flamands, et un trait rouge indique la séparation entre ceux où on parle wallon et ceux où on parle flamand. — 558 ~ Larg. 0"'45, haut. 0">205. Accompagne une lettre de M. J.-L.-J. Nicolaï, bourgmestre d'Aubel, en réponse à la demande faite par la Société liégeoise de littérature wallonne, concernant la démarcation entre les pays flamands et wallons. {Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne. Liège, Garmanne, 1864, tome VII, p. 1.) 1859. N" 103 sex. Carte intitulée : Chemin de fer de Bilsen à Tongres. Novembre i859. Lith. deJ. Coune à Liège. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle. Comprend le pays situé entre Liège, Landen, Hasselt et Maestricht. Larg. O^iS, haut. O-nSe. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer de Bilsen à Tongres, première section de la ligne Liégeoise-Limhourgeoise. Pétition adressée à la Chambre des représentants par les habitants de Tongres, sous le patronage du Conseil communal. 23 novembre i859. Tongres, Demarteau-Thys. Une brochure in-8. 1862. N" 225. Carte intitulée : Jonction Belge-Grand-Ducale. Carte du Grand-Duché de Luxembourg et des pays voisins avec l'iiidication des principales usines. i8(j2. Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph. Mander Maelen. Echelle de 1 à 333,333. Avec une échelle. Cette carte comprend toute la province de Liège et celle de Luxembourg. Larg. O-^eO, haut. O^TôS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Jonction Belge-Grand- _ 559 - Ducale. Chemin de fer destiné à relier les arrondissements de Liège et de Verviers au Grand-Duché de Luxembourg 'par Spa, Staielot et Ettelbruck. Rapport communiqué à la Chambre de commerce de Verviers par Lucien Renard, ingénieur. Liège, F. Renard, éditeur, 1862. Un volume grand in-8. La carte a aussi été publiée séparément. 1863. N° 226. Carte intitulée : Pian général du Tracé du Chemin de fer des plateaux de Hervé, de la Vesdre à la Meuse, et de Liège à Aix-la-Chapelle . Imp. et Lith. de L. de Thier et F. Lovinfosse à Liège. Echelle de 1 à 160,000. Avec une légende et une liste des noms des charbonnages. au nombre de 25. Le nord est en haut. Cette carte est limitée au nord à Maestricht, à l'ouest à Tongres, au sud à l'Ourthe et à l'Est à Aix-la-Chapelle et Eupen en Prusse. Elle comprend donc la partie nord-est de la province de Liège. C'est le même projet que celui du n° 101 de 1856. Larg. O-^STS, haut. 0'"225. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer des plateaux de Hervé. Mémoire sur la concession accordée le 12 août i862. Liège, De Thier et Lovinfosse, 1863. Une brochure in-4. 1863. N" 227. Carte intitulée : Carte des concessions houillères de la province de Liège et de la partieEst de la province de Namur. Dressée à Vèchelle de 1 à 100,000 par Ph. Vander Maelen Fondateur de l'Etablissement Géographique de Bruxelles. i05i. En vente à la librairie de Decq, successeur de Gouchon, à Liège. Déposée. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle, un tableau indicatif donnant l'étendue des concessions en hectares, et une légende géographique. 560 Cette carte est limitée au nord à Tongres; au sud à Giney et Malmedy; à l'ouest à Namur et à l'est à Eupen. Sur cette carte, chaque concession se distingue par un coloris spécial : on y trouve la limite du bassin houiller. Un petit carton à l'échelle de 1 à 600,000 indique Vensemble des mines métalliques concédées en Belgique. Une seconde carte pour le Hainaut et la partie ouest de la province de Namur s'assemble avec celle-ci. Larg. 0"'88, haut. 0"'5G5 Est encore dans le commerce. 1865. N" 228. Carte intitulée : Plan géologique de la concessio)t calaminaire Vieille-Montagne indiquant la direction des failles métallifères, la situation et nati'.re des gites reconnus et exploités par la société de la Vieille-Montagne. Planche I. Etab. Lith. et Chrom. de L. Severeyns et A. Faust à Liège. Echelle de 1 à 20,000. Avec une échelle, une rose des vents et une légende pour les teintes. Cette carte est limitée pour la Belgique aux villes de Baelen, Dolhain, Henri-Chapelle et Bleyberg et pour la Prusse à celle de Gemereth et aux villages de Walhorn, Geulbach, Ghampel- heide et Biidehen. Le territoire neutre y est aussi compris. Larg 0"'67, haut. On?. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Second mémoire adressé à MM. les président et membres de la Députation permanente du Conseil provincial de Liège par la société de la Vieille- Montagne à l'appui de sa demande en extension de concession des mines de blende, plomb et pyrite gisantes sous un péri- mètre de 2,514 hectares compris dans la partie belge de sa concession calaminaire. Et en réponse aux demandes en concurrence de M. le baron de la Rousselière et de la société de Hont hem- Levant. Liège, Desoer, 1865. Un volume in-folio. Planche L — 561 — 1866. N" 229. Carte intitulée : Société anonyme de Bleyberg ès- Montzen. Demande d' extension de concession en date du 11 Août 1862. Lith. de L. de Thier et F. Lovinfosse, à Liège. Echelle de 1 à 20,000. Avec une rose des vents et une légende pour les teintes, etc. Cette carte a à peu près les mêmes limites que la précédente. Larg. 0'"95, haut. On85. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Société du Bleyherg à Messieurs les président et membres du conseil des mines, à Bruxelles .Liège. Be Thier et Lovinfosse. 1866. Un volume in-8. 1866. N" 230. Carte intitulée : Carte itinéraire des environs de Spa. Publiée par Engel. Dressée par E. Cerveaux. 1866. Lith. Anst. v. J. G. Bach, Leipzig. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle. Elle ne comprend que la commune de Spa et des languettes des communes limitrophes. Le plan de Spa à l'échelle de là 5, 000 se trouve sur cette carte. Larg. 0'"70, haut. O'"o0. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Spa, ses fontaines miné- rales, ses promenades, ses monwnents, ses plaisirs et ses envi- rons, Liège, Verviers et leurs grandes industries, par J. Goffin. Bruxelles, Lacroix-Verboeckhoven et C'", 1867. Un vol. in-18. 1867. N° 231. Carte intitulée : Spa et ses environs. Dressée par les soins du D"" Lambert Lezaack, hxspecteur des Eaux-Minérales de Spa. Lith. de Thiry-Vanbuggenhout. rue de VOrangerie, 22, Bruxelles. 562 Bniclt Maréchal, Lib. Editeur, Spa. Echelle de 1 à 70,000. Avec une échelle. Cette carte est limitée au Nord à Nessonvaux et à Limbourg; au Sud à Chevron, Rahier et Troisponts ; à l'Ouest à Fraipont et Aywaille et à l'Est à Malmedy, Elle comprend donc la partie sud-est de la province. Larg. 0,38, haut. 0,395. Se trouve dans Touvrage intitulé : Guide aux eaux et aux jeux de Spa. Spa. Bruch-Maréchal 1867. Un vol. in-12 (i). Et dans l'édition dont le titre est : Guide pratique aux eaux de Spcf, avec des analyses comparées des eaux et une carte de Spa et de ses environs. Spa. Bruch-Maréchal. 1873. Un vol. in-12. 1868. N" 232. Carte intitulée : Projet de chemin de fer central du bassin houiller et du pays de Hervé et de jonction du Luxem- bourg aux Lim,hourgs belge et néerlandais, et de ceinture de la ville de Liège. Demande en concession de M. J. Borguet du 11 Avril 1868. Etablissem,ent géographique de Bruxelles fondé par Ph, vander Maelen. 242. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle, une légende et une liste des concessions sur la rive droite de la Meuse avec leur étendue. Cette carte s'étend jusqu'à Lixhe, près de Visé, au nord; Harzé et Xhoris au sud; Chokier et Ramet à l'ouest et Aix-la- Chapelle et Eupen à l'est. Elle comprend donc tout l'est de la province de Liège. Le projet de chemin de fer va d'Argenteau à Pepinster en décrivant une S, et passe par Hervé. (') Ce guide parait chaque année. — 563 Larg. 0™49, haut. O^ôSo. 1868. N" 233. Carte sans titre d'un projet de route avec tunnel. Etah. Lithog. de Ch. Claesen, Liège. Echelle de 1 à 20,000. Cette carte comprend toute la rive gauche de la Meuse depuis Seraing jusque Liège. Elle indique un tracé de route partant de Tilleur et aboutissant en droite ligne au jardin botanique, en passant sous la montagne de St-Gilles par un tunnel. Un embranchement part du pont d'Ougrée et vient aboutir à l'en- trée du tunnel du côté de Tilleur. Sur la même feuille, il y a une coupe du parcours de la route à la même échelle, et une coupe du tunnel (transversale) à une échelle plus grande. Larg. 0™34o, haut. 0™255. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Le tunnel Cockenll. Projet de communication directe entre les Bassins de Liège et de Seraing, par Simon Deltour-Rosius. Liège. De Thier et Lovinfosse. 1868. Une brochure in-4. 1868-69. N" 234. Carte intitulée : Province de Liège. Dictionnaire encyclopédique de géographie historique du royaume de Belgique. Etablissement géographique de L. Mols-Marchal, rue St- Jean, 48. Bruxelles. Echelle de 1 à 312,500. Avec trois échelles, une légende et les armoiries de la ville de Liège. Le titre est en dehors du cadre. Larg. 0"'504, haut. 0™223. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Dictionnaire encyclopé- dique de géographie historique du royaume de Belgique ou — 564 - description de sen neuf provinces et de ses 2558 communes, etc., etc., par Aug. Jourdain. Bruxelles, F. Vromant, 1868-69. Un volume in-8, Page 524 1869. N''235. Carte intitulée : Province de Liège. Avec une légende de 1 à 4 pour les rivières et de A à 1 pour les villes. C'est une carte muette où les cours d'eau et l'emplacement des villes sont seuls indiqués. Larg. 0"'105, haut. 0'"08. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : C'oïiecfion, etc. Géographie élémentaire de la Belgique, par M.*** Mons. Hector Manceaux, 1869. Un volume in-12. Page 68, 1869. N" 236. Carte intitulée ; Spécimen d'une carte de la produc- tion, de la Consommation et de la Circulation des Charbons belges en i869, etc., par Max Gœbel, Directeur-Gérant d'une Société anonym,e charbonnière. Dessinée par Joseph Vossen, Ingénieur civil. Etabl. Lith. de Ch. Claessen, Éditeur à Liège. Avec une Échelle pour la Consommation et le Transport, et une pour la Production; une Légende et une Explication. Cette carte s'étend jusqu'à Maestricht, Aix-la-Chapelle et Malmedy. On n'y a indiqué que les voies de communication qui sont entourées de bandes en couleur dont la largeur indique l'importance des transports, et quelques villes entourées de cercles ou de carrés indiquant l'importance de la consommation et de la production. Dans un coin de cette carte en est une autre plus petite, intitulée : Etendue géographique d'une carte, etc. Larg. 0'"465, haut. C^STS. Kst encore dans le commerce. 565 1869. N" 237. Carte intitulée : Association des ingénieurs sortis de V école de Liège. Extrait de la Carte géologique de A. Dumont, avec un tracé des gisements de minerais de fer de la province de Liège, par F. Franquoy, sous-itigénieur au corps des mines. Carte jointe au Mémoire couronné au concours de 1868. Etablissement géographique de Bruxelles, fondé par Ph. oander Maelen. Déposée. 886. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle et une légende pour les teintes des couches de terrain. C'est la carte de la province publiée en 1853 (n" 96) (') un peu rognée sur les bords, et donnant les nouvelles routes cons- truites depuis et les teintes géologiques. Larg. 0>"755, haut. O-^^eS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Etude sur les minerais de fer de la province de Liège, par M. Franquoy, sous-ingé- nieur au corps des mines, f Annuaire de VAssociation des ingénieurs sortis de Vécole de Liège. Tome XI. Premier cahier.) Liège. Desoer. 1869. 1870. N" 238. Carte intitulée : Carte de la voirie au pays de Liège par Renier Malherbe, Ingénieur. [Mémoire couronné par la Société d'Emulation.) Lith. Léon de Thier, r. du Pot-d'Or, 41 , Liège. Echelle de 1 à 125,000. A-vec une légende. Toutes les routes, chemins de fer, etc. y sont parfaitement indiqués. Il y a des côtes de niveau sur un grand nombre de routes. Une seconde édition a paru en 1877. (N° 253.) (i) Dans la table, c'est le n» 99* de i8S5. 566 Larg 0'"67, haut. O^SOS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : De Vétat des routes dans le pays de Liège, etc., par R. Malherbe. Liège, L. de Thier, 1870. Un volume in-8. (Voir N" 82 bis, page 25.) 1870? N" 239. Carte intitulée : Province de Liège. Cartographie élémentaire des écoles. Dressé et Dessiné par Ch. Périgot. Ch. Delagrave et O' Lib. Editeurs. J. Sédille, Gr. Lith., R. Montmartre, 78. Avec une échelle et une liste des signes conventionnels. Larg. 0"'19, haut, 0'"I4. Fait partie de l'ouvrage intitulé : Atlas élémentaire de la Belgique à Vusage de toutes les écoles belges, d'' après les mé- thodes les plus nouvelles, par Ch. Périgot et L. Pire. Paris, Ch. Delagrave et G'^ Bruxelles. 1 vol. in-4'' avec texte. 1870? N" 240, Carte intitulée : Liège. Étab^ Géographique de G. Callewaert, frères, Bruxelles. Déposée. Avec une échelle, une légende des signes conventionnels, une liste des produits et des industries, et les armoiries de la province. Larg. 0'"105, haut. 0'»08L Fait partie de l'ouvrage intitulé : Atlas diamant. Petit atlas théorique et pratique de la Belgique, contenant en 24 planches la géographie complète du royaume avec les leçons en regard des cartes, par C. Callewaert. 9" édition. Bruxelles,1870. Un vol. in-12 oblong. 1870? N" 241. Carte intitulée : Carte itinéraire des environs de Spa, extrait de la gravide carte topographique de la Belgique de Ph. Vandermaelen. Dressée à l'échelle de i à 80,000. Publiée par Engel, à Spa. 567 Établissement Géographique de Bruxelles, fondé par Ph. Vander Maelen, n''422. Avec une échelle. Cette carte est limitée au nord à Verviers, etc.; au sud a La Roche, Wibrin, Gherain; à l'ouest, à Angleur, au chemin de fer de l'Ourthe jusqu'à Gomblain-la-Tour et à la Roche, et à l'est à la frontière de Prusse. Elle comprend donc aussi une partie de la province de Luxembourg. C'est comme son titre l'indique, avec les pierres de la carte de Relgique au 1/80,000 que celle-ci a été gravée. Elle a encore été reproduite plus tard en 1873? avec le n° 578 et sans indication de : Élahlissement géographique, etc. Larg. 0n9, haut. 0™61 . Est encore dans le commerce. 1871. N" 242. Carte intitulée : Spéclmeti d'une carte des chemins de fer de la Belgique et des pays limitrophes. Publié par Jos. Vossen, Ingénieur-Géographe. Gravé par F. Bêcher. Établissement Géographique A.-J. Vossen, Liège. Échelle de 1 à 500,000. Avec des tableaux, une légende^ un prospectus et un Rulletin de souscription. Cette carte s'étend jusqu'à Hasselt et Sittard au nord; Marche, au sud; Saint-Trond et Huy à l'ouest, et Duren à l'est. Le chemin de fer des plateaux de Hervé y est indiqué d'après le projet qui a été exécuté. Larg. 0'"19, haut. 0°'164. Est encore dans le commerce. Elle a été reproduite au verso du Nouveau plan de la ville de Liège de 1875. N° 344. 568 1872? N" 243. Carte intitulée: Carte des mines et usines des Bassins houillers de la Belgique, du Nord de la France et de la West- phalie. Dressée d'après des documents officiels par Vossen, Ingénieur civil. Liège. Librairie Universelle de M. Juhr- Henne, Editeur. Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Editeur, à Liège. Echelle de 1 à 120,000. Avec une légende. Outre une grande partie de la province de Liège, cette carte s'étend en Allemagne jusqu'à Diiren. Sur la même feuille il y a une carte des environs d'Essen, et une de la Westphalie. Larg. O-^GOo, haut. 0'"U. Est encore dans le commerce, 1873. >'" 244. Carte intitulée : Liège. G. V.D. H. Librairie Universelle de J. Rozez, Editeur, Rue de la Made- leine, 87, Bruxelles. Déposé. Atlas de la Belgique, illustré, 10 Cartes. Prix fr. Chaque Carte séparément : Centimes. Avec une échelle, une liste des signes conventionnels et les armoiries de la province. Cette carte est entourée de 22 petites vues des villes et des monuments de la province, copiées en grande partie sur les gravures de la Belgique monumentale. Larg. (]'"125haut. 0'"097. Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas de la Belgique illustré de plus de 200 vignettes. Bruxelles, J. Rozez, 1873. Un vol. in-4° oblong. 1873. N" 245, Carte intitulée : Carte du district industriel de Liège. — 569 — Mapofthe industrial région of Liège. Lith. Fv. Becker, Rue du Pont, 39, Liège. Avec une légende. Les indications sont en français et en anglais. Cette carte comprend les environs de la ville de Liège jusqu'à VVandre au nord, Tilff au sud, Flémalle à l'ouest et Micheroux à l'est. Larg. 0™50, haut. 0'"18. A été publiée à l'occasion du congrès de l'Institut du fer et de Tacier. Se trouve aussi dans le : Guide de l'étranger à Liège et dans ses environs, par Ph. de Bruyne. Dans cet ouvrage, la légende se trouve en français seul. Liège, 1873. Un vol. in-1'2. Page 46. Elle se trouve également au verso du Nouveau plan de la ville de Liège, de 1875, n" 344. Seulement il ne s'étend à l'est que jusqu'à Wandre et Beyne. 1875. N" 246. Carte sans titre des environs de la ville de Liège. Ne donne que le tracé des chemins de fer jusqu'à Ans, Jemeppe, Seraing, Chènée, etc. Un chemin de fer de ceinture entoure presque toute la ville depuis la station de Vivegnis jusqu'à la voie vers Maestricht. La station de Longdoz entre dans l'intérieur de la ville et est à rebroussement. Larg. 0™125, haut. 0">l9o. Se trouve sur la carte intitulée : Carte générale des chemins de fer belges. Adoptée par V administration des chemins de fer, postes-télégraphes et marine de Vétat. Editée par A. Boudart, attaché au département des travaux publics [service de V exploitation) . Lith. Herman et Marchant, Rue du Boulet, 9, Bruxelles. Déposé. 2" édition. Janvier 18/5. A cette carte est joint un livret ayant pour titre : Chemins - 570 - de fer belges. Nomenclature des stations, haltes, etc. et rensei- gnements administratifs complétant la carte générale, etc. par A. Boudart, 2" édition. Bruxelles, Glosson.1875. Une bro- chure in- 12. Sur la même carte sont encore les plans des environs des villes de Bruxelles, couchant de Mons, Charleroi et Gand. 1875. N*'247. Carte intitulée : VOurte et l'Amblève. Cette carte s'étend de Liège au nord, à Houffalize au sud, Marche à l'ouest et Pepinster à l'est. Larg. 0"'085, haut. O'^U. Se trouve au verso du plan intitulé: Nouveau plan de la ville de Liège, etc. Liège. Decq. 1875. (N» 344 des plans.) 1875 N" 248. Carte intitulée : La Meuse de Namur à Liège. Cette carte s'étend de Waremme au nord, à Durbuy au sud, Namur à l'ouest et Liège à l'est. Larg. 0"'U, haut. O-^OSB. Se trouve au verso du plan cité ci-dessus. 1875. N^ 249. Carte intitulée : Spa et ses environs. Cette carte s'étend de Pepinster au nord, à Stavelot au sud, La Reid à l'ouest et Francorchamps à l'est. Larg. O^OSS, haut. 0'"14. Se trouve au verso du plan cité ci-dessus. 1876. N° 250. Carte intitulée : Carte pratique de Spa et de ses Environs. Annexe du nouveau guide des Etrangers. Proprié- taire J. Goffin fils, 4S, Avenue du Marteau. Gravé par Fr. Becker, Liège. Imp. J. Goffin fds, 48, Avenue du Marteau, Spa. - 571 - Avec une légende. Cette carte est limitée au nord à Verviers ; au sud, à Trois Ponts; à l'ouest à Ghaudfontaine et Aywaille et à Test à Jalhay, Francorchamps et Stavelot. On n'y a renseigné que les villages principaux. Les routes pour voitures, les chemins pour pié- tons, les bois sont coloriés. Larg. O^âlS, haut. 0™50o. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nouveau guide des étran- gers à Spa contenant : tous les renseignements utiles ; Vitiné- raire des rues de la ville et numéros des maisons garnies qui portent enseigne ; Vadresse de tous les commerçants et une carte pratique de Spa et des e7ivii'ons. Spa. J. Goftin, 1876. Un vol. in-18. 1876. N" 251 . Carte sans titre des environs de Seraing. Echelle de 1 à 20,000. Comprend le cours de la Meuse depuis Ougrée jusqu'à Flé- malle-Grande ; c'est un extrait de la carte de Vandermaelen à laquelle on a ajouté le tracé des failles, etc., à 200" sous la Meuse, le tracé de l'allure des couches, et la position des prin- cipaux puits. Larg. O-nlSS, haut. O^^IST. C'est un spécimen joint au prospectus de la carte géologique du bassin houiller de Liège par M. Julien de Macar. 1877. N°252. Carte intitulée: Province de Liège. Gravé par A. Verwest Brux\ Propriété de V Indicateur Général Illustré de V Industrie et du Commerce. En vente au bureau, 24, rue de Parnasse, à Br^(,xelles. Etc. Avec une échelle et une légende. Larg. 0™52. haut. 0"'235. 572 Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas des neuf provinces de la Belgique à l'usage de l'enseignement primaire et moyen. G. Lechein et G'*. Ixelles, 1877. Un volume in-folio. 1877. N° 253. Carte intitulée : Carte de la voirie au pays de Liège par Renier Malherbe, Ingénieur. (Mémoire couronné par la Société d'' Emulation), 2""' édition. Lith. Léon de Ihier, rue du Pot-d^Or,41, Liège. Echelle de 1 à 125,000. Avec une légende. C'est la même carte que le n" 238 de 1870: on y a ajouté le chemin de fer de Huy à Modave, ainsi que tous les châteaux de la province et quelques noms de lieux. Larg. 0™67. haut. 0"'505. Est encore dans le commerce. 1877. N» 254. Carte intitulée : Nouvelle carte topograpliique et m,inéralogique de Spa. LitJi. de Bourdoux-Sody à Spa. Echelle de 1 à 100,000. Avec une échelle et un Indicateur pour la manière dont sont représentées les villes, etc. : ainsi que les mines, carrières, etc. Cette carte est limitée au Nord à Verviers; au sud à Vielsalm; à l'ouest à Chaudfontaine et Harre et à Test à Malmedy et St-Vith. Larg. 0"'38, haut. 0n2. Derrière cette carte, pliée pour former huit compartiments, on trouve dans le premier le titre : Nouvelle Carte des Environs de Spa. Augmentée de renseignements utiles. Spa, Bourdoux- Sody, libraire. — 573 - Dans le second compartiment est un plan intitulé: Itinéraire des Rues et promenades de Spa. Les six autres compartiments sont occupés par une notice sur la ville de Spa. •1877. N° 255. Carte intitulée : Province de Liège. J. Bartholomeiv, Edimbourg. Mous. Hector Manceaitx. Propriété. Echelle de 1 à 555,555. Avec une échelle et une explication des signes employés. Cette carte est limitée au nord à Bilsen, Alaestricht; au sud à Houffalize ; à l'ouest à Tirlemont, Namur, Dinant et à l'est à Eschweiler et Montjoie en Prusse. Larg. 0"'19, haut. 0™lo. Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas spécial de la Belgique dressé par M. John Bartholomew dhiprès la carte de l'état- major belge, avec le concours de MM. Cornet, Malaise, etc., et mis en rapport avec la géographie élémentaire de la Belgique par M***. Mons. H. Manceaux. Un volume petit in-4. 1878. N° 256. Carte intitulée : Carte des environs de Verviers. J. Belen. Echelle de 1 à 160,000. Avec une légende. Limitée au nord à Julémont, Henri-Chapelle ; au sud à Spri- mont, Spa; à l'ouest, à Herstal, Beaufays et à l'est à la frontière de Prusse. Larg. 0™20, haut. 0"1d. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Le barrage de la Gileppe. Guide du touriste, par Ernest Gilon. Verviers. E. Gilon. 1878. Un volume in 12. Page 230. 1878. N° 257. Carte intitulée : Spa et ses environs. — 574 — Echelle de 1 à 160,000. Avec une légende. Limitée au nord à Verviers, au sud à Trois-Ponts, à l'ouest à (Jomblain-au-Pont et à l'est à Jalhay et Francorchamps. l.arg. O'"18o, haut. 0"^15d. Se trouve dans le même ouvrage que la carte précédente, page 198. 1878. N" 258. Carte intitulée : Carte de Vabbaie de Val-Dieu et de ses environs. Echelle de i à 20,000. Avec une légende. Limitée au nord aux hameaux de St-Jean-Sart et Kreft; au sud à ceux de Cerfonlaine, Houleux; à l'ouest à ceux de Her- wière, Asser et Hiervache et à l'est à celui de Gathie faisant partie des communes d'Aubel et de Charneux. Le chemin de fer projeté de Liège à Bleyberg y est indiqué. Larg. O-^SO, haut. 0"'14. Se trouve dans le même ouvrage que les deux cartes précé- dentes, page 214. 1878. N°259. Carte intitulée : Plan à vol d'oiseau du Barrage delà Giieppe,du Lac, des appareils de la prise d'eau et du Barrage de la Borchène, avec i)idication de Vancien lit de la Gileppe. Echelle de 1 à 20,000. Avec une légende et une rose des vents. Comprend la partie de la forêt de Hertogenwald où se trouve le cours de la Gileppe jusqu à l'embouc'uire de cette rivière dans la Vesdre. Le lac de la Gileppe y est représenté. Larg. 0""20d, haut. 0"'i55. Se trouve dans le même ouvrage que les trois cartes précé- dentes, p. 102. — 575 — 1878. N° 260. Carte intitulée: Chemin de jer demandé de Visé à Michuroux. Liège, H. Vaillant-Carmanne . C'est un croquis qui ne représente que le parcours des che- mins de fer partant de Liège et allant jusqu'à Maestricht d'une part et jusqu'à Verviers de l'autre. Le tracé proposé partant de Visé et aboutissant à Micheroux, sur le chemin de fer des plateaux de Hervé, est indiqué en rouge et porte quelques côtes de niveau . Larg. 0"^32, haut. 0"'38. Jointe à la brochure intitulée: Comité des charhonniera et industriels du pays de Hervé. Cheynin de fer Visé-Micheroux . Documents. Liège, Vaillant-Carmanne , 1878. Une brochure in-8^ I DEUXIÈME PARTIE oï*:c PLANS GRAVES. 1572. N" i bis. Vue intitulée; Liegi. Fr'"' Valegio. Avec les armoiries de Févêque (G. de Groesbeck) et celles de la ville. C'est une vue prise des hauteurs de St-Gilles. Larg. 0'"I2, haut. O-^OS. Se trouve dans un atlas en italien de 126 planches, dont elle est la 45^ D'autres planches portent l'indication : Martinus Rota Sibe- lùcensis forniis, ou fecït. i572. 1577. N" 2 ter. Vue intitulée: Liège, i5. Anno Dnj MDLXXVII im January. En dessous sont inscrits douze vers en allemand, donnant l'explication de Faction qui se passe au premier plan. On y voit en effet un corps de troupes écossaises au service des états de Brabant depuis 1576 {Die Schotten) qui repousse une partie de coureurs espagnols {Hispanigsche Singoren) près de Ju- pille. On découvre à droite le village de Jupille et dans le fond la ville de Liège, où l'on distingue particulièrement le Pont-des- Arches auquel on n'a pas donné moins de quinze arches. Larg. 0™27, haut. 0"'18. Se trouve dans Fouvrage intitulé: Ilistoria vM.nd ah coniro- — 578 — feyfung fùrnemlich der Niderlendischer geschichten und krlegshendelen mit hôchstem fleisz beshriehen diirch Merten vo?î Mancuel, 1593. Un volume in-4. 4577. N° 2 quater. Vue intitulée : Liège, 72. Avec quatre vers en latin en dessous. C'est une réduction de la vue précédente. Larg. O'MoS, haut. 0"'l-25. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les guerres de Nassau destiiptes par Guillaume Baudart de Deinse en Flandre. Amsterdam. Michel Colin, 1616. Un volume in-8 oblong. Page 225. Et dans l'édition hollandaise : Nassauwe oorloghen, etc. 1580. N° 2 quinque. Vue intitulée : Waare beschreibung und ah confrafehlung der bischostichen statt Luttich {hors du cadre). Avec les armoiries de l'évoque Gérard de Groesbeck,à gauche; celles de l'empire, au milieu et celles de la ville de Liège, avec le mot Liège, à droite. Vue à vol d'oiseau de la ville prise des hauteurs de St-Gilles. Gravure sur bois. Larg. 0'"155, haut. 0"'l'2o. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Niderlands beschreibung in welcher aller darinn begriffnen Landeschaff'ten, Fûrstens- chiimben, etc., par L. Guichardin. Bàle, Sébastien Henricpe- tri, 1580. Un volume in-folio. Page 319. 1615. iN" 5 bis. \'ue de la ville de Liège assez insignifiante et don- uant peu de détails. Larg. 0"'20, haut. 0'"12. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Le Petit. Nederlandsche rrpubhjcki'. Amsterdam, 1615. Un volume in-4, oblong. 1 — 579 - 1615. N" 5 ter. Vue intitulée : Pourtrait de la Ville de Liège. P. D. Huvges P (pinxit). Mat'cette aq. fort. 1872. fol. 46. Cette vue est prise des hauteurs de la Chartreuse : au premier plan ce sont les vignes, et à gauche sur une hauteur une église, probablement celle du couvent de la Chartreuse. Tout le quartier d'Outre-Meuse est entouré d'une fortification bastionnée avec une tour au milieu des courtines. On voit une quantité d'églises dans ce quartier ; mais elles sont très- inexactement représentées. Le pont des Arches est vu dans sa longueur : (*) il ny a rien dessus : la chapelle Ste-Barbe devrait s'y trouver : il n'en est pas même question dans le texte. La porte Maie Governe s'élève au commencement du pont sur la rive droite. Sur l'autre rive du fleuve (J/osa (lumen) on voit encore une masse d'églises impossible à reconnaître, excepté la cathédrale de St-Lambert. Sur le quai de la Batte on distingue particulièrement la maison du Poids de la ville. Le mur d'enceinte de cette partie de la ville est garni de tours surmontées de toits pointus. La citadelle n'existe plus. Lariï. ()'"22, haut. 0'"2G. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Voyage de Philippe de Hurges à Liège et à Maestrict en i615 publié par H. Miche- lant. Liège, Grandmont-Donders. 1872. Un volume in-8. Page 220. 1618. N" 5 quater. Vue intitulée ; Liège. Leuck. Aegidius Marischal pictor Leodii deliniaoit. A". i618. Johan veenen fec : Gerrardus Alzenhach exc{f) : (M Le pont dont il est ici question avait été construit de 14:22 à 1446. il a été détruit en 1643. [■) D'après M. Bodel ce plan a paru à Strasbourg où Aizenbach avait une boutir4iic. 580 A la partie supérieure, c'i gauche, sont les armoiries de Ferd. de Bavière avec la devise : Avita fide, et à droite les armoiries de la ville de Liéye. Cette vue est prise des hauteurs au dessus de Saint-Maur, ce qui est indiqué par l'inscription suivante qui se trouve à la partie inférieure : S, Maure là ou on a eu prospect de la cité. On y voit un grand nombre de monuments de la ville des- sinés dans tous leurs détails : les noms de quelques-uns se trouvent au-dessus ; ce sont : Templum S. Laurentij. Teni- plum S. Martini. S. Walburgis. Porta S. Walburgis. Teni- pliim S Lamherti. Bouillon (*) Argenté. (Argenteau). Herstal. Il y a en outre des numéros de 1 à 96 qui renvoient à une légende qui ne se trouve pas sur le plan (^). Le pont des Arches est celui qui a été renversé par les eaux en 1643 ; il est couvert de constructions des deux côtés, avec la chapelle Sainte-Barbe et la salle de la compagnie des arbalé- triers au milieu. Le pont d'Avroy y est représenté avec la façade de la porte. Les bâtiments de Tabbaye St-Laurent sont encore ceux cons- truits par Reginard en l'an 1030. On voit cependant à l'extré- mité gauche le pignon des écuries qui furent construites en 1618, l'an même de la confection du plan. Les autres bâtiments ne furent reconstruits qu'en 1727 et 1758. La façade de l'église Saint-Jacques présente deux tours carrées. (') Au dessus dos ()00 degrtSs. Sur le i>lan de !t>4'J c'esl Payenporlc ou Bolton- porte. ;*) 11 est probable (jue celle vue aura clé gravée pour être annexée à l'ouvrage attribué à Vandenberg, intitulé : Abràjù de t'Esial tant sacré que civii de la très fumeuse cité de Liège en IGl^. En efTet l'ordre dans lequel les nionumenlf, etc., sont décrits dans cet ouvrage, esl le même que celui des n^s gravés sur la vue. Le manuscrit du travail de Vandenberg a ^-lA publié par Lavalieye sous le titre : Le vieux Liège, ncî monumeuis religieux et civils, etc. : d'abord en feuilleton dans ht Gazette de Liège, et ensuite on une brocluiro imprimée chez Dcmarteau en I8?)7. — 581 — La flèche de l'église St-Paul n'est pas édifiée. L'église St- Pierre existe encore. L'église St-Lambert aussi. Le collège des Jésuites anglais était achevé depuis deux ans seulement. En quatre feuilles. Lai g. -2'"05, haut. 0'"40. Cette vue faisait partie de la collection de M. Bodel Nyen- huis, à Leide : après sa mort elle passa à la bibliothèque de cette ville. Je l'ai décrite d'après une copie très-exacte que M. le chanoine Henrotte en a fait prendre. 1625. N" 5 qulnque. Vue intitulée : Veiie de dessun le petit pont de la ville de Liège. Le Meunier ad vivum deiin. et sculp. Cette vue est prise du petit pont, endroit qui porte actuelle- ment le nom de pied di( pont d'île. Le bras de la Meuse qui passe sous le pont paraît avoir une largeur exagérée ; il est couvert de bateaux. A droite est la place aux chevaux, sur laquelle est situé le séminaire de la Chaîne ; au-delà, la Haute- Sauvenière et l'église Ste-Croix. Puis les anciennes maisons à façades en pignon à gauche de l'entrée de la rue Basse-Sauve- nière. Le long de l'eau, on voit ensuite le derrière des maisons de cette dernière rue, ainsi que les maisons avec jardins en terrasse de la rue Mont-St-Martin. L'église St-Martin est à l'extrémité gauche de la planche. Sur l'autre rive du fleuve on ne voit que quelques maisons. Larg. 0"498, haut. O"' 112. Fait partie de la collection de M. Henri Duval, à Liège et se trouve à l'Université de Leide (collection Bodel-Nyenhuis). 1625. N''5 sex. (') Vue intitulée : Lûttich. D. 97. (-) (*) Remplace le n» ll^iis du deuxi'^rae supplément. (-) D'autres planches ont les armoiries de la ville dans le coin supérieur à droite. — 582 — Au premier plan de la gravure est une allégorie représentant une tour surmontée d'une déesse ; en avant est un roi regar- dant des fleurs; à droite, un enfant joue avec des bulles de savon. Cette allégorie est expliquée par la phrase suivante, qui se trouve inscrite au-dessus de la gravure, en dehors du cadre : Quod cito fit, clto périt ; et par les vers suivants, en latin et en allemand inscrits en-dessous de la gravure : Quod cito sit cito forte péril: cito dives, egenus Fit cito : perpetuum fert mora justa bonum Was schnell geschicht, vergeht schnell iviedr Was bald aufsteigt, fàllt wiedr hald niedr Die redite zeit, verstehe mich, Bringt das hestendig gut mich sicli. Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. On distingue particulièrement le mur des 600 degrés, la rue Pierreuse, le couvent des Jésuites anglais, les églises de Saint- Martin et de St-Paul, Larg. Qn'US, haut. 0"'07. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Emblemata, seu mora- lia politica, figuris artificiosis inventa, versibus quoqae la- thiis ac rhythmis teutonicis conscripla et publico juri tradita, per Danielem Meisneruni Commotlioriensem (kommotau) BoJiemum, P. L. C. accessit diversaruni regionum, inclyta- runi, urbium et civitatum, necnon aniœnissimorum locorum viva delinealio. ï'rancfort. p]berhardt. 1625 à 1627. Un volume in-12" oblong. Et dans une autre édition en allemand dont le titre est : Daniel Meissners, P. L. C.Sciagraphia cosmica, oder : Eigent- liche Abbildung achthundert der mehrentheils vornehmsten Stddte, Bestungen und Schlosser, so allenihalben in allen Theilen der Welt beruhmt si7id. Nuremberg, Paul Furstens. 1678. Un vol. in-12'' oblong. 4" partie n" 07. I — 583 — 1649. N° 9 bis. Plan intitulé : Leodium nobilisshna inferiovis Ger- maniae Ebui'onwm et totius eeleberrima civitas. Andréas Zeldler cap. leut, delineavit. Lôffler fecit. Avec une description en allemand du siège de la ville en 1649 par Ferdinand de Bavière, sous les ordres de comte de Spaar. A la partie supérieure sont les armoiries de Liège, Bouillon, Bavière, Franchimont et Looz, et à la partie inférieure, au-des- sus de la notice, celles du comte de Spaar. Il y a en outre une vue du palais et une carte des environs de la ville. La ville est attaquée de tous les côtés, excepté vers la cita- delle. Le faubourg Ste-Marguerite est incendié, ainsi que le fau- bourg St-Laurent. Les assiégeants sont postés sur les hauteurs de St-Gilles : une bombe tombe sur Tabbaye de St-Laurent, une autre dans la rue Sur-la-Fontaine; il y a aussi combat dans la rue Ste-Véronique. Le faubourg d'Amercœur est en feu. La Chartreuse est occupée par les assiégeants. On tire de la porte St-Léonard. Le pont des Arches est tombé : il y a un pont de bateau.x vis- à-vis de la rue St-Jean. Des chiflres renvoient à une légende. En deux feuilles. Larg. 0"8I, haut. 0'"38. Ce plan se trouve aux archives de l'Etat, à Bruxelles. 1658. N° Il bis. Vue intitulée : Die stadt LûtticJi. C'est une vue à vol d'oiseau qui paraît prise des hauteurs de St-Gilles. On voit le pont d'Avroy au premier plan. Dans le fond le pont des Arches, etc. A gauche St-Laurent. Larg. 0™095, haut. 0"07. — 584 - Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Abraham Saiirii Stdtte- Buch ode)' Aussfûhrliche iind aussvielen hewehrten alten und neuen scrihenten suzammen in ein Corjjus gehrachte hesch- reihung der fûhrnehmsten Stàtte, Platz und Bestungen meis- tens in Europa, anch theih in andern Theilen ger ganszen Welt, etc. Francfort-sur-le-Mein. Johann. Bayeni;, J. W. Ammon et "W". Seiiin. 1658. Un vol. petit in-4, page 117. 1685 ? N^ 14 bis {'). Vue intitulée : Lûttich. Prise des hauteurs de St-Gilles. On y voit le pont des Arches, le pont d'Avroi avec un élar- gissement au milieu, le pont de Torrent et le pont des Jésuites. La citadelle est encore incomplète, quoiqu'elle ait été recons- truite en 1650. Larg. O'"!!, haut. 0"'06. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1685. N" 14/er. Vue intitulée : Liïttich. Prise des hauteurs de St-Gilles. On y voit le pont des Arches, le pont d'Avroi, le pont de Torrent et le pont des Jésuites. La citadelle est encore incom- plète, quoiqu'elle ait été reconstruite en 1650. Larg. 0'"115, haut. ()"'0o7. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ausfukrliclie loid Grun- drlchtlge Beschreibung des ganzen Rheinstroms, darlnnen klârlicJi ciiihaUen, loo, ivie, und welcher Gesliill selbiger entspriiige^ etc. Nuremberg, GhristolT Riegels et Andréas Kuorzen. 1685. Un vol. in-18, page 916. ' Lus iitimtVoK 14'' et I '•'"'■ du '2- sii|ipli'mciit deviennent 14'* et W. - 585 - 1689? N" 14 quater. Vue intitulée : Lyége, Ville de la Seigneurie et de VEvêché de m&yne nom, qui est du Cercle de Westphalie en Allemagne. Fait par Aveline, Rue St-Jaque$, Avec Privilège du Roy. Avec une légende de 36 numéros. Cette vue est prise sur la hauteur entre les églises St-Ghris- tophe et Ste- Véronique. Larg. 0^51, haut. 0™195. Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège. 1694. N''156ts.Plan intitulé: Liège, Ville forte et Considérable, Ca- pitale de VEvêché et Seigneurie de Liège. Enclavée dans les Pais-Bas et du Cercle de Westphalie. Située sur la Meuse entre Mastric et Namur, à 50 degrez 41 min. de Latitude, et 21 degrez de Longetude. A Paris, Chez le S' de Fer dans Vlsle du Palais sur le Quay de VOrloge à la Sphère Royalle. Avec Privilège du Roy. 1694 . H, van Loon fecit. Avec une rose des vents. Ce plan est le premier plan géométrique qui ait été fait de la ville de Liège, aussi est-il peu exact. Il se rapproche un peu des vues à vol d'oiseau : les proportions y sont très-mal gar- dées. Voir au reste pour la description de ce plan, celle du n" 15, qui doit devenir le n" 26 bis, par suite du changement de date. Larg. 0"^245, haut. 0'M8. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les forces de VEurope, etc., par de Fer. Un volume in-4*' oblong. (*) Aveline iFronçois), dessinateur et graveur au burin et éditeur, né à Paris vers 1660, fut peut-être élève de Perelle. II mourut vers 1712. (C. Le Blanc. Manuel de l'amateur d'estampes. Tome I, p. 409.) 5 86 Et dans l'édition dont la table a pour titre : l'able des forces de VEurope, avec un Introduction à la Fortification, com- pose de i94 Plans des Villes les plus Considérables du Monde, Augmenté de Onze Plans depuis Vannée 1720 jusqu'îi il 23. Divisés selon VOrdre qu'on a jugé le plus Convenable. Par N. de Fer, Géographe de Sa Majesté Catholique. A Paris, chez J.-F. Benar Gendre de VAuteur dans Vlsle du Palais sur le Quay de VOrloge à la Sphère Royale 1723. Un \olume in-4° oblong. PI. 08. 1694. N° 15 ter. Plan intitulé : Plan de la Ville et Citadelle de Liège, Capitale de l'Evesché et Principauté de ce nom, sur la Rivière de Meuse avec ses Nouvelles Fortifications et son Profil Nouvellement desseigné sur les lieux. A Paris, Chez la Veuve du S" du Val, Géographe Ordinaire de sa Majesté, sur le Quay de VOrloge, au Grand Louis d'Or. Avec Privilège du Roy. Avec une échelle, une rose des vents et une légende de 16 numéros. La ville est entourée de fortifications qui n'ont jamais existé. Le cours de la Meuse est très-défectueux. En-dessous est une coupe du réduit ou château neuf construit sur la hauteur de la Chartreuse, avec ouvrage à couronne et enceinte en avant, s'appuyant par ses deux extrémités à la Meuse. Larg. 0"'4(>, haut. 0'n255. Fait partie de la collection de M. L. Digneflfe, à Liège. 1697. N"21. Plan intitulé : La ville de Liège. Harreityn fecit. Avecles armoiries de la ville. C'est une copie du n" 15 et suivants assez réduite. Larg. 0'"I4, haut. 0"M2.^. I — 587 — Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les délices des Pais-Pas, ou description générale de ses dix-sept provinces, etc., 2™® édition (*). Bruxelles, F. Foppens, 1697. Un volume in-12". Pag. 447. Ainsi que dans : Les délices des Pais-Bas, ou description générale de ses dix-sept provinces, etc., troisième édition. Bruxelles, François B'oppens. 1700. Un volume in-12''. Page 480. 1700? 22 bis. Vue intitulée: Leodiurn. Avec les armes de la ville dans le coin supérieur à droite. Prise des hauteurs de St-Maur. C'est une copie réduite des n°' 8 et 9 de 1649. La citadelle n'est pas encore reconstruite. Larg. 0™135, haut. 0™H. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1701. 22 ter. Vue intitulée: Die Eroberung Luttich. G. P. liugendas del. P. Decker Archit : Inv : et del. Jer : Wol/f excud : aug : vind : Johann August Corvinus sculpsit. Cum gratia et Privilegio Sac. Cœs. Mayestat. Une longue inscription en allemand donne la composition de l'armée des alliés, etc. Au premier plan on voit l'armée du duc de Marlborough. Dans le fond est une vue de la ville prise des hauteurs de Saint-Gilles et où on voit le Pont d'Avroy, le Pont-des-Arches et le Pont d'Amercœur. (•) La première édition n'a pas de plans. — 588 — Larg. O^ââ, haut. 0™16^. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Reprœsentatio Belli, ob successionem in Regno Hispanico auspiciis THum Potentisti. Invictiss. et Gloriodss. Ccesarum LeopolcU I , Josephi I et Caroli VI intra 14 Annos victoriosis armis et ijrogressihus usq. ad pacem Badensein, etc : Cura atqiie su^ntihiis Jeremiœ Wolffii h. m. Hœredtim, Augustœ Vindelicorum. Avec le même titre en allemand. Un volume grand in-folio imprimé vers 1720, comprenant 56 planches. 1701. N° 22 quater. A la partie supérieure du n" précédent, dans le cadre même, composé de toutes sortes de trophées, est un plan de la ville copié de celui des Délices des Pays-Bas. Larg. O-^IO, haut. O^SS. 1701. N" 22 quinque. Vue intitulée : In terran Leodiens. Galli imniissi. Ganiz Lûttich man ivegfischet, 10 d. 22 Dec. Se trouve sur une même planche avec neuf autres vignettes et ayant au milieu la liste des grands hommes nés ou morts en l'année 1701 : le titre en est: Memorahilia A" MDCCI.Gedenck : nnïrdigkeiten des 1701 '«" Jahres. On voit au premier plan des cavaliers de l'armée du duc de Mariborough. Au-delà la ville inexactement représentée. Dans le fond des montagnes. Larg. 0™053, haut. O^OÔS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Faits mémorables de guerre et de paix pendant le XVIll'^ siècle après la naissance de notre S. J.Ch. par des annales en taille douce traduittes du latin en français par C. Faudras. Nuremberg. Ghristophle Weiguel, 1722. Un volume in-4. 1 — :)8<» — 1700. N" -2ù 1er. Plan i/il,itiilé: Luttich. Ce plan porte des lettres de A à S sur les édifices ; mais la légende ne s'y trouve pas. C'est une copie du n" 25 bis de 1709. Lai'g. 0'"i85, haut. 0'»l-45. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1741. N"25 quater. Plan intitulé: La ville de Liège. Harrewyn fecit. C'est la même planche que le n" 21 de 1697 à laquelle on a ajouté, hors de la ville, des maisons, des champs et des ani- maux. Larg. 0"14, haut. O^^lâS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Les délices des Pais-Bas, contenant une Description générale des XVII provinces, etc. Quatrième édition, Brusselle, François Foppens, 1711. Trois volumes in-12. Tome III. Page 249. 1720. N° 25 quinque. Plan intitulé: Liège. Harrewyn fecit. Avec une rose des vents et une légende de A à P. C'est une copie des n"" 15 et suivants. Larg. 0"'18, haut. 0"'U. Se trouve dans les trois éditions suivantes : 1" Histoire générale des Pais-Eas, contenant la description des XVI f proymces,etc. Cinquième édition. Brusselle, François Foppens, 1720. Quatre volumes in-12. Tome III. Page 241. 2° Histoire générale des Pais-Bas, contenant la Description des, XVII provinces. Etc: Sixième édition. Brusselle, Veuve Foppens, 1743. Quatre volumes in-12. Tome III. Page 239. — 590 — 3° Les délices des Pays-Bas, ou description géographique et historique des XVII provi^ices helgiques. Sifième édition ('). etc: Liège. J. F. Bassompierre/1769. Cinq volumes in-12. Tome IV. Page 110. 1725? N" 26 bis (*). \ne intitulée : Liïttich, au/f' Nidcrl : Luyck, zu l.atein Leodiuvi v : au/f Franz: Liège, geheisseu. 55. (}. Bodenehr fec. et exe. A. Y. Avec les armes de Tévêque G. de Groesbeck dans le coin su- périeur à gauche et celles de la ville de Liège dans le coin su- périeur à droite, et une légende de 288 numéros. Les n"* 289 à 295se trouvent sur la planche, mais ne sont pas reproduits dans la légende. C'est une copie réduite des n°' 8 et 9 de 1649 : la légende est aussi la même. La citadelle a été reconstruite depuis, en 1650, et s'y trouve représentée avec ses bastions et ses demi-lunes. En deux feuilles. Larg. O'dSS, haut. Oi'ieS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Force d'Europe oder die Merckwûrdigst und Fûhrnehniste, nieisientheils auch ihrer fortification wegen herûhmteste statte, etc. Augsbourg, G. Bodenehr. Un volume in-4 oblong. N° 55. 1738 ? N° 30 bis. Vue intitulée: La résidence du prince et évêque à Liège. Die Fiirst und Bischôffliche Residenz in Lûttich, etc. La résidence du prince et évêque à Liège comme elle fui renouveillée en il31 , du Prince et Evêque George Louis. Collection des Prospects. Gravé par Bergmûller. Se vend à Augsbourg au Négoce commun de V Académie (') C'est réellement la septième édition. ('I Le numéro ^C'i^ du !2i"e supplément devient 2G''"''. — 591 — Impériale d'Empire des Arts libéreaux acec Privilège de Sa Majesté Impériale et avec défense iri d'en faire, ni de vendre les Copies. Cette vue est prise en avant de l'angle formé par les deux façades du palais ; la façade de gauche qui est représentée ici n'a jamais été exécutée. Dans le prolongement, on voit les bâtiments des Anglais. Au-dessus du palais, on aperçoit la citadelle. Enfin au premier plan à droite se trouve l'entrée de la cathé- drale de St-Lambert avec les deux tours. Larg. 0'"59, haut. O'"2oo. Fait partie d'une collection de vues pour optique. 1738? N° 30 ter. Vue intitulée : Uahbaye S'' Jaques à Liège. Die Kostbalire Abhtey St Jacob, etc. L' abbaye très prétieuse du St Jaques de VOrdre du St Benoit à Liège. Collection des Prospects. Gravé par Bergmiiller. Se vend, etc. : Cette vue est prise du coin de la rue du Verdbois, Dans le prolongement de la façade de l'église, il y a une rangée de maisons qui forment une rue jusqu'à la Meuse et qui est ter- minée par une tour carrée. Sur l'autre rive de la Meuse, on voit le quai d'Avroy et des clochers d'églises. A gauche on distingue le clocher de l'église des Pré- montrés. Larg. 0"'59, haut. 0™25o. Fait partie de la même collection que la précédente. 1738 ? N» 30 quater. Vue intitulée : Vue de la grande église Lambert à lÂége. — 50t> — Proàpect der y russe n St Lambert i Ku'cJiett in Làttlch. Vue de la grande Eglise de S' Lambert '( Liège. Collection des Prospects. Gravé par Bergmïdler. Se vend à Augsbourg, etc. Cette vue est prise de la sortie de la rue des 11,000 vierges : on voit à droite la dernière maison de cette rue et à gauche l'église St-Lambert : c'est ce qu'on appelait alors le Vieux Marché. Au-delà on a les maisons de Fabry-Beckers, etc. sur la place St-Lambert. Au-dessus s'aperçoivent les clochers de Saint-Pierre, le couvent des Jésuites anglais et les remparts d'Hocheporte. Larg. 0^395, haut. OmâOo. Fait partie de la même collection que les précédentes. 1738? N° 30 quinque. Vue intitulée : Vue de la Maison de ville de Liège, du marché et des fontaines. Prospect des Rath-Hausses, etc. Vue de la Maison de ville, de Liège, du Marché et des fontaines. Collection des Prospects. Joseph Xhrouuet delin. Gravé par Nabholz. Se vend à Augsbourg, etc. Cette vue est prise du coin de la rue Royale. Au premier plan on voit les excavations où passe la Légia, au-delà la pre- mière des fontaines, qui a été déplacée depuis, et les deux autres fontaines ; à droite la rue de la Violette dans sa lon- gueur et dans le fond l'entrée de la rue Féronstrée. Larg. O^SOS, haut. 0'"29d. Fait pai'tie de la même collection que les précédentes. — 593 — 1738. N" 30 sex. Vue intitulée: Vue de la Maison de ollle, de Liège, du Marché, et des Fontaines. Joseph Xhrouuet fecit. Prise des escaliers qui se trouvaient dans l'alignement de la face du Marché du côté de la place St-Lambert. On voit sur le marché les trois fontaines et les ouvertures au-dessus du cours de la Légia. Toute la face du Marché dans l'alignement de l'Hôtel de ville est en entier jusqu'à la rue Féronstrée. Réduction du précédent. Larg. 0"'21, haut. OmiâS. 1746. N° 33 bis. Vue intitulée : Lûttich. Au premier plan sont deux emblèmes : l'un à gauche repré- sentant Gérés et l'autre à droite figurant les trois grâces. Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles : on voit le pont d'Avroy en avant, et à droite le pont des Arches et le pont d'Amercœur : la longueur de ces ponts est outrée. La citadelle est au-dessus. Larg. 0"M6, liaut.0'"l5. Se trouve dans Touvrage intitulé : Schau Plusz von drey undneunszig heruhniten Stadten, so wold in Holland, Flan- dern und Brahnnt, als auch in Ober iind Nieder-Sachsen, und dem Reich, imgleichen ein hundert und dreizig pguren oais der Heydnischen Gotfer Historié, etc. Leipzig. Wolfïgang, 1746. Ln vol. in-8" oblong. Page 53. 1750? N°346t>>. Vue intitulée : Ancienne cathédrale de iSt-Lainberi fi Liège. Liih. de Palante frères, à Liège. Avec les armes de l'évêché et principauté de Liège entourées de celles du Duché de Bouillon, des comtés de Loo/;, de Moha ut de Horne et du marquisat de Franchimont. — 594 — 1. !Sé)ninai)'e épiscopal. "l. Palais du Prince-Évêque. Gete vue représente tout le pâté de maisons compris entre la place Verte, la place du Théâtre, la rue de l'Official, la rue Derrière-le-Palais, le Marché, la rue Sous la Tour, etc. La façade du palais est celle qui a été reconstruite en 1740. Le séminaire a été transféré aux Jésuites en 1787. Larg. OmSl, haut. O^ISS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Essai historique sur l'an- cienne cathédrale de St-Lamhert à Liège et swr son chapitre de chanoines tréfonciers, par X. Van den Steen de .lehay. Liège, Dessain. 1846. Un vol. in-8. 1753. N" 35 ter. Plan intitulé : Luik. Avec une rose des vents. Il n'y a rien d'exact dans ce plan. D'un côté de la Meuse on voit sur une hauteur la Citadella, de l'autre la Chartreuse. Les deux rives sont occupées par des habitations. Sur la même planche sont les plans de Gelder, Stevenswaart et Roermond. Larg. 0"'H5, haut. O'^Ol. Se trouve dans Pouvrage intitulé : Kleyne en beknopte atlas, of tooncel des oorlogs in Europa, etc. Amsterdam, David Weege. 1753. Un volume in-8 oblong. PI. 172. 1785. N" 38 bis. Plan intitiih' : hiége. Avec une rose des vejits et une légende de A à P. C est une copie du n** 25 quintiue de 1720. Larg. 0'"18, haut. 0"'16. Se trouve dans les deux éditions suivantes : 1" llel schoinvburg dcr Nederlanden of te gcographische en bislorischi; bi'st:hr>joiiirir. dcr A VII nederUuid^che provintien. — 595 — Huitième édition. Anvers, C. M.Spanoghe, 1785. Cinq volumes in-12".Tome IV. Pag. 109. 2'' Les délices des Pays-Bas, ou description géographique et Jùstorique des XVII provinces helgiques. Septième édition (') etc. : Paris. Anver.s. Spanoghe, 1786. Cinf[ volumes in- 12". Tome IV. Pag. 96. 1822. N° 42 bis. Plan intitulé : Plan d'une partie de la ville de Liège indiquant les Projets des Rues à ouvrir. Fait et dressé par nous Architecte de la ville et de l'Univer- sité de Liège. An 5:2. (signé) Chevron. Avec une échelle, une rose des vents et une légende. Ce plan s'étend entre la Meuse, les quais d'Avroi et de la Sauvenière, les rues Agimont, St-Servais, Derrière le palais, Hors-Château, Velbruck et St- Jean-Baptiste. Les nouvelles rues à ouvrir sont: une rue à travers la troisième cour du palais, une seconde dans le prolongement du pont des Arches aboutissant à FHôtel de ville, une troisième, qui est la rue de la Régence, une quatrième la rue de l'Université, et une cinquième de la Meuse à la place St-Paul, parallèle à celle que l'on a percée plus tard dans le prolongement de la rue du Dra- gon-d'Or, et qui est la rue de la Cathédrale. Larg. 0'"545, haut. 0'"48. Se trouve à la Bibliothèque de l'Université de Liège, et dans la collection de M. Léonce Digneffe. 1825. N''4;2 quater. Vue intitulée : Salle de spectacle de la ville de Liège. 70. Madou. Le Gr' Howen del. Lith. de Jobard. Cette vue est prise de la Place Verte. On voit au premier plan les maisons formant le coin avec la (') C'est réellement la !•'"- édilioii. - 59t) — place du théâtre : la Jiiaison Terwangiie ù gauche et la maison Lamarchc à droite. Larg. 0"±{, haut. 0"' 155. Se trouve daii.s le inèiiie ouvrage que la vue précédente, u" 70. 18'25 à 1830. .\"'436is. Vue intitulée : Vue du grand marché de Liège. F. Faiiton. Lith. Creniettl, Editeur. Prise le long des maisons de la face vers la place S^-Lambert. A gauche au-dessus des maisons on voit le dôme de S'-André : à droite riiôtel de Ville et les trois fontaines, La place est couverte de monde. Larj*. 0'"5G, liaui. 0"'2G. Fait partie de la collection de M. L. Dignelïe, à Liège et de celle de M. le capitaine Dejardin. 1825 à 1830. N" 43 ler. Vue intitulée : Vue de la place du, Spectacle à Liège. F. Fa}ito}i. Lith. de C.remetti, Editeur. Prise le long des maisons à gauche de la place Verte. A gauche la rue de l'Harmonie dont les deux maisons du coin sont seules construites, à droite la rue Hamal et au-dessus des maisons les clochers de S'-Jean (le café Vénitien n'est pas en- core installé au coin du boulevard de la Sauvenière). L'église S'-Martin sur la hauteur. Larj;. U"'555, haut. O-'^iO. Fait partie de la collection de M. L. Dignell'e, à Liège. 18-25 à 1830. N" 4'.> quater. Vue intitulée : Vue du Mont S'-Martin à Liège. I\ h' (ml on. LU II. de Cremetti, Editeur. Prise ihi l'diil (CAvroy. Il y a deux rangées d'arbres sur la l»roineiia(lr dr la Sauvenièi'e. A droite il n'v a encore aucune — 597 — maison construite. Sur la hauteur on voit l'église S'-Martin et à droite S'-Jean. Larg 0'"555, haut. 0'"2(j. Fait partie de la collection de M. Digneffe, à Liège. 1825 à 1830. "S" 43 quinqiie . Vue intitulée : Vue de la cathédrale de S* - Paul, à Liège. F. FantoK. Litli. de Crenietti, Editeur. Prise de la rue Vinàve-d'lle. A gauche la maison De Laminne, etc., puis la rue S'-Paul. A droite la maison du coin de la rue du Pont d'Avroy, occupée alors par la librairiL Polain. La fon- taine de la Vierge est entourée d'un grillage. La place est plantée d'arbres. Larg. O^Se, haut. O^âôS. Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège. 1829. N" 46 6i«.Vue intitulée : Hôtel de Ville et le Perron de Liège. 111. Cette vue représente la place du Marché,où s'élève la fontaine avec le perron et l'autre fontaine à droite, aujourd'hui rem- placée par celle en fonte placée un peu plus loin. Dans le fond on voit IHôtel de Ville avec la rue du Perron à gauche. A droite sont les rues sous la Petite Tour et sous la Grande Tour et au-delà une porte de l'ancienne cathédrale de S*-Lambert. Larg. 0,21, haut. 0,145. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Châteaux et monicmens des Pays-Bas. Faisant suite au Voyage pittoresque, dédié à S. A. R. la prïn*'^ d'Orange, rédigé par M. De Cloet.TomelL Bruxelles. A la lithographie Royale de Johard frères éditeurs, plaine S^^-Ciudule, N" 1^19. Un volume in-4", oblong, n" 111. (87). - 598 1829. N" 46 fer. Vue intitulée : Université de Liège, i'24. J.S. Lith. de Jobard. Cette vue est prise de la place de l'Université. Au centre est la salle académique précédée d'un grillage. A droite sont les bâtiments tels qu'ils existent encore actuellement. A gauche le bâtiment actuel n'était pas construit, de sorte qu'on aperçoit dans le lointain le Pont des Arches. Larg. 0'"21, haut. 0"'14.5. Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente, n" 124 (88.) 1830. N°47&i^\ Vue intitulée : Vue de la ville de Liège prise de la porte de Tongres. iV 20. de Peellaert del. Sturtn lith. Cette vue est prise de la montagne de Hocheporte vers la houillère de la Plomterie. On voit la route avec les remparts à gauche et le fond Pirette à droite. En avant s'élève l'église de S'-Martin. Larg. 0™205, haut. 0'»15. Se trouve dans l'album intitulé : All'um pittoresque des Pays-Bas, pour faire suite au voyage pittoresque dédié à S. A. R. la prin"" d'Orange, rédigé par M. De Cloet. Tome L Bruxelles. A la litliographie Royale de Jobard, etc. Un volume in-4". oblong, N" 20 ( '). 1830. N"47 ter. Vue intitulée: Liège. Le 2S !'"''■' à 9 heures du matin le Ch'^ Deletnme arbore le Drapeau sur la Fontaine. C'est une vue du marché avec la fontaine du Perron, et celle (') Ce troisième ouvrage de De Cloet est composé de 38 planches, sans texte. Il est devenu trcs-rarr. .le dois la chance d'en avoir eu connaissance à M. L. Dii^neffe qui le possède. - 599 — vers la place S^-LamberL On y voit l'Hôtel de Ville avec la rue à gauche, et à droite une ancienne porte de S*-Lambert. Larg. 0"'21,l]aul. 0"M4. B'ait partie de la collection de M. L. Dignefîe, à Liège. 1830 ? ^° 41 quater. Plan intitulé: Plan de Liège. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une liste de Renvois de 198 numéros. Le canal de la Sauvenière n'est pas encore comblé ; la rue de l'Université et la rue de la Cathédrale sont en projet. Larg. O^S?, haut. O-nôOS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte et de celle de M. le capitaine Dejardin, à Liège. 1832? N° 48bis. Vue intitulée : Vue du Marché et de VHôtel de Ville à Liège. Lïth. de Cremetti, rue Pont-d'Ile, N° 34, à Liège. Prise de l'entrée de la rue Royale, vers le Marché. On y voit ce dernier, couvert de monde, la fontaine du Perron et celle en avant. A droite, l'Hôtel de Ville et les ruines de la cathédrale de S'-Lambert. Larg. 0'"22, haut. 0'"I6. Se trouve dans la collection de M. Léonce Digneffe, à Liège. 1832 •? N° 48 10. Se trouve sur la carte intitulée : Nouvelle carie générale de la Belgique à Véchelle dei k 200,000. Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph. Vandermaelen (4). (') OeUe carte a eu des (éditions subséquentes avec les modiftcalions nécessitc^es par les changements survenus. — 605 ^ 1836? N" 51 ter. Vue intitulée: Vue du Marche et de VHôiel-cle- Ville à Liège. M. Motizen, fec. Lit. de M. Cremetti rue de V Université à Liège. C'est une copie réduite du n" 43^ de 1827 à 1830. Urg. O^US, haut. O^'IOS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1836? N° 51 qualer. Vue intitulée : Vue de la Place du Spectacle à Liège. Lith. de Cremetti rue de V Université à Liège. C'est une copie réduite du n" 43' de 1827 à 1830. Larg. 0"'I45, haut. 0">!0?). Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1836 ? N" 51 quinque. Vue intitulée: Vue du Mont-St-Martin à Liège. M. Monzen. Lith. de Cremetti rue de l'Université à Liège. C'est une copie réduite du n" 43* de 1827 à 1830. Larg. O-^M^B, haut. 0™i05. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1836 ? N" 51 sex. Vue intitulée : Vue de la Cadèdrale S^-Paul à Liège. M, Monzen fec. Lit. de M. Cremetti rue de VUniversité. C'est une copie réduite du n» 43' de 1827 à 1830. Larg. 0'^445, haut. O^IOS Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, Liège. 606 1836 •/ N° 51 septem. Vue intitulée: Vue du pont des arches à Liège. Lith. de Cremetti rue de V Université à Liège. Prise du quai derrière l'Université. A gauche le quai sur Meuse, au-dessus la citadelle. Au-delà du pont le (juai de la Batte et au-dessus les clochers des deux tours deSt-Barthélemi. A droite quelques maisons. Larg. 0"'145, haut. O^IOS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1836 ? 51 octo. Vue intitulée: Panorama de la ville de Liège. Pris de la tour appartenant ci-devant au comte de Méan. P. Monzen. Lith. de Cremetti^ rue de V Université à Liège. C'est une copie réduite de moitié du n° 50 de 1836. Larg. 0'"45, haut. 0"405. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1838. N" 53 his. Vue intitulée : Liège. Gezigt op Luik. W. H. Bartleit. A. H. Payne. London; Geo. Virtue.36. Ivy Lane. Cette vue est prise du haut de la rue Pierreuse, près de la citadelle. On distingue les églises St-Paul, Ste-Croix, St-Jean, St-Martin, le théâtre, etc. Gravure sur acier, Larg. 0™15, haut. 0'°10. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Vues de la Hollande et de la Belgique, dessinées par W. h. Bartleit, esq. et accom- pagnées d^ observations historiques et topographiques par le professeur N. G. Van Kampen, d'Amsterdam. Londres, Geo. Virtue. Un volume in-8°, page 186. 607 1839? N° 53 quater. Vue intitulée : Liège. Lûttich. Fussell del. A. Cruse scuip. London. Black et Armatrong. Prise du quai d'Avroy vers la chapelle du Paradis. Au premier plan on voit des ouvriers, bateliers, etc. Une rangée d'arbres à gauche. Gravure sur acier. Larg. Omis, haut. OmlO. Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège. 1840. N" 54 his. Plan intitulé : Plan of Liège. Puhlished by Eug. Landoy, Longue rue Neuve, 67, Brus- sels. Indispensable guide for travellers. Avec une légende de ^ à Z et de aa à ee pour les monuments et établissements publics et une de 63 numéros pour les rues et places, en français. C'est une copie du plan précédent : les légendes sont les mêmes . Larg. 0"'-25, haut. 0™I75. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ihe indispensable guide for travellers on the railroads of Helgium, etc., par Duplessis et Eug. Landoy. Bruxelles, Un volume in-l'i. Page 1840. N° 54 ter. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège. 1840. Guide Pittoresque et Artistique du voyageur en Belgique, à Bruxelles chez Hauman et C" Libraire, Rue du Nord, iV" S. C'est une copie du précédent : le nouveau pont y est indiqué. Larg. OmlSS, haut. 0'"155. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Belgique. Guide pitto- resque et artistique du voyageur, par A. Ferrier, 4* édition. Bruxelles. Hauman. 1842. Un volume in-i2. Page 253. — 608 — 1840? N" 55 6is. Vue intitulée: Liège. Eglise St-Paul. Représente une partie de la rue Vinâve-d'Ile, la fontaine de la Vierge et la rue St-Paul. Larg. 0"'185, haut. 0"455. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1840? N° 55 ter. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Jacqiies. Lith. liindeli, à Liège. Déposé. On y voit toute la place St-Jacques et l'hôtel Whetnall, à gauche. Larg. 0"'18o, haut. O-^lôS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1840? N° 55 quater. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Martin. A gauche le Trixhay. Larg. 0"'18, haut. O^Iô. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1840? N" 55 quinque. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Antoine. Lith. Bindels-Huck. Pont-d'Ile, 39, Liège. Déposé. A gauche la rue Moray, à droite la rue Hors-Château. Larg. O^IS, haut. O-^IS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1840? N" 55 sex. Vue intitulée: Chapelle de Paradis. Lith. Bindeis-IIuck. Rue Pont-cVlle, 34, à Liège. Déposé. /i gauche le quai de Fragnée : à droite la route de Namur. i — 609 — Larg. OnMS, haut. O^ISS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1840 ? N" 55 septem. Vue intitulée : Quai de la Batte, à Liège. A. Numans sculp. Imp. de Bizolier. Emile Flatau, éditeur, à Bruxelles. On voit à travers la première arche du pont des Arches le quai de la Goffe, le quai de la Batte, le Mont-de-Piété et la fabrique linière : sur la rive droite les maisons de la rue des Ecoliers. Gravure sur acier. Larg. C"M44, haut. 0"'097. Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège. 1840. N" 55 octo. Vue intitulée: Vue de Liège. Cette vue est prise des Prés St-Denis. On voit à gauche l'église des Augustins, puis celles de St-Nicolas, de St-Denis, de St-Pholien, la chapelle de Ste-Barbe, puis les bords de la Meuse. Fait partie des vues qui entourent la carte du chemin de fer. (Section de Waremme à Liège) (N" 86® des cartes). Larg. 0'"H, haut. 0'"03. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Atlas pittoresque des chemins de fer de la Belgique, etc. par Alph. Wauters. Bruxelles. Vandermaelen, 1840. Un volume in-12, oblong. Carte n" 13. Une seconde édition a paru en 1842 et une troisième en 1844, mais avec d'autres planches. 1840. bbnooem. Vue intitulée : Rives de la Meuse, N" 16. Liège (Belgique). Heintz lith. Lith, de Cremetti à Liège. Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. On voit à — 610 — gauche l'église St-Martin et les remparts de Hocheporte; au centre la salle de Spectacle et derrière le dôme de St-André ; à droite l'église St-Paul, et au premier plan les bâtiments d'une houillère. Larg. 0'"25, haut. 0'"16. Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège et dans la collection de M. le chanoine Henrotte. 1841. N" 55 decem. Plan intitulé : Spécimen, du plan géométrique parcellaire de la ville de Liège. Dressé en i84i par M. Bayet, Inspecteur du cadastre. A Véchelle de 1 à 2,500 Mètres. Gravé par Michel Palante. Lithographie par Palante frères à Liège. Avec une rose des vents. Ce plan comprend la place Verte, la place St-Lambert, le Marché et le Palais. Larg. 0'"195, haut. 0"'2(). C'est le spécimen du n° 58. 1841. N" 55 undecim. Vue du quai de la Batte, sans titre. Borremans . H. Lesestre. Montre le quai de la Batte jusqu'au delà de la fabrique de la Société linière, à travers de la première arche du pont des Arches. C'est une copie du n° 49'* de 1835. Laig. O-^OS, haut. 0'"04. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: La Belgique en i84i. Bruxelles, Hauman, 1841. Un volume in-8. Page 109. Sert de cul de lampe à l'article : Liège moderne. Se trouve aussi dans : Guide illustré du voyageur en Belgique. Bruxelles. Hauman 1845? Un volume in-12. Vignette placée en des.sous du titre. I - 611 — Ainsi que dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer belge- rhénan. Vallé"- de la Vesdre, par Victor Joly. Bruxelles. Hau- man. 1843. Un vol. in-18. Page 16 {'). Et dans la seconde édition de cet ouvrage. Bruxelles. Hau- man. 1845. Un volume in-18. Page 22. 1841. N" 55 duodecim. Plan intitulé : Lûttich. Avec une échelle, une rose des vents et une légende de quatre numéros. Ce plan, quoique très-petit, est cependant exact et presque toutes les rues y sont indiquées. Le chemin de fer ne s'y trouve pas encore quoiqu'il ait été construit en 1838. Larg. 0nj058, haut. O^OiS. Se trouve sur la carte intitulée : Belgien und Luxemburg. 1841. Entu\ u. gez. v. Pr. Lin. Renner. Stahlstich (Direction v. Kleinknecht) ans der Schweinfurter Geographischen Graviranstalt des Bibliographischen Instituts zu Hildburghausen, Amsterdam, u. Philadelphia. Cette carte fait partie d'un atlas sans titre en allemand. Un vol. in-S" oblong. Sur la même feuille se trouvent les plans de Bruxelles, Gand et Anvers. 1841? N» 55 tredecim. Plan intitulé : Plan de Liège. Avec une légende de numéros. Les coins du cadre sont coupés. Larg. 0"41, haut. 0™08. Se trouve sur une carte de la Belgique, entourée de huit plans de villes et de dix vues de monuments. (': Dans cet ouvrage la vue a pour titre : Léguai du Nord, à Liège, 612 1842 ? N° 57 bis. Vue intitulée : Liège. Buttura del. Couché sculp. C'est une vue du Marché, prise vers la rue Féronstrée. On voit à gauche la façade de l'Hôtel de ville et au milieu la fon- taine du Perron, et la troisième fontaine. Larg. 0'"11, haut. 0™085. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1842? N"57 ter. Vue intitulée : Liège. (Belgique). Grande place. Hôtel du Pavillon Anglais, tenu par M' M. Mathioll-Custers . (Guide du voyageur en Europe, par M. Louis Clerc. Bureau rue de la Santé, N" il .) Lith. Desportes Pont neuf i5. Avec une notice sur l'hôtel. On voit à gauche un coin de la place Verte : dans le fond la façade du Palais. Larg. 0"'1M, haut. 0'"083. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide du voyageur en Europe. 1842 ? N" 57 quater. Vue intitulée : Liège. (Belgique) . Hôtel de V Angleterre tenu par M. Cluck. (Guide du voyageur en Europe, par M. Louis Clerc. Bureau rue de la Santé, N" il). Pignatel f . Lith. Pignatel et Fayard r. de VArhre-sec. i5. Avec une notice sur l'hôtel. On voit à gauche le théâtre et à di'oite les maisons bâties par M. Latour vers 1830. Larg. 0"'144, haut. 0'"08'). Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente. - 613 1843. N" 59 ter. Plan intitulé : Embouchureu de l'Ourthe. Echelle de 1 à 37,500, Ce plan ne donne que la rive droite de la Meuse depuis le pont du Val-Benoît jusqu'au Barbou, avec toutes les branches de l'Ourthe. Larg. O""!!, haut. O^O?. Se trouve sur la carte intitulée : Bassin de VOurthe. (N° 92 bis) jointe au mémoire de H. Guillery, intitulé: Rivières. VOurthe, imprimé dans les : Annales des travaux publics de Helgique, etc. Bruxelles, 1847. Tom. 5. Pag. 97. 1843. N" 59 guaté!)*. Vue intitulée: Promenade de la Sativenière [LiégeJ. La Renaissance. N° 7. fd" année. J Prise du pont d'Avroy. Il n'y a qu'une rangée d'arbres à gauche. A droite, les jardins sont clôturés par les anciens remparts. On voit à gauche, sur la hauteur, l'église St-Martin et adroite l'église St-Jean. Larg. 0'"23a, liaiil. 0'"17. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La renaissance, chronique des arts et de la littérature. Publié par V Association nationale pour favoriser les arts en Belgique. Bruxelles. Imprimerie de la société des beaux-arts. 5" vol. 1843-1844. In-folio. Page 57. 1843. N" 59 quinque. Vue intitulée: Gezigtop Luik. Album voor de Aardrijkskunde. Tweede Série. N" 8. Prise du milieu de la Meuse d'un point difficile à préciser. On voit sur les deux rives du fleuve des cheminées de fa- briques et de houillères et un château avec deux tours. Se trouve sur une mi;me planche avec trois autres vues, une de Verviers et deux de Liège. 614 Larg. 0"105, haut. 0-n07.N. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Alhuni voor de Aardrijks- kunde door P. J. Mendel Atlas van het koningrijk Belgie, door H. Reding. Lahaye. Van Langenhuysen. 1843. Un volume in-4" oblong. Page 228. 1843. N" 59 sex. Vue intitulée: Luik. Alhum, etc. Prise de la rive gauche de la Meuse près de la chapelle du Paradis. On y voit Tile d'Avroy et les quais : sur la hauteur les bâtiments de l'ancienne abbaye de St-Laurent. Larg. O-^HS, haut. 0"'075. Se trouve sur la même planche que la vue précédente. 1843. N° 59 septem. Vue intitulée: Luik. Album, etc. Prise du commencement du quai de laSauvenièrevers Avroy: le canal existe encore : la promenade est plantée d'une rangée d'arbres. Dans le fond sur la hauteur on voit l'église St-Martin. Larg. 0"'105, haut. 0'"075. Se trouve sur la même planche que les deux vues précé- dentes. 1843 ? N" 59 ocio. Vue intitulée : Papeterie de la station de Jos. Stelling Werff et C'" à lÂége. (Belgique industrielle.) Toooey del. et liih. Ttnp. Shnonau et Toovey. Bruxelles. Geruzet éditeur. Cette vue est prise du viaduc du chemin de fer près de la rue Hemricourt : on voit cette rue à gauche ainsi que l'église S**- Véronique. Larg. 0n05, haut 0n>28. Se trouve dans l'ouvrage intitulée : L'i Hflgiqup indu.'itrielle, etc. — 615 — 1844. N° 59 )ioveni. Vue de la ville de Liège, sans titre. L. Ghemar. Cette vue est prise d'un point sur le plan incliné du chemin de fer, vers le faubourg St-Gilles. On y voit St-Laurent, St-Martin, St-Jean et la houillère de Bellevue, ainsi que la citadelle. Larg. 0"'125, haut. 0^165. Sert de cul de lampe à l'entête de l'article sur Liège dans l'ouvrage intitulé : La Belgique monumentale, historique et pittoiresque, par Moke, V. Joly, etc., etc. Bruxelles. A. Jamar et Gh. Hen. 1844. Deux volumes in-8. Tome IL Page 143. 1844. N<* 59 decem. Vue sans titre du pont des Arches. Strohant del. Vermorcken. On voit à gauche le quai de l'Université, puis le quai Sur Meuse. Dans le fond, l'église St-Barthèlemi et la citadelle. A droite, l'église St-Pholien. Larg. O-^'llS, haut. 0"'10. Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente. Tome IL Page 167. 1844. N° 59 uyidecim. Vue intitulée : Rue Pierreuse, Liège. {Bel- gique com,munale.) Fourmois del. et lith. Imp. de Simonau et Toooey. Cette vue est prise du haut de la rue Pierreuse. Dans la percée, on distingue l'église St-Paul. Larg. 0™265, haut. 0'"19. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Belgique communale, revue des intérêts communaux. Publiée sous le patronage et avec le concours de MM. Etc. Bruxelles. Devos éditeur. Briard. 1844. In-folio. — 616 ~ 1844. N'^59 duodecim. Vue intitulée : Liège. Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. Au premier plan on voit le chemin de fer (plan incliné), puis au-delà les églises St-Jean, St-Paul, St-Ghristophe, St-Barthélemi, St-Denis, Ste- Foi, les Augustins, etc. Larg. O^lôS, haut. On-OS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les délices de la Belgique, ou description historique, pittoresque et inonumentoAe de ce royaume. Par Alphonse Wauters. Bruxelles. Froment. 1844. Un volume in-8. Page 302. 1844. N"59 tredecim. Vue intitulée : Le pont des arches à Liège. Cette vue est prise du quai Sur Meuse, qui y figure sur toute sa longueur. Au-delà du pont des Arches, on voit l'église St- Barthélemi, et sur la hauteur la citadelle. Larg. O-^ISS, haut. O-^OS. Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente. Page 303. 1844. N° 59 quatuordecim. Vue intitulée : Promenade de la Sauve- nière à Liège. Cette vue est prise du pont d'Avroy. On voit à droite l'église St-Jean et sur la hauteur l'église St-Martin. Larg. 0'M5, haut. 0i^08. Se trouve dans le même ouvrage que les deux vues précé- dentes. Page 316. Kt dans l'ouvrage intitulé : Le guide i^idis pensable du voya- geur sur les chemins de fer de la Belgique, par Duplessis et Landoy. 8" année. IS*" édition. Edition royale. Bruxelles. Eug. Lsndov. 1844-1845. Un vol. in-12. Page 182. i — 617 — 1844. N° 59 gujîîdecim. Vue intitulée : Pf ace de la comédie à Liège. Cette vue est prise de la place Verte. On voit à gauche la rue de THarmonie et à droite la rue Hamal, Téglise St-Jean, puis l'entrée du boulevard de la Sauvenière et l'église St-Martin. Larg. O-nlSS, haut. 0^085. Se trouve dans le même ouvrage que les trois vues précé- dentes. Page 320. 1844. N°59 sedecim. Vue intitulée : Vue de Liège. Cette vue est prise du pont de la Boverie. On voit les quais, le pont des Arches, etc., et à gauche l'église du Séminaire. Fait partie des vues qui entourent la carte n° 92 quater. Larg. O^O?, haut. 0m025. Se trouve sur la carte intitulée : Carte pittoresque des chemins de fer de la Belgique. Bruxelles. Vandermaelen. 1844. Et dans l'ouvrage intitulé : Atlas pittoresque des chemins de fer de la Belgique, etc., par A. Wauters. 3* édition. Bruxelles. Vandermaelen. 1842 ('). Un volume in-12 oblong. PI. 14. La plupart des vues sont copiées sur celles de l'édition del840. 1845? N» 61 bis. Plan intitulé : Plan de Liège. Echelle de 1 à 6,000. C'est une copie du plan de 1827 (n° 45) avec les changements survenus : le pont de la Boverie est construit; la rue Grétry est percée; les quais d'Avroy et de la Sauvenière sont comblés; Té- tablissemen' du gaz est construit; la rue de la Casquette est prolongée; les rues de l'Université, de la Régence et de la Cathédrale sont percées; la place Delcour et les rues aboutis- santes sont en projet. (*) La date de 1844 doit être substituée à celle de 1843. — 618 - Larg. 0">40, haul. U"'i9. Se trouve à la bibliothèque de l'Université, h Liège. 1845? N° 61 ter. Vue intitulée : Liège. Marché et hôtel de ville. Chez BindeU-Huck. Lithogr. Rue Pont d'ile, 34, à Liège. Prise de la sortie de la rue Ste-Ursule. On voit le Marché, deux fontaines, l'Hôtel de ville et la rue de la Violette à droite de l'Hôtel de ville. Larg. 0-^22, haut. O-^l-iS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845 ? N°61 quater. Vue intitulée : Liège. Quai des Augustins. Lith. Bindels-Huck, Bue du Pont d'ile, 34, à Liège. Déposé. Prise du quai d'Avroi vis-à-vis la maison Begasse. La Meuse est couverte de bateaux. Il y a une rangée d'arbres sur le quai. On voit dans le lointain les églises St-Paul et St-Jacques, la maison Donnéa, le Séminaire, etc. Larg. 0'"225, haut. 0™145. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845 ? N° 61 quinque. Vue intitulée : Liège. Salle de spectacle. Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont d'Ile, 34, à Liège. Déposé. Prise de l'entrée de la place Verte : on a à gauche la rue de l'Harmonie et à droite le commencement du boulevard de la Sauvenière. Larg. 0'"225, haut. 0"'U5. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, k Liège. 1845 ? N" 61 sex.Yue intitulée: Liège. Boulevard de la Sauvenière. Chez Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège. 619 Prise de la place du théâtre. Le boulevard est planté de deux rangées d'arbres. Sur la hauteur on voit l'église St-Martin et le clocher de Larg. 0""2ib, haut. 0"M45. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845 '? N" 61 septem. Vue intitulée : Liège. Vue du pont des arches. Chez Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège. Cette vue est prise du quai de la Goffe : elle présente à gauche le quai des Tanneurs et l'église St-Pholien et à droite le quai Sur Meuse. Larg. 0"'22, haut. 0'"U^. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845? N" 61 octo. Vue intitulée : Liège. Vue du pont neuf. Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège. Déposé. Prise de la rive droite en amont. A travers les arches du pont on voit le pont des Arches et l'école de natation. Sur la hauteur, la citadelle. Larg. O'^U, haut. O^IS. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845? N° 61 nooem. Vue intitulée : Liège. Pont des arches, quai de la Batte et citadelle. Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont d'Ile, 34, à Liège. Déposé. Prise du quai des Tanneurs. On voit à gauche le pont des Arches dans sa longueur. Sur la rive gauche de la Meuse on aperçoit les clochers de St-Denis, St-Jean, Ste-Groix, Ste- Catherine, St-André, etc. Au dessus la côte de la montagne avec les jardins du Péry. 620 Larg. O^SS, haut. 0"i5. Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à Liège. 1845. N°6l decem. Plan intitulé : Liège. Lûttich. Grav. u. gedr. i. d. lith. geogr. Inst. v. Wagner u. Kohi i. Darmstadt. Avec une légende de 50 numéros. L'hôtel du Gouvernement est encore indiqué rue Table de pierre : il a été incendié le 34 mars 1845. Le Collège est mal placé : il était entre le pont de la Boverie et la rue de l'Université. Larg. 0"'n2, haut. 0"085. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Belgien. Handbûchlein fur reisende, etc. 3'' édit. Coblence, Karl Badeker. 1845. Un volume in-18. Pag. 14. Et dans la 4*' édit. Coblence. K. Badeker. 1850. Pag. 14. Et dans celui intitulé : Le voyageur en Belgique et sur les bords du Rhin. Nouveau guide, etc. Anvers et Ostende. Max Kornicker. 1847. Un vol. in-12. Pag. 244. Au même texte on a donné le titre suivant : Le voyageur en Belgique. Nouveau guide, etc. Anvers. Max Kornicker. 1850. 1845 ? N*» 61 undecim. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège. Guide illuatrè du voyageur en Belgique, à Brux. Hauman et C'« Rue de Nord. C'est une copie du n" 53 de 1838. Larg. 0"M85, haut. 0"'i.55. Se trouve dans Vo\ivrQ,ge\ni\\M\è: Guide illustré du voyageur en Belgique (Ferrier). Bruxelles, Hauman. 1845? Un volume in-12. Page 206. — &2i — 1845 ? N° 61 duodecim. Vue intitulée : Le Pont des Arches, à Liège. A gauche l'église des Jésuites, en face le pont des Arches et sur la hauteur la Citadelle; à droite le quai des Pêcheurs. C'est une copie réduite du n° 42 ter de 1825. Larg 0'"075, haut. 0"'05. Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent, page 210. Et dans celui intitulé : Chemin de fer helge-rhénan. Vallée de la Vesdre, par Victor Joly. 2'^ éd. Bruxelles. Hauman. 1845. Un volume in-18. Page 18. 1845 1 N" 61 tredecim. Plan intitulé : Liège. LiUtïch. Avec une légende de 50 numéros. C'est une copie du n" 61 decem de 1845. Larg. 0'"ll-2, haut. ^""{iU. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Manuel du ooyageur en Belgique, itinéraire artistique, industriel et manufacturier; etc., par Boyce et Richard. 6" édition. Paris, L. Maison. 1845? Un volume in-12. Pag. 396. 1846. N° 62 bis. Vue intitulée : Luik. Steendr. v. Mensing en Last. Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. C'est une copie amplifiée du n° 59 duodecim de 1844. Larg. 0'M65, haut. O-^IO. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Belgie sedert de omiven- teling in 1830, par Ignace Kuranda. Amsterdam, Hendrik Frijlink. 1846. 2 vol. in-8. Tome I. Pag. 24. 1846. N* 62 fer. Vue intitulée : De Pont des arrhes le Luik. Steendr. v. Mensing en Last. «22 Cette vue est prise du quai sur Meuse, qui figure dans toute sa longueur. Au-delà du pont des Arches on voit l'église St- Barthélemi, et sur la hauteur la Citadelle. C'est une copie amplifiée du n" 59 tredecim de 1844. Larg. 0"'165, haut. O^'IO. Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente. Tom I. Pag. 1. 1846. N"* 62 quater. Plan intitulé : Liège. Avec une légende de 50 n'^*. C'est une copie du n° 61 decem de 1845. On y a ajouté le fardin botanique et la statue de Grétry. LarK. 0"'H, liam. O-^OS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nouveau guide indispen- sable du voyageur sur les chemins de fer de la Belgique, etc., par J. Duplessy et Eug. Landoy. 15" édition. Bruxelles. 1846. Un vol. in-12. Page 209. 1846. N" 62 quinque. Vue intitulée : Place de la Comédie, à Liège. C'est une copie réduite du n° 59 quindecim de 1844. Larg. 0"'061, haut. 0'"0ô8. Se trouve dans le même ouvrage que le pian précédent, page 215. 1846. N° 62 sex. Vue intitulée : Le Pont des arches, à Liège. C'est une copie réduite du w 59 tredecim de 1844. Larg. 0,065, haut. 0,04. Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente, page 216. 1846. N^ 62 septem. Vue intitulée : Promenade de la Sauvenière, à Liège. &1-4 C'est Uïie copie réduite du n" 59 quatuordcriin de 1846. Larg. ^"OBô, haut. 0"'0-4. Se trouve dans le même ouvrage que les vues précédentes, page 216. 1846. N° 62 octo. Vue intitulée : St-Paul, à Liège. Cette vue est prise de la rue Vinâve-d'Ile. On voit au premier plan la fontaine de la Vierge, puis la place de la Cathédrale et l'église St-Paul : à gauche la rue St-Paul. C'est une copie du n" 55 his de 1840? Larg. O-nOe, haut. 0'»Oil. Se trouve dans le même ouvrage que les vues précédentes, page 213. 1847? N° Q'-lquatuordecim. Plan intitulé : Plan d'Alignement et de Nivellement des abords du Palais de justice de Liège, Destiné à guider les artistes prenant part au Concours institué pour Vappropriation de ce palais aux cours de Justice, au gouver- nement provincial et à V administration de V enregistrement, timbre et domaines. Mesuré et dressé par F. Van Der Rit, Archif. Echelle de 1 à 1,250. Avec trois échelles et une note pour les concurrents. Ce plan comprend la Place St-Lambert, la Place Verte, la rue Haute Sauvenière, les rues Volière, Pierreuse, Derrière le palais et le Grand Marché. En dessous est un profil. Deux autres feuilles représentant des façades du palais sont jointes à ce plan. Larg. 0"'U, hauL 0'"55 1847. N" 62 quindecim. Plan intitulé : Ministère des travaux publics. Ponts et Chaussées. Plan d'assemblage des travaux à exécuter dans la traverse de Liège. - &u — Fait et dressé par C Ingénieur des Ponts et Chaussées soussigné. Liège, le il octobre 1817. J. G. J. HOUBOTTE. Présenté par Vlngénieur en Chef en service spécial. Hocht, le 18 octobre 1847. KUMMER. Lith. .1 .-B. lUassean, Brux*. Echelle de 1 à 4,000. Ce plan comprend le fleuve dans son parcours entre le pont du Val-Benoit et la Fonderie de canons, et les travaux de dériva- tion et d'amélioration à y exécuter. C'est à peu près ce qui a été fait. Sous le plan il y a un Nivellement en longueur de la dérivation de la Meuse et du redressement du fleuve en regard d'^Avroy. En deux feuilles. Laig. 1"'15, haut. 0"'o4. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ministère des travaux publics. Projet d^aniélio ration du régime de la Meuse depuis Pembouchure du canal de jonction de la Meuse à VEscaut jusqu'à Chokier. Bruxelles. Em. Devroye et C'«. 1848. Un volume in -4. 1848. N»62 sedecf»*. Plan intitulé : Esquisse d^un projet d^amélio- ration du cours de la Meuse. Echelle de 1 à 10,000. Avec une légende de A à E. Ce plan ne donne que le cours de la Meuse depuis le pont du Val-Benoit jusqu'à la Fonderie de canons et le cours de l'Ourthe à partir des Grosses Battes. Les travaux projetés consistent dans le creusement d'un canal de dérivation de la Meuse prenant naissance à la pointe de Tile des Cochons, traversant lepréMativa et venant rejoindre 625 le bras de l'Ourthe près de File Lulay. Cette île elle-même est supprimée ainsi que l'île Wérihet. Du pont de Longdoz au pont d'Amercœur l'Ourthe est élargie, et au-delà de ce pont il y a un canal de dérivation à travers les prés St-Denis, qui va rejoindre la Meuse derrière l'île Sur le Dos, à la Fourchette. Ce projet a été exécuté en 1854 par M. Kummer. Une partie du bras de l'Ourthe, dit Fourchu Fossé, passant contre l'île des Aguesses et l'île des Cochons est supprimée et remplacée par une branche plus directe qui va se jeter dans la dérivation. Le bras dit Gollette et un autre qui entourent les prés St-Denis sont également supprimés. L'étranglement de la Meuse vis-à- vis du pré Mativa est élargi. Enfin il y a en amont du pont de la Boverie un canal de jonc- tion entre les deux bras de la Meuse, avec bassin. Une station intérieure avec entrepôt est établie rue Grétry à droite du pont de Longdoz : elle communique avec le chemin de fer vers l'Allemagne par une ligne construite sur la berge de la dérivation. Il n'est pas question de rectification. Larg. 0'"40, haut. 0'"â7. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Esquisse d'un projet d'amélioration du cours de la Meuse, par P. G. D***(Dandelin). Officier Supérieur du Génie. Liège, Fassin. 1848. Une broch. in-4. 1848. N" 62 septemdecim. Vue intitulée : Liège. Cette vue est prise des hauteurs de S* Gilles : elle est petite et insignifiante. C'est une copie réduite du w^ddxiodecnn de 1844. Larg. 0"'075, haut. 0'"025. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Itinéraire du chemin de fer de Paris à Cologne. Bruxelles, Meline, Cans et G'". 1848. Un volume in-12. Page 45, Dans l'elui ci-dessous : r>c Pari.<: à Cologne, Guide dp — «2(5 — Vétvanger en Belgique, etc. Bruxelles. Meline, Gans et G'". 1848. Un volume in-12. Page 47. F]t dans celui intitulé : Guide Ph. Hcn. La Belgique. Guide pittoresque, monumental, artistique, historique, géographique, politique et commercial. Etc. Bruxelles. Ph. Hen, éditeur. 1856. Un volume in-12. Page 47. 1850? N" 63 bis. Vue intitulée : Pont des arches. On voit à gauche le quai Sur Meuse et à droite le quai des Pécheurs. Dans le lointain les montagnes et la Citadelle. Larg, 0"'055, haut. 0'»016. Se trouve avec des vues d'édifices sur une carte d'adresse. Lithographie de P. Bindels graveur lithographe, Liège. Rue du Pont-d'Ile, 34. 1850 ? N" 63 ter. Vue intitulée : Der Marktplatz in Lûtticïi. A. T. Prise de l'entrée delà rue de Bex. On voit les trois fontaines en pierre du Marché et à gauche le portail de l'église St-André. Les coins supérieurs du cadre sont arrondis. Larg. 0>"125, haut. 0'"17. Fait partie de la collection de M. Léonce Digneffe, à Liège. 1852? N"69 6ts. Vue intitulée : Promenade de la SauDonère et l^église Sl-Mariin, à Liège. Canelle del. et iith. hnp. Simonau et l'oovey. Prise du Pont d'Avroy. Il n'y a qu'une rangée d'arbres à gauche : à droite les jardins .sont clôturés par les anciens rem- parts. On voit à gauche sur la huuleur l'église St-Martin et à droite l'église St-Jean. Cette vue a beaucoup d'analogie avec le n" ~)'i)078. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N" 79 quater. Vue intitulée : Liège. Université. On y voit la place de l'Université avec la statue de Grétry : à gauche le quai Sur Meuse. Larg. 0'"15, haut. 0'»078. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N" 79 quinque. Vue intitulée : Liège. Place dit Théâtre. Prise du pied du Pont d'Ile : on y voit l'ancienne place Aux Chevaux, l'entrée du boulevard de la Sauvenière, etc. L;irg. 0"13. haut, 0™078. - 632 — Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N°79 sex. Vue intitulée : Liège. Théâtre. C'est une copie du n" 61 quinque de 1845? Elle a été repro- duite en 1868 avec quelques changements. (N" 299.) Larg. O-^IS, haut. 0'"078. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N° 79 septem. Vue intitulée : Liège. Eglise St Paul. C'est une copie du n" 55 his de 1840? Larg. O"! 5, haut. 0'"077. Fait partie de la même collection que les précédentes, et se trouve dans le : Guide dans Liège, page 61 . 1856. N" 79 octo. Vue intitulée : Liège. Eglise St Jacques. C'est une copie du n'' 55 ter de 1840? Larg. 0™13, haut. O^OTg. Fait partie de la même collection (jue les vues précédentes. 1856. N" 79 nou'jm. Vue intitulée : Liège. Roulecard de la Sauve- nière. C'est une copie du n'^ 61 sex de 1845? Larg. (rio, haut. 0"'078. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N" 79 decem. Vue intitulée : Liège. Mont St Martin. C'est une vue prise du boulevard de la Sauvenière à la hau- teur de la rue de la Casquette, où on voit l'église St-Martin et le derrière des maisons du Mont-St-Martin. Larg. (riô-2. haïU. (r079. 633 Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N° 79 undecim. Vue intitulée : Liège. Pont des arches. Cette vue est prise du quai de l'Université : elle présente à gauche le quai Sur Meuse et à droite le quai des Pêcheurs et l'église St-Pholien; au loin l'église St-Barthélemi, le Mont de piété, et sur la hauteur la Citadelle. Elle a été reproduite en 1859 avec la date : i859. Larg. O-^lô, haut. O-^OTS. Fait partie de la même collection que les vues précédentes, et se trouve dans le : Guide dans Liège, page 102. 1856. N° 79 duodecim. Vue intitulée : Liège. Pont de la Boverie. C'est une copie du n" 61 octo de 1845? Larg. O-^lô, haut. 0"'078. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1856. N" 79 tredecim. Vue intitulée : Liège. Quai de la Batte. C'est une copie du n° 61 novem de 1845? Larg. 0'"15, haut. O-^OTS. Fait partie de la même collection que les vues précédentes. 1857. N" 84 bis. Plan intitulé : Ville de Liège. Etablissement de la station centrale. Raccordement des diverses Stations entr'elles, et indication du tracé pour la traversée de la Ville, du projet de chemin de fer liégeois-lim,bourgeois et hollando- belge. Etablissement géographique de Bruxelles. Echelle du plan terrier 1 à 10,000 /'un centimètre pour iOO mètres) . Echelles des profils : O^'Oi pour iOO mètres pour les Longueurs ; 0,01 id. 20 mètres id. Hauteurs. - 6H4 - Ce plan va de la station des Guillemins à l'église de Herstal : il ne donne que les rues voisines du chemin de fer projeté. Ce chemin part des deux extrémités de la station des Guillemins par deux courbes qui se réunissent près de la rue du Paradis, vers le quai d'Avroy : il traverse l'Ile de Commerce dans sa lon- gueur, et là se trouve une station centrale. Il va ensuite à la sta- tion de Longdoz ; de celle-ci il passe au pied de la montagne de la Chartreuse et vient traverser la dérivation de la Meuse, le Barbou et la Meuse elle-même au-delà du pont Maghin,puis vient passer derrière l'usine de la Vieille-Montagne, où il y a une deuxième station. Il traverse ensuite la commune de Vottem et la commune de Herstal, et une troisième station est projetée près de la place, derrière le château de Henstal. Ce plan est accompagné de profils. Larg. O^S?, haut. O-^âS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Rapport de la commission spéciale pour l'examen des projets de chemin de fer aboutis- sant à Liège et des projets de station inférieure. Liège. Ledoux. 1857. Un volume in-8. 1857. N" 84 ter. Vue intitulée : Liège. Rouargue frères del. et se. Imp. F. Chardon aîné, 30, r. Haute-Feuille. Paris. Cette vue est prise du saillant du glacis vis à vis du bastion 5 de la Citadelle. On distingue particulièrement le dôme de St- André, l'église St-Paul, la Salle de Spectacle. Gravure sur acier. Larg. 0"'165, haut. O^HS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Voyage pittoresque en Hollande et en Belgique par Edmond Texier. Paris. Morizot. 1857. Un volume in-8. Page 382. 1858. N° 88 (*). Plan intitulé : Liège. {*) Celte description remplace celle du premier travail. 635 Atelier de Lith. de J . Coune. Liège. F. Renard, Editeur. Avec une légende de 27 numéros pour les Edifices Publics, etc. sur le côté du plan. C'est une copie du n*» 61 decemde 1845 avec les changements survenus depuis. Larg. O""!!, haut. 0'"085. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Meuse belge. Histoire, Légendes. Sites et Monumens. Etc., par le docteur Fremder (Morel). Liège. Renard. 1858. Un volume in-12. Page 160. Et dans celui intitulé : Guide dans Liège. Liège. Renard. 1859. Un volume in-12. Page 7. . 1859. N" 90 bis. Plan intitulé : Liège. To face p. 394. Avec une légende de 4 numéros en français. Toutes les indi- cations du plan sont en français. Larg. O-^IS, haut. O'^U. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Weale^s handbooks for tourists. Belgium, Aix-la-Chapelle and Cologne. Etc., par W. H. James Weale. London. Dawson et fils. 1859. Un volume in-12. Page 294. 1859. N° 94 bis. Plan intitulé : Plan des abords du pont des arches et des améliorations projetées dans le quartier de la Magde- laine. Liège. Echelle de 1 à 500. Avec une échelle et une légende. Ce plan es', le même que les deux plans précédents. 11 donne les projets deM. Houbotte, celui arrêté par le Roi, celui examiné par la commission, celui présenté par M. Jamar, et celui arrêté par le conseil. Larg. O^TIS, haut. O^S?. Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège. - 636 1859. N*^ 94 ter. Plan intitulé : Ville de Liège. Théâtre royal Plan indiquant les abords du Théâtre Royal. Etabli de E. Noblet, Editeur. Echelle de 1 à 500. Avec une échelle et l'indication du noi'd vrai et du nord magnétique. Ce plan ne donne que la place du Théâtre et l'entrée des rues qui y aboutissent. Larg. 0'"-45. haut. 0"'5'2. Fait partie d'une collection de 10 feuilles de dessin publiées à l'occasion de la demande de projet d'agrandissement de ce théâtre. 1860. N° 98 bis. Plan intitulé : Liège. Dressé par A. H. Dufour. Gravé par F. Lefévre. Écrit par Langevin. Itinéraire de la Belgique par A. J. Du Pays. L. Hachette et C^^. Editeurs. Paris. Avec une rose des vents et une légende de 24 numéros et a et b, à gauche du cadre. Le plan est partagé en carrés avec des lettres correspondantes dans la légende. Ce plan est assez étendu : il comprend la Chartreuse, la Fon- derie de canons, la Citadelle, les bâtiments de St-Laurent, etc. Gravure sur acier. Larg. 0"'15o, haut. 0"'14. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Collection des Guides- Joanne. Itinéraire descriptif, historique, artistique et indus- triel de la Belgique par A. J. Du Pays. Paris, Hachette. 1860. Un volume in-12. Page 355. L'édition qui porte la date de 1863 est la même. 1860. N» 99 bis. Plan intitulé : Chemin de fer Liégeois-Limbour- geois et Hollando~Belge,(:oncession demandée le 7 juin 1S5S. L. Stevens Ingénieur. — 637 — Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph. Vander Maelen. Echelle de 1 à 20,000. Avec une échelle et une légende. Ce plan contient aussi les environs de la ville jusqu'à Mille- morte, Liers, Voroux et Rocour, au nord ; Seraing, Angleur, Chênée, au sud; Alleur, Loncin, Gràce-Berleur, à l'ouest; et Herstal et Jupille, à Test. Il indique des projets de chemins de fer vers la Hollande. Le tronçon principal part sans plans inclinés de la station des Guillemins, passe au-dessus du faubourg St-Laurent sur un viaduc, au-dessus du faubourg Ste- Marguerite à l'aide d'arcades pour aboutir à Hocheporte, où il y a une station cen- trale qui occupe les terrains jusqu'à la place Ste-Claire. De cette station centrale, la ligne se poursuit en passant au-dessus de la rue Pierreuse, se dirige vers la cour des Mineurs, où elle se bifurque. C'est à peu près le tracé du chemin de fer de cein- ture qui a été exécuté ; mais à un niveau plus bas. La ligne à droite se dirige vers le faubourg Vivegnis, puis continue vers Herstal avec un embranchement pour le bassin de Goronmeuse ; ensuite la ligne va jusqu'à Visé, où elle se raccorde au chemin de fer de la rive droite, en projet, La ligne à gauche se dirige vers les Bayards, puis suit la côte du Vallon de Préaile à Herstal, et se dirige vers le plateau de Vottem. De ce point part un embranchement allant à Ans. La ligne principale se dirige par Millemorte, etc. jusqu'à Tongres, puis va se raccorder à la ligne de Maestricht à Hasselt. Il y a une variante à ce tracé, ainsi qu'un contre-projet pour la ligne partant des Bayards, passant par Millemorte et Liers, avec un embranchement sur Ans, qui est à peu près ce qui a été exécuté. Ce plan est un extrait des cartes n°* 14*, ÎA^, 15' et 15^ de la grande carte de la Belgique au 4/20,000 de Vander Maelen. Larg. 0"'.'i2, haut. 0^95. - 638 _ Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer liégeois- îinihourgeois-hoUando-belge. Liège à Moerdyk et Gorcum, par Herstal, Glons, Tongres, Bilsen, Ilasselt, etc. Demande en concession, formée le 7 juin 1853, par L. Stevens. Liège. Lardinois. 1860. Une brochure in-8. 1860. N" 100. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Egout latéral. Plan indiquant la nouvelle direction à donner à l'égout latéral aux abords du canal de Liège à Maestricht ainsi que le syphon à établir sous ce canal pour faire débou- cher Végout latéral dans la Meuse. Annexé au rapport du soussigné en date de ce jour. Liège, le 8 Décembre 1800. L' Ingénieur-Directeur , G. BloiNDEN. Etabl* de E. Noblet, Editeur. Echelle de 1 à 1,000. Avec une échelle, Ce plan donne la partie de la ville depuis la Fonderie de canons jusqu'au-delà de l'écluse de garde. On y a indiqué la direction de Tégout d'après le projet du 30 juin 1858, et la nou- velle direction proposée, ainsi que le siphon. Larg. 0"'52, haut. 0™335. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Egout latéral. Rapport de M. Blonden, ingénieur- directeur des travaux de la ville, Concernant le projet d'un siphon à établir sous le Canal de Liège à Maestricht, en aval de fècluse de garde, près de la Fonderie de Canons. Liège. Redouté. 1861. Une brochure in-8. 1860. N° 101. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Plan indiquant : 1° Les emplacements proposés pour le pont que MM. Chies et Flechet demandent n construire sur la Meuse à ~ 639 — St~Léonard. 2° Vemplacement du pont sur le Barbou. S° Le projet de quai de la rive droite de la Meuse depuis le pont des Arches jusqu^à Vextrémité aval de Vile dit Dos Fanchon. 4» Le projet de quai le long du Barhou sur Vile du Dos. 5° Le projet de coninfunications dans les Prés St Denis. Joint aux divers rapports du soussigné sur les projets sus- mentionnés. Liège., Décembre iS60. L Ingénieur-Directeur, G. Blonden. Lith. deJ. (Joune. Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le pont des Arches, les quais de la rive gauche depuis ce pont jusque vis- à-vis du Champ de manœuvre , le Champ de manœuvre, le Barbou et le canal de dérivation jusqu'au pont d'Amercœur, la rue Entre-deux-Ponts, la rue Puits-en-Sock et la Ghaussée-des- Prés jusqu'au pont des Arches. Larg. 0"'695, haut. On-Sl. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Pont sur la Meuse en face de ^ancienne porte Sl- Lèonard. — Pont sur le Barbou à Vextrémité aval du Dos-Fan- chon. — Quai de la rive droite de la Meuse depuis le Poni-des- Arches jusqiVà la même limite duDos-Fanchon. — Communi- cation dans les Prés St-Denis. Projet. — Délibérations. — Observations. — Oppositions. Rapports et plan de M. Blonden, ingénieur-directeur des travaux de la ville. Liège. Redouté. 1861. Une brochure in-8. 1861. N^lOSbîs. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Dégagement de Vllôtel provincial . T^rojet approuvé par arrêté royal du i6 Mai 1860. 640 Etabl' de E. Nohlet. Editeu,-. Echelle de 1 à 200. Ce plan comprend la rue Notger, les Degrés St-Pierre, et une partie de la place St-Pierre et de la rue Neuve derrière le Palais. 11 est accompagné de 3 profils longitudinaux. Le talus entre la rue Notger et la rue St-Pierre est franchi au moyen d'un escalier double aboutissant à une petite place de niveau avec la rue St-Pierre. Des bâtiments auraient été construits aux deux côtés de l'escalier et une rue en pente aurait conduit de la rue Derrière le palais à la rue St-Pierre. Ce projet a été abandonné, parce que l'Hôtel du Gouvernement n'était pas assez dégagé. Larg. 0m73, haut. 0i"64, Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Nouveau projet pour le dégageinent de Vhôiel pro- oincial vers In rue Notger. Liège. Redouté. 1861. Un vol. in-8. 1861. N" 103 ter. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Dégageinent de Vhôtel provincial. Nouveau projet. Dressé par le soussigné le 20 Mai i861. Annexé à bOn rapport du SO Juin suivant. fj Ingénieur-Directeur , G. Blonden. EtnbP de E. Noblet, Editeur. Echelle de 1 à 200. Ce plan a la même étendue que le précédent. Il est aussi accompagné de trois profils longitudinaux. Le talus entre la rue Notger et la rue St-Pierre est occupé par un petit square, A gauche est un escalier remplaçant les Degrés St-Pierre et à droite une rue en pente conduit de la rue Derrière le palais à la rue St-Pierre. Larg. 0"'79, haut. 0"'62. Se trouve dans le même ouvrage que le précédent. — 641 — 1861. N" 103 quater. Plan intitulé : Projet d'une grande place avec fontaine et amphithéâtre aux abords de l'Hôtel provincial. Echelle de 1 à 400. Avec une échelle et une légende, signée : Liège, 5 Juin 186i. Le membre correspondant de la cotnniissioh royale des monuments, Dewandre. Ce plan comprend une partie du Palais, la rue des Degrés- St-Pierre et la rue Neuve derrière le palais. Le talus entre la place St-Pierre et la rue Notger est formé en amphithéâtre avec terrasses étagées, en hémicycle. Une rampe contourne cet amphithéâtre et aboutit à la place St-Pierre : sa pente est de 0,066 pour 1 mètre. Larg. 0"'34, haut. O'^ii. Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège. 1862 ? Mo -104 i)[s^ Plan sans titre de la ville de Liège. Échelle de 1 à 20,000. Ce plan est dressé à l'appui d'un projet de station intérieure sur l'île Franck. Cette station est reliée à la station de Longdoz au moyen d'un pont sur la Dérivation, et à celle des Guillemins par une voie traversant la Meuse, en face de l'Evêché, ainsi que l'Ile de Commerce, où il y aurait une station, et le chenal du bassin, près de la chapelle du Paradis. Sur ce plan est également indiqué un raccordement entre la station de Longdoz et celle de Vivegnis, partant du pied du Thier de la Chartreuse et nécessitant la construction de trois ponts. Il indique aussi le point de départ du chemin de fer du plateau de Hervé, et une rectification du chemin de fer de l'Ourthe. Laij;. U"'-2-2o, haul. 0""28. Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin. 1862? N" lui ter. Plan sans titre d'une partie du plan précédent. Echelle de 1 à 2,500. Ce plan comprend la station de Longdoz et le projet de station sur l'Ile Franck. Larg. 0'"255, haut. 0"'5I5. Sur la même feuille que le plan précédent. Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin. •1862 ? iN" 104 quater. Vue intitulée : Pensionnai des filles de la Croix, à Liège. Lith. J. Crernetti, r. Lulay, 14, Liège. Dessiné et gravé par C. Lallemenl. C'est une vue à vol d'oiseau du couvent et des jardins qui s'étendent jusqu'à la citadelle. Larg. 0'"185, haut. 0"'25. Se ti'ouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège. 1862 1 y>" iOA quinquc. Plan intitulé: Plan du l'arc ou Jardin public à établir à la Boverie, à Liège. Le plan de Comparaison du nivellement, etc. Echelle de 1 à 1,000. Donne la partie de la ville comprise entre la Meuse et la Dérivation jus(|u"au ]'uut suspendu projeté. La rue Kenoz est projetée. L'emplacement du parc est en blanc. En trois lèuilles. Laii; l"'i5, haul. 0"'55. — 643 — Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège. 1862 ? N" 104 sex. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Plan des parcelles à aliéner dans les nouvelles rues du Béguiiiage St Christophe. N. B. Adresser les offres, etc. Echelle de 1 à 450. Ce plan offre la partie de la ville comprise entre les rues Jonfosse, Sur la Fontaine et St-Ghristophe et le Collège des Jésuites. Larg. 0""625, haut. O'Hô. Fait partie de la collection de M. le capitaine Uejardin. 1863. N" 104 septein. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Projet de Squares et de Voies spéciales pour les Cava- liers et les Voitures suspendues, adopté par le Conseil Com- munal dans sa Séance du 12 Juin 1863. Dressé par le Soussigné et annexé au Cahier des Charges pour Vexécution de ce projet. Liège, le 17 Jiàn 1863. L' Ingénieur-Directeur , G. Blonden. Etab. Lith. et Chrom. de L. Severeyns-Michel, Liège. Echelle de 1 à 1,000. Ce plan ne donne que le boulevard de la Sauvenière^ le bou- levard et le quai d'Avroy jusqu'à la chapelle du Paradis. Le square vis-à-vis de la rue Darchis et celui le long du bassin de Commerce a été exécuté ; la chaussée macadamisée pour les cavaliers et les voitures suspendues qui coupait la promenade en deux depuis le pont d'Avroy jusqu'à la rue Ste-Véronique, ne l'a pas été. Larg. î2a,02o, haut. 0'"595. HVt Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Projet de ooies spéciales pour les cavaliers et les voitures, le long des boulevards de la Sauvenière et d''Avroy. Liège. Ledoux. 1863. Une brochure in-8. 1863. i\o 104 octu. Plan intitulé : Société royale d'horticulture de Liège. Projet d^unjardiu d'horticulture et d'' acclimatation , à exécuter à la Boverie, à Liège. Etablissement Lithographique et Chrom,ûlithograpJnque de L. Severeyns-Michel , rue Sœurs-de-Hasque, ii, Liège. Echelle de 1 à 3,000. Avec une rose des vents. Donne la partie de la ville comprise entre la Meuse, la Déri- vation et la rue du Parc, avec un projet de parc sur cette pointe de terre. En six teintes. 1863. N" 104 novem. Sur la même feuille est le plan de la partie du parc qu'on propose d'enclore pour y créei' un jardin d'acclima- tation, à une échelle plus grande. Echelle de 1 à 1,000. Avec une rose des vents et une légende de 42 numéros. En six teintes. Ces deux plans sont dus à l'architecte Remont. père. Larg. 0'"575, haut. 0'"585. Se trouvent dans l'ouvrage intitulé :8ocié. haut. 0'"49. Se trouve dans le même ouvrage que les cinq plans précédents. 1867. .\" 300. Plan intitulé : Ville de Liège. Ile de Commerce. Projets d' approp riation proposés par le géomètre N. Mulkay. Echelle de 1 à 6,250. Ce plan s'étend depuis la place St-Lambert et le pont des Arches au nord, jusqu'à la chapelle du Paradis et la station des Guillemins au sud ; il est limité à la Meuse à l'est et au faubourg St-Gilles et la rue Louvrex à l'ouest. Le bassin de Commerce est comblé. Un boulevard de 1,750 mètres de longueur dans le prolongement de la rue des Guille- mins va jusqu'à la place de l'Université. De là part une rue qui aboutit à la place St-Lambert. Une autre rue part du quai Cockerill pour aboutir à la rue du Pont d'Avroy en empruntant la rue du Moulin. Le bassin de Commerce est reporté contre la .Meuse en ainonl du pont de Conmiercc. La surface de terrain 649 à bâtir sur l'emplacement de l'île et du bassin est de 78,000 mètres carrés. Larg. OnOS, haut. 0'"22. Se trouve joint au mémoire intitulé : Ville de Liège. Appro- priation des terrains de Vile de Commerce. Plan et rapport Adressés à Messieurs les Président et Mem.bres du Conseil communal de la ville de Liège. Par N. Mulkay, Géomètre. Liège. A. Faust, 1867. Une brochure in-8 1867. N^SOl. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Avant-projet de reconstruction de VHôpital de Bavière. Plan litt" A. Dressé par V Architecte soussigné. Liège le '2i Juin 1867. E. Halkin. Etab: Lith: de Ch. Claesen, Faub. St Laurent 61 , Liège. - Echelle de là 1,000. Avec une échelle et une rose des vents. La légende se trouve dans le texte. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la Meuse, les rues Ghaussée-des-Prés et Puits-en-Sock, la rue des Ré- collets, la rue En-Châtre, etc. On y a indiqué le tracé d'un nouvel hôpital sur les terrains de l'hôpital de Bavière actuel, ainsi que divers projets de rues. Larg. 0'"42, haut. 0"'29. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Hospices civils de Liège. Rapport de la commission spéciale instituée pour Vexam,en des Plany. d' Agrandissement et d' Amélioration de l'hôpital de Bavière. 21 Juin 1867 . Liège. De Thier et Lovinfosse. 1867. Un volume in-12. 1867. N° 302. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Avant-projet de reconstruction de VHôpital de Bavière. Plan litt" B. — 650 — Dressé par ^Architecte soussigné. Liège le ^21 Juin 1867. G. Umé. Etab: Lith: de Ch. Claesen, Faub. St Laurent 67, Liège. Echelle de 1 à 1,000. Avec une échelle et une rose des vents. Ce plan est fait dans les mêmes limites que le plan urécédent. Le tracé de l'hôpital, ainsi que celui des rues nouvelles est autre que dans le premier plan, Larg. 0™29, haut. 0'»42. Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent. 1867. N°303. Plan intitulé : Avant-Projet d'Emplacement d'une Station de Marchandises avec Bassin de Conimeree, Entrepôt, etc., etc. Comprenant la suppression du Fourchu-Fossé et ren- dant Navigable la Dérivation de la Meuse à Liège. Liège le i3 Septembre 1867. N. MuLKAY, G. Umé. géomètre. architecte. Etabl. Photolithographique de Ch. Claesen à Liège. Echelle de 1 à 7,400. Avec une échelle. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la station des Guillemins, celle deLongdoz et l'entrée du canal de l'Ourthe dans la Meuse. Le bras de l'Ourthe dit Fourchu-Fossé est sup- primé et les eaux de cette rivière se rendent dans la Dérivation de la Meuse, en aval du pont suspendu, par le bras qui longe les îles Jodry, Bernimolin et aux Ecorces, qui est élargi. Un bassin est creusé sur l'île des Cochons, communiquant avec le canal de l'Ourthe et avec la Dérivation. A côté sont des entrepôts. Sur nie des Aguesses est une station pour les marchandises. Larg. 0"'r)15, haut,0"'255. — 651 — Se trouve joint au mémoire intitulé : Avant-projet d'empla- cement dune station générale de marchandises avec bassin de commerce, entrepôt, etc., comprenant la suppression du Fourchu-Fossé et rendant navigable la dérivation de la Meuse à Liège, par Mulkay et Umé. Liège. De Thier et Lovin- fosse. 1867. Une brochure in-8. 1867. N° 304. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'appropria- tion des terrains de Vile du Comm,erce par M. E. Halkin, architecte. Supplément au journal Le Foyer. Echelle de 1 à 4,000. Ce plan s'étend depuis le pont de la Boverie jusqu'au chemin de 1er de la houillère du Paradis. Le bassin de Commerce est comblé et remplacé par un petit bassin situé à la pointe sud de l'île de Commerce. Un autre bassin avec entrepôt et chemin de fer communiquant avec la station est creusé à la pointe nord de l'île. II y a 6 lots de terrain à bâtir, d'une contenance de 79,314 mètres carrés. Larg 0'".^65, haut. O'^S^. Est encore dans le commerce. 1868. N" 305. Vue intitulée : Liège. Théâtre. Prise de l'entrée de la place Verte. C'est une reproduction du n° 79 sex avec la statue de Grétry au centre du square qui a été établi sur la place. Larg. O-^IS, haut. D'ILOTS. Fait partie de la collection de 16 vues mentionnées aux n"* 79 à 79 tredecim. 1869. N» 306. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet pour Vappro- priation des Terrains de Vile et du Bassin dits de commerce. x>7 Mai 1869. — 65i2 — Etabl. Ijth. de C.h. Claesen, Ri(e Jardin Botanique N" 26 à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Ce plan a les mêmes limites que les n"» 294 à 299 de 1867. Il est dû à M. Orban-Lamarche. Le bassin de Commerce est comblé et reporté contre la Meuse en amont du pont de Commerce. Le pont vis-à-vis de la rue de Fragnée reste ; l'écluse près de l'Evêché est déplacée et rem- placée par deux autres : l'une pour les bateaux à vapeur com- muniquant directement avec la Meuse en amont et en aval, au moyen du déplacement du barrage, et l'autre communiquant avec le bassin par un chenal passant sous le pont de Commerce prolongé. Les squares sont agrandis et la surface des terrains à bâtir est de 99,000 mètres carrés. Larg. O-^Te, haut. Oq49. Se trouve joint à un mémoire manuscrit. 1869. N"307. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège. Propriété L. Severeyns, Imprimeur de V Administration Provinciale. Liège. Echelle de 1 à 10,000. C'est le même plan que celui de 1866, n° 108; mais la légende n'y est pas. On a prolongé quelques parties en dehors du cadre, pour comprendre, au nord, la station de Vivegnis ; à l'est, le Champ de manœuvre et le Tir communal ; au sud, le prolonge- ment de la station des Guillemins, et à Touest, l'établissement de Fontainebleau. Larg. 0"'ôO, haut. 0'"25. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Grand tir international et fêtes liégeoises organisés Sous le patronage de V Administra- tion communale, par la garde civique et les habitants de Liège ♦)5: avec le concours de la cille de iSpa El des gardes cioiques d<:. Verviers et de Huy. Carnet-guide contenant le programme officiel des fêtes et du tir international de Liège et de Spa; les indications nécessaires à Messieurs les étrangers; le plan de la ville de Liège, etc., etc., etc. Liège. N. Redouté, imprimeur du Comité des fêtes. 1869. Une brochure in-18. 1869. N" 308. Plan intitulé : Ville de Liège. Chemin de fer améri- cain. Plan général du parcours des voies. Liège, le 15 Novembre 1869. P.-J. MARMONT. Le mandataire, F. DE Grandvoir. Lithographie de H. Dessain Imprimeur Libf. N" i. S* tirage. Echelle de 1 à 2,500. Avec une échelle. Ce plan donne toute la partie de la ville parcourue par le chemin de fer américain, depuis la station des Guillemins, en passant par la rue de la Station, le quai et le boulevard d'Avroy, le boulevard de la Sauvenière, la place St-Lambert, la rue Féronstrée, le faubourg St-Léonard, jusqu'à la Fonderie de canons, avec une annexe jusqu'à Coronmeuse. Un embranche- ment part de la place du Théâtre et va jusqu'à la station de Longdoz. Cet embranchement est encore relié à la ligne prin- cipale le long de tout le quai Gockerill ; mais cette ligne n'a pas été maintenue. Il y a en outre des raccordements ultérieurs à travers l'île de Commerce. L'appropriation de l'île de Commerce est indiquée avec un jardin public, une partie bâtie, un bassin en amont du pont de Commerce et deux écluses en aval, l'une pour les bateaux ordinaires et l'autre pour les bateaux à vapeur, avec déplace- ment du barrage. En trois feuilles. 654 Larg. (""f-O, haut. O^TO. Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin. 1869. N° 309. Vue intitulée : Liège. Cette vue est prise du quai de l'Université. On voit les bâti- ments de l'Université au premier plan à gauche, et en avant l'ancien pont des Arches, quoique le nouveau soit construit depuis 1860. Larg. O^Ofii, haut. 0'"026. Se trouve sur la carte intitulée : Nouvelle Carte Illustrée de la Belgique, in(li(jU'int les Chemins de fer, Hautes, Canaux et Rivières, Publiée à la librairie Universelle de J .Rozez, Editeur, N" 87, Rue de la Madeleine, Bruxelles. 1869. 1870. N^SIO. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège. 1870. Lith. de J. Coune à Liège. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une légende donnant les surfaces de la Ville ancienne, teintée en noir sur le plan, de la Ville nouvelle, teintée en jaune, et de la Ville en construction, teintée en rouge. Ce plan ne donne que les rues principales. Il indique un projet de rue allant de la station des Guillemins à la chapelle du Paradis en ligne droite; là il y aurait un pont sur la Meuse et puis une autre rue en ligne droite irait jusqu'à la rue Crétry, traversant le Jardin d'acclimatation, passant sur le pont sus- pendu, puis remplaçant la rue d'Harscamp. Une autre voie, intitulée : Boulevard Extérieur, partirait également de la station des Guillemins, aboutirait en ligne droite à la rue de Fragnée à l'endroit de la rue St-Maur : de là, au moyen d'un coude, elle arriverait à angle droit sur la Meuse, qu'elle traverserait sur un pont placé à l'extrémité du déversoir et puis par une troisième ligne droite aboutirait au Beau mur (ancien casino). ri55 Entin l'île du Commerce serait translormée en Parc et 1 on pourrait bâtir à l'emplacement du Jardin d'acclimatation et du Parc public, qui bien entendu devrait avoir accès sur le deu- xième pont. Larg. 0"'o.45. haut. O^ÔO. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Sur V appropriation de Vile du Commerce, par Marcellis. Liège. J. Desoer. 1870. Un volume in-8. 1870. N° 311. Plan intitulé : Plan des abords des Bains St Michel. Imp: Lith: Ed: Protin, Liège. Echelle de 1 à 2 500. Ce plan comprend la partie de la ville située entre les rues des Dominicains, du Pont-d'Ile, la p'ace St-Lambert et la place St-Michel. Tous les hôtels y sont indiqués. Larg. 0"MO,haul. O^ISS. Se trouve joint à l'avis annonçant l'ouverture des bains St- Michel pour le 12 juillet 1870. 1870. N° 312. Plan intitulé: Ville de Liège. Administration des hos- pices cioils. Plan annexé au programme du concours ouvert pour la présentation des plans d'unnouvelHàpital à construire sur les terrains dits des Capucins, situes Rue volière. Etabl. Lith. de Ch. Claesen Editeur à Liège. Echelle de 1 à 500. Avec une rose des vents et une Note. Ce plan est limité aux rues Pierreuse, Volière, St-Servais, Ste-Glaire et à la route de Ste-VValburge. En deux feuilles. Larg. 0'"79, haut. O^ôO. Se trouve joint à la brochure intitulée : Ville de Liège. Administration des hospices civils. Programme du Concours 656 /jour la présentation des plans relatifs à Vérection d'un hôpi- tal à Liège, sur les terrains dits : des Capucins et situés ru Volière. Liège. Gh. Ledoux. 1870. Une brochure in-8. 1871. N" '.M'a. Plan intitulé : Plan d'ensemble du charbonnage du Paradis d''Avroy et Boverie. Ce plan, ainsi que les 4 coupes A, B, C, D /Planches J 'a IV) étaient joints au rapport de Juin 1870 de M. l'Ingénieur Pi^incipal Hatnal. Planche I. Liège. Etablissement Géographique J. Vossen. Echelle de 1 à 2,000. Avec une échelle, une rose des vents et une légende pour les travaux des houillères. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre les rues Darchis, Fusch, Courtois, le Chemin de fer, la rue du Plan- Incliné et la Meuse. Larg. 0''445, haut. 0"'74. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Exposé de la défense des charbonnages liégeois adressé à M. le Ministre des travaux publics par la Société anonyme de Charbonnages du Paradis- d''Avroy et Boverie. Causes véritables des lézardes et des affaissements du sol. Liège. De Thier. 1871. Un volume in-4. 1871. N" 314. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège, des faubourgs et des environs d'après les documents officiels. Librairie générale et universelle de Charles Gnusé à Liège, Place du théâtre 15 bis et 21. 1871. Gravé par G. Roux. Imp. par F. Van Dam. Etablissement Géographique de Bruxelles fondé en 1830 par Ph. Vandermaelen. Propriété de Charles Gnusé [libraire. Editeur à Liège. Déposé Avec une légende pour les édifices publics, monuments, etc., les rues et les places, hors du cadre, ainsi que des annonces. — 657 — Larg. 0"'47, liaul. 0"'39. Est encore dans le commerce. 1871. N" 315. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège avec indica- tion de la position des principales couches de houille à '200'" de profondeur sous la Meuse. Planche I. Liège. Etahlissement Géographique J. Vossen. Echelle de 1 à 5,000. Avec une rose des vents et une légende. Ce plan s'étend d'un côté jusqu'au chemin de fer, de la gare des Guillemins à celle du Haut-Pré, et de l'autre jusqu'à la Dérivation et la rue Basse-Wez. Il a à sa limite les bures du Rosier, de FAumônier, de Ste Marguerite, de la Plomterie, du Baneux, et du Paradis, la fabrique d'armes de l'Etat, l'église St-Remacle, le casino du Beau-Mur, etc. Il indique la limite de toutes les concessions, ainsi que celle du terrain non concédé sous le centre de la ville. Larg. O'^SS, haut. 0'"67. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Des affaissements du sol produits par l'exploitation houillère. Mémoire adressé à V administration communale de Liège par Gustave Dumont, ingénieur des mines. Liège. L. De Thier. 1871. Un vol. in-4 et un vol. de planches. Planche I. 1871. N° 316. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Fig. I. Planche IV. Echelle de 1 à ^2,000. Avec une rose des vents et une légende. Donne la partie du faubourg St-Laurent depuis la porte St- Martin jusqu'au-delà de la caserne. Larg. O-^li, liaul. 0'"50. Se trouve dans !e m^me ouvr?igequp le plan préiv-rleiit. PI. IV . 658 1871. N" 317. Plan intitulé : Houillère de Belle Vue. Fig. 2. Planche IV. Echelle de 1 à '2,000. Avec une rose des vents et une légende. Donne la même partie que le plan précèdent. Larg. 0"' 14, haut. O-^SS. Sur la même feuille que le précédent. Se trouve dans le même ouvrage que les deux plans précé- dents. PI. IV. 1871. N" 318. Plan intitulé : Houillère de Belle Vue. Fig. 3. Planche IV. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende et une rose des vents. Donne la même partie que les deux plans précédents. Larg. 0"' 14, haut. 0'"-25. Sur la même feuille que les deux précédents. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. IV. 1871. N''319.Plan intitulé: Houillère du Baneux. Plan des travaux dans la couche 5 Pieds. Planche V. Liège. Etablissement Géographique de A.J. Vossen. Echelle de 1 à 2,000. Donne une partie du faubourg Vivegnis. Larg 0"'12, haut. O'MO. Sur la môme planche il y a une coupe. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. V. 1871. N»320. Plan intituié. Houillère delà Chartreuse. Planche VI. Echelle de 1 à 1,000. Avec une légende et une rose des ventg. 659 Donne une partie de la rue Basse-Wez. Lart?. O^lô, haul.0'"18. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. VI. 1871. N"321.Plan intitulé: Cliarhonnage d'Aoroy et Boverie. Plan. Planche VIL Liège. Etablissement Géographique deA.J. Vossen, Echelle de 1 à 2,500. Avec une légende et une rose des vents. Donne la Meuse, le quai de Fragnée, la rue de Fragnée et celle du Paradis. Larg. 0'"13, haut. 0">I8. Sur la même feuille il y a une coupe. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. Vil. 1871. N" 322. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Planche y/7/. Planche IX. Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende en caractères rouges, une en caractères noirs et une rose des vents. Ce plan comprend la partie du faubourg Ste-Marguerite entre le commencement du chemin du Bas-Rhieux jusque vers l'em- branchement de la rue Basse-Chaussée et de la chauss^'e de Glain. A droite il s'étend jusqu'à la houillère Ste-Marguerite et les moulins Streel, Roumieux, Watrin et VVéry. Larg. 0i>i28, haut O-^Ii. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. YIII (rouge). PI. IX (noir). 1871, N" 323. Plan intitulé : Houillère de la Chartreuse. Plan des Travaux. Planche X. — (ÎHO — Echelle de 1 à 2,000. Ce plan représente les environs du carrefour formé par les rues Sous-l'Eau, Queue-d'Oignon, la ruelle de Bressoux et la rue Laid-Fossé. Larg. 0™15, haut. OmlO. Sur la même feuille il y a une coupe. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. X. 1871. N" 324. Plan intitulé : Chai'bonnacje de La Hayi. Planche X.I. Fig. I. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende et une rose des vents. Donne la partie du faubourg St-Laurent entre les maisons de Lantremange et Godenne. A été reproduit en 1875 (N» 355). PI. XI. Larg. 0"il4, haïU. O'"lo. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PL XI. 1871. N" 325. Plan intitulé : Charbonnage de la Belle- Vue. Planche XL Fig. 2. Liège. Etablissement Géographique de A. ./. Vossen. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende et une rose des vents. Représente la partie du faubourg St-Gilles comprise entre la rue Louvrex et la rue Bassenge ; il donne donc la rue Henkart, la rue Renier et le commencement de la rue Louvrex. A été reproduit en 1875 (N» 357). PL XIV. Larg. 0"" 19, haut. 0"'H. Sur la môme feuille que le précédent. Setronvp dans Ip même onvrag»^ que les précédents. PI. XL - 661 — 1871. N" 326. Plan intitulé : Houillère du Baneux. Planche XIII. Liège. Etahlissement Géographique de A.J, Vossen. Echelle de 1 à 1,000. Avec une légende et une rose des vents. Présente la prison St-Léonard et le connnencement du faubourg Vivegnis. Larg. O^Sô, haut. 0'"16. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XIII. 1871. N» 327. Plan intitulé: Charbonnage d'Avmy-BoveHe.Pl.XV. Lith, de H. Dessain, à Liège. Echelle de 1 à 2,500. Avec une légende. Ce plan est limité à la rue de Sluse, au Jardin botanique, à la rue des Augustins, au quai Gockerill, aux établissements Mar- cellis, au quai Orban jusqu'au moulin à tan, à la ruelle Fran- cotte, au chemin de fer et à la houillère de Paradis et au chemin de fer de l'Etat. Larg. O^iS, haut. OmSo. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XV. 1871. N** 328. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Planche XVIII. Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende et une rose des vents. Limité aux rues Bassenge, Fuscli, Louvrex, des Anges, du Laveu et le chemin de fer de l'Etat. I,ars. O^^O, haut. 0'"24.. — 6 ;2 — Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PL XVIIl. 1871. N**329. Plan intitulé ; Charbonnage du Val Benoit. Planche XX. Liège, Etablissement-Géographique A . J. Vossen. Echelle de 1 à 3,000. Avec une rose des vents. Donne lé pont du Val-Benoît et la rive gauche de la Meuse depuis l'ancien couvent du Val-Benoît jusqu'au-delà de la rue Neuf-Pavé. Larg. 0"'2i,haui. O^âO. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XX, 1871. N^ 330. Plan intitulé ; Houillère de la Plomterie. Planche XXI. Planche XXII. Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen. Echelle de 1 à 1,000. Avec une légende en caractères rouges et une en caractères noirs, et une rose des vents. Donne la partie du faubourg Ste-Walburge s'étendant en deçà de la rue VieilIe-Voie-de-Tongres et au-delà de l'église. A été reproduite en 1875 (N" 360). Larg. 0'"-25, haut. O'-'âS. Se trouve dans le môme ouvrage que les précédents. PL XXI (rouge). PI XXII (noir). 1871. N" 331. Plan intitulé : Houillère de Laumonier. Planche XXI V. Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen. Echelle de 1 à 1,250. Avec une légende et une rose de.s vents. 663 Donne la rue de l'Ouest, la rue Got'fin et une partie du fau- bourg Ste-Marguerite. A été reproduit en 1875 (N" 361). Larg. O-^â?, haut. 0'"'20. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XXIV. 1871. N° 332. Plan intitulé .Houillère de Belle Vue. Planche XXV. Lith. de H. Dessain, à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une légende et une rose des vents. Donne la partie de la ville comprise entre l'église St -Chris- tophe, la place du Béguinage, la rue Jonfosse, la rue Louvrex, la rue des Augustins et le boulevard d'Avroy. Larg. 0"'56, haut. O-^SS. Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XXV. 1872. N° 333. Vue intitulée : Le pont des Arches à Liège. {Dessin original. J A. Doms. H. V. Cette vue est prise du quai de l'Université avant que les murs de quai ne soient construits. On voit au-dessus du pont les tours de St-Barthélemi et le Mont-de-Piété. A droite s'étend le quai des Pêcheurs, au-dessus des maisons duquel s'élève la tour de St-Pholien. Larg. 0™21, haut. O-^IG. Se trouve dans l'ouvrage intitulé; L'illustralion européenne. Deuxième année. iS71-i87S. Bruxelles. In-folio. Page 65. Et dans le : Guide-album du voyageur , bystème de publicité breveté en Belgique et à V étranger. S. G. D. G.. Deuxième édition. Bruxelles, L. Jourdain, éditeur. E. Guyot. 1877. Un vol. in-4. Page 126 (•). (^) \,p titre dans re dernier ouvrage est : Vue (tu Pont (tes Arches, à l.iép» . — 664 — 1872 •! N" 334. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan général du Parcours des voies du Chemin de fer américain. Indication des haltes et tarif des péages liour voyageurs et marchandises . Etablissement Géographique A. J. Vosse^i, Liège. Imp. Lithog. L. Severeyns, Liège. Déposé. Echelle de 1 à 10,000. Avec une échelle et une légende. C'est une copie réduite du plan de 1869, N" 308. Larg. O-^SS, haut. O-^aô. Sur la même feuille est le Tableau des distances et le tarif pour les voyageurs et les marchandises, ainsi que la Carte des chemins de fer des environs de Liège publiée en 1871. (N" 242.) Est encore dans le commerce. 1872. N" 335. Plan intitulé : Nouveau plan linéaire de la ville de Liège. Nouveau plan linéaire instantané de la ville de Liège. 4872. Septembre. Propriété. Lith. de P. Hahn à Liège. Avec une légende et une liste des rues et édifices, hors du cadre, correspondant à des carrés numérotés de A à Jet de 1 à 4. Dans ce plan les rues sont indiquées par une seule ligne. Larg. 0"H3, haut. 0'"M. Est encore dans le commerce. Se trouve aussi dans le : Guide de l'étranger à Liège et dans ses environs, par Ph. de Bruyne. Liège. Léon De Thier. 1873. Un volume in-12. 1872 V N" 336. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège, Edité par L. Severeyns, Imprimeur. Im.p. LitJi. L. Severeyns, Liège. Echelle de 1 à 10,000. - 665 - Avec une légende dans le cadre, et hors du cadre une liste des rues, impasses, avenues, boulevards, faubourgs, quais, places, édifices publics et monuments, par ordre alphabétique et avec indication de leur position sur le plan. Il y a de plus des annonces dans les quatre angles. Ce plan est divisé en carrés de 0,05 de côté. Larg. 0™o05, haut. O^iG. Est encore dans le commerce. 1873. N" 337. Plan intitulé : Plan d'ensemble de la Cité du Haut- Pré. 36 Maisons. PL I. Liège. H. Vaillant-Carmanne et C'". Echelle de 1 à 400. Donne la partie de la ville comprise entre les rues de l'Ouest, du Haut-Pré et des propriétés particulières. Les maisons ouvrières sont situées des deux côtés des rues de Waremme et de Fexhe. Larg. 0'"44, haut. 0n2. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Société anonyme liégeoise des maisons ouvrières fondée à Liège, Belgique, le 2i Sep- tembre iS67. Notice sur les travaux de la société. Plans, devis, cahier des charges. Liège. Vaillant-Carmanne. 1873. Un volume in-8. 1873. N^ 338. Plan intitulé : Plan d'ensemble des SI maisons de la cité de la rue Kinet, à Grivegnée. PI. IL Liège. H. Vaillant-Carmanne et C'". Echelle de 1 à 500. Avec une légende. Donne la partie de la ville comprise entre la rue Basse-Wez, la ruelle Henvard et les propriétés particulières. Les maisons ouvrières sont bâties des deux côtés de la rue Kinet. H66 Larg. 0"44. haut. O^IS. Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent. 1873. N» 339. Plan intitulé : Plan d'ensemble des 27 maisons de la cité de la rue de Meuse. Nord. Echelle de 1 à 500. Avec une légende. Donne la partie de la ville comprise entre le faubourg St- Léonard et la rue Morinval. Les maisons ouvrières sont bâties d'un côté de la rue de Meuse. Larg on*, haut. 0"'155. Sur la même feuille que le plan précédent. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. 1873. N" 340. Plan intitulé : Plan d''ensemble des 25 maisons de la cité de Loigdoz. Echelle de 1 à 500. .\vec une légende. Donne la partie de la ville comprise entre la rue Basse-Wez, la rue Ansiaux et les propriétés particulières. Les maisons sont bâties des deux côtés de la rue de Mulhouse. Larg. 0n4, haut. 0"' 135. Sur la même feuille que les deux précédents. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. 1873. N" 341. Plan intitulé : Plan d'ensemble des Maisons à cons- truire Rue du Ras-Lnveu. 132 habitations. PI. Uf. Liège. H. Vaillant- Car manne et O". Echelle de 1 à 500. Donne la partie de la ville comprise entrela rue du Bas- 667 Laveu, la rue Ambiorix et les propriétés particulières. Les maisons ouvrières sont situées des deux côtés de la rue Jacob- Makoy, de la rue des Wallons, de deux rues sans nom et d'un côté de la rue du Bas- Laveu et de la rue Ambiorix. Larg. Om, haut. 0H± Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. 1873. N" 342. Plan intitu'é : Liège. Luik. Lûttich. Uitgave van P. Plantenga Hzn. te Zutfen. Avec une rose des vents et une légende de 30 numéros pour les édifices remarquables. Le plan est partagé en carrés avec des lettres et des chiffres correspondants dans la légende. C'est une copie du n-9Q de 1859 et du n" 105 de 1864. Larg. 0"18, haut. 0"'13o. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Relgie met de reizen tôt Parys. Handboek voor reizigers met relskaarten en platte- gronde)!. 3^ édition. Zutphen. Plantenga. 1873. Un volume in-12. Page 136. 1873. N" 343. Vue intitulée : Liège. Prise du bois de Kinkempois au-dessus de l'embranchement des deux chemins de fer. On y voit le pont du Val-Benoît, le parcours du chemin de fer qui passe sur ce pont et l'embran- chement qui va à Longdoz : la ville e.st dans le fond. Larg 0"'055et0'"0.54, haut. 0"'017. Est comprise dans la série de vues formant l'encadrement de la carte du royaume et de celle de la province de Liège dans l'ouvrage mi\lu\ô: Atlas de la Belgique illustré de plus de 200 vignettes. Bruxelles. J. Rozez. 1873. Un volume in-4 oblong. 1873 ? N° 344. Vue intitulée : Hôtel de ViUe et place du Marché. Liège. — «6« — Dessiné et Grave p H. Hasserz. Prise de l'entrée de la rue Ste- Ursule. On y voit presque tout le Marché, avec la fontaine du perron et celle en fer, ainsi que la rue du Perron à droite de l'Hôtel de ville. Larg. C'ûQ, haut. 0"255. Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège. 1874. N" 345. Plan sans titre d'une partie de la ville. Echelle de i à 200. Donne le plan du bras de l'Ourthe compris entre la Meuse et le pont St-Nicolas, avec les rues qui y aboutissent. Ce cours d'eau est aujourd'hui comblé et est devenu le boulevard de Saulcy. Larg. O^ee, haut. 0"'42. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux du quartier de VEst. Rapport de MM. les Professeurs Chan- delon et de Koninck sur V analyse des terres recueillies dans le principal biez d'Outre-Meuse. Liège. Pirard frères. 1874. Une brochure in-8. 1874. N° 346. Plan intitulé : A^ottueaw plan guide de la ville de Liège et de ses environs indiquant tous les édifices, monu- ments et places publiques et tous les nouveaux projets de rues, places et stations limitrophes à la ville. Dressé et publié par Dosseray, Rue de Prusse 10, à Cure- ghem-lez- Bruxelles, le 1 Mai 1874. Lith. Léon Mertens, Brux*. Dépôt chez M. Dosseray, rue Grétry à Liège. Avec une légende. Les angles sont occupés par quatre vues. 1° La station des Guillemins. 2° L'hôtel du gouverneur et le palais de justice. 3" La statue de Charlemagne, et 4° la statue de Grétry. - 669 - Ce plan s étend jusqu'à Ans, Jupille et Angleur. Il manque d'exaotitude. Larg. 0"'675, haut. 0"'585. Est encore dans le commerce. 1874. N''347. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet ^oar l'appro- priation des Terrai)is de Vile et du Bassin de Commerce avec les Modifications admises par le Département des Travaux publics. Dressé le Janvier 1874 par le soussigné. L"" Ingénieur Directeur, G. Blonden. Diaprés la Convention intervenue entre le Gouvernement et la Ville, le Bassin doit être raccordé à la Station des Guille- m,i7is par une voie ferrée. Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N° 26 à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Ce plan a les mêmes limites que les n"* 294 à 299 de 1867 et que le n° 306 de 1869. Le bassin de Commerce est comblé et reporté contre la Meuse en amont du pont de Commerce. Le pont vis-à-vis de la rue de Fragnée est déplacé, ainsi que l'écluse vis-à-vis de TEvèché. Celle-ci est remplacée par deux autres comme dans le plan de 1869, n" 306. Un embranchement de chemin de ier partant de la voie allant actuellement à la Meuse vient jusqu'au nouveau bassin en suivant la rue de Fragnée. Les squares sont agrandis et la surface des terrains à bâtir est de 78,500 mètres carrés. Larg. 0"'76d, haut. 0"'49. Est encore dans le commerce. — 670 — 1874. N° 348. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Plan pour r Etablissement d'un Parc sur Vile de Commerce. Dressé par le soussigné conformément à la délibératioti du Conseil Communal en date du 33 Octobre 1874. Liège, le 31 Décembre iS74. L Ingénieur Directeur, G. Blonden. Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N" 26 à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Ce plan a les mômes limites que le plan précédent. Le bassin de Commerce est conservé : deux passerelles sont établies aux deux extrémités du chenal longeant le quai d'Avroy. Toute l'île est convertie en parc entouré d'un macadam pour les voitures et les chevaux de luxe et traversé par des voies charretières. Un pont fixe est établi entre les deux ponts tour- nants du quai Cockerill. On construit aussi une écluse contre la Meuse en aval de l'île et on prolonge le déversoir. Larg. 0"'765, haut. 0n9. Est encore dans le commerce. 1875. N** 349. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet a,vec parc, adressé le 31 janvier i875 et avec bassin au parc de la Boverie le 3 février suivant, par Lambert D. (Demany), Architecte. Appropriation de Vile de commerce. Plan du 3i Janvier i875. Liège. Lith. Léon de ïhier. Echelle de 1 à 2,000. Avec une note de la contenance des cinq lots à vendre. 671 Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai d'Avroy, le quai de Fragnée, la Dérivation de la Meuse et le quai Gockerill. Ce projet consiste à remblayer le bassin de Commerce et à faire un boulevard de 32"' de largeur allant de la rue Ste-Marie au pont de Commerce. A droite de ce boulevard est un parc de 40 i/2 hectares, et à gauche cinq pâtés de terrains à bâtir. Le barrage est reporté en aval du pont, et une ou deux écluses sont à côté. Il y a un bassin à l'endroit du parc public et un pont sur la Meuse vis-à-vis de la chapelle du Paradis. Larg. 0"'!% haut. 0"'oO. Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin. 1875. N° 350. Plan intitulé : Plan d'ensemble di< 3 février 1H75. Echelle de 1 à 10,000. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le chemin de fer de raccordement de la station des Guillemins à celle de Longdoz. On indique une nouvelle ligne de raccordement avec le bassin projeté. Larg. O-^ôO, haut. O^aâ. Sur la même feuille que le plan précédent. 1875. N" 351. Plan sans titre de la ville de Liège. Avec une légende dans le cadre et une liste des ponts, mo- numents, édifices et hôtels de la ville hors du cadre. Le nord est en haut. Il est divisé en carrés. Larg. 0"'425, haut. O'^i^b. Se trouve sur une feuille ayant au verso des cartes de géo- graphie des environs de Liège et la liste alphabétique des rues de Liège, ayant pour titre : Nouveau plan de la Ville de Liège avec les nouveaux changements de Vile de Commerce, — G72 — rue Léopold, etc., etc., accompagné d'une Carte avec les Houil- lères, Ilauts-Foumeaux, Fonderies de fer et de Cuivre, Stations des Bateaux à Vapeur, d'une Carte des chemins de fer, des environs de Liège, etc. Liège. E. Decq. 1875. N° 352. Plan intitulé : Houillère de Belle-Vue. Fig. i. Zone normale influencée par Vexploitation de la couche Quatre- Pieds en 1867. Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère. Planche X. Imp. Lith. Fr. Becker, Liège. Echelle de là 2,000. Avec une rose des vents. Ce plan ne donne que la partie de la ville comprise entre le faubourg St-Laurent et le puits d'extraction de Belle-Vue. La caserne St-Laurent et l'hôpital militaire y sont en entier. Les parties lézardées de ces bâtiments sont indiquées. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère. Réponse de VUnion des charbonnages , mines et usines métallurgiques de la province de Liège au mémoire de M. Gustave Dumont intitulé : Des Affaissements du Sol produits par VExploitation houillère. Liège. Léon De Thier. 1875. Un volume in-4 de texte et un de planches. PI. X. 1875. N" 353. Sur la même feuille: Fig. 3. Zone normale influencée par Vexploitation de la couche Cinq-Pieds en 1858-59. Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents. Ce plan a les mêmes limites que le précédent. 1875. N" 354. Sur la même feuille: Fig. 3. Zone normale influencée par Vexploitation de la couche Blanche- Veine. - 673 - Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents. Ce plan est le même que les deux précédents; mais il s'étend jusqu'à l'hospice Ste- Agathe. Sur la même feuille se trouve une 4* figure de coupe. Dimensions de la feuille : Larg. Om, haut. O^aS. 1875. N" 355. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Affaisse- ment de la propriété Godenne. Fig. 1. Plan. Des affaissements du sol attribués à ^exploitation Jiouillère. Planche XI. Imp. Lith. Fr. Decker, Rue du Pont 39 Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents et une légende. Donne la partie du faubourg St-Laurent entre les propriétés Lantremange et Godenne. Copie du n" 324 de 1871. Sur la même feuille il y a une coupe. Larg. 0'"27, liant. O'":20. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents . PI . XI . 1875. N" 356. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Plan des Travaux exécutés sous la Rue du Bas-PJdeux et le Faubourg Ste Marguerite. Des affaissements du sol attribués à Vexploitatio)i houillère. Planche XII. Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont 39 Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents et une légende. — 674 - Donne la partie du faubourg Ste-Marguerite comprise entre le chemin du Bas-Rhieux et la rue Basse-Chaussée. Il s'étend à droite jusqu'au chemin du Bas-Rhieux. Larg. Ol'il.haut. 0'"275. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PL XII. 1875. N"* 357. Plan intitulé : Charbonnage de Belle-Vue. Fig. 2. Plan des Travaux exécutés sous le Faubourg Saint-Gilles. Des affaissements du sol attribués à l'exploitation houillère. Planche XIV. Imp. Lith. Fr. Bêcher, Rue du Pont 39 Liège. Échelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents et une légende. Représente la partie du faubourg St-Gilles comprise entre la rue Louvrex et la rue Bassenge, avec les terrains à droite et à gauche. Sur la même feuille il y a une coupe. Copie du n» 325 de 1871. Larg. 0'"273, haut. O^âO. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PL XIV. 1875. N° 358. Plan intitulé : Fig. 3. Plan des travaux de Ste Marguerite et de Bellevue dans le Voisinage de l'esponte. Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère. Planche XV. Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont, 39, Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une rose des vents. Comprend la partie du faubourg St-Laurent environnant l'hospice Ste- Agathe. — 675 — Sur la même feuille il y a trois coupes. Dimensions de la feuille entière : Larg. 0™585, haut. 0"'4I5. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. XV. 1875. N° 359. Plan intitulé : Houillère du Bàneux. Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère. Planche XVI. Imp. Lith. Fr. Becker Liège. Echelle de 1 à 1 ,000. Avec une rose des vents et une légende. Donne la partie du faubourg Vivegnis comprise entre la rue Mathieu-Laensberg et la rue des ï'ranchimontois, avec une grande partie du terrain à droite de ce faubourg. Larg. 0'«50, haut. 0'"54. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. XVI. 1875. N^SôO. Plan intitulé : Houillère de la Plomterie. Fig. i. Plan des travaux exécutés dans les couches Maret et 4 Pieds. Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère. Planche XVII. Imp. Lith. Fr. Becker Liège. Echelle de 1 à 1,000. Avec une rose des vents et une légende. Donne la partie du faubourg Ste-W^alburge s'étendanten-deça de la rue Vieille- Voie-de-ïongres et au-delà de l'église. Sur la même feuille il y a une coupe. Copie du n» 330 de 1871. Larg. 0'H3, haut 0"50 fivrs Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI XVII. 1875. N" 361. Plan intitulé: /iouiiière de l'Aumoniei'. Affaissement de la rue de l'Ouest. Des affaissements du sol attribués à Vexploilation houillère. Planche XV lU. Imp. Lith. Fr. Decker, Liège. Echelle de 1 à 1,250. Avec une rose des vents et une légende. Donne une partie du faubourg Ste-Marguerite avec la rue de rOuest et la rue Goffin. Copie d un" 331 de 1871. Larg. On'285, liaul. C^^io. ï^e trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. XVIII. 1875. N" 362. Plan intitulé : Charbonnage d'Aoroy-Boverie. Fig. 1. Plan des travaux du dressant Nord de la couche St Lambert diaprés M . G. Dumont. Des affaissements du sol attribués à Vexploilation houillère. Platœhe XIX. ittip. Lith. Fr. liecker, Rue du Pont 39, Liège. Echelle de 1 à 2,500. Avec une légende. Donne la partie de la ville comprise entre les rues du Plan- Incliné, de Chestret, de la Paix, la Dérivation, les rues des Vingt-Deux et Sohet. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PL XIX. 1875. N" 363. Sur la môme feuille : Fig. '2. Plan des travaux du dressant Nord de St Lambert d'après les plans du Char- honnage. 677 -^ Echelle de 1 à 2,500. Avec une légende. Donne la même partie de la ville que le plan précédent. Dimensions de la feuille entière : Larg. 0'"55, haut. 0'"4i. 1875. N" 364. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Affaisse- ments des rues Nysten, Courtois et du Jardin Botanique. Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère. Planche XX. Imp. Lilh. Fr. Becker, Rue du Pont 39, Liège. Echelle de 1 à 1,000. Avec une légende et une rose des vents. Comprend la partie de la ville entre les rues des Anges, du Laveu, le chemin de fer, les rues Bassenge, Fusch et Louvrex, Larg. 0"'54, haut. 0'"-i05. Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. XX. 1875. N" 365. Plan intitulé : Charbonnage de Belle-vue. Fig, i. Plan de la Concession de Belle-vue. Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère. Planche XXII. Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont 39, Liège. Echelle de 1 à 5,000. Comprend la partie de la ville entre le chemin de fer, les rues des Anges, du Jardin-Botanique, les églises St- Jacques et St- Paul, le boulevard de la Sauvenière, Téglise St-Martin, le fau - bourg Ste-Marguerite, la rue Goffin, etc. Sur la môme planche il y a une coupe. Lsrg. O'"ol5, haul. O^SO. — 678 — Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents. PI. XXII. 1875. N" 366. Plan intitulé : Plan pour V Appropriation des Ter- rains de Vile et Bassin du Commerce et la Création d'un Parc. Etahl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N° 26 à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Ce plan a les mêmes limites que les n°* 294 à 299 de 18 '37, le n» 306 de 1869 et les n»» 347 et 348 de 1874. Le bassin de Commerce est comblé : les squares actueis sont conservés et dans leur prolongement est créée une promenade de 50™ de largeur qui va presque jusqu'à la rue des Vingt-Deux. Le terrain contre la Meuse est réservé pour une promenade ou un parc : la surface en est de onze hectares. Entre les deux promenades, sur l'emplacement du bassin, il y a trois pâtés de terrains à bâtir d'une surface totale de 48,330 mètres carrés. Le déversoir est reporté en aval du pont de Commerce et une écluse est établie contre la Meuse. Ce plan est de M. Demoor, conseiller communal. Larg. O-^TOS, haut. onOo. 1875. N" 367. Plan intitulé : Ville de Liège. Amélioration et assai- nissement du quartier du Chafour. Demande en concession en date du 4 et 14 Mars 1815 par J. Borguet; accusé de réception les 2 et 13 Avril 1875. Les Parties hachurées en rouge sont à exproprier. Celles en bleu sont affectées aux Halles. Echelle de 1 à 500. Ce plan est limité à la place du Conservatoire, aux rues de la Régence, de la Cathédrale, Sur Meuse et Nagelmackers, et à la Meuse. 679 Toutes les bâtisses comprises entre les rues Ghéravoie, de la Cathédrale, de la Régence et la place du Conservatoire sont démolies, excepté celles ayant façade à la rue de la Cathédrale et à la rue de la Régence, et on perce deux rues partant du carrefour de la rue Chéravoie et de la rue de la Cathédrale, et aboutissant l'une à la rue de la Régence et l'autre à la place du Conservatoire. Larg 0"^38, haut. O^^iSo. 1875 N" 368. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège, revu et corrigé. Edité par E. Severeyns, Imprimeur. Imp. Lith. L. Severeyns, Liège. Déposé. Echelle de 1 à 10,000. C'est la reproduction du plan de 1872? N" 336. Il y a en plus sur celui-ci l'appropriation de l'Ile de Commerce, etc. On a in- diqué les nouveaux noms donnés à im grand nombre de rues. Les cités ouvrières s'y trouvent aussi. Larg. O^SOS, haut. C^ioo. Est encore dans le commerce. 1875. N** 369. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Projet pour le percement de laRueLéopold et V assainissement du quartier de la Madeleine. Echelle de 1 à 500. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la rue Souverain-Pont, la rue de Rex, le Marché, la rue du Pont, la Ribuée et le quai Sur-Meuse. Il indique le tracé de la rue Léopold dans Taxe du Pont-des- Arches, aboutissant place St-Lambert à l'angle de la rue Sou- verain-Pont et de la rue Grande-Tour. De cette rue partent à droite et à gauche d'autri s rues qui établissent une communi- cation avec les parties des anciennes rues que l'on conserve. — 680 — D'abord à droite par une rue qui vient retrouver la rue Sainte- Catherine, vers le milieu de sa longueur. La partie de cette rue que l'on conserve, jusqu'à la rue du Stalon, est élargie du côté gauche. A gauche la partie de la rue des Tourneurs conservée est élargie, et forme avec la rue de Gueldre et la rue Jamin-St- Rock élargie, une rue en ligne droite qui va jusqu'à la rue Souverain-Pont. La rue de l'Hôtel-de-Ville est presqu'entièrement supprimée: on ne conserve que la partie qui se rend derrière l'Hôtel-de- Ville. Après cela la rueLéopold coupela rue de la Madeleine sous un angle très-aigu. Vis-à-vis de cette intersection est un embranche- ment qui arrive obliquement sur FHôtel-de-Ville. En outre les rues du Stokis, de la Cloche et Ma-tante-Sara sont supprimées. La rue Grande-Tour est élargie. Larg. 0'"51,hau!. 0"'503. 1875. N" 370. Plan intitulé : Ville de Liège. Quartier de la Made- leine. Terrains à vendre. S'adresser à M. Pierquin 3 Place Verte. Echelle de 1 à 200. A les mêmes limites que le plan précédent. Il ne donne plus que les nouvelles rues avec la division du terrain par lots, pour la revente. Larg. l"'O0, haut. 0'"10. 1875. N» 371. Plan intitulé : Pla)i de lotissement des terrains à vendre de M" Marcellis e4 Vaparl. Dressé à VEchelle de i à i,000, par le Géomètre soussigné à Liège. N. MULKAY. Etabl. Lith. de Ch. Claesen à Liège. - 681 — Avec un tableau indicatif des lots teintés en vert, apparte- nant à M. Marcellis et un des lots teintés en jaune, appartenant à M. Vapart. Ce plan est limité au Quai Gockerill, aux ponts de la Boverie et de Longdoz, au quai Orban, et aux ponts Orban et du Com- merce. Il donne le tracé d'une rue partant de la place de l'Acclimata- tion et aboutissant à l'intersection des quais de l'Industrie et de la Boverie, et d'une autre coupant celle-ci vers le milieu . Il y a en outre un quai le long de la Meuse. Sur l'autre rive du fleuve, on a indiqué les travaux à exécuter pour remplacer le bassin de Commerce. Larg. 0'"77, haut. O-^Se. 1876. N° 372. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'Expropriation Coinprenant Couverture dune voie réunissant le Fau^ Vive- gnis au centre de la ville l'Etablissement de Halles Ce)itrales, ouverture d^une Rue partant de VHôtel de Ville et aboutissant au quai de Maestricht et la création des abords. Premier Projet déposé le 3i cc*^' 1875. Echelle de 1 à 2,500. Ce plan est limité au nord à la rue Hors-Chàteau, au sud à la Meuse, à l'ouest aux rues Nagelmackers et de l'Hôtel-de-Ville et à l'est à la rue Mathieu-Laensberg. Dans ce projet, une rue formant le prolongement de la rue de la Cité aboutit au commencement du faubourg Vivegnis ; une autre rue part de derrière l'Hôtel-de-VilIe et remplace les rues de l'Epée, ùa Carré, de la Boucherie, Pécluse et sur les Foulons en traversant les bâtiments de l'Académie. Une partie de la rue Féronstrée est rectifiée. Enfin il y a plusieurs petites rues transversales, l'une remplaçant les rues de la Rose et Potiérue, une autre partant vis-à-vis de l'église Notre-Dame et aboutis- sant au quai de Maestricht. 682 Les Halles proposées sont situées quai de la Batte et occupent l'emplacement de la rue Barbe-d'Or et de la moitié de la rue sur les Foulons. Larg. 0'"34, haut. O^ISS. 1876. N^STS. Plan intitulé: Ville de Liège. Projet d^ Expropriation, /Déposé le 2 Mai i816) comprenant Vouverture d'une voie réunissant le faubourg de Vivegnis au centre de la Ville ; V établissement de quatre Pavillons pour Halles Centrales ; Vouverture dhine voie partant de VHôtel-de- Ville et aboutis- sant au Quai de Maestricht ; la Création des Abords. Echelle de 1 à 1,000. Avec une échelle, une rose des vents, les armoiries de la ville de Liège dans le titre et une légende. Ce plan est limité au nord à la rue Hors-Château, au sud à la Meuse, à l'ouest à la rue Souverain-Pont et à l'est à la rue Mathieu-Laensbergh. Les rues en projet sont à peu de chose près les mêmes que dans le plan précédent; seulement ici les Halles forment quatre pavillons à l'intersection des deux grandes rues, occu- pant tout l'espace entre le quai de la Batte, les rues Féronstrée, St-Jean-Baptiste et Sur-le-Mont. Larg. O^QSS, haut. O-^SOS. Ces deux plans se trouvent sur la même feuille et ont pour titre commun : Plans déposés le 3i x^' i815 par MM. G. Garvin et 0. Brixhe^Stelnbach. Id. le 2 Mai 'Î876 (avec variante) par id. id. 1876. N° 374. Plan intitulé : Société Liégeoise des Maisons Ouvrières. Plan des Cités de la Société. i876. Cité du Haut-Pré, Quartier de l'Ouest. 38 maiso7is. Echelle de là 1,000. 683 C'est une copie réduite du n" 337 de 1873, avec deux maisons en plus, Larg. C^IOS, haut. O^ISS. Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Société anonyme liégeoise des maisons ouvrières. Notice sur les travaux de la Société. Liège. J. Desoer. 1876. Une brochure in-8. 1876. N" 375. Plan intitulé : Cité de la rue Kinet à Grivegnée. 37 maisons. Echelle de 1 à 1,000. C'est une copie réduite du n" 338 de 1873. Larg. 0'"185, haut. O-^lSl. Sur la même feuille que le plan précédent. 1876. N** 376. Plan intitulé : Cité de la rue de Meuse, Quartier du Nord. 28 maisons. Echelle de 1 à 1,000. C'est une copie réduite du n° 339 de 1873, avec une maison en plus. Larg. O-^IQS, haut. 0^121. Sur la même feuille que les plans précédents. 1876. N° 377. Plan intitulé : Cité de la rue de Mulhouse, Quartier de VEst, 25 m,aisons. Echelle de 1 à 1,000. C'est une copie réduite du n" 340 de 1873, Larg. 0"'185, haut. O-^ISS. Sur la même feuille que les plans précédents. 1876. N^ 378. Plan intitulé : Cité du Laveu, Quartier du Sud. 58 m^aisons construites. 6 maisons en constructioti. ii 4 maisons à construireo - 684 - Echelle de 1 à -1,000. C'est une copie réduite du n° 341 de 1873, avec 46 maisons en plus. Larg. 0'd21, haut. 0'n245. Sur la même feuille que les plans précédents. 1876. N° 379. Plan intitulé : Cité de Cornillon, Quartier de VEst. 208 maisons dont 6i construites, 52 en construction. Echelle de 1 à 1,000. Donne la partie de la ville comprise entre la route de Liège à Jupille, le chemin de fer de Liège à Maestricht et la rue de Visé, à partir du faubourg d'Amercœur. Les maisons ouvrières sont situées des deux côtés d'une rue qui coupe le terrain en deux dans sa longueur, ainsi que le long de la route de Liège à Jupille et le long d'un chemin longeant le chemin de fer. Ces trois rues sont reliées entr'elles par trois rues transversales. Larg. 0"'59, haut. 0'"123. Sur la même feuille que les plans précédents. 1876. N" 380. Plan intitulé : Cité de Bas-Rhieux^ Quartier de l'Ouest. Projet pour la construction de 199 maisons. Echelle de là 1,000. Donne la partie de la ville comprise entre la rue de Hesbaye, la rue Naniot et les propriétés particulières. Les maisons sont situées le long de la rue Naniot, d'une rue sans nom et des deux côtés des nouvelles rues à créer. Larg. 0"'59, haut. O-'^liô. Sur la même feuille que les plans précédents. 1876. N»381. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux > — 685 — communaux. Projet d'appropriation des terraina de file at du bassin de commerce. Approuvé par le Conseil Communal dans sa séance du 19 Mai 1876. Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue du Jardin Botanique N^ ?() à Liège. Echelle de 1 à 2,000. Avec une échelle. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai Cockerill et le pont de la Boverie au Nord; le Parc public et la Chapelle du Paradis au Sud ; le quai Orban et la Dérivation à l'Est, et le quai d'Avroy à l'Ouest. Le projet adopté est une combinaison des plans Litt' B avec ses variantes de 1867 et du plan de 1869 (n»» 295, 296, 297 et 306). Le bassin du Commerce est comblé et n'est pas remplacé. La navigation se fait par un chenal longeant la rive gauche, prenant naissance vis-à-vis de la Chapelle du Paradis, et passant sous le pont de Commerce prolongé. Le pont vis-à-vis de la rue de Fragnée est supprimé ; Técluse vis-à-vis de l'Evêché est déplacée et remplacée par deux autres : Tune pour les bateaux à vapeur, communiquant directement avec la Meuse en amont et en aval au moyen du prolongement du barrage et l'autre communiquant avec le chenal. Les squares sont agrandis et la .surface des terrains ù bâtir est de 47,000 mètres carrés environ. C'est ce projet qui a été exécuté. Larg. 0'"7I, haut. O'"505. Est encore dans le commerce. 1876. N" 382. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux communaux. Projet d'appropriation des terrains de Vile et du bassin de commerce. — 686 — Dressé à la demayide de l'Administration Communale par le Soussigné, en congé y à Aix-la-Chapelle , le 20 Juillet i875 (i). L'Ingénieur Directeur, Blonden. Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue du Jardin Botanique N" 26 à Liège. Echelle de 4 à 2000. Avec une légende de 4 à D et aaa. C'est le même plan que le précédent sur lequel un projet de tracé pour le Parc a été ajouté : il consiste en un cercle auquel on a accolé deux ellipses. Larg. O"»?!, haut. O'"o05. 1876. N° 383. Vue intitulée : Place du Théâtre, le Théâtre, statue Grétry, les boulevards et église S* Martin. Prise du milieu de l'ancienne Place aux chevaux. Larg. 0"'092, liaut. OmOSS. Fait partie d'un album intitulé : Souvenir du Liège, composé de 18 planches. Sur la dernière se trouve lindication : 6'. Straus, Liège, 4 Rue Pont d'Ile. Imprimerie Lith. Kaiser. Leipsic. Est encore dans le commerce, 1876. N" 384. Vue intitulée : La Meuse et le pont Léopold. Prise du quai de halage en dessous du pont de la Boverie. On voit à gauche le quai de l'Université, en avant le pont des Arches et les quais de la Balte et de Maestricht, puis l'église St-Barthélemi, et à droite le quai des Pécheurs et l'église St-Phulien. Larg. 0"'092, haut. 0'"057. Se trouve dans le même album que la vue précédente. (*) Ce doit èlre 1S76. — 687 - - 1876. N° 385. Vue intitulée : Panorama. Prise du derrière d'une des maisons du Trihay, près de l'église St-Marlin. Représente une partie du quartier du Sud. A gauche le manège, l'église St-Ghristophe dont on ne voit que la partie antérieure, l'église St-Jacques, les Bénédictines, puis le cours de la Meuse dans le lointain, pour se terminer h droite à l'église des Augustins et au collège des Jésuites. Larg. 0"'095, haut. 0"'055. Se trouve dans le même album que les deux vues précé- dentes. 1876. N° 386. Vue intitulée : Panorama de Liège. Prise de la rue du Péry en-dessous de la citadelle. Au premier plan on voit le toit de l'église St-Antoine. A gauche la Halle à la viande, la Halle des Drapiers, l'église St-Pholien et le pont des Arches, puis tout le quai des Pêcheurs jusqu'au pont de la Boverie, que l'on ne voit pas. Plus près l'église Ste-Catherine et une partie du dôme de St-André, tout- à-fait sur la droite. Larg. O^OQS, haut. 0'"055. Se trouve dans le même album que les vues précédentes. 1876. N° 387. Vue intitulée : Boulevard de la Sauvenière et église St Martin. Prise du milieu du boulevard vis-à-vis de la rue de la Cas- quette. Le boulevard a deux rangées d'arbres. L'église St-Martin se voit au-dessus des maisons. I.arg;. 0"'092, haut. O'^OSe. Se trouve dans le même album que les vues précédentes. - 688 — 1876. N" 388. Vue intitulée : Place du Grand Marché et VHàtel de Ville. Prise du débouché de la rue Royale. On voit la fontaine en fer et celle du Perron, ainsi que tout le côté droit du Marché. Larg. 0"'095, haut. 0"0o5. Se trouve dans le même album que les vues précédentes. 1876. N" 389. Vue intitulée : Le jardin d''Accli7natation et le pano- rama de la ville. Prise de la butte au-dessus de la fosse aux ours. On voit au premier plan le jardin d'Acclimatation dont le restaurant se trouve à gauche. Derrière se déroulent les quais d'Avroy et Cûckerill. La caserne st-Laurent est dans le lointain et l'église St-Jacques tout-à-fait à droite. Larg. O-^OaS, haut. 0"'0.">5. Se trouve dans le m'me album que les vues précédentes. 1876. N" 390. Vue intitulée : La Meuse et le Mont de Piété. Prise du quai de la Batte près de l'escalier qui se trouve vis- à-vis de la rue St-Jean-Baptiste. On voit les maisons du quai de Maestrichtà partir de la rue Hongrée,le Mont-de-Piété, puis le quai St-Léonard jusqu'à la filature de lin. Le pont St-Léonard n'y ligure pas quoique construit depuis 1869. Larg. 0"'0d% haut. 0"'055. Se trouve dans le même album que les vues précédentes. 1876. N" 391. Vue intitulée : La Meuse et le pont du Commerce. Prise du bord de Teau près de l'entrée du jardin d'Acclima- tation. On voit le pont du '.Commerce et une partie du barrage. A gauche dans le lointain le quai d'Avroy. 689 Larg. 0™092, haut. O^OBS. Se trouve dans le même album que les vues précédentes. 1876. N" 392. Pian intitulé : ijuide Album du Voyageur. Plan de la ville de Liège. N.-B. Les exemplaires sur papier blanc ne s-î trouvent pas dans le commerce. Le nord est en haut. C'est une reproduction des carrés w" 23 à 28, 33 à 38, 43 à 48, 53 à 58 et 63 à 68 du plande 1875,(n°368). Seulement ici ils sont devenus des rectangles qui ont 0'"04sur0'"0435 et l'échelle est moindre que dans le plan de 1875. Larg. 0'"190, haut. O^SG. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide-album du voyageur. Système de publicité breveté en Belgique et à l'étranger. S. G. D. G. Bruxelles. L. Jourdain, éditeur. E. Guyot. 1876. Un volume in-4". Il y a une édition sur papier blanc qui n'est pas dans le com- merce, et une édition sur papier jaune spéciale pour le com- merce. Et dans la seconde édition de cet ouvrage, 1877 (i). 1876. N° 393. Vue intitulée : Liège. Prise du chemin de fer de Namur, sur la rive droite, à Kin- kempois. On voit la branche du chemin de fer qui traverse le ponldu Val Benoit et celle qui se dirige ^ ers la station de Long- doz. On voit également le chemin de fer sur la rive gauche, et à mi-côte les plans inclinés. Parmi les édifices de la ville on distingue St-Laurent, St-Martin, St-Jacques et St-Paul. Larg. 0"M5, haut. 0'»06. Se trouve dans le même ouvrage que le précédent, l"^* édition page 80 ; 2« édition page 124. (•) Sur le plan cie cette édition il y a la mention : Liik. E.Guyoi — 690 - 1877. N" 394. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux du Quartier de la Madeleine. Terrains à vendre, s^adresser aux Bureaux 3, Place verte, tous les jours de 9 h. à 5 h. Le lotissement n''est fait qu'à titre de renseignement et peut être tnodifié au gré des acquéreurs. Echelle de 1 à 500. Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la rue Souverain-Pont, la rue de Bex, la rue du Perron, la rue Ste- Catherine, le quai Sur Meuse et la rue de la Madeleine. C'est le même projet que celui du n" 369 de 1875 à l'exception que le bloc de maisons entre la rue de Bex et la rue Grande- Tour est élargi pour avoir une maison avec large façade sur la place St-Lambert, et que la rue allant de la rue Léopold à la place derrière l'Hôtel de ville a une autre direction dans la prévision de l'agrandissement de celle-ci. Lar|^^ 0'"52, haut. O'^iO. 1877. N° 395. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège indiquant par ordre alphabétique les Edifices publics, les Monuments, etc., et donnant la liste complète des rues, im- passes, boulevards, places, quais, etc. Avec indication de leur position sur ce Plan. Déposé. E. Severeyns, imprimeur-éditeur, rue de V Université, 32, à Liège. Echelle de 1 à 10,000. Le nord est à droite. Avec une légende pour \es.Edipces publics, Monuments, etc., une pour les Rues et Iiupasses,dCaiUtves pour les Bains publics, Boulevards, Cités ouvrières. Cloîtres, Cours, Degrés ou Esca- liers, Houillères, Marchés, Monts ou Montagnes, Parc, Pas- sage, Places, Quais, Squares, Stations, 2 hier, et une des Diverses localités de la ville et des environs. — 691 — Le titre et les légendes soî:c imprimés autour du plan, comme sur celui de 1866. (n» 108). Ce plan est partagé en carrés numérotés de 1 à 30 ; les articles des diverses légendes renvoient à ces numéros. C'est une reproduction des carrés n'"'23 à 28,33 à 38,43 à 48, 53 à 58,63 à 68, du plan de 1875, (n" 368), avec les changements survenus depuis, entr'autres le percement de la rue Léopold. Larg. 0"'50, haut. O^âS. Est encore dans le commerce. 1877. N° 396. Plan intitulé : Liège. Dressé par A. H.Dufour. Etc.. (Comme au n" OShis de 1860.) Avec une rose des vents et une légende pour les églises, etc. de 24 numéros et a et b, plus A et le signe pour les tramways, à gauche du cadre. C'est le même plan que le w 98 bis avec les changements survenus depuis 1860, entr'autres le chemin de fer de ceinture, le chemin de fer vers Maestricht, les nouveaux boulevards de l'Est, le pont Maghin, le jardin d'Acclimatation, la transforma- tion de l'ile de Commerce et les nouvelles écluses. La rue Léopold n'y est encore qu'en projet, quoiqu'elle soit déjà exé- cutée. Le parcours des tramways y est indiqué. Larg, 0'"155, haut. O'^li. Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Collection des guides Jeanne. — Guides diamant. — Belgique, par A. J. Du Pays. 3« édition. Paris. Hachette. 1877. Un volume in-18. Page 224. 1877. N" 397. Plan sans titre de la ville de Liège. Avec une rose des vents. A ce plan est annexée une Table alphabétique des rues, imprimée à part. Il y a en outre pour chaque rue une liste de ses habitants, et on doit tracer cette rue en jaune sur le plan. — 692 — Le plan est divisé en carrés numérotés et la table des rues renvoie aux numéros. Les modifications apportées à Tîle de Commerce y sont indi- quées : le tracé de la rue Léopold ne Test pas. Larg. O^ôô, haut. 0"'28. Ce plan est destiné à être affiché en ville au coin de chaque rue importante, pour servir de guide aux étrangers. 1877. N" 398. Plan intitulé: Ville de Liège. Ile de Commerce. Plan du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En 66 annuités à 4 Ij^ "/o. Amort^ Compris./ Feuille N" i. Légende. Ce lotissement peut être modifié au gré des ama- Echelle de 1 à 1,000. Ce plan comprend la partie de Pile de Commerce située entre la Meuse, le quai Cockeri]l,le nouveau Parc, et la rue formant le prolongement du pont de Commerce. Les deux pâtés réservés pour la bâtisse sont partagés en lots de 1 à 80 avec la conte- nance de chacun, s'élevant en somme à 25,000 mètres carrés. Larg. 0"^55, haut. O^ôT. Ce plan et les suivants sont annexés à une brochure ayant pour titre: Ville de Liège. Cahier des charges pour la vente des t-irrains appartenant ' la ville. Liège. Vaillant-Carmanne. 1877. Une brochure in-8. 1877. N° 399. PUtn intitulé : Ville de Liège. Ile de Commerce. Plaii du lotissement des terrains à voidre par Anniùtés. (En 66 an- nuités à 4 H'-2 "/o. Amorl^ Cotnpris./ Feuille iV" 2 ('). Légende. Ce lotissemetit peut être modifié au gré des amateurs. Echelle de 1 ù 1,000. Ce plan comprend la partie de l'île de Commerce située entre • Les feuilles n»» i et 2 peuvent s'a.ssembler. 693 laMeuse,le boulevard d'Avroy, le nouveau Parc et la rue formant le prolongement du Pont de Commerce. Les deux pâtés réser- vés pour la bâtisse sont partagés en lots de 81 à 159, avec la contenance de chacun, s'élevant en tout à 20,000 mètres carrés. Larg. O^oO, haut. 0""56. Annexé à la môme brochure que le précédent. 1877. N" 400. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissement des terrains à vendre rue Latour (Est). Feuille N° 3. Echelle de 1 à 500. Ce plan donne les terrains compris entre les rues Dothée, d'Harscamp, les établissements de l'Espérance et rOurthe,près de la station de Longdoz. La ville a formé là 9 lots dont une partie est déjà vendue. Larg. O^dI, haut. 0"'52. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 401. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de V Est. Plan du lotissement des terrains à vendre par Annuités. {En 66 an- nuités à 4 i/5 %. Amort*^ Compris.) Feuille N" 4. Echelle de 1 à 500. Ce plan donne le terrain compris entre la rue de Bavière, THôpital de Bavière, la rue Chaussée-desPras, la rue Capitaine et le quai des Pêcheurs. Les terrains à vendre sont situés bou- levards du Saucy et de la Constitution et rue St-Eloi, et parta- gés en lots de 1 à 40 et 101 à 103. Larg. 0"\=.2, hau!. 0"^56. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N°402. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de l'Est. Plan du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En 66 annuités à 4 //2 "/o. Amo'^t*^ Compris./ Feuille N" 5. - 694 ~ Echelle de 1 à 500. Ce plan donne le terrain compris entre la rue Capitaine, la rue St-Nicolas, l'Hôpital de Bavière, la rue St-Pholien et le quai des Pêcheurs. Les terrains à vendre sont situés quai des Pê- cheurs, boulevard de la Constitution, rue St-Pholien et rue St- Eloi, et partagés en lots de 2 bis à 4 bis, 37 à 61,112 à 114,118, A à F et S à Y. Larg. O^oô, haut. 0'"36. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 403. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de VEst.Plan du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En 66 annuités à 4 i/3 "/«. Aniort^ Compris./ Feuille N" 6 ('). Echelle de 1 à 500. Ce plan donne le terrain compris entre le boulevard de la Constitution, la rue St-Pholien ert la rue des Ecoliers, jusqu'à la caserne des Ecoliers. Les terrains à vendre sont situés rue St- Pholien, rue du Paquier, rue du Moulin et boulevard de la Constitution, et partagés en lots de 56 à 67, 76 à 100, 124 à 128 et A à R. Larg. 0">39, haut 0"'54. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 404. Plan intitulé: Ville de Liège. Plan du lotissement des terrains à vendre. Fond Plrette (Ouest). Feuille N° 7. Echelle de 1 à 500. Ce plan comprend les terrains situés entre la rue Montagne- Ste-Walburge et la rue Fond-Pirette rectifiée et élargie. Les terrains à vendre sont situés à droite de cette dernière rue et comprennent les lots 32 et 38 à 47. (•) Les feuilles n"» 4, 5 et ^^ peuvent s'assembler. Larg. O^Si, haui. 0"56. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 405. Plan intitulé: Rues des Champs et de Mulhouse. Est. 2" Sect". Sur la même feuille que le précédent. Echelle de 1 à 500. Ce plan donne les terrains à l'intersection des rues des Champs, GnHry et de Mulhouse. Les lots A à F à vendre sont situés rue des Champs et de Mulhouse. I.arg. O-^ôG, haut. 0'"18. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 406. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissemetit des terrains à vendre rue Hullos (Ouest). Feuille N" 8. Echelle de 1 à 500. * Ce plan renferme les terrains compris entre les rues Eracle, Goftin, Ste-Marguerite et Hullos, près de l'église Ste-Margue- rite. Les terrains à vendre sont situés à droite de la rue Hullos et comprennent les lots IG et 21 à 32. Larg. 0"'58, haut. O^ST. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N** 407. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissement des terrains à vendre Rue Firket (Ouest) , et Quai des Pêcheurs (Est). Feuille N" 9. Echelle de 1 à 500. Sur cette feuille se trouvent deux plans. Le premier représentant le quai des Pêcheurs avec le com- mencement du boulevard de Saucy et de la rue de Pitteurs. Il n'y a là qu'un lot à vendre : il est situé à l'angle de la rue de Pitteurs et du quai des Pêcheurs. — 696 - Larg. O-^SO, haut. O^ôO Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N» 408. Le second plan qui se trouve sur cette feuille comprend le terrain entre la rue Hocheporte, la rue Firquot et le commen- cement des rues Goqraimont et des Cloutiers, qui abou- tissent à la rue St-Séverin. II n'y a que deux lots à vendre (7 et 8) : ils sont situés à gauche dans la rue Firquet. Il y a de plus dans cette rue quelques parcelles à rétrocéder se trouvant vis- à-vis de maisons qui ne sont pas sur l'alignement. Larg. 0"'21, haut. 0"'21l. Annexé à la même brochure que les précédents. 1877. N" 409. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'Assainiss^.- meni des Quartier -i de la Boucherie et des Foulons, et Création d'un Marché d'Approvisionnement. Dressé par V Architecte Soussigné. G. Garvin. Echelle de 1 à 2,500. Avec une rose des vents et une légende pour les teintes. Ce projet est analogue à celui du même auteur déposé le 31 décembre 1875 (n" 37-2). Le tracé des deux rues principales est à peu près le môme; quant aux petites rues transversales, le projet est différent : les rues Potiérue, St-Jean-Baptiste, St-Georges, de la Poule, Hongrée, des Brasseurs et St Barthé- lemi, sont élargies : les rues de la Goffe, de la Halle, de la Clef, Sur-le-Mont et Barbe-d'Or, sont supprimées, ainsi que le Marché aux fruits, la Halle à la viande et l'Académie. Les nouvelles halles occupent l'emplacement de la rue Sur- les-Foulons et sont au nombre de trois. Larg. (►'"54, haut. 0">19. 697 — Se trouve joint à une brochure intitulée : Ville de Liège. Assainissement desQuarliers de la Boucherie et des F'oulons. Demande en Concession faite par G. Garoin, Architecte, le 5 Décembre 1877. Mémoire. Une brochure in-folio autographiée. 1878. N" 410. Plan sans titre du pâté de maisons compris entre les rues Léopold, de la Madeleine et de Gueldre. Echelle de 1 à 200. Le terrain est divisé par lots pour la vente. Larg. O^Sd, hnut. 0'"22. Ce plan se trouve derrière l'affiche de la mise en vente par la ville de Liège de sept lots de terrains à bâtir situés rue de la Madeleine. 1878. N"'411. Plan intitulé : Ville de Liégi. Quartier de l'Est. Boverie. Plan de lotissement de parcelles de terrains à vendre avec grande facilité de paiement. N. B. Ce lotissement, etc. Par N. Mulkay, Géomètre, 1S78. Echelle de 1 à 500. Avec une rose des vents. Ce plan donne les terrains compris entre la Dérivation, la rue des Vennes, la rue de P^étinne et les terrains au-delà de la rue Hock. Les terrains à vendre sont divisés en 30 lots. Larg. 0"62, haut. 0"^4o. Ce plar; a été publié par M. Aug. Hock, à qui appartiennent les terrains à vendre. 1878. N° 412. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux communaux. Plan indiquant les emplacements desponts pro- jetés pour relier les quartiers de Fetinne et des Vennes au quartier de Longdoz. — 698 - Annexé au rapport du Soussigné en date du i2 Mars i878. L' Ingénieur-Directeur , G. Blonden. Etabl. Lith. de Ch. Claesen Editeur à Liège. Echelle de 1 à 2,500. Avec une note concernant les divers projets. Ce plan donne la partie de la ville située entre la Meuse, le Parc public, le jardin d'Acclimatation, le quai de la Boverie, la rue Grétry, le cours du bras de l'Ourthe passant à la Bonne- Femme et aux Grosses-Battes et le chemin de fer de Verviers. Il comprend donc aussi une partie des communes de Grivegnée et d'Angleur. Il représente divers projets de voies de communication et de ponts : Tune dans le prolongement de la rue Dothée aboutit au pont suspendu ; la seconde dans le prolongement de la rue Natalis aboutit à la rue de Fétinne, et la troisième partant de l'extrémité de la rue Grétry aboutit à la rue des Venues près du viaduc du chemin de fer de Namur. Ce sont les deux der- nières qui ont la préférence. On admet aussi l'élargissement du bras de l'Ourthe aboutissant près des établissements de l'Espé- rance et la suppression des autres bras ainsi que des moulins à tan, Waroux et Despa. En deux feuilles. Larg. I^OO, haut. 0"'66. Se trouve joint à la brochure intitulée : Ville de Liège. Direction des travaux coinmunaux. Projet de construction de ponts aux quartiers des Vernies et de Fétinne. Rapports de M. Vingénieur-direoieur des Iraoavx cotnmunaux. Liège. L. De Thier. 1878. L ne brochure in-8». TABLE GENERALE. Première partie. — Cartes gravées. CHAPITRE I. — ÉVÊCHÉ ET PRINCIPAUTÉ DE LIEGE. t.lV t.VUI t. XIII i i 15e siècle Pays de Lidge B27 2 Ibis 4570 EvêchédeLii'ge.ORTEiJUS. Ed. de 1570, 1371,4587, 1592, 1596, 1603, 1612, 1612, in-folio 528 3 2 1682 Id, GDiCHARDiN.Ed.de 1582,1588,1612, 1613, 1623, 1646, in-folio . . 213 Id. ORTEUUs.Ed.del5«9.in-12,oblong S28 Id. M.QvAVVM. Fascicutus geofiraphicus 214 Id. Bebtius. Ed. de 1600 (en 4 livres), in-12, oblong 306 Id. Ortelius. Ed.del601,in-12,oblong 214 Duché de Liinbourg.ORTELitJS.Eil.de 1612,16 12,in-fol. 528 Id. Mercator. Ed. de 1607, in folio. 215 Evôché de Liège. Id. Ed. de 1607, in-4. obi. 308 Id. Id. Ed. de 1607, in- folio. 215 Id. Ortelius. Ed. de 1609, in-12, obi. 307 Duché de Limbourg. Id Id 307 Pays de Liège. Guichardin. Ed. de 1613, 1613 et 1617, in-4, oblong 307 15 8 1616 Duché de Limbourg. Mercator. Ed. de 1607, in-folio. — Braun et UouENBERG, t. IL— KoERius, Germaiiia inferior, et PiSCATOR, Belgium sive Germania. . Ki9 4 ^bis 1589 5 3 1592 6 3 bis 1600 7 4 1601 8 6 1603 9 7 id. 10 7 Lis 16û: 11 9 id. 12 9U15 1609 13 9"^=- id. 14 lOl^'s 1613 700 — t.iv t.Via t.XlIl 46 S^»'' 1616 Evêché de Liège. Bertil's, Ed. de 1616 (en 7 livres), in 1^, oblong. — Guichardin. Ed. de 1635, in-12. 307 17 8'^'' id. Duché de Limbourg. id. Id. Id. . 53C 48 401" 1617 Id. KoERius . 53C 49 40' 1627 Evôché de Liège. Buaun el Hohenberg, toni. il. . 53C 20 40» 1630 Id. MKRCATOR.Ed.de463ùetl632,in 4, oblong. — Van Vii aesbehg, Nieuwe en beknopte, eic. 308 2140» 1632 Duché de Lirabourg. Id. Ed. de4632. id. Id. . 309 22 10'(') 1633 Evêché de Liëge. Mercator. Ed. de 1633 el 1638, io-fol.,el Le nouveau ihéaire du monde. 309 23 41 1634 Id. Id. Ed. de 163'*, in-4, oblong 216 2* 1 1 'j''^ (*) 1636 h\xc.\iéA& L\mhQnTg. L'ardanie eijlatnboijaute colonne et Kle.jne en beknople allas, etc., in-12, oblongs. 310 25 11 ter vî) id. Comté de Dalhem. Id. l.t. 310 26 41* (*) 4638 Duché de Liinbourg. Mercator. Ed. de 4638, in-fdio, ei Le nouveau lliéàlre du inonde 311 27 42 4639 Principaulii de Liège et Comté de Looz. Mantelius. 216 28 44iji» 4649 Euviioiii de Liège. A. Zeidler. Sur un plan de Liège, .n" 81'=-.) 531 29 14'«' C) Jd. Evôché de Liège. Blaeu, 2'ooH«fie/(ie5aerd;/jcx, etc., in-folio 311 30 44* 1630 Duché de Limbourg. Id. Id. . 534 31 44* 1652 Id. P. Verbist. .'Voj;hs /a/)«/(/>Hm, etc. in 12, oblong 311 32 15 id. Evôeliè de Liège. Guichardin. Ed. de 1632, in-12 . 217 33 15'''=* id. Duché de Limbourg C(ie;7 e;/ S/c(/e-Z'oej;/.fH, elc . . 632 34 15'^'' 1636 Id. Martin ZtlLl.ER, ï'o/;oyyY/;;/;;a . 312 33 16 1637 Evôché de Liège. Partie septentrionale. N. Sanson . 217 36 17 id. Id. Partie méridionale. Id. . 217 37 48 4660 Id. 217 38 23 4662 Duché de Limbourg. F. de WiT 219 39 23 4670? Evêché de Liège. Id. ...... 218 40 24 id. ? Id. T. Danckerts 248 44 26 0 1672 Id. Sanson 219 42 26'''' 1674 Partie de la province au nord-ouest. De Beaurain, Campagne du prince de Condé .'i32 43 27 4675 Duché de Lirabourg. Evêché de Liège. Duval . . . 249 44 291''- 1692 Id. J. Peeters. LV/(/a.$ en aèré^é, etc. 532 45 29ter id. Id. Sanson. Allas nouveau .... 333 46 29* id. Evôché de Liège. Id. Id. .... 334 (*) C'est le II" 13 du premier travail. — (*) C'est le n* 21 du premier travail. — (') C'e.-;t le n" 22 du premier travail. — (*) C'est le n" 14 du premier travail. — (') C'est le n" 49 du premier travail. — 'j Les u»* 28 et 29 doivent se rapporter k celte carte. — 701 — 47 29» (•) 48 29* 49 29' 50 29* r;i 29« 32 30 58 31 54 31 i'''^ 55 31 tel- 56 31* 57 31» 58 31* 59 31' «0 31* 61 31» 62 31" 63 31" 64 31'» 65 31" 66 32 67 33 68 34 69 35 70 SSi'is 71 35ter 72 37 Ws ,73 36 74 36L'i3 75 37 76 37ier 77 38 78 39 1692 1693 i(l. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. 1694 id. id. id. 1693-96 1695 id. id. id. id. id.? 1696 1697 1700 1703? 1709? id. Partie de la prov. à l'ouest. De Beaurain. Hist. mil. de Flandre Id. au nord-ouest. Id. Id. Id. à l'ouest. Id. Id. Id. id. Id. Id. Id au nord-ouest. Id. Id. Id. Bataille de Neei'winden. De Fer. Les forces de l'Europe. — Le théâtre de la guerre dan les P. B. — La galerie agréable du monde îd. Carte en allemand .... M. Hist. abrégée des prov. unies l'ÉRF, Placide De Beaurain. Risi. mil. de Ft t.tV t.VUI t.XIII 312 313 313 314 314 Id. Id. Id. Id. !d. Id. Id. Id. !d. Id. Id. Id. Id. au nord-ouest Id. à l'ouest Id. au nord ouest Id. au nord Id. à l'ouest Id. id. Evêchi; de Liège. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. Id. De Fer N. VisscHER. Dans difft^rents allas Partie septentrionale. Id. Id. Partie médiane. Id. Id. Duché de Limbourg. Id. Allas minor, etc . . Id. . . Î)E Bekvlizv. Les plans et profils, elc Id. Sanson. Ma'jnum theatrum belli, etc Evèché de Liège. Theatrum Belgii fœderati, etc . Id. De Fkr. Le théâtre de la guerre dans les P. B., etc Id. Sanson Partie de la province au sud-ouest. G. Bodenehr Atlas curieux, etc Evêché de Liège. Allard. La galerie agréable du monde, etc Id Van der Aa. Id. Gueudeville Le nouveau théâtre du monde, etc., et A. Dubois. La géographie mod., etc. 220 220 220 315 315 315 315 316 316 316 317 317 317 318 318 318 320 320 320 321 221 221 222 321 (•) Les nos 29» à 29* sont les n"" 29''i=> à 29* du deu.xième supplément. 79 39l^K^ 80 40 81 40 l'i-^ 82 40'"- — 702 — ® ~ - f 5 UV t.VUl t.Xllt 1T09 Evêché de Liège. Covens el Mortiek. Nouvel allas très-exact, etc 535 id. Duché de Limbourg.VAN der Aa. La galerie agréable du motule,elc. — Gueudeville. Le nouveau théâtre du monde, elc, et A. Dubois, ia géog. mod., etc. 322 1720? Parlio de la province au nord-ouest. F. Benard. . S35 1725 Evéché de Liège. NOLiN. Sammartini. Gallia chrix- liana, elc 536 83 40* («) 4729 Id. D. DE LA Fei'ille. Les tablettes guerrières et Kleyne en heknopie atlas, etc . . 322 84 4) 4740? Principauté de Liège. N. Le Clerc 223 85 41 bi^ 1744? Id. M. Seutter. .ir/as noi;«s, etc . . 323 86 42 id. Id. T.C. LotJEn. A lias g eograpfiicus,e\c 224 87 43 id. Id. E. H. Fricx 224 88 44 1740 Bataille de Ror.our. F. Harrewïn 225 89 45 id. Id. Journal hist. de la dernière campagne, eic 226 90 46 id. Id. Ly^VkOVGF.. Recueil contenant des car tes, &\.c "l'i^ 91 47 id. Id. G. Demf.use 227 92 47l"s id. id. (en hollandais) 323 93 47^* id. Id. Kleyne en beknopte atlas, etc ... . 324 94 47* id. Id. Le Rouge 324 98 47^ id. id. Kr\t. Relation de la camp, en Brabant,elc 536 96 47» id. Id. (en hollandais). P. Servaas 537 91 48 id. Id. Ckumm. Itinéraire ou le guide liégeois,elii 227 98 481^'^ id. Id. h'Espagnxc. Hisi. du maréchal de Sa.ve,elc 324 99 49 id. Id. Fk\è. Hist. et lactique des trois armes,elc 'i'il 100 49 1^:" id. Id. De Beaurain 324 401 49"" id. Id. Brouard 324 •102 50 1747 Bataille de Lawfeldt. F. H Everard Kints . . .227 403 50'''- id. Id. PoiiEH.CnEyiE. Rel" de la camp, en Braù., eic 537 404 50t«> id. Id. Le Rouge 537 405 51 id. !d. Id. Recueil contenant des caries, elc. 228 406 51 i'''^ id. Id. De Beaurain 325 107 54 1«' id. Id. Brouard 325 408 62 (') id. Id. Potier. Campagne de l'armée du roi, etc . 228 109 53 (') id. Id. CxhRQ^iT. Itinéraire ou le guide liégeois, etc. 228 140 54 (*) !748 Cours de la Meuse. Le l'ouGE. /îec.co»i««de.s car/e.f.etc 228 144 55 1748-4763 Principauté de Liège. N. Le Cleic 229 112 Sol»" 4754 Evéché de Liège et duché de Limbourg. Robert. Atlas universel, etc 325 (') C'est le n" 20 du premier travail. — (*) C'est le n" 53 du preniier travail. (») C'est le D» 54 id, — [i) C'est le n" 62 id. 703 f.iv t. vin (xui 17S6 Partie de la province à l'Est.. De Limbodrg. Traité des eaux m'mérales 537 1758 Evéché de Liège. Expu.ly 229 id. Partie de la province à l'Est. Théâtre de la guerre présente en Allemagne ,');-{8 ■1763 Id. Id. De LiMBOURG. ]Vo«('. a/nM.se/«e7/rs,etc 230 i7fi8 Cours de la Meuse. Morand. .■lrfrf'e.r/)/r/^« )/j)«es-,etc 230 id. Id. Id. Id. . 230 177,-) Priiicipaiitd de Liège. Serriès. Hist. ccclésiasc, etc. 23i 1777 Partie de la prov. à l'Est. Mém.de l'acad.imp. eiroy. ?,?)S. 178'2 Marquisat de Franchiniont. H. Godin. De Limbourg. Les amiisoiicnts de Spa 231 iii. Evêché de Lfégc. Delà Fosse 231 178S Id. Dezaijche 231 178t) Duché de Limbourg 339 1788 Prne. de Liège. Hénaux. Mist. du pays de Liége^e\c 23i 1789 hl. Id, Id. . 233 1790 Id. DessAIX 233 id. Iii. CAiHHoyi. liinér. ou le guide liég.,elc. 233 id. Id. GûssEFELO 234 1791 Id. Von Kully. Schauplaiz, elc . . . 32.S id. Id. (partie sud) Id. Id. . . 326 id. Id. (partie médiane) Id. Id. . . 326 id. Id. (partie nord) Id. Id. . . 326 Id. Duché de Limbourg. id. Id. . . 327 1793 Bataille de Neerwinden. De ÏERNAV.Ï'mi/<;(/cfrt67.,etc 339 id. Id. Id. Id. . 33ft id. Id. Vxwi.Hist. et tncltq. dm trois armes,elc 234 id. Id. JoMiNl. Hist. critique et militaire, etc. 234 139 72 1793-4794 Partie de la province à TEii. Id. Id. . ->3o CHAPITRE IL — DOMINATION FRANÇAISE (l79o-lSl4). Dép. de rOurlhe.WOLFF. Le guiile (/es curieux, etc. 236 Id. ^Ri.TOV.Voyage dans la ci-devant Bet'j., cl(^ 236 Id. Waillart 54(» Id. WOLFF 237 Id. Desoer. Almanach du départ, de l'Ourtlie 237 Id. Tardieu. Allas national de France. . . 23T Id. Maillakt o*" Id. Dk.sokb S'iO 113 ^Oter 114 56 113 S6bi< 116 57 117 38 lis 59 119 60 120 601^^ 121 61 122 62 123 63 124 63l>i:^ 12.') 64 126 65 127 66 128 67 129 68 130 es!*:- 131 68'-'- 1.32 68* 133 68" 134 68'' 135 69 136 69 l'i" 137 70 138 71 440 73 1801 141 74 1802 142 741'i« 1804 143 73 1807 144 76 1810 143 77 1812? 146 77lji> 1814? 147 77'er id. — 704 — CHAPITRE m. — DOMINATION HOr, LANDAISE ( 1814-1830). t. IV t.VIH t.XIIf i'tS 78 i816 I*ai'lie de 1h province à l'est (t'2 numéros). Wolff. Itinéraire curieux d^ 1818? Prov. fleLiége.VAN BA.ARSEL. /l(/as du royaume des Pays-Bas, etc. 327 ISO 79 -ISl'O Id. HoFFMKisTRR 239 if)l 80 4824 Id Castf.p.man. Lecocq. Nouvelle géogr., eic. 239 452 81 -1828 Id. Firket 239 i.'iS 82 id. Partie de la pr. Env. de Linge. Avanzo. (PI. de Liège) 240 154 82ti's -(830 Prov Ae Liège. R. ^IXLUERBE. De l'étal des rouCes,&lc 541 CHAPITRE ÏV. — GOUVERNEMENT BELGE (^1830-1878). Pi'ûv. de Liège. Vandermaelen. Allas de ta Belgique pour l'iii SI motion 243 Id. JUUENNE 327 Id. Vakdermaelen 240 Id. A. DuMONT.iUt'm.siO' la constit. géologique 241 kl. Vandermaelen 541 Partie de la province à Touen. Roulez. Mémoire sur les campagnes de César 327 Province de Liège. Charles. Atlas de la Belg., etc. 328 Partie de la pr. au nord ouest. Simons et Deridder. Desc. de la route enj'er,e[e 542 Id. au nord. Id. Id. . 84a Id. a l'est. Id. Id. . 543 Prov. de Liég«. Blaisot. Petit atlas national, etc. 241 Id. Vandermaelen. Atlas de la Belg. en 10 feuil. 243 Id. La Belgiifue pittoresque 241 Id. Géographie de la Belgique 543 Id. Vandermaelen. Nouvel atlas de la Belgique. 243 Id. Id. " . . 544 Id. Id. Havard. Dictionnaire géngraphiq. 328 Partie de la pr. au nord.VVAUTERs. Atlas pittor., etc. 544 Id. à l'est. Hayet. Vadm, et les électeurs, etc 544 (*) C'est le n" 93 du premier travail. — (2) C'est le n" 83 l'i» du premier travaiL (••) C'est le n" 8'f l'i^ id. — (*) C'est le n» 84' ■•• id. (") C'est le n" 04 id. — ^•) C'est le n" 'Jr. id. (') C'est le n" 8G* du deuxième supplément. 155 83i'i-(') 1831 156 «Sier (-) id. 157 83 1832 158 84 id. 159 84l'i« id.'/ IbO 84ter (=>) 1833 itil 84*(*) id. 162 84" id. 163 84« id. 164 84' id. Wô 85 1834 166 85bi»0 id. 167 86 id. 168 86i'i-^ 1836 169 86tef n 1838 170 86* 1840 171 8(1" Cj id. 172 86» id. 173 86' id. — 705 — 7; r: — a. a » >. 3 3 Q — a m 'n t.iv t.vui t. .vin 1842 Province de Litige. Raks 242 id. Partie de la province à l'est. Dérive 24Si id. Id. Id 242 1843 Province de Liège. Rkding. Mendél. Album voor de aardrijkskiinde, etc 545 id. Couis de la Vesdre. (Chemin de ter). Stroobant. . 845 id. Partie de la pr au sud. De\Vaha..4 Hl M. les présida, elc 546 id. Id. à l'est. IIahn 242 id. Id. id. Id 242 id. Cours do la Vesdre. (Chemin de fer). Vandermaelen 243 id. Partie de la province au sud-est. H. Guillery. liirières. L'Oirlhe 546 id. Evêché de Liège. r,EiRNAERT.^?/as ecilév'asiique,elc. 547 -1844 Partie de la pr.de Waremrae à Liège. Wauters. Allas pittoresque, elc 547 id. fd, de Liège à Verviers. Id. Id. . 548 id. Id. de Vervicrs à la frontière. Id. Id. . 548 id. Id. de Tirlemoni à Waremme. Vandermaelen. Allas des cliemms de fer 329 id. Id. rie Waremme a Liège. Id. Id. . 330 id. Id. de Lii^ge à Verviers. Id. Id. . 330 id. Id. de Verviers à la frontière. Id. Id. . 330 I 1845 Prov. de Lii'gH. M EKKTS. D/cn'o«. f/éof/rap/i/fji/e, etc. 329 id. Id. Raes. Allas de la Belgique, etc. . 548 1846 Partie de la province à l'est. G. Lambert. Géologie. Rapport, etc 549 1846-1847 Prov. de Liège. Marc Elgé. Histoire et géogr., etc. 329 1847 Cours de la Meuse. HouBOTTE. Pro/e;'. 235 1869 236 id. 237 id. 238 1870 239 id.? 240 id.? 241 id.? 242 1871 243 1872? 244 1873 245 id. 246 1875 247 id. 248 id. 249 id. 260 1876 251 id. 252 1877 253 id. 254 id. 258 id. 266 1878 257 id. 258 id. 259 id. 260 id. 707 — t.XIII Pr. de Liège. (jéographie élémentaire de ta Belyiq. 564 Id. Max Goebel. (Cliarbons.) 564 Id. Franquoy. Etude sur les minerais de fer . 666 id. R. Malherbe. De l'état des routes dans le pays de Liège 565 Id. PÉRIGOT et Pire. Atlas élémentaire, etc . 566 Id. Cali.ewaert. Atlas diamant, etc. . . 566 Partie de la province à l'est. Engel 666 Province de Liège. Vossen. (Chemins de fer.) . . 567 id Id. Mines.} ..... 568 Id. ïiOSEl. Atlas de la B'ilgique. . 668 Partie de la pr. Env. de Liège. Becker. Clndnstrle ) 568 Id. Id. BOVUXRT. Carte générale des cli.de fer. 569 Id.an sud. Decq. Nouv. plan de lu ville de Liège. 570 Id. à l'ouest. Id. Id 570 Id. Environs de Spa. Id. Id 570 Id. Id GoFFlN. Nouveau guide des étrangers. 570 Id. Env. de Seraing. J. de J>ïkC\R. Carte géolog. 571 Pr. de Liëge. Lechein. Atlas des neufpr. de la Belg. 571 Id. R. Malherbe. De l'état des routes dans te pays de Liège 672 Partie de la prov.En, irons de Spa. Bourdoux-Sody. 572 Pr.de Litige. BARTnOLOMEW..l//ass/7écia/ de laBelg. 573 Partie de la prov. au nord-est. Gilon. Le barrage de ta Gileppe 573 Id. au sud-est. Id. Jd. . 573 Id. Commune de Cliarneux.Id. Id. . 574 Id. Cours de la Gileppe. Id. id. . 574 Id. a[inorà-est. Cil. de fer Visé-3IicheroHx . 575 Deuxième partie. - Pians gravés. >rt .- a a. eu t.iv t.vn[ t.xiM Vue prise du pont Maghin.GuiOHARUiN.Ecl.de 1867 et 1368. 23-1 Vue prise deSt-Gilles. F. Vai.egio. .Ulas en italien . . 577 Id. Braun et HOGENBERG. 3'/(ea/rHî?« !i^ id. 5 2ter 1577 t 2* id. 7 2' 1580 8 J5 1581 9 4 1582 10 4l,l.s 1595 11 4fer 1 600? 12 4* id.? 13 5 1613 14 gbis 1615 13 5e; id. 16 5* 1618 17 J'5 1623 18 5» id. 19 6 1627 20 7 1 640? 21 8 1649 22 9 id. 23 gi.is id. 24 10 1 650? 25 11 id.? 2u \\hi, (')1658 27 12 1663 70^> t.iv t.vnrt.xni 1676 Plan de l'areui; de lïi Cité. M. uk Ghati. fJt.scours de droit moral 257 id. Id. de Gierson-Fonlaine. M. Id. . 258 1685? Vue prise de St Gilles . Îi84 id. Id. Ausfïikrliche und Grundrichtine Brschreibung o84 1689 Id. AvELixK 585 1693 Id. Perelle. OEuvre de Beaulieu ,332 1694 l'Ian complet. De Beauiuin. ^/.«. miUt. de Flandre. .333 id. Id. De Ker. Les forces de l'Europe. Ed. de 1690 et 172:2 585 id. Id. Veuve du Val ,186 1695 Id. De I'er. l.cn forces de l'Karopc. Editions de \m?,, IGltn, 1695, 169(3 259 1697 Id 259 id.? Id. E. II. Fricx. Cane du duché de Brabant . 260 id. Id. Harrewyn, Délices des Pat/s-Bas. Editions de 1697 et 1700 386 1700 Vue prise de St-Maur -''.87 1701 Vue prise de St-GiUes {s'iôge). i AVoLfF. Reprcesentatio betli, etc 587 id. Plan complet (id ) Id. Id. . 588 id. Vue prisede.. (id.) Fauûras. Faits mém. de yuerre,etc. 588 1702 Plan compl.(id.) C.Allard. Lagaler. agr. du monde. 261 id. Vue prise de St-Gilles. (id.). Médaille 262 id. Pians de la Citadelle et de la Chartreuse (id.\ Pelet. Collection de documents 262 1709 Plan complet. P. ScHENK. JAeatrMm 6e/pjcum, etc. . 333 id. Id ,589 1711 M. E\ïiKï:\\\». Délices des Pays Bas. Eâ.àe m \. 589 1720 Id. Id. Id. Ed. de 1720,1743 et 1769. .589 1721 l'hin du cours de la Legia. Louvrkx. Recueil con- tenant tes édits, etc ^63 1725 Vue prise de St-Maur. ti. Bode>ehr. Force d'Europe. 590 1729 Plan complet. Les ra6/e«fe.s guerrières et Kleyne en beknoptc atlas 334 55 28 1730 M. L. Thonus 264 ['j C'est le r'i" 'l\^"- du premier travail. — (-) C'est le n" 14i'''' du premier travail. — (■"') l/C n° 13 du premier travail est devenu le n" 26'"'*. — (') Le n" 17 du premier travail HSi devenu le n" 35"- du deuxième supplément. — ("! Le niJ 20 du premier travail est, devenu le n« 26'»'' du deuxième supplément. — ■*) Le n" 22 du premier travail est deve II' 11'' 2.'i-'. — (') C'est le u" 22 du promifr tr:ivnii. — (*) C'est le n" 15 du premier trav.' — /"j i^est le n" 90 th-, premier iravHi!. enu M. 710 — f ' r: a- o. .c ia 2 " " t.iv t.vm t.xiK îS() ti7 1738 Vue prise de St-Gilles.F. DESTAIN.i4/m.>7 29 17,^7 Id. R. LE Loup Les délices du pays de Ltége. 265 58 30 id. Id. (Copie du précédent.) 0. Henrotte. . . 265 »9 30bi- 1738r Vue delà pi. dev. le Palais. Bergmùller. Vues p'optiq. 590 60 30'e' id.? Vue de la place Sl-Jacques. Id. Id. . 891 61 3'i* id.? Vue du Vieux-Marché. Id. Id. 591 62 30» id.? Vue du Marché. Xhrouukt. Id. . 592 63 30' id.? Id. Id 593 64 32 1740? nmcompl. Le P>0VGE. liée, coni^ des caries nouvelles. 266 65 31 1746 Id. CBmsiOPHE Mmhe. Carte de la princ.de Liège. 266 66 33 1744-1763 Vue prise de Si Gilles. B. Andkez 266 67 33l>i'^ 1746 Id. Schaii Plasz ion 9?, beruhmten Stadcen, etc. 698 68 34 1748 Vue prise de Cointe. J. Dr. Beïer. C. Schulz . . .267 69 341'!- 17on? Vue des env.de St-Lamb. Van denStcen. Essai Aist.,etc. 593 70 3S id.? Vue prise de Si- Gilles. Werner. Prorst 267 71 33'' t7o3 Plan complet. /iC/e^ne en ^e^nopfé a(/as, etc . . . 334 72 35t" id. Id. Id o94 73 36 1781 Plan du quartier de l'Ile. Renoz. Notes relatives au plan d'embellissement 268 74 37 178:i Vue prise de Sl-Gilles. A Leloup. De Limbourg. Les amusements de Spa 268 75 38 1783 Vue prise du pont des Arches. Fayn 268 76 38!'i^ 1785 Pian complet. Dé/, de.s Pflj/.s Bas.Ed.de 1783 et 1786. 594 77 39 1789 Plan de la citadelle,etc. BovY. P/-ome?mdes /»sfor., etc. 269 78 40 1802 Vue pr. de Sl-G;lles. Breton. Foy.dans /a ci-tiey.Ce/yr. 269 79 41 l804 Vuedu pontd'Amercœur.JEHOTTE.JVapo/éoH/Jonapar/c. (portrait) 269 80 42 1822 Plan du quartier de l'Ile. Devvandre. Procès-verbal de la Société d'Emulation . 270 81 42l>is id. Plan du quartier du Centre. Chevron 595 82 42tcr(«) 1825 Vue du pont des Arches. De Cloet. Foj/agfe pi«or., etc 334 83 42* id. Vue de la place du Théâtre. Id. Id. . 598 84 43 1827 ? Vue du pont d'Araercœur. F. FANTON.ro/n/». deGrétry. 270 85 43'"' 1827 à 1830 Vue du ^rand Marché. Id 696 86 43101 id. Vue de la placeduThé.'.tre. Id 596 87 43* id. ■ Vue du Mont-St-Marlin. Id 596 88 43* id. Vue de la place St-Paul. Id 597 89 44 1827 Plan complet. Bayet 271 90 4o id. Id. JoBAim . 271 91 46 1828 Id. Avanzo 271 (') C'est le n' 42i'!5 du deuxième supplément. — 711 ^ y a m a •" ■• k c « — ei m t.IV t.VIl! l.Xlll Vue du Marché. De CLotx.ChiUeaux et »Ron«m., etc. 597 Vue de la place de l'Université. Id. Id. . r>98 Plan complet. Boyens. Collon 27â Vue prise de la route de Tongres, De Peeixaert 398 Vue du Marché. lUévolulion) S98 Plan complet 599 Id. Vandermaelen. Atlas de Ferraris. . . 212 Vue du Marché. Crejietti 599 Vue de la place du Théâtre. Cbemetti 599 Vue du pont des Arches. Renardy. Cremetti. . . 600 Vue de la rive g. de la Meuse derr. St-Jacq. Id. Id. 600 Plan complet avec les env. H. Beaulieu. M. Franck. 338 Plan des quart.de l'tst et du Nord avec les environs. Vbeurick 273 Vue du Marché. Ghémar. Degoberï 600 Vue de la place du Théâtre. Id. Id 601 Id. Id. Id. . . . . 601 Vue de la rive g.de la Meuse d' ^ St-Jacq. Borremans. Id. 60< Vue du pont des Arches. Id. Id. . 60i* Vue du boulevard delà Sauvenière.ld. Id. . 602 Vue prise du faubourg St-Gilles. Ghéuar. Id. . 60o Vue de la place St-Lambert. Borremans. Id. . 608 Vue du pont de la Boverie. GEt ardot de Serhoise. Borremans 60iî Vue du quai de la Balte. Ghémar. Degobert . . . 604 Vue du pont des Arches 604 Vue prise de la tour de Méan. Ch. Mozin. Martens . 273 Plan couplet. M. Franck . 273 Id. Vandermaelen. Nouvelle carte gén. de la Belg. 604 Vue du Mouché. Mokzen. Cremetti 605 Vue de la plare du Théâtre. Id 605 Vue du Mont-St-Martin. Monzen. Id 605 Vue de la place St-Paul. Id. Id 608 Vue du pont des Al ches. Id 606 Vue prise de la tour de Méan. Mokzen. Id. . . 606 Plan du quariier de l'Est. Avanzo 336 Plan complet. Id 274 Id. FEBRiER.G'wîde pittoresque du voyageur en Belgique. Editions de 1838, 1839, 1840, etc. 274 Vue prise de Pierreuse. Bartlett, Vues de la Hollande et de la Belgique 606 (') C'est le n* 48bi9 du deuxième supplément. — («) C'est le n' 5lWsdu deuxième suppi". 92 46biB 1829 93 46'ei id. 94 47 1830? 95 47bi* id.? 96 47tei id.? 97 47» id.? 98 48 1831 99 iS^i^ 1832? 100 48tor 1832? 101 48» 1833? 102 48" id.? 103 48*(«) id. 104 49 1835 105 491>'R id.? 106 49tef id.? 107 49» id.? i08 49» id.? 109 49* id.? 140 49^ id.? m 49» id.? 112 49» id.? 113 49" id.? H4 49" id.? 115 49"» id.? 116 50 1836 117 61 id. !18 61 bis id. 119 51ter id.? 120 51* id.? 121 51" id.? 122 51« id.? 123 51' id.? 124 51» id.? 125 51» O 1837 126 52 1838 127 53 id. 128 53bi5 id. 712 — P»C«K t.tV t.VIII t.XIU o3iKi'(i) 1839 Vue du poiU des Arches. Lacïkhs. Van Hasselt. Voyage aux bords de la Même 336 Vue prise du quoi d'Avroy. Fussell. A. Crusk . . g607 Plan complet. Dcples&is. Landois. Guidt indispens. duvoyageur. Ed. de 1840, 1841, 1844, 184a . 275 Id. Id. Id. Tlie indispensable ijuide, etc. 607 Id. Yzwmï-^.Gitide pilt. cl art, du voy.YA. de 1842, 607 Plan du quartier des Aiiguslins ....... 275 Vue de la place Je la Cathédrjil.e. P.indels, . . . 608 Id, .St-Jacques. Id. ... 608 Id. devant Sl-M;irtiij. Id 608 Id, devant St-Antoine. Id 608 Vue de la rue et duquai deFragni-f. Id 608 Vue du quai de la Balte. A. Numans. E. Flatau . . 60f) Vue prise des Prés St-Uenis.WAUTEKS. Allas piiioi . 60y Vue prise de St-Gilles. Heintz. CiîMinn .... 609 Plan partiel. Bavet, Palante 610 Vue du quaide!;i Batte. BoRnEM.\Ns. La Uelg.en 1841. 610 IMan complet. PiENNER, Bclgien and l.uxenibnnrg . 611 Id, Carte de Belgique 61 1 Id. \}u.sKV\. Guide dans i lige . . . 275 l'ian du cours de la Meuse. Dubois. Mottahd et DE Bassompieure. Exposé, etc 275 Vue du Marché. BuTTUiiA . 6iii Vue de la pl.St-Lamb. L.CLKRcGuidc du voy. en Eur. 612 Vue de la rue tiaraal. Id. Id. . . . 612 Pian complet parcellaiie. Bâyet 276 Plan du cours de la Meuse. Léonard 276 Plan du cours de la Meuse et de rOurtho. Guillery. Rivières. LOiirthe 6lo Vue du boulevard de la Sauveniére. La Renaissance. 61 ;> Vue prise d'un point indéterminé. Mendel. Beding. Atlas van het kon. Relgic 6i-^< Vue prise de la Chapelle du Paradis. Id. Id. Id. 614 Vue du boulevard de la Sauvenière, Id. IJ. Id. 614 Vue de la rue Hemricourl.ToovEY. Belgique industr. 614 Vue prise du plan incliné. Ghemak. La Belg. monum. 615 Vue du pont des Arches. Stroorast. Id. 615 Vue prise de Pierreuse. Foi;rsiois. La Belg. commun. 615 Vue prise du plan inclini<.W.\! TF,K?.A.r,', iWl.deln Belg. 6I'i Vue '!i! [jont des Arrhes. hi. Id. . tilti (*) C'est le n" 5;'. fin dcuxièuie suppl-'incnt. 130 53* id.? 131 84 1840 132 54b i'^ id. 133 54t«'- id. 134 55 1840? 135 53^i^ id.? 136 55*6'- id.? 137 55* id,? 138 55-' id,? 139 55" id.? 140 55' id.? 141 58» id. '42 55» id.? 143 55'» 1841 144 55" id. 145 55'- id. 146 85«' id.? 147 56 1842 148 57 id. 149 57 1"- id.;^ 150 57>-"' id.? 151 57* id,? 152 58 1843 15:5 59 id. 155 59!'-' id. 156 59* id. 157 .50'' id. 1.^8 59* id. 159 59' id. 160 59» id. 161 59" 1844 162 ri9'» id. 163 59»' id. 164 59" id. 165 59«" • id. 713 — Pages 166 59" 1844 167 89" id 168 59'» id 169 62 id 170 60 1845? 171 61 id. 172 eiL'i- id.? 173 61'e' id.? 174 61* id.? 175 61" id.? 176 61' id.? 177 61' id.? 178 61» id.? 179 61' id.? 180 61" id. 181 61" id.? 182 61" id.? 183 61«î id.? 184 62bis 1846 185 62te. id. 186 62' id. 187 62' id. 188 62» id. 189 62' id. 190 62» id. 191 62''(«) 1847 192 62'» (') id. 193 62««(') id. 194 62" (») id. 193 62" 0 id. 196 62" id.? 197 62*' id. 198 62»« 1848 199 62»' id. 200 62»» >'"•: id. 201 62>»;'.i id. Vue du boulevard de la Sauvenière. Wauters. Les délices de la Belgique. Vue de la place du Théâtre. Id. Id Vue pr. du pont de la Boverie. Carie pitt. des ch. def. Plan complet avec les environs. Mohren. (Conces sions de mines de houille.) Plan du cours de la Meuse. Franck. De la dérivation de la Meuse Plan complet. Id. Id Id Vue du Marché. Bindels .... Vue du quai d'.Wroy. Id. . . . Vue de la place du Théâtre. Id. . Vue du boulevard de la Sauvenière. Id Vue du pont des Arches. Id. . Vue du pont de la Boverie. Id. . Vue du pont des Arches. Id. . . Plan complet. BAËDEKER.Be/jî'e», Handbuchlein,ete Id. FERHlER.Gw/de ///. du voyaçieur en Belgique Vue du pont des Arches. Id. Id. Plancompl.BoYCE et Richard. Man.du voy.en Belg Vue pr. du plan incliné. Ignace KuRANDA.Be/<72e,etc Vue du pont des Arrhes. Id. Id. PI. complet. DuPLESSY et Landoy. Nouv. guide indisp Vue de la place du Théâtre. Id. Id. . Vue du pont des Arches. Id. Id. . Vue du boulevard de la Sauvenière. Id. Id. Vue de la place de la Cathédrale. Id. Id. Plan complet. Rubens. Handbuch fur reisende Vue de la place du Théâtre. Id. Id. Vue du pont des Arches. Id. Id. Vue du boulev. delà Sauvenière. Id. Id. Vue de la place St-Paul. Id. Id. Plan des environs du Palais. Van Der Rit, . Plan du cours de la Meuse. IIouBOTTE.Pco/etd'amé/jor Id. Dandelin, Esquisse d'un projet d'amélior Vue pr. du plan incl.Gfude de t'éir. — hEy.Guide pit Vue du boulevard de la Sauvenière. Id. IJ. Id Vue de la place du Théâtre. Id. Id. Id (.IV t.viii t.xm 616 617 617 278 277 277 617 618 618 618 618 619 619 619 620 620 621 621 621 621 622 622 622 622 623 336 337 337 337 337 623 623 624 626 338 339 (') C'est len» ti2i<'»du deux!(!nie supplément. — (*) C'est le n" 62'ti' d,, deuxième suppl' (') C'est le n" 62' id. — (*) C'est le n" 62'' id. C) C'est !e n» 62" id. — (*) C'est le n" 79''>^^'- id. (') C'est le n" 79* id. 20a 63"^"^ id.? •204 63te> id.? •208 64 i851 714 — ^ ^ ë. ^ t.IV t.VIIt t.XIII •20!2 63 IS.HO Plan complet. Renier. Guillkaime. Nouveau guide dans ta ville de Liège 278 Vue du pont des Arches. Bindlls. (Carte d'adresse.) 626 Vue du Marché. A. F 626 Plan complet. Vandermaelen. Mémoire sur ta station de Lon^doz, elc 278 '206 65 id. Plan du cours de la Meuse. Rorguet. Des moyens les ptus éco?iomiq lies, elc 279 -07 66 id. Plan complet. Gai.opin. Notes pnbl. à l'occasion, e'c. 279 208 67 1852 Id. Avanzo. (Dérivation.) 280 -09 68 id. Vue prise du pont du Val-Benoit. Elien Wardy. Guide du voyageur 280 "2i0 69 id.? Vue prise de la Citadelle. r.ANELLB 280 211 69W» id.? Vue du boulevard delà Sauvenière. Id. . . . 626 :î)2 69t<'' id. PI. complet. R\CHki\D.Guidepiti.du voyag. en Belg. 627 213 70 1853 Id. Avanzo .281 214 71 id. Id. avec les environs. Vandermaelen. Grande carte topographique de la Belgique 281 "215 72 id. Id. id. F. de Bruyne . . .281 :il6 72l'i> 1854 Plan du chemin de fer de ceinture. Rome, Chemin de fer hollando-belge 627 ^17 73 id. Plan du cours de la Meuse. Egout latéral. Bapport de la Commission 281 '218 74 id. Plan des environs du pont d'Amercœur. ifecoMsirwc- tion du pont d'Amercœur 282 219 74'''- id. Plan des faubourgs Si-Léonard et Vivegnis. Mémoire de la Société de la Vieille-Montagne 337 "220 74'"» id. Plan d'une partie du faubourg Si-Léonard. Id. . 338 221 74* id. Plan du quartier de l'Ile. Egouts. Bapport, etc. . 628 222 75 1855 PI. du cours de la Meuse.GRASs. i>/od//ic.pro/>05.,etc. 282 î!23 76 id. Id. Id. Id. . . . 283 •224 77 id. Id. Id. Id. . . . 283 •225 771"- id. Vue prise de la Citadelle. Cjorfe sur /es /;ori/s du R/i!w. 628 226 78 id. PI. compl. avec les eav.SPLiNGARD.. Wém. S!»- j\an comp\cl. Dossï:hky.Nou v. carte de la Belgique. i9Q 267 98 id. Vue pr.du quai des Tanneurs. DELHAXHE.(Carled'adr.) 290 268 98'"^ id. Plan complet. Du Pays. Itinéraire descriptif . . . 636 269 99 id. Id. parcellaire. Blonden 290 270 99^'^ id. Id. Stevens.C/î. de f. liég.-limbour.-holl. -belge. 636 271 dOO id. Plan des environs de l'écluse de la Fonderie de canons. Blonden 638 272 lOt id. Plan du quartier des près St-Denis, etc. Blonden. Pont sur la Meuse, etc 638 Plan complet parcellaire. Blonden 339 Id. id. cadastral 340 PI. des env. de la pi. Noiger. Dégag. de l'hôtel prov. 639 Id. Blonden. id. . . . 640 Id. Dewandre. Id. . . . 641 Plan des terrains de l'hospice des aliénés. Mélotte. Création d'un nouveau quartier 340 Croquis de la ville. (Station intérieure) 641 Plan des en virous de la station de Longdoz. (Id.) 642 Vue du couvent des Filles de la Croix. Lallement. CriEMtTTi 642 Plan du parc de la Boverie 642 Plan des terrains du béguinage Sl-Christophe . 643 Plan des boulevards et du quai d'Avroy. Blonden. Projet de voies spéciales 643 285 104* id. Plan du parc de la Boverie. PiEMONT. Projet de créer un jardin d'acciimatalion,elc 644 Id. Id. Id. . 644 Plan complet. E. d'Auriac. Nouv. guide général,elc. 341 Douze plans de rues. (Expropriations.) Blonden. (Kapporl de Clochereux.) 341 Plan complet. Ch. Wigny 342 Id. Severeyns 343 Plan de l'île de Commerce. Inel. (Projet.). . . . 644 Id. MuLKAY. (Id.) 646 Id. Id. (Id.) 646 Id. Blonden. Projet d'appropr. des terrains. 646 Id. Id. Id 646 Id. Id. Id 647 Id. Id. Id 647 Id. Id. Id 647 Id. Id. Id 648 Plan du quartier d'Avroy et du Centre. (Ile de Com- merce.) MuLKAY. Appropriation des ter 23. N" 225. Ajouter en note : Ce numéro et les suivants sont ceux dunumérotagegénéral. » 586. » 4 en remontant. Ajouter en note : Cette des- cription remplace celle du premier travail. » 589. » 21. Ajouter en note : Cest le n° 22 du premier travail. » 644. » dernière. N° 29J . Ajouter en note : Ce numéro et les suivants sont ceux du numérotage général. T> 709. Ajouter: 53*". 56""". 1725. Plan compte/. Bodenehr. Force d'Europe, en allemand. Page r)4 di.i premier travail. (La note 8 se rapporte à ce n".) Le n''26**^'' devient 26*. TABLE DES MATIERES DU XIII* VOLUME. Statuts constitutifs v Tableau des membres xi J. DE Chestret. Jean de Wilde i J.-G. ScHOONBROOD. Miscellanées 21 N. Henrotte. Ancien plan et vue de la ville de Liège 85 Ph. de Limbourg. Fouilles de Juslenville, cinquième rapport 89 N. Henrotte. Pierres sépulcrales de JenefFe 118 A. Kempenekrs. La torabede Blehen 422 D. Van de Casteele. Fonts baptismaux à Huy, à Seraing et à Esneux. . . 195 D. Van DE Casteele. Sur l'Orphée aux enfers de Gérard Lairesse .... 215 Jules Helbig. Les châsses de Saint Domitian et de Saint Mengold à Huy. . '221 •l.-S. Renier. Lambert Suavius, de Liège, graveur en taille douce, typographe- éditeur, peintre, poète et architecte 245 Hugo loeksoh. Traité de paix conclu entre Hugues, abbé de Stavelol et M;.lmeJy, et Jean, seigneur de Scbieyden, le 18. juin 1350. 327 .■» Age des villas et luœulus romains de la Hesbaye 333 Albîn Body. De la Noue Bras de fer au château de Limbourg 359 (■aumartin. Tongres et Honthem 371 .J. Demarteac. Saint-Lambert, V.' en vers 383 4. Dejardin. Troisième supplénifit aux Recherches sur les cartes de la prin cipautè de Lié^t- 521 — 722 - PLANCHES. Pages. Planche I. Extrait du plan intitulé Bassin de Theux 98 r II. Pierre tombale d'ErraenIrus, dame de Geneffe H8 » m. Pierre tombale de Maroie, dame de Geneffe, épouse du Sagnor Butor H8 IV. Tombe de Blehen 126 » V. Fouilles de la tombe de Blehen ' . . . . 426 » VI. Famille de Blehen, armoiries. 190 » Vil. Id. id 190 V VIII. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame à Seraing .... 190 > IX. Fonts baptismaux de l'église St-Pierre à Huy 190 GETTY CENTER LINRARY 3 3125 00672 1142